Où s’en va le Bloc?

14 août 2011

Dans un article que je signais sur cette tribune en date du 12 mai 2011 sous le titre « Une déclaration d’intention prématurée », je déplorais la décision précipitée de Pierre Paquette de poser sa candidature à la succession de Gilles Duceppe le 11 mai, soit trois jours après la cuisante défaite du Bloc lors des élections fédérales du 2 mai. Aujourd’hui, nous apprenons que M. Paquette change de cap et se retire de la course, alléguant qu’il ne sent aucun appétit pour une course à la chefferie du Bloc québécois mais que les gens qu’il a consultés désirent plutôt amorcer une réflexion sur les causes qui ont conduit à la déconfiture du 2 mai.

De son côté, pour le chef intérimaire du Bloc, Louis Plamondon, la décision de Pierre Paquette ne modifie en rien la suite des événements en ce qui a trait à l’échéancier prévu par les instances du parti de tenir une campagne à la direction du Bloc dont les modalités seront décidées lors du conseil général le 17 septembre, date à laquelle sera déclenchée une course à la direction jusqu’au 11 décembre, jour où seront dévoilés les résultats du vote.

Par ailleurs, le député fédéral de Haute-Gaspésie-La Mitis-Matane-Matapédia, Jean-François Fortin, est présentement en tournée de consultation sur ses intentions avouées de se présenter à la succession de Gilles Duceppe. Ancien conseiller municipal et maire de Sainte-Flavie entre 2003 et 2009, le député de 38 ans entend instaurer une démocratie participative en étant à l’écoute des membres, prétextant le fait qu’on est toujours gagnant lorsque l’on reste branché sur la base.

Pour ce qui est de la création au Québec d’un mouvement indépendantiste hors des rangs péquistes, M. Fortin évoque, comme beaucoup d’autres intervenants, le danger de diviser le vote tout en souhaitant que les forces souverainistes travaillent ensemble pour développer une vision commune.

Considérant le rejet global du Bloc de la part de l’électorat québécois le 2 mai, j’incite MM Paquette, Plamondon, Fortin et tous les autres partisans bloquistes, y compris M. Duceppe, à ajouter dans leurs réflexions la possibilité de se joindre au mouvement indépendantiste naissant en se ralliant à la coalition nationale…puisque c’est ici au Québec que le débat doit se faire !

vigile.net tribune libre 14 août 2011



L’allumeur de réverbère

13 août 2011

Tel que mentionné dans un de mes récents articles publié sur la tribune libre de Vigile sous le titre  « Remonter le courant » en date du 7 août 2011, « …j’ai l’impression que les textes des dernières semaines parus sur cette tribune présentent des arguments positifs et constructifs autour de notre combat vers l’indépendance… »

Au chapitre XIV du Petit prince de St-Exupéry, le Petit prince rencontre l’allumeur de  réverbère…

« La cinquième planète était très curieuse. C'était la plus petite de toutes. Il y avait là juste assez de place pour loger un réverbère et un allumeur de réverbères. Le petit prince ne parvenait pas à s'expliquer à quoi pouvaient servir, quelque part dans le ciel, sur une planète sans maison, ni population, un réverbère et un allumeur de réverbères. Cependant il se dit en lui-même:

- Peut-être bien que cet homme est absurde. Cependant il est moins absurde que le roi, que le vaniteux, que le businessman et que le buveur. Au moins son travail a-t-il un sens. Quand il allume son réverbère, c'est comme s'il faisait naître une étoile de plus, ou une fleur. Quand il éteint son réverbère ça endort la fleur ou l'étoile. C'est une occupation très jolie. C'est véritablement utile puisque c'est joli.

Celui-là, se dit le petit prince, tandis qu'il poursuivait plus loin son voyage, celui-là serait méprisé par tous les autres, par le roi, par le vaniteux, par le buveur, par le businessman. Cependant c'est le seul qui ne me paraisse pas ridicule. C'est, peut-être, parce qu'il s'occupe d'autre chose que de soi-même. »

Dans cet extrait, une phrase en particulier retient mon attention : « Au moins son travail a-t-il un sens »…au moins, les efforts réalisés par les sympathisants de l’indépendance pour apporter des éléments positifs dans le débat « ont-ils un sens » puisqu’ils sont « véritablement utiles »!

