Le repentant

22 avril 2016

Dans toute la saga opposant Jeff Fillion à Alexandre Taillefer, je retiens surtout le manque de jugement, voire l’inconscience de l’animateur face aux propos mesquins et blessants envers certaines personnalités publiques avec lesquels Jeff Fillion se plaît à faire ses choux gras…et ses cotes d’écoute.

Pourtant, à ce que je sache, Jeff Fillion est un adulte « majeur et vacciné » à qui on confie un micro sur les ondes d’une émission d’opinion, une opinion enrobée d’une conception de la liberté d’expression sans balise qui brime sans vergogne la propre liberté de ses victimes.

Pour « se faire pardonner », Jeff Fillion se montre « repentant » dans une lettre d’excuse adressée à Alexandre Taillefer dans laquelle il écrit, en parlant du tweet qui a suscité toute la controverse, que « ce tweet a été mal écrit, donc mal interprété. Ma faute! » Le repentir est la conséquence d’une parole ou d’un geste que l’on regrette. Dans le cas de Jeff Fillion, ce n’est pas la première fois qu’il blesse profondément des personnages publics.

Tant que Jeff Fillion ne se tournera pas la langue au moins « deux » fois avant de parler, il sera appelé à utiliser le repentir comme arme de défense qui risque de s’effriter avec le temps et de perdre toute crédibilité auprès de ses victimes.

quebechebdo 22 avril 2016
 

À livre ouvert?

21 avril 2016

Eh bien voilà, la « transparence » devient le mot d’ordre à l’Assemblée nationale. Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) acceptent de relever le défi que leur a lancé Philippe Couillard de passer au peigne fin le financement du Parti libéral du Québec (PLQ) des 20 dernières années, à condition que les partis d’opposition acceptent de se prêter au jeu.

Toutefois, j’ai un petit doute sur la transparence des livres qui seront déposés à la firme de vérification indépendante. En réalité, toute cette mise en scène pourrait se comparer à un ado dont la chambre est en désordre et qui cache tout son linge sale dans le placard avant d’inviter sa mère à venir constater le résultat de son « ménage » !  

De la même façon, j’ai bien peur que les participants à ce jeu de coulisse ne « fassent le ménage » dans leurs livres avant que l’inspecteur n’entre en jeu, un jeu qui, à mon sens, n’aura aucune crédibilité aux yeux des citoyens qui connaissent trop bien jusqu’où les magouilles font force de loi dans les corridors de notre auguste Assemblée nationale…Rideau sur la comédie intitulée « À livre ouvert ».

quebechebdo 21 avril 2016

 

Entre théorie et pratique

20 avril 2016

Une recherche réalisée par trois chercheurs de l'Université du Québec à Montréal pour le compte d'un regroupement de syndicats d'enseignants, en arrive à la conclusion que l'intégration des élèves en difficulté dans les classes ordinaires est une approche utopique dans la situation actuelle. Une situation dans laquelle les enseignants se sentent désemparés face aux nombres élevés d’élèves par groupe et aux infrastructures déficientes auxquelles ils sont confrontés quotidiennement.

Dans mon esprit, il m’apparaît souhaitable en théorie que les élèves en difficulté soient intégrés aux groupes réguliers. Toutefois, encore faut-il qu’en pratique les conditions de réussite d’une telle formule fasse partie de la solution. Et, c’est là que le bât blesse avec le plus d’acuité. Dans les faits, les enseignants se retrouvent démunis devant la lourdeur d’une tâche titanesque qui leur demande de pallier les nombreux écueils de certains élèves avec les élèves dits « réguliers » qui peinent à se sortir du climat malsain dans lequel ils sont exposés.

Lors du dernier budget, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a annoncé un réinvestissement de 1,2 milliard $ sur trois ans en éducation, dont 700 millions $ dans les infrastructures scolaires et 500 millions $ dans les différents services aux élèves, une somme qui vient tout juste compenser pour les coupures drastiques imposées antérieurement par le gouvernement Couillard en éducation.

