La dérangeante

26 septembre 2011

Dans son article paru dans Le Devoir du 24 septembre sous le titre « Une commission ? », Denise Bombardier nous expose son point de vue sur la pertinence de créer une commission d’enquête publique sur la collusion et la corruption dans l’octroi des contrats au ministère des Transports.

D’entrée de jeu, je vous avoue que j’ai toujours eu une propension naturelle pour les gens qui affirment leurs convictions, pour autant, d’une part, que leur argumentaire soit solide et d’autre part, qu’ils apportent des éléments de solutions aux problèmes soulevés. Et, je dois l’admettre, Denise Bombardier fait partie de ceux-là.

Partant des exemples des commissions d’enquête Gomery et du scandale des commandites, Mme Bombardier lance cette question :

« Sommes-nous vraiment prêts à subir durant des mois, sans doute des années, le spectacle navrant et inévitablement télévisé de témoins multiples, escrocs ou honnêtes, sincères ou fourbes, qui vont nous raconter des histoires convergentes, divergentes, inventées, améliorées, atténuées devant des commissaires nommés par le gouvernement aux côtés d’avocats payés grassement pour protéger leurs clients en espérant connaître eux-mêmes leur heure de gloire ? »

Et, pour ajouter un peu de piquant à la sauce, elle ajoute :

« Interrogez des juges qui siègent depuis des décennies. Ils vous diront que ceux qui défilent devant eux en jurant sur la Bible ou sur leur honneur ont désormais tendance à se jouer de la vérité. Fini le temps où jurer, c’était sacré. Alors, qu’en sera-t-il de ces centaines de témoins, d’acteurs, de spécialistes liés au monde de la construction, des contrats gouvernementaux, du financement politique qui, la main sur le livre saint ou sur leur honneur tordu et chiffré, nous offriront leur version personnelle selon une morale indissociable trop souvent de leurs intérêts personnels ? »

Sa solution réside dans des enquêtes policières. En effet, poursuit-elle, « …le Québec compte d’excellents limiers, des enquêteurs au-dessus de tout soupçon, des policiers à la retraite, à l’expérience inestimable, des Eliott Ness sans peur, sans reproche et sans autre intérêt que le bien public. Des juges aussi, qui sont au-dessus des flatteries et de la notoriété qui, en les transformant en rock stars, affaiblissent leurs jugements. »

Bien que sensible aux arguments de Denise Bombardier, j’apporterai deux commentaires. Le premier concerne les deux commissions d’enquête qu’elle mentionne. Quoique les retombées de la commission Gomery soient pour l’instant fort discrètes, plusieurs recommandations du rapport Gomery feront partie des nouvelles règles concernant la nomination des juges. En ce qui a trait au scandale des commandites, il m’apparaît évident que les révélations qui y ont été faites ont conduit à la dégringolade du parti libéral fédéral.

Mon second commentaire, beaucoup plus important, concerne la pertinence de mettre sur pied une commission d’enquête publique sur la construction. Sur ce plan, quoiqu’en partie d’accord avec Denise Bombardier sur le fait que nous devons mettre à profit les talents de nos « excellents limiers et d’enquêteurs au-dessus de tout soupçon », il m’apparaît essentiel de créer cette commission d’enquête publique, appuyée par les enquêtes policières, tout au moins par respect pour la population qui est en droit de connaître la vérité !

vigile.net tribune libre 26 septembre 2011



Que justice soit faite!

25 septembre 2011

Les révélations troublantes du coroner Luc Malouin entourant le décès d’une adolescente de 15 ans, Rébecca Lévesque, le 13 février 2011, au Centre jeunesse de Chaudière-Appalaches, démontrent hors de tout doute que des actes de négligence professionnelle ayant causé la mort ont été commis par certains membres du personnel de l’établissement.

Toutefois, le bureau du coroner, par la voix de son porte-parole, Geneviève Guilbault, refuse d’ouvrir une enquête publique autour des circonstances de la mort de Rébecca Lévesque, alléguant que le coroner Malouin jette un éclairage suffisant sur les circonstances qui ont conduit au décès de l’adolescente. De son côté, le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, tient le même discours que Mme Guilbault.

En ce qui a trait à d’éventuelles poursuites au criminel concernant les employés du Centre jeunesse, aucun indice ne permet de croire jusqu’à maintenant qu’elles seront entamées. Finalement, la direction du Centre a fait savoir, dans un communiqué pour le moins laconique, qu’elle allait appliquer les recommandations du coroner Malouin.

