La parole à Falardeau

3 octobre 2011

Les citations sont la preuve de la liberté d’expression à laquelle on a droit dans la limite où ce n’est pas un rédacteur en chef ou un boss qui contrôle nos écrits. Toutes les citations qui suivent ont été mentionnées par Pierre Falardeau et vues, lues ou entendues via certains médias :

« L’important n’est pas de bien ou mal parler mais de parler. »

« On va toujours trop loin pour les gens qui vont nulle part. »

« Une œuvre est à la fois politique, artistique, humaine et philosophique. Je fais des films pour que ça reste. Une fois qu’on sera indépendant, c’est un film qui peut servir au reste de l’humanité. »

« Si tu te couches, ils vont te piler dessus. Si tu restes debout et tu résistes, ils vont te haïr mais ils vont t’appeler ‘monsieur’ ».

« Je trouve inacceptable que les artistes soient coupés de cette lutte [la lutte pour la libération nationale de leur peuple]. Du coup, je déteste de nombreux cinéastes ou artistes qui refusent de prendre position. »

« Aujourd’hui, contrairement à ce qu’on pense, les artistes ne sont pas à l’avant-garde, ils sont à l’arrière-garde. Ils reculent. Aujourd’hui, la société québécoise est assise sur son cul et on a un cinéma assis sur son cul. »

« Des Elvis Gratton, y en a mur à mur au Québec…Aussitôt qui en a un qui meurt, y en a mille qui sont prêts à prendre sa place. »

« Pour les lâches, la liberté est toujours extrémiste. »

« Au-delà des lettres de Chevalier de Lorimier, il y a son combat. Et nous devons apprendre des leçons de l’histoire pour ne pas répéter les mêmes erreurs. »

« Comme si la lutte de la libération nationale n’était pas, en soi, un projet de société. Le bateau coule et des passagers veulent discuter de l’aménagement intérieur de la chaloupe. Ramons, câlice ! On discutera ensuite de la couleur de la casquette du capitaine ou de la forme des rames. L’indépendance n’est pas le paradis. Ce n’est pas la solution à tous nos problèmes. Mais il s’agit de choisir enfin. Ou le statut de nation annexée à jamais, ou la liberté. »

« Chaque film, chaque maison, chaque poème, chaque robe, chaque chanson que nous créons fait exister le Québec un peu plus chaque jour. Nos chefs d’œuvre, comme nos cochonneries. Parce que ce sont nos cochonneries. Le Québec existe dans nos rêves. Par nos rêves. Et le jour où nous cesserons de rêver, le pays mourra. »

« Je me bats pour la libération et l’indépendance de mon pays. »

« Un peuple esti, qui a demandé de voter pour la liberté, pis qui vote pour l’esclavage, je trouve ça effrayant ! »

« La lutte pour la libération de notre pays n’est pas une lutte constitutionnelle. C’est une question de vie ou de mort. Ou rester à jamais une minorité de braillards et mourir à petit feu comme à Sault-Sainte-Marie, ou devenir enfin un peuple libre et vivre debout. La lutte pour la liberté et l’indépendance n’appartient ni à un parti ni à une classe, mais à l’ensemble du peuple québécois. »

« Non mais écoutez, Jean Charest, c’est comme Elvis Gratton en blond, c’est exactement pareil ! »

« Non mais, un gars [Jean Charest] qui, à 13 ans, rêvait de devenir Premier ministre du Canada, faut que tu sois taré en quelque part ! Non mais toi, à 13 ans, tu rêvais de devenir police ou pompier ! Mais pas de devenir Premier ministre du Canada ! »

« Nous ne nous battons pas pour faire inscrire deux mots, genre « société distincte », sur un bout de papier. Nous nous battons pour la liberté et l’indépendance de notre pays. »

« Ou ben le peuple se lève pis on se donne un pays, on ben on s’écrase pis on reste une minorité. »

vigile.net tribune libre 3 octobre 2011

Commentaire:

"Pierre Falardeau tout comme Michel Chartrand sont des hommes qui nous manquent. Si vous avez bien remarqué, il n'y a plus de personnages colorés au Québec dans la jeune génération. Il n'y a plus de Falardeau, de Chartrand, de Gaston Miron, de Pierre Bourgault etc… On dirait que nous sommes tous devenus plus drabes. Dommage…"

Didier
vigile.net tribune libre 3 octobre 2011



Un cul-de-sac à coup sûr

2 octobre 2011

À partir du moment où les commentaires des analystes politiques mettent en parallèle le PQ-Marois et la CAQ comme hypothèses de choix pour l’électorat québécois, nous devons admettre que les horizons s’avèrent plutôt sombres au-dessus de la colline parlementaire de la Capitale nationale.