Quant à ceux qui seraient tentés de « mépriser » sur cette tribune ou ailleurs ces « allumeurs de réverbères », je m’empresse de les inviter à s’occuper « d’autre chose que de soi-même », en d’autres termes, à se rendre utiles en adoptant le rôle d’allumeurs plutôt que celui d’éteignoirs s’ils ne veulent pas « paraître ridicules »!

Ainsi, Vigile deviendra de plus ce pour quoi il a été créé, un site éclairant qui est appelé à nous conduire vers notre indépendance en empruntant le chemin sur lequel le choc de nos idées contribuera à faire jaillir la lumière!

vigile.net tribune libre 13 août 2011    

L’autopsie du pourboire

12 août 2011

En lisant l’article de Jean Pascal Lavoie publié dans Le Soleil du 10 août sous le titre «Un sou, un seul!», j’ai eu l’impression que le pourboire au restaurant subissait une autopsie finement décortiquée au scalpel!

En fait, la question soulevée a trait au degré de satisfaction du service au table dans les restaurants en relation avec le pourboire à verser. Et, pour pallier cette difficulté, Denise Bisson, par l’entremise de son entreprise « Le remarquable », propose, dans ses conférences sur l’étiquette, une manière « bien claire » de signifier son insatisfaction : un seul sou de pourboire!

Mais, car il y a de « gros mais », précise Mme Bisson, il convient de distinguer la qualité des plats de celle du service, alléguant, à juste titre, que le serveur n’est pas responsable des attentes du client vis-à-vis la nourriture qu’il lui apporte de la cuisine du restaurant qu’il a choisi.

Autre « mais » non négligeable, toujours selon Mme Bisson, un serveur embourbé dans une affluence non-prévue ou non-assumée par le restaurateur n’a pas à être pénalisé par un surplus de travail pour lequel il n’a aucune responsabilité.

Finalement, si le service, sans raison apparente, est exécrable, en ce sens que le client poireaute à sa table depuis une vingtaine de minutes sans que le serveur ne soit venu lui présenter un verre d’eau ou lui offrir un apéritif, il devrait alors lui signifier son mécontentement « clairement » en lui laissant un sou de pourboire.

En réalité, il me semble que l’étiquette la plus élémentaire concernant le pourboire dans les restaurants devrait s’articuler autour du « gros bon sens » et qu’une remarque au serveur concernant votre impatience pourrait être entendu plus « clairement » et surtout recevoir un meilleur accueil que le versement d’un mesquin pourboire d’un sou! Qui sait, peut-être que d’autres « mais » sont cachés quelque part à votre insu!

quebechebdo 12 août 2011

Lettre ouverte à Louis Champagne

12 août 2011

Monsieur Champagne,

Mon billet sera concis et clair, je l’espère ! Dans votre dernier article publié sur la tribune libre de Vigile en date du 11 août sous le titre « Lettre ouverte à Luc Archambault », vous déclarez :

« Mais du radicalisme de Bernard Frappier aux circonvolutions de Luc Archambault en passant par les déconstructions du programme du Parti québécois de Pierre Cloutier, on a tout ce qu’il faut pour provoquer le désarroi et la désillusion de ceux et celles qui ont mis tant d’énergies comme militants de l’indépendance du Québec et qui sont démoralisés de constater combien nombreux sont ceux qui travaillent pour les adversaires de l’indépendance du Québec. Les seuls vainqueurs de ces débats seront nos adversaires, vainqueurs non pas en raison de leur valeur morale ou intellectuelle, mais plutôt à cause de nos stériles divisions. »

D’entrée de jeu, je considère tout à fait légitime que le webmestre de ce site, Bernard Frappier, prenne position pour la création d’un nouveau parti indépendantiste…c’est son droit de parole le plus légitime. Quant aux « circonvolutions » de Luc Archambault, je m’objecte carrément au substantif que vous attribuez à ce qui m’apparaît des pistes de réflexions et de solutions articulées autour de notre accession à notre indépendance. Enfin, ce que vous qualifiez de « déconstructions du programme du Parti québécois de Pierre Cloutier », aura eu le double mérite de nous ouvrir les horizons sur les dangereux méandres de la gouvernance souverainiste et surtout, de susciter un échange constructif qui vient de s’amorcer entre Robert Barberis-Gervais et M. Cloutier.