Il ne reste à la défense, représentée par Me Jean-François Bertrand, que de déposer une poursuite au civil afin que le Centre jeunesse verse une compensation financière au père de Rébecca pour la mort de sa fille.

En dernière heure, nous apprenons que deux adolescentes qui se trouvaient en présence de Rébecca la veille de sa mort affirment que non seulement l’éducatrice responsable n’a pas pris l’initiative de conduire la jeune fille à l’hôpital mais qu’elle aurait même rejetée une demande formulée en ce sens par Rébecca.

Le décès tragique de Rébecca Lévesque ne doit pas rester impuni…il faut que justice soit faite!

quebechebdo 25 septembre 2011

 

Comme un concombre dans le vinaigre

25 septembre 2011

Le sculpteur québécois Armand Vaillancourt, le 16ième d’une famille de 17 enfants, est né le 3 septembre 1929 à Black Lake, près de Thetford Mines. En 1951, il déménage à Montréal où il amorce une carrière épique, atypique et polémique.

À compter de maintenant et ce, jusqu’au 18 décembre 2011, la Maison Hamel-Bruneau à Québec, présente une exposition regroupant certaines des œuvres d’Armand Vaillancourt, celui qui se qualifie de « sculpteur provocateur » en ces termes :

« Je suis un baveux, et les gouvernements, qu’ils soient péquistes ou libéraux, ne savent pas quoi faire avec moi, et c’est pourquoi je n’ai jamais eu de contrats avec ces puants ; ce n’est pas un hasard, on ne m’achète pas ! Je suis resté le même, un tigre en liberté, il n’y a pas d’âge pour ça. La vieillesse, ce n’est pas le temps d’avoir peur ! »

Sa sculpture « Québec libre », plus connue sous le nom de « Fontaine Vaillancourt » est une œuvre monumentale qu’Armand Vaillancourt réalisa en 1971 à San Francisco.

Cette œuvre représente bien le lien qu’effectue Vaillancourt entre ses convictions politiques et sociales et ses œuvres. Il s’agit en fait d’une énorme fontaine de béton, de 61 mètres de long, 43 mètres de large et 11 mètres de haut installée à l’Embarcadero plaza, en plein cœur du quartier financier de la ville.

La nuit précédant son inauguration, Vaillancourt y inscrivit un retentissant « Québec libre ! » en lettres rouges, signifiant son appui indéfectible à la liberté du peuple québécois et plus largement, son appui à l’émancipation de tous les peuples. Voyant, le lendemain, que les employés de la ville avaient effacé l’inscription, il sauta sur la sculpture et y réinscrivit plusieurs fois les mêmes mots.

Devant « Regard d’égout », un bas-relief en papier mâché moulé sur une grille d’égout, et un bronze qui arbore une évidente trace de pneu, le récipiendaire du prix Paul-Émile Borduas en 1993, la plus haute distinction en arts visuels décernée par le gouvernement du Québec, déclare :

« L’homme primitif demeure présent en moi. Je suis comme un concombre dans le vinaigre : même sorti de son bocal, il goûte le vinaigre ! »

vigile.net tribune libre 25 septembre 2011
quebechebdo 29 septembre 2011 (version abrégée)

Le plan de match

24 septembre 2011

À la lecture des témoignages d’ex-confrères de travail de Jacques Duchesneau publiés dans l’article d’Annie Morin paru dans Le Soleil du 24 septembre sous le titre « Jacques Duchesneau, un policier dans l’âme », on ne peut mettre en doute l’intégrité du Directeur de l’Unité anticollusion du ministère des Transports du Québec. Soit !

Toutefois, dans le même article, Laurent Lapierre, co-auteur avec Jacqueline Cardinal de la biographie intitulée « Jacques Duchesneau sur le qui-vive », ne cache pas l’intérêt médiatique que peut porter M. Duchesneau à la fuite de son rapport dévastateur sur la collusion dans l’octroi de contrats par le ministère des Transports pour des travaux routiers majeurs.

Quant au cinéaste André Melançon, qui a rencontré Jacques Duchesneau à l’occasion du tournage du film « Rafales », il affirme que la décision de M. Duchesneau de participer à l’émission « Tout le monde en parle » est dictée par « un plan de match » !

À mon sens, malgré tous ces commentaires fort élogieux et probablement mérités sur la carrière de Jacques Duchesneau, des questions demeurent en suspens. J’en retiens deux :

D’abord, comment se fait-il qu’un rapport aussi « confidentiel », contenant des révélations aussi accablantes sur un système de collusion entre des entrepreneurs en construction, certaines firmes de génie-conseil et le ministère des Transports, aient pu échapper à la surveillance d’une personnes aussi chevronnée que Jacques Duchesneau dans les enquêtes policières ?