Avouons, qu’offrir l’alternative entre un parti qui continue de piétiner son option fondamentale au profit d’un possible grappillage de pouvoirs à Ottawa et une CAQ qui continue de caqueter dans la basse-cour des poules épouvantées qui risquent d’accoucher d’une coquille vide, n’a rien d’emballant.

Toutefois, face à ses aberrations, le mouvement indépendantiste doit, à mon sens, s’interroger sérieusement sur sa position d’arrière-banc dans les débats qui monopolisent la scène politique québécoise. Entre autres, comment se fait-il que les seuls moments où les souverainistes réussissent à occuper la une des médias, c’est pour parler des divisions qui grugent les forces indépendantistes ?

Une question qui, bien sûr, apporte de l’eau au moulin aux fédéralistes, mais qui est aussi porteuse d’un malaise à l’intérieur des troupes indépendantistes, un inconfort extrêmement néfaste pour l’évolution de notre cause. En fait, nous assistons à une polarisation des débats autour d’une percée possible de la girouette Legault et une déconfiture du PQ pendant que le mouvement indépendantiste ne fait que traîner de la patte dans la course et subir les doléances de ses dénigreurs.

Si nous souhaitons vraiment que l’indépendance du Québec devienne un sujet attrayant qui puisse alimenter les commentaires des analystes politiques, nous devons absolument regrouper nos énergies autour d’une coalition nationale… en réalité, mettre de côté nos petites susceptibilités sur la couleur des murs pour nous atteler à la construction de la maison. À cet effet, je crois que nous aurions avantage à lire attentivement les pistes de réflexions simples et réalistes proposées par Pierre Cloutier dans le projet qu’il a déposé sur la table de cette tribune.

En conclusion, si nous n’arrivons pas à remettre un discours souverainiste mobilisateur sur les rails, nous risquons de nous retrouver dans l’isoloir, le jour des prochaines élections, devant le choix entre le PQ-Marois et la CAQ de Legault… un choix qui conduira le Québec, encore une fois, dans un cul-de-sac à coup sûr ! Cessons nos guéguerres et rallions-nous autour d’un projet d’un pays si nous désirons faire avancer le pays du Québec !

vigile.net tribune libre 2 octobre 2011



Et si on les écoutait!

1 octobre 2011

C’est le 1er octobre 1991 que la journée internationale des aînés a été célébrée pour la première fois à l’échelle mondiale. En désignant une journée spéciale pour les personnes âgées, l'Assemblée générale de l’ONU reconnaissait leur contribution au développement et attirait l'attention sur le respect de certains droits fondamentaux, souvent oubliés, des personnes âgées, soit l’indépendance, la participation, l’épanouissement personnel et la dignité.

Une révolution démographique est en cours dans le monde. Aujourd'hui, le nombre de personnes âgées de 60 ans et plus est de quelque 600 millions ; ce chiffre doublera vers 2025 et atteindra deux milliards vers 2050.

Au Québec, nos aînés vivent de plus en plus vieux et leur nombre augmente rapidement. Malheureusement, l'immense richesse qu'ils représentent pour la société demeure toujours aussi sous estimée, en particulier, l’enrichissement que nous pouvons retirer de nos relations avec nos aînés.

Comme disait Vigneault, dans le premier couplet de sa chanson « Les gens de mon pays » :

«Les gens de mon pays
Ce sont gens de paroles
Et gens de causerie
Qui parlent pour s'entendre
Et parlent pour parler
Il faut les écouter…»

J’ai un jour écrit ce petit poème sur le triste sort réservé à nos personnes âgées :

Au temps lointain de leur enfance
Au temps jadis où tout petits
Les grands les couvaient dans leur nid
Les vieux ont cru en dame chance

Au temps de leur adolescence
Vint le temps de la turbulence
Ballottés tels des cerfs-volants
Les vieux ont rencontré les grands

À leur tour ils devinrent grands
À l’écart du monde des petits
Jusqu’au jour où devenus vieux
Ils redevinrent les enfants
D’un monde infiniment petit
Où les vieux ne sont que des vieux

Chaque ride de nos personnes âgées incarne un sillon révélateur d’expériences enrichissantes imprégné dans leur front. En cette journée qui leur est dédiée, peut-être aurions-nous avantage à nous asseoir auprès d’eux et à les écouter au lieu de les placarder dans des mouroirs!

quebechebdo 1er octobre 2011
vigile.net tribune libre 1er octobre 2011
cyberpresse.ca 4 octobre 2011 (version abrégée) 

