Un pas dans la bonne direction

16 mai 2021

Il était attendu depuis longtemps… Le ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette, a finalement déposé son projet de loi 96 qui vise à faire du français « la seule langue officielle et langue commune au Québec ». Un projet de loi volumineux qui vient colmater partiellement les brèches qui avaient été ouvertes petit à petit depuis l’adoption de la loi 101 de Camille Laurin le 26 août 1977.  

La question maintenant demeure entière : le train de mesures proposées dans le projet de loi 96 arrivera-t-il à freiner le déclin du français, notamment dans la région de Montréal? À titre d’exemple, le fait d’avoir substitué l’application de la loi 101 dans les cégeps par un plafonnement à 17,5 % des places totales dans le réseau collégial.ne risque-t-il pas de stigmatiser le français comme une langue de second ordre compte tenu que ce sont les francophones qui ont les meilleures notes qui pourront s’inscrire dans un cégep anglophone?

Par ailleurs, certaines mesures, telles le fait que les entreprises de charte fédérale comme les banques soient soumises à la loi 101, que les villes qui ont un statut bilingue perdent ce privilège si moins de 50 % de leur population n'est pas anglophone et que la francisation des immigrants relève désormais d'un guichet unique représentent, à mes yeux, un pas dans la bonne direction. En revanche, j’aurais souhaité que l'affichage commercial extérieur soit totalement unilingue français plutôt que d’afficher une « nette prédominance » du français.

Enfin, je ne peux que me réjouir de la création d'un ministère de la Langue française qui devrait, en principe, assurer une meilleure gouvernance dans la protection du français et l'application des politiques linguistiques; même satisfaction pour la création d’un poste de commissaire à la langue française pour traiter les plaintes et rendre compte de la situation linguistique au Québec.

vigile.quebec tribune libre 15 mai 2021

Martine est de retour

15 mai 2021

Le moins que l’on puisse dire c’est que Martine Ouellet ne manque ni de résilience ni d’engouement pour la scène politique. L’ex-ministre des Ressources naturelles dans le gouvernement de Pauline Marois et ex-cheffe du Bloc québécois, Martine Ouellet, s’attaque à la tâche ardue de créer un nouveau parti politique qi portera le nom de Climat Québec « Le climat doit devenir le prisme à travers lequel tous les autres enjeux sont évalués », lance Mme Ouellet. «Face à l’urgence climatique, je ne pouvais pas rester les bras croisés».

L’Ingénieure de formation, ayant longtemps occupé un poste de cadre chez Hydro-Québec, se donne le défi de placer les changements climatiques au cœur de ses priorités avec, comme toile de fond, l’indépendance du Québec, la voie qui permettra de disposer de tous les pouvoirs pour créer l’impulsion nécessaire à livrer le combat contre les énergies fossiles et le réchauffement climatique.

En ce qui a trait au fait que la création d’un nouveau parti risque de diviser le vote entre les partis progressistes et environnementalistes, Martine Ouellet rétorque qu’« aux dernières élections, il y a 30 à 35% de la population qui n’est pas allée voter [parce qu’elle] ne se reconnaissait pas dans l’offre politique qui était là»,

En guise de rappel, Martine Ouellet a quitté le Bloc québécois en 2018 après avoir perdu un vote de confiance. Avant cette présence au fédéral, elle a été députée de Vachon, sous la bannière du Parti québécois, devenue indépendante à l’Assemblée nationale. Elle s’est lancée dans la course à la direction du parti à deux reprises, en 2014 et en 2016 sans succès.

Or Martine Ouellet affirme que son retour en politique relève avant tout d’une démarche personnelle. J’ose espérer que cette réflexion l’aura conduite aux motifs de tension qu’elle créait avec ses confrères si elle aspire à rallier de futurs candidats.

quebechebdo tribune libre 15 mai 2021 

Où sont les Québécois chez le Canadien?

14 mai 2021

Depuis 2012, le CH a sélectionné sept Québécois sur 68 choix. Outre Zachary Fucale, appelé en deuxième ronde, aucun n’a été repêché avant le cinquième tour. Il n’est donc pas surprenant si la séquence avec au moins un québécois en uniforme a pris fin au 6918e match de saison régulière du Canadien.

Lors de sa dernière conquête de la Coupe Stanley en 1992-1993, pas moins de 17 Québécois portaient l’uniforme du Tricolore. Le 9 juin 2021 marquera le 28ième anniversaire de la 24e et dernière conquête de la coupe Stanley par le Canadien de Montréal.

Mais qui doit-être imputable d’une telle pénurie de joueurs québécois dans l’uniforme du CH? À première vue, la haute direction nous vient en tête. Mais est-ce bien le cas? À mes yeux, il faut remonter en amont, notamment à l’équipe de recruteurs de l’équipe qui n’a pas su détecter les jeunes talents du hockey mineur québécois.

