La farce d’un maître patelin

28 septembre 2011

Le grand patron de l’Unité anti-collusion, Jacques Duchesneau, a suggéré la tenue d’une commission présidée par trois juges qui recueilleraient des témoignages à huis clos. Selon lui, un tel scénario n’exclut pas pour autant une enquête publique en bonne et due forme mais aurait l’avantage d’inciter des témoins réticents à se mettre à table à l’abri des médias.

Pourquoi pas ? Quelle idée lumineuse ! Les fripouilles, enfermées derrière des portes closes, vont tout à coup devenir de gentils garçons et vont cracher le morceau aux gentils juges qui, eux, vont s’empresser de divulguer les révélations des convertis lors d’une enquête publique subséquente ! Vous y croyez, vous ? Il ne faudrait pas prendre les magouilleurs pour des caves !

À moins de faire preuve de naïveté, ce dont je doute de la part d’un fin limier comme Jacques Duchesneau, la patron de l’UAC essaie de nous passer un sapin. En termes plus clairs, il désire gagner du temps pour son grand ami Jean Charest qui, pendant que nos « amis », aux dires de Duchesneau, se « mettront à table à l’abri des médias », en profitera probablement pour déclencher des élections sous le couvert d’une probité protégée par les travaux d’une commission d’enquête « sérieuse » présidée par trois juges.

Et, pour ajouter l’odieux à l’insolence, pendant que ces messieurs discutent « sérieusement » sur la pertinence de tenir une commission d’enquête à huis clos, nos fripouilles ont tout le loisir de faire le ménage dans leurs papiers et d’arriver « blancs comme neige » à la barre des témoins, après avoir camouflé des coûts de corruption de l’ordre de 4,5 milliards par année, ce qui représente 570$ par Québécois.

Mais là où le bât blesse outrageusement, c’est que la population du Québec, celle-là même qui continue de payer des taxes qui profitent à ces renégats, se voit prise en otage dans les filets d’un système corrompu qui l’extirpe de ses droits fondamentaux de justice et de redditions de comptes de la part de ses dirigeants auxquelles elle aurait droit par le biais d’une commission d’enquête publique.

En réalité, la suggestion de Jacques Duchesneau revêt toutes les apparences de la farce d’un maître patelin (1) en train d’enrober dans du velours un cadeau de grec !

(1) Adjectif : doucereux, hypocrite, enjôleur.

vigile.net tribune libre 28 septembre 2011

 

Une belle leçon de gratuité

28 septembre 2011

Un soir, pendant que Mireille prépare le souper, sa fille, Mélanie, arrive dans la cuisine et lui présente un morceau de papier. La mère s'essuie les mains et commence à lire :

« Pour avoir tondu le gazon, 20 $, pour le nettoyage de ma chambre, 20 $, pour avoir fait des courses pour toi, 20 $, pour avoir gardé mon petit frère, 20 $, pour avoir obtenu un bon bulletin, 20 $, pour avoir sorti les poubelles, 20 $, pour le nettoyage de la cour, 20 $…Total, 140$. »

Le regard pensif, Mireille regarde Mélanie droit dans les yeux, laissant entrevoir une foule de souvenirs remontant dans sa tête. Elle prend alors un crayon, tourne la feuille et se met à écrire au verso :

« Pour t'avoir porté neuf mois, c'est gratuit, pour toutes les nuits passées auprès de toi à prier, chanter et à te soigner, c'est gratuit, pour tout le temps et toutes les larmes dépensées pour toi depuis ta naissance, c'est gratuit, pour tous les conseils ,les connaissances transmises et le prix de tes études, c'est gratuit, pour tes jouets, ta nourriture, tes vêtements et même pour t'essuyer les larmes et te moucher, c'est gratuit. Ma fille, si tu fais l'addition, tu constateras que le prix de mon amour pour toi est gratuit. »

Après avoir lu attentivement le texte de Mireille, Mélanie laisse échapper deux larmes sur ses joues. Elle regarde tendrement sa mère et lui dit : « Maman, comme je t’aime ! » Puis, d’un geste décidé, elle prend le crayon et inscrit, en grosses lettres, sur sa facture, le mot PAYÉ.

quebechebdo 28 septembre 2011

Tout le monde veut aller au ciel…

28 septembre 2011

Dans toute cette saga qui entoure la collusion dans l’octroi de contrats alloués par le ministère des Transports, j’ai l’impression que les personnages qui jouent dans la pièce marchent continuellement sur des œufs.