L’écriture engendre la culture

30 septembre 2011

« Toute écriture est politique puisque toute écriture est une vision du monde. » Marie Darrieusseck

Il y a deux ans, soit le 30 septembre 2009, Caroline Moreno signait son 400ième article sur cette tribune sous le titre « Pourquoi écrire ? » En voici quelques extraits :

« J’ai commencé à écrire des textes à caractère politique en 2003, après être allée à la rencontre de ceux que je croyais être des députés indépendantistes, et qui se disaient à l’écoute de la population, dans le but de me faire entendre d’eux, afin de partager mes réflexions, mes idées. Je me suis vite rendue à l’évidence : la langue que j’employais leur était inconnue… J’ai alors pensé qu’ils comprendraient mieux mes mots si je les écrivais mais ils ne savent pas lire… J’ai continué à écrire. Écrire, c’est réfléchir. C’est ce qui nous force à aller plus loin et, pour certains, trop loin. Mais écrire pour que le Québec accède à sa liberté, ce n’est pas normal. C’est usant… J’aimerais pouvoir jouer l’autruche, mais elles ont des plumes. Je me sers donc de la mienne parfois avec colère, parfois avec tristesse et consternation, plus rarement dans la joie et l’espérance. La joie viendra avec le pays. »

Depuis lors, Mme Moreno a écrit 62 autres articles sur la tribune libre de Vigile… Il faut croire que l’autruche continue d’avoir des plumes et…grand bien nous fasse ! À l’exemple de Caroline Moreno, bon nombre de celles et de ceux qui écrivent sur cette tribune ont sans doute compris que l’écriture nous amène à « réfléchir et à aller plus loin ».

Pour ma part, j’ai appris, avec les années, que l’écriture, en plus d’apporter les avantages de la réflexion et du dépassement, représente le véhicule par excellence pour transmettre les valeurs que nous avons reçues des personnes que nous avons côtoyées tout au cours de notre vie. L’écriture engendre la culture d’un peuple. L’écriture nourrit les racines d’une nation. L’écriture assure la pérennité des valeurs entre les générations. L’écriture façonne l’histoire.

Dans le parcours des milliers de pages que j’ai écrites, particulièrement depuis que j’ai pris ma retraite de l’enseignement en 2003, j’ai légué, à travers plusieurs genres littéraires, les valeurs reçues de mes parents, éducateurs et amis. Depuis janvier 2011, je continue à le faire par le biais de Vigile et, même si parfois, moi aussi, je trouve l’exercice « usant », je persiste à croire qu’ensemble, nous tous qui croyons en l’accession possible du Québec à son statut de nation, nous parviendrons à atteindre notre but.

La tribune libre de Vigile représente un site privilégié où nous pouvons échanger rapidement nos réflexions écrites grâce à la technologie moderne. Nous nous devons de maintenir bien vivant ce lieu d’échanges unique, tout en gardant continuellement en mémoire que les écrits restent et que les paroles s’envolent.

vigile.net tribune libre 30 septembre 2011

Jusqu’à quand accepterons-nous…

29 septembre 2011

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que le talent de nos artistes et leur héritage culturel
Soient ensevelis sous les catacombes des radios poubelles ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que notre langue soit soumise aux aléas des écoles passerelles
Au gré d’une servilité et d’une insouciance sans pareil ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que l’immense opulence de nos terres en richesses naturelles
Soit dilapidée aux quatre vents dans un honteux cartel ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que notre jeunesse curieuse de savoir se rebelle
Contre notre stupide lâcheté à étouffer son éveil ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que nos ancêtres ayant creusé ce sol à pic et à pelle
Soient condamnés à l’ignorance de leur courage sans appel ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que nos tergiversations légendaires et perpétuelles
Aboutissent dans des antres où règne l’hésitation éternelle ?

Jusqu’à quand accepterons-nous
Que nos racines profondes se fragilisent à un point tel
Qu’elles parviennent à la vulnérabilité de radicelles ?

Enfin jusqu’à quand accepterons-nous
Que notre mère-patrie soit bradée par des vautours infidèles
Qui n’ont d’autres intérêts que les profits de leurs recels ?

vigile.net tribune libre 29 septembre 2011
quebechebdo 29 septembre 2011


 

La farce d’un maître patelin

28 septembre 2011

Le grand patron de l’Unité anti-collusion, Jacques Duchesneau, a suggéré la tenue d’une commission présidée par trois juges qui recueilleraient des témoignages à huis clos. Selon lui, un tel scénario n’exclut pas pour autant une enquête publique en bonne et due forme mais aurait l’avantage d’inciter des témoins réticents à se mettre à table à l’abri des médias.

