Brigitte Bardot, victime de son authenticité

2 janvier 2026

Incarnation du paroxysme de la beauté pendant des décennies, Brigitte Bardot (BB) n’en a pas moins subi les critiques acerbes, voire éhontées, de l’extrême gauche dans sa deuxième vie à l’égard de ses positions, notamment sur l’immigration massive dans son pays.

Brigitte Bardot était authentique, elle disait sa vérité toute nue, sans fioriture, sans s’encombrer des subtilités mondaines bienséantes. Et de ce fait, la gauche radicale n’allait pas manquer l’occasion de sa mort pour faire rejaillir sans ménagement ses positions sur l’immigration. Des positions qui valurent d’ailleurs à l’icône de la beauté une condamnation pour « délit d’opinion ».

Dans son billet paru dans Le Journal du 31 décembre sous le titre Elle s’appelait Brigitte Bardot, Mathieu Bock-Côté résume assez bien le contexte socio-politique dans lequel le décès de Brigitte Bardot canalise les effluves verbales de ses détracteurs. En voici un extrait : « Convenons-en: la gauche radicale est une gauche haineuse, déshumanisant tous ceux qu’elle déteste, mais elle le fait en croyant avoir de son côté le monopole de l’humanité, de la bonté, de la générosité… [Brigitte Bardot] incarnait la liberté de ton dans une époque qui pousse à la censure et à l’autocensure. Elle mérite assurément son hommage ».

Comprenons-nous bien. Mes propos n’ont pas pour objectif d’accorder « le bon Dieu sans confession » à Brigitte Bardot. En revanche, ils visent simplement à faire la part des choses, à savoir qu’elle est victime de son authenticité, jugée bassement et sans coup férir par une gauche radicale qui se prétend par ailleurs défenderesse de la vérité mais qui condamne en revanche sans retenue tout discours qui déroge de sa prise de position sur le sujet litigieux.

vigile.quebec tribune libre 2 janvier 2026
Le Soleil (version numérique) 3 janvier 2026


 

Le mot « woke », médaillé d’or en 2025

2 janvier 2026

D’« éveillé » qu’il était dans la communauté afro-américaine dans les années 1960 en pleine lutte pour les droits civiques, le mot « woke » [awaked] a dévié aujourd’hui vers une connotation péjorative pour désigner quelqu’un de moralisateur ou de prétentieux, imposant ses valeurs dites progressistes aux autres.

Dans cette foulée, l’arrivée de Donald Trump à la présidence des États-Unis en 2016 mais plus particulièrement en 2024 a suscité un virage à 180 degrés ouvrant la porte au wokisme d’extrême droite en contrepartie au wokisme de gauche, chacun des opposants défendant ses opinions divergentes sur un sujet commun. Ainsi la politique d’immigration ségrégationniste du président républicain s’oppose catégoriquement à l’ouverture aux minorités raciales du clan démocrate, tous deux s’accusant mutuellement de « wokistes ». Somme toute, le "wokisme de droite", incarné par l’administration Trump, consiste à adopter une posture symétrique au wokisme de gauche en valorisant l’excès inverse : immoralité revendiquée, provocations écologiques ou défense symbolique des Blancs soi-disant discriminés.

Dans un tel contexte ratissant large sur des concepts idéologiques variés entre les wokistes de droite et ceux de gauche, il n’est donc pas surprenant que le mouvement wokiste ait traversé le sud de la frontière pour progressivement s’implanter au Québec principalement dans les médias sociaux. Et toute cette tornade dans un déferlement de qualificatifs le plus souvent irrespectueux, voire assassins.

Aujourd’hui, le mot « woke » siège sur le trône des mots les plus utilisés dans les médias et méritent amplement la médaille d’or en 2025. Toutefois, je suis plutôt d’avis qu’il perdra peu à peu de sa notoriété compte tenu de l’éventail à l’infini de sujets qu’il aborde et de facto, d’une vacuité sémantique qui risque de lui être fatidique.

vigile.quebec tribune libre 2 janvier 2026

Mes pensées envers les personnes vulnérables en ce nouvel An 2026

31 décembre 2025

Notre monde dit moderne et civilisé regorge de situations où priment l’appât du gain et l’égocentrisme débridé. Aussi ai-je cru opportun d’offrir mes premières pensées, en ce début d’année 2026, à toutes ces personnes vulnérables dont le seul espoir est de rencontrer sur leur chemin des diffuseurs de réconfort et de chaleur humaine.

