L’école à rendement

22 octobre 2011

Lorsque Line Beauchamp est devenue ministre de l’Éducation, j’ai cru que nous pourrions enfin compter sur quelqu’un qui avait à cœur la réussite des élèves. Toutefois, j’étais loin de me douter que cette même «réussite» allait servir de critère pour financer les écoles.

C’est en effet ce que proposera, entre autres, la ministre de l’Éducation au congrès du Parti libéral en fin de semaine. À croire que Mme Beauchamp s’est laissé piquer par la mouche de la Coalition de François Legault qui favorise cette même approche dans sa plate-forme sur l’éducation et qui semble voguer vers la victoire avec le nouveau parti qu’il s’apprête à créer.

Une école n’est pas une manufacture de souliers où l’on peut évaluer le rendement des employés sur le chiffre d’affaires de l’entreprise…Une école est constituée d’êtres humains, soit des élèves, qui évoluent dans un monde diversifié et sur lequel elle ne peut exercer un plein contrôle.

J’espère ardemment que les militants libéraux vont rejeter une telle proposition qui reflète une philosophie complètement absurde basée sur l’école à rendement!

quebechebdo 22 octobre 2011 

Davie devra rester au port

21 octobre 2011

En se faisant damer le pion par Vancouver Ship yards pour l’octroi d’un contrat de 8 milliards $ pour la construction de sept navires non destinés au combat, dont un brise-glace polaire et des navires de soutien interarmés, le chantier maritime Davie de Lévis devra oublier l’embauche d’au moins 1500 travailleurs pour les 15 prochaines années.

Même si le carnet de commande de Davie Canada comprend trois navires de construction «offshore» à finir pour la firme norvégienne Cecon et deux nouveaux bateaux pour la Société des traversiers du Québec, et que des négociations sont en cours pour décrocher des contrats de l’ordre de 2 milliards $, le président du Syndicat des travailleurs du chantier naval de Lauzon, Paul-André Brulotte n’y voit qu’un prix de consolation qui risque de démoraliser les travailleurs encore inscrits sur la liste de réserve.

Considérant les efforts financiers investis pour que Davie Canada réponde à toutes les exigences pour décrocher un tel contrat, qu’il s’agisse de l’expertise en approvisionnement, en ingénierie, en gestion de projets, de sa capacité financière, de ses compétences et des équipements nécessaires, nous sommes en droit de nous demander si, encore une fois, le Québec ne se trouvait pas dans le champ de mire de Stephen Harper!

Une décision politique qui a pour effet de retarder le départ de Davie qui devra rester au port en attendant…

quebechebdo 21 octobre 2011 

La Maison de la littérature de Québec

21 octobre 2011

Le projet de la Maison de la littérature de Québec, dont l’ouverture officielle est prévue pour l’automne 2013, a franchi une étape importante par le dévoilement du récipiendaire du concours d’architecture remis à la jeune firme montréalaise Chevalier Morales pour la présentation de sa maquette de ce futur lieu de création et de diffusion littéraire québécoises.

La Maison de la littérature de Québec sera aménagée dans l’ancien temple Wesley, mieux connu sous le nom de Salle de l’Institut , située sur la place de l’Institut Canadien et de la Chaussée-des-écossais, à l’angle des rues Sainte-Angèle et Dauphine. Fermée depuis 1999, la salle de l’Institut a marqué l’histoire culturelle de Québec, notamment par la série « Les lundis de l’Institut » qui a accueilli de nombreux artistes de renom pendant près de soixante ans.

En plus des subventions des divers paliers de gouvernement totalisant 11,8M$, la Maison de la littérature a fait l’objet d’un engagement pris lors du sommet de Québec horizon culture, né d’une volonté commune des gens d’affaires, du milieu culturel et de la classe politique de faire de la culture un des moteurs du développement économique de la capitale nationale.

L’actuelle bibliothèque publique située au rez-de-chaussée sera déménagée à l’étage et intégrée au concept qui comprendra, entre autres, en plus d’une collection spécialisée en littérature québécoise, un bistro littéraire, des cabinets d’écriture, un studio de création, une résidence d’écrivains, un salon de lecture, un espace web et des bureaux pour les organismes littéraires.