Pourquoi pas ? Quelle idée lumineuse ! Les fripouilles, enfermées derrière des portes closes, vont tout à coup devenir de gentils garçons et vont cracher le morceau aux gentils juges qui, eux, vont s’empresser de divulguer les révélations des convertis lors d’une enquête publique subséquente ! Vous y croyez, vous ? Il ne faudrait pas prendre les magouilleurs pour des caves !

À moins de faire preuve de naïveté, ce dont je doute de la part d’un fin limier comme Jacques Duchesneau, la patron de l’UAC essaie de nous passer un sapin. En termes plus clairs, il désire gagner du temps pour son grand ami Jean Charest qui, pendant que nos « amis », aux dires de Duchesneau, se « mettront à table à l’abri des médias », en profitera probablement pour déclencher des élections sous le couvert d’une probité protégée par les travaux d’une commission d’enquête « sérieuse » présidée par trois juges.

Et, pour ajouter l’odieux à l’insolence, pendant que ces messieurs discutent « sérieusement » sur la pertinence de tenir une commission d’enquête à huis clos, nos fripouilles ont tout le loisir de faire le ménage dans leurs papiers et d’arriver « blancs comme neige » à la barre des témoins, après avoir camouflé des coûts de corruption de l’ordre de 4,5 milliards par année, ce qui représente 570$ par Québécois.

Mais là où le bât blesse outrageusement, c’est que la population du Québec, celle-là même qui continue de payer des taxes qui profitent à ces renégats, se voit prise en otage dans les filets d’un système corrompu qui l’extirpe de ses droits fondamentaux de justice et de redditions de comptes de la part de ses dirigeants auxquelles elle aurait droit par le biais d’une commission d’enquête publique.

En réalité, la suggestion de Jacques Duchesneau revêt toutes les apparences de la farce d’un maître patelin (1) en train d’enrober dans du velours un cadeau de grec !

(1) Adjectif : doucereux, hypocrite, enjôleur.

vigile.net tribune libre 28 septembre 2011

 

Une belle leçon de gratuité

28 septembre 2011

Un soir, pendant que Mireille prépare le souper, sa fille, Mélanie, arrive dans la cuisine et lui présente un morceau de papier. La mère s'essuie les mains et commence à lire :

« Pour avoir tondu le gazon, 20 $, pour le nettoyage de ma chambre, 20 $, pour avoir fait des courses pour toi, 20 $, pour avoir gardé mon petit frère, 20 $, pour avoir obtenu un bon bulletin, 20 $, pour avoir sorti les poubelles, 20 $, pour le nettoyage de la cour, 20 $…Total, 140$. »

Le regard pensif, Mireille regarde Mélanie droit dans les yeux, laissant entrevoir une foule de souvenirs remontant dans sa tête. Elle prend alors un crayon, tourne la feuille et se met à écrire au verso :

« Pour t'avoir porté neuf mois, c'est gratuit, pour toutes les nuits passées auprès de toi à prier, chanter et à te soigner, c'est gratuit, pour tout le temps et toutes les larmes dépensées pour toi depuis ta naissance, c'est gratuit, pour tous les conseils ,les connaissances transmises et le prix de tes études, c'est gratuit, pour tes jouets, ta nourriture, tes vêtements et même pour t'essuyer les larmes et te moucher, c'est gratuit. Ma fille, si tu fais l'addition, tu constateras que le prix de mon amour pour toi est gratuit. »

Après avoir lu attentivement le texte de Mireille, Mélanie laisse échapper deux larmes sur ses joues. Elle regarde tendrement sa mère et lui dit : « Maman, comme je t’aime ! » Puis, d’un geste décidé, elle prend le crayon et inscrit, en grosses lettres, sur sa facture, le mot PAYÉ.

quebechebdo 28 septembre 2011

Tout le monde veut aller au ciel…

28 septembre 2011

Dans toute cette saga qui entoure la collusion dans l’octroi de contrats alloués par le ministère des Transports, j’ai l’impression que les personnages qui jouent dans la pièce marchent continuellement sur des œufs.

D’un côté, le gouvernement qui tente tant bien que mal de noyer le poisson par le biais des enquêtes policières au détriment d’une enquête publique. De l’autre, le grand patron de l’unité anticollusion, Jacques Duchesneau, qui propose une solution bicéphale, soit la création d’une commission à huis clos suivie d'une commission d’enquête publique.

