À propos des députés déserteurs et transfuges

13 janvier 2012

En cette période de mouvance au sein de la députation québécoise, je crois qu’il est important de s’interroger sur la légitimité des nombreux députés qui ont, au cours des derniers mois, soit déserté leur parti pour siéger comme indépendants, soit rejoint les rangs d’un autre parti pour siéger dorénavant à titre de députés représentant le nouveau parti auquel ils ont adhéré.

À mon sens, le problème majeur suscité par ces déserteurs et ces transfuges se situent surtout au niveau du respect démocratique envers les citoyens de leur comté respectif qui les ont élus à titre de député d’un parti auxquels ils croyaient.

Comment se sentent ces électeurs à la suite d’un tel changement d’orientation de la part de leur député? Ces mêmes députés possèdent-ils encore la légitimité pour représenter les électeurs de leur comté à l’Assemblée nationale du Québec?

Indépendamment des motifs qui ont guidé ces députés à changer d’orientation politique, lesquels motifs pourraient faire l’objet d’un autre article beaucoup plus nuancé, n’y aurait-il pas lieu d’envisager la tenue d’élections partielles dans les comtés où ces députés ont changé d’option politique afin que les électeurs de ces comtés puissent se prononcer démocratiquement sur le candidat de leur choix?

vigile.net tribune libre 12 janvier 2012
quebechebdo 13 janvier 2012

Un virage corporatiste dangereux

12 janvier 2012

Décrit par deux professeurs de philosophie de l’Université Laval comme « un mirage du financement privé », le rapport final d’un comité chargé de faire évoluer le mode de gouvernance de l’institution présenté au conseil d’administration de l’Université au début 2011 suscite des réactions négatives, particulièrement au chapitre de la gestion collégiale qui a toujours caractérisé la participation de tous les intervenants à l’évolution et à la gestion de l’institution québécoise.

En effet, Mm Thomas De Koninck et Luc Langlois s’inquiètent des répercussions néfastes d’une des propositions du rapport qui suggèrent d’accorder la majorité du conseil d’administration à des membres externes, qualifiant cette proposition de « virus de la performance à courte vue ».

Enfin, le rapport propose également de redéfinir les compétences du conseil universitaire, lequel possède la responsabilité exclusive de gérer les questions d’ordre scolaire. À ce sujet, Mm De Koninck et Langlois voient dans ces intentions un danger d’ingérence du conseil d’administration dans les affaires du conseil universitaire, une ingérence qui porterait atteinte à un style de gestion collégial qui a fait ses preuves depuis des décennies à l’Université Laval.

À mon avis, l’industrie du savoir se doit demeurer à l’abri des influences et des visions corporatistes à courte vue. En favorisant une plus grande place au milieu des affaires sur les instances décisionnelles de l’Université au détriment des professeurs et des étudiants, les dirigeants ouvrent la porte à un corporatisme dangereux qui risque de rabaisser ce haut lieu du savoir universel au niveau des courbes aléatoires du marché de l’emploi.

Une brèche malsaine dans le juste équilibre de la promotion de l’ensemble des compétences que l’Université Laval est appelée à développer sur le territoire du Québec de par sa vocation au niveau des études supérieures.

À quelques semaines de la course au rectorat qui débutera le 20 février pour se terminer le 1er mai avec l’élection d’un nouveau recteur, la campagne électorale risque d’être intéressante. Espérons que le futur recteur remettra l’Université Laval sur les rails de sa mission première, à savoir de contribuer « en toute liberté » au plein épanouissement de la diversité des talents qui émergent de notre jeunesse québécoise dans tous les secteurs. 

quebechebdo 12 janvier 2012
vigile.net tribune libre 12 janvier 2012
Le Devoir 17 janvier 2012 (version abrégée)

Des écarts qui font jaser

11 janvier 2012

Le livre de 240 pages de la religieuse et sexologue Marie-Paul Ross, publié chez Michel Lafon sous le titre « Je voudrais vous parler d’amour…et de sexe », vient de soulever toute une polémique avec le diocèse de Québec.

L’objet de la controverse se situe au niveau des affirmations de l’auteure qui soutient qu’au cours de ses formations et de ses rencontres en clinique, 80% des prêtres et religieuses qu’elle avait croisés auraient vécu des « écarts » concernant leurs promesses de célibat sacerdotal et religieux.

Même s’il semble y avoir un malentendu sur la définition des écarts entre Marie-Paul Ross et les autorités ecclésiastiques de Québec, il n’en demeure pas moins que la révélation de ces écarts ouvrent la porte à la pertinence de maintenir le célibat chez les religieux.