D’un côté, le gouvernement qui tente tant bien que mal de noyer le poisson par le biais des enquêtes policières au détriment d’une enquête publique. De l’autre, le grand patron de l’unité anticollusion, Jacques Duchesneau, qui propose une solution bicéphale, soit la création d’une commission à huis clos suivie d'une commission d’enquête publique.

Pourtant, les conclusions du rapport Duchesneau sont claires : il existe vraiment un système établi de collusion et de corruption entre le gouvernement, certaines firmes de génie-conseil, certains entrepreneurs en construction et le crime organisé. Que faut-il de plus pour mettre sur pied immédiatement une commission d’enquête publique?

Devant la valse hésitation des décideurs autour de cette « patate chaude », je me suis rappelé les paroles de la chanson de Petula Clark, « tout le monde veut aller au ciel…oui mais personne ne veut mourir! »

quebechebdo 28 septembre 2011
Le Soleil 29 septembre 2011

Des citoyens au coeur des décisions

27 septembre 2011

Il y a 50 ans exactement, lors de son allocution d’investiture à titre de 35ième président des États-Unis le 20 janvier 1961, John Fitzgerald Kennedy, dans une phrase devenue célèbre, lançait un appel vibrant à la « participation citoyenne » des Américains :

« Ask not what the country can do for you, ask what you can do for your country ! »

Un demi-siècle plus tard, le Québec arrive à une croisée des chemins déterminante pour son avenir en tant que nation. À peu près à la même époque où Kennedy envoyait son message aux Américains, Daniel Johnson père et Jean Lesage ouvraient les portes de l’émancipation du Québec en lançant des slogans tels que « Égalité ou indépendance » et « Maîtres chez nous ».

Depuis quelque temps, une idée semble vouloir prendre racine chez nous, soit celle de la mise sur pied d’États généraux sur l’indépendance axés autour d’une consultation citoyenne élargie. J’estime que cette démarche doit être encouragée si nous désirons redonner la parole au peuple et lui donner l’occasion de « se demander ce qu’il peut faire pour son pays ».

Une telle consultation citoyenne aura l’avantage de mener à des échanges qui devraient nous conduire à des propositions concrètes quant aux moyens et à la meilleure stratégie à utiliser pour nous conduire à notre statut de pays.

Je ne prétends pas posséder l’expertise de Pierre Cloutier quant aux moyens concrets pour parvenir, dans les meilleurs délais, à notre indépendance. À cet effet, je me dois de remercier Pierre Cloutier pour tous ses articles enrichissants concernant des pistes de solutions tangibles pour parvenir à notre souveraineté.

Néanmoins, quoique ma proposition puisse paraître abstraite aux yeux de certains, je demeure convaincu que des États généraux sur l’indépendance faisant appel à une vaste consultation citoyenne, et par conséquent, à une participation citoyenne, saura apporter des pistes de réponses à la question de Pierre Cloutier dans son article paru sur cette tribune en date du 26 septembre sous le titre « Qu’avez-vous à proposer en vue des prochaines élections ? »

En termes clairs, laissons la parole aux citoyens, écoutons ce qu’ils ont à nous dire et allons au-delà de la consultation pour récolter les fruits d’une véritable participation citoyenne. Des citoyens actifs dans la marche du Québec vers son indépendance…des citoyens au coeur des décisions !

vigile.net tribune libre 27 septembre 2011
quebechebdo 29 septembre 2011 (version abrégée)



Une loi qui manque de crocs

26 septembre 2011

Le 19 janvier 2005, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) annonçait l'entrée en vigueur du règlement qui permettait l'inspection des lieux de garde, d'élevage et de vente de chiens et de chats. Ce mandat a été confié à ANIMA-Québec en décembre 2004. Ainsi, la section portant sur la sécurité et le bien-être animal de la Loi sur la protection sanitaire des animaux (Loi P-42) était désormais en vigueur.

Pourtant, à travers le Québec, des centaines de personnes, dont le seul motif se révèle être le profit, opèrent des usines à chiots qui sont, pour la plupart, des endroits insalubres où les chiens ne sont pas nourris à heures régulières et où plusieurs n'ont même pas accès à de l'eau.