Ensuite, pourquoi, après avoir été informé de cette « fuite » concernant son rapport, le directeur de l’UAC, décrit dans l’article du Soleil comme un homme d’une intégrité exemplaire, n’a-t-il pas déclenché une enquête pour connaître l’origine de la fuite et dénoncé les coupables ?

Selon moi, la réponse à ces questions se dégage implicitement dans les commentaires de Mm Lapierre et Melançon… D’une part, l’intérêt de Jacques Duchesneau pour le côté médiatique lié à la divulgation publique de son rapport et, d’autre part, son « plan de match » de s’adresser au public sur les ondes avant de le présenter en commission parlementaire.

Enfin, dans toute cette affaire, on est en droit de se demander si Jacques Duchesneau n’a pas un « plan de match » caché dans son jeu ! C’est à suivre…

vigile.net tribune libre 24 septembre 2011



Relents de colonisés

23 septembre 2011

La conclusion de l’article de Daniel Lévesque, paru sur cette tribune le 22 septembre sous le titre « Sortons de prison ! », m’a ramené à des relents de colonisés que nous portons tous, stigmatisés en nous depuis des siècles :

« Sortons de notre prison dorée collective, celle de nos peurs, de notre manque de confiance en nous-mêmes et en l’avenir. Cessons d’être nos propres geôliers. Cessons de croire bêtement que rien ne peut changer. Cessons d’être des esclaves qui parlent en mal de la liberté. »

Bien sûr, notre histoire nationale, à commencer par la conquête de 1760, peut expliquer, en partie, ce « manque de confiance en nous-mêmes et en l’avenir ». Toutefois, se pourrait-il que notre devise, « Je me souviens », ait pu contribué à nous maintenir dans cet état d’asservissement envers la couronne britannique et la confédération canadienne qui s’ensuivit ?

Pourtant, nous aurions pu aussi « nous souvenir » des pionniers canadiens-français qui ont façonné de leurs mains et à la sueur de leur front une nation française en Amérique du Nord au lieu de nous cantonner derrière les reliques de la conquête.

Alors, que s’est-il passé pour que nous persistions à être « des esclaves qui parlent en mal de liberté ? » Que faudrait-il faire pour que nous cessions « d’être nos propres geôliers…de croire bêtement que rien ne peut changer ? »

La réponse m’apparaît claire…La désillusion du référendum de 1995 est l’élément déclencheur du repli de l’électorat québécois vers l’option fédérale, d’autant plus que la création du Bloc allait nous assurer que nos intérêts seraient défendus à Ottawa.

Cependant, les tergiversations du PQ des dernières années par rapport à l’option indépendantiste, alliée à la déconfiture du Bloc le 2 mai au profit du NPD, un parti à tendance sociale-démocrate, n’empêchent pas les forces vives indépendantistes d’émerger de toutes parts sur la scène politique québécoise.

Conséquemment, il m’apparaît évident que les relents de colonisés attribués depuis des siècles au peuple québécois sont en train de s’estomper au profit d’un éveil nationaliste qui, bien qu’en quête de moyens pour lui permettre d’évoluer, annonce un avenir meilleur pour la cause indépendantiste.

vigile.net tribune libre 23 septembe 2011



Le fer de lance

22 septembre 2011

Parlant de la culture, Andrée Ferretti, dans son article publié sur cette tribune le 21 septembre sous le titre « Côteau rouge », conclut ainsi son billet :

« Au Québec, elle est plus que jamais le fer de lance de notre combat pour l’affirmation de notre existence distincte qui s’exprimera pleinement et irréversiblement dans un pays indépendant. »

Depuis des décennies, particulièrement depuis la deuxième moitié du 20ième siècle, c’est par légions que nos artistes ont porté le flambeau de notre fierté nationale. Les génies créateurs québécois sont réputés à travers le monde.

C’est pourquoi, à mon sens, il est essentiel que la culture joue un rôle de premier plan dans le discours politique.

