La peur, la pire menace à l’indépendance du Québec

31 octobre 2025

J’ai énormément apprécié l’entrevue réalisé par François Carabin, Michel David et Brian Myles avec le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, paru dans Le Devoir du 27 octobre sous le titre Ce que serait le Québec sous un gouvernement du Parti québécois.

Les dernières minutes de la rencontre consacrées en grande partie au phénomène de la peur quasi viscérale des Québécois envers l’insécurité économique de plusieurs Québécois liée à une éventuelle victoire du « oui » à l’indépendance du Québec a surtout retenu mon attention.

Aussi ai-je cru opportun de citer cette assertion du philosophe de l'école stoïcienne, dramaturge et homme d'État romain du premier siècle, Sénèque, en guise de réflexion : «Ce n'est pas parce que nous avons peur que nous n’osons pas, c'est parce que nous n'osons pas que nous avons peur».

https://www.ledevoir.com/politique/quebec/928470/ce-serait-quebec-sous-gouvernement-parti-quebecois


vigile.quebec tribune libre 30 octobre 2025

Les médecins retournent à l’école

31 octobre 2025

Plus j’entends les commentaires du ministre de la Santé, Christian Dubé, des médecins et des analystes politiques sur la Loi 2, plus j’ai la curieuse impression d’assister à une rencontre de la direction de l’école et des élèves en début d’année scolaire dans le but notamment de présenter aux élèves la liste des règlements qui seront appliqués à l’école et les sanctions infligées à ceux qui en dérogeront.

Dans cette foulée, dorénavant, tel que stipulé dans la loi 2, la rémunération des médecins sera directement liée à des critères de performance et ce, jusqu’à 15% de leur tâche. Et parallèlement à cette directive, des sanctions seront appliquées aux médecins réfractaires, telles des pénalités financières allant de $4 000 à $20 000 par jour d'infraction, des sanctions qui s'appliqueront en cas d'action « concertée » impliquant plus de trois personnes, et des amendes quotidiennes de $100 000 à $500 000 pour les fédérations des médecins retenues sur les cotisations. La loi prévoit aussi des pénalités pour les médecins qui seraient tentés de quitter le navire du réseau québécois de la santé pour aller pratiquer dans d'autres provinces ou de réduire leurs activités en guise de protestation.

À l’école, on définit les règlements ou les normes de comportement comme des mesures d’encadrement, lesquels règlements sont appuyés par un mécanisme de sanctions dans les cas de dérogation pouvant aller de la retenue jusqu’à l’expulsion en passant par la suspension.

En somme la loi 2 sonne le retour à l’école pour les médecins qui seront dorénavant encarcanés danstout un train de mesures autoritaires et infantilisantes. Vivement une approche constructive entre le gouvernement et les fédérations de médecins basée sur une négociation faisant référence à des objectifs communs établis en conformité avec l’intention de chacune des parties de contribuer au processus d’entente. La sonnette d’alarme retentit depuis trop longtemps. Que vienne le temps des échanges entre adultes majeurs et vaccinés!

vigile.quebec tribune libre 29 octobre 2025

Le salut dans la fuite

31 octobre 2025

En lien avec les chiffres les plus récents du ministère de l’Éducation (MEQ), pour l’année 2023-2024, en un an seulement, 1300 enseignants permanents ont remis leur démission dans les écoles publiques québécoises. Depuis cinq ans, le nombre de démissions parmi les enseignants permanents a augmenté de 67%, alors que le nombre total de professeurs a connu une hausse de 6% au cours de la même période. Et comble d’ironie, le MEQ ne tient aucun registre sur les motifs ayant conduit à la démission des dits enseignants. Par ailleurs, à sa défense, le MEQ allègue qu’une démission ne signifie toutefois pas nécessairement qu’un professeur a quitté l’enseignement puisqu’il pourrait avoir remis sa démission pour aller travailler dans un autre centre de services scolaire, une allégation peu probable dans le contexte où les enseignants permanents perdent leur ancienneté et leur permanence s’ils changent d’employeur.