La Maison de la littérature de Québec deviendra un lieu de rencontres privilégié entre les écrivains et le public où l’on pourra tenir des lancements, des spectacles littéraires, des rencontres d’auteurs, des colloques et des événements littéraires. Les jeunes de la relève littéraire soutenus par Première Ovation pourront y rencontrer leur mentor, obtenir du soutien et présenter au public le résultat de leur travail. De plus, elle sera le lieu tout désigné pour accueillir la programmation du festival « Québec en toutes lettres » présenté avec succès l’an dernier par l’Institut Canadien de Québec.

Comme le disait l’écrivain Gilles Pellerin en 2006 :

« Chacun aime Québec pour son incomparable beauté, mais sa beauté n’est pas fortuite : au-delà de son site exceptionnel, de sa façon de braver le nordet, comme une poupe dressée au-dessus du Saint-Laurent, Québec doit son charme à ce que, de ses origines à maintenant, ses habitants ont su lui ajouter : ses maisons, ses édifices publics, ses rues, ses escaliers, ses quais… C’est que la beauté de Québec a toujours sollicité les écrivains. Ils en ont fait l’âme de ce pays, le creuset de l’expression française du nord de l’Amérique. »

vigile.net tribune libre 21 octobre 2011
quebechebdo 22 octobre 2011 (version abrégée) "Un projet unique et novateur"

Oui à l’éthique…mais pour tous les élus!

20 octobre 2011

Par les temps qui courent sur la scène politique, personne ne mettra en doute la pertinence de l’initiative du gouvernement provincial d’offrir aux élus une séance de formation sur l’éthique.

Mais là où le bât blesse outrageusement, c’est que seuls les élus municipaux seront tenus d’assister à cette formation. À cet effet, j’appuie entièrement le maire de Saint-Joseph-de-Kamouraska, Sylvain Roy, qui a décidé de ne pas se présenter à cette formation.

En fait, pourquoi seuls les élus municipaux sont-ils contraints d’être présents et non pas les députés, ministres et premier ministre? Pour M. Sylvain, un élu est un élu, peu importe à quel niveau politique il évolue.

Si l’on considère que l’origine de cette formation à l’éthique émane des allégations de collusion et de corruption entre les divers paliers de gouvernements et certains entrepreneurs en construction et firmes de génie-conseil, il me semble que l’instigateur du projet, soit le gouvernement Charest, devrait prêcher par l’exemple et assister à cette formation.

Sinon, je me rallie à la décision de Sylvain Roy et j’encourage fortement les conseils municipaux à boycotter la loi 109, tout en proclamant haut et fort « Oui à l’éthique… mais pour tous les élus! »

quebechebdo 20 octobre 2011

La commission placebo

20 octobre 2011

En annonçant la création de sa commission d’enquête libérale le 19 octobre, Jean Charest vient de confirmer l’effet paravent de l’UPAC. En effet, il m’apparaît évident que la mise sur pied de l’unité permanente anti-corruption a été pensée et créée en vue de la créature qui nous a été présentée hier, une commission placebo qui vise l’effet psychologique sans apporter aucune solution aux problèmes détectés.

En excluant le pouvoir de contrainte des prérogatives des commissaires, contrairement à ce que prévoit la Loi sur les commissions d’enquête, tout en alléguant que les témoins risquent de se « blanchir » et de nuire aux enquêtes policières, Jean Charest, encore une fois, démontre son énorme talent dans la manipulation du sophisme.

En effet, n’eût-été de l’obligation de comparaître de plusieurs témoins sur qui pesaient de lourds soupçons lors de la commission Gomery , ces derniers ne se seraient sûrement pas précipités pour expliquer leur rôle dans le scandale des commandites et, par conséquent, ne se seraient jamais retrouvés derrière les barreaux.

En invoquant le fait que l’objectif premier de la dite commission est de faire la lumière sur une possible corruption systémique entre le monde de la construction et le financement des partis politiques, et ce, sans pouvoir de contrainte accordé aux commissaires, ces derniers sont voués à entendre des témoins floués par le supposé système sans la présence des présumés coupables…en réalité, les agressés sans les agresseurs. Et, pour ajouter le ridicule à la mesquinerie, les témoins qui désireront se présenter devant la commission Charbonneau n’auront aucune immunité !