Récemment, soit le 16 septembre 2011, plusieurs vétérinaires du MAPAQ, à la suite d’une inspection effectuée en collaboration avec ANIMA-Québec dans un chenil de Clarendon en Outaouais, ont procédé à la saisie de 527 chiens qui souffraient de sous-alimentation, de problèmes de peau et de difficultés respiratoires. La plus importante saisie d’animaux jamais menée au Québec!

Bien que la Loi P-42 ait pour but d’assurer la protection sanitaire des animaux, force nous est de constater que plusieurs propriétaires de chenils réussissent à la contourner à leur profit. Actuellement, le MAPAQ est en train de mettre sur pied un projet de règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens.

Espérons que ces modifications ajouteront davantage de
« crocs » à la Loi, pour la plus grande protection de nos animaux domestiques!

quebechebdo 26 septembre 2011

La dérangeante

26 septembre 2011

Dans son article paru dans Le Devoir du 24 septembre sous le titre « Une commission ? », Denise Bombardier nous expose son point de vue sur la pertinence de créer une commission d’enquête publique sur la collusion et la corruption dans l’octroi des contrats au ministère des Transports.

D’entrée de jeu, je vous avoue que j’ai toujours eu une propension naturelle pour les gens qui affirment leurs convictions, pour autant, d’une part, que leur argumentaire soit solide et d’autre part, qu’ils apportent des éléments de solutions aux problèmes soulevés. Et, je dois l’admettre, Denise Bombardier fait partie de ceux-là.

Partant des exemples des commissions d’enquête Gomery et du scandale des commandites, Mme Bombardier lance cette question :

« Sommes-nous vraiment prêts à subir durant des mois, sans doute des années, le spectacle navrant et inévitablement télévisé de témoins multiples, escrocs ou honnêtes, sincères ou fourbes, qui vont nous raconter des histoires convergentes, divergentes, inventées, améliorées, atténuées devant des commissaires nommés par le gouvernement aux côtés d’avocats payés grassement pour protéger leurs clients en espérant connaître eux-mêmes leur heure de gloire ? »

Et, pour ajouter un peu de piquant à la sauce, elle ajoute :

« Interrogez des juges qui siègent depuis des décennies. Ils vous diront que ceux qui défilent devant eux en jurant sur la Bible ou sur leur honneur ont désormais tendance à se jouer de la vérité. Fini le temps où jurer, c’était sacré. Alors, qu’en sera-t-il de ces centaines de témoins, d’acteurs, de spécialistes liés au monde de la construction, des contrats gouvernementaux, du financement politique qui, la main sur le livre saint ou sur leur honneur tordu et chiffré, nous offriront leur version personnelle selon une morale indissociable trop souvent de leurs intérêts personnels ? »

Sa solution réside dans des enquêtes policières. En effet, poursuit-elle, « …le Québec compte d’excellents limiers, des enquêteurs au-dessus de tout soupçon, des policiers à la retraite, à l’expérience inestimable, des Eliott Ness sans peur, sans reproche et sans autre intérêt que le bien public. Des juges aussi, qui sont au-dessus des flatteries et de la notoriété qui, en les transformant en rock stars, affaiblissent leurs jugements. »

Bien que sensible aux arguments de Denise Bombardier, j’apporterai deux commentaires. Le premier concerne les deux commissions d’enquête qu’elle mentionne. Quoique les retombées de la commission Gomery soient pour l’instant fort discrètes, plusieurs recommandations du rapport Gomery feront partie des nouvelles règles concernant la nomination des juges. En ce qui a trait au scandale des commandites, il m’apparaît évident que les révélations qui y ont été faites ont conduit à la dégringolade du parti libéral fédéral.

Mon second commentaire, beaucoup plus important, concerne la pertinence de mettre sur pied une commission d’enquête publique sur la construction. Sur ce plan, quoiqu’en partie d’accord avec Denise Bombardier sur le fait que nous devons mettre à profit les talents de nos « excellents limiers et d’enquêteurs au-dessus de tout soupçon », il m’apparaît essentiel de créer cette commission d’enquête publique, appuyée par les enquêtes policières, tout au moins par respect pour la population qui est en droit de connaître la vérité !

vigile.net tribune libre 26 septembre 2011



Que justice soit faite!

25 septembre 2011

Les révélations troublantes du coroner Luc Malouin entourant le décès d’une adolescente de 15 ans, Rébecca Lévesque, le 13 février 2011, au Centre jeunesse de Chaudière-Appalaches, démontrent hors de tout doute que des actes de négligence professionnelle ayant causé la mort ont été commis par certains membres du personnel de l’établissement.

