Ralph Mercier, un maire dévoué

14 février 2020

Celui qui aura pris à coeur sans relâche la défense des citoyens de Charlesbourg pendant 17 ans, à titre de maire, M. Ralph Mercier, est décédé le 13 février, le jour même de ses 83 ans.

Pour avoir pu m’entretenir assez régulièrement avec M. Mercier lors de mes marches dans le voisinage, je me rappellerai toujours avec quelle passion il me parlait de tel ou tel citoyen de Charlesbourg, ou de tel projet qu’il caressait pour les jeunes ou pour les personnes âgées de la municipalité.

Ralph Mercier était un homme calme qui fuyait les prises de bec et qui s’appliquait plutôt à rechercher la conciliation. Ainsi, même à l’époque de le Loi sur les fusions municipales pendant laquelle il formait équipe avec le maire de Beauport Jacques Langlois, et Andrée P. Boucher, la mairesse de Ste-Foy, deux tempéraments bouillants, il a su tirer son épingle du jeu en apportant des arguments à la défense de l’autonomie des municipalités tout en respectant ses adversaires du gouvernement provincial.

Toutes ces années où il a fait carrière dans la politique municipale lui ont conféré une sagesse telle que plusieurs élus municipaux lui demandaient une rencontre pour avoir son avis sur tel ou tel problème auquel ils avaient à faire face et, toujours, M. Mercier était là pour les écouter et les conseiller.

Enfin, je vous fais part de cette phrase révélatrice que son fils Éric a retenu de son père : « La politique, c’est un peu comme être curé, c’est une vocation. Il ne faut pas s’en servir pour en tirer un bénéfice, mais pour servir la population »… Adieu, M. Mercier, et merci pour votre dévouement inlassable envers les Charlesbourgeois!

querbechebdo 14 février 2020
Le Soleil 15 février 2020

La Loi 40 au banc des accusés

13 février 2020

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la Loi 40 modifiant principalement la Loi sur l’instruction publique relativement à l’organisation et à la gouvernance scolaires suscite de nombreuses frustrations, notamment auprès des commissaires et des maires des municipalités.

Du côté des commissaires, comme si ce n’était pas assez d’avoir assisté illico à l’abolition de leur poste, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, leur demande de demeurer disponibles pour « faire de sa réforme une réussite » et les invite à « collaborer » avec les directeurs généraux des commissions scolaires qui ont pour tâche de piloter cette période de transition jusqu’au 15 juin.

En ce qui a trait aux municipalités, un amendement de dernière minute les force à donner des terrains gratuitement aux nouveaux centres de services scolaires, en échange de quoi elles pourront utiliser les gymnases des écoles et profiter des taxes municipales que générera un « éventuel » développement résidentiel autour de l’école.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement Legault précipite l’adoption de projets de loi, comme s’il se retrouvait continuellement dans une situation d’urgence. Et s’ajoute à cela bien souvent des ajouts ou des modifications qui ont l’heur de créer des frustrations auprès des personnes qui sont malheureusement souvent placées devant le fait accompli.

Une attitude pour le moins cavalière, voire méprisante, qui dénote une lacune évidente eu égard au nécessaire processus de consultation sérieusement entaché par une démarche qui place l’urgence continuellement comme une priorité absolue.

quebechebdo 13 février 2020

Des commentaires rafraîchissants sur Frédéric Bastien

13 février 2020

J’ai souvent l’impression, à la suite d’un article d’un chroniqueur ou d’un éditorialiste, que les commentaires des lecteurs m’en apprennent davantage que l’auteur sur le sujet de l’article, Eh bien le phénomène s’est produit à nouveau lorsque j’ai lu certains commentaires eu égard à Frédéric Bastien à la suite de l’article de Michel David paru dans Le Devoir du 11 février sous le titre Le pitbull

Aussi ai-décidé de vous en présenter un certain nombre que j’ai glanés au cours de ma lecture :  

« Méfiez-vous monsieur, c'est peut-être votre commentaire qui ira enrichir le fameux « champs de ruines » de monsieur Parizeau. On ne connait pas l'avenir. Plus ça va, plus le discours de monsieur Bastien m'attire. Je peux dire aussi me séduit.
Seul « un pitbull » pourra faire avancer avec succès les revendications du Québec. Nous avons besoin d'une personnalité qui n'a pas peur de s'assumer et de faire la bataille avec le Canada anglais pour nos valeurs.