En revanche, nombreux sont les témoignages d’enseignants sur les circonstances catastrophiques qui les ont conduits à quitter leur emploi, notamment cette enseignante passionnée ayant accumulé 17 années d’expérience qui a remis sa démission après avoir été menacée de mort sur les médias sociaux par une élève, un incident qui a été «la goutte qui a fait déborder le vase» pour celle qui était alors au bord de l’épuisement professionnel. De son côté, la Fédération des syndicats de l’enseignement identifie trois catégories d’enseignants susceptibles de quitter la profession : les plus jeunes, qui ne sont pas suffisamment bien accompagnés en début de carrière, ceux qui sont près de la retraite qui décident de devancer leur départ, et enfin plusieurs professeurs en milieu de carrière, épuisés par la tâche et la pénurie de personnel de soutien pour les élèves en difficulté dont le nombre ne cesse de s’accroître depuis l’émergence souvent anti-productive des médias sociaux.

L’éducation est la pierre angulaire sur laquelle est assise le sain épanouissement de toute société. Or force est de constater que notre système d’éducation a perdu ses lettres de noblesse chèrement acquises au début des années ‘60 lors de la parution du rapport Parent qui prônait en tête de ses priorités l’accession à l’éducation de tous les jeunes du Québec. De carrière choyée par bon nombre de finissants en Sciences de l’éducation à l’époque, la carrière d’enseignant en est arrivée aujourd’hui à incarner un défi quasi surhumain.

En conséquence, l’État doit desserrer les cordons de la bourse pour investir massivement en éducation à défaut de quoi le personnel enseignant qui a choisi d’emprunter la voie périlleuse de l’enseignement contre vents et marées rejoindra inéluctablement le chemin du salut dans la fuite et cela, malheureusement trop souvent malgré eux.

vigile,quebec tribune libre 29 octobre 2025

Déclaration choc de Parizeau au soir du 30 octobre 1995

28 octobre 2025

« C’est vrai, c’est vrai qu’on a été battus, au fond par quoi ? Par l’argent puis des votes ethniques, essentiellement », laisse tomber un Jacques Parizeau en colère à la suite de la victoire du « non » par une infime majorité de 50,58%. Une déclaration choc qui s’est propagée a vitesse grand V dans les médias le soir du 30 octobre 1995, et qui encore aujourd’hui, trente ans après qu’elle ait été prononcée, continue à soulever des interrogations sur ses retombées politiques pendant les semaines qui ont suivi.

Jacques Parizeau est-il allé trop loin? Oui. A-t-il été malhabile? Oui. Son cri du coeur émergeait-il de la réalité? La réponse est oui. De ce fait, fallait-il condamner ses propos à outrance dans un contexte où le camp du « oui » était venu si près de l’emporter, et où l’émotion était à son comble chez les centaines de partisans réunis ce soir-là au Palais des congrès à Montréal?

En revanche, aux dires de la traductologue Chantal Gagnon les jours suivant la déclaration de M. Parizeau, plusieurs journalistes francophones et anglophones ont mal cité les paroles de M. Parizeau, écrivant à tort qu’il avait montré du doigt le « vote ethnique » et non les « votes ethniques » pour expliquer la victoire à l’arraché du camp du « Non ». Selon elle, « Quand on dit “le vote ethnique”, c’est comme si c’était très, très homogène et que toutes les communautés culturelles votaient de la même façon, alors que ce n’est pas ce que M. Parizeau a dit, même si, dans tous les cas, c’était un énoncé extrêmement maladroit et déplorable ».

Fortement ébranlé émotivement par le résultat extrêmement serré du vote au soir du 30 octobre 1995, le « croisé » rendossa son costume moyenâgeux en ce soir pathétique, et visa les « votes ethniques » comme les responsables de la défaite crève-coeur du camp du Oui. Fidèle à sa franchise, Jacques Parizeau lança tout haut ce qu’il pensait tout bas… avec maladresse assurément mais aussi avec l’aplomb d’un fier Québécois brandissant en avant-plan son immense amertume au vu et au su de tous les Québécois.

vigile.uebec tribune libre 28 octobre 2025

Carney en quête d’un « partenaire de danse »

27 octobre 2025

Il ne reste plus que dix jours, soit le 4 novembre, avant le dépôt du budget Carney en Chambre des communes, et, jusqu’à maintenant, ni les Conservateurs ni les Bloquistes n’ont démontré d’intérêt à agir comme « partenaire de danse » avec le premier ministre, les Néodémocrates s’étant montrés quant à eux avares de commentaires sur ledit budget.

