L’illusion du sophisme

5 octobre 2011

Si nous suivons le raisonnement de certains tenants du fédéralisme complaisant à l’effet que les Québécois trouvent un certain confort à l’intérieur du Canada et que, par conséquent, ils ne veulent pas en sortir, nous arrivons au sophisme suivant :

Un problème comporte toujours au moins une solution. Donc s’il n’y a pas de solution, il n’y a pas de problème.

Ce que ce raisonnement laisse sous-entendre, c’est qu’il n’y a pas de problème pour les Québécois puisqu’ils se satisfont du « confort canadien »…mais ce qu’il ne dit pas, c’est que, plus les Québécois seront convaincus qu’ils seront davantage confortables hors du Canada, plus ils voudront en sortir.

En réalité, il faut d’abord faire réaliser aux Québécois que le statut politique actuel du Québec au sein de la confédération canadienne pose davantage de problèmes que d’avantages et, qu’en ce sens, il existe des solutions, entre autres, l’appropriation de tous nos leviers culturels, politiques, sociaux et économiques.

Quand les leaders politiques, appuyés d’une véritable coalition citoyenne, auront le courage et les convictions nécessaires pour rallumer la flamme souverainiste par des arguments qui font appel à la fierté patriotique des Québécois et au désir de devenir une nation autonome, le peuple du Québec s’empressera de vouloir sortir du Canada pour accéder à son statut de nation !

vigile.net tribune libre 5 octobre 2011



Hommage aux enseignantes et aux enseignants

5 octobre 2011

La Journée mondiale des enseignants, célébrée chaque année le 5 octobre depuis 1994, commémore l’anniversaire de la signature de la Recommandation UNESCO/OIT [Organisation internationale du travail] concernant la condition du personnel enseignant en 1966. Elle est l’occasion de rendre hommage aux enseignants et au rôle essentiel qu’ils jouent pour une éducation de qualité à tous les niveaux.

Enseigner ne signifie pas uniquement apprendre à l’élève une série de faits et nombres. Enseigner, c'est aussi inspirer, libérer le potentiel de l'enfant, lui offrir de nouvelles perspectives, c'est aider les enfants à concrétiser leurs rêves d'un monde meilleur.

Tout au long des différentes étapes de la scolarité, de la maternelle à l'éducation supérieure, il faut des enseignantes et des enseignants qualifiés pour guider les élèves et les encourager à cultiver des valeurs fondamentales telles que la paix, la tolérance, l'égalité, le respect et la compréhension. En ce sens, les enseignantes et les enseignants contribuent à aider les enfants, les jeunes et les adultes à devenir des citoyens critiques, responsables, capables d'agir sur le monde qui les entoure en les éveillant aussi au sens du dialogue et au sentiment de confiance en eux et envers les autres. Les enseignantes et les enseignants constituent les piliers de l'éducation. De la qualité de l'enseignement dépend la qualité du monde de demain.

Enseigner, c’est ouvrir les portes d’un monde meilleur. Aujourd’hui, je désire rendre aux enseignantes et aux enseignants tous les hommages qu’ils méritent pour leur contribution inestimable à l’épanouissement de notre jeunesse!

quebechebdo 5 octobre 2011

 

Retours d’ascenseurs

4 octobre 2011

Il semblerait que les retours d’ascenseurs favorisent le gouvernement Charest par les temps qui courent! Le hasard a fait que j’ai reçu dernièrement par courriel ce message d’un expert anonyme en ascenseur que je vous invite à lire d’abord, de haut en bas, et ensuite, de bas en haut, comme dans l’ascenseur…sans déroger à la consigne. Vous connaîtrez alors ce qui se cache derrière le vrai visage de Jean Charest!

« Dans notre parti politique, nous accomplissons ce que nous promettons.
Seuls les imbéciles peuvent croire que
nous ne lutterons pas contre la corruption
parce que, il y a quelque chose de certain pour nous:
l'honnêteté et la transparence sont fondamentales pour atteindre nos idéaux.
Nous démontrerons que c'est une grande stupidité de croire que
la mafia continuera de faire partie du gouvernement comme par le passé.
Nous vous assurons, sans l'ombre d'un doute, que
la justice sociale sera le but principal de notre mandat.
Malgré cela, il y a encore des gens qui s'imaginent que
l'on puisse continuer à gouverner
avec les ruses de la vieille politique.
Quand nous assumons le pouvoir, nous faisons tout pour que
cessent les situations privilégiées et le trafic d'influences.
Nous ne permettrons d'aucune façon que
nos enfants meurent de faim.
Nous accomplirons nos desseins même si
les réserves économiques doivent se vider complètement.
Vous aurez compris qu'à partir de maintenant
Nous sommes avec Jean Charest, la "nouvelle politique". » 