La laïcité est un des piliers de la Révolution tranquille qui distingue les Québécois des autres provinces du Canada et de l’Amérique du Nord. Monsieur Bastien pourra se tenir debout et défendre notre laïcité devant le barrage de critiques de racisme et de xénophobie provenant du Canada anglais. C’est certain qu'il ne va pas céder aux critiques de ceux et celles qui veulent nous diviser avec le sectarisme ethnique, au lieu de promouvoir la citoyenneté. »

« Après tout, les Irlandais ont lutté combien de temps, cinq cents, six cents ans avant d'accéder à l'Indépendance… Les grands mouvements de l'histoire se déploient lentement. Un livre m'en a convaincu. « Une histoire populaire de l'humanité » par Chris Harman, qui se termine sur cette note : « Les seuls véritables prophètes son ceux qui modèlent l'avenir. Comprendre le passé peut y aider. C'est pourquoi j'ai écrit ce livre. » C'est avec des « Pitbull(s) » que nous gagnerons. Frédéric Bastien que je ne croyais pas, m'a tout l'air d'en être un. C'est drôlement intéressant… »

« Bastien nous propose un autre cadre stratégique, attaquer le régime sans attendre et créer une dynamique politique qui vise la rupture. Bref un retour à la realpolitik, ce qu'il souligne en citant de Gaule ( «Il n'y a pas de politique qui vaille en dehors de la réalité »)

« M. Bastien parlera d'indépendance avec l'obligation de négocier avec le Canada, ce sera la façon de mousser la question nationale auprès de la population québécoise. La question environnementale fait déjà partie d'une préoccupation connue et je suis sûr qu'elle sera du discours du candidat puisque la population du Québec est en contradiction avec le ROC, donc une autre raison de notre souveraineté. Du calme M. David avec votre bulldozer, laissez le "pitbull" faire sa niche. »

« Selon Frédéric Bastien, « il y a une règle [dans le Renvoi relatif à la sécession du Québec édicté par la Cour suprême en 1998] qui dit que, si une majorité à l’Assemblée nationale vote une motion demandant une modification de la Constitution, il doit y avoir une négociation obligatoire avec le fédéral et les autres provinces ».

Cette renégociation constitutionnelle servira, entre autres choses, à protéger la Loi sur la laïcité de l’État. Frédéric Bastien estime que c’est en se battant pour la laïcité et en contestant la Loi constitutionnelle de 1982 que « l’indépendance va redevenir pertinente et palpable » pour les Québécois, ce qui ouvrira la porte à la tenue d’un référendum dans un deuxième mandat. »

« Vent debout, Frédéric Bastien a démontré par ses dénonciations et sa détermination notamment lors du rapatriement de la Constitution, la complicité de la Cour suprême avec le Gouvernement Trudeau. Ce qui aurait pu se reproduire en regard de la Loi sur la laïcité si un appel était éventuellement interjeté à la Cour suprême : deux juges avec l'intention de participer à une conférence risquant de semer le doute sur leur impartialité qui, à la suite de la dénonciation de Frédéric Bastien, réserve oblige, ont préféré s'en abstenir. Il en faut du courage pour s'attaquer à la Magistrature fédérale, un bastion fermé comme une huître et rarement critiqué. L'idée de Frédéric Bastien d'exiger l'ouverture de négociations constitutionnelles est intéressante si ce n'était que de démontrer le statu quo du ROC toujours infondée à la monarchie britannique. »

