La hache dans le rayonnement du Québec

24 décembre 2014

Décidément, le gouvernement Couillard ne semble pas imbu de la fibre québécoise qui lui a procuré au cours des années ses lettres de noblesse à l’étranger. À preuve, sa dernière coupure annuelle de 160 000 $ à l’Association internationale des études québécoises, dont l’objectif principal est d’offrir des bourses d’études et de recherche et à payer les frais de déplacement de chercheurs issus de toutes les disciplines et de créateurs québécois, surtout des auteurs, invités à représenter le Québec dans différents colloques internationaux.
 
Aux dires de Serge Jaumain, le président de l’AIEQ, le gouvernement du Québec « tue tout à fait le réseau en faisant cela. Il est clair que l’AIEQ, devant une telle décision, est condamnée à disparaître. » Pourtant, un grand nombre de Québécois, tels Dany Laferrière et Monique Proulx, ont profité de ses fonds pour représenter le Québec dans des colloques à l’étranger.

À force de sabrer des peccadilles dans des programmes culturels, ce gouvernement nous démontre une démarche à courte vue sur les « vraies affaires », une stratégie qui, à moyen terme, aura des conséquences négatives sur des retombées économiques importantes liées étroitement au rayonnement du Québec ici et à l’étranger

quebechebdo 24 décembre 2014
vigile.net tribune libre 24 décembre 2014

Pour que les pensées ne cessent de vivre!…

23 décembre 2014

En guise de réflexions, je vous propose ces quelques pensées que j’ai glanées ici et là dans l’espoir qu’elles sauront semer quelques graines génératrices d’idées dans vos esprits…Bonnes réflexions !

« Apparemment négative, puisqu'elle ne crée rien, la révolte est profondément positive puisqu'elle révèle ce qui, en l'homme, est toujours à défendre. » Camus, l’homme révolté

"Pour moi, tout parti politique n’est au fond qu’un mal nécessaire, un de ces instruments dont une société démocratique a besoin lorsque vient le moment de déléguer à des élus la responsabilité de ses intérêts collectifs. Mais les partis appelés à durer vieillissent généralement assez mal. Ils ont tendance à se transformer en églises laïques, hors desquelles point de salut, et peuvent se montrer franchement insupportables. À la longue, les idées se sclérosent, et c’est l’opportunisme politicien qui les remplace. Tout parti naissant devrait à mon avis inscrire dans ses statuts une clause prévoyant qu’il disparaîtra au bout d’un certain temps. Une génération ? Guère davantage, ou sinon, peu importe les chirurgies plastiques qui prétendent lui refaire une beauté, ce ne sera plus un jour qu’une vieillerie encombrant le paysage politique et empêchant l’avenir de percer."
–René Lévesque

« L’ignorance est le fondement sur lequel s’appuie l’oppression; et la désinformation en est son ciment. » Carl Boileau

« Porter la liberté est la seule charge qui redresse le dos. » Patrick Chamoiseau

« À mon sens, tant que le régime confédératif tiendra Québec sous la tutelle d’Ottawa, il ne s’accomplira rien de décisif. Le parti politique — quel qu’il soit — qui nous sauvera sera celui qui mettra en tête de son programme comme article premier et essentiel une rupture de la Confédération. » François Hertel (Leur inquiétude, 1936)

«  Les « Canadians » [...] croient que nous sommes un peuple dégénéré et que l’état de notre langue est la preuve de notre décadence. Cette attitude est normale. Les colonisateurs ne pouvant fonder leur occupation sur la justice, s’appuient sur un sentiment de supériorité. Ils croient que le peuple dominé a besoin de lui, que, privé de sa présence, il sombrerait dans l’anarchie et la pauvreté.  » François-Albert Anger, Les droits du français au Québec, Éditions du Jour, 1971, p. 133

« Canada is not a bilingual country. In fact it is less bilingual today than it has ever been. » Stephen Harper

« Souviens-toi qu’un poisson mort peut flotter en suivant le courant, mais seul un poisson vivant peut nager en le remontant. » W. C. Fields

« Le fédéralisme le plus dangereux pour le Québec est moins celui qu’on leur a imposé dans le passé que celui qu’on est en train de mettre en place. » Claude Morin

« [L’indépendance] est le contraire politique de l’autonomie, même si, sur un plan historique, on peut la considérer comme son prolongement. Il n’y a rien de commun entre un séparatiste et un autonomiste : l’un veut la sécession du Québec, l’autre veut sa participation, plus ou moins intégrée, à la Confédération. » Hubert Aquin