Je ne vois absolument pas, M. Champagne, de « stériles divisions » dans le fait que le débat actuel sur notre démarche vers l’indépendance diverge sur les moyens à prendre pour y parvenir. Au contraire, je crois plutôt que ces échanges favorisent l’évolution de la cause dans le respect des opinions diverses. À mon sens, ce sont plutôt les propos que vous tenez dans votre article qui risquent de créer de « stériles divisions » en accusant ceux qui tentent de favoriser un dialogue constructif par des attaques personnelles à leur endroit.

En conséquence, je vous invite, si vous désirez emboîter le pas dans des pistes de solutions susceptibles de faire avancer le débat, à le faire dès maintenant en proposant des idées constructives au lieu de jouer le rôle d’éteignoir dans le débat positif en cours !

vigile.net tribune libre 12 août 2011

Appel aux démissionnaires

11 août 2011

Dans une entrevue accordée à la Presse canadienne, la députée indépendante de Crémazie, Lisette Lapointe sort de l’ombre pour la première fois depuis sa démission du Parti québécois en juin dernier. Aux dires de Mme Lapointe , un « mouvement de fond » en faveur de la souveraineté se dessine au Québec. Dans sa déclaration, la députée évoque l’idée d’une assemblée constituante qui serait chargée de définir « par le menu, les contours du nouveau pays » et insiste sur le consensus qui se dégage sur l’importance d’unir les organisations indépendantistes et de confier aux citoyens la tâche de définir le pays. « Il faut que ça vienne de la population, de la base, et il faut qu’on sache ce que sera le pays », conclut-elle.

Au contraire de Jean-Martin Aussant, Mme Lapointe ne mentionne pas la création d’un nouveau parti comme piste de solution au rassemblement des forces indépendantistes, mais plutôt un « mouvement » qui ferait contrepoids à la Coalition pour l’avenir du Québec de François Legault en ramenant le débat national tout de suite.

Sur un autre terrain, le député indépendant de Nicolet-Yamaska, Jean-Martin Aussant, jongle avec l’idée de créer un nouveau parti indépendantiste. Quant à Pierre Curzi, il est en processus de consultation auprès de ses électeurs sur leurs perceptions et commentaires quant à l’avenir de l’indépendance au Québec. Enfin, Louise Beaudoin se montre pour l’instant silencieuse quant à l’avenir de sa carrière politique.

Voilà le topo ! Quatre têtes d’affiche, dont trois actives dans le processus de réflexion sur l’avenir du Québec, travaillent isolément, bâillonnant par le fait même toute forme de mise en commun de leurs réflexions qui aurait pourtant comme grand avantage de faire progresser la cause souverainiste !

C’est pourquoi, à mon sens, il est capital et urgent que les quatre mousquetaires se rencontrent pour mettre sur la table le fruit de leur démarche, pour tenter de s’entendre sur les étapes à venir et permettre au débat de s’aligner vers la meilleure stratégie à mettre de l’avant pour l’accession à l’indépendance du Québec.

***

Imaginons le scénario suivant… à la suite de la démission de Pauline Marois, Pierre Curzi réintègre les rangs et est nommé chef du Parti québécois. Parallèlement, Jean-Martin Aussant fonde son nouveau parti indépendantiste et en occupe la direction. Si je vous soumets cette hypothèse, c’est d’abord parce qu’elle est plausible, mais surtout parce qu’elle pose tout le problème du débat en cours entre la mise sur pied d’une coalition nationale des forces indépendantistes et la création d’un nouveau parti indépendantiste.