* Envers toutes celles et tous ceux aux prises avec la maladie d’Alzheimer afin qu’ils puissent bénéficier de tous les soins nécessaires à la reconnaissance de leur dignité humaine.

* Envers toutes ces personnes âgées qui vivent dans la solitude afin qu’elles puissent renouer avec la vie en partageant leurs souvenirs en présence d’une oreille attentive.

* Envers tous ces enfants atteints d’une maladie incurable afin qu’ils puissent accueillir auprès d’eux quelqu’un qui leur glisse tendrement à l’oreille un « je t’aime ».

* Envers tous ces adolescents perdus dans leurs pensées noires dans une société qui les juge parfois avec mépris afin qu’ils redécouvrent un sens à leur vie.

* Envers toutes ces femmes prises en otages par la violence sous toutes ses formes afin qu’elles rencontrent quelqu’un qui les délivre du joug de leur agresseur.

* Envers tous ces hommes enfermés dans une masculinité machiste afin qu’ils s’ouvrent aux bienfaits d’une saine relation amoureuse.

* Envers toutes ces personnes souffrant d’une maladie mentale afin que l’État reconnaisse leur désarroi et investisse en ressources humaines leur venant en aide.

* Envers toutes les personnes itinérantes qui vivent misérablement sans abri et sans nourriture afin que les gouvernements dégagent les subsides nécessaires à leur survivance.

* Envers toutes celles et tous ceux aux prises avec une dépendance à la drogue ou à l’alcool afin qu’ils trouvent sur leur chemin un bon samaritain.

* Envers toutes ces personnes qui attendent désespérément une chirurgie depuis des mois afin que le système de santé se rétablisse et réponde à leur cri d’alarme.

* Envers toutes les personnes aux prises avec un handicap physique afin que les municipalités et les commerçants contribuent à faciliter leurs déplacements.

* Enfin envers notre société en mal d’amour afin qu’elle ouvre les yeux sur la belle naïveté de l’enfant qui sourit à la vue d’une simple fleur qui se dresse majestueusement devant lui.

vigile.quebec tribune libre 31 décembre 2025

La famille Plouffe

30 décembre 2025

Qui, parmi les baby boomers, ne se souvient pas du premier téléroman québécois qui a rapidement envahi les ondes de Radio-Canada de 1953 à 1959 sur le petit écran des foyers québécois qui avaient la chance, voire le privilège, de posséder un téléviseur? La famille Plouffe, inspirée du roman de Roger Lemelin, mettait en vedette Paul Guèvremont dans dans le rôle du père, Théophile Plouffe, Amanda Alarie personnifiant maman Joséphine Plouffe, Émile Genest incarnant Napoléon Plouffe, Jean-Louis Roux dans le rôle d’Ovide Plouffe, Denise Pelletier personnifiant Cécile Plouffe et Pierre Valcour incarnant Guillaume Plouffe.

À chaque mercredi à 20h30, l’émission s’ouvre sur le thème musical désormais connu (1) et maman Plouffe se berçant tout en veillant sur les hauts et les bas de sa progéniture aux côtés de son mari Théophile, un personnage plutôt effacé. Ovide, l'intellectuel sensible qui aime la musique et les arts tout en travaillant à l'usine, Guillaume, athlète et champion de hockey, très populaire auprès des filles, Napoléon, l'aîné, qui admire les héros sportifs et aide parfois Guillaume à s'entraîner et Cécile, vieille fille coquette, qui nourrit l'espoir de se marier un jour avec Onésime Ménard, un chauffeur d'autobus marié. À cette époque, l’Église catholique exerçait un pouvoir suprême et omniprésent. Les références à la religion de Joséphine Plouffe faisaient partie des balises à respecter de la part de ses enfants.

Depuis lors, une pléiade de téléromans se sont succédé sur les ondes du petit écran au rythme de l’évolution de la société. Les repères incarnés par la mère de famille ont cédé la place aux gadgets électroniques faisant foi de progrès et de sacrosainte évolution. La religion est devenue un archaïsme envahi par la laïcité omniprésente au détriment des valeurs humaines d’amour et de charité envers l’autre.

« Il était une fois des gens heureux »(2). Peut-être serait-il salutaire que nous écoutions avec notre coeur cette émouvante chanson interprétée par Nicole Martin.

