Au seuil de l’ingérence

12 décembre 2014

Dans la saga qui oppose actuellement le ministre Moreau aux municipalités, les propos tenus par chacune des parties dénotent à mon sens l’écart substantiel qui les sépare. D’un côté, le ministre accuse les maires de Longueuil et de Laval de prendre leurs citoyens pour des crétins, de l’autre, le maire de Laval qualifie l’attitude de Pierre Moreau de mise sous tutelle de sa municipalité.

Or, indépendamment des circonstances qui ont conduit à ce cul-de-sac, il me semble que le fait que le ministre va mettre son nez dans les livres des municipalités pour justifier ses prises de position l’amène à atteindre le seuil de l’ingérence et à contribuer à attiser la flamme de l’émotivité.

En conséquence, de deux choses l’une, ou Pierre Moreau change de ton et privilégie la voie de la saine discussion avec la présidente de l’UMQ, ou le premier ministre Couillard intervient directement dans ce dossier pour rétablir la confiance des contribuables envers son gouvernement qui n’a sûrement pas besoin d’une telle saga par les temps qui courent !

quebechebdo 12 décembre 2014
cyberpresse.ca 15 décembre 2014

Les « techniques d’interrogatoire renforcées »

10 décembre 2014

C’est avec stupéfaction et mépris que j’ai pris connaissance des divers articles et reportages parus ces derniers jours sur les tortures inhumaines imposées aux prisonniers sous l’instigation de la CIA.

Le résumé d’un rapport de 500 pages, qui en compte quelque 6000, présenté par le comité sélect du Sénat sur le renseignement, porte essentiellement sur ce que le gouvernement américain, présidé à l’époque par George W. Bush, nommait candidement des « techniques d’interrogatoire renforcées ». À titre d’exemples, des simulations de noyade, l’obligation de garder très longtemps des positions douloureuses, des privations de sommeil pouvant durer plus d’une semaine, l’irrigation rectale, etc…

Le rapport dénonce de plus les attitudes mensongères de la CIA sur les « succès » que de telles techniques ont remportés sur certains cas alors que, dans les faits, le comité prouve que les prétentions étaient sans fondement. Et, qui plus est, la torture n’aurait absolument pas contribué à dénoncer les complots d’après le 11 septembre 2001.

Une bavure scandaleuse sur les prétentions des Américains d’incarner les défenseurs des droits de la personne. Le président Obama aura beau invoquer qu’ « aucune nation n’est parfaite, mais [qu’] une des forces de l’Amérique est notre volonté d’affronter ouvertement notre passé », les conséquences désastreuses de ces actes inhumains sur la nation américaine ne se résorberont pas à la suite de plates excuses. Le chemin de la réconciliation risque d’être très long!

quebechebdo 10 décembre 2014

Pourquoi Vegas et pas Québec?

9 décembre 2014

Les propriétaires de la LNH ont donné le feu vert à l’homme d’affaires Bill Foley pour vérifier l’intérêt véritable de la population de Las Vegas envers le hockey en organisant une vente de billets de saison virtuels.

Or, en ce qui a trait à Québec, le même processus n’est pas nécessaire puisque, aux dires de Gary Bettman, « nous connaissons l’intérêt des amateurs de hockey dans les autres marchés potentiels » [y compris Québec]. Pourtant, une telle démarche aurait de nombreux avantages, en particulier la comparaison entre les pourcentages d’intérêt recueillis dans chacune des villes dans la course.

D’entrée de jeu, Bettman déclare qu’il « ne veut pas connaître l’intérêt des entreprises [mais celui] des amateurs de hockey ». Alors, au lieu de spéculer d’avance sur les réponses des amateurs de Québec et de les disqualifier de la sorte de la course, je suis d’avis que la même stratégie devrait être mise de l’avant dans toutes les villes candidates de façon à avoir une portrait juste et équitable de la situation. À vous, M Labeaume, de jouer la carte de la transparence en faveur de Québec auprès de M Bettman!

quebechebdo 9 décembre 2014
Le Journal de Québec 11 décembre 2014 

À vos crayons!

8 décembre 2014

Selon deux chercheurs de l’Institut de neurosciences cognitives de la Méditerranée à Marseille, le fait d’abandonner l’écriture manuscrite au primaire au profit de la tablette pourrait engendrer des difficultés en lecture. Et, qui plus est, à l’âge adulte, la prise de notes sur un clavier d’ordinateur plutôt qu’à la main est moins efficace pour apprendre de nouveaux concepts.