À mon sens, tant et aussi longtemps que l’Église demeurera fermée sur l’ouverture au mariage des religieux, nous serons confrontés à la possibilité d’assister à de tels écarts qui ne reflètent rien d’autre qu’une réaction humaine normale à une règle archaïque et caduque!

quebechebdo 11 janvier 2012

La CAQ- Un parti voué à l’implosion

10 janvier 2012

Avec l’arrivée du dernier en liste, François Rebello, à joindre les rangs de la CAQ, le parti de François Legault sera représenté à l’ANQ, pour la rentrée parlementaire prévue pour le 14 février, et pour autant que d’autres déserteurs ne joignent pas ses rangs d’ici là, de neuf députés, à savoir six ex-adéquistes et trois ex-péquistes.

Pour justifier sa décision, le député de La Prairie allègue le pragmatisme du chef de la CAQ qu’il oppose au dogmatisme du PQ, tout en ajoutant qu’il demeure souverainiste et que les Québécois doivent d’abord se donner les outils nécessaires pour accéder à leur indépendance.

De l’autre côté, nous retrouvons les six ex-adéquistes autonomistes pour qui la souveraineté ne fait aucunement partie de leur stratégie si j’en crois le programme de l’ADQ.

Si vous ajoutez à cette « macédoine » idéologique l’opportunisme d’un François Legault qui aspire gérer l’État québécois comme une entreprise privée, appuyée en cela par l’oligarchie, vous obtenez la recette idéale pour aboutir irrémédiablement à l’implosion.

En effet, dans l’hypothèse où les déserteurs des deux formations politiques sont sincères dans leurs arguments, soit la défense des valeurs autonomistes pour les uns, et l’accession à la souveraineté pour les autres, comment voulez-vous que ces intérêts contradictoires puissent être satisfaits au sein d’une formation politique qui s’affirme ni de gauche ni de droite, et qui ne vise en réalité rien d’autre que le pouvoir ?

À mon sens, ou les nouveaux caquistes ne sont que des carriéristes qui tentent de jouer la carte de l’opportunisme qui leur est offerte à cause de l’effritement de leur parti respectif, ou ils ont la naïveté de croire que la parti de François Legault leur permettra de faire avancer leurs idées.

Et, dans un cas comme dans l’autre, le noyau caquiste est appelé à éclater, soit à cause des tensions internes provoquées par les conflits idéologiques, ou, pire encore, à cause du rejet de la population qui se rendra vite compte des véritables intentions des co-fondateurs de la CAQ, à savoir s’accaparer du pouvoir pour le remettre ensuite entre les mains des puissances oligarchiques québécoises.

vigile.net tribune libre 10 janvier 2012
quebechebdo 12 janvier 2012

Les églises abandonnées…des proies alléchantes

10 janvier 2012

Dans son homélie en marge de la Fête interculturelle qui s’est tenue le 8 janvier en l’église Saint-Ignace-de-Loyola, Mgr Lacroix a pris la défense des fusions paroissiales, alléguant, entre autres, la faible densité de population de ces communautés paroissiales, le bas niveau de fréquentation des pratiquants, à savoir environ 15%, et les coûts élevés de chauffage.

Des arguments rationnels dont nous ne pouvons nier l’évidence…Toutefois, à mon sens, l’archevêque de Québec fait fausse route lorsqu’il argue comme comparaison que d’autres institutions, telles les caisses populaires Desjardins et les municipalités ont aussi dû procéder à certaines fusions.

En effet, dans le cas des fusions paroissiales, c’est le patrimoine québécois qui se verra amputer d’une partie de sa richesse par les fermetures éventuelles de certaines églises emportées dans la tornade des fusions.

D’où la question fondamentale…qu’adviendra-t-il de ces églises abandonnées? Deviendront-elles des appâts intéressants et des proies alléchantes pour quelques promoteurs avides de revenus supplémentaires et quelques municipalités tout aussi avides de taxes foncières?

Face à l’éventualité d’un tel scénario, je crois que nous devons demeurer vigilants sur les intentions des autorités gouvernementales concernées vis-vis la survie de ces églises!

quebechebdo 10 janvier 2012
vigile.net tribune libre 10 janvier 2012
cyberpresse.ca 15 janvier 2012

Comment ajouter l’ignominie à l’insulte

9 janvier 2012

Dans un article de la Presse canadienne publié le 7 janvier, nous apprenons que des fonctionnaires fédéraux du ministère des Affaires étrangères, non satisfaits d’avoir substitué deux tableaux d’Alfred Pellan par le portrait d’Élisabeth II dans le foyer du ministère dix jours avant le passage de Kate et William à l’été 2011, avaient envisagé de vendre les dits tableaux.