Les enseignants sont d’accord avec l’intégration des élèves en difficulté dans les groupes réguliers pour autant qu’ils reçoivent l’aide d’intervenants spécialisés, tels les travailleurs sociaux et les orthopédagogues…en réalité que la « belle » théorie s’arrime avec la pratique !

quebechebdo 20 avril 2016
 

« Québec 2026 – Nous sommes prêts »

20 avril 2016

Avant son départ pour Lausanne, le maire de Québec, Régis Labeaume, arguait qu’il s’en allait en croisade avec son bâton du pèlerin pour une rencontre « exploratoire » sur l’éventualité d’une candidature de Québec pour les Jeux olympiques de 2026. Or, nous apprenons que notre héraut tenait en son baluchon un certain document intitulé « Québec 2026 — Nous sommes prêts », un fascicule promotionnel de huit pages, abondamment illustré de photos des grands événements sportifs et festifs de la capitale nationale.

Pourtant, notre maire clame depuis des jours qu’il n’est « pas en mode olympique ». De son côté, interrogé sur le message derrière cette « promotion », le porte-parole du maire, Paul-Christian Nolin, a indiqué que Québec ne voulait démontrer que « son savoir-faire en organisation d’événements sportifs internationaux à succès [et qu’] il ne doit pas être interprété comme une intention de candidature ».

Avouons que la démarche prend plutôt des allures promotionnelles et que Régis Labeaume est véritablement en selle pour obtenir cette candidature de Québec aux JO de 2026…À mes yeux, toute autre justification ou démarche de consultation n’est que de la poudre aux yeux des Québécois qui connaissent fort bien le « petit côté » mégalomane de leur maître de céans !

quebechebdo 20 avril 2016
 

Tensions au Vatican

19 avril 2016

Il n’est pas surprenant d’apprendre que les idées « progressistes » du pape François s’entrechoquent avec le « conservatisme » doctrinaire du préfet de la congrégation pour les évêques, le cardinal Marc Ouellet. Il en va ainsi sur certaines recommandations du cardinal pour nommer de nouveaux évêques dont les listes de candidats proposées ont été écartées au profit de candidats plus progressistes, notamment à Chicago, Madrid et Sydney, alors qu’il est dans les tâches du préfet de proposer des noms au pape.

Cette dichotomie entre les idées du pape et celles du cardinal démontre, à mes yeux, les tensions provoquées par l’ouverture de François qui crée nécessairement des remous au sein de son entourage immédiat. Une situation qui, à mon sens, ne doit pas être vécue sans créer chez le cardinal Ouellet une certaine frustration difficile à contrôler, connaissant son tempérament fier et volontaire.

Si on ajoute à cet imbroglio le fait que François se soit prononcé en faveur de la communion pour les personnes divorcées et remariées alors que le cardinal Ouellet a clairement exprimé son désaccord à cet effet, il ne serait pas surprenant qu’un des cardinaux qui avaient été pressentis pour succéder à Benoît XVI soit placé sur la touche dans un avenir rapproché…pour le plus grand bien d’une Église ouverte à tous les hommes de la terre. 

quebechebdo 19 avril 2016
 

Le COC serre la vis

18 avril 2016

Ébranlé solidement par des cas de harcèlement sexuel de son ex-président Marcel Aubut, le Comité olympique canadien (COC) s’apprête à redorer son image durement entachée par les révélations entourant la saga Marcel Aubut. S’inspirant des recommandations contenues dans le rapport d’enquête commandé auprès de l’avocate Christine Thomlinson, le COC a adopté une nouvelle politique en matière d’éthique, de discrimination, de harcèlement et de dénonciation. Une démarche qui s’avérait nécessaire, particulièrement depuis le départ de Jean-Luc Brassard comme chef de mission de la délégation canadienne pour les Jeux olympiques de Rio, lequel a remis en cause la haute direction du COC.

