L’avortement de l’indépendance

8 août 2011

Pour vous illustrer à quel point ma perception à changé depuis mes premiers articles écrits sur cette tribune faisant mention, entre autres, qu’il fallait remettre à la une le rêve de René Lévesque, je vous propose le fruit de cette réflexion qui émerge de mon cheminement depuis environ sept mois, soit depuis la période où j’ai commencé à écrire sur la tribune libre de Vigile.

Je n’ai pas à reprendre ici l’historique qui a conduit à la création du Parti québécois…cela a été fait à maintes occasions sur cette tribune…pas plus que les grands courants d’affirmations nationales qui l’ont précédé, que ce soit l’Union nationale de Duplessis, l’égalité ou indépendance de Daniel Johnson, père, le maître chez nous de Jean Lesage ou la souveraineté-association de René Lévesque. Et, soit dit en passant, ces courants représentent, sans aucun doute dans mon esprit, des temps forts dans la prise en charge de notre destin politique.

Toutefois, force nous est de constater que les résultats obtenus, après plus d’un demi-siècle, nous ramènent imperturbablement à la case départ, soit celui d’un statut de province embourbé dans un fédéralisme sclérosant. À partir de ce constat, je crois qu’il est légitime de se demander ce qui nous a conduits à un tel cul de sac. À mon sens, la création même du PQ, issue de la coalition du MSA, du RN et, plus tard, malheureusement selon moi, du RIN, a contribué à l’avortement du mouvement indépendantiste.

À partir du moment où sont apparus, dans le décor politique, des spectres, tels que l’étapisme, l’affirmation nationale, le beau risque, les conditions gagnantes et, tout récemment, la gouvernance souverainiste, le cri du cœur de Pierre Bourgault, soit l’indépendance nationale, a été relégué aux oubliettes au profit d’une souveraineté qui devait se mériter à coup de requêtes auprès du fédéral jusqu’à ce qu’un jour…les conditions gagnantes puissent être favorables !

Dès lors, l’indépendance du Québec s’est estompée derrière un écran de fumée opaque et stagnant qui a eu pour effet d’en oublier sa propre existence et sa légitime raison d’être ! Devant ce constat, nous avons le devoir de dissiper cette masse nébuleuse et de faire réapparaître la lumière au bout du tunnel…de remettre à la une le rêve de Pierre Bourgault et de faire de ce Québec un pays indépendant !

Quoiqu’il faille reconnaître l’apport des générations politiques qui ont précédé, j’ai toujours détesté la politique de l’autruche qui refuse de reconnaître ses erreurs. En ce sens, il est plus que temps que les leaders indépendantistes réparent ces écarts de conduite et ramènent le discours politique sur l’indépendance du Québec !

vigile.net tribune libre 7 août 2011

Remonter le courant

8 août 2011

J’éprouve toujours beaucoup de plaisir et d’intérêt à lire les réflexions transcrites en haut de la page d’accueil du site de Vigile. Dernièrement, celle signée par W.C. Fields, a particulièrement attiré mon attention :

« Souviens-toi qu’un poisson mort peut flotter en suivant le courant, mais seul un poisson vivant peut nager en le remontant. »

Je ne sais pas si ce sont les chauds rayons de soleil de l’été qui me donnent des hallucinations, mais j’ai l’impression que les textes des dernières semaines parus sur cette tribune présentent des arguments positifs et constructifs autour de notre combat vers l’indépendance, bref, que les poissons morts sont de moins en mois nombreux à flotter en suivant le courant, alors que les poissons vivants le sont beaucoup plus à nager en le remontant !

En des termes plus concrets, il me semble que les récents articles sont davantage axés sur la recherche de solutions pour rapprocher nos visions qui, bien sûr sont souvent différentes quant aux moyens pour y parvenir, mais qui se rejoignent quant au but recherché.