« La peur qu’ont les hommes d’affaires, en général, de réussir moins bien s’ils ne procèdent pas à l’anglaise ou à l’américaine et s’ils ne farcissent pas leur langage de mots anglais, est extraordinaire et tient littéralement du chien battu. » Rolland Lorrain

« Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va. » Sénèque

« Au commencement ils vous ignorent…
Puis ils vous trouvent amusants…
Ensuite ils vous combattent…
Et finalement…
Vous gagnez » Gandhi

« Il ne faut pas fermer les yeux sur la ténacité avec laquelle quelques milliers de Français ont défendu d’une manière acharnée leur langue pendant cent cinquante ans. (…) Et là, ces quelques milliers de Français, sans le secours de la métropole, ni de qui que ce soit, ont préservé la langue et les coutumes. » Stefan Zweig, 1910

« Les anglophones du Québec ne se perçoivent pas vraiment comme une minorité. Pourquoi ? Tout simplement parce que nombre d’entre eux ne désespèrent pas devenir, un jour, une majorité. Or la manière la plus sûre d’y parvenir, c’est encore de faire en sorte que les immigrants aient la possibilité de fréquenter l’école de leur choix, c’est-à-dire l’école anglaise. » Murray Maltais

« Que les événements deviennent graves, le péril pressant, que le salut commun exige tout à coup l’initiative, le goût du risque, la solidité, aussitôt change la perspective et la justice se fait jour. Une sorte de lame de fond pousse au premier plan l’homme de caractère  » Charles de Gaulle

« L’intégration des immigrants au Québec passe par le français, langue commune d’échange interculturelle. Les solutions qui devraient venir d’Ottawa ne viendront jamais. Au contraire, le fédéral demeurera toujours un adversaire farouche à ce niveau. » 
Maria Mourani

« S’efforcer de se convaincre soi-même de la vérité qu’on a entrevue est le premier pas vers le progrès ; persuader les autres est le second. Il en est un troisième, peut-être moins utile, mais fort enviable néanmoins, qui est de convaincre ses adversaires. »
Louis Pasteur

« Chaque fois que les Québécois ont abandonné pour un temps le projet d’indépendance, nous sommes devenus tout croches, nous nous sommes perdus, comme maintenant. » Yvon Deschamps

quebechebdo 23 décembre 2014

La grenouille et le crapaud

21 décembre 2014

Peut-être que ce matin-là monsieur de La Fontaine m’a-t-il inspiré…Toujours est-il que je me suis compromis dans cette fable que je vous offre, en particulier pour la morale où elle m’a conduit.

Dame grenouille trouvait la vie bien routinière
Les yeux en l’air et les pattes sur un nénuphar
Au glas funèbre des ouaouarons de cimetière
Épiée par quelques quenouilles en guise de phares

«Ah! se dit-elle, j’aimerais bien vivre sur la terre

Et sauter gaiement aux champs comme les crapauds
Eux qui semblent profiter pleinement du grand air
Et moi qui suis prisonnière de ce bassin d’eau!»

Or à l’aurore où ses compères dormaient encore
Elle plongea et atteignit enfin la terre ferme
Ouvrit grand les yeux et admira le décor
Grisée par la chaleur sur son épiderme

«Enfin! pensa-t-elle, à moi la grande liberté!»

Puis elle entreprit son périple vers les champs
Sautillant le nez au vent et le corps léger
Propulsée par l’euphorie du souffle du vent

Près d’un espace sablonneux elle vit un crapaud

«Bonjour madame la grenouille! Que faites-vous ici
Aussi loin de la tranquillité de vos eaux?

-Je m’ennuyais captive de cette triste vie!

-Et vous pensez trouver mieux sur ce sol aride?
Comparez votre peau si douce à ma cuirasse
N’attendez pas que votre corps soit plein de rides
Et retournez à votre sereine surface!»

La grenouille fit fi des bons conseils du crapaud
Si bien qu’après quelques jours de tours et de sauts
De cabrioles à travers les champs et boisés
Son eau jadis si terne en vint à lui manquer

Le chaud soleil dessécha peu à peu sa peau
Alors elle se souvint des conseils du crapaud
Et madame la grenouille s’en retourna bredouille
Auprès de ses nénuphars et de ses quenouilles

Vous qui comme la grenouille recherchez le bonheur
Sachez apprécier la présence d’une fleur!

quebechebdo 21 décembre 2014

Les ratios de la discorde

20 décembre 2014

En suivant la logique du ministre Bolduc dans ses intentions de vouloir augmenter le ratio maître/élèves en alléguant que la diminution des ratios n’a pas eu les effets escomptés, le ministre arrive à la conclusion qu’on peut donc augmenter les ratios sans danger.

