La liberté d’expression

2 mai 2016

Les récents congédiements des deux animateurs vedettes des ondes radiophoniques, Jeff Fillion et André Arthur, viennent relancer pour une énième fois le débat sur la liberté d’expression. En ce qui concerne ces deux animateurs, il m’apparaît évident qu’ils ont outrepassé sans vergogne les limites du raisonnable par leurs viles attaques ad hominem avec lesquelles ils faisaient leurs choux gras depuis des années.

Pourtant, dans un registre beaucoup plus « civilisé », l'auteure québécoise Djemila Benhabib recevra le 3 mai le Prix de la liberté d'expression pour l'ensemble de son oeuvre à l'occasion de la 2e édition du Difference Day, événement organisé dans le cadre de la Journée mondiale de la liberté de la presse et d’expression. Et cela, dans un contexte où Mme Benhahib n’a jamais été réputée pour sa langue de bois dans cette lutte sans merci qu’elle a livrée tout au cours de sa carrière entre la liberté d’expression et l’islam politique.

Il existe une énorme différence entre ceux qui se servent de leur « supposée » liberté d’expression pour attaquer bassement leurs victimes et ceux pour qui la liberté d’expression incarne une cause capitale à défendre. Tant et aussi longtemps que les personnes qui sont appelées à tenir le micro ne comprendront pas que la liberté des uns s’arrête lorsque celle de l’autre est brimée, nous assisterons à un débordement pernicieux où les victimes sont livrées en pâture à des personnages sans scrupule.

quebechebdo 2 mai 2016

Marchandage politique stratégique?

1 mai 2016

Justin Trudeau et son équipe de 40 députés du Québec ont beau clamé sur tous les toits qu’ils « travaillent très fort » pour négocier « un plan d’affaires solide » dans le dossier du C Series de Bombardier, aucune avancée notoire n’a encore transpiré de ces discussions avec le géant québécois en aérospatiale.

Par ailleurs, le premier ministre n’a pas encore fermé la porte au projet Énergie Est de Trans Canada et reste plutôt évasif quant à l’avenir du projet qui doit, selon ses dires, recevoir l’aval des communautés impliquées dans le trajet que doit suivre le pipeline. Or, je suis d’avis qu’Énergie Est peut difficilement être rejeté par le fédéral malgré l’opposition des maires de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), compte tenu de l’importance capitale que ce pipeline représente pour l’économie albertaine.

Dans ces circonstances, je crois que Justin Trudeau va se montrer généreux envers Bombardier pour mieux faire passer le projet Énergie Est auprès des Québécois. Une stratégie qui revêt, à mon avis, tous les éléments nécessaires pour être qualifiée de marchandage politique…Un oui à Bombardier contre un oui à Énergie Est !

quebechebdo 1er mai 2016
Le Journal de Québec 2 mai 2016

Oubliez QS, M. Péladeau!

30 avril 2016

À écouter le co-porte-parole de QS et député de Mercier, Amir Khadir, lors de l’entrevue qu’il a accordée à Sébastien Bovet au cours de l’émission 24/60 du 29 avril, j’ai eu la nette impression qu’il reportait l’appel à la convergence de Pierre Karl Péladeau aux calendes grecques.

Que ce soit sur l’enjeu du salaire minimum à 15$/l’heure tel que proposé par QS ou, plus largement, sur la défense de la sociale démocratie, tous les arguments du député de Mercier « convergeaient » vers une attaque en règle contre les positions de centre droit du PQ des dernières décennies. À tel point que les tentatives de Sébastien Bovet pour ramener son invité sur la position de QS eu égard à la convergence des forces souverainistes n’ont résulté qu’à une réponse mi-chair mi-poisson qui donnait l’impression d’un chemin tortueux qui ne menait qu’à un cul-de-sac.

À mon sens, QS n’a nullement l’intention de s’allier à PKP dans son projet de convergence et cherche toutes les raisons pour faire monter les enchères, voire pour le faire avorter. Conséquemment, bien que la démarche de PKP de s’allier les forces souverainistes soit louable, je suis d’avis que toute approche avec QS aboutira à une guéguerre de pouvoir stérile entre les deux partis.

De toute façon, il faut se souvenir de cette phrase-choc d’Amir Khadir « L’indépendance si nécessaire mais pas nécessairement l’indépendance ». Vraiment pas de quoi mobiliser les troupes souverainistes… Alors M. Péladeau, oubliez QS !

quebechebo 30 avril 2016
vigile.net tribune libre 1er mai 2016

Le bogue linguistique

29 avril 2016

Selon une analyse, datée de juin 2015, de la Direction de la planification, de la recherche et des statistiques du ministère de l’Immigration, de la Diversité et de l’Inclusion (MIDI), dans la catégorie de l’immigration économique, c’est-à-dire les candidats sélectionnés en raison de leurs qualifications professionnelles, 46 % des immigrants admis entre 2004 et 2013, et qui ne parlaient que l’anglais, avaient quitté le Québec en 2015. À des fins de comparaison, 84 % des immigrants qui connaissaient le français mais pas l’anglais à leur arrivée restent au Québec.