quebechebdo 4 octobre 2011 

Les Français se souviennent de Félix

4 octobre 2011

Il aura fallu attendre 60 ans pour que Paris reconnaisse la grandeur du talent de Félix Leclerc en lui dédiant une plaque commémorative qui est dévoilée aujourd’hui le 4 octobre sur la façade du Crystal Hôtel, au 24 de la rue Saint-Benoît, en plein cœur de Saint-Germain-des-Prés…et, par un curieux hasard, c’est dans la chambre 24 de ce petit hôtel que Félix s’était installé il y a 60 ans, au moment de ses débuts triomphaux à Paris.

En effet, c’est au théâtre des Trois-Beaudets, propriété de Jacques Canetti, qui avait fait enregistrer le premier disque à Félix lors de son passage à Montréal, que le « galopin », surnom qu’avait donné Georges Brassens à Félix à l’époque, rencontre un succès immédiat en 1951. À cet effet, je vous rappelle que c’est en février de cette année-là que le père de la chanson québécoise décroche un Grand Prix de l’Académie Charles-Cros, décerné pour la première fois à un artiste québécois, pour sa chanson « Moi, mes souliers ».

À cette époque, Félix était venu à Paris pour quelques semaines, histoire de vérifier si ses chansons pouvaient rejoindre les Français…finalement, il tiendra l’affiche aux Trois-Beaudets pendant 14 semaines avant de rentrer au Québec en 1953 après avoir réussi l’exploit de conférer à la chanson québécoise ses lettres de noblesse en France. À preuve, cet hommage que Jacques Brel rendait à Félix lors d’une de ses tournées à Bruxelles lorsqu’il avait déclaré que c’était Félix Leclerc qui lui avait donné le goût de chanter.

Au Québec, la pérennité de l’œuvre de Félix Leclerc ne fait aucun doute… il aura été l’un de ceux qui aura fait mentir le proverbe qui dit que nul n’est prophète dans son pays ! Aujourd’hui, par cette mise au grand jour de cette plaque commémorative dans le réputé quartier Saint-Germain-des-Prés, sa renommée est reconnue à juste titre outre-mer.

En étant immortalisé à Paris, la ville lumière aux 159 musées, dont le tout dernier, inauguré en 2010, le musée des Lettres et des Manuscrits, situé dans Saint-Germain-des-Prés, ces paroles prophétiques de la chanson « Moi, mes souliers » de Félix prennent tout leur sens :

« Moi, mes souliers n’ont pas foulé Athènes
Moi, mes souliers ont préféré les plaines
Quand mes souliers iront dans les musées
Ce s’ra pour s’y accrocher. »

Un grand coup de chapeau à toi, Félix !

vigile.net tribune libre 4 octobre 2011
quebechebdo 4 octobre 2011 (version abrégée)

Félix a de la relève…

http://www.youtube.com/watch?v=R7zI…

 

La prison plutôt que la prévention

3 octobre 2011

En continuant de dépenser des milliards à la mauvaise place, le gouvernement canadien continue d’entretenir le mythe d’une pauvreté onéreuse pour l’État. C’est la conclusion à laquelle arrive le Conseil national du bien-être social (CNB) dans son rapport intitulé « Le sens des sous pour résoudre la pauvreté ».

Pour arriver à détruire ce mythe malsain, le CNB propose de miser sur une approche préventive axée sur le long terme, en considérant les dépenses consacrées aux milieux défavorisés comme des investissements plutôt que comme des déboursés effectués au détriment de la classe moyenne.

À titre d’exemple, il en coûte entre 13 000$ et 18 000$ par année pour offrir un logement avec services de soutien à un sans-abri à Calgary. S’il est logé dans un refuge, la facture grimpe à 42 000$ et jusqu’à 120 000$ si la personne aboutit dans une prison ou un institut psychiatrique.