Un argumentaire complètement fallacieux qui s’apparente à l’absurde…complètement irrationnel ! C’est pourtant facile à comprendre, plus la classe comporte un nombre élevé d’élèves, moins l’enseignant peut accorder du temps à chacun de ses élèves. C’est une question de gros bon sens.

Et de poursuivre Yves Bolduc, « pour que ça vaille la peine, il faudrait descendre [les ratios] beaucoup plus bas »…Eh bien, qu’est-ce qui vous empêche d’en discuter avec les enseignants et d’en arriver à un terrain d’entente avec eux moyennant certains aménagements ? M Bolduc, je vous invite à sortir de vos ornières de la rigueur budgétaire et à vous ouvrir à d’autres avenues plus éclairantes, telle la négociation de bonne foi.

quebechebdo 20 décembre 2014
vigile.net tribune libre 27 décembre 2014

Mes voeux pour le temps des Fêtes

18 décembre 2014

À Philippe Couillard, le courage de ramener ses brebis souvent égarées, quitte à les évincer du troupeau au besoin.

À Martin Coiteux, une bonne dose de sensibilité pour lui permettre d’envisager d’autres victimes que la classe moyenne avec ses coupures scandaleuses.

À Pierre Moreau, un cours 101 sur l’art de négocier de bonne foi.

À Yves Bolduc, un poste de ministre d’arrière-banc, là où il ne risque pas de déraper.

À Gaétan Barrette, le même cours que celui de Pierre Moreau.

À Jean-François Lisée, un livre sur les vertus de l’humilité.

Au PQ, un congrès où les candidats à la chefferie auront la chance d’exprimer leurs objectifs et échanger entre eux.

À PKP, le règlement du différend qui semble opposer ses fonctions dans Quebecor et son rôle de député.

À Alexandre Cloutier, l’élan nécessaire qui lui permet d’apporter de la fraîcheur au sein du PQ.

Aux médias, la neutralité indispensable pour une information à la hauteur de la tâche qui leur incombe.

Enfin aux Québécois, les arguments qui leur permettront de mettre la lumière sur les véritables enjeux de leur société.

quebechebdo 18 décembre 2014
vigile.net tribune libre 18 décembre 2014
 

Le cyclone de la vie moderne

17 décembre 2014

Récemment, j’ai pris connaissance de ce petit message via Facebook : « Je suis de la génération du « s’il vous plaît » et du « merci », du respect des aînés, et du « je peux? ». De saluer avec le sourire, d’aimer les personnes pour ce qu’elles sont et non pour ce qu’elles ont ou me donnent. On m’a appris à traiter les gens aimablement et à leur dire « bonjour » et « bonsoir ».

Je me suis alors demandé si ces valeurs faisaient encore partie de notre mode de vie où tout nous semble acquis naturellement ou si ces petites choses ne s’étaient pas laissées emporter pernicieusement dans le cyclone de la vie moderne!…

quebechebdo 17 décembre 2014
 

L’enseignant au banc des accusés

17 décembre 2014

Dans le contexte où la profession d’enseignant a besoin d’être mise en lumière pour être valorisée, le gouvernement Couillard vient de lui asséner un coup bas qui risque de miner pour des années le travail colossal effectué par les enseignants au quotidien dans leur classe respective.

Une augmentation de tâche de l’ordre de 10 % sans compensation salariale, une hausse du ratio maître-élèves par classe et, pour couronner le tout, l’intégration sans distinction des élèves handicapés et ceux en difficulté d'apprentissage ou présentant des troubles de comportement dans les classes régulières, telles sont les grandes lignes des propositions du gouvernement qui s’ajoutent au maigre 3 % d’augmentation salariale sur 5 ans.

«C'est comme si le gouvernement avait décidé de vider un bidon d'essence sur le contrat de travail et d'y mettre le feu», a commenté Sylvain Malette, le président de la Fédération autonome de l’enseignement. Une charge méprisante et insouciante envers l’enseignant qui se retrouve encore une fois au banc des accusés pour des fautes qu’il n’a pas commises mais qui sont plutôt attribuables au laxisme des gouvernements précédents en matière d’éducation.