En réalité, les libéraux ont tout un casse-tête devant eux. Les négociations sont rompues avec le gouvernement américain à la suite d’une vidéo du premier ministre ontarien, Doug Ford, dans laquelle l’ex-président républicain, Ronald Reagan, dénonce les impositions de tarifs, les tarifs américains font mal à la croissance de l’économie canadienne, les pertes d’emploi se multiplient et le déficit pourrait atteindre la somme faramineuse de 100 milliards $ selon les prévisions de certains économistes.

Dans un contexte aussi explosif, le premier ministre Carney invite des députés de l’opposition à appuyer son budget du 4 novembre prochain et se dit ouvert à leurs propositions afin d’en modifier le contenu. «J’invite d’autres partis, d’autres membres du parlement à voter pour le budget et nous sommes ouverts aux bonnes idées», a-t-il déclaré lors d’un point de presse.

Dans l’hypothèse où le Parti conservateur et le Bloc québécois se prononcent contre le budget, seuls trois membres du NPD sur sept élus sont nécessaires au Parti libéral pour survivre au vote sur le budget, à défaut de quoi les Canadiens seront rappelés aux urnes pour une deuxième fois en moins d’un an. Pour l’instant, Mark Carney est en quête d’un partenaire de danse pour ouvrir le bal, et aucun danseur ne s’est encore manifesté pour ouvrir le bal en sa compagnie pendant qu’un lourd silence plane sur la piste de danse!

vigile.quebec tribune libre 26 octobre 2025

Effets collatéraux nocifs de l’IA

27 octobre 2025

L’arrivée fulgurante de l’intelligence artificielle (IA) sur la planète entière est venue bousculer le mode de vie de quelque 800 millions d’êtres humains, tantôt positivement dans le domaine de la recherche par exemple mais aussi malheureusement négativement. À cet effet, une recherche d’un jeune Québécois de 25 ans, Étienne Brisson, sur les dangers de cette nouvelle technologie, l’a conduit à découvrir tout un monde inconnu jusqu’à maintenant, et à ouvrir la boîte de Pandore.

À titre d’exemples pour le moins percutant, sa recherche portant sur 205 cas vécus provenant de 18 pays lui a permis de lever le voile sur le fait que les robots conversationnels, tel ChatGPT, seraient impliqués dans au moins 7 décès, 36 cas de psychose, une vingtaine de pertes d’emploi, une douzaine de divorces. En plus des suicides et des graves problèmes de santé mentale, le jeune chercheur a aussi dénombré six parents qui ont perdu la garde de leurs enfants, des centaines de milliers de dollars partis en fumée, des hospitalisations et des arrestations. À ce jour, il s’agit de l’une des recensions les plus importantes au monde des conséquences néfastes de ces outils qui gagnent en popularité à la vitesse grand V.

Or face à cet envahissement épidémique de l’IA sur le mode de vie de l’être humain, Étienne Brisson estime que le moyen le plus sûr de faire bouger les géants du web, ce sont les tribunaux. Dans cette foulée, il explore d’ailleurs le terrain avec des avocats pour déposer un recours collectif. «La racine du problème, c’est qu’on a fait passer le profit avant les humains et leur santé mentale», argue-t-il avec amertume.

Par ailleurs, au-delà de toutes ces révélations sur les effets collatéraux nocifs de l’IA, une question existentielle s’impose : l’IA surpassera-t-elle un jour l’intelligence humaine? Nous n’en sommes pas là aux dires de la majorité des chercheurs. Notre monde étant constamment propulsé par la découverte de l’inconnu, ce besoin viscéral d’explorer toujours plus à fond les capacités de l’IA est un jeu dangereux qui peut facilement se tourner contre lui. À ce jour, l’IA demeure impuissante eu égard à toute forme d’une véritable empathie lui permettant de ressentir ou comprendre les émotions humaines de manière authentique. En revanche, nul ne peut prétendre que l’IA n’arrivera pas un jour à franchir cette frontière et alors…

