Les « critiqueux »

9 février 2026

Pour mettre les choses au clair dès le départ, je respecte le droit à la liberté expression, il est fondamental dans une saine démocratie. Toutefois là où j’émets certaines réserves concerne les propos souvent incendiaires de certains individus dont le métier est de critiquer certaines œuvres littéraires ou cinématographiques, et que je qualifierais de « critiqueux ». J’en ai pour exemple la présence régulière de deux critiques invités hebdomadairement à l’émission Tout peut arriver animée par Marie-Louise Arsenault sur les ondes de Ici RDI le samedi à 19 h.

Le scénario est le suivant : un auteur invité est interrogé par l’animatrice sur l’oeuvre qui constitue le nœud de la discussion qui se déroule entre eux sous la forme d’entrevue généralement tenue dans la bonne entente. Par la suite, entrent en jeu les deux critiques invités qui émettent leurs opinions sur l’oeuvre de l’auteur qui, rappelons-le, assiste tant bien que mal aux propos des critiques.

Or là où le bât blesse, c’est lorsque les « critiqueux » attaquent un aspect du scénario du film ou d’un passage du livre soumis à la critique après qu’ils eurent encensé comme il se doit l’ensemble de l’oeuvre. À ce moment-là, les flèches qu’on pourrait qualifier d’empoisonnées, fusent en direction de l’auteur qui n’a d’autre choix que de les subir. « Moi, j’aurais aimé que tel ou tel personnage soit plus…ou moins… » [remarquer l’utilisation dominante du « moi »] , lancent sans coup férir les « critiqueux », esquissant même à l’occasion un petit sourire narquois. Après tout, il faut bien que leur présence à l’émission soit justifiée, une critique entièrement positive n’aurait tout simplement pas l’heur de satisfaire leur soif de pouvoir sur le « condamné ». Tout simplement pathétique!

vigile.quebec tribune libre 9 février 2026

Formation en enseignement à rabais

9 février 2026

Le baccalauréat conduisant à l’obtention d’un permis permanent d’enseigner au primaire et au secondaire exige trois années universitaires, soit 90 crédits. Or devant la pénurie de main d’oeuvre chez les enseignants, le ministère de l’Éducation (MEQ) a écourté cette autorisation d’enseigner à une année, soit 30 crédits, une solution qui, à mon avis, comporte de nombreux désavantages.

Enseigner est un art qui nécessite l’apprentissage de notions élémentaires visant la communication de connaissances à des jeunes. C’est ce qu’il est convenu d’appeler la didactique, laquelle doit être nécessairement accompagnée de stages sous la gouverne d’un enseignant qualifié. De toute évidence, cet outil indispensable à la formation des maîtres sera amputé de la formation à rabais des futurs enseignants.

En corollaire, ce sont les enseignants qualifiés, déjà submergés par la lourdeur de leur tâche due à la croissance d’élèves à besoins particuliers pour qui le personnel spécialisé est en pénurie qui écoperont de facto des carences des enseignants soumis au nouveau programme de formation écourté.

C’est sans compter la connaissance approfondie de la matière enseignée qui ne peut que souffrir du laps de temps très court dédié à son contenu pédagogique, un effet négatif direct sur la qualité de la formation des jeunes dans leur curriculum.

Enfin, cette formation atrophiée, destinée au départ à combler rapidement la pénurie de personnel enseignant à moyen terme, risque d’avoir pour effet d’aggraver la situation sur la qualité de l’enseignement auprès des élèves et la surcharge des enseignants appelés à dépanner les nouveaux venus, un scénario qui risque de dégénérer en départs précipités des enseignants plus anciens. Somme toute, à vouloir tenter de résoudre un problème en en déplaçant les difficultés, le MEQ n’aura que déshabiller Pierre pour habiller Paul.

vigile.quebec tribune libre 9 février 2026


 

À l’école des parents

8 février 2026

L’école est malade, elle souffre du mal d’amour. Elle baigne dans un monde malsain où l’élève est pris en otage dans des infrastructures dont la charpente tombe en décrépitude, son personnel enseignant est surchargé et les parents brillent malheureusement trop souvent par leur absence.

