Faisons aussi confiance aux Québécois!

29 octobre 2011

À lire certains commentaires sur l’influence dont pourraient jouir certains magnats de la finance sur les médias, j’éprouve beaucoup de difficulté à admettre que l’ensemble de l’électorat québécois puisse faire preuve d’une telle naïveté et qu’il se laisse manipuler allègrement, à outrance et inconsciemment par ces requins de la haute finance.

D’autre part, je m’interroge aussi sur le fait que certains sondages puissent être qualifiés de supercheries puisque commandés par ces mêmes requins alors que d’autres provenant de sources censément plus objectives reçoivent la sanction royale.

Est-il possible d’admettre que, peu importe la question posée par les sondeurs, leur provenance et l’échantillonnage visé, toutes les personnes soumises au sondage ne soient pas influencées par quelque maléfice provenant d’une source roublarde ?

Quoique d’accord avec la prudence suggérée par les tenants de telles thèses, il m’apparaît que la panique dont ils font preuve démontre d’une démesure dont il faudrait se méfier, particulièrement quand il s’agit de l’influence que peuvent exercer ces empires financiers sur les intentions de vote des Québécois quant à leur avenir politique.

Je préfère d’emblée me fier au « gros bon sens » des Québécois plutôt que de succomber à une forme de paternalisme douillet qui risque de nous cantonner dans le carcan du petit peuple né pour un petit pain.

Quant aux empires financiers, il y aura toujours des personnes avisées pour nous mettre en garde contre eux et il est bien qu’il en soit ainsi…En attendant, faisons aussi confiance aux Québécois qui, depuis des siècles, ont su se retrousser les manches et faire face à leur destin malgré ces requins de la finance qui, de toute façon, sont là pour rester, envers et contre tous !

vigile.net tribune libre 29 octobre 2011
quebechebdo 29 octobre 2011



Sortir du cauchemar et retrouver le rêve

29 octobre 2011

Quand je jette un regard rétrospectif sur les chemins tortueux qu’a emprunté le mouvement indépendantiste québécois depuis sa création au milieu des années ’60, j’en arrive parfois à me demander si mon rêve n’est pas en train de se transformer en cauchemar.

Pire encore, lorsque je jette un regard lucide sur les origines de ce mouvement, si l’on fait exception du RIN de Bourgault qui s’affirmait résolument indépendantiste, je dois convenir que l’idée de la souveraineté-association de Lévesque, qui est devenue le leitmotiv du PQ, ne contenait nullement le souffle nécessaire pour nous conduire à notre statut de pays.

Considérant froidement ces faits historiques, sommes-nous en train de nous bercer dans l’illusion entretenue par l’utopie d’une indépendance qui n’existe que dans nos rêves ? Même les résultats serrés du référendum de ’95 démontrent-ils réellement que les Québécois ont failli se donner une nation, compte tenu que la question posée ne donnait pas le mandat clair de procéder unilatéralement à notre indépendance ?

« Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l’avenir du Québec et de l’entente du 12 juin ? »

La réponse à une question aussi alambiquée constitue-t-elle un critère solide pour affirmer que nous sommes devenus « bien près » d’accéder à notre indépendance ? Répondre oui à cette question correspond, à mon sens, à prendre ses rêves pour des réalités !

Selon moi, l’insatisfaction véhiculée actuellement par un bon nombre d’indépendantistes ne fait que révéler un réveil brutal causé par le cauchemar vicieux d’une souveraineté illusoire. En d’autres termes, les dissidents aux tergiversations incessantes des dirigeants du PQ se sont réveillés en transes et ont décidé de transformer leur cauchemar en rêve !

Et, pour réaliser leur rêve, les véritables indépendantistes lancent, de partout, des sonneries d’alarme ! Ils n’ont plus le goût de s’égarer dans les sentiers cauchemardesques de l’illusion ! Il n’en tient qu’à eux, maintenant, de rallier, dans une coalition nationale citoyenne, tous ceux qui veulent participer à leur rêve ! Il n’en tient qu’à nous, sympathisants et militants de la première heure, d’embarquer avec eux !

vigile.net tribune libre 29 octobre 2011

Un géant de la chanson québécoise

28 octobre 2011

À sa première apparition en quarante ans de carrière à la Maison de la chanson du théâtre Petit Champlain, située dans le Vieux-Québec, Richard Séguin, à travers ses histoires de vie, a su conquérir son public, le 26 octobre, dans son spectacle intitulé « De colères et d’espoir ».

À entendre ce géant de la chanson québécoise, ce poète patriote pousser à pleins poumons ses paroles qui viennent nous chercher jusque dans nos tripes, Séguin nous donne l’impression qu’il tient le cœur de sa patrie entre ses mains.