« Quand il a pris la tête du PQ en 1988, Jacques Parizeau, qui s’était jadis opposé à l’étapisme de Claude Morin, avait fait inscrire dans le programme la tenue d’une série de référendums portant sur le rapatriement de pouvoirs. Il a changé d’idée quand l’échec de l’accord du lac Meech a ouvert de nouvelles perspectives. Qui sait où mènera la contestation de la loi 21, que Louise Mailloux a qualifiée dimanche de « formidable tremplin vers l’indépendance » ? Si les circonstances changeaient, M. Bastien serait sans doute tout disposé à prendre lui aussi un raccourci. »

En conclusion, je serais porté à dire que de plus en plus de souverainistes apprennent à connaître Frédéric Bastien, notamment la démarche qu’il propose pour accéder à notre indépendance… Et c’est tout à fait rafraîchissant de lire leurs commentaires, notamment sur l’histoire sordide du rapatriement de 1982!

vigile.net tribune libre 11 février 2020

Les églises, ces grandes oubliées

11 février 2020

Dans un temps pas si lointain, les clochers des églises incarnaient le cœur de la vie paroissiale. Au tintement de leur carillon, des enfants y étaient baptisés, des couples y convolaient en justes noces, des funérailles y étaient célébrées. Les églises avaient fièrement pignon sur rue en plein cœur de la paroisse.

Aujourd’hui, les églises se sont vidées de leurs fidèles et sombrent dans l’oubli ou, pire encore, disparaissent une à une sous le pic des démolisseurs et sous l’œil attristé de quelques passants nostalgiques. Des joyaux architecturaux de notre patrimoine religieux sont tombés dans l’oubli avec les photos des albums de familles sur lesquelles les invités à la noce posaient fièrement sur les marches du parvis de l’église.

Actuellement, 108 églises sont fermées au Québec, souvent depuis plusieurs années. À Québec seulement, au cours de l’été 2019, l’église du Très-Saint-Sacrement, construite entre 1920 et 1923, a dû être fermée d’urgence pour des raisons de sécurité, et l’église Saint-Cœur-de-Marie, érigée en 1919, et qui se démarquait par son architecture néo-byzantine rare au Québec, a été démolie. L’église Saint-Jean-Baptiste, un édifice phare du centre-ville de Québec, bâtie en 1881, est fermée depuis 2015. 

Le sort de ces églises est pourtant loin d’être unique. Une recension effectuée en mai 2019 par le Conseil du patrimoine religieux a révélé que 612 des 2746 églises qui avaient été répertoriées au Québec en 2003 avaient depuis été démolies, fermées ou recyclées. Autrement dit, 22 % du parc immobilier religieux a disparu sur une période de 16 ans.

Conséquemment, il est plus que temps que nos dirigeants protègent jalousement notre patrimoine religieux en investissant dans les joyaux architecturaux du peuple dont ils sont les mandataires!

quebechebdo 11 février 2020
Le Soleil 12 février 2020

Le proxénétisme, un fléau qui « vole » des vies

10 février 2020

En vertu de l’article 212 du Code criminel, sous la rubrique « proxénétisme », « quiconque vit entièrement ou en partie des produits de la prostitution d’une autre personne âgée de moins de dix-huit ans est coupable d’un acte criminel et passible d’un emprisonnement maximal de quatorze ans, la peine minimale étant de deux ans ».

Or, de sources officielles, 80 % des travailleuses du sexe ont débuté étant mineures, l’âge moyen où une prostituée est recrutée par un proxénète étant 14 ans. Au Québec, un proxénète gagne quotidiennement en moyenne 1 500 $, et 2 600 000 transactions de services sexuels sont offerts au Québec en un an.

J’ai lu avec beaucoup d’empathie dans un média le récit dramatique d’un père au sujet de sa fille qui, à l’âge de 15 ans, s’est fait agresser par cinq hommes. Il s’agissait de sa première relation sexuelle. Depuis lors, sa vie a basculé. Pendant plus de dix ans, elle a dansé dans les clubs de danseuses nues, a été exploitée sexuellement à raison d’environ 130 clients par semaine et s’est même rendue aux États-Unis, à la demande de son « patron ». 