En ce sens, il m’apparaît que notre cause profite de lacs poissonneux et vigoureux qui permettront à la synergie des idées de remonter le courant et d’éviter les écueils des confrontations stériles qui, trop souvent, contribuent à créer un climat malsain qui incite à se contenter de suivre le courant, compte tenu du choc provoqué par ces heurts destructeurs !

En fait, si j’associe cette pensée de Fields à l’effervescence qui gravite autour des débats qui nous animent sur cette tribune et à la qualité des argumentaires qui s’en dégagent, particulièrement au cours des dernières semaines, je crois que nous vivons un été fertile en idées constructives qui nous permettront de remonter le courant grâce à une plus grande convergence de nos efforts !

En terminant, je vous laisse sur cette pensée de Balzac qui, à mon sens, rejoint bien le contenu du message de W. C. Fields :

« L’homme meurt une première fois le jour où il perd son enthousiasme »…et je ne crois pas que l’auteur m’en voudrait si je substituais « l’homme » par « un peuple » !

vigile.net tribune libre 7 août 2011

 

De l’attentisme à l’acte

5 août 2011

Dans sa série d’articles sur la gouvernance souverainiste parus sur la tribune libre de Vigile, Pierre Cloutier a démontré de façon convaincante l’utopie d’une stratégie sclérosante eu égard à l’accession à l’indépendance du Québec. Rhéal Mathieu, quant à lui, à travers son article publié sur cette même tribune en date du 4 août, sous le titre "Le destin de la nation est en jeu", explique comment, à partir d’extraits d’un article de Félix Pinel, paru en 2007, sous le titre "De la stratégie d’État", la gouvernance souverainiste, "digne" héritière de l’étapisme, contribue à maintenir le Québec sous le joug du fédéralisme canadien.

Et, pour illustrer cette peur viscérale, inhérente à la démarche étapiste, dont je faisais allusion dans deux de mes récents articles sur cette tribune, M. Pinel s’exprime en ces termes :

"Comment démontrer au peuple la nécessité de réaliser l’indépendance alors qu’on s’efforce à bien gouverner au sein d’un système contre lequel on est supposé s’opposer. Deuxièmement, pour vaincre la peur, il faut rationaliser les craintes et apporter des solutions, non pas se défiler et cacher son option. Quand un enfant à peur de faire du vélo, on ne combat pas ses craintes en rangeant l’engin dans le cabanon jusqu’au printemps suivant."

Mais, par-dessus tout, le grand avantage de l’article de M. Pinel réside dans le fait qu’il dépasse le simple constat de la stagnation imprégnée dans l’étapisme et la gouvernance souverainiste, en proposant une piste de solution évolutive qui se définit dans une stratégie d’État qu’il identifie le "Modèle Johnson-De Gaulle" :

"Le Modèle Johnson-De Gaulle illustre quant à lui l’action d’un gouvernement qui emprunte une réelle stratégie d’État. Le gouvernement élu pour réaliser l’indépendance utilise alors tous les moyens que lui confère l’État pour accentuer son pouvoir et développer son effectivité. L’État devient ainsi son propre levier de développement. Il légifère, crée des institutions, mène une lutte politique sans merci avec l’autre État afin de le rendre inopérant sur son territoire national.

C’est par une série d’Actes d’État que le Québec pourra conquérir les pouvoirs qui lui font défaut. Dans cette optique, un gouvernement indépendantiste ne concentre pas son action à gérer une province en attendant les conditions favorables pour gagner un référendum. Il agit. Il agit selon l’intérêt national et celui du peuple. Il pose tous les gestes nécessaires afin que l’État acquière tous les pouvoirs indispensables à la réalisation de sa mission, tous les pouvoirs normalement dévolus à un État indépendant."

En termes clairs, M. Pinel incite les leaders indépendantistes à sortir le vélo du cabanon et à avoir le courage de vaincre leur peur en le maîtrisant, en nous invitant à les suivre sur la route de l’indépendance et en parcourant ensemble la distance qui nous sépare de notre destination !