En effet, un mois après le passage des deux « célèbres tourtereaux » en nos terres, des documents obtenus en vertu de la Loi sur l'accès à l'information indiquent que des fonctionnaires avaient discuté de la possibilité de vendre les Pellan, qui valent chacun 90 000 $ selon l’estimation du ministère. Mais ces discussions ont rapidement cessé lorsque la nouvelle du remplacement a fait les manchettes.

On se souvient que la décision de retirer les Pellan pour installer un portrait de la reine Élisabeth II a été vertement critiquée au Québec, en plus d'être jugée comme colonialiste et des plus insultantes, Alfred Pellan étant considéré comme l'un des plus célèbres peintres québécois, avec Paul Borduas et Jean-Paul Riopelle.

N’eût été des critiques virulentes vis-à-vis ces intentions de vendre les tableaux de Pellan, nous aurions assisté à un autre épisode de Western dans lequel les rangers du ROC étaient prêts à vendre sans scrupule au plus offrant tout un pan de notre culture…une attitude bassement méprisante qui vient ajouter l’ignominie à l’insulte vécue lors du voyage du couple princier du United Kingdom ! 

vigile.net tribune libre 8 janvier 2012
quebechebdo 9 janvier 2012

Un débat stérile

9 janvier 2012

À lire certains articles parus sur la tribune libre de Vigile dernièrement, j’ai l’impression que le blizzard de janvier s’est installé sur le Québec. Si je tente de remonter aux origines de ces vents froids, je perçois le conflit qui s’est installé entre les « féministes » et les « sexistes » depuis les attaques répétées contre le leadership de Pauline Marois.

Dès lors, on a pu le ressentir à travers les commentaires de certaines féministes, une guéguerre d’arguments de la part des femmes s’est déclenchée relativement au fait que Mme Marois était une femme. Nombreux ont été les hommes qui ont réagi à ces allusions, sans beaucoup de succès…force nous est de le constater !

Certaines de ces femmes se sont même carrément dissociées de Vigile pour fonder leur propre site d’échanges d’où les hommes sont exclus, sauf pour y faire des commentaires « respectueux ».

Nous en sommes là, chacun dans notre coin, à bouder comme des enfants qui auraient été punis injustement…Je dis bien « injustement » car, en fait, quel est le véritable objet de ce conflit si ce n’est le fait que certaines « féministes » considèrent les attaques sur les idées de Pauline Marois comme des attaques personnelles envers elle.

Pourquoi le fait d’attaquer le programme actuel de gouvernance souverainiste du PQ-Marois devrait-il être perçu comme une flèche envers Pauline Marois, la femme, au lieu de la chef du parti qui doit nous conduire à notre indépendance ? Croyez-vous sérieusement, mesdames, que, si ce même programme était défendu par un homme, il ne serait pas attaqué par les mêmes hommes qui s’expriment en ce sens aujourd’hui ?

Tant et aussi longtemps que cette muraille de vieux préjugés envers les femmes s’érigera, nous nous maintiendrons dans cette position conflictuelle stérile qui nous empêche de situer le débat au niveau des idées au détriment d’attaques personnelles mesquines.

C’est pourquoi, j’invite toutes les femmes et tous les hommes de « bonne volonté » à faire la paix entre eux, à abattre ces préjugés dévastateurs et à reprendre le sentier de l’échange « respectueux » dans lequel hommes et femmes sont invités à cheminer ensemble vers notre statut de pays.

vigile.net tribune libre 8 janvier 2012

 

La grossesse du coeur

8 janvier 2012

Long et ardu est le chemin qui conduit à l’adoption internationale. Le couple du Saguenay, formé de Guylaine Cossette et Alain Larouche, peut en témoigner puisqu’il attend l’arrivée de Maya Kim, une petite chinoise, depuis le 11 août 2006, soit la date où les autorités ont accepté leur dossier et ont inscrit leur nom au bas de la liste des parents désirant adopter un enfant de la Chine.

En plus de ce délai d’attente qui atteint maintenant 64 mois, il faut souligner que les problèmes administratifs, tels l’inscription auprès d’un organisme accrédité du Québec, les examens médicaux, les évaluations psychologiques, le dossier judiciaire scruté à la loupe et la santé financière, sont des pré-requis à l’acceptation de la candidature.

En attendant, la vie continue pour le couple Cossette-Larouche, Mme Cossette étant déjà la mère biologique d’une fille d’une trentaine d’années et M Larouche, le père de deux filles, toutes trois de précédentes unions. En plus, il héberge un garçon de huit ans en pension sous la tutelle de l’État depuis cinq ans.

