Au sujet des personnes âgées

7 avril 2020

On le sait depuis le début de la crise du coronavirus, les personnes âgées de 70 ans et plus sont plus susceptibles de contracter le virus. Elles ont été d’ailleurs les premières à être placées en confinement. Et les statistiques confirment cette assertion [88 % des décès survenus au Québec], le nombre élevé de décès dans les CHSLD et les résidences pour personnes âgées en faisant foi. 

Toutefois, avec le temps, on s’est presque habitué à entendre à chaque jour le nombre de personnes âgées qui sont testées positives à la COVID-19, à tel point que ces « statistiques » font presque partie maintenant de la « norme ».

Or, ce qu’on oublie de mentionner, c’est que ces « vieux » trainent tout un passé derrière eux, notamment des frères, des sœurs, des enfants, des petits-enfants et même parfois des arrière-petits-enfants qu’ils ne peuvent plus voir ni serrer dans leurs bras. Et pire encore, ils meurent parfois sans aucun membre de leur famille auprès d’eux, seuls avec leurs souvenirs.

Chaque personne âgée qui rend l’âme est un être humain et, en tant que tel, elle a droit aux mêmes égards, notamment au respect et à la dignité humaine. … Il serait peut-être « sage » de la considérer comme tel, c’est une simple question de solidarité dans une société dite « civilisée »!

quebechebdo 7 avril 2020
vigile.quebec tribune libre 7 avril 2020
 

Accoucher en période de pandémie

6 avril 2020

En cette période de stress et d’anxiété liée aux consignes concernant la COVID-19, on apprend que l’Hôpital général juif de Montréal défend au père ou à toute autre personne désignée par la mère porteuse d’assister à l’accouchement, une directive émise par la directrice des services professionnels du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal,

Or, le premier ministre François Legault et la ministre de la Santé Danielle McCann ont pourtant décrété qu’un accompagnateur est permis au moment de l’accouchement, un rappel que Danielle MaCann doit immédiatement servir aux « délinquants » avant que l’hémorragie ne se répercute dans les autres Centres hospitaliers.

Aux yeux même de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), ce droit est maintenu en temps de pandémie : « Toutes les femmes enceintes, y compris celles dont l’infection par le virus de la COVID-19 est confirmée ou soupçonnée, ont droit à des soins de qualité avant, pendant et après l’accouchement… Pour une expérience positive et sans risque de l’accouchement, elles peuvent être accompagnées par la personne de leur choix pendant l’accouchement. »

En avril 1977, j’ai eu l’extrême privilège de pouvoir assister à la naissance de ma deuxième fille dans un hôpital de Québec, et d’être auprès de mon épouse en lui tenant la main dans le but de la sécuriser un peu. Et, lorsque le fœtus s’est finalement montré, je vous avoue que je me sentais bien petit devant le miracle de la nature qui se manifestait devant moi… Une expérience que je n’oublierai jamais!

quebechebdo 6 avril 2020
vigile.quebec tribune libre 7 avril 2020

Importance des journalistes en période de crise

6 avril 2020

Depuis le début de la crise du COVID-19, je me suis astreint à regarder religieusement les points de presse du premier ministre Legault et de son équipe, suivis de la période de questions des journalistes.

Toutefois, là où le bât blesse, ce sont les commentaires disgracieux, voire mesquins, de certains internautes dans les médias sociaux qui s’érigent en véritables défenseurs de M. Legault et de ses acolytes relativement aux questions des journalistes qui « osent » porter un regard critique sur la gestion de la crise actuelle.

Or, le rôle premier d’un journaliste consiste justement à poser des questions sur des arguments qui lui semblent incomplets, imprécis ou superficiels de façon à permettre au public d’être informé sur « tous » les volets relatifs aux commentaires du locuteur, et de pouvoir disposer ainsi de toute la lumière nécessaire pour porter un jugement éclairé sur le sujet en cause.