Le père ne pardonnera jamais aux « morons » qui ont volé la vie de son enfant. Celle qui réussissait bien à l’école, qui avait l’avenir devant elle, mais surtout, celle « qu’il s’était promis de protéger ». Il aimerait que les gens cessent de « percevoir les travailleuses du sexe comme des moins que rien ». Selon lui, ce sont plutôt des jeunes filles qui ont été manipulées, droguées et qui sont devenues prisonnières de ce milieu. 

Malgré la sévérité de la loi envers les proxénètes, les statistiques à leur égard sont alarmantes. Pour tenter de palier ce phénomène, je suis d’avis que les efforts doivent être concentrés en amont, soit sur l’éducation auprès des jeunes et les ressources nécessaires aux parents qui sont aux prises avec un enfant qui semble s’orienter sur le chemin de la prostitution.

quebechebdo 10 février 2020

 

Henri Marineau
 

Quatre bâillons en huit mois!

9 février 2020

De toute évidence, on ne pourra pas reprocher au gouvernement Legault de ne pas respecter ses promesses électorales. En fait foi l’adoption du projet de loi 40 sur la gouvernance scolaire qui devient le quatrième projet de loi en huit mois à être adopté sous bâillon après la loi sur la laïcité, la réforme de l'immigration et la loi sur la déréglementation des tarifs d'Hydro-Québec.

Pour justifier l’utilisation de ce scénario, François Legault évoque toujours le fait que les partis d’opposition éternisent les débats en commissions parlementaires, et qu’« à un moment donné, il faut passer à l’action ». Soit!

D’autre part, je crois comprendre que, dans l’urgence d’agir pour réaliser ses promesses, le style « homme d’affaires » du premier ministre reprend souvent le dessus. En réalité, il faut bien l’admettre, gérer un gouvernement présente des différences, notamment par le nombre élevé de décideurs à l’Assemblée nationale, avec la gestion d’un Conseil d’administration d’une compagnie.

Je veux bien comprendre qu’à l’occasion certains partis veuillent profiter de la « vitrine » d’une commission parlementaire, mais je suis aussi d’avis que la plupart des députés qui y siègent sont de bonne foi… Aussi, pour le bien de la démocratie, François Legault aurait-il avantage à cultiver sa patience!

quebechebdo 9 février 2020

Le Programme de contestation judiciaire…contesté

8 février 2020

D’entrée de jeu, mon intention ici n’est pas de remettre en question le Programme de contestation judiciaire (PCJ) du gouvernement fédéral, d’autant plus qu’il a permis à certaines minorités francophones hors Québec d’apporter un soutien nécessaire à l’accès aux tribunaux, notamment en Ontario récemment.

Par ailleurs, là où le bât blesse, c’est que, pour l’exercice financier se terminant le 30 juin 2019, la Commission scolaire English-Montréal présente des surplus accumulés de 82 941 287 M $. Or, le Programme de contestation judiciaire a pour objectif de fournir un « soutien financier » aux Canadiens afin qu'ils aient accès aux tribunaux pour des causes types d'importance nationale. Avec de tels surplus accumulés, on peut comprendre facilement que les dirigeants de le Commission scolaire aient pu refuser sans problème le « soutien » de 125 000 $ du PCJ qui, en réalité, ne représente qu’une goutte d’eau dans l’océan.

Toutefois, la contestation de la Loi 21 sur la laïcité de l’État québécois vient s’ingérer dans le processus parlementaire du gouvernement québécois qui a adopté démocratiquement cette loi, d’où les sorties de MM Jolin-Barrette et Legault sur le fait que l’argent des contribuable québécois via les subventions fédérales versées au PCJ sert, en partie, à attaquer une loi québécoise. Une situation qui ne peut se comparer avec l’Université francophone en Ontario qui recevait une fin de non-recevoir du gouvernement Ford pour des raisons de budget.

Autrement dit, n'eût été le fait que Justin Trudeau se soit déjà montré hostile à la Loi 21, est-ce que le PCJ aurait offert son soutien à la Commission scolaire English-Montréal, considérant le coussin financier confortable sur laquelle elle est assise?

quebechebdo 8 février 2020
vigile.net tribune libre 9 février 2020

Le loup dans la bergerie

7 février 2020

Faisant fi de l’anglicisation vertigineuse de la métropole, le cégep de la Gaspésie et des Îles, pour compenser la baisse substantielle de son effectif étudiant, a procédé à l’ouverture d’un campus anglophone à Montréal, lequel ne recrute que des étudiants étrangers venus surtout de l’Inde et de la Chine.