Quand nos gouvernants entendront-ils raison et s’assoieront-ils à la table avec des enseignants pour se mettre au diaposon de leur réalité quotidienne au lieu de sabrer aveuglément dans leurs conditions de travail?…C’est une question de gros bon sens pour le plus grand bien des élèves du Québec qui risquent encore une fois de faire les frais de décisions complètement inappropriées!

quebechebdo 17 décembre 2014
vigile.net tribune libre 18 décembre 2014

Le déclaration de guerre

16 décembre 2014

Même si les employés de l’État ne bénéficient pas souvent de la cote d’amour des Québécois, je dois admettre que les dernières offres du président du Conseil trésor, Martin Coiteux, contiennent tous les ingrédients pour ouvrir la voie à une partie de bras de fer corsée et pénible entre les parties.

D’entrée de jeu, l’écart substantiel entre les propositions des deux parties annonce à lui seul l’ampleur du chemin à parcourir. En effet, de 3 % d’augmentation salariale sur cinq ans, comprenant un gel pour les deux premières années, à 13,5 % sur trois ans, on conviendra qu’il n’est pas nécessaire d’être prophète pour prévoir la difficulté d’une entente négociée de « bonne foi ».

Quant à l’argument de Martin Coiteux à l’effet qu’on « a pris le gouvernement pour un père Noël dans le passé », il m’apparaît désuet et dépassé, d’autant plus qu’il écorche en passant les gouvernements libéraux précédents. Par ailleurs, du côté des syndiqués qui évoquent l’inflation et le rattrapage salarial avec les employés du secteur privé pour justifier leurs demandes, ils devront donner un peu de laisse à leurs revendications.  

Une saga qui est ouverte sous le signe de la provocation et du mépris de la part du président du Conseil du trésor et qui risque de dégénérer en affrontement musclé qui, à mon sens, remet sérieusement en question la bonne foi du gouvernement Couillard dans le processus de négociation qui s’amorce dans une véritable guerre ouverte et démobilisante pour l’ensemble des employés de l’État.

quebechebdo 16 décembre 2014
vigile.net tribune libre 24 décembre 2014

Focus sur les « vraies affaires »

15 décembre 2014

Après avoir multiplié les bourdes depuis qu’il occupe le poste de ministre de l’Éducation, Yves Bolduc sort enfin de son empêtrement en annonçant la parution d’un plan d’action pour l’amélioration du français dès le début de 2015 dont les objectifs prioritaires  tourneront autour des compétences en lecture et en écriture.

Bien sûr, on ne peut qu’applaudir à cette initiative pour autant que les ressources humaines et matérielles fassent partie du train de mesures, à défaut de quoi l’engin risque de rouler seul sur les rails des « bonnes intentions ». À cet effet, on se souviendra qu’en 2008, sous le gouvernement libéral de Jean Charest, le précédent plan d’action pour l’amélioration du français est resté lettre morte pour la plupart de ses propositions.

«Le développement des compétences en lecture et en écriture est un déterminant important de la réussite scolaire. Cette préoccupation se situera au coeur de la stratégie », a affirmé Yves Bolduc. Il reste à souhaiter que, cette fois sera la bonne, et que le gouvernement Couillard s’attaquera enfin « aux vraies affaires », à savoir la maîtrise de la langue maternelle des jeunes du Québec!

quebechebdo 15 décembre 2014
Le Journal de Québec 17 décembre 2014
 

Haro sur les magazines-jeunesse

13 décembre 2014

L’éditeur des Publications BLD, Félix Maltais, vient d’apprendre que la subvention de 175 000 $ qu’il recevait du ministère de l’Économie, de l’Innovation et des Exportations depuis sa création, soit 30 ans, ne sera pas renouvelée. En plus du magazine de vulgarisation scientifique « Les Débrouillards » qui s’adresse aux 9 à 13 ans, l’éditeur pilote aussi les publications «Les Explorateurs», un magazine nature pour les 6 à 9 ans, et «Curium», destiné aux adolescents. Un manque à gagner qui représente quelque 7 % des sources de revenus des Publications PLB.

Pour justifier cette coupure, le ministère invoque que les jeunes du primaire ne constituent plus une clientèle visée par son programme, et que les trois magazines produits par BLD ne répondent plus adéquatement aux objectifs du nouveau programme de subvention puisque Économie, Innovation et Exportations Québec aurait décidé de concentrer davantage ses efforts de subvention sur la préparation de la relève en science plus âgée.

Quand on considère le poids relatif d’une telle subvention dans l’ensemble du budget octroyé à ce ministère, je ne peux pas croire qu’il ne pourrait pas trouver les sommes nécessaires pour subventionner toutes ces clientèles jeunesse au lieu de se rebattre honteusement sur des règlements qui viennent brimer les éditeurs de ces magazines, et surtout empêcher l’éveil de la créativité des jeunes du Québec. De la petite politique de bout de chandelle !

quebechebdo 13 décembre 2014