Déshabiller Paul pour habiller Jean

20 mai 2024

Selon Meggie Richard, présidente de l’assemblée des MRC de la Côte-Nord, la crise qui sévit actuellement dans le réseau de la santé sur la Côte-Nord, où un plan de réduction de services a été établi pour répondre à la réduction de personnel causée par la fin du recours aux agences privées en santé, aurait pu être évitée si Québec avait été à l’écoute des réalités régionales.

Par ailleurs, le ministre de la Santé, Christian Dubé, a opté, selon ses propres paroles, en misant sur «le meilleur des deux mondes» en procédant à la création d’équipes volantes en santé en région éloignée, en termes clairs, en déshabillant Paul pour habiller Jean.

Aux yeux de Mme Richard, Québec, en établissant ces équipes volantes partout au Québec sans distinction eu égard à certaines régions aux besoins particuliers établit un système «mur à mur». «Encore une fois, on se voit mettre dans le même panier que les grands centres, alors qu’on a une situation très particulière», allègue-elle en entrevue à LCN.

D’un autre côté, il m’apparaît opportun de s’interroger sur les motifs justifiables pour lesquels Christian Dubé a dû s’inspirer du privé comme bouée de secours pour pallier la crise en santé au Québec. En bref, pourquoi a-t-il fallu des années de cauchemar chez les patients de la Côte-Nord pour que notre ministre de la Santé fasse appel à des équipes volantes chez le personnel infirmier public? Un revirement de la part du ministre qui laisse supposer un retard inquiétant du système public sur le privé…

vigile.quebec tribune libre 19 mai 2024

ChatGPT, un incitatif au plagiat

18 mai 2024

La prolifération de l’accessibilité aux robots conversationnels comme ChatGPT chez les étudiants universitaires a pris une ampleur pour le moins inquiétante, voire hors de contrôle. À cet effet, une recherche sur les incitatifs à plagier réalisée par Catherine Déri, post-doctorante à l’Université du Québec en Outaouais, révèle que, outre l’absence de crainte de se faire prendre (79,5% des répondants), c’est le «manque de temps» (52,6%) et le fait qu’il est «facile de copier-coller de l’Internet» (48,3%) qui inciteraient le plus à plagier. Or, Il existe des logiciels de détection de textes plagiés mais ils ne sont pas à point car ils accusent du retard face au développement extrêmement rapide des robots conversationnels.

Conséquemment, il est plus que temps que tous les intervenants en enseignement supérieur décrètent un moratoire, prennent un temps d’arrêt et fixent des balises uniformes pour tous les établissements d’enseignement supérieur eu égard à une utilisation sécuritaire de ChatGPT dans chacune des institutions. Dans cette foulée, ChatGPT doit demeurer un moyen et non un but, les enseignants se doivent de construire leurs plans de cours en ayant comme objectif l’utilisation occasionnelle de l’intelligence artificielle (IA) au moment où elle apporte une information pertinente supplémentaire à leurs contenus de cours.

À mon avis, toute nouvelle approche pédagogique axée sur une nouvelle technologie, quelle qu’elle soit, doit être encadrée par des balises strictes pour éviter un débordement nocif sur l’acte pédagogique dont le fondement repose sur la dualité enseignant-apprenant. L’institution supérieure est un lieu d’apprentissage mais aussi un lieu d’acquisition de valeurs, telles le respect des autres et de soi,le sens de l’effort et l’éducation à la socialisation. Dans ce contexte, il m’apparaît essentiel, voire vital, qu’elle conserve cette vocation fort utile à l’émancipation de la main d’oeuvre de demain à défaut de quoi les robots conversationnels risquent de courtcircuiter le lien essentiel entre l’apprenant et l’enseignant.

Le Soleil (version numérique) 18 mai 2024
vigile.quebec tribune libre 19 mai 2024
Le Devoir (version abrégée) 21 mai 2024

Cohabitation entre présentiel et télétravail

16 mai 2024

Le confinement lié à l’épidémie de la COVID-19 a donné lieu à une multitude de changements dans la vie des Québécois, notamment à l’avènement du télétravail. Or, depuis le retour à la vie normale, plusieurs travailleurs et travailleuses ont maintenu une part de leur horaire de travail en télétravail, un phénomène attribué pour la plupart à la flexibilité engendrée par ce type d’horaire.