Dans ces piètres conditions de travail, il n’est donc pas surprenant que près de la moitié des nouveaux enseignants quittent la profession après cinq ans. Alors que le nombre d’élèves éprouvant des difficultés particulières ne cessent de croître, le personnel spécialisé manque cruellement à l’appel si bien que l’enseignant peine à accomplir la tâche pour laquelle il s’est engagé, à savoir communiquer des connaissances à ses élèves.

Autre irritant de taille, le désengagement de plusieurs parents eu égard au suivi et à une étroite collaboration qui doit s’établir entre le personnel scolaire et les parents. Une approche essentielle pour éviter que le jeune soit continuellement ballotté entre deux mondes malencontreusement distincts et fatalement contre-productifs. À cet effet, permettez-moi de vous relater un événement fort révélateur. À cette époque, j’étais directeur d’une école secondaire. Or ce matin-là, je rencontrais une mère et son garçon qui avait été impliqué dans une histoire de vente de drogue à l’école, une faute qui, selon nos règlements, conduisait à l’exclusion. Toutefois, j’avais planifié de le garder à l’école pour autant que la mère m’assure de sa collaboration. Or après lui avoir fait part de mes intentions, elle me répondit à peu près en ces termes : « Écoutez, monsieur, je préfère tirer un joint avec mon garçon le samedi soir à la maison plutôt qu’il se mette à boire de l‘alcool avec ses copains et qu’il devienne alcoolique! » Inutile de vous dire que j’ai dû renvoyer l’élève de l’école devant le manque évident de collaboration de la mère.

La communication entre le personnel scolaire et les parents représente une courroie de transmission essentielle à la formation continue du jeune particulièrement dans un monde où les médias sociaux l’envahissent de phénomènes de violence exacerbés par la somme astronomique d’heures passées devant son écran. Aussi est-il impérieux de maintenir et de favoriser le lien entre les parents et le milieu scolaire. Il en va de l’avenir des futurs adultes appelés à former la société de demain.

vigile.quebec tribune libre 8 février 2026

La boîte de Pandore

8 février 2026

Depuis l’arrivée au pouvoir de la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2018, le projet de troisième lien entre Québec et Lévis a fait les manchettes à moult occasions, ballotté entre sa réalisation, et son report, son abandon et sa renaissance. Entre temps, il fut soumis à plusieurs études qui entraient souvent en contradictions sur la pertinence d’un tel projet Les consultations populaires sur le troisième lien se sont multipliées sans faire ressortir une prédominance marquée en sa faveur ou en son désaccord. Les avis sur le tracé à l’est ou à l’ouest font encore débat. Enfin les dernières projections de coût du troisième lien sont évaluées entre 7 milliards$ et 11 milliards$.

Or huit ans plus tard, en pleine campagne à la direction de la CAQ, alors que le ministre des Transports, Jonatan Julien, se dit prêt à aller en soumission, il doit reporter son échéancier, la candidate Christine Fréchette arguant qu’elle doit encore réfléchir et consulter avant de se prononcer sur le dossier.

Sept mois avant les élections du 5 octobre 2026, le gouvernement se retrouve dans l’eau trouble. Le projet de troisième lien est devenu une véritable boîte de Pandore au sein du cocus caquiste, la solidarité ministérielle tant défendue par le premier ministre démissionnaire, François Legault, s’effritant à tous les jours. La tension est palpable sur les avis contradictoires des ministres qui ne se gênent plus pour se prononcer ouvertement sur le troisième lien.

De plus en plus, un sentiment de profonde lassitude s’empare de la population de la grande région de Chaudiêre-Appalaches qui en est venue à remettre en question la réalisation du troisième lien, sinon à ne plus y croire d’autant plus que la fourchette de plusieurs milliards de dollars pour sa réalisation a atteint des sommes pharaoniques.

En somme, même si Christine Fréchette donnait son aval à la construction du troisième lien, le court laps de temps pour entériner les signatures des contrats de prise en charge du projet jouera nettement en défaveur des débuts de construction. En revanche, le troisième lien s’invitera sûrement dans les débats de la campagne électorale. Conséquemment, je suis plutôt d’avis que le prochain gouvernement héritera de ce dossier chaud, voire brûlant, dès son arrivée au pouvoir.

vigile.quebec tribune libre 7 février 2026

Une lutte à finir entre Fréchette et Drainville

6 février 2026

La course à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ) vient à peine de débuter que déjà les couteaux volent bas. De son côté, Bernard Drainville s’attaque aux hésitations de l’ex-ministre de l’Économie dans certains dossiers notamment sur le troisième lien entre Québec et Lévis en arguant que « l’indécision est la pire des décisions », de l’autre Christine Fréchette plaide qu’il est davantage plus productif d’agir « avec rigueur plutôt qu’émotivité ».

