Bruno Marchand à la mairie de Québec

17 avril 2021

J’ai bien connu Bruno Marchand à la fin des années ’80 en tant qu’étudiant au Collège Saint-Charles-Garnier à Québec où j’occupais le poste d’enseignant de français en troisième secondaire. Toujours de bonne humeur, Bruno m’accostait régulièrement entre les cours pour aborder un sujet d’actualité qui aiguisait son intérêt.

Puis, les années nous ont séparés jusqu’à ce que j’apprenne qu’il avait été à la tête de l’Association québécoise de prévention du suicide pendant plusieurs années, et par la suite qu’il était devenu président de Centraide Québec et Chaudière-Appalaches, Aujourd’hui âgé de 48 ans, Bruno Marchand fait le saut en politique municipale et se présente à la mairie de la Capitale nationale sous la bannière du parti Québec forte et fière.  

Nul doute que son dynamisme et sa capacité de rassembleur font de lui un candidat qui apporterait un vent de fraîcheur à l’Hôtel de Ville de Québec et qu’il réussira à s’adjoindre une équipe à son image qui s’engage à adopter un ton conciliateur. « Le temps de la chicane est terminé… Se diviser, faire des joutes personnelles, je pense que c’est mal servir les citoyens »,a-t-il déclaré lors de sa première conférence de presse.

Nonobstant le fait que Bruno Marchand se présente comme un novice sur la scène politique municipale, je suis d’avis que ses grandes qualités de rassembleur qu’il a su exploiter dans ses emplois antérieurs sauront rallier autour de lui des candidates et des candidats désireux de faire de Québec une ville forte et fière!

vigile.quebec tribune libre 16 avril 2021
Le Soleil (version internet) 19 avril  2021 "Bruno Marchand, un vent de fraicheur"

Haro sur les propos haineux et la désinformation

17 avril 2021

Un mouvement de contestation envers les propos haineux et la désinformation dans certains médias écrits et radiophoniques avec à sa tête la députée de Québec solidaire Catherine Dorion et le député fédéral libéral Joel Lightbound, un phénomène qui mène souvent d’ailleurs à une avalanche de propos haineux sur les réseaux sociaux, prend de plus en plus d’ampleur sur la place publique.

Or, à la question de savoir pourquoi ne pas entamer des procédures judiciaires, au criminel ou au civil, si les propos recensés sont bel et bien haineux?, Catherine Dorion fait valoir que « C’est coûteux et c’est long, le processus judiciaire. Et pendant ce temps-là, l’autre personne qui a une grosse tribune peut continuer de varloper, varloper, varloper. »

Un vieux proverbe latin se lit comme suit : « Si vis pacem, para bellum » qui se traduit en français par « Si tu veux la paix, prépare-toi à la guerre ».En termes clairs, si tu aspires mettre un frein aux propos haineux et à la désinformation, confronte les responsables sur leur propre terrain, à savoir les médias.

Il est plus que temps que ces fauteurs de troubles rencontrent une opposition musclée à leurs attaques viles et destructrices. La haine ne fait qu’engendrer la haine… Est-ce vraiment la société à laquelle nous aspirons?

quebechebdo tribune libre 17 avril 2021

Michel Louvain: une légende québécoise s’éteint

16 avril 2021

On venait tout juste d’apprendre qu’il souffrait d’un cancer de l’œsophage que la mort est venue sournoisement emporter Michel Louvain à l’âge de 83 ans. Celui qui ne vivait que pour chanter sur scène s’est tu subitement avec sa Dame en bleu.

Pendant plus de 60 ans, Michel Louvain a sillonné le Québec qu’il n’a cessé de séduire avec Un certain sourire irrésistible qui ensorcelait son public qui lui est resté fidèle pendant toutes ces années.

Une carrière prolifique qui a conduit le Michel Poulin de Thedford Mines depuis la sortie de Buenas Noches Mi Amor au Gala des splendeurs de1958 et qui le propulsa de facto aux sommets des interprètes de la chanson populaire québécoise.

Depuis lors et jusqu’à aujourd’hui, ses chansons d'amour ne se sont jamais fanées et ses fans sont toujours restés bien présents. Tout au cours de ces quelque six décennies, Michel Louvain aura charmé son public sans défaillir. 