(1) https://www.youtube.com/watch?v=y88TvRkO_xM

(2) https://www.google.com/search?q=il+etait+une+fois+des+gens+heureux+nicole+Martin&rlz=1C1GCEA_enCA994CA994&oq=il+etait+une+fois+des+gens+heureux+nicole+Martin&gs_lcrp=EgZjaHJvbWUyBggAEEUYOTIICAEQABgWGB4yCggCEAAYogQYiQUyCggDEAAYgAQYogTSAQk0MDgyNmowajeoAgCwA

vigile.quebec tribune libre 30 décembre 2025

Faut-il craindre les avancées de l’IA en 2026?

29 décembre 2025

Dans une lettre d’opinion publiée le 11 décembre dans le prestigieux Time Magazine, Yoshua Bengio, reconnu mondialement comme l'un des plus grands experts en intelligence artificielle (IA), met en garde contre le rythme effréné auquel les outils d’IA sont développés. «Nous avons vu, par exemple, une réaction fortement négative à la mise à jour de ChatGPT 4-o à GPT-5, lorsque plusieurs usagers ont senti qu’ils perdaient un "ami", étant donné que le nouveau modèle était moins chaleureux», avance-t-il. «Dans des cas extrêmes, ces attachements à l’IA peuvent poser un danger à la santé mentale des utilisateurs», ajoute-t-il, tout en spécifiant que de nombreux experts ont aussi mis en garde concernant le risque que les humains perdent le contrôle sur le développement de l’IA. Une déclaration pour le moins inquiétante de la part d’une sommité mondiale sur l’IA qui prête à une sérieuse réflexion sur les avancées vertigineuses de l’IA au cours des dernières années, particulièrement sur « le risque que les humains perdent le contrôle sur le développement de l’IA ».

Nonobstant les bénéfices de ces nouvelles technologies dans plusieurs secteurs comme la santé, la recherche scientifique et plusieurs autres secteurs d’activité, en revanche elles ont aussi contribué à créer de nouveaux dangers, notamment en matière de cybersécurité et de répercussions sociales. C’est pourquoi Yoshua Bengio plaide pour une approche plus prudente, notamment avec son organisme à but non lucratif LawZero, qui se penche sur une façon de développer l’intelligence artificielle qui éviterait les risques de dérives. « En raison de tous ces risques, nous devons user de prudence pour profiter des bénéfices de l’IA, tout en nous protégeant de ses risques.» Aux yeux de Yoshua Bengio, la question est de savoir si nous allons trouver ces solutions à temps afin d’éviter un dénouement catastrophique.

Notre société technologique nous a enseigné depuis des lunes que l’être humain ne peut empêcher le « progrès », les avancées de l’IA n’y échappant pas. En revanche, l’homme devrait garder en tête que c’est le cerveau humain qui a créé l’IA et que de facto, il se doit d’en garder le contrôle. Dans cette foulée, Yoshua Bengio prône à juste titre la vigilance à quelques jours du début de l’année 2026, tout en étant conscient que les robots demeurent un amas de tôle dépourvu de toute manifestation émotionnelle.

vigile.quebec tribune libre 28 décembre 2025

C’est dans l’temps du jour de l’An!

26 décembre 2025

Dès le lendemain de Noël, comme s’ils avaient attendu patiemment leur tour pour lancer les festivités annonçant le début d’une nouvelle année, les « reels » traditionnels du temps des Fêtes envahissent les ondes radiophoniques du Québec. « C'est dans l'temps du jour de l'an, on s'donne la main, on s'embrasse/ C'est l'bon temps d'en profiter, ça arrive rien qu'une fois par année ». En des temps plus chaleureux, comme par un effet magique, la famille reprenait ses droits d’aînesse et se réunissait au centre du salon pour le set carré endiablé animé par la musique à bouche du patriarche de la famille s’accompagnant en tapant gaiement du pied.

Au Québec, malheureusement, les traditions se perdent peu à peu au détriment des gadgets électroniques qui monopolisent souventefois toute l’attention des invités si bien qu’ils en arrivent à oublier le sens de la fête qui les réunit en cette soirée familiale au cours de laquelle la chaleur humaine s’est substituée en douce avec le temps au pitonnage sur le bidule cellulaire.