Par ailleurs, le dossier du troisième lien traîne dans les cartons de la CAQ depuis son élection en 2018, et a suivi depuis lors toute une série de rebondissements allant de l’abandon du projet à sa renaissance en passant par sa mise sur pause temporaire. Les coûts de construction sont estimés entre 7 et 11 milliards $, et l’incertitude sur son emplacement règne toujours.

De ce fait, il m’apparaît plutôt curieux qu’un dossier qui circule sur la table du caucus d’un parti depuis si longtemps et qui a été soumis à de multiples consultations puissent encore susciter des hésitations et que, de surcroît, Christine Fréchette puisse soulever l’émotivité de Bernard Drainville et qu’elle-même, ayant siégé au caucus pendant plusieurs années, demande à réfléchir encore avant de prendre une décision. En contrepartie, on ne peut nier que Bernard Drainville saute parfois les plombs dans ses déclarations intempestives, son désormais célèbre « lâchez-moi avec les GES » en faisant foi.

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la course à la chefferie de la CAQ est partie sur les chapeaux de roue et chacun des candidats n’a pas l’intention de s’en laisser imposer. Les stratégies des deux candidats semblent prendre place dès le début du combat, Mme Fréchette misant sur l’émotivité de son adversaire, M, Drainville, sur la valse-hésitation de son opposante. En somme, nous assistons au début d’une lutte à finir entre les deux concurrents, un affrontement coriace qui risque de semer des séquelles à l’égard de l’unité du parti qui, de toute évidence, a grandement besoin de se serrer les coudes si l’on se fie aux résultats faméliques du dernier sondage.

vigile.quebec tribune libre 5 février 2026

La souveraineté confrontée à l’instabilité économique

5 février 2026

Lors des référendums de 1980 et de 1995, les menaces perverses des libéraux fédéraux et provinciaux selon lesquelles notamment les Québécois perdraient leurs pensions de vieillesse ou leur passeport si le Oui l’emportait a eu l’heur de créer un sentiment de panique auprès d’un grand nombre de citoyens. Or en 2026, le contexte géopolitique a considérablement changé, les lubies de Donald Trump sur ses velléités expansionnistes d’annexer le Canada comme 51e État des États-unis s’érigeant en menace bien concrète.

De ce fait, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), se retrouve confronté à deux scénarios contraignants eu égard à son projet de souveraineté du Québec, soit les effets économiques désastreux des mesures tarifaires du président américain d’une part, et la confiance de près de 50% des Québécois envers le premier ministre canadien Mark Carney pour y faire face d’autre part.

Le fardeau de la preuve sur la viabilité de l’indépendance du Québec dans un contexte aussi troublant, voire explosif, est entre les mains de PSPP. Toutefois il devra d’abord prendre le pouvoir lors des élections du 5 octobre avec un gouvernement majoritaire dans le meilleur des scénarios s’il désire éviter les écueils d’un gouvernement minoritaire notamment la chute de son gouvernement et le déclenchement d’élections précipitées.

De leur côté, les élus fédéralistes, à Ottawa comme à Québec, répètent ad nauseam que l’heure «n’est pas à la division au Canada, mais à l’unité», un argumentaire ayant pour effet entre autres de semer la peur chez l’électorat québécois, et qui rappelle les élans oratoires des Trudeau père et Chrétien en ‘80 et ‘95. Or cette fois-ci, la terrorisante peur, en sus de l’intérêt de protéger l’unité canadienne, a un nouveau joueur, l’imprévisible Trump.