Aujourd’hui, le monde de la scène artistique québécoise est en deuil. Avec le départ de Michel Louvain, une légende s’est éteinte mais son sourire communicatif et sa voix langoureuse resteront à jamais bien vivants dans notre mémoire… Adieu à toi, Michel, et repose en paix!

En souvenir…

https://www.youtube.com/watch?v=OjBm4bizaME

vigile.quebec tribune libre 15 avril 2021

 

Le monde à l’envers

14 avril 2021

Au moment où les gouvernements tergiversent toujours sur la prohibition de porter des armes de poing, les membres de Projet Montréal, réunis en congrès, ont approuvé une proposition visant à revoir la nécessité pour les policiers de porter une arme.

Autrement dit, les forces de l’ordre chargées de la protection et de la sécurité de la population contre des malfrats armés se retrouveraient désarmés dans des cas de légitime défense, C’est le monde à l’envers, la primauté du banditisme sur les forces de l’ordre public

Si certains policiers sont trop rapides sur la gâchette, c’est auprès d’eux qu’il faut intervenir eu égard aux situations exceptionnelles où ils doivent utiliser leur arme, mais non pas instaurer un désarmement complet de la force policière.

S’il est vrai qu’au cours des dernières années, certains policiers racistes ont utilisé leur arme à des fins haineuses, notamment aux États-Unis, il est aussi vrai que des vies ont été épargnées par un usage pertinent des armes des policiers dans certaines conditions exceptionnelles.

En bref, le gros bon sens exige que les policiers soient protégés pour faire face à un monde de plus en plus détraqué qui considère les représentants de l’ordre comme des ennemis à abattre… Est-ce bien le genre de société que nous souhaitons? 

vigile.quebec tribune libre 13 avril 2021

Université Larentienne: place aux groupes les plus « payants »

14 avril 2021


En faisant le choix d’éliminer 69 programmes dont 28 en français pour se concentrer sur les domaines d’étude « les plus demandés », les dirigeants de l’Université Laurentienne à Sudbury au nord de l’Ontario ont, de façon grotesque, marchander des élèves et des enseignants de langue française pour des raisons essentiellement mercantiles…Et dire que le gouvernement fédéral d’Ottawa, en Ontario, prône les bienfaits d’un Canada bilingue…Tout simplement scandaleux!

On se croirait dans une entreprise où le propriétaire, faisant face à des difficultés financières, décident de liquider son stock le moins prisé par sa clientèle, ce qui, en affaires, est tout à fait légitime. Or, quand les « produits liquidés » sont des personnes humaines, notamment dans le cas présent des étudiants et des enseignants francophones, c’est le respect des droits des minorités francophones au Canada « qui en prend pour son rhume ».

Pour avaliser sa décision, l’Université Laurentienne est passée par la Loi sur les arrangements avec les créanciers, court-circuitant de facto la convention collective eu égard aux postes excédentaires. 

Nonobstant le fait que toute cette saga sur le déficit de l’université provient des coupures draconiennes du gouvernement conservateur de Doug Ford, il m’apparaît inconcevable que toute une génération d’étudiants francophones se voient freinés dans leurs études, voire abandonnés sans vergogne 

vigile.quebec tribune libre 13 avril 2021
Le Soleil (version internet) 15 avril 2021

Le prince consort s’est éteint

10 avril 2021

D’entrée de jeu, je voudrais mettre les choses au clair : je ne suis pas un adepte vendu à la monarchie britannique. Toutefois, je dois admettre que les reportages que j’ai regardés depuis la mort du prince Philip ont suscité chez moi une certaine admiration pour l’homme qu’il était.

Passer plus de 70 ans à marcher à deux pas derrière la reine, son épouse, tout en gardant sa dignité représente déjà tout un exploit. Toujours droit comme un chêne, l’allure fière et le sourire aux lèvres, le charisme de Philip envoûtait les spectateurs qui assistaient aux milliers de défilé auxquels il a participé durant  son règne.