En fait, une autre question qui pourrait s’ajouter à celles que j’adressais à Jean-Martin Aussant dans mon dernier article sur Vigile: "Êtes-vous prêt à monter sur le vélo, M. Aussant ?"

vigile.net tribune libre 5 août 2011



Questions à Jean-Martin Aussant

4 août 2011

Monsieur Aussant,

Il est maintenant connu que vous êtes actuellement en processus de réflexion quant à la création d’un nouveau parti indépendantiste. Compte tenu du sur place dans lequel le PQ nous a enlisés depuis des décennies, je ne peux vous blâmer d’avoir une telle intention.

Toutefois, à la lumière des informations dont je dispose pour juger des convictions politiques qui vous animent pour appuyer votre démarche, je me dois, en tant que citoyen ordinaire, indépendantiste depuis la création du PQ, de vous poser quelques questions, en vrac, pour m’éclairer sur Jean-Martin Aussant, le politicien indépendantiste :

- Que répondez-vous aux inquiétudes de certaines personnes concernant votre mince expérience en politique ?

- Considérant le climat politique actuel envers la cause indépendantiste, comment comptez-vous rallier les options diverses qui sont sur la table ?

- Comment réagissez-vous à l’assertion selon laquelle la création d’un nouveau parti indépendantiste risque de diviser le vote et, conséquemment, de nuire à la cause ?

- Concernant votre proposition d’impliquer davantage la relève dans le discours indépendantiste, quelle est votre stratégie pour y parvenir ?

- Pourquoi privilégier la création d’un nouveau parti au lieu de procéder à la mise sur pied d’une coalition nationale ?

- Avez-vous la ferme intention de remettre à la une l’indépendance du Québec et, par le fait même, d’en faire votre cheval de bataille ? Si oui, comment ?

- Où en sont vos discussions avec les députés démissionnaires ? Jugez-vous opportun de leur lancer une invitation à se joindre à vous dans votre processus de réflexion ?

- Considérant votre aversion pour le cynisme qui gruge la crédibilité des politiciens, comment comptez-vous y remédier ?

- Croyez-vous en l’importance d’impliquer les vieux routiers de l’indépendance dans votre réflexion ? Si oui, lesquels ? Sinon, pourquoi ?

- Quelles sont, selon vous, les qualités essentielles qu’un leader politique doit posséder ?

- Enfin, si vous aviez à convaincre l’électorat québécois des bienfaits de l’indépendance, quels seraient vos arguments 

Croyez, M. Aussant, en la sincérité qui m’anime dans les questions que je vous adresse tout en espérant que vous daignerez bien y répondre avec la même sincérité !

vigile.net tribune libre 4 août 2011
quebechebdo 5 août 2011



Félix en tournée

3 août 2011

Pour souligner le 100ième anniversaire de la naissance de Félix Leclerc en 2014, sa fille Nathalie, directrice générale de l’Espace Félix-Leclerc, situé à Saint-Pierre-de-l’Île-d’Orléans, est à mettre sur pied une exposition itinérante dont l’objectif est d’abord de faire connaître aux jeunes du Québec son illustre père.

Lorsque Félix s’est éteint il y a 23 ans, Nathalie, alors âgée de 19 ans, craignait que le souvenir de son père ne soit oublié. Même si, avec les années, elle constate avec joie que l’œuvre de son père passe à travers le temps, elle souhaiterait que les écoles du Québec le fassent découvrir davantage aux jeunes…ne serait-ce que de leur faire la lecture de quelques textes de celui qui a été le premier chansonnier québécois à se produire en Europe !

En remettant « Félix en tournée » à l’occasion de cette exposition itinérante, peut-être que Nathalie arrivera à faire entrer enfin son père dans les enceintes des salles de classes de ce pays du Québec que Félix a tant chanté !