Il est inconcevable que nous puissions envisager bâtir un pays sans le rattacher résolument au monde artistique, ce monde où l’imaginaire collectif prend toute son énergie. Dans le but de nous ressourcer aux racines qui nous abreuvent, je vous propose cette chanson de Claude Gauthier, écrite en 1972, sous le titre « Le plus beau voyage » :

J’ai refait le plus beau voyage
De mon enfance à aujourd’hui
Sans un adieu, sans un bagage
Sans un regret ou nostalgie

J’ai revu mes appartenances
Mes trente-trois ans et la vie
Et c’est de toutes mes partances
Le plus heureux flash de ma vie

Je suis de lacs et de rivières
Je suis de gibier, de poissons
Je suis de roche et de poussière
Je ne suis pas des grandes moissons

Je suis de sucre et d’eau d’érable
De Pater Noster, de Credo
Je suis de dix enfants à table
Je suis de janvier sous zéro

Je suis d’Amérique et de France
Je suis de chômage et d’exil
Je suis d’octobre et d’espérance
Je suis une race en péril

Je suis prévu pour l’an deux mille
Je suis notre libération
Comme des millions de gens fragiles
À des promesses d’élections

Je suis l’énergie qui s’empile
D’Ungava à Manicouagan
Je suis Québec mort ou vivant
Je suis Québec mort ou vivant

vigile.net tribune libre 22 septembre



Échange entre deux vieux amis

22 septembre 2011

Depuis un certain temps, déferle sur le Québec un vent de consultation citoyenne visant la contribution de la population aux différents débats sociaux et politiques qui ont cours depuis quelques années.

Dans le but d’alimenter cette réflexion, j’ai imaginé un échange entre deux citoyens ordinaires, soit Paul, menuisier, et Robert, commis dans une grande chaîne d’alimentation, deux vieux amis qui se rencontrent régulièrement depuis plusieurs années au bar de la place pour « mettre les pendules à l’heure! ».

Une fois les nouvelles sur la famille, le travail et la santé épuisées, les deux compères tombent sur un de leurs sujets préférés…la politique :

« Dis donc, Paul, qu’est-ce que tu en penses de cette idée de créer un nouveau parti indépendantiste?

-Moi, je trouve que c’est une bonne idée…et toi?

-T’as pas peur que ça divise le vote souverainiste?

-Peut-être, mais au point où en sont les choses, je ne pense pas que les souverainistes seraient davantage divisés!

-Qu’est-ce que tu veux dire?

-Je veux dire qu’avec un PQ qui refuse de parler d’indépendance, il n’y a pas d’autre choix que de chercher d’autres solutions!

-Et si Pauline Marois changeait son fusil d’épaule et commençait à parler davantage d’indépendance!

-Tu y crois, toi?

-Pourquoi pas?

-À mon avis, Pauline Marois n’a vraiment jamais voulu faire l’indépendance…J’ai l’impression qu’elle recherche plutôt le pouvoir!

-Peut-être, mais tu ne crois qu’il faut obtenir d’abord le pouvoir pour accéder à l’indépendance?

-Ça, c’est ce qu’elle dit!

-Tu n’es pas d’accord avec ça?

-Pas sûr…J’ai entendu, l’autre jour, un commentaire de quelqu’un à la télévision qui parlait d’une idée de redonner le pouvoir aux citoyens!

-Ah oui, c’est intéressant!…Et après?

-J’avoue que je n’ai pas trop compris ce qu’il disait, mais ça avait l’air intéressant!…En tout cas, je vais essayer d’en savoir un peu plus là-dessus et on s’en reparle!

-Entièrement d’accord…de mon côté, je m’informe aussi! »

quebechebdo 22 septembre 2011

La dernière carte

21 septembre 2011

Le dernier sondage CROP-Le Soleil-La Presse accorde 18% des intentions de vote au PQ, 10% en faveur de Pauline Marois comme meilleur premier ministre, 36% au soutien au camp du Oui dans un éventuel référendum sur l’indépendance du Québec, et ce, malgré un taux d’insatisfaction de 66% (plutôt ou très insatisfait) à l’égard du gouvernement Charest.

Des chiffres, disons-le, plutôt inquiétants pour le PQ-Marois qui vit, depuis quelques mois, des crises internes qui l’ont gravement affecté autant dans la crédibilité et la ferveur de la base de ses militants que dans la faveur populaire des Québécois.

Mince consolation pour Mme Marois, la moitié des personnes interrogées par CROP, soit 500, l’ont été les 14 et 15 septembre, donc avant que Jean Charest n’ait admis n’avoir pas pris connaissance du rapport Duchesneau. Toutefois, depuis lors, le premier ministre, fidèle à ses qualités de rusé politicien, a admis que, après avoir lu le dit rapport, ses conclusions méritent un suivi et qu’il serait prêt à entendre M. Duchesneau en commission parlementaire, moyennant « certaines balises » !