De plus, derrière cette toile de fond plutôt sombre, se cachent, depuis plusieurs années, toute une série d’athlètes qui ont dû être éliminés des JO à lui suite de tests positifs de dopage, un portrait peu reluisant qui contribue grandement à ternir l’image des Jeux olympiques. Si on ajoute à ce portrait de famille terni par le temps la rencontre du maire de Québec avec les autorités du CIO dans le but d’explorer la possibilité pour Québec d’obtenir la candidature des JO de 2026 et les dépenses faramineuses qui en découleraient, on a tous les ingrédients pour créer un climat de suspicion autour d’un tel événement.

Toutefois, il faut reconnaître que le virage entrepris par le COC laisse entrevoir un meilleur avenir pour le mouvement olympique canadien…Reste à savoir s’il contribuera à lui redonner ses lettres de noblesse d’antan !

quebechebdo 18 avril 2016
Le Devoir 19 avril 2016
 

Le plus beau métier du monde?

17 avril 2016

Durant les quelque 32 années pendant lesquelles j’ai œuvré dans le « merveilleux » monde de l’éducation, j’ai toujours proclamé que j’exerçais le plus beau métier du monde. Or, à lire et à entendre les commentaires des divers intervenants dans les écoles du Québec, il semble bien que les temps ont changé.

Intimidations et violences verbales et physiques des élèves envers les enseignants sont devenues monnaie courante dans les écoles à tel point que plusieurs enseignants, même d’expérience, sont forcés de se retirer temporairement pour cause de surmenage psychologique, d’autres songeant même à se retirer définitivement.

Mais que s’est-il donc passé pour que le climat de l’école soit devenu aussi violent? Quels facteurs ont influencé ces revirements d’autorité qui ont vu les élèves empiéter sans coup férir sur l’autorité du professeur? Avons-nous perdu le contrôle de nos écoles? Toutes des questions qui méritent qu’on s’y arrête sérieusement avant que l’anarchie menée par les élèves ne transforme l’école en un véritable arène de combat.

Au risque de me faire critiquer, j’ose proposer que toute forme d’éducation débute à la maison dès le tout jeune âge, sans quoi il est utopique de se décharger de cette tâche en la confiant à l’école dont le rôle premier est de communiquer des connaissances et non pas d’initier le jeune au respect des personnes qui l’entourent.

Partant de ce constat, il m’apparaît essentiel que la maison et l’école établissent un lien nécessaire relativement aux valeurs qui sont véhiculées dans les deux milieux, une mesure qui saura éliminer les mailles qui se construisent dans l’univers du jeune et par lesquelles il lui est facile de se faufiler lorsqu’il arrive à l’école.

Quant aux enseignants, je propose qu’il maintienne en classe une certaine autorité que je traduirais par « une main de fer dans un gant de velours », une fermeté jumelée à une certaine souplesse, une attitude de maintien de l’ordre dans la classe tout en permettant à l’élève le droit à la faute.

L’équipe d’intervenants doit reprendre le contrôle de l’école avec la collaboration des parents…Peut-être qu’alors l’enseignement redeviendra-t-il le plus beau métier du monde!

quebechebdo 17 avril 2016
vigile.net tribune libre 22 avril 2016

Où s’en va la CAQ?

17 avril 2016

Faisant fi de la défaite crève-cœur de sa candidate, Hélène Girard, dans Chicoutimi avec un faible 11,7 % des voix, soit six points de pourcentage de moins que lors des élections générales de 2014, le chef de la CAQ, François Legault, est aussitôt reparti en croisade en accusant les représentants des chambres de commerce et les conseils du patronat de complaisance à l'endroit du bilan économique du gouvernement de Philippe Couillard.

Et, pour tenter de se remettre en piste sur la carte électorale du Québec, M. Legault a repris son bâton du pèlerin en le dirigeant vers le programme nationaliste de la CAQ, martelant qu'« il faut mieux expliquer ce que veut dire défendre notre langue et notre identité » et mieux expliquer ce que signifie, par exemple, «avoir plus de pouvoirs en matière d'immigration, le tout à l'intérieur du Canada ».