Aujourd’hui, plusieurs employeurs revendiquent le retour au travail à temps plein en présentiel, cette exigence suscitant, comme il fallait s’y attendre, une pléiade de contestations. À mon sens, les deux types d’organisation du travail comportent leurs avantages respectifs, le présentiel favorisant l’émergence d’un esprit d’équipe valorisant les contacts humains entre les employés, le télétravail faisant place à une plus grande latitude dans l’organisation du facteur travail/famille.

En conséquence, je suis d’avis qu’employeurs et employés se doivent de s’asseoir ensemble et s’entendent sur l’horaire de travail des employés, la médiation entre les membres de l’équipe de travail constituant sans aucun doute le meilleur moyen d’obtenir le rendement optimal du groupe de travail.

Enfin, en ce qui me concerne, une proportion hebdomadaire de trois jours de télétravail jumelés à deux jours de présentiel représenterait la formule idéale qui répondrait aux avantages et du présentiel et du télétravail, tout en conjuguant flexibilité et esprit d’équipe.

vigile.quebec tribune libre 15 mai 2024

 

L’isolement, effet pervers des médias sociaux

10 mai 2024

Selon le Bulletin de l’activité physique chez les enfants et les jeunes de ParticipACTION de 2024, en 2023, seulement 27% des enfants et des jeunes, soit 49% chez les 5 à 11 ans, 17% chez les 12 à 17 ans, ont respecté la limite de temps d’écran recommandée à des fins de loisir, soit un maximum de deux heures par jour.

Or, parmi les effets pervers collatéraux imputés aux médias sociaux se retrouve le phénomène de l’isolement social. De surcroît, l’être humain est une créature fondamentalement sociale et son isolement risque de conduire à des épisodes d’anxiété, d’introversion,voire de dépression.

Comme la grande majorité du temps consacré aux médias sociaux se passe à la maison, il m’apparaît essentiel que les parents voient à ce que leur(s) enfants(s) respecte(ent) la limite de deux heures par jour, à défaut de quoi ils contribueront à sa(leur) désocialisation, et, par conséquent, au rejet de tout groupe d’amis. Quant à l’utilisation du cellulaire à l’école, à mon sens, il doit être banni au primaire et au secondaire, l’école devant être un lieu privilégié d’échanges entre les élèves.

L’isolement relié aux médias sociaux constitue un fléau qui a des répercussions dramatiques sur le développement social des jeunes. Aussi faut-il adopter un mode de vie qui pallie ces inconvénients en favorisant prioritairement les activités ludiques entre les jeunes que ce soit à la maison ou à l’école.

vigile.quebec tribune libre 9 mai 2024

Il faut sauvegarder le Colisée de Québec

10 mai 2024

Au début de mars, le maire de Québec, Bruno Marchand, avait réitéré son souhait de démolir le Colisée de Québec, alléguant notamment qu’il n’était pas rentable et, du même souffle, qu’il souhaitait utiliser l’espace pour bâtir quelque 800 logements. Par ailleurs, le 30 avril, lors d’une consultation publique visant à obtenir l’avis des citoyens sur leur vision eu égard au développement du secteur nord-est du site d'ExpoCité, ce secteur incluant le Colisée, ils ont tous penché pour la préservation du Colisée de Québec. Les participants ont proposé plusieurs usages que la Ville pourrait faire de l’édifice construit en 1949, à savoir des logements, des ateliers d’artistes, un pôle sportif et culturel, une ferme urbaine, un musée des Nordiques, etc…

Or, au-delà des considérations utilitaires que pourrait prendre le Colisée,un argument de taille est ressorti de la consultation publique, soit la valeur sentimentale que vouent les Québécois envers le «vieux» Colisée où ont évolué des légendes du hockey, telles Jean Béliveau avec les As de Québec, Guy Lafleur de ses exploits au Tournoi international de hockey pee-wee à ses années glorieuses avec les Remparts de Québec sans oublier la présence du fabuleux Jean-Claude Tremblay avec les Nordiques de Québec, l’as de fabricants de jeux avec les Nordiques, Peter Stastny, et j’en passe…

Le Colisée de Québec incarne tout un pan de la sphère sportive à Québec pour des centaines de milliers de spectateurs imbus de cette soif du hockey si prédominante dans le coeur des Québécois. À mon sens, il serait malvenu, voire sacrilège, d’extirper cet édifice «patrimonial» du paysage de la Capitale nationale.