Il a toujours été considéré comme "la force" et "le roc" de la reine au règne le plus long pendant près de huit décennies en plus d’avoir été son confident, voire même son conseiller. Volontiers ironique et peu protocolaire, le duc d’Édimbourg était réputé pour commettre des impairs lors des rencontres officielles sans entacher la sympathie naturelle qu’il dégageait.

Malgré tout, la reine ne lui a jamais tenu rigueur de ses écarts de langage. Pas plus d'ailleurs que ses sujets, reconnaissants qu'il apporte un peu de légèreté dans une monarchie aseptisée. Lors d'un discours au Conseil général britannique de la médecine dentaire, en 1960, il dira à propos de cette fâcheuse tendance à commettre des gaffes : « La dentopédologie est l'art d'ouvrir sa bouche et d'y mettre son pied. Je l'exerce depuis des années ». 

Avec la mort du prince consort, c’est tout un pan d’histoire de la monarchie britannique qui s’éteint. Puisse-t-il léguer l’image d’un homme fier et généreux aux générations qui l’ont suivi tout au cours de sa vie auprès d’Élizabeth II!

quebechebdo tribune libre 10 avril 2021

Jacques Delisle: la thèse du suicide assisté

9 avril 2021


L’ex-juge Jacques Delisle reconnu coupable de meurtre au premier degré de sa femme en 2012, et ses moyens d’appel étant épuisés, déposait en 2015 une demande de révision ministérielle à Ottawa. Ce processus s’appuyait principalement sur des éléments de preuve qui n’étaient pas disponibles lors du procès et qui pointent vers la thèse du suicide plutôt que celle du meurtre. 


Or, au bout de six ans d’analyse, le ministre fédéral de la Justice, David Lametti, dit avoir des « motifs raisonnables de conclure qu’une erreur judiciaire s’est probablement produite » dans cette affaire.  En conséquence, Jacques Delisle aura droit à un nouveau procès.


Pour l’instant, les « motifs raisonnables » qui penchent vers un nouveau procès ne sont évidemment pas révélés. Toutefois, l’ex-juge, qui n’avait pas témoigné lors du premier procès, a avoué dans sa requête au ministre de la Justice en 2015, avoir fourni à son épouse, dépressive et handicapée à la suite d’un AVC et d’une fracture de la hanche, une arme prohibée et chargée. Il aurait ensuite tenté de la dissuader de passer à l’acte, avant de quitter le domicile familial. 


Dans l’hypothèse où cette version est fondée, la thèse du suicide assisté pourrait être invoquée, auquel cas les quelque dix ans passés derrière les barreaux seraient amplement suffisants pour permettre à Jacques Delisle de recouvrer sa liberté.

vigile.quebec tribune libre 9 avril 2021

Frédéric Bastien sonne l’alarme

9 avril 2021

Dans un article paru dans Le Journal du 8 avril sous le titre Francisation des immigrants : la grande illusion, l’historien et ex-candidat à la direction du Parti Québécois (PQ) Frédéric Bastien réfère à une récente étude de l’Office de la langue française du Québec qui prédit un recul spectaculaire du français chez nous d’ici 15 ans, la question migratoire jouant un rôle prioritaire dans ce phénomène.

Depuis plusieurs années, l’immigration est perçue comme la panacée au vieillissement de la population et au manque de main d’œuvre. Or, d’une part, cette assertion ne tient toutefois pas compte du fait que les gens vivent sur une plus longue période en bonne santé et qu’ils sont productifs plus longtemps et d’autre part, l’expression «manque de main-d’œuvre» désigne en fait un faible taux de chômage, lequel a, pour les patrons, le fâcheux inconvénient de les forcer à hausser les salaires des travailleurs, faute de pouvoir recruter.

Par ailleurs, l’arrivée massive des immigrants permet aux employeurs d’engager des immigrants à salaire moindre. Or, comme la majorité des nouveaux venus au Québec ne parlent pas français, des programmes censés les franciser, payés à même les impôts des contribuables québécois, ont été mis sur pied depuis plusieurs années. Or, moins du tiers des immigrants non francophones s’inscrivent à des cours de français dont le taux de réussite est très faible. De surplus, comme les ghettos linguistiques existent déjà dans la région de Montréal, il est très facile de trouver un emploi où l’anglais est accepté comme langue de travail.