Dans ces circonstances, j’ai nettement l’impression que nous assisterons à un défilé de bonnes et courageuses personnes qui accepteront de leur plein gré de se présenter à la barre des témoins devant la juge Charbonneau, munie d’un marteau de caoutchouc qui ne risque pas de faire beaucoup de bruit dans les annales judiciaires québécoises !

vigile.net tribune libre 20 octobre 2011
quebechebdo 20 octobre 2011 "Un marteau de caoutchouc dans la main de France Charbonneau"
cyberpresse.ca 20 octobre 2011 (Vos réactions à la mise sur pied de la commission Charbonneau) "Un marteau de caoutchouc"

Commentaire:

"Il est dommage que votre article ne paraisse pas dans la presse populaire. Il aurait aussi avantage à être lu publiquement sur les médias télévisuels connus. Il est clair, facile à lire et à comprendre pour la majorité des citoyens québécois. De plus, et c'est sa force, il a l'avantage de décrire avec exactitude ce que constitue la commission d'enquête du PLQ de John James
Charest."

Réjean Pelletier
vigile.net tribune libre 21 octobre 2011 

Si j’étais une femme!…

19 octobre 2011

À la lumière de commentaires disgracieux envers les femmes, entendus ou lus de la part de certains hommes au cours de ma vie, particulièrement depuis que j’ai atteint un certain âge, je me suis souvent demandé comment, l’homme que je suis, dans la peau d’une femme, réagirait…Et, j’ai choisi la voie de la poésie pour vous l’exprimer…

Moi si j’étais une femme
J’userais de mes charmes
Pour faire tomber tombeurs
Et ces rustres charmeurs

Moi si j’étais une femme
De pique je serais dame
De cœur je serais roi
Et l’as serait ma loi

Moi si j’étais un femme
Toutes les notes de la gamme
Je jouerais sans remords
Pour redresser les torts

Moi si j’étais une femme
Du feu de ma flamme
J’attiserais le tison
De ces hommes en bâillon

Moi si j’étais une femme
De ma tranchante lame
Je couperais les maillons
Des pernicieux affronts

Moi si j’étais une femme
Toute la force de mon âme
J’employerais sans pitié
Pour combattre vacuité

quebechebdo 19 octobre 2011 

Rendez-vous médical via la boîte vocale

19 octobre 2011

Une de mes amies est inscrite depuis plusieurs années au programme de dépistage du cancer du sein. Il y a environ six semaines, à l’occasion d’un examen annuel, son médecin a détecté des kystes, à la suite d’une mammographie. Le médecin lui a alors prescrit une échographie des seins bilatérale.

Mon amie a alors tenté d’obtenir un rendez-vous à l’hôpital mais jamais, elle n’a pu obtenir une conversation avec quiconque…elle est tombée plutôt sur une boîte vocale qui lui a indiqué les modalités à suivre pour faire parvenir la prescription de son médecin, soit par télécopieur.

Comme elle n’avait pas de nouvelles depuis six semaines, elle a décidé d’appeler son médecin pour lui demander d’intervenir dans le cheminement du dossier, mais ces efforts ont été vains.

Inquiète, elle s’est alors rendue à l’hôpital où elle avait fait parvenir son fax pour se faire dire que sa demande était rendue dans un autre centre hospitalier et que son dossier était traité normalement, suivant l’ordre des priorités.

En attendant, mon amie attend un appel d’"elle ne sait pas qui", d’"elle ne sait pas où", pour lui confirmer un rendez-vous "elle ne sait pas quand", pour un problème de santé dont "elle ne sait pas la gravité"!

quebechebdo 19 octobre 2011
cyberpresse.ca 21 octobre 2011 "Dans le brouillard"

 

Un « vieux » préjugé

18 octobre 2011

Je me souviens de l’impatience manifeste de mon père devant la lenteur des conducteurs d’automobiles qu’il appelait les « sunday drivers » à l’occasion de nos sorties dominicales en famille!

Aujourd’hui, avec le vieillissement de la population, les baby boomers prenant de l’âge envahissent de plus en plus les routes du Québec, si bien que les attitudes d’impatience à leur endroit risquent d’augmenter de plus en plus.