À preuve, cette « Lettre au PM », extraite de son dernier album « Appalaches », qui lance un cri du cœur contre les horreurs de la guerre contre lesquelles le citoyen demeure impuissant parce que « même en démocratie, vous n’voulez d’mon avis », crie le poète au PM.

« Je suis père de famille
Demain ma grande fille
Partira pour la guerre
Tristesse humanitaire

C’est une idéaliste
Et même une pacifiste
Dans son cœur tout se noue
Ses idées sont si floues

Vous dites qu’on est en guerre
Mais jamais sur cette terre
Même en démocratie
Vous n’voulez d’mon avis

Je n’aime pas les fusils
Les morts et les prières
Les tombes que l’on suit
En chantant la patrie

Nous ne sommes pas sur terre
Pour sauter sur des mines
Ces engins de l’enfer
Que fabriquent vos usines

Quand reviendra ma fille
Debout ou en civière
Faudra-t-il qu’on maquille
Nos peurs et nos colères

Je sais qu’il faut se taire
Stratégies de vos guerres
Mais le poids de ma peine
Il brûle dans mes veines

Je sais qu’il faut défendre
L’idée de liberté
Mais vous me faites entendre
Si peu de vérités

Vous jouez sur les mots
Et nous comptons les morts
Vous jouez sur les mots
L’illusion de l’espoir

Je suis père de famille
Demain ma grande fille
Partira pour la guerre
Tristesse humanitaire

C’est une idéaliste
Et même une pacifiste
Dans son cœur tout se noue
Ses idées sont si floues »

Comme Séguin l’a exprimé fort à propos en début de concert, « il ne faut pas confondre nostalgie et histoire » même si plusieurs de ses chansons nous touchent en plein cœur… Au sortir de la salle, nous sommes convaincus que Richard Séguin a choisi sans contredit de nous léguer l’histoire de notre nation en chanson, une nation qui sait « qu’il faut défendre l’idée de liberté » mais qui se retrouve sans cesse confrontée à des politiciens roublards qui font « entendre si peu de vérités ».

vigile.net tribune libre 28 octobre 2011
quebechebdo 28 octobre 2011

Le PQ…un parti moribond

27 octobre 2011

La machine à rumeurs de putsch à l’égard de Pauline Marois et de course à la chefferie du PQ est repartie. À mon sens, la chef du parti québécois y a contribué fortement en maintenant son plan de gouvernance souverainiste rétrograde et avilissant.

Toutefois, force nous est d’admettre que le PQ souffre depuis longtemps d’une aigreur, d’une amertume irritable liée à ses déceptions et ses échecs et vit une rancœur viscérale qui a atteint ses racines profondes, particulièrement depuis l’échec du référendum de 1995.

En plus d’être profondément aigri, le PQ n’a pas su adapter son discours à la nouvelle génération, il s’est laissé allé dans les méandres de la tergiversation et n’a pas su soigner ni entretenir son option fondamentale, à savoir la souveraineté du Québec. Le PQ s’est laissé contaminer par le pouvoir et, petit à petit, il s’est éloigné de sa base, de ses militants.

De porte-étendard de l’élan nationaliste qu’il avait su insuffler sur le Québec à sa création, le PQ est devenu un repaire de carriéristes pour qui la souveraineté de la nation québécoise passe loin derrière leurs intérêts personnels.

Les militants et les sympathisants du PQ, tels des immigrants dans leur propre pays, se cherchent des repères pour se reconnecter avec leurs origines, avec leurs racines qui s’assèchent dans un sol aride, faute de sève souverainiste pour les abreuver.

Face à cet état moribond, le PQ n’a guère d’autre choix que de procéder à une cure de rajeunissement…il doit absolument effectuer un retour aux sources en se ralliant aux forces indépendantistes émergentes au Québec et constituer un pôle d’attraction majeur qui saura mobiliser ceux et celles qui n’attendent que ce souffle de vie pour redonner à ce parti sa véritable raison d’être.

Toutefois, et c’est là mon opinion personnelle partagée par plusieurs, je crois que, pour arriver à réussir cette mobilisation, le PQ devra se donner un nouveau chef, doué d’un charisme rassembleur, imbu de la mission de remettre l’option souverainiste sur ses rails et de la promouvoir en priorité, peu importe les voix discordantes étapistes et à saveur de conditions gagnantes qui pourraient s’élever dans le parti.