Il n’est pas facile d’attirer de jeunes étrangers à Gaspé ou aux Îles-de-la-Madeleine, explique Sylvain Vachon, responsable de cette initiative. C’est beaucoup plus facile à Montréal et il est plus simple de recruter des étudiants maîtrisant l’anglais que le français.

Autrement dit, les administrateurs du cégep, pour accroître leur clientèle étudiante, ont froidement fait entrer le loup dans la bergerie. Aux yeux du président du Mouvement Québec français (MQF), Maxime Laporte, « ce campus anglophone d’un cégep régional, qui accélère l’anglicisation de la région métropolitaine, n’a pas lieu d’être. On demande au ministre de l’Éducation de faire ses devoirs et de stopper l’hémorragie ».

Du côté de Jean-François Roberge, il s’est contenté d’exprimer qu’il avait « un problème à ce que ce soit exclusivement en anglais… On va leur demander d’inclure à tout le moins, dans chaque parcours, des cours de français. On va discuter avec eux pour corriger ce que moi je trouve une lacune assez importante. »…Toute une semonce! Ce n’est sûrement pas avec des paroles aussi mièvres que le « loup » va quitter la « bergerie ».

Faisant fi de l’anglicisation vertigineuse de la métropole, le cégep de la Gaspésie et des Îles, pour compenser la baisse substantielle de son effectif étudiant, a procédé à l’ouverture d’un campus anglophone à Montréal, lequel ne recrute que des étudiants étrangers venus surtout de l’Inde et de la Chine.

Il n’est pas facile d’attirer de jeunes étrangers à Gaspé ou aux Îles-de-la-Madeleine, explique Sylvain Vachon, responsable de cette initiative. C’est beaucoup plus facile à Montréal et il est plus simple de recruter des étudiants maîtrisant l’anglais que le français.

Autrement dit, les administrateurs du cégep, pour accroître leur clientèle étudiante, ont froidement fait entrer le loup dans la bergerie. Aux yeux du président du Mouvement Québec français (MQF), Maxime Laporte, « ce campus anglophone d’un cégep régional, qui accélère l’anglicisation de la région métropolitaine, n’a pas lieu d’être. On demande au ministre de l’Éducation de faire ses devoirs et de stopper l’hémorragie ».

Du côté de Jean-François Roberge, il s’est contenté d’exprimer qu’il avait « un problème à ce que ce soit exclusivement en anglais… On va leur demander d’inclure à tout le moins, dans chaque parcours, des cours de français. On va discuter avec eux pour corriger ce que moi je trouve une lacune assez importante. »…Toute une semonce! Ce n’est sûrement pas avec des paroles aussi mièvres que le « loup » va quitter la « bergerie »

quebechebdo 7 février 2020
vigile.net tribune libe 9 février 2020

 

Voie libre pour Trans Mountain

7 février 2020

Avec le jugement unanime de la Cour d’appel fédérale déboutant les communautés autochtones eu égard à leurs doléances au sujet des consultations qu’ils alléguaient « pipées », le gouvernement Trudeau a maintenant la voie libre pour poursuivre l’expansion de l’oléoduc Trans Mountain, à moins que les autochtones ne portent la cause jusqu’en Cour suprême du Canada.

En guise de rappel, en 2018, Ottawa a acheté au coût de 4,5 milliards le pipeline existant afin d’en garantir l’agrandissement. Lorsqu’il a approuvé une deuxième fois le projet l’an dernier, Justin Trudeau a promis de consacrer à la transition énergétique tous les revenus fiscaux supplémentaires qui découleront de l’exploitation de l’agrandissement ainsi que les profits de l’éventuelle revente du pipeline.