Et, pendant ce temps-là, le gouvernement de Stephen Harper, qui préconise la loi et l’ordre comme fer de lance, et qui, par conséquent, devrait placer dans ses priorités la pauvreté, l’itinérance et la toxicomanie, à l’origine de nombreux drames et délits, continue de demander à ses contribuables de payer pour des prisons plutôt que pour des mesures de prévention.

quebechebdo 3 octobre 2011

La parole à Falardeau

3 octobre 2011

Les citations sont la preuve de la liberté d’expression à laquelle on a droit dans la limite où ce n’est pas un rédacteur en chef ou un boss qui contrôle nos écrits. Toutes les citations qui suivent ont été mentionnées par Pierre Falardeau et vues, lues ou entendues via certains médias :

« L’important n’est pas de bien ou mal parler mais de parler. »

« On va toujours trop loin pour les gens qui vont nulle part. »

« Une œuvre est à la fois politique, artistique, humaine et philosophique. Je fais des films pour que ça reste. Une fois qu’on sera indépendant, c’est un film qui peut servir au reste de l’humanité. »

« Si tu te couches, ils vont te piler dessus. Si tu restes debout et tu résistes, ils vont te haïr mais ils vont t’appeler ‘monsieur’ ».

« Je trouve inacceptable que les artistes soient coupés de cette lutte [la lutte pour la libération nationale de leur peuple]. Du coup, je déteste de nombreux cinéastes ou artistes qui refusent de prendre position. »

« Aujourd’hui, contrairement à ce qu’on pense, les artistes ne sont pas à l’avant-garde, ils sont à l’arrière-garde. Ils reculent. Aujourd’hui, la société québécoise est assise sur son cul et on a un cinéma assis sur son cul. »

« Des Elvis Gratton, y en a mur à mur au Québec…Aussitôt qui en a un qui meurt, y en a mille qui sont prêts à prendre sa place. »

« Pour les lâches, la liberté est toujours extrémiste. »

« Au-delà des lettres de Chevalier de Lorimier, il y a son combat. Et nous devons apprendre des leçons de l’histoire pour ne pas répéter les mêmes erreurs. »

« Comme si la lutte de la libération nationale n’était pas, en soi, un projet de société. Le bateau coule et des passagers veulent discuter de l’aménagement intérieur de la chaloupe. Ramons, câlice ! On discutera ensuite de la couleur de la casquette du capitaine ou de la forme des rames. L’indépendance n’est pas le paradis. Ce n’est pas la solution à tous nos problèmes. Mais il s’agit de choisir enfin. Ou le statut de nation annexée à jamais, ou la liberté. »

« Chaque film, chaque maison, chaque poème, chaque robe, chaque chanson que nous créons fait exister le Québec un peu plus chaque jour. Nos chefs d’œuvre, comme nos cochonneries. Parce que ce sont nos cochonneries. Le Québec existe dans nos rêves. Par nos rêves. Et le jour où nous cesserons de rêver, le pays mourra. »

« Je me bats pour la libération et l’indépendance de mon pays. »

« Un peuple esti, qui a demandé de voter pour la liberté, pis qui vote pour l’esclavage, je trouve ça effrayant ! »

« La lutte pour la libération de notre pays n’est pas une lutte constitutionnelle. C’est une question de vie ou de mort. Ou rester à jamais une minorité de braillards et mourir à petit feu comme à Sault-Sainte-Marie, ou devenir enfin un peuple libre et vivre debout. La lutte pour la liberté et l’indépendance n’appartient ni à un parti ni à une classe, mais à l’ensemble du peuple québécois. »

« Non mais écoutez, Jean Charest, c’est comme Elvis Gratton en blond, c’est exactement pareil ! »

« Non mais, un gars [Jean Charest] qui, à 13 ans, rêvait de devenir Premier ministre du Canada, faut que tu sois taré en quelque part ! Non mais toi, à 13 ans, tu rêvais de devenir police ou pompier ! Mais pas de devenir Premier ministre du Canada ! »

« Nous ne nous battons pas pour faire inscrire deux mots, genre « société distincte », sur un bout de papier. Nous nous battons pour la liberté et l’indépendance de notre pays. »

« Ou ben le peuple se lève pis on se donne un pays, on ben on s’écrase pis on reste une minorité. »

vigile.net tribune libre 3 octobre 2011

Commentaire:

"Pierre Falardeau tout comme Michel Chartrand sont des hommes qui nous manquent. Si vous avez bien remarqué, il n'y a plus de personnages colorés au Québec dans la jeune génération. Il n'y a plus de Falardeau, de Chartrand, de Gaston Miron, de Pierre Bourgault etc… On dirait que nous sommes tous devenus plus drabes. Dommage…"

Didier
vigile.net tribune libre 3 octobre 2011



Un cul-de-sac à coup sûr

2 octobre 2011

À partir du moment où les commentaires des analystes politiques mettent en parallèle le PQ-Marois et la CAQ comme hypothèses de choix pour l’électorat québécois, nous devons admettre que les horizons s’avèrent plutôt sombres au-dessus de la colline parlementaire de la Capitale nationale.