À ces conditions, je me rallierai derrière ce parti…mais seulement à ces conditions !

vigile.net tribune libre 27 octobre 2011
cyberpresse.ca 27 octobre 2011 "Vos réactions à la crise au sein du Parti québécois"
quebechebdo 29 octobre 2011



Plus de personnes en prison et plus d’armes en circulation

27 octobre 2011

En agissant main dans la main avec le lobby des armes à feu et en voulant abolir le registre des armes à feu pour satisfaire sa base électorale d’extrême droite, le gouvernement conservateur balaie le fait que ce registre, très utile aux policiers, permet non seulement de mieux planifier les interventions des forces de l’ordre, mais aussi de prévenir des drames familiaux en facilitant la saisie des armes de personnes violentes.

Les conservateurs s’entêtent et déballent une cassette argumentaire qui ne convainc personne. Selon eux, l’enregistrement des armes est un processus coûteux, long et compliqué. Or, la procédure d’enregistrement est d’une grande simplicité :

-remplir le questionnaire qui demande de décrire l’arme selon les critères qui y sont déterminés;
-indiquer où les armes seront entreposées;
-faire valider la description par un vérificateur.

Cette démarche ne comporte aucun frais et le formulaire est très simple, mais surtout, l’enregistrement de l’arme est valide tant et aussi longtemps que le propriétaire conserve l’arme, sans besoin de renouvellement.

Contrairement à ce que prétend le gouvernement Harper, le registre permet de mieux contrôler les armes meurtrières, et ce, à des coûts raisonnables et sans constituer un obstacle aux activités légitimes des chasseurs et tireurs de compétition.

Au lieu d’abolir le registre, le gouvernement fédéral devrait plutôt le maintenir et, de ce fait, assurer la protection des citoyennes et des citoyens, notamment en matière d’entreposage et de marquage des armes à feu.

Plus de personnes en prison et plus d’armes en circulation, telle semble être la devise des conservateurs !

quebechebdo 27 octobre 2011
cyberpresse.ca 27 octobre 2011 "Vos réactions face à l'abolition du registre des armes à feu et à la destruction des données"

Rétablir le lien de confiance

26 octobre 2011

Le projet de loi 33, visant à éliminer le placement syndical dans l’industrie de la construction, soulève la colère de la FTQ et du Conseil provincial des métiers de la construction qui font valoir des problèmes de lien de confiance pour rejeter le projet de loi.

À mon avis, cet argument ne tient pas la route si l’on considère les coutumes arbitraires et discriminatoires érigées en système depuis des décennies dans l’embauche des travailleurs de la construction. En réalité, c’est justement parce que la confiance entre les employeurs et les employés est rabrouée qu’il faut mettre un terme à ce statu quo malsain.

Que l’on laisse à des matamores la latitude d’intimider des travailleurs sur les chantiers de construction en 2011 n’a plus sa place. Un ménage s’impose et, en ce sens, j’appuie la démarche de la ministre du Travail qui a décidé de remettre les pendules à l’heure.

En confiant le système de référence des travailleurs à la Commission de la construction du Québec (CCQ), les syndicats retrouveront le rôle premier qu’ils sont appelés à jouer, soit la défense des intérêts de leurs travailleurs, et contribueront de la sorte à rétablir le lien de confiance avec leurs syndiqués!

quebechebdo 26 octobre 2011
cyberpresse.ca 27 octobre 2011 "Vos réactions à la crise dans la construction"

 

Quelle bouffonnerie!

26 octobre 2011

Les Prix Woodrow-Wilson reconnaissent des chefs de file des secteurs de la politique, des affaires, des sciences, des arts, et autres secteurs, qui ont travaillé sans relâche pour améliorer la qualité de vie de ceux et celles qui les entourent, à l’image du président américain Woodrow Wilson. Depuis qu’ils ont été créés, il y a plus d’une dizaine d’années, les Prix ont été remis à des personnalités, dans de grandes villes d’Amérique du Nord et d’ailleurs dans le monde. Cette année, c’est avec enthousiasme que les membres du conseil d’administration du Wilson Center ont proposé d’accorder le prix pour service public à Jean Charest.

Le prix pour service public est remis à des personnes qui se sont distinguées dans l’exercice de leurs fonctions, dans la vie publique, et qui ont maintenu un engagement sincère à l’égard d’opinions éclairées et d’idées bien mûries. Les récipiendaires de ce prix partagent la conviction indubitable du Président Woodrow Wilson envers le débat public, l’art professoral et la diffusion du savoir, dans leur propre pays et ailleurs dans le monde. Plutôt que de sacrifier leurs politiques et leurs idées à l’opportunisme politique ou professionnel, ces dirigeants ont à cœur d’étudier le contexte historique et de mesurer les répercussions à long terme d’importantes questions de politique publique. Ils encouragent les échanges d’idées francs et ouverts, lesquels constituent la pierre d’assise d’une démocratie vivace.