À titre d’exemple, je vous offre cette chanson, intitulée « Un soir de février » :

Un soir de février
En mille sept cent soixante
Il gelait à pierre fendre
Au fort Stadaconé
Les colons morfondus
De s’être tant battus
Ont fermé les battants
Des portes d’la rue Saint-Jean

Au diable les Habits rouges,
On finira la guerre demain
Les Anglais sont gelés durs
À l’Île-aux-Oeufs quequ’ part au loin
À soir on prend un verre de rouge,
On s’déclame du Voltaire
La bouche de nos canons
Dit non et a raison

C’était mal calculé
Les Anglais par milliers
Escaladent le cap
Et installent leur trappe
Les Français réveillés
En queue d’chemise dehors
Se sont fait massacrer
Le vent v’nait d’virer d’bord

En mille huit cent soixante
Nous ne sommes plus chez nous ici
Mais quand même, on tient l’coup
À coup d’berceau et d’génie
On nous a pris nos places,
Nos écoles, nos espaces
Le chien ronge son os, mordu,
Mordra le temps venu

Le temps venu est v’nu
Un soir de février
L’affaire était convenue
Pendant la partie d’hockey
Demain grasse matinée
Après demain dimanche
Deux journées de congé
Les Anglais font bombance

Nous étions six millions
À pas suivre la joute
À la télévision
Et personne sur les routes
Sur la pointe des pieds
On a fait comme eux autres
Pris possession des clés
Des ponts, des villes, de tout

Quand y s’sont réveillés
Cernés de tous côtés
En queue d’chemise aussi
Sous leur gros parapluie
Ils se sont inclinés
Coup d’état réussi
Même que l’Premier a dit
Baptiste, r’prends ton pays

L’épilogue de l’histoire,
C’est pas d’avoir perdu Québec
Qui a mis nos amis Anglais
En beau sifflette
Z’ont perdu la partie
La Coupe finale à Montréal
Mais gagné notre esprit
Depuis qu’ils parlent joual

vigile.net tribune libre 3 août 2011
quebechebdo 4 août 2011 (version abrégée)



Le hockey dans la peau…sans la violence

3 août 2011

Conçue par Pierre Boileau en collaboration avec le Festival d’été, l’exposition « Le hockey dans la peau » sera présentée à Espace 400ième  entre le 2 août et le 27 novembre 2011. Toutefois, à la demande de la Ligue nationale de hockey, les responsables de l’exposition ont dû retirer une partie de la présentation qui portait sur la violence, entre autres, sur les commotions cérébrales dans le hockey professionnel. Pourtant, vers la fin-décembre 2010, un total de 33 commotions cérébrales avaient déjà été déclarées par les thérapeutes des équipes de la LNH, soit le même nombre que la saison précédente, alors que de nouveaux règlements ont été ajoutés pour pénaliser plus sévèrement les auteurs des coups portés à la tête!

À titre d’argument pour justifier sa demande d’exclure la partie portant sur la violence, la LNH invoque « qu’elle n’est pas à l’aise avec ça! » Quant à moi, j’aurais été « plus à l’aise » avec une exposition qui montre le hockey sous toutes ces facettes, y compris la violence…tout au moins pour susciter le débat autour de cette bête noire du hockey qui doit être dénoncée haut et fort et réprimée à tout prix!

quebechebdo 3 août 2011

Les dessous d’un secret bien gardé

2 août 2011

L’effondrement sous le tunnel Ville-Marie soulève bien des questions, notamment au chapitre de la sécurité. La douzaine d’automobilistes qui venaient de franchir le tunnel au moment de la catastrophe s’en sont tirés à bon compte cette fois-ci. Toutefois, à la roulette russe, la chance n’est pas toujours au rendez-vous!

On n’a qu’à se rappeler les cinq morts et les six blessés graves causés par l’effondrement du viaduc de la Concorde en 2006, à la suite duquel le rapport de la commission Johnson, un an plus tard, proposait au ministère des Transports du Québec tout un train de mesures pour éviter de nouveaux effondrements, entre autres, d’augmenter le nombre d’inspecteurs.