Faut-il s’étonner de ces statistiques considérant que le français est la langue officielle du Québec, et par conséquent, la langue du travail ? À mon sens, non. D’autant plus que ces immigrants qui fuient le Québec sont informés de la position du Québec dès leur première démarche pour venir s’y installer. Or, considérant cet exil néfaste pour la qualité de la main d’œuvre, le milieu des affaires plaide pour un assouplissement des exigences en matière de connaissance du français afin de contrer les pénuries de main d’œuvre dans certains domaines.

Nous assistons ici à un « bogue » linguistique lié étroitement aux conditions de la loi 101 qui stipule la primauté du français comme langue de travail. Y contrevenir serait fatal pour la sauvegarde et la défense de la langue officielle du Québec. Conséquemment, les immigrants anglophones doivent en prendre bonne note…ou sinon, rejoindre ceux qui ont fui le Québec pour une province anglophone !

quebechebdo 29 avril 2016
 

Pierre Lapointe à TLMEP

28 avril 2016

En invitant Pierre Lapointe à TLMEP, les responsables de l’émission tenaient en leurs mains le candidat rêvé pour lancer son fiel aux patrons de Radio-Canada au sujet du concept de l’émission Stéréo pop… et, ce qui devait se produire arriva ! Toutefois, force est de constater que le contenu du message de Lapointe souffrait pour le moins de « fini » : « Les osties de A [vedettes connues], j’en ai plein le tabarnak de cul, parce que ça finit par faire une TV aseptisée ». Disons que comme argumentaire de défense, ça vole plutôt bas, Je ne crois pas qu’en abordant ainsi sa plaidoierie, l’avocat de la défense incitait son auditoire à ouvrir une oreille attentive à ses griefs.

Dommage car sur le fond, les doléances de Pierre Lapointe contenaient un certain contenu pertinent, particulièrement sur son intention de présenter à son émission une plus grande diversité d’artistes « qui répondent à d’autres critères que la popularité ». Toutefois, là où le bât blesse, c’est que les artistes émergents n’attirent ni les auditeurs ni les commanditaires, ce qui joue nettement en défaveur des cotes d’écoute.

Enfin, quand tu es « pompé à bloc » et que ton orgueil en a pris tout un coup à la suite de la disparition de ton émission des ondes de Radio-Canada, ce n’est surement pas le temps ni le lieu [studio de R-C] pour aller défendre aussi maladroitement ta cause devant des millions d’auditeurs…Un petit recul aurait probablement reçu un meilleur accueil !

quebechebdo 28 avril 2016
 

Marcel Dubé, le grand absent

27 avril 2016

Moins de deux semaines après son décès, il m’apparaît aberrant, voire scandaleux, que le souvenir du dramaturge Marcel Dubé n’ait pas fait partie du numéro qui nous rappelait le départ des grands disparus de l’année lors du dernier gala Artis. Oubli ou inconscience ? L’un ou l’autre est impardonnable.

Un impair qui montre à quel point les organisateurs du gala ont omis maladroitement de s’élever des planches de la scène pour accéder à un des génies de la dramaturgie québécoise qui a contribué à donner vie de façon magistrale à des personnages empreints d’une profonde humanité et qui ont contribué à faire la renommée de plusieurs artistes de la scène québécoise.

Marcel Dubé, un grand absent qui est passé sous le radar des grands disparus de l’année, tel un personnage secondaire du monde de la dramaturgie québécoise, lui qui, durant sa carrière d'écriture qui a duré 40 ans, a pourtant créé plus de 300 oeuvres pour le théâtre, la télé et la radio, toutes applaudies par la critique et le public.

Un monument des écrivains québécois rangé dans le placard sans scrupule…Une bavure tout simplement révoltante et renversante !

quebechebdo 27 avril 2016
cyberpresse.ca 1er mai 2016
 

Priorité: éducation

26 avril 2016

Quoique je ne sois pas un militant de la Coalition avenir Québec (CAQ), je dois reconnaître que le fait de faire de l’éducation des jeunes québécois la première priorité du parti me réjouit au plus haut point. En effet, cela m’apparaît un juste retour du balancier initié par la Révolution tranquille des années ’60 qui a vu, entre autres, reconnaître le droit à l’éducation à toute la jeunesse du Québec en créant le ministère de l’Éducation.

Or, depuis ce temps, nombreuses ont été les réformes qui se sont succédées dans le monde de l’éducation, à tel point que le système a dû être confronté à des reculs catastrophiques qui ont conduit au mouvement de décrochage alarmant qui fait rage aujourd’hui dans nos écoles du Québec, pour le plus grand malheur de toute une génération de jeunes pour qui l’avenir est jonché d’embûches.