En lisant ces critères d’attribution en relation avec la remise d’un tel prix à Jean Charest , le documentaire de Pierre Falardeau, intitulé « Le temps des bouffons », présenté en 1985, m’est immédiatement revenu en mémoire.

Nous nous retrouvons au Queen Elizabeth pour le banquet annuel du Beaver Club. À la table d’honneur, avec leur fausse barbe et leur chapeau en carton, les lieutenants gouverneurs des dix provinces, des hommes d’affaires, des juges, des rois nègres à peau blanche qui parlent bilingue.

Pendant que la voix du récitant, celle de Falardeau lui-même, assène des paroles acerbes sur la réalité de tous les points chauds du globe d’hier, d’aujourd’hui, de demain, sur la mort des illusions et la montée du veau d’or, la caméra fixe des visages anodins qui ne disent rien, sinon la satisfaction d’être bien lavés, bien pomponnés, bien blanchis.

Alors que les personnages sont prisonniers d’eux-mêmes, s’enfermant dans leurs évidences et leurs célébrations sans joie, Pierre Falardeau continue de les filmer. Il ne guette pas le regard allumé par l’alcool, le ventre qui s’étale, les joues rebondies ou la défaite du maquillage. Il continue simplement de prendre les visages dans leur banalité.

Et la voix de Falardeau de se faire entendre :

« Sont réunis ici ce soir, dans cette illustre enceinte, des personnalités dont le seul nom évoque assurément la grandeur et l’honorabilité puisque, en fait, à cette table ils sont tous honorables. En titre… Mais rassurez-vous, ce soir, exceptionnellement, ils redeviennent tous humains et les règles du protocole sont dès maintenant abolies…

Des bourgeois pleins de marde d’aujourd’hui déguisés en bourgeois pleins de marde d’ autrefois célèbrent le bon vieux temps. Le bon vieux temps, c’est la Conquête anglaise de 1760 ; par la force des armes, les marchands anglais s’emparent du commerce de la fourrure. Chaque année, les grands boss se réunissent pour fêter leur fortune. Ils mangent, ils boivent, ils chantent…

C’est ça, le Beaver Club au début. Deux cents ans plus tard, leurs descendants, devenus tout à fait respectables, font revivre cette fête par excellence de l’exploitation coloniale…Toute la gang des Canadiens français de service est là, costumée en rois nègres biculturels. Des anciens politiciens devenus hommes d’affaires. Des anciens hommes d’affaires devenus politiciens. Des futurs politiciens encore hommes d’affaires.

Toute la rapace est là : des boss pis des femmes de boss, des barons de la finance, des rois de la pizza congelée, des mafiosos de l’immobilier. Toute la gang des bienfaiteurs de l’humanité. Des charognes à qui on élève des monuments, des profiteurs qui passent pour des philanthropes, des pauvres types amis du régime déguisés en sénateurs séniles, des journalistes rampants habillés en éditorialistes serviles, des avocats véreux, costumés en juges à 100 000$ par année. Toute la gang est là : un beau ramassis d’insignifiants chromés, médaillés, cravatés, vulgaires et grossiers avec leurs costumes chics et leurs bijoux de luxe. Ils puent le parfum cher. Sont riches pis sont beaux, affreusement beaux avec leurs dents affreusement blanches pis leur peau affreusement rose. Et ils fêtent…

C’est toute l’histoire du Québec en raccourci. Toute la réalité du Québec en résumé : claire, nette pour une fois, comme grossie à la loupe. Ce soir, les maîtres fêtent le bon vieux temps. Ils fêtent l’âge d’or et le paradis perdu. Ils crient haut et fort, sans gêne, leur droit au profit, leur droit à l’exploitation, leur droit à la sueur des autres. Ils boivent à leurs succès. Ils chantent que tout va bien, que rien ne doit changer, que c’est pour toujours… toujours aux mêmes, toujours les mêmes…

Quelle boufonnerie ! »

vigil.net tribune libre 26 octobre 2011

Abroger le décret

25 octobre 2011

Selon Sylvain Lussier, avocat du gouvernement fédéral lors de la commission Gomery, comme le décret initial par lequel Jean Charest a institué la commission Charbonneau n’a pas été abrogé, un flou juridique important plane encore au-dessus des travaux de la commission.