En bref, les questions des journalistes m’apparaissent comme un complément d’information indispensable à la connaissance pleine et entière des propos des intervenants, exempte de toutes zones grises qui pourraient susciter des interrogations de la part des auditeurs.

quebechebdo 5 avril 2020
vigile.quebec tribune libre 5 avril 2020
Le Devoir 7 avril 2020

Au sujet de la démondialisation

5 avril 2020

La dépendance du Canada, et forcément du Québec, à l’approvisionnement en masques illustre clairement une situation de servitude chronique qui remet en question le phénomène de la mondialisation.

D’ailleurs, à cet effet, le premier ministre François Legault a déjà évoqué, lors d’un de ses points de presse, la possibilité de voir surgir une certaine « démondialisation » après la pandémie actuelle. « Il y a des choses qui vont avoir changé. [...] Moins d’importation, ça suppose plus de production locale », a-t-il lancé.

En d’autres termes, dans le monde dans lequel nous sommes en train d’entrer, la souveraineté industrielle deviendra une valeur fondamentale si le Québec ne veut pas continuellement être à la merci de ses fournisseurs. Il faudra cesser de s’imaginer que la planète est un grand village, et renouer avec ce principe vieux comme le monde : l’indépendance nationale.

Bien sûr, nous n’en sommes pas encore là. Toutefois, des indices crevants, telle la pénurie de masques en temps de crise, nous y conduisent inévitablement. Il est inconcevable que le gouvernement du Québec dépende de d’autres pays pour approvisionner son personnel médical en équipements indispensables à sa sécurité.

En bref, la mondialisation se transforme en cauchemar. La pandémie est en train de transformer notre monde, notamment nos pratiques commerciales…Vivement un virage vers l’indépendance nationale, il en va de notre survie, voire de notre plein épanouissement comme peuple!

quebechebdo 5 avril 2020
vigile.quebec tribune libre 5 avril 2020

Et après?

2 avril 2020

Nous n’en sommes pas là, mais de toute évidence, il y aura bien un jour un après COVID-19… La vie reprendra-t-elle son cours normal? Le Québec aura-t-il changé?

À mon avis, l’expérience de solidarité sans précédent qu’auront vécue les Québécois en temps de crise amènera chez eux des changements de comportement, notamment dans leurs habitudes de consommation qui se traduiront en privilégiant les achats de provenance locale.

Plus globalement, nous assisterons à la « démondialisation » des marchés, héritage d’une crise qui a conduit les États à refermer leurs frontières et, par ricochet, à exploiter les initiatives locales.

Tout au cours de cette tempête pendant laquelle les Québécois ont dû composer avec les affres de la solitude, ils ont démontré qu’ils pouvaient demeurer solidaires, une expérience de vie qui les marquera pour des décennies à venir.

L’après COVID-19 laissera ses traces. Des personnes sont décédées à la suite de l’infection au coronavirus, d’autres en ont souffert et en ont guéri, et la plupart ont eu la chance de ne pas être atteints. Toutefois, ceux qui restent reprendront leur vie quotidienne avec, en tête, l’idée qu’ils font partie de « quelque chose comme un grand peuple »!

vigile.quebec tribune libre 2 avril 2020
quebechebdo 3 avril 2020

Merci à tous ces oubliés!

2 avril 2020

Depuis le début de la crise du coronavirus, moult remerciements, et à raison, ont été adressés au personnel médical pour leur dévouement envers les malades et les personnes âgées. Toutefois, j’ai cru bon d’offrir toute ma reconnaissance à des personnes oubliées dont l’apport essentiel à cette crise est dissimulé souvent dans l’ombre…

Merci aux pharmaciennes et pharmaciens qui gardent le fort en continuant à répondre à des centaines de milliers de personnes pour lesquelles leurs médicaments sont essentiels…

aux employées et employés des grandes surfaces de produits alimentaires qui répondent présents aux besoins des consommateurs six jours par semaine…

aux camionneuses et camionneurs qui parcourent souvent d’énormes distances pour nous procurer les fruits et légumes essentiels à notre alimentation…

aux forces policières qui voient à l’application des directives de la santé publique avec tact et professionnalisme…

aux nombreuses et nombreux bénévoles, jeunes et moins jeunes, qui œuvrent sans relâche dans des organismes communautaires auprès des personnes itinérantes…

aux gens qui communiquent régulièrement avec une personne seule dans le but de lui apporter réconfort et soutien en cette période de grande solitude..