Le moins qu’on puisse dire, c’est que François Legault fait preuve d’une résilience hors du commun. Toutefois, il faut aussi admettre que les résultats ne sont pas au rendez-vous. La CAQ semble vouer à un parti qui navigue allègrement entre les élections mais qui échoue lamentablement lors des scrutins. Une situation que le chef de la CAQ devra pallier s’il désire percer dans les intentions de vote des Québécois…En attendant, le capitaine devra revigorer son équipage avant de faire naufrage !

quebechebdo 17 avril 2016
vigile.net tribune libre 19 avril 2016
 

Un héritage qui colle à la peau

16 avril 2016

Alors que Philippe Couillard, à la suite des accusations portées contre Nathalie Normandeau par l’UPAC, s’était dissocié récemment de l’ère Charest, qualifiée d’une « autre époque de la politique au Québec », voilà qu’aujourd’hui, le même Philippe Couillard louange le gouvernement dont il a fait partie de 2003 à 2008. C’est à croire que le premier ministre a été atteint d’un subit blanc de mémoire.

Pourtant, il m’apparaît évident que les contorsions verbales de Philippe Couillard sont étroitement liées aux nombreuses allégations de collusion, de corruption et de trafic d’influence dont a été affublé le PLQ de Jean Charest dans le rapport de la commission Charbonneau. Un bourbier qui se traduit par un héritage qui colle à la peau de l’ex-ministre de la Santé du gouvernement Charest qui peine à s’en défaire et qui frise les contradictions.

Pour ceux qui ont déjà élevé des animaux, il existe une vieille croyance à l’effet qu’un animal bien dressé ne s’attaque jamais à son maître, peu importe la situation dans laquelle il est placé. Eh bien, force est de constater que ce « dressage » s’applique aussi chez les humains quand on constate la « fidélité » implacable de Philippe Couillard envers Jean Charest malgré les nombreuses magouilles dans lesquelles aurait trempé son « maître ».

quebechebdo 16 avril 2016
vigile.net tribune libre 19 avril 2016
 

La présence de Gestev à Lausanne

15 avril 2016

Peu importe le contexte dans lequel le grand patron de Gestev-Québecor, Patrice Drouin, s’est rendu en Suisse en compagnie du maire de Québec, Régis Labeaume, pour une rencontre « exploratoire » avec les dirigeants du CIO sur une éventuelle candidature de Québec aux Jeux olympiques de 2026, je suis d’avis qu’une telle délégation est nettement prématurée et souffre pour le moins d’un manque de diplomatie de la part du maire de Québec face aux concurrents de Gestev.

En effet, comment Patrice Drouin peut-il justifier que c’est « à des fins personnelles » qu’il a accompagné le maire Labeaume à Lausanne et cela, dans le cadre d’une rencontre « officielle » avec les membres du CIO et des fédérations sportives ? À ce sujet, je ne peux que me rallier au commentaire d’un spécialiste en enjeux éthiques de l'Université Laval, M. Patrick Turmel, à savoir qu’« il est assez inquiétant que la Ville soit accompagnée dès le départ, au moment où elle entreprend sa réflexion, par un acteur qui a tout à gagner ». Du côté de la Ville de Québec, on allègue que M. Drouin s'est rendu à ses frais en Suisse et n'a aucun contrat avec la ville pour du démarchage olympique…Un argumentaire plutôt « faible » à mes yeux !

Quoi qu’il en soit, le moins qu’on puisse dire, c’est que Gestev part avec une longueur d’avance sur ses concurrents, une situation plutôt gênante créée par un manque de jugement patent de la part de Régis Labeaume… Pour ce qui est de la saine concurrence, on repassera !

quebechebdo 15 avril 2016
cyberpresse.ca 15 avril 2016 "Gestev à Lausanne"
Le Soleil 16 avril 2016 "Gestev à Lausanne"
Le Devoir 16 avril 2016