Avouons, qu’offrir l’alternative entre un parti qui continue de piétiner son option fondamentale au profit d’un possible grappillage de pouvoirs à Ottawa et une CAQ qui continue de caqueter dans la basse-cour des poules épouvantées qui risquent d’accoucher d’une coquille vide, n’a rien d’emballant.

Toutefois, face à ses aberrations, le mouvement indépendantiste doit, à mon sens, s’interroger sérieusement sur sa position d’arrière-banc dans les débats qui monopolisent la scène politique québécoise. Entre autres, comment se fait-il que les seuls moments où les souverainistes réussissent à occuper la une des médias, c’est pour parler des divisions qui grugent les forces indépendantistes ?

Une question qui, bien sûr, apporte de l’eau au moulin aux fédéralistes, mais qui est aussi porteuse d’un malaise à l’intérieur des troupes indépendantistes, un inconfort extrêmement néfaste pour l’évolution de notre cause. En fait, nous assistons à une polarisation des débats autour d’une percée possible de la girouette Legault et une déconfiture du PQ pendant que le mouvement indépendantiste ne fait que traîner de la patte dans la course et subir les doléances de ses dénigreurs.

Si nous souhaitons vraiment que l’indépendance du Québec devienne un sujet attrayant qui puisse alimenter les commentaires des analystes politiques, nous devons absolument regrouper nos énergies autour d’une coalition nationale… en réalité, mettre de côté nos petites susceptibilités sur la couleur des murs pour nous atteler à la construction de la maison. À cet effet, je crois que nous aurions avantage à lire attentivement les pistes de réflexions simples et réalistes proposées par Pierre Cloutier dans le projet qu’il a déposé sur la table de cette tribune.

En conclusion, si nous n’arrivons pas à remettre un discours souverainiste mobilisateur sur les rails, nous risquons de nous retrouver dans l’isoloir, le jour des prochaines élections, devant le choix entre le PQ-Marois et la CAQ de Legault… un choix qui conduira le Québec, encore une fois, dans un cul-de-sac à coup sûr ! Cessons nos guéguerres et rallions-nous autour d’un projet d’un pays si nous désirons faire avancer le pays du Québec !

vigile.net tribune libre 2 octobre 2011



Et si on les écoutait!

1 octobre 2011

C’est le 1er octobre 1991 que la journée internationale des aînés a été célébrée pour la première fois à l’échelle mondiale. En désignant une journée spéciale pour les personnes âgées, l'Assemblée générale de l’ONU reconnaissait leur contribution au développement et attirait l'attention sur le respect de certains droits fondamentaux, souvent oubliés, des personnes âgées, soit l’indépendance, la participation, l’épanouissement personnel et la dignité.

Une révolution démographique est en cours dans le monde. Aujourd'hui, le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus est de quelque 600 millions ; ce chiffre doublera vers 2025 et atteindra deux milliards vers 2050.

Au Québec, nos aînés vivent de plus en plus vieux et leur nombre augmente rapidement. Malheureusement, l'immense richesse qu'ils représentent pour la société demeure toujours aussi sous estimée, en particulier, l’enrichissement que nous pouvons retirer de nos relations avec nos aînés.

Comme disait Vigneault, dans le premier couplet de sa chanson « Les gens de mon pays » :

«Les gens de mon pays
Ce sont gens de paroles
Et gens de causerie
Qui parlent pour s'entendre
Et parlent pour parler
Il faut les écouter…»

J’ai un jour écrit ce petit poème sur le triste sort réservé à nos personnes âgées :

Au temps lointain de leur enfance
Au temps jadis où tout petits
Les grands les couvaient dans leur nid
Les vieux ont cru en dame chance

Au temps de leur adolescence
Vint le temps de la turbulence
Ballottés tels des cerfs-volants
Les vieux ont rencontré les grands

À leur tour ils devinrent grands
À l’écart du monde des petits
Jusqu’au jour où devenus vieux
Ils redevinrent les enfants
D’un monde infiniment petit
Où les vieux ne sont que des vieux

Chaque ride de nos personnes âgées incarne un sillon révélateur d’expériences enrichissantes imprégné dans leur front. En cette journée qui leur est dédiée, peut-être aurions-nous avantage à nous asseoir auprès d’eux et à les écouter au lieu de les placarder dans des mouroirs!