De surcroît, si on ajoute au problème de décrochage les cas de violence inquiétants qui envahissent progressivement les murs de nos écoles québécoises et les coupures drastiques qu’ont subies les écoles de la part du gouvernement en place, il y a tout lieu de croire qu’un examen attentif d’une situation pour le moins perturbée, voire intenable, doit être amorcé dans les meilleurs délais.

Car après tout, n’est-ce pas la qualité de l’éducation qui incarne le porte-étendard de la société de demain ?   

quebechebdo 26 avril 2016 
Le Devoir 27 avril 2016  

Violence dans les écoles: le cul-de-sac

25 avril 2016

La situation décrite par les enseignants de la commission scolaire des Premières-Seigneuries dans la région de Québec concernant le nombre croissant de cas d’élèves violents dans les écoles a de quoi susciter l’inquiétude, voire le désarroi. Or, sans m’avancer dans des affirmations gratuites, je suis prêt à parier que ce fléau a aussi envahi les autres écoles du Québec.

En conséquence, le mode d’intervention dans de telles situations demeure la pierre angulaire de la résolution du problème. Cependant, il m’apparaît évident que les enseignants sont confrontés à diverses contraintes liées, entre autres, à l’intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières.

De surcroît, l’utilisation de la « mesure contraignante » qui implique le maintien physique d’un élève lorsqu’il représente une menace pour lui-même, le personnel ou pour les autres élèves, peut donner lieu à des représailles, telles des enquêtes pouvant conduire jusqu’au congédiement.

On aura beau mettre sur pied le meilleur protocole d’intervention en situation d’urgence, tant et aussi longtemps que les élèves bénéficieront d’une certaine « immunité », les cas d’élèves violents se perpétueront et les enseignants seront placés devant un cul-de-sac inévitable…c’est la quadrature du cercle ! 

quebechebdo 25 avril 2016
 

Convergence des forces souverainistes

24 avril 2016

S’il est un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières années sur la scène politique provinciale, c’est bien la convergence des forces souverainistes. À cet effet, une lettre co-signée par Pierre Karl Péladeau et la députée Véronique Hivon, responsable du dossier de la convergence, fait état que le Parti québécois est ouvert à l’idée de faire une large place aux forces progressistes, avec lesquelles il souhaite établir une « feuille de route commune » et bâtir « un véritable projet de société ».

Malgré certains doutes qui m’habitent encore sur la réussite d’un tel projet, le PQ marque un point essentiel en déclarant dans cette missive que « l’appel aux brebis égarées » est terminé, qu’il reconnaît qu’il « n’a pas le monopole de la souveraineté… [et que] la diversité au sein du mouvement indépendantiste ne constitue pas une faiblesse mais une véritable force. » Une prise de position fondamentale compte tenu de la chasse-gardée que le PQ entretient sur le « monopole de la souveraineté » depuis des décennies.

La coalition OUI-Québec (Organisations unies pour l'indépendance), qui regroupe les partis souverainistes et des acteurs de la société civile, est surement un pas dans la bonne direction. Une rencontre est prévue dans les prochains jours. Les attentes sont élevées. Les guéguerres de clochers doivent rapidement prendre le chemin du placard. L’heure est aux idées dénuées de toute partisanerie, à défaut de quoi la convergence des forces souverainistes se retournera, encore une fois, en vœu pieux…

quebechebdo 24 avril 2016
vigile.net tribune libre 26 avril 2016
Le Journal de Québec 27 avril 2016
 

Un train électrique…pour la galerie?

23 avril 2016

Quand on demande à Michael Sabia, PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), si le projet de train électrique métropolitain de Montréal sera rentable, il répond qu’ « …à Montréal, nous avons des festivals, des artistes, des entreprises de calibre mondial, pourquoi pas des infrastructures ? C’est la question de fond. Notre objectif est de construire et de gérer une infrastructure d’envergure et de calibre mondial. »

Or, il s’avère que deux projets identiques à Toronto et Vancouver éprouvent des difficultés d’achalandage majeurs, certains observateurs qualifiant même le train de Toronto de « fiasco ». Pourtant, ces deux villes canadiennes n’ont rien à envier à Montréal en ce qui a trait au nombre d’habitants.

À mon sens, la véritable question réside dans la pertinence d’un train électrique à Montréal nécessitant un investissement majeur de 5,5 milliards $, dont 3 milliards $ à même le « bas de laine des Québécois ». La Métropole a-t-elle véritablement besoin d’une telle infrastructure « d’envergure et de calibre mondial » ? La CDPQ n’est-elle pas en train de construire le nid nécessaire à la relance de Bombardier ? Quels sont les premiers véritables instigateurs de ce projet ?

Des questions qui, à mes yeux, nécessitent des réponses crédibles dans un contexte économique qui a rendu les investisseurs « frileux » au cours des deux dernières années d’austérité que nous a imposées le gouvernement Couillard… Un projet qui présente une image façonnée « pour la galerie » à partir duquel Michael Sabia tente de nous faire miroiter un impact économique pourtant fort incertain !

quebechebdo 23 avril 2016