Toutefois, là où le bât blesse le plus, c’est au niveau de la formation des jeunes qui sont confiés à des instructeurs bénévoles qui n’ont pas la formation nécessaire pour développer les talents des jeunes davantage prometteurs. À cet effet, des séances de formation devraient leur être offertes, notamment eu égard aux avancées de la science en ce domaine.

Le hockey est notre sport national. Il fait partie de notre culture, de notre patrimoine et de notre fibre identitaire. Des légendes, telles Maurice Richard, Jean Béliveau et Guy Lafleur ont contribué à façonner le Québec au même titre que nos plus illustres auteurs, artistes et bâtisseurs… Aux dirigeants du CH d’en prendre bonne note et de redonner à notre sport national ses lettres de noblesse!

vigile.quebec tribune libre 13 mai 2021 "CH, où sont les Québécois?"
Le Soleil 15 mai 2021

Où s’en va le PQ?

12 mai 2021

Le dernier sondage Léger sur les intentions de vote donne un maigre 12 % des intentions de vote au Parti québécois (PQ), au dernier rang des grands partis politiques représentés à l’Assemblée nationale, tout juste derrière Québec solidaire (QS) qui, lui, récolte 14 %.

On peut spéculer longtemps sur les motifs qui ont contribué à la dégringolade du PQ depuis quelques années. À mon avis, le dernier débat sur la carte identitaire, articulé auteur de la Charte des valeurs marque le début de la descente aux enfers, plusieurs militants tièdes eu égard aux débats constitutionnels ayant décidé de quitter le parti pour se joindre à la Coalition avenir Québec (CAQ).

Aujourd’hui, le débat identitaire ayant été en grande partie récupéré par la CAQ et l’aile progressiste par QS, il reste peu de place au PQ pour justifier sa présence sur l’échiquier politique hormis le dossier linguistique qui oblige le PQ à se radicaliser pour se distinguer de la CAQ, notamment au sujet de sa position sur l’application de la loi 101 au cégep, une position que risque davantage de solidifier sa base que de récolter de nouveaux appuis.

À moins d’un revirement exceptionnel, le PQ risque de jouer sa dernière carte lors du scrutin de 2022… Peut-être sera-t-il écarté de la carte électorale, ce qui serait, à mes yeux, une très lourde perte pour le mouvement souverainiste du Québec!

vigile.quebec tribune libre 11 mai 2021

Pour l’application de la loi 101 au Cégep

9 mai 2021

C’est clair comme de l’eau de roche, le dossier sur la réforme de la loi 101, notamment son application dans le réseau collégial, crée des tensions au sein du gouvernement caquiste entre la députation nationaliste et la faction fédéraliste du parti.

De son côté, le Parti québécois, en voulant étendre la loi 101 aux CÉGEPS désire permettre à la langue française de se maintenir comme langue commune au Québec. À cet effet, je suis très sensible à l’argument du chef du PQ, Paul St-Pierre-Plamondon, à savoir que l’argument voulant que les Cégépiens étant des adultes, ils devraient pouvoir choisir d’étudier dans la langue de leur choix alors que partout ailleurs, les études préuniversitaires sont effectuées dans la langue nationale et l’atteinte de l’âge adulte ne permet pas de se soustraire à l’enseignement dans la langue commune.

Du côté de François Legault, ce n’est surement pas en investissant 100 millions pour agrandir le Collège Dawson, contrairement à 41 millions pour 18 cégeps francophones en région, qu’il démontre quelque engouement pour la protection du français au Québec. Et ce n’est surement pas le ministre Simon Jolin-Barrette qui arrivera à convaincre François Legault comme Camille Laurin l’avait fait avec René Lévesque en 1977…

En bref, même si les astres sont alignés pour une réforme en profondeur de la loi 101, je suis sceptique quant à la volonté politique du gouvernement d’apporter des changements significatifs à la loi… En résumé, je ne serais pas surpris que l’éléphant accouche d’une souris!

vigile.que tribune libre 8 mai 2021
Le Soleil (version internet) 10 mai 2021

Trump débouté par Facebook

8 mai 2021



Le réseau social Facebook a voté en faveur d’une interdiction permanente pour Donald Trump de faire usage d’un compte Facebook dans la foulée de sa suspension le 7 janvier après qu’on ait jugé qu’il avait incité à la violence lors de l’insurrection meurtrière de la veille au Capitole, à Washington.

Rappelons que Facebook a mis en place le conseil de surveillance pour se prononcer sur des questions épineuses concernant le contenu de ses plateformes, en réponse aux nombreuses critiques sur son incapacité à réagir rapidement et efficacement à la désinformation, aux discours haineux et aux campagnes d’influence néfastes.

En agissant de la sorte, Facebook réalise un petit pas vers le nettoyage essentiel de son réseau en espérant que Donald Trump ne soit que le début d’un «grand ménage».


Le Soleil 8 mai 2021

Merci, monsieur Labeaume

6 mai 2021

On aura beau avoir vilipendé à maintes occasions sur le style parfois irrespectueux du maire de Québec, Régis Labeaume, son départ de la vie politique laissera un grand vide sur la scène politique municipale de Québec. 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Régis Labeaume, malgré le fait qu’il échappait parfois à la nuance dans ses propos, possédait toutefois les qualités d’être ouvert et sincère dans ses opinions personnelles qui étaient exprimées à mille lieues de la langue de bois.