En effet, dans le scénario proposé, les deux têtes d’affiche actuelles susceptibles de mieux représenter le mouvement indépendantiste au Québec, à mon sens, soit Pierre Curzi et Jean-Martin Aussant, se retrouveraient à la direction de deux partis différents. Dans une telle éventualité, il est évident, qu’advenant la tenue d’élections générales au Québec, le vote indépendantiste serait divisé entre deux partis et par conséquent, dilué quant à la représentation des comtés à l’Assemblée nationale.

Et même si le scénario imaginé ne se réalisait pas avec les deux personnages politiques mentionnés, il faut quand même envisager qu’il demeure possible avec deux autres politiciens qui obtiennent déjà une certaine popularité. À cet effet, je vous rappelle deux questions que je posais à Jean-Martin Aussant dans mon article paru sur cette tribune le 4 août sous le titre « Questions à Jean-Martin Aussant » :

« Comment réagissez-vous à l’assertion selon laquelle la création d’un nouveau parti indépendantiste risque de diviser le vote et, conséquemment, de nuire à la cause ? »

« Pourquoi privilégier la création d’un nouveau parti au lieu de procéder à la mise sur pied d’une coalition nationale ? »

En ce qui a trait aux députés qui sont sortis des rangs péquistes, y compris Pierre Curzi, je posais la question suivante à M. Aussant :

« Où en sont vos discussions avec les députés démissionnaires ? Jugez-vous opportun de leur lancer une invitation à se joindre à vous dans votre processus de réflexion ? »

En ce qui me concerne, il m’apparaît essentiel qu’un dialogue sérieux s’amorce entre messieurs Aussant et Curzi s’ils désirent éviter les écueils d’une véritable et néfaste division du vote indépendantiste. À travailler isolément, ils empêchent la mise en commun de leurs réflexions qui ferait progresser la cause de l’indépendance !

vigile.net tribune libre 11 août 2011



La défonceuse de portes s’éteint

11 août 2011

Avec le décès d’Hughette Proulx, disparaît celle que l’on qualifiait à juste titre de « défonceuse de portes », sous plusieurs aspects, particulièrement pour son franc parler, notamment au chapitre de la sexualité. En effet, rappelons-nous qu’entre 1974 et 1985, dans son émission « Radio-Sexe » diffusée sur les ondes de CJMS, Mme Proulx a osé aborder sans détours les tabous qui entouraient la sexualité au Québec encore à cette époque. Dans la lignée d’Hughette Proulx, plusieurs émissions du même type ont d’ailleurs pris naissance autant à la radio qu’à la télé.

Mme Proulx a été la première à appeler les choses par leur nom en ce qui a trait à la sexualité qu’elle a ainsi contribué à sortir du tabou entretenu par le clergé qui n’a jamais tardé à lui reprocher à maintes occasions ses « écarts de conduite »!

Le décès d’Hughette Proulx marque la fin d’une époque d’ouverture sur la sexualité au Québec mais nous rappelle aussi le début d’un dialogue ouvert et constructif sur les dessous d’un mythe destructeur qui torturait les consciences des Québécois emprisonnées sous le joug d’une religion omniprésente.

Merci, Mme Proulx, pour avoir eu l’audace et le courage de pousser à fond vos convictions envers les besoins fondamentaux qui animent tout être humain, particulièrement le fait d’assumer sa sexualité à une époque où le simple mot « sexe » écorchait les oreilles !

quebechebdo 11 août 2011
Le Devoir 15 août 2011

 

Un projet ambitieux et méritoire

10 août 2011

Bien que l’intention avouée des membres du conseil municipal de Burlington, dans l’état du Vermont, soit d’attirer davantage de Québécois, en adoptant à l’unanimité, une résolution visant à faire la promotion du français dans les écoles, les restaurants et l’affichage, on doit y reconnaître un certain mérite en ce qui a trait à la promotion du français chez l’oncle Sam même si cette résolution ne comporte que des mesures incitatives.

Le responsable de la motion, le conseiller municipal Paul Decelles, désire reconnaître, par sa proposition, l’héritage historique francophone de la ville tout en soulignant sa reconnaissance envers les nombreux Québécois qui viennent visiter la ville de Burlington à chaque année à travers un accueil plus chaleureux dans leur langue.