Depuis lors, même si l’enveloppe budgétaire consacrée à la réfection des infrastructures a quintuplé, les ressources humaines nécessaires pour encadrer l’opération n’ont pas augmenté. En plus, 90% des inspections sont réalisées par des firmes privées qui se contentent souvent d’inspections visuelles.

Mais là où le bât blesse dangereusement, c’est que l’on vient d’apprendre que les rapports du MTQ signalaient déjà en 2008 le risque de chute de béton au tunnel Ville-Marie. Il semblerait que la règle officielle du ministère soit de garder le secret pour ne pas affoler la population! En réalité, j’ai plutôt l’impression que les jeux de coulisses engendrés par l’octroi de contrats au privé priment encore une fois sur la sécurité publique!

quebechebdo 2 août 2011
Le Soleil 6 août 2011 "Les dangers du secret" 

Un Québec français et ouvert

2 août 2011

À la suite de la lecture de l’article d’André Vincent paru sur la tribune libre de Vigile le 31 juillet sous le titre « Feeling, juste un feeling.. », je me suis demandé s’il était possible de concilier la défense et la promotion de notre langue maternelle avec l’émergence de la mondialisation à laquelle notre contexte géopolitique ne peut échapper.

Pour vous situer dans le contexte de cette réflexion, il m’apparaît essentiel de vous citer le passage de l’article de M. Vincent qui m’y a conduit: 

« Il y a quelque temps, j’ai parlé sur ce site d’un groupe de musiciens rencontré au Verre Bouteille, un bar sur Mont-Royal…En écoutant parler ces jeunes — Québécois de toutes les couleurs — beaux, intelligents, plutôt sympathiques, je me disais pourvu qu’ils chantent en français ces petits cons. Eh non ! ils chantaient en anglais… Pourquoi ces jeunes, Québécois des pieds à la racine des cheveux comme vous et moi, ne chantent pas ce qu’ils ont envie de dire dans leur langue maternelle qu’ils maîtrisent étonnamment bien, comme j’avais pu le constater ? Dans leur culture quotidienne, comme lorsqu’ils se parlent. Après tout, on n’exprime bien que ce que l’on connaît bien… non ? »

Dans son article, André Vincent réfère ensuite à une lettre publiée dans Le Devoir dans laquelle l’auteur, se disant indépendantiste, est toujours demeuré ouvert à toutes les cultures, y compris celle des anglophones, ce qui amène M. Vincent à y aller de cette affirmation :

« Pour revenir à mes jeunes musiciens, je sais maintenant que même s’ils chantent en anglais, ils n’en sont pas moins Québécois pour autant, et la plupart d’entre eux voteraient pour notre indépendance politique, j’en suis sûr. »

Si je rejoins le raisonnement d’André Vincent et que je le rattache au contenu de mes articles tournant autour de la peur et parus sur cette même tribune les 28 et 31 juillet, je suis porté à croire que nous aurions avantage à nous inspirer de la confiance de notre jeunesse envers l’accession à notre indépendance sans pour autant nous enfermer dans le carcan d’une francophonie fragile et vulnérable…en fin de compte, un beau sujet de réflexion qui pourrait nous aider à nous libérer d’une autre peur qui nous gruge depuis des décennies !

En terminant, je me dois d’apporter un bémol extrêmement important au contenu de mon argumentaire : en tant qu’ardent défenseur de notre langue maternelle continuellement en contact avec un continent anglophone, nous devons, d’une part, demeurer ouverts sur les autres langues, mais d’autre part, vigilants vis-à-vis la sauvegarde de nos racines francophones et profiter de toutes les occasions qui nous sont offertes pour les faire connaître à notre jeunesse!

vigile.net tribune libre 2 août 2011

Il rêvait d’être premier ministre!

1 août 2011

En s’attaquant sauvagement à des jeunes travaillistes réunis sur l’Île d’Utoya pour participer au camp d’été du parti, le tueur fou, Anders Behring Breivik, a tué dans l’œuf des jeunes qui aspiraient devenir les leaders de demain!