Toutefois, le bureau du coroner, par la voix de son porte-parole, Geneviève Guilbault, refuse d’ouvrir une enquête publique autour des circonstances de la mort de Rébecca Lévesque, alléguant que le coroner Malouin jette un éclairage suffisant sur les circonstances qui ont conduit au décès de l’adolescente. De son côté, le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, tient le même discours que Mme Guilbault.

En ce qui a trait à d’éventuelles poursuites au criminel concernant les employés du Centre jeunesse, aucun indice ne permet de croire jusqu’à maintenant qu’elles seront entamées. Finalement, la direction du Centre a fait savoir, dans un communiqué pour le moins laconique, qu’elle allait appliquer les recommandations du coroner Malouin.

Il ne reste à la défense, représentée par Me Jean-François Bertrand, que de déposer une poursuite au civil afin que le Centre jeunesse verse une compensation financière au père de Rébecca pour la mort de sa fille.

En dernière heure, nous apprenons que deux adolescentes qui se trouvaient en présence de Rébecca la veille de sa mort affirment que non seulement l’éducatrice responsable n’a pas pris l’initiative de conduire la jeune fille à l’hôpital mais qu’elle aurait même rejetée une demande formulée en ce sens par Rébecca.

Le décès tragique de Rébecca Lévesque ne doit pas rester impuni…il faut que justice soit faite!

quebechebdo 25 septembre 2011

 

Comme un concombre dans le vinaigre

25 septembre 2011

Le sculpteur québécois Armand Vaillancourt, le 16ième d’une famille de 17 enfants, est né le 3 septembre 1929 à Black Lake, près de Thetford Mines. En 1951, il déménage à Montréal où il amorce une carrière épique, atypique et polémique.

À compter de maintenant et ce, jusqu’au 18 décembre 2011, la Maison Hamel-Bruneau à Québec, présente une exposition regroupant certaines des œuvres d’Armand Vaillancourt, celui qui se qualifie de « sculpteur provocateur » en ces termes :

« Je suis un baveux, et les gouvernements, qu’ils soient péquistes ou libéraux, ne savent pas quoi faire avec moi, et c’est pourquoi je n’ai jamais eu de contrats avec ces puants ; ce n’est pas un hasard, on ne m’achète pas ! Je suis resté le même, un tigre en liberté, il n’y a pas d’âge pour ça. La vieillesse, ce n’est pas le temps d’avoir peur ! »

Sa sculpture « Québec libre », plus connue sous le nom de « Fontaine Vaillancourt » est une œuvre monumentale qu’Armand Vaillancourt réalisa en 1971 à San Francisco.

Cette œuvre représente bien le lien qu’effectue Vaillancourt entre ses convictions politiques et sociales et ses œuvres. Il s’agit en fait d’une énorme fontaine de béton, de 61 mètres de long, 43 mètres de large et 11 mètres de haut installée à l’Embarcadero plaza, en plein cœur du quartier financier de la ville.

La nuit précédant son inauguration, Vaillancourt y inscrivit un retentissant « Québec libre ! » en lettres rouges, signifiant son appui indéfectible à la liberté du peuple québécois et plus largement, son appui à l’émancipation de tous les peuples. Voyant, le lendemain, que les employés de la ville avaient effacé l’inscription, il sauta sur la sculpture et y réinscrivit plusieurs fois les mêmes mots.

Devant « Regard d’égout », un bas-relief en papier mâché moulé sur une grille d’égout, et un bronze qui arbore une évidente trace de pneu, le récipiendaire du prix Paul-Émile Borduas en 1993, la plus haute distinction en arts visuels décernée par le gouvernement du Québec, déclare :

« L’homme primitif demeure présent en moi. Je suis comme un concombre dans le vinaigre : même sorti de son bocal, il goûte le vinaigre ! »

vigile.net tribune libre 25 septembre 2011
quebechebdo 29 septembre 2011 (version abrégée)

Le plan de match

24 septembre 2011

À la lecture des témoignages d’ex-confrères de travail de Jacques Duchesneau publiés dans l’article d’Annie Morin paru dans Le Soleil du 24 septembre sous le titre « Jacques Duchesneau, un policier dans l’âme », on ne peut mettre en doute l’intégrité du Directeur de l’Unité anticollusion du ministère des Transports du Québec. Soit !