vigile.quebec tribune libre 26 octobre 2025

La performance au centre des priorités de François Legault

24 octobre 2025

Une petite recherche sur la toile m’a révélé notamment que François Legault, à titre de ministre de l’Éducation, en avril 2000, veut lier le milliard d’argent frais en éducation, annoncé lors du Sommet de la jeunesse, à des « contrats de performance » des établissements d’enseignement, une histoire qui soulève un tollé dans le monde de l’éducation. Par ailleurs, à la suite d’un très important remaniement du premier ministre Bernard Landry, François Legault devient ministre de la Santé et des Services sociaux en 2002, et trouve inconcevable de ne pouvoir évaluer concrètement la « performance » d'un réseau dans lequel les Québécois investissent annuellement quelque 17 milliards $.

Plus de deux décennies plus tard, force est de constater que l’évaluation de « performance » ancrée dans les antécédents de l’homme d’affaires se répète encore aujourd’hui dans l’épineux dossier visant à lier une partie de la rémunération des médecins à des critères de performance dans le projet de loi 106.

Or en santé, la performance du personnel traitant devrait-elle être liée au nombre de patients pris en charge ou à la qualité des soins prodigués? À mon point de vue, poser la question c’est beaucoup y répondre. En revancher, François Legault est un héritier du monde des affaires où la performance incarne un critère essentiel dans l’évaluation des tâches du personnel. Par ailleurs, il m’apparaît inapproprié, voire anti-productif, de transposer mutatis mutandis cette définition au personnel médical dont la mission première est d’offrir une qualité de service aux patients.

Au moment d’écrire cette lettre, tous les indices portent à croire que le premier ministre déposera en Chambre un projet de loi spécial visant à fixer sous bâillon le mode de rémunération des médecins en partie à des critères de performance. Si François Legault aspire ainsi régler l’éternel conflit entre l’État et les médecins sur leur mode de rémunération, il est plutôt fort à parier que cette loi attisera les tensions entre les parties au détriment, encore une fois, des Québécois qui attendent désespérément une place pour être traités comme il se doit.

vigile .quebec tribune libre 24 octobre 2025

Désarmement du Hamas, une utopie?

23 octobre 2025

Le plan de paix du président américain Donald Trump éprouve déjà des difficultés à prendre son élan notamment eu égard à la libération des otages israéliens enterrés sous les décombres. Or la seconde phase de l'accord de cessez-le-feu prévoit le désarmement du Hamas et la démilitarisation du territoire palestinien. Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a déclaré que la guerre dans la bande de Gaza ne prendra définitivement fin qu'avec le désarmement du Hamas et la démilitarisation du territoire palestinien. « Lorsque cela aura été accompli avec succès – j'espère de manière simple, mais sinon, à la dure –, la guerre prendra fin », a déclaré Nétanyahou alors que, par ailleurs, le Hamas a jusqu'ici rejeté toute forme de reddition des armes.

Fondé en 1987, « le Hamas est un mouvement islamiste et nationaliste palestinien constitué d'une branche politique et d'une branche armée pour lutter contre l'occupation israélienne, Selon sa charte, qui prône la destruction d'Israël, le Hamas se définit comme un groupe de résistance fondé pour libérer la Palestine de l'occupation israélienne ». SourcceWikipédia.

De toute évidence, l’ADN du Hamas porte jusque dans ses racines profondes l’instinct du guerrier qui s’exprime, depuis ses origines, par les armes. En conséquence, pour ma part, il est aussi inconcevable de demander au Hamas de rendre les armes qu’à un pommier de cesser de produire des pommes La démilitarisation du Hamas n’est que pure utopie. Conséquemment, je ne vois pas d’autres solutions que d’éradiquer le Hamas…par les armes.

vigile.quebec tribune libre 23 octobre 2025


 

Motion de blâme contre le président du Collège des médecins du Québec

23 octobre 2025

Nonobstant le climat tendu qui semble régner entre le président du Collège des médecins du Québec (CMQ), le Dr Mauril Gaudreault, et les fédérations de médecins omnipraticiens et spécialistes, je suis plutôt d’avis qu’il était tout à fait légitimé de condamner l’arrêt des cours aux étudiants en médecine comme moyen de pression dans le conflit qui oppose depuis des semaines le gouvernement aux médecins.