À partir du moment où la résolution sera davantage connue, estime M. Decelles, l’effet d’entraînement permettra d’amener progressivement toute la communauté commerciale à accorder une plus grande place au français dans l’espoir que Burlington devienne petit à petit une ville bilingue…un projet ambitieux et méritoire!

quebechebdo 10 août 2011
Le Soleil 15 août 2011 "Ambitieux et méritoire"

Une leçon de clarté et d’ouverture

10 août 2011

J’ai beaucoup apprécié l’analyse de Nic Payne dans sa chronique du 9 août parue sur le site de Vigile, intitulée « Trêve de partisanerie », entre autres, la clarté des arguments que l’auteur utilise pour faire ressortir les effets pervers de la partisanerie à outrance :

« Derrière ces faits, une réalité toute simple : la partisanerie, le culte du Nous contre Eux, des bons souverainistes contre les méchants fédéralistes, tout cela peut avoir un certain sens dans la joute électorale, mais n’est d’aucune utilité, et peut nuire, même, à une bonne compréhension des enjeux politiques…Nous avons appris, depuis de nombreuses années, à canaliser nos efforts dans le travail partisan, à traduire nos espoirs indépendantistes en avidité électorale »

En clair, la partisanerie aura constitué, particulièrement depuis le référendum de 1995, la corde qui aura pendu le PQ dans le placard de la stagnation et de l’oubli de ses racines ! À force de concentrer leurs efforts sur l’obtention ou la conservation du pouvoir « provincial », les péquistes en sont venus à perdre de vue l’accession à l’indépendance !

Toutefois, le grand mérite de l’analyse de M. Payne consiste surtout, à mon sens, à ouvrir une voie à un discours constructif offrant des solutions concrètes pour se sortir de cette impasse partisane. Pour y parvenir, Nic Payne prône l’ouverture aux voix de la relève qui osent avec courage nous offrir de sortir des sentiers battus de la partisanerie sclérosante pour nous proposer d’élever le débat là où il doit se tenir, soit au niveau des moyens à prendre pour accéder à notre indépendance :

« Heureusement, une relève dynamique est en pleine gestation en ce moment. Sachons lui donner de l’oxygène. Ne lui ordonnons pas d’aller éteindre ses ambitions dans l’armoire péquiste…Si les indépendantistes ont, comme tout le monde, le droit de choisir leur voie politique, ils ont aujourd’hui le devoir d’explorer des options hors-PQ. À ce moment-ci, les avantages de courir sous une autre bannière abondent : cela permettrait, entre autres choses, de dépéquiser l’indépendance, c’est-à-dire, de la débarrasser des stigmates de nombreuses années de pouvoir provincial péquiste. »

Sans aller dans le sens d’une proposition concrète quant au canal à privilégier pour faire émerger les forces vives qui envahissent actuellement le climat politique au Québec, M. Payne pave la voie à une écoute attentive des avantages qui pourraient émaner de ce courant d’air frais :

« Les multiples retombées qu’on peut imaginer d’une démarche indépendantiste consistante en dehors du PQ, se résument à ceci : sortir l’indépendance du placard, et donner la chance à de nouvelles voix de se faire entendre, qui ne portent peut-être pas les peurs et l’usure de l’élite souverainiste actuelle. »

Enfin, l’auteur oppose avec justesse l’argumentaire de la division du vote à une « redistribution des forces » qui ne pourrait qu’être bénéfique dans le contexte d’une polarisation paralysante autour d’un PQ engourdi :

« Quant à la fameuse division du vote que redoutent tant certains, elle est en marche depuis longtemps, et est venue d’en haut, des bonzes péquistes. L’heure est déjà à la redistribution des forces et si les indépendantistes ne veulent pas que les choses se réorganisent sans eux, ils ont tout à gagner en prenant la parole, et de l’espace, dès maintenant. »

Il est rafraîchissant d’entendre un discours qui ose soulever la poussière accumulée sous des années de gouvernance provinciale pour enfin voir apparaître le lustre sur la table qui n’attend que de nouvelles voix s’assoient autour d’elle pour prendre la parole et de l’espace !

