Nomination controversée de Jacinthe-Eve Arel
3 novembre 2026 En politique, le passé d’une nomination contestable risque de susciter la controverse de la part des médias et des partis d’opposition. Dans cette foulée, l’arrivée en poste de Jacinthe-Eve Arel à titre de bras droit du ministre délégué à l’Efficacité gouvernementale et à l’Allègement réglementaire de l’État, Sébastien D’Astous, en est un constat patent. À titre d’exemples venant assombrir sa nomination, sa prise de position sur ses médias sociaux en faveur de Donald Trump, son appui à la Russie de Poutine, ses déclarations comparant les mesures sanitaires au totalitarisme, et plus récemment, ses déclarations incendiaires en lien avec un futur sommet sur le phénomène de l’itinérance, etc.
Qu’à cela ne tienne, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, persiste et signe, il ne dégommera pas Mme Arel et cela malgré la montée aux barricades des deux co-porte-parole de Québec Solidaire, Ruba Ghazal et Sol Zanetti qui réclament ni plus ni moins que son départ immédiat. En revanche, argue la vice-première ministre Catherine Gentilcore, « Je pense qu’il faut laisser la chance aux coureurs. Il faut la juger selon ses résultats et non selon ce qu’elle a dit auparavant »
Nous y voilà, faut-il en effet laisser la chance au coureur lorsque ses déclarations antérieures laissent nettement présager un penchant affirmé pour l’extrême-droite? Ses opinions dénigrantes envers les itinérants récemment ne viennent-elles pas en contradiction flagrante avec un dossier que son premier ministre a décidé de prendre à bras-le-corps et de prioriser de toute urgence? Enfin que penser des liens de Mme Arel avec ses penchants vers l’extrême-droite dans un parti qui se dit de centre-gauche?
De toute évidence, dans ces circonstances, PSPP fait le pari que l’expertise de sa candidate à titre d’analyste politique fera oublier ses bévues antérieures. Or dans les faits, Mme Arel a toute une pente à remonter si elle aspire faire oublier ses frasques pour le moins discutables. De son côté, je suis d’avis que PSPP joue dangereusement avec le feu. De fait, le jeu en vaut-il la chandelle? Entêtement ou détermination de la part de PSPP?
Je suis un souverainiste de la première heure mais le chauvinisme m’a toujours répugné au plus haut point. L’erreur est humaine, nous dit une locution latine, elle est donc excusable. Encore faut-il que l’auteur se rétracte et fasse amende honorable. Les incartades de Catherine-Eve Arel remonteront immanquablement à la surface un jour ou l’autre dans l’exercice de ses nouvelles fonctions, et elles risquent de se répercuter sur le bon jugement, voire la crédibilité, du premier ministre.
Le Devoir 3 novembre 2026
Henri Marineau