De facto, partant du constat que le Dr Gaudreault ne s’est pas immiscé dans le processus de négociation en se prononçant, par exemple, en faveur de l’article 8 du projet de loi 106, permettant au ministre de la Santé de lier 15% de la rémunération à des critères de performance, je me range de bon gré derrière la position du médecin spécialisé en infectiologie-microbiologie, Amir Khadir : «De là à vouloir avoir la tête du président du Collège des médecins qui a eu la responsabilité de rappeler qu'on a aussi des devoirs déontologiques. [...] On est tous soumis à ça, on doit prendre conscience que le Collège a une fonction qui n'est pas une fonction syndicale». À cet effet d’ailleurs, la profession de médecin est «régie par un Code de déontologie qui interdit toute forme de moyens de pression dans le cadre d’une action individuelle ou concertée».

En prolongeant le boycottage des cours aux étudiante résidents en médecine, c’est la moitié de ces futurs médecins, soit quelque 500, qui ne pourront pas entamer leur carrière en juillet 2026, une situation dramatique et frustrante pour cette cohorte sans compter les effets collatéraux de ce retard qui priveront les Québécois de l’arrivée de 500 nouveaux médecins dans le réseau de la santé. Somme toute, à mon sens, les médecins se tirent dans le pied en prenant en otages les futurs résidents en médecine dont le plus cher désir est de débuter leur carrière de médecin et d’offrir des soins professionnels aux Québécois… et tout ce branle-bas en période de pénurie de main d’oeuvre dans les hôpitaux du Québec. Quelle farce grotesque!

vigile.quebec tribune libre 23 octobre 2025


 

Des victimes d’un système de libération laxiste

23 octobre 2025

La violence conjugale est devenue un fléau entraînant souvent avec elle les meurtres crapuleux d’innocentes victimes. Gabie Renaud fait partie de celles-ci. L’accusé dans cette affaire, Johnathan Blanchet, a accumulé une trentaine d’accusations pour des crimes violents, le plus souvent commis dans un contexte conjugal. Et de surcroît, il a contrevenu aux conditions imposées par le tribunal à 16 reprises, comme celle, notamment, de ne pas contacter la plaignante. Or comment, avec un passé aussi lourd, l’accusé a-t-il pu se faufiler aussi aisément entre les mailles du système de libération? Et pourtant, « un être comme Johnathan Blanchet n’avait pas le droit à la liberté. C’est incompréhensible : combien de femmes ont porté plainte, pour revoir leur bourreau revenir, encore, et encore ? », lance avec colère Rachel Renaud, la sœur de la victime.

En 2024, 25 féminicides ont été enregistrés au Québec, dont 13 issus de situations conjugales. À l'heure actuelle, en 2025, le Québec dénombre 10 féminicides, dont 6 en contexte de violence conjugale. Johnathan Blanchet était un récidiviste notoire et, pourtant, il bénéficiait d’une liberté pleine et entière. Nancy Boucher a partagé sa vie avec Johnathan Blanchet pendant quatre ans. Depuis 2021, elle dénonce la violence qu’il lui a fait subir. Selon elle, il demeure trop difficile de porter plainte pour les victimes de violence conjugale. « C’est le jour de la marmotte. Moi, j’avais plusieurs preuves contre Johnathan, et rien n’a changé. Vous imaginez les pauvres femmes qui n’en ont pas suffisamment ? Elles abandonnent. Elles n’ont plus confiance au système. Pourquoi se battre si ça ne donne rien, au bout de la ligne ? », lance-t-elle. De son côté, la sœur de Gabie Renaud, Rachel, réclame que les libérations conditionnelles soient mieux surveillées, qu’un registre public des auteurs de violence conjugale soit mis sur pied et que les bracelets antirapprochements fassent l’objet de suivis plus étroits.

À mon avis, il apparaît évident que le système de libérations conditionnelles soufre d’un laxisme éhonté. Les femmes prisonnières d’un conjoint violent sont laissées à elles-mêmes. Conséquemment, le législateur doit de toute urgence resserrer les conditions de libération. Il est tout simplement inconcevable qu’en 2025, une violence aussi condamnable puisse se perpétuer à un rythme effarant… Un constat sociétal dégradant empreint d’une barbarie innommable envers les femmes.

vigile.quebec tribune libre 22 octobre 2025