Parmi eux, se trouvait Anders Kristiansen, un garçon de 18 ans qui rêvait d’être premier ministre depuis qu’il avait 5 ans, comme l’a raconté sa mère à un quotidien norvégien. Comme tous ses compagnons qui ont péri dans cette hécatombe sordide, Anders incarnait le sang neuf de la gauche norvégienne. Au moment où les premiers coups de feu retentissent sur Utoya, le jeune Kristiansen se rue sur les tentes du campement pour alerter ceux qui sont en train de se reposer. Un des rescapés racontera lui devoir la vie!

Ouvert sur le monde et soucieux des autres, Anders Kristiansen fait partie d’une longue liste de disparus derrière laquelle se dessine un antiportrait de Breivik, décrit comme un être glacial et hors du monde!

Face à un dénouement aussi tragique, nous demeurons impuissants et consternés pour toutes ces familles qui vivent un deuil aussi inattendu que cruel. Il ne reste plus qu’à espérer que les graines semées par ces jeunes victimes apportent leur semence de liberté, non seulement en Norvège, mais partout sur cette planète qui en a bien besoin!

quebechebdo 1er août 2011   

Le chant du cygne

1 août 2011

En parcourant la lecture du message adressé à Bernard Drainville par deux électeurs de son comté sur la tribune libre de Vigile en date du 31 juillet, j’ai eu l’impression d’assister à la mise en scène du chant du cygne. D’après la légende, un cygne muet, sentant venir sa mort, chanta pour la première fois une mélodie de la manière la plus merveilleuse qu’il soit. Au sens figuré, le terme est employé pour indiquer que l’on va prendre congé de personnes avec qui une période de temps a été partagée. Cette expression s’applique également aux personnages politiques dont on sent qu’ils veulent réaliser une dernière grande action avant la fin de leur carrière.

À mon sens, il ressort de ce texte un appel à la solidarité envers le programme du parti québécois et son chef qui sent la redondance, une litanie de vieux arguments qui n’évoquent rien de nouveau, entre autres, l’éternelle invitation à éviter les divisions qui ne feraient qu’affaiblir la cause… en fait, un air de chant du cygne qui ne contribue en rien au « bouillonnement salutaire » auquel je faisais allusion dans mon article paru sur cette tribune le 23 juillet !

À titre d’exemples, je crois opportun de vous citer quelques extraits de ce message :

« J’ai pris connaissance du programme du PQ. À l’exception de la gouvernance souverainiste, je le trouve très bien. En ce qui concerne la gouvernance, je n’aurais pas trop de problèmes non plus si le PQ nous l’expliquait…

M. Drainville, je sais que des gens remettent en question toute la démarche du PQ, d’autres souhaitent une coalition ou un nouveau parti indépendantiste et que sais-je encore. Toute maison divisée contre elle-même périra, c’est vieux comme le monde ça. Ce n’est pas le temps de se lancer dans toutes les directions, mais bien de resserrer les rangs…

En ce qui concerne tout le charabia sur la proportionnelle ou les patentes citoyennes, ce ne sont que des diversions qui vont affaiblir la démocratie sans valeur ajoutée. On discutera de ça une fois indépendant, avant, on perd notre temps bien loin de l’essentiel. Ces pratiques diluent le vote francophone et marginalisent encore davantage les régions… »

Et, pour ceux qui désirent en connaître davantage sur ce message de « prudence » adressé à Bernard Drainville, je vous invite à lire le texte intégral paru dans l’article de Robert Barberis-Gervais… demandez-vous si , à la place de Bernard Drainville, vous vous sentiriez animé du souffle nécessaire pour poursuivre le combat après la lecture de ce texte… en fait, tirez-en vos propres conclusions !

Enfin, si, comme moi, vous sortez de votre lecture avec l’impression d’avoir assisté au chant du cygne, vous comprendrez mon ressentiment ! Sinon, faites-moi signe !

vigile.net tribune libre 1 août 2011