vigile.quebec tribune libre 9 mai 2024
Le Devoir 15 mai "Il faut sauvegarder le Colisée"

Le pragmatisme de Gabriel Nadeau-Dubois

7 mai 2024

Dans la crise que traverse actuellement Québec solidaire (QS), il faut reconnaître le courage de son co-porte-parole, Gabriel Nadeau-Dubois (GND), qui a ouvert son jeu eu égard aux changements majeurs auxquels seraient confrontés les militants de QS au cours des prochains mois, advenant qu’ils acceptent le recadrage proposé par GND.

Dès sa création, QS s’est défini comme un parti social-démocrate qui, comme corollaire, se situait à la gauche de l’échiquier politique, et conséquemment, accordait une place prépondérante aux recommandations de ses militants. Or, GND désire maintenant que QS soit un parti de gouvernement, un parti politique qui aspire au pouvoir en utilisant une démarche pragmatiste. Une orientation qui tranche nettement avec les débats houleux qui ont cours lors des Conseils nationaux de QS aujourd’hui et qui risque d’aboutir à des frictions acerbes entre les militants.

Quant à la structure bicéphale de QS, force est de constater que la démission d’Émilie Lessard-Therrien de son poste de co-porte-parole de QS a causé un choc au sein du parti, certains membres remettant en question ce mode de fonctionnement.Toutefois, à ce sujet, GND préfère se donner du temps avant de prendre position sur cette formule de direction tout en reconnaissant sa pertinence encore aujourd’hui.

GND joue son va-tout. En agissant avec une telle ouverture, je suis d’avis qu’il emprunte un chemin chaotique mais empreint d’une ouverture toute à son avantage. Toutefois, il lui reste une tâche colossale, à savoir celle de mobiliser sa base militante. À mon avis, QS n’a pas le choix. Ou il persiste à végéter dans l’opposition à tout jamais, ou il emprunte le chemin d’un parti qui aspire à prendre un jour le pouvoir.

vigile.quebec tribune libre 5 mai 2024
 

Où est passé le décorum dans nos parlements?

7 mai 2024

Depuis quelques mois, nous assistons, dans les enceintes des parlements du Québec et d’Ottawa, à une débandade eu égard autant au ton acrimonieux qu’aux termes disgracieux utilisés dans les échanges entre les députés. D’un côté, le chef du Parti conservateur Pierre Poilievre a été expulsé de la Chambre des communes pour avoir refusé de retirer ses propos après avoir traité le premier ministre Justin Trudeau d’« extrémiste » et de « cinglé ». De l’autre, le premier ministre François Legault a soulevé l’ire de l’opposition à l’Assemblée nationale en traitant les maires et mairesses de «quêteux» en point de presse suite à leur demande de fonds publics pour pallier le déficit engendré par le transport en commun.

Or, nonobstant les effets nocifs des attaques acerbes des premiers ministres, force est de constater qu’ils ont de surcroît pour effet collatéral de jeter de l’huile sur le feu et, par conséquent, d’envenimer outrageusement les débats dans les Chambres respectives. Le respect, le civisme et la modération aux temples des élus ont perdu leurs lettres de noblesse. Le décorum s’est métamorphosé en un climat belliqueux indigne des représentants du peuple.

Nos parlements ont délaissé le décorum et oublié leur raison d’être, à savoir l’utilisation d’un ton approprié aux sujets parfois délicats qui y sont abordés Les attaques personnelles n’ont littéralement pas leur place au sein des parlements. À cet effet, il devient impératif que les présidents des Chambres respectives fassent preuve de crédibilité à défaut de quoi le climat prendra rapidement des allures d’arène de combat au détriment de la défense du bien commun.

vigile.quebec tribune libre 5 mai 2024
Le Devoir 7 mai 2024
 

Le sac à main de Geneviève

30 avril 2024

Paraît-il que les femmes, au contraire des hommes, ont ce pouvoir exclusif de réaliser deux actions simultanément. Dans cette foulée, la ministre Geneviève Guilbault semble exceller dans cette particularité féminine. En effet, on se rappellera que Mme Guilbault, alors ministre de la Sécurité publique et responsable de la Capitale nationale à l’époque, s’était faite prendre en flagrant délit, tenant son cellulaire à la main au volant de sa voiture. Or, récemment, la ministre des Transports et de la Mobilité durable, la même Geneviève Guilbault, pendant qu’elle répondait à une question posée par un député en commission parlementaire, fouillait, la main plongée dans son sac à main, à la recherche d’un quelconque article.