quebechebdo 1er octobre 2011
vigile.net tribune libre 1er octobre 2011
cyberpresse.ca 4 octobre 2011 (version abrégée) 

L’écriture engendre la culture

30 septembre 2011

« Toute écriture est politique puisque toute écriture est une vision du monde. » Marie Darrieusseck

Il y a deux ans, soit le 30 septembre 2009, Caroline Moreno signait son 400ième article sur cette tribune sous le titre « Pourquoi écrire ? » En voici quelques extraits :

« J’ai commencé à écrire des textes à caractère politique en 2003, après être allée à la rencontre de ceux que je croyais être des députés indépendantistes, et qui se disaient à l’écoute de la population, dans le but de me faire entendre d’eux, afin de partager mes réflexions, mes idées. Je me suis vite rendue à l’évidence : la langue que j’employais leur était inconnue… J’ai alors pensé qu’ils comprendraient mieux mes mots si je les écrivais mais ils ne savent pas lire… J’ai continué à écrire. Écrire, c’est réfléchir. C’est ce qui nous force à aller plus loin et, pour certains, trop loin. Mais écrire pour que le Québec accède à sa liberté, ce n’est pas normal. C’est usant… J’aimerais pouvoir jouer l’autruche, mais elles ont des plumes. Je me sers donc de la mienne parfois avec colère, parfois avec tristesse et consternation, plus rarement dans la joie et l’espérance. La joie viendra avec le pays. »

Depuis lors, Mme Moreno a écrit 62 autres articles sur la tribune libre de Vigile… Il faut croire que l’autruche continue d’avoir des plumes et…grand bien nous fasse ! À l’exemple de Caroline Moreno, bon nombre de celles et de ceux qui écrivent sur cette tribune ont sans doute compris que l’écriture nous amène à « réfléchir et à aller plus loin ».

Pour ma part, j’ai appris, avec les années, que l’écriture, en plus d’apporter les avantages de la réflexion et du dépassement, représente le véhicule par excellence pour transmettre les valeurs que nous avons reçues des personnes que nous avons côtoyées tout au cours de notre vie. L’écriture engendre la culture d’un peuple. L’écriture nourrit les racines d’une nation. L’écriture assure la pérennité des valeurs entre les générations. L’écriture façonne l’histoire.

Dans le parcours des milliers de pages que j’ai écrites, particulièrement depuis que j’ai pris ma retraite de l’enseignement en 2003, j’ai légué, à travers plusieurs genres littéraires, les valeurs reçues de mes parents, éducateurs et amis. Depuis janvier 2011, je continue à le faire par le biais de Vigile et, même si parfois, moi aussi, je trouve l’exercice « usant », je persiste à croire qu’ensemble, nous tous qui croyons en l’accession possible du Québec à son statut de nation, nous parviendrons à atteindre notre but.

La tribune libre de Vigile représente un site privilégié où nous pouvons échanger rapidement nos réflexions écrites grâce à la technologie moderne. Nous nous devons de maintenir bien vivant ce lieu d’échanges unique, tout en gardant continuellement en mémoire que les écrits restent et que les paroles s’envolent.

vigile.net tribune libre 30 septembre 2011

Jusqu’à quand accepterons-nous…

29 septembre 2011

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que le talent de nos artistes et leur héritage culturel
Soient ensevelis sous les catacombes des radios poubelles ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que notre langue soit soumise aux aléas des écoles passerelles
Au gré d’une servilité et d’une insouciance sans pareil ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que l’immense opulence de nos terres en richesses naturelles
Soit dilapidée aux quatre vents dans un honteux cartel ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que notre jeunesse curieuse de savoir se rebelle
Contre notre stupide lâcheté à étouffer son éveil ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que nos ancêtres ayant creusé ce sol à pic et à pelle
Soient condamnés à l’ignorance de leur courage sans appel ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que nos tergiversations légendaires et perpétuelles
Aboutissent dans des antres où règne l’hésitation éternelle ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que nos racines profondes se fragilisent à un point tel
Qu’elles parviennent à la vulnérabilité de radicelles ?

Enfin jusqu’à quand accepterons-nous
Que notre mère-patrie soit bradée par des vautours infidèles
Qui n’ont d’autres intérêts que les profits de leurs recels ?

vigile.net tribune libre 29 septembre 2011
quebechebdo 29 septembre 2011