Si l’on ajoute à ce phénomène l’âgisme dont font preuve en particulier les jeunes conducteurs contre les personnes âgées au volant, nous assistons à un dénigrement de cette catégorie de conducteurs qui, en réalité, n’est peut-être pas fondé.

En effet, selon les statistiques, les conducteurs de 16 à 24 ans représentent 10% des détenteurs de permis de conduire et sont impliqués dans environ 25% des accidents avec dommages corporels, alors que les conducteurs de plus de 65 ans, quoique représentant 15% des détenteurs de permis, ne sont impliqués que dans 8% des accidents avec dommages corporels.

En réalité, selon le Dr Jamie Dow, médecin-conseil à la SAAQ, les personnes âgées, bénéficiant d’une longue expérience au volant, peuvent prévoir les situations à risques, faire preuve d’une bonne anticipation de ces situations et avoir de meilleures chances de les éviter que les conducteurs ayant peu d’expérience.

En conséquence, la perception de la société en général aurait peut-être avantage à ranger dans le placard ses préjugés contre les personnes âgées au volant et s’attaquer plutôt aux conducteurs pressés qui pestent contre ceux qui, bien souvent, ne font que respecter les règles de la sécurité routière!

quebechebdo 18 octobre 2011

La dégringolade du PQ se poursuit

18 octobre 2011

Malgré le taux d’insatisfaction le plus bas depuis 2007 par rapport au parti libéral sur les intentions de vote des Québécois si des élections avaient eu lieu il y a une semaine, soit 26%, le PQ n’arrive toujours pas à remonter la pente, mais au contraire, perd un point par rapport au mois précédent en récoltant 25%.

Pire encore, si François Legault confirme ses intentions de se lancer dans la course, le PQ tombe à 18%, loin derrière le futur parti de Legault à 36% et même des libéraux à 22%. Quant à savoir quelle la personnalité qui ferait le meilleur premier ministre, François Legault récolte 39%, Jean Charest, 24%, et Pauline Marois, 16%.

Une telle tendance pour la popularité envers la CAQ de Legault qui, à mon sens, incarne l’illusion d’un changement à couleur de retour vers le futur, une telle tendance envers la dégringolade persistante du PQ malgré les déboires du parti libéral, confirment que le PQ de Pauline Marois ne représente plus une solution acceptable ni le changement nécessaire souhaité par une proportion importante des Québécois.

En conséquence, il m’apparaît de plus en plus évident et urgent qu’une alternative de véritable changement, incarnée dans un projet de pays concret, soit proposée à l’électorat québécois pour connaître les véritables aspirations des Québécois, à savoir le statu quo ou le changement constitutionnel.

Vivement une coalition citoyenne des forces indépendantistes chapeautée par un parti politique prônant fermement en priorité l’indépendance du Québec !

vigile.net tribune libre 18 octobre 2011

« Speeds » aux effets pervers

17 octobre 2011

Après les désastres causés par l’utilisation de l’alcool au volant, les méthamphétamines apparaissent aujourd’hui comme le fléau dominant dans la cause d’accidents de la route, particulièrement chez les jeunes conducteurs.

En effet, selon les données du Centre de réadaptation en alcoolisme et toxicomanie de Chaudière-Apalaches, en 2006-2007, une personne sur quatre était traitée pour des problèmes de consommation de méthamphétamines alors qu’en 2010-2011, la proportion est passée à une personne sur trois, ce qui laisse supposer que de plus en plus de gens consomment de cette drogue dans la population en général.

La popularité de cette drogue, communément appelée « speed », tient au fait que ses consommateurs présentent très peu de symptômes, ce qui diminue les risques d’être interceptés par les policiers au volant de leur voiture. Or, seulement depuis 2009, la consommation de « speeds » a joué un rôle dans trois tragédies routières qui ont coûté la vie à un total de huit personnes en Beauce et dans Lotbinière.

Pour contrer les problèmes de consommation d’alcool au volant, des mesures de contrôle, telle l’invention de l’alcotest, ont été mises de l’avant. Peut-être qu’un jour, avec l’avancement de la science, réussira-t-on à prévenir ces accidents mortels causés par les effets pervers de l’utilisation des « speeds » en créant le « speedotest »! Pourquoi pas?

quebechebdo 17 octobre 2011