Le pourcentage d’intentions de vote en faveur de la souveraineté oscille depuis quelques années entre 30% et 35%. De toute évidence, le chemin vers le statut de pays du Québec s’annonce long et ardu. Le 23 janvier, PSPP a présenté le quatrième chapitre du Livre bleu, soit celui traitant de la question de la citoyenneté dans un Québec indépendant dont les contours se dessinent peu à peu au fur et à mesure que les chapitres défilent sous nos yeux. Toutefois PSPP devra aller au-delà du programme et rencontrer les Québécois sur le terrain pour répondre de vive voix à leurs inquiétudes et leurs craintes. Une troisième défaite référendaire serait catastrophique et sans appel

vigile.quebec tribune libre 4 février 2026…

PSPP doit se reconnecter sur le quotidien des Québécois

4 février 2026

Dans son discours de clôture du congrès du Parti conservateur du Québec (PCQ) tenu au Lac Delage, en banlieue de Québec, le chef de la formation politique, Éric Duhaime, n’a pas mâché ses mots à l’endroit du chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), en le qualifiant d’« arrogant » et de « prétentieux ». « PSPP, c’est le gars qui est en train d’organiser le défilé de la Coupe Stanley sur la rue Sainte-Catherine à Montréal, mais qui n’a même pas le club pour faire les séries », a-t-il raillé.

Maintenant que l’épisode de la version de la bataille des Plaines d’Abraham 2.0 de Mark Carney est passé, PSPP doit mettre sur la glace sa prédilection pour le discours souverainiste et se reconnecter sur le quotidien des Québécois qui font face aux conséquences désastreuses des politiques tarifaires de l’imprévisible Donald Trump sur l’augmentation du coût des loyers et du panier d’épicerie. Et s’ajoutent à ce chaos le nombre alarmant d’itinérants et l’explosion des suicides, notamment chez les jeunes.

La décision de PSPP de tenir un référendum sur l’indépendance du Québec dans un premier mandat si le PQ est élu en octobre 2026 est connue de tous les Québécois depuis belle lurette et personne ne met en doute son engagement. Toutefois, en attendant, le PQ doit communiquer à la population les politiques qu’il entend mettre de l’avant pour atténuer le fardeau économique des Québécois qui ne cesse de s’alourdir en lien avec le contexte géopolitique instable actuel.

Par conséquent, M. St-Pierre Plamondon, je vous incite à faire preuve de lucidité, à sortir de votre bulle référendaire et à descendre dans la rue pour aller à la rencontre des Québécois ordinaires pour qui les préoccupations souverainistes sont à des années-lumière de leur quotidien par les temps qui courent.

vigile.uebec tribune libre 3 février 2026

La notoriété de Drainville ne fait pas le poids

3 février 2026

Dans son point de presse annonçant sa mise en candidature officielle à la direction de la Coalition avenir Québec (CAQ), l’ex-ministre de l’Environnement, Bernard Drainville, évoquait haut et fort ses nombreuse années en politique active en guise de critères de notoriété, un atout, disait-il, pour occuper les fonctions de chef de parti et, de surcroît, de premier ministre.

Or le dernier sondage Léger–Le Journal–TVA démontre que 46% des répondants ont «plutôt une mauvaise opinion » de Bernard Drainville et seulement 27% qui en ont une opinion positive. En revanche, 39% des électeurs disent avoir une bonne opinion de Christine Fréchette, les répondants caquistes étant presque trois fois plus nombreux à préférer Mme Fréchette (59%) à M. Drainville (22%) pour remplacer François Legault.

À mon avis, le côté batailleur de Bernard Drainville joue en sa défaveur, ses sorties parfois orageuses le plaçant souvent dans des positions inconfortables qui laissent percevoir un politicien bourru fermé aux compromis.

Par ailleurs, dans une vie antérieure avec le Parti québécois (PQ), la Charte des valeurs québécoises adoptée en 2013, dont il est le père à titre de ministre responsable des Institutions démocratiques et de la Participation citoyenne de l’époque, a laissé des doutes sur sa véritable allégeance politique, une situation embarrassante pour un candidat qui prétend adopter la troisième voie caquiste en tant qu’éventuel premier ministre du Québec.