Tout au cours de sa carrière de 14 ans à la mairie de la Capitale nationale. Régis Labeaume se sera érigé comme un défenseur intraitable de l’image de « sa » ville et des citoyens qui y vivent.

Outre ses grandes réalisations, notamment le Centre Vidéotron et le projet de tramway, Régis Labeaume aura contribué avant tout avec fierté au rayonnement de Québec par son dynamisme sans borne.

Nul doute qu’il mérite amplement le repos auquel il aspire après une carrière aussi mouvementée… Merci, monsieur Labeaume, pour votre enthousiasme omniprésent grâce auquel les citoyens de Québec ont développé une fierté qui vous est, en grande partie, redevable.

vigile.net tribune libre 6 mao 2021
Le Soleil 6 mai 2021
Le Devoir 7 mai 2021

Pour un Québec responsable

6 mai 2021

En réaction à l’organisation de l’événement « Québec debout » qui a mobilisé des milliers de personnes à Montréal en fin de semaine contre les mesures sanitaires, je me sens tout à fait légitimé de prendre la défense des centaines de milliers d’autres Québécois qui ont fait le choix de se montrer unis « pour un Québec responsable » envers l’application des mesures sanitaires.

Dans toute cette saga, les manifestants brandissent l’étendard de leur liberté qu’ils disent brimée par l’ensemble des mesures sanitaires et revendiquent le retour à une vie normale.

Or, à mon avis, une société démocratique défend les droits des individus, mais aussi les devoirs, en l’occurrence la solidarité envers des centaines de milliers de Québécois qui, depuis plus d’un an, se plient aux mesures exigées par la Santé publique.

Dans ces circonstances, je ne peux que souscrire à l’appel de la professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal Roxane Borgès Da Silva, qui rappelle aux manifestants que la meilleure décision qu’ils peuvent prendre pour retrouver une certaine « normalité » est d’aller se faire vacciner contre la COVID-19… C’est une simple question de responsabilité sociale !

Le Devoir 6 mai 2021

 

L’obsession de François Legault

5 mai 2021

Lors de l’assemblée générale du Conseil du patronat, François Legault est revenu, une fois de plus, sur son objectif ultime en matière de main-d’œuvre : « Moi, mon obsession, c’est d’augmenter le salaire moyen au Québec. [...] Chaque fois que je rentre un immigrant qui gagne moins de 56 000 $, j’empire mon problème. »

Et pourtant, pour avoir dirigé une grosse entreprise comme Air Transat dans une autre vie, l’ex-comptable devrait savoir qu’une moyenne n’est pas le meilleur indicateur de la réalité, quand celle-ci est tirée anormalement vers le haut par quelques faramineux salaires de dirigeants.

Mais là où le bât blesse avec le plus d’acuité dans l’ « obsession » du premier ministre, c’est que, en focussant sur les hauts salariés, il se trouve à dénigrer l’importance des PME eu égard à la chaine d’approvisionnement qui contribue à engraisser les profits des grosses entreprises au chapitre des exportations.

L’économie est basée sur un tout indivis où chaque entreprise joue son rôle, notamment dans les régions du Québec où les PME sont les catalyseurs du développement économique. Pourtant, cette année encore, de nombreuses PME vont devoir fermer leurs portes… faute de main-d’œuvre. 


vigile.quebec tribune libre 4 mai 2021

François Legault, déconnecté ou pas?

30 avril 2021

Le premier ministre François Legault s’est vu servir la même médecine qu’il avait lui-même servie à Philippe Couillard il y a de cela quelques années quand l’ex-premier ministre libéral avait déclaré qu’une famille pouvait se nourrir convenablement avec un panier d’épicerie de 75 $ par semaine. M. Legault avait alors traité M. Couillard de déconnecté de la réalité.

Eh bien, lors d’une question de la députée de Québec solidaire Manon Massé qui demandait au premier ministre quel était selon lui le prix médian des logements à Montréal, notre premier ministre répondit 500 $ à 600 $, ce à quoi la chef du Parti libéral Dominique Anglade n’allait surement pas manquer l’occasion de répliquer que François Legault était déconnecté.

Piqué au vif et bien résolu à dissiper l’ « imbroglio » que son intervention avait soulevé, M. Legault, lors d’un point de presse le lendemain, s’est empressé de rectifier qu’il ne parlait pas d’un logement pour une famille mais pour des étudiants qui se partageraient le coût du loyer.

À mes yeux, sans être dans la tête du premier ministre, je le soupçonne d’avoir utilisé une entourloupette digne d’un politicien aguerri pour se sortir habilement du guêpier dans lequel il s’était malencontreusement placé…Pourtant, de son propre aveu, François Legault « s’assure de rester proche du peuple ! »

vigile.qebec tribune libre 29 avril 2021