Tout un compromis! Imaginez, le nouvel oléoduc fera tripler le débit de pétrole et multiplier par sept le nombre de pétroliers au large de Vancouver, qui passera de 5 à 34 bateaux par mois, et, pour compenser l’incommensurable dispersion de gaz à effet de serre (GES) dans l’atmosphère, les revenus fiscaux supplémentaires qui découleront de l’exploitation de ce monstre pollueur seront injectés dans la transition énergétique!

Et c’est ce même Justin Trudeau qui s’est engagé à ce que le Canada atteigne la cible de zéro émission nette de GES d’ici 2050. Il est même allé jusqu’à donner l’assurance qu’un gouvernement libéral dépasserait les cibles de l’Accord de Paris, qui consistent à réduire ses émissions de 30 % par rapport aux niveaux de 2005…. Cherchez la cohérence!

Le Devoir 7 février 2020
vigile.net tribune libre 9 février 2020 "Feu vert pour Trans Mountain"


 

Mila, la paria

6 février 2020

En lisant le récit des événements sur divers médias français qui ont conduit à ce qu’il est convenu d’appeler aujourd’hui l’« affaire Mila », force est de constater que la France qui se targue d’être un pays de liberté, notamment de la liberté d’expression, est embourbée dans des schèmes de pensée gravitant autour du sacrosaint pluralisme religieux porté en étendard par des extrémistes tordus.

Pour se mettre dans le contexte de cette saga, l’histoire remonte au 19 janvier, le jour où une lycéenne de 16 ans prénommée Mila, en échangeant sur Instagram, reçoit des offres à caractère sexuel de la part d’internautes. Après les avoir repoussés et affirmé qu’elle était lesbienne, les insultes se sont mises à fuser de toutes parts. "Sale française", "sale pute", "sale gouine"…

Puis, après un certain temps, les attaques empruntèrent le chemin de la religion. « Mila publie une "story" dans laquelle elle s’en prend à toutes les religions… Des internautes s’affirmant de confession musulmane répliquent en l’accusant d’insulter "notre dieu Allah, le seul et l’unique" et lui souhaitent de "brûler en enfer".

Alors, fouettée par ces attaques, la jeune fille publie une deuxième vidéo où elle affirme détester la religion, notamment l’islam : « Le Coran, il n’y a que de la haine là-dedans, l’islam c’est de la merde, c’est ce que je pense. (…) Votre religion, c’est de la merde, votre Dieu, je lui mets un doigt dans le trou du cul, merci, au revoir. »

Sa sortie cotre le Coran a pour effet de jeter le feu aux poudres… Menaces de mort, informations personnelles divulguées sur le Web. La polémique prend une telle ampleur qu’elle subit la déscolarisation de la part de son Lycée pour des raisons de sécurité.

Au même moment, deux enquêtes sont ouvertes. La première « du chef de menaces de mort, menace de commettre un crime, harcèlement et usage de l’identité ou de données l’identification d’autrui en vue de porter atteinte à la tranquillité et à l’honneur », la seconde pour "provocation à la haine raciale… et vérifier si les propos tenus sur la vidéo diffusée par Mila sont de nature à recouvrir une qualification pénale ou s’inscrivent dans la liberté d’expression reconnue à chacun et constituant un principe à valeur constitutionnelle ».

Jamais, tout au cours de cette saga, Mila n’a attaqué les personnes touchées par ses attaques envers la religion. Conséquemment, il m’apparaît pertinent de replacer les événements dans leur contexte. Pour ce faire, je me réfère au procès intenté en 2007 à Charlie Hebdo à la suite des caricatures de Mahomet publiées par le journal satirique, le tribunal de grande instance de Paris avait alors affirmé la chose suivante: 

« En France, société laïque et pluraliste, le respect de toutes les croyances va de pair avec la liberté de critiquer les religions quelles qu’elles soient et avec celle de représenter des sujets ou objets de vénération religieuse ; le blasphème qui outrage la divinité ou la religion, n’y est pas réprimé à la différence de l’injure, dès lors qu’elle constitue une attaque personnelle et directe dirigée contre une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance religieuse. »

vigile.net tribune libre 6 février 2020