Et pour vérifier s’il est nécessaire d’écrire pour apprendre à lire, ces mêmes chercheurs ont enseigné à certains élèves de la maternelle des lettres en les écrivant à la main et à d’autres en les tapant sur un clavier. Au final, les lettres apprises à la main étaient mieux reconnues que celles apprises au clavier, lors de tests de lecture. Une autre étude a montré que les étudiants universitaires qui prenaient leurs notes de cours avec l’ordinateur réussissaient moins bien dans les épreuves de conceptualisation que ceux recourant aux notes manuscrites. Compte tenu de ces constats favorables à l’écriture manuscrite, les auteurs sont unanimes et affirment qu’« en dépit de la popularité grandissante de l’emploi des ordinateurs en classe, ceux-ci pourraient faire plus de mal que de bien ».

Les avancées ultra-rapides des technologies modernes envahissent peu à peu les écoles. C’est un constat indéniable. Or, l’utilisation abusive de ces technologies suscite des interrogations inquiétantes. Peut-être serait-il pertinent de ressortir le crayon avant qu’il ne soit rangé définitivement dans les tiroirs au détriment d’une acquisition aussi fondamentale que la lecture.

quebechebdo 8 décembre 2014
cyberpresse.ca 16 décembre 2014 "Écrire pour mieux lire"

Le long chemin de l’égalité

7 décembre 2014

Rarement l’anniversaire d’un événement tragique n’aura suscité autant d’émoi que celui du 25ième anniversaire de la tuerie de Polytechnique survenue le 6 décembre 1989. Une tragédie qui s’est gravée à tout jamais dans la mémoire collective des Québécoises et Québécois.

Toutefois, au-delà des souffrances profondes auxquelles ont été soumis les membres des familles éprouvées et les proches des victimes, c’est la symbolique de la violence faite aux femmes et la misogynie que nous rappelle et que doit nous rappeler le geste insensé et inhumain de Marc Lépine.

Les nombreuses dénonciations des dernières semaines de la part de femmes ayant été victimes de violence sexuelle nous révèlent sans l’ombre d’un doute que le chemin vers l’égalité entre les hommes et les femmes est loin d’être terminé. À titre d’exemple, encore aujourd’hui, des hommes entretiennent des tabous rétrogrades face à la place des femmes sur le marché du travail.

Bien sûr, nous devons souligner l’engagement solennel du premier ministre Philippe Couillard sur la tenue d’un registre des armes à feu au Québec, un pas dans la bonne direction. Néanmoins, la tuerie de Polytechnique doit nous servir de pierre d’assise pour poursuivre la lutte incessante de l’égalité entre les hommes et les femmes…C’est une question d’équité sociale incontournable!

quebechebdo 6 décembre 2014
Le Journal de Québec 8 décembre 2014

Les survivants

5 décembre 2014

J’ai reçu ce matin ce courrier électronique d’un ami, référant aux « accommodements » auxquels les personnes âgées ont dû se soumettre tout au cours de leur vie. Aussi, ai-je cru opportun de vous le partager en guise de reconnaissance envers tous ces survivants de l’ère moderne…

Un aîné, c'est celui ou celle qui existait avant la pilule,
les condoms et la vasectomie.

Nous existions avant la télévision, la pénicilline,
le stylo à bille, le radar, les lampes fluorescentes,
les photocopies, les vitamines et les cartes de crédit.

Nous nous sommes mariés d'abord, et nous avons vécu ensemble après.

C'était avant que les hommes portent des boucles d'oreilles.

Nous étions là avant les couches jetables, la radio FM,
les couvertures électriques, les ordinateurs,
les cassettes, la musique électronique,
la danse disco et les face-lifts.

Nous ne connaissions pas les mets congelés,
les fours à micro-ondes, le café «instant»,
les pizzas et les McDonald.

Nous pensions que le «Fast-food» se mangeait pendant le carême.

Dans notre temps, c'était chic de fumer la cigarette,
le coke était un breuvage et le pot, un récipient.

Si on nous avait demandé d'expliquer
OVNI, CSN, JFK, CIA, CLSC , REER, ETC.,
nous aurions parlé de soupe à l'alphabet.

Quand on pense à quel point le monde a changé
et combien d'ajustements il nous a fallu faire,
nous pouvons et devons être fiers
de ce que nous avons accompli.
Nous sommes les aînés d'aujourd'hui,
un groupe de «superman et de superwoman».
Nous sommes des survivants!

quebechebdo 5 décembre 2014

L’école brouillon

4 décembre 2014

Un récent rapport du Conseil supérieur de l’Éducation sonne l’alarme sur les innombrables variantes que le curriculum emprunte dans les écoles du Québec. Pour pallier cette carence inconcevable, son président, Claude Lessard, recommande l’instauration d’un observatoire indépendant du curriculum dans le but de savoir ce qui s’enseigne dans nos écoles québécoises.