Nonobstant le fait que les femmes sont privilégiées de pouvoir exercer deux fonctions à la fois, force est de constater que Geneviève Guilbault a fait preuve de délinquance dans les deux exemples pré-cités et que la ministre de la Sécurité publique de l’époque aurait eu avantage à se concentrer sur la prudence élémentaire au volant, et à faire preuve de civisme en répondant à son interlocuteur en le regardant dans les yeux. Comme dirait l’autre, c’est une simple question de gros bon sens!

vigile.quebec tribune libre 28 avril 2024
 

Le petit roi nous a quittés

30 avril 2024

Ce sont plus de 450 chansons, une trentaine de spectacles, une carrière phénoménale que Jean-Pierre Ferland emporte avec lui dans son dernier repos. Il avait 89 ans et arguait qu’il chanterait en spectacle tant et aussi longtemps que ses admirateurs assisteraient à ses spectacles. Et cela s’est réalisé. Car, aux yeux de Jean-Pierre Ferland, un parterre rempli constituait sa bougie d’allumage.

En entendant les nombreux commentaires des proches de Jean-Pierre Ferland au petit écran, force est de constater que le thème de l’amour définissait le fil conducteur de son œuvre envahi par la présence de la femme. Charmeur naturel, les mots toujours recherchés de ses chansons savaient envoûter l’être aimée au plus profond de son être.

Jean-Pierre Ferland incarne un monument, un géant, une icône incontournable des arts de la scène. Les paroles et la musique de ses chansons demeureront indéfiniment dans l’inconscient collectif des Québécoises et des Québécois qui lui auront inspiré sa chanson «Je reviens chez nous» après son exil à Paris.

Les textes de ses chansons bouillonnent d’images magnifiques qui nous collent à la peau telle une déclaration d’amour qu’il souffle à l’oreille de son public. Sa musique, douce et discrète, nous invite à voyager en sa présence au pays de ses amours et de ses chagrins.

Il est difficile, voire presque impossible, de choisir une chanson préférée parmi toutes celles qu’il a composées. Toutefois, je dois vous avouer que «Le petit roi» vient me toucher au plus profond de moi et qu’elle est devenue en quelque sorte ma chanson fétiche. Sur ce, je laisse la parole pour la dernière fois au Petit roi: «Comme un loup qui viendrait au monde/ Une deuxième fois/ Dans la peau d'un chat/ Je me sens comme une fontaine/ Après un long hiver».

vigile.quebec tribune libre 28 avril 2024
 

Partir avec le beurre et l’argent du beurre

26 avril 2024

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le député caquiste Éric Lefevre ne manque pas de culot. En effet, après avoir démissionné de son poste de député de la CAQ, Éric Lefebvre a choisi de demeurer à l’Assemblée nationale à titre d’indépendant. Le député d’Arthabaska et whip en chef du gouvernement aura beau invoquer qu’i continuera d’être attentif aux doléances de ses électeurs, il devra se contenter d’être un député d’arrière-banc avec toutes les conséquences que cette situation provoque, notamment un nombre restreint d’interventions en Chambre.

Le député d’Arthabaska et whip en chef du gouvernement aura beau invoquer qu’i continuera d’être attentif aux doléances de ses électeurs, il devra se contenter d’être un député d’arrière-ban avec toutes les conséquences que cette situation provoque, notamment un nombre restreint d’interventions en Chambre.

Toutefois, là où le bât blesse effrontément réside dans le fait qu’il sera candidat pour le PCC lors des prochaines élections fédérales, et qu’à ce titre, il n’y a aucun doute dans mon esprit qu’il sera rémunéré par le PCC de Pierre Poilievre, et cela dans le contexte où il recevra de surcroît son salaire de député à même les poches des contribuables. En termes clairs, M. Lefebvre ne voit aucun scrupule à partir avec «le beurre et l’argent du beurre».

vigile.quebec tribune libre 25 avril 2024
Le Devoir 26 avril 2024
Le Soleil (version numérique) 28 avril 2024