De plus, son parcours en tant qu’ex-ministre de l’Éducation dans un gouvernement de la CAQ n’a pas laissé de réalisations remarquées, la situation sur le plan de la pénurie de personnel étant demeurée stagnante, et son initiative sur l’obligation du vouvoiement n’étant certes pas matière à diminuer substantiellement la violence à l’école. Enfin, en tant qu’ex-ministre de l’Environnement, il a reporté de cinq ans le seuil d’atteinte des objectifs de diminution des GES, une décision qui n’a pas eu l’heur de plaire aux environnementalistes.

Au moment d’écrire ces lignes, Bernard Drainville lance officiellement sa campagne à la chefferie de la CAQ. Un long chemin le sépare de l’échéance du 12 avril, date à laquelle le nouveau chef sera désigné, soit quelque cinq mois avant le scrutin du 5 octobre. Le premier coup de sonde le place devant un défi titanesque. Parviendra-t-il à gravir la pente abrupte qui se dresse devant lui et à gagner la confiance d’une majorité des militants caquistes? Rien n’est moins sûr!

vigile.quebec tribune libre 2 février 2026

Avis de veille météorologique

31 janvier 2026

On apprend, à la suite de la diffusion d’un reportage de J.E, que des présentatrices météo sont régulièrement victimes de harcèlement proféré sous le couvert de l’anonymat sur les médias sociaux, des femmes ciblées par des lettres anonymes haineuses. Par ailleurs, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), via l’inspecteur-chef David Shane, a reconnu avoir été trop laxiste dans ce dossier et affirmé que l’enquête était toujours active et loin d’être abandonnée.

Un avis de veille météorologique a donc été lancé transportant des vents forts et des pluies abondantes et visant à maîtriser les effets désastreux sur les présentatrices météo, notamment les séquelles psychologiques liées au harcèlement des fauteurs de trouble en espérant vivement que les coupables soient maîtrisés et que le calme soit rétabli au sein de ces femmes qui exercent leur métier avec professionnalisme.

vigile.quebec tribune libre 31 janvier 2026

La « fédéralgie »

31 janvier 2026

Les relations fédérales-provinciales entre Ottawa et Québec se sont souvent conclues par un avantage en faveur du gouvernement fédéral au détriment souvent du caractère distinct du Québec. Ainsi en est-il du rapatriement de la Constitution de 1982 sans l’accort du Québec, de l’ingérence éhontée du gouvernement fédéral dans les référendums de 1980 et de 1995 au Québec, de la loi sur la clarté référendaire de Stéphane Dion et, tout récemment, du discours fallacieux du premier ministre du Canada, Mark Carney, sur l’historique tordu de la bataille des Plaines d’Abraham.

Enfin dans cette foulée interventionniste, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, pousse les effets nocifs de la « fédéralgie » jusqu’à intervenir directement dans la politique québécoise en incitant les Québécois à ne pas voter pour le Parti québécois lors du prochain scrutin du 5 octobre 2026 pour éviter le « désastre, dans un appel pathétique à l’unité canadienne alors qu’il est allé jusqu’à ajouter l’opprobre à l’insulte en invitant les médecins du Québec à venir pratiquer chez lui, et cela, en plein conflit entre Québec et les médecins l’automne dernier.

Par ailleurs, il est tout de même fort révélateur que, nonobstant les nombreux appels de Mark Carney à l’abolition des mesures tarifaires interprovinciales dans le but de favoriser l’unité canadienne, aucune mesure concrète n’ait été mise de l’avant jusqu’à maintenant dans ce dossier. On peut aussi ajouter à la liste des écueils liés à la « fédéralgie » le bras de fer entre l’Alberta et la Colombie Britannique eu égard à la construction éventuelle d’un pipeline partant du territoire de Danielle Smith, enjambant la province de David Eby pour amerrir dans le Pacifique.

En résumé, historiquement, le fédéralisme canadien a joué à maintes occasions en défaveur du Québec. Aujourd’hui, les menaces de Donald Rump sur ses velléités d’acquérir le Canada comme le 51e État des États-Unis appellent le premier ministre canadien à lancer un cri d’alarme en faveur de l’unité canadienne. Au Québec, les cicatrices laissées par la défaite des troupes canadiennes-français aux mains des troupes britanniques sur les Plaines d’Abraham sont encore vives. Mark Carney devra s’en souvenir s’il désire vraiment mettre de l’avant l’unité canadienne.

vigile.quebec tribune libre 31 janvier 2026