Pourtant, les conclusions du rapport Duchesneau sont claires : il existe vraiment un système établi de collusion et de corruption entre le gouvernement, certaines firmes de génie-conseil, certains entrepreneurs en construction et le crime organisé. Que faut-il de plus pour mettre sur pied immédiatement une commission d’enquête publique?

Devant la valse hésitation des décideurs autour de cette « patate chaude », je me suis rappelé les paroles de la chanson de Petula Clark, « tout le monde veut aller au ciel…oui mais personne ne veut mourir! »

quebechebdo 28 septembre 2011
Le Soleil 29 septembre 2011

Des citoyens au coeur des décisions

27 septembre 2011

Il y a 50 ans exactement, lors de son allocution d’investiture à titre de 35ième président des États-Unis le 20 janvier 1961, John Fitzgerald Kennedy, dans une phrase devenue célèbre, lançait un appel vibrant à la « participation citoyenne » des Américains :

« Ask not what the country can do for you, ask what you can do for your country ! »

Un demi-siècle plus tard, le Québec arrive à une croisée des chemins déterminante pour son avenir en tant que nation. À peu près à la même époque où Kennedy envoyait son message aux Américains, Daniel Johnson père et Jean Lesage ouvraient les portes de l’émancipation du Québec en lançant des slogans tels que « Égalité ou indépendance » et « Maîtres chez nous ».

Depuis quelque temps, une idée semble vouloir prendre racine chez nous, soit celle de la mise sur pied d’États généraux sur l’indépendance axés autour d’une consultation citoyenne élargie. J’estime que cette démarche doit être encouragée si nous désirons redonner la parole au peuple et lui donner l’occasion de « se demander ce qu’il peut faire pour son pays ».

Une telle consultation citoyenne aura l’avantage de mener à des échanges qui devraient nous conduire à des propositions concrètes quant aux moyens et à la meilleure stratégie à utiliser pour nous conduire à notre statut de pays.

Je ne prétends pas posséder l’expertise de Pierre Cloutier quant aux moyens concrets pour parvenir, dans les meilleurs délais, à notre indépendance. À cet effet, je me dois de remercier Pierre Cloutier pour tous ses articles enrichissants concernant des pistes de solutions tangibles pour parvenir à notre souveraineté.

Néanmoins, quoique ma proposition puisse paraître abstraite aux yeux de certains, je demeure convaincu que des États généraux sur l’indépendance faisant appel à une vaste consultation citoyenne, et par conséquent, à une participation citoyenne, saura apporter des pistes de réponses à la question de Pierre Cloutier dans son article paru sur cette tribune en date du 26 septembre sous le titre « Qu’avez-vous à proposer en vue des prochaines élections ? »

En termes clairs, laissons la parole aux citoyens, écoutons ce qu’ils ont à nous dire et allons au-delà de la consultation pour récolter les fruits d’une véritable participation citoyenne. Des citoyens actifs dans la marche du Québec vers son indépendance…des citoyens au coeur des décisions !

vigile.net tribune libre 27 septembre 2011
quebechebdo 29 septembre 2011 (version abrégée)



Une loi qui manque de crocs

26 septembre 2011

Le 19 janvier 2005, le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ) annonçait l'entrée en vigueur du règlement qui permettait l'inspection des lieux de garde, d'élevage et de vente de chiens et de chats. Ce mandat a été confié à ANIMA-Québec en décembre 2004. Ainsi, la section portant sur la sécurité et le bien-être animal de la Loi sur la protection sanitaire des animaux (Loi P-42) était désormais en vigueur.

Pourtant, à travers le Québec, des centaines de personnes, dont le seul motif se révèle être le profit, opèrent des usines à chiots qui sont, pour la plupart, des endroits insalubres où les chiens ne sont pas nourris à heures régulières et où plusieurs n'ont même pas accès à de l'eau.

Récemment, soit le 16 septembre 2011, plusieurs vétérinaires du MAPAQ, à la suite d’une inspection effectuée en collaboration avec ANIMA-Québec dans un chenil de Clarendon en Outaouais, ont procédé à la saisie de 527 chiens qui souffraient de sous-alimentation, de problèmes de peau et de difficultés respiratoires. La plus importante saisie d’animaux jamais menée au Québec!

Bien que la Loi P-42 ait pour but d’assurer la protection sanitaire des animaux, force nous est de constater que plusieurs propriétaires de chenils réussissent à la contourner à leur profit. Actuellement, le MAPAQ est en train de mettre sur pied un projet de règlement sur la sécurité et le bien-être des chats et des chiens.

Espérons que ces modifications ajouteront davantage de
« crocs » à la Loi, pour la plus grande protection de nos animaux domestiques!

quebechebdo 26 septembre 2011