et enfin, aux Québécoises et Québécois qui contribuent grandement à la lutte au COVID-19 par leur appui fidèle aux consignes de la santé publique…

Tous ensemble, ça va bien aller!

vigile.quebec tribune libre 2 avril 2020

La stratégie de Frédéric Bastien: agir sur la ligne de front

1 avril 2020

Pour demeurer dans l’atmosphère printanier, j’ai reçu comme une bouffée de chaleur la vidéo de Jean-Claude Pomerleau mise en ligne sur la page d’accueil de Vigile le 23 mars sous le titre Le défi du réel, la force prime le droit.

https://vigile.quebec/articles/le-defi-du-reel-la-force-prime-le-droit

Partant d’une critique en règle de l’étapisme viscéral de Claude Morin, M. Pomerleau s’attaque sans coup férir au référendisme chronique qui a envahi l’espace indépendantiste du Québec depuis des décennies.

Quant aux candidats actuellement en liste à la direction du Parti québécois, tous, sauf Frédéric Bastien, sont barricadés derrière un stratégie référendaire qui, aux yeux de M. Pomerleau, est liée indubitablement au déclin du mouvement souverainiste.

Or, le candidat Bastien sort des sentiers battus. Il nous invite à sortir de la rêverie et à viser le pouvoir à Ottawa. Il nous faut donc agir sur la ligne de front. Il nous faut attaquer la Constitution de 1982, protégée par une meute de juges « sans intégrité ni crédibilité », particulièrement lorsqu’ils sont confrontés à des demandes du Québec en matière constitutionnelle.

L’historien et auteur de La bataille de Londres nous invite à prendre le chemin de la guerre là où le combat fait rage, à savoir sur la colline parlementaire à Ottawa, armé jusqu’aux dents…À nous de joindre les rangs, et de signer l’appui à la candidature de Frédéric Bastien à la course à la chefferie du PQ en suivant les directives telles que définies au haut de la page d’accueil de Vigile.

vigile.quebec tribune libre 1 avril 2020

Le « dictature amicale » de François Legault

31 mars 2020

J’ai parcouru avec beaucoup d’intérêt l’opinion d’André Pratte sur la COVID-19 parue dans la Presse+ du 30 mars sous le titre La démocratie « sur pause »?

D’entrée de jeu, je dois vous avouer que jusqu’au 23 mars, je considérais que François Legault gérait correctement la crise du COVID-19. Toutefois, en ce 23 mars, notre premier ministre a décidé de mettre le Québec « sur pause » jusqu’au 13 avril, mettant sur le coup des centaines de milliers de travailleurs québécois au chômage.

« Lundi dernier, M. Legault a mis « le Québec sur pause » pour trois semaines. Compte tenu des conséquences gravissimes d’une telle décision, on se serait attendu à ce que quelques voix s’élèvent pour dénoncer, déplorer, questionner. Pourtant, l’annonce a été accueillie par un vaste soupir de consentement. » (dixit André Pratte)

Pendant ce temps, le gouvernement fédéral joue au père Noël en multipliant les programmes d’aide aux travailleurs et aux entreprises, atténuant en partie les effets pervers de la décision de François Legault qui, à mon avis, est allé trop loin et trop vite pour prendre une mesure aussi draconienne envers les travailleurs sans compter les effets négatifs sur l’économie québécoise.

Toutefois, là où je rejoins les commentaires d’André Pratte, c’est lorsqu’il fait appel à ce qu’il appelle l’absence de « débat », ce que Michel David, le chroniqueur du Devoir, qualifie de « dictature amicale ».  

« Le débat mène à de meilleures politiques. Or, au sujet des décisions du gouvernement Legault, des questions devraient être posées. Quels sont les scénarios que le gouvernement avait devant lui avant de décider de fermer le Québec pour trois semaines ? Quelles indications a le Conseil des ministres que cette « pause » va ralentir la pandémie davantage que des mesures plus respectueuses de l’équilibre entre santé publique et prospérité ? » (dixit André Pratte)

En ce qui me concerne, il est là le hic : le fait de mettre la clef dans la porte de tous les services jugés « non-essentiels » était-il la bonne décision dans l’état de la situation du 23 mars? N’aurait-il pas été préférable d’y aller progressivement sans chambouler du jour au lendemain la vie de tous ces travailleurs et entrepreneurs?