Toutefois, dans le même article, Laurent Lapierre, co-auteur avec Jacqueline Cardinal de la biographie intitulée « Jacques Duchesneau sur le qui-vive », ne cache pas l’intérêt médiatique que peut porter M. Duchesneau à la fuite de son rapport dévastateur sur la collusion dans l’octroi de contrats par le ministère des Transports pour des travaux routiers majeurs.

Quant au cinéaste André Melançon, qui a rencontré Jacques Duchesneau à l’occasion du tournage du film « Rafales », il affirme que la décision de M. Duchesneau de participer à l’émission « Tout le monde en parle » est dictée par « un plan de match » !

À mon sens, malgré tous ces commentaires fort élogieux et probablement mérités sur la carrière de Jacques Duchesneau, des questions demeurent en suspens. J’en retiens deux :

D’abord, comment se fait-il qu’un rapport aussi « confidentiel », contenant des révélations aussi accablantes sur un système de collusion entre des entrepreneurs en construction, certaines firmes de génie-conseil et le ministère des Transports, aient pu échapper à la surveillance d’une personnes aussi chevronnée que Jacques Duchesneau dans les enquêtes policières ?

Ensuite, pourquoi, après avoir été informé de cette « fuite » concernant son rapport, le directeur de l’UAC, décrit dans l’article du Soleil comme un homme d’une intégrité exemplaire, n’a-t-il pas déclenché une enquête pour connaître l’origine de la fuite et dénoncé les coupables ?

Selon moi, la réponse à ces questions se dégage implicitement dans les commentaires de Mm Lapierre et Melançon… D’une part, l’intérêt de Jacques Duchesneau pour le côté médiatique lié à la divulgation publique de son rapport et, d’autre part, son « plan de match » de s’adresser au public sur les ondes avant de le présenter en commission parlementaire.

Enfin, dans toute cette affaire, on est en droit de se demander si Jacques Duchesneau n’a pas un « plan de match » caché dans son jeu ! C’est à suivre…

vigile.net tribune libre 24 septembre 2011



Relents de colonisés

23 septembre 2011

La conclusion de l’article de Daniel Lévesque, paru sur cette tribune le 22 septembre sous le titre « Sortons de prison ! », m’a ramené à des relents de colonisés que nous portons tous, stigmatisés en nous depuis des siècles :

« Sortons de notre prison dorée collective, celle de nos peurs, de notre manque de confiance en nous-mêmes et en l’avenir. Cessons d’être nos propres geôliers. Cessons de croire bêtement que rien ne peut changer. Cessons d’être des esclaves qui parlent en mal de la liberté. »

Bien sûr, notre histoire nationale, à commencer par la conquête de 1760, peut expliquer, en partie, ce « manque de confiance en nous-mêmes et en l’avenir ». Toutefois, se pourrait-il que notre devise, « Je me souviens », ait pu contribué à nous maintenir dans cet état d’asservissement envers la couronne britannique et la confédération canadienne qui s’ensuivit ?

Pourtant, nous aurions pu aussi « nous souvenir » des pionniers canadiens-français qui ont façonné de leurs mains et à la sueur de leur front une nation française en Amérique du Nord au lieu de nous cantonner derrière les reliques de la conquête.

Alors, que s’est-il passé pour que nous persistions à être « des esclaves qui parlent en mal de liberté ? » Que faudrait-il faire pour que nous cessions « d’être nos propres geôliers…de croire bêtement que rien ne peut changer ? »

La réponse m’apparaît claire…La désillusion du référendum de 1995 est l’élément déclencheur du repli de l’électorat québécois vers l’option fédérale, d’autant plus que la création du Bloc allait nous assurer que nos intérêts seraient défendus à Ottawa.

Cependant, les tergiversations du PQ des dernières années par rapport à l’option indépendantiste, alliée à la déconfiture du Bloc le 2 mai au profit du NPD, un parti à tendance sociale-démocrate, n’empêchent pas les forces vives indépendantistes d’émerger de toutes parts sur la scène politique québécoise.

Conséquemment, il m’apparaît évident que les relents de colonisés attribués depuis des siècles au peuple québécois sont en train de s’estomper au profit d’un éveil nationaliste qui, bien qu’en quête de moyens pour lui permettre d’évoluer, annonce un avenir meilleur pour la cause indépendantiste.

vigile.net tribune libre 23 septembe 2011