Or j’ai souvenir encore du « bon vieux temps » où les familles se succédaient à la porte de mon grand-père maternel telle une parade militaire, les parents occupant le devant du peloton suivie de près par la marmaille, les yeux ronds et les timides sourires en coin, ébahie par la foule qui envahissait le salon. J’ai souvenir encore du grincement du vieux « pick up » de ma tante qui veillait à faire tourner les vieilles chansons traditionnelles du temps des fêtes sur lesquelles je dansais avec ma cousine préférée le temps d’une soirée par année. J’ai souvenir encore du copieux repas servi aux convives dans le tintamarre des voix des invités racontant chacun un épisode vécu au cours de l’année qui se terminait.

Les temps ont changé, les aïeux sont allés ad patres et, avec eux, les traditions. Plusieurs familles sont disloquées emportant avec elles la chaleur humaine qu’elles dégageaient dès leur arrivée dans la fête. Les danses folkloriques ont cédé la place aux jasettes souvent oiseuses sur la pluie et le beau temps. Et pourtant, un espoir de chaleur humaine existe toujours, c’est celui d’un sourire gratuit lancé discrètement à une personne isolée parmi les convives. Ça ne coûte rien mais, par contre, c’est tellement bénéfique pour débuter une nouvelle année pour la personne qui le reçoit.

vigile.quebec tribune libre 26 décembre 2025
Le Soleil (version numérique) 27 décembre 2025
Le Devoir 29 décembre 2025

Référendum sur l’avenir constitutionnel de l’Alberta

24 décembre 2025

Le chemin vers une consultation populaire sur l’avenir constitutionnel de l’Alberta a franchi une nouvelle étape par l’adoption de la question référendaire : « Êtes-vous d’accord pour que la province de l’Alberta cesse de faire partie du Canada pour devenir un État indépendant ? ».

Une question claire et précise qui n’est pas sans nous rappeler les contorsions ayant conduit aux questions des deux référendums de 1980 et 1995 au Québec, particulièrement celle du premier référendum précédée d’un interminable préambule (1). Dans un tel contexte et en lien avec la clarté de la question référendaire en Alberta, je suis d’avis que le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon, devrait s’inspirer de la question albertaine dans l’éventualité d’un troisième référendum au Québec sur son avenir constitutionnel qui devrait se tenir au cours d’un prochain mandat du PQ. Les Québécois sont en droit de pouvoir s’exprimer clairement sur leur avenir constitutionnel et sans fioriture. À force de diluer à outrance l’objectif visé par la question, cette dernière donne l’impression de ratisser trop grand, voire de cacher l’intention première de la question.

(1) « Le gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d'en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l'égalité des peuples ; cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d'établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l'utilisation de la même monnaie ; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l'accord de la population lors d'un autre référendum ; en conséquence, accordez-vous au gouvernement du Québec le mandat de négocier l'entente proposée entre le Québec et le Canada ? »

vigile.quebec tribune libre 23 décembre 2025

Le monde est fou!

24 décembre 2025

« L’homme est un animal raisonnable », prônait Aristote. Or notre monde de consommation débridée a atteint un nouveau sommet de l’incohérence, certains détaillants ayant devancé les soldes après Noël…avant Noël. Ne soyons pas dupes, quoique en théorie, les commerçants évoquent candidement une stratégie privilégiant les clients en leur permettant une plus longue période pour réaliser leurs achats pour Noël, en pratique, ces mêmes commerçants profitent de cette stratégie de marketing pour réaliser de plus grands profits sur les ventes d’avant Noël. Et toute cette mascarade dans un contexte où le consommateur pouvait bénéficier de soldes sur les écoulements de stocks après Noël. Bienvenue dans ce monde de fous dans lequel même les mots ont été dépouillés de leur sens!

vigile.quebec tribune libre 22 décembre 2025
Le Devoir 24 décembre 2025

 

Départ dans la dignité de Pablo Rodriguez

20 décembre 2025

Sans directement faire référence aux allégations visant sa campagne à la direction du Parti libéral du Québec, Pablo Rodriguez a reconnu, devant les médias, être devenu « malgré lui, une distraction ». « Le PLQ mérite qu’on parle de son plan d’avenir, le PLQ mérite qu’on parle de lui, pas de moi ».