À partir de maintenant, la main appartient à Pauline Marois qui dispose encore d’une carte dans son jeu, soit celle de réussir, à partir des divulgations accablantes du rapport Duchesneau concernant la collusion et la corruption dans l’industrie de la construction, à gagner le pari de la création d’une commission d’enquête publique sur la construction.

C’est la dernière carte de Pauline Marois et elle n’a pas d’autre choix que de l’abattre avec vigueur et conviction sur la table. Si elle réussit son pari, elle marquera des points….si elle échoue, elle devra quitter la table immédiatement et laisser sa place à un meilleur joueur !

vigile.net tribune libre 21 septembre 2011
quebechebdo 21 septembre 2011 (version abrégée)



La politique de l’autruche

20 septembre 2011

En annonçant une deuxième coupure en cinq mois dans les goussets des Cégeps, portant la facture totale à plus de 60 millions $, le Conseil du trésor sème l’indignation auprès de la Fédération étudiante collégiale du Québec.

Et, pour ajouter l’odieux à l’insolence, la présidente du Conseil du trésor, Michelle Courchesne, allègue que ces coupures seraient, entre autres, causées par une augmentation des coûts aux Transports.

Par ailleurs, la divulgation des conclusions du rapport Duchesneau révèlent, notamment, que la collusion et la corruption dans les travaux publics représentent « un fléau qui nous prive de millions de dollars par année ».

Pourtant, face à des révélations aussi troublantes, le gouvernement Charest persiste à jouer la politique de l’autruche et à se mettre la tête dans le sable en persistant dans son intention de ne pas créer une commission d’enquête publique sur la construction.

Une attitude de déni qui conduit à des aberrations scandaleuses qui influencent la qualité des services offerts aux cégépiens, lesquels sont en train de vivre un des effets pervers de la politique de l’autruche !

vigile.net tribune libre 20 septembre 2011
quebechebdo 30 septembre 2011


 

Le nécessaire retour aux sources

20 septembre 2011

En cette période troublante où tous et chacun, pour la plupart de bonne foi, tirent la couverture de l’indépendance chacun de leur côté, il m’a semblé opportun de me tourner vers celles et ceux qui nous ont quittés et qui ont laissé leur marque au sein de la société québécoise.

Je suis donc allé rejoindre ceux qu’on appelle « nos grands disparus » de l’année 2010 et, le premier nom de cette longue liste était celui de Michel Chartrand dont l’hommage débutait par ces mots :

« Syndicaliste, socialiste, nationaliste, en un sens politicien, père, mari, homme de coeur et de convictions, homme du peuple, défenseur acharné des travailleurs. »

Parmi les nombreux témoignages qui ont suivi le décès de Michel Chartrand le 14 avril 2010, j’ai retenu celui de Fernand Foisy, son biographe et ami :

« M. Foisy estime que Michel Chartrand et sa femme Simone ont « payé de leur personne » leur engagement, eux qui avaient « choisi leur clan ». Le biographe du syndicaliste affirme d’ailleurs que ce dernier est mort sans fortune personnelle. Il précise qu’il n’avait pas de caisse de retraite, vivant seulement de ce qu’il recevait de la Régie des rentes du Québec et de sa pension de vieillesse d’Ottawa. « S’il avait voulu se ranger du côté de ceux qui nous gouvernent, la dictature économique, il compterait parmi les milliardaires ».

De ces deux témoignages, un mot ressort clairement, c’est le terme « convictions »…ce mot dont la portée n’a d’égale que sa grandeur, ce mot qui semble, par les temps qui courent, avoir été relégué dans les greniers des antiquités.

En effet, j’ai beau écouter les commentaires des politiciens qui se lancent dans de grandes déclarations concernant leur opinion sur la scène politique québécoise actuelle, je ne sens rien de convaincant, rien d’engageant, que des paroles vides et des vœux pieux… rien des envolées oratoires d’un Michel Chartrand, le nationaliste et l’homme de convictions.

Tant et aussi longtemps qu’une telle femme ou un tel homme ne s’engagera pas à choisir avec conviction le clan du peuple québécois, tant et aussi longtemps que nos politiciens continueront de « se ranger du côté de ceux qui nous gouvernent, la dictature économique », le Québec continuera de croupir sous la mollesse de ses dirigeants.

En ce sens, il m’apparaît essentiel, particulièrement dans des épisodes marquées par des tiraillements profonds au sein de la classe politique, de se rappeler la vigueur de ceux et celles qui avaient le don de nous mobiliser et, par conséquent, d’effectuer ce nécessaire retour aux sources !

vigile.net tribune libre 20 septembre 2011