« On dit le mot « économie » comme si les conséquences économiques d’une récession, peut-être une dépression, n’étaient que financières. Or, l’économie n’est pas d’abord une question de chiffres, mais une affaire humaine. Les centaines de milliers de personnes qui sont mises à pied ces jours-ci ou qui voient leur salaire diminuer, ainsi que celles qui vivent dans l’angoisse de la prochaine facture sont des êtres humains elles aussi. Leurs souffrances doivent peser dans la balance. » (dixit André Pratte)

Enfin, je soumets à votre réflexion le dernier commentaire d’André Pratte qui mérite une sérieuse réflexion : « La crise a beau être extrêmement grave, le premier ministre a beau parler d’une « guerre », l’histoire a amplement montré qu’une société est toujours perdante lorsqu’elle met la démocratie sur « pause ».
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vigile.quebec tribune libre 31 mars 2020

 

Négocier en temps de crise, est-ce le bon moment?

31 mars 2020

Les conventions collectives de plus d’un demi-million d’employés de l’État québécois ne sont pas aussitôt arrivées à échéance que déjà le gouvernement accélère le rythme comme s’il y avait péril en la demeure.

Par ailleurs, il m’apparaît incohérent d’entamer des négociations en pleine crise du coronavirus au moment où le ministre des Finances ne connaît absolument pas ce que sera l’état de son budget dans quelques semaines considérant les millions $ qui sortent de ses goussets régulièrement pour venir en aide aux travailleurs qui sont sur la ligne de front, notamment les travailleurs de la santé et les employés œuvrant dans des résidences pour personnes âgées.

Et pourtant, François Legault s’était engagé, au début de ses points de presse quotidiens, à retarder les négociations pendant la crise du coronavirus, arguant qu’elles pourraient influer sur le climat de travail dans les services de santé au Québec.

Or, le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, agit tout à fait dans le sens contraire en appuyant sur l’accélérateur au moment où les « anges » de la santé de M. Legault vivent une période de stress intense, et n’ont pas du tout la tête à la négociation de leurs conditions de travail.

Jusqu’ où ira cette démarche que je qualifierai d’indécente? Qu’est-ce que le premier ministre attend pour suspendre cette négociation jusqu’à la fin de la crise du COVID-19? En période de crise exceptionnelle, ça prend des mesures exceptionnelles, clame François Legault depuis le début de la pandémie… Eh bien il est temps d’agir en conséquence.

quebechebdo 31 mars 2020
vigile.quebec tribune libre 31 mars 2020

Le confinement, porteur potentiel de violence

30 mars 2020

En cette période de stress intense où les familles du Québec sont confinées dans leur résidence, un « virus » pernicieux risque de s’infiltrer à l’intérieur du logis familial : la violence.

En mettant le Québec sur pause jusqu’au 13 avril, le gouvernement Legault a fermé à clef les portes de milliers d’usines et d’entreprises québécoises où des centaines de milliers de travailleurs gagnaient dignement leur vie.

Une dignité qui s’est évaporée du jour au lendemain pour faire place au désœuvrement et à l’anxiété. Une oisiveté sournoise qui parfois, chez les personnes plus vulnérables, peut dégénérer en une violence incontrôlable, particulièrement chez les hommes, envers l’épouse et/ou les enfants.

C’est pourquoi, face à cet ennemi potentiel qu’est la violence, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux du Québec, Lionel Carmant et la ministre responsable de la Condition féminine, Isabelle Charest, se doivent de redoubler de vigilance et d’accroître les ressources humaines dans les DPJ et les organismes d’aide et d’hébergement pour femmes victimes de violence conjugale de manière à contrer les dommages collatéraux causés par la fermeture de tous les services jugés non-essentiels. Il en va de la sécurité de femmes et d’enfants du Québec.

vigile.quebec tribune libre 28 mars 2020