Depuis le début de la crise interne qui secoue sérieusement le PLQ, Pablo Rodriguez a fait l’objet de nombreuses critiques liées notamment à son leadership qualifié souvent de déficient. À cet égard, force est de constater que le silence de Marwah Rizqy sur les tenants et aboutissants de la « faute grave » de Geneviève Hinse justifiant son congédiement à l’insu de son chef ne peut d’aucune manière justifier quelque critique sur le leadership de M. Rodriguez.

D’autre part, l’ex-chef du PLQ nie catégoriquement avoir été informé ou avoir contribué aux malversations dénoncées par les enquêtes du Journal autour de sa campagne à la direction du PLQ. Conséquemment, Pablo Rodriguez jouit toujours de la présomption d’innocence tant et aussi longtemps que l’Unité permanente anti-corruption (UPAC) n’aura pas révélé les conclusions de son enquête. Enfin jusqu’à maintenant, tout laisse à croire que Pablo Rodrguez, selon ses dires, est littéralement plongé dans le néant à l’égard des malversations qui seraient liées à sa course à la chefferie du PLQ.

De facto, je ne vois pas comment il aurait pu faire preuve de leadership dans ce brouillard médiatique dans lequel il est plongé hormis ses nombreuse déclarations sur sa méconnaissance liée aux allégations frauduleuses auxquelles il aurait participé. Dans un tel contexte, il faut saluer le départ dans la dignité de Pablo Rodriguez qui, tel un chef qui se tient debout dans la tempête, a privilégié le parti à ses intérêts personnels.

vigile.quebec tribune libre 20 décembre 2025

La démission fracassante de Christian Dubé

20 décembre 2025

Les négociations entre le ministre de la Santé, Christian Dubé, et les fédérations de médecins ont commencé sous le signe d’une déclaration de guerre de la part du gouvernement aux médecins par le dépôt immédiat sur la table du projet de loi 2 qui, dès le départ, s’attaquait de front au mode de rémunération des médecins axé sur des critères de performance liés à des coupures de salaire pouvant atteindre 30% de leur rémunération.

Le bras de fer entre les parties était résolument amorcé. Jour après jour, semaine après semaine, le ton hargneux et provocateur du ministre montait d’un cran si bien, qu’après des mois, les médecins avaient perdu toute confiance dans cette guerre démobilisante qui n’a jamais cessé de dégénérer entre le ministre et les représentants des médecins, Marc-André Amyot pour la FMOQ et Vincent Oliva pour la FMSQ.

Et de surcroît, derrière ce scénario désastreux, le premier ministre, François Legault, se targuait d’être farouchement déterminé à ne pas reculer sur ses objectifs eu égard au mode de rémunération des médecins comme les premiers ministres antérieurs l’avaient fait, un souhait auquel il rêvait depuis 25 ans. En bref, rien pour adoucir le climat et calmer les ardeurs des parties qui s’enfonçaient inéluctablement dans un maelstrom digne d’une guerre de tranchée. Et, pour ajouter à ce bras de fer nettement anti-productif, les représentants des fédérations des médecins ont complètement coupé les ponts avec Christian Dubé, mettant fin de facto au dialogue entre eux.

De ce fait, le ministre de la Santé a été complètement éliminé du décor pour être substitué au premier ministre lui-même en compagnie de la nouvelle présidente du Conseil du trésor, France-Élaine Duranceau. Les négociations ont alors repris jusqu’à ce que François Legault annonce en grandes pompes la signature d’une entente avec les omnipraticiens sur l’épineux dossier du mode de rémunération des médecins de famille.

Une entente qui, en réalité, marquait un net recul sur la Loi 2, notamment sur la disparition des pastilles de couleurs pour évaluer le degré d’urgence des patients et, non le moindre, le retrait de l’article permettant au ministre d’apporter unilatéralement des changements à la loi. En somme, seul le mode de rémunération des médecins a été modifié en fonction du principe de la capitation, un montant forfaitaire versé par patient inscrit, une clause avec laquelle les omnipraticiens étaient de toute façon déjà favorables.

En bref, une entente qui vient saper à la base et édulcorer substantiellement des mois de travail et d’effort de la part de Christian Dubé, et qui a conduit à sa démission fracassante de son titre de ministre de la Santé et à son retrait du caucus caquiste pour siéger dorénavant comme député indépendant. Une décision qui entraîne l’enterrement définitif de la hache de guerre de l’ex-ministre.

vigile.quebec tribune libre 20 décembre 2025