vigile.net tribune libre 10 août 2011

Une école émerge du séisme

9 août 2011

En janvier 2010, Alexandra Duguay, une employée de l’ONU, est décédée à Port-au-Prince dans le séisme qui a frappé Haïti. Au moment de prendre sa décision de partir pour Haïti, la mère d’Alexandra, Marie-Dominique Bédard, n’était pas très enthousiasmée par le projet de sa fille. Néanmoins, pour pouvoir participer au rêve d’Alexandra, sa mère lui suggéra de s’impliquer dans une œuvre à laquelle elle pourrait participer, tout en demeurant au Québec.

Lors d’une visite à l’île à Vache à l’institution de sœur Flora, Alexandra a été bouleversée devant l’état délabré de la maternelle et les conditions désuètes dans lesquelles les professeurs travaillaient. À partir de ce moment-là, elle s’est donné comme mission de pallier ces écueils malsains à l’intérieur de l’orphelinat de sœur Flora et de permettre aux enfants qui le fréquentent de bénéficier d’un environnement plus propice à leur épanouissement.

Pour ce faire, Alexandra recueille plus de 1000$ par la tenue d’une vente aux enchères dans sa maison en Haïti. Le 31 décembre, elle organise un réveillon pour les enfants de l’orphelinat…dix jours plus tard, elle succombe dans le séisme!

Depuis lors, Marie-Dominique Bédard a décidé de mener à terme le projet de sa fille. C’est ainsi qu’elle a pu recueillir, avec l’aide de ses amis, la somme de 60 000$, laquelle contribuera à combler en partie les dépenses de 155 000$ nécessaires pour la construction de quatre nouvelles classes pour les élèves de maternelle de même que la rénovation des locaux de l’école primaire. Marc-André Franche, le conjoint d’Alexandra, a, pour sa part, conclu une entente avec une fondation locale pour combler la différence.

En se rendant en Haïti au début d’octobre 2011 pour remettre à sœur Flora les clés de «l’école Alexandra», Marie-Dominique Bédard aura donné un sens à la mort de sa fille en faisant émerger une école du séisme en souvenir d’Alexandra Duguay

quebechebdo 9 août 2011

 

 

La résignation face à l’acceptation

8 août 2011

Dans les minutes qui ont suivi le verdict de non-responsabilité criminelle envers Guy Turcotte, le père de ses deux enfants, Isabelle Gaston s’était montrée résignée tout en ajoutant que les adultes, en aucune circonstance, n’avaient le droit de vie ou de mort sur leurs enfants.

Quelques semaines plus tard, avouant que comme citoyenne, elle n’avait pas le choix de se plier au verdict des jurés, elle n’avait pas par ailleurs à l’accepter ni à ne pas le dénoncer. Et, pour ce faire, elle entend contester l’article 16 du code criminel qui porte sur la défense pour troubles mentaux, en particulier le trouble d’adaptation avec anxiété et humeur dépressive, celui dont souffrait Guy Turcotte au moment de la tragédie. Quoiqu’elle admette que son ex-conjoint souffrait d’une grande détresse pour avoir posé un geste aussi sordide, elle invoque par ailleurs qu’il aurait dû mettre en sécurité ses enfants et s’empresser d’aller chercher de l’aide. De plus, elle ajoute qu’en tant qu’urgentologue côtoyant souvent des personnes atteintes de troubles mentaux, elle se montre en désaccord avec le portrait de Guy Turcotte qu’ont dressé les psychiatres devant les jurés.

Quoique le mouvement de solidarité puisse avoir une certaine influence sur le rebondissement de Mme Gaston dans cette affaire très médiatisée, je demeure convaincu que, comme société, nous avons le devoir de pousser les tribunaux à faire toute la lumière dans cette cause qui vient toucher au cœur même de notre système judiciaire, soit une justice équitable pour « toutes » les parties impliquées dans l’acte d’accusation. Que la justice suive donc son cours!

quebechebdo 8 août 2011