Pour Me Lussier, soit que la juge Charbonneau opère en vertu du décret, et elle est par conséquent dans l’impossibilité de contraindre des témoins et de leur accorder l’immunité, soit que le gouvernement abroge le décret et ordonne la tenue d’une enquête en vertu de la Loi sur les commissions d’enquête.

Par conséquent, Me Lussier juge improbable le scénario selon lequel la juge Charbonneau amorcerait ses travaux en vertu du décret, pour les poursuivre en vertu de la Loi sur les commissions d’enquête, compte tenu qu’il n’y a jamais de procédures qui vont cohabiter l’une à côté de l’autre.

Par ailleurs, la juge à la retraite de la Cour d’appel, Louise Otis, se montre inquiète quant au fait que la juge Charbonneau doive s’adresser au gouvernement pour obtenir les outils nécessaires pour mener à bien son enquête sur l’industrie de la construction, la collusion, la corruption, et le financement occulte des partis politiques, alléguant qu’un juge de la Cour supérieure n’a rien à demander à personne, tout en rappelant l’importance de la séparation des pouvoirs entre le judiciaire et l’exécutif.

En réalité, en remettant entre les mains de France Charbonneau le fardeau de la preuve sur la pertinence d’user des prérogatives de la Loi sur les commissions d’enquête, Jean Charest se faufile encore une fois derrière les caméras pour mieux gérer ses magouilles d’antichambre.

En conclusion, il m’apparaît évident que la commission Charbonneau revêtira le statut de commission d’enquête publique le jour où le décret qui l’a créé sera abrogé et remplacé par une loi qui ordonne la tenue d’une enquête en vertu de la Loi sur les commissions d’enquête.

vigile.net tribune libre 25 octobre 2011

La noirceur au bout du tunnel

25 octobre 2011

Les suicides de Gilles Nadeau et de Jeannine Proteau survenus en août 2010 soulèvent à nouveau le profond désarroi des personnes âgées aux prises avec des maladies graves pour lesquelles elles manquent de ressources.

En conséquence, à la suite de la recommandation de Serge Daneault, médecin spécialisé en soins palliatifs et professeur à la faculté de médecine à l’Université de Montréal, je ne peux que revendiquer, sur le modèle de la DPJ, la création d’une direction de la protection de la vieillesse (DPV).

À mon sens, il est utopique de plaider l’argument que les personnes âgées se sentiraient « infantilisées » par la mise sur pied d’une telle instance, tel que l’invoque la ministre responsable des Aînés, Marguerite Blais, soutenant par ailleurs que les personnes vulnérables disposent, entre autres, du Protecteur du citoyen et de la Commission des droits de la personne. Naïve illusion de penser que les personnes âgées, devant une souffrance non-soulagée et placées sur un chemin sans issue, vont faire appel à ces deux organismes!

Il est tout à fait louable que les jeunes puissent bénéficier d’une DPJ…il serait tout aussi opportun que les aînés, qui ont contribué toute leur vie à l’essor de notre société, puissent disposer d’une DPV qui leur offrirait d’autres voies que « la noirceur au bout du tunnel! »

quebechebdo 25 octobre 2011

Quatre trente sous pour une piastre

24 octobre 2011

Si on se fie aux derniers sondages, les Québécois seraient prêts à changer un ancien chef du parti conservateur converti en chef du parti libéral du Québec pour un ancien ministre péquiste devenu co-fondateur d’une CAQ qui s’apprête à devenir un parti.

En réalité, si, comme le dit le proverbe, « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis », on doit admettre que ni Jean Charest ni François Legault ne sont des imbéciles. Toutefois, on doit aussi constater qu’ils ont tous les deux des talents certains pour mettre leur siège dans le sens de l’histoire et afficher des attitudes de girouettes carriéristes.

Néanmoins, que les intentions de vote des Québécois soient si volatiles dénote sans aucune doute un désabusement marqué envers les politiciens actuels qui se traduit par un désir de « changement » qui les conduira à troquer quatre trente sous pour une piastre…ou, si vous préférez, une girouette pour une autre !

Toutefois, à travers cette errance de l’électorat québécois, il est quand même décevant, voire symptomatique, que le PQ n’arrive pas à recueillir les fruits de ce mécontentement et de ce désabusement de la part des Québécois.

À mon sens, la réponse à ce phénomène réside dans le fait que le PQ actuel n’offre pas de solution alternative acceptable, capable de rallier les forces indépendantistes québécoises et, qu’en ce sens, il devient impératif qu’une coalition soit mise sur pied pour faire contrepoids à cette mouvance politique qui nous stagne continuellement dans un piétinement malsain.

vigile.net tribune libre 24 octobre 2011
quebechebdo 24 octobre 2011 (version abrégée)