Mais, quels sont les facteurs qui pourraient expliquer un tel état de fait ? Si on exclut l’intégration des élèves en difficulté d’apprentissage dans les groupes réguliers, il m’apparaît que la dernière réforme pédagogique constitue un élément déclencheur dans les chambardements majeurs des approches pédagogiques des enseignants.

Une réforme qui s’est opérée beaucoup trop rapidement pour que les enseignants puissent en connaître tous les tenants et aboutissants. Il n’en fallait pas davantage pour que des écarts pédagogiques substantiels se développent entre les écoles et entrainent avec eux des résultats impossibles à comparer sur le plan de l’évaluation.

Devant ces constats, l’heure est au temps d’arrêt, l’école brouillon doit terminer ses devoirs. La réforme pédagogique doit être consolidée et cela, dans l’ensemble des écoles du Québec. Sans quoi, ce sont nos jeunes qui écoperont d’un enseignement désuet auquel ils n’ont absolument pas le droit d’être soumis !

quebechebdo 4 décembre 2014
Le Journal de Québec 6 décembre 2014

Une légende incontournable

3 décembre 2014

J’ai souvenir encore de mes premières années d’adolescence où je m’assoyais avec mon père au salon pour admirer les prouesses de nos deux idoles, Jean Béliveau et Maurice Richard. Mon père admirait la grâce de Béliveau, moi, la détermination du Rocket qui était déjà en fin de carrière à cette époque.

Aussi, après la retraite de Richard, n’ai-je pas eu de difficulté à me tourner vers l’élégance de Béliveau qui, à la manière de l’artiste sur glace, parvenait à fabriquer des jeux d’une adresse sans pareil. Même si ses longues enjambées donnaient l’impression qu’il ne patinait pas rapidement, j’ai pu constater que la rondelle se transportait avec une précision remarquable sur le bâton de ses coéquipiers.

À mon sens, l’élégance du hockeyeur sur la patinoire de même que sa grande facilité à manier la rondelle demeureront dans les souvenirs impérissables de ses nombreux fans…Jean Béliveau, une légende incontournable dans le monde du hockey qui avait le CH tatoué sur le cœur.

quebechebdo 3 décembre 2014
Le journal Métro 4 décembre 2014

Un scandale sanitaire

2 décembre 2014

La thalidomide est un médicament utilisé durant les années 1950 et 1960 comme sédatif et anti-nauséeux chez les femmes enceintes. Or, on découvrit qu’elle provoquait de graves malformations congénitales. D’abord occultées ou niées par le fabricant Grünenthal, ces séquelles furent au cœur d’un scandale sanitaire qui aboutit au retrait du médicament à partir de 1961. Mais le mal était fait…

Au Canada, les victimes ont été forcées de se débrouiller individuellement. Aucun cas n'a pu bénéficier d'un jugement en cour. Les familles ont plutôt dû se contenter d'un règlement hors cour et se soumettre à la loi du bâillon, en vertu de laquelle ils ne pouvaient discuter du montant du règlement.

Or, plus de cinquante ans plus tard, le dossier des victimes de la thalidomide refait surface via une motion du NPD adoptée à l’unanimité visant à assurer un soutien adéquat aux victimes. Espérons que cette motion ne restera pas au niveau d’un vœu pieux et qu’enfin, justice sera faite pour pallier ce scandale sanitaire qui continue d’entacher outrageusement notre histoire nationale.

quebechebdo 2 décembre 2014
Le Journal de Québec 4 décembre 2014

Picolo est parti

1 décembre 2014

Personnage haut en couleur, Paul Buissonneau ne passait jamais inaperçu peu importe le média qu’il utilisait pour faire valoir ses idées qui sortaient régulièrement de l’ordinaire. De Picolo à l’Osstidcho en passant par le Théâtre de Quat’Sous sans oublier son passage à titre de membre des Compagnons de la chanson, il est arrivé à nous émerveiller par le dynamisme et la créativité dont il a fait preuve tout au cours de sa carrière avec un élan de vitalité sans borne.

Si Paul Buissonneau n’avait pas existé, il aurait fallu l’inventer tellement ses personnages ont réussi à captiver l’imaginaire des Québécois pendant toutes ces années. Toutefois, au-delà de toutes ses réalisations, je retiendrai de Paul Buissonneau l’image d’un monstre de l’écran et de la scène, imbu d’une aura magnétique qui lui conférait une place privilégiée au sein des créateurs et des artistes d’ici.

Salut à vous, M Buissonneau, nous garderons de vous le souvenir impérissable d’un personnage hors du commun qui a su graver son nom au temple de la renommée des grands Québécois!

quebechebdo 1er décembre 2014