Solutions

Baisser le taux d’immigration, un sujet tabou pour les partis politiques hormis le PQ.

Enfin, obtenir le statut de pays, ce qui permettrait au Québec d’avoir les pleins pouvoirs sur son immigration.

vigile.quebec trbune libre 9 avril 2021

Cachez le dessous de ces seins!

7 avril 2021

L'UQAM est en pleine tornade médiatique depuis qu'une finissante, Hélène Boudreau, a publié des portraits osés d'elle-même affichant le logo de l’université. Une décision prise, selon les dires de la bachelière, à la défense de la détabouisation des femmes qui travaillent dans le « sex work » et qui « peuvent avoir de multiples facettes ».


En contrepartie, la direction de l’UQAM poursuit actuellement l’étudiante pour 125 000$, l'établissement reprochant à la jeune étudiante que la photo d'elle exhibant le dessous de ses seins avec le logo de l’université nuise à la réputation de l’établissement.


En réalité, nous assistons à un duel entre la défense d’une cause et l’image d’une institution universitaire. En termes clairs, la cause défendue par Hélène Boudreau porte-elle vraiment préjudice à la réputation de l’UQAM, tel qu’allégué par l’Université? La démarche d’Hélène Boudreau associant l’université aux filles de rue n’atteint-elle pas son objectif, à savoir que les deux situations peuvent très bien être conciliables?


Je suis d’avis que l’intention de la bachelière n’était nullement de nuire de quelque manière à la réputation de l’UQAM. Bien au contraire, le milieu universitaire fait partie intégrante de sa démarche visant la réinsertion du statut des travailleuses de rue dans les milieux académiques de haut niveau.

vigile.quebec tribune libre l7 avril 2021

Tout un défi pour Simon Jolin-Barrette!

7 avril 2021

Dans un article paru dans Le Devoir du 3 avril, sous le titre Guy Rocher: «Ce que je souhaite à Simon Jolin-Barrette, c’est d’être le Camille Laurin de la CAQ, le sociologue Guy Rocher, maintenant âgé de 96 ans, lance un défi pour le moins herculéen au ministre responsable de la Langue française, Simon Jolin-Barrette,

Le moins que l’on puisse dire, c’est que la barre est haute, très haute, quand on se rappelle les embûches innombrables, non seulement des oppositions mais aussi de la députation péquiste de l’époque, voire de René Lévesque lui-même.


Près de 45 ans plus tard, Guy Rocher fixe les bases de la réforme de la loi 101 autour de trois paramètres, soit l’usage exclusif du français dans l’affichage public, l’extension de la loi 101 aux cégeps ainsi qu’aux petites et moyennes entreprises (PME), tout en prenant bien soin de spécifier que le Québec ne pourra atteindre ces objectifs sans accéder à son indépendance. « Pour moi, ce n’est pas dans le Canada que le Québec a un avenir. […] Tant qu’on est dans ce “carcan canadien”, on va avoir un problème linguistique, si ce n’est pas une crise », soutient le sociologue.


Depuis plusieurs mois, le ministre responsable de la Langue française nous promet un projet musclé. Il se fait toujours attendre… Pas surprenant quand on considère que Simon Jolin-Barrette cumule, en plus de ministre responsable de la Langue française, les postes de ministre de la Justice, de procureur général du Québec, de ministre responsable de la laïcité et de la réforme parlementaire, de ministre responsable de l’Accès à l’information et de la protection des renseignements personnels, de ministre responsable de la région de la Montérégie et de leader parlementaire du gouvernement québécois. Une tâche titanesque pour celui qui a pour mandat de mettre un frein au glissement de plus en plus abrupt du français vers l’anglais, notamment sur l’île de Montréal où le problème prend de plus en plus d’expansion.


À mon avis, si le premier ministre Legault souhaite faire de la défense et de la promotion de la langue un objectif prioritaire, il se doit de délester Simon-Jolin-Barrette de plusieurs des responsabilités qu’il cumule pour lui permettre « d’être le Camille Laurin de la CAQ »

vigile.quebec tribune libre 7 avril 2021