Un couple hors normes soumis à l’incompréhension des membres de sa famille et qui vit de l’espoir de serrer un jour son enfant qui, pour l’instant, n’existe que dans son imagination, une « grossesse du cœur » selon les termes de Guylaine Cossette qui porte sa petite fille depuis cinq ans dans son coeur.

Souhaitons-leur que le téléphone sonnera enfin pour leur annoncer la fin d’une interminable attente!

quebechebdo 8 janvier 2012 

Rallier les souverainistes

6 janvier 2012

Les déchirements auxquels sont confrontés actuellement les partis de droite au Québec, lesquels sont en train de voir s’éteindre l’ADQ et ressurgir un nouveau parti constitué des adéquistes réfractaires à la fusion avec la CAQ, et les divisions que vivent les forces de gauche risquent de laisser la voie libre au parti qui se proclame ni de droite ni de gauche, à savoir la CAQ.

Dans un de mes articles précédents paru sur cette tribune en date du 2 janvier sous le titre « La lumière au bout du tunnel », j’incitais les souverainistes à joindre l’Option nationale de Jean-Martin Aussant et je continue de prétendre qu’elle demeure encore le véhicule le plus sûr pour accéder à notre indépendance, compte tenu de sa plate-forme claire et de la droiture de son chef :

« À l’aube de 2012, un homme semble vouloir incarner les convictions nécessaires pour rallier les forces souverainistes au Québec, un homme qui présente une vision claire de la nation québécoise de demain, un homme qui ose placer l’indépendance du Québec dans ses priorités. Cet homme, c’est Jean-Martin Aussant. »

Pour reprendre un extrait de l’article d’Élie Presseault paru dans sa chronique du 2 janvier 2012 sur le site de Vigile sous le titre « L’intranquillité au cœur de nos consciences » :

« Maintenant qu’Option Nationale est du paysage et que la CAQ caquette de plus belle avec une ADQ plus moribonde que jamais, je postule sur l’importance de réunir nos forces cohésives autour de l’idée centrale de l’indépendance du Québec. »

Dans ces circonstances, le grand défi de Jean-Martin Aussant réside sans aucun doute dans ses capacités à rallier sous un même toit les forces souverainistes disséminées à travers le Québec. Quoique je demeure convaincu que l’avenir de notre pays appartient aux citoyens qui le composent, je suis tout aussi persuadé que les sympathisants à notre cause doivent se regrouper dans un parti qui les conduira au grand jour.

Pour y parvenir, Jean-Martin Aussant n’a d’autre choix que de se mettre à l’écoute du citoyen et ce, dans toutes les régions du Québec. En plus d’incarner celui qui doit offrir une vision claire de ce qu’il préconise comme démarche d’accession à notre souveraineté, le vrai leader doit situer les intérêts du peuple au-dessus de ses intérêts personnels et partisans.

À mon sens, Jean-Martin Aussant possède tous les atouts nécessaires pour mobiliser les sympathisants à l’indépendance du Québec. À lui de bien jouer ses cartes, le ralliement des souverainistes derrière son Option nationale étant son meilleur atout !

vigile.net tribune libre 6 janvier 2012
quebechebdo 7 janvier 2012 (version abrégée)

Les Coyotes à Québec…pourquoi pas?

6 janvier 2012

Maintenant que la Ligue nationale de hockey a pris la décision de déménager les Thrashers d'Atlanta à Winnipeg, il est temps que Gary Bettman passe à l’analyse de la situation catastrophique des Coyotes de Phoenix.

En effet, les Coyotes attirent en moyenne 10 996 spectateurs par rencontre cette saison, ce qui constitue 64,2% de la capacité totale du Jobing.com Arena. Ils sont l'une des quatre équipes de la LNH à remplir leur aréna à moins de 80% de sa capacité, les autres étant les Stars de Dallas (61,9%), les Blue Jackets de Columbus (76,7%) et les Islanders de New York (79,1%).

Par ailleurs, les Canadiens de Montréal, malgré tous leurs déboires de cette année, attirent 21 273 spectateurs par rencontre et se classent deuxième derrière les Black Hawks de Chicago dans le palmarès des plus fortes assistances par partie dans la LNH, quatre autre villes canadiennes, soit Toronto, Calgary, Ottawa et Vancouver se situant dans les dix premières positions. Pour ce qui est d’Edmonton et de Winnipeg, elles remplissent 100% de la capacité de leur aréna à chacun de leur match.

Face à ces statistiques fort révélatrices, il ne fait aucune doute dans mon esprit que la popularité d’un sport d’hiver comme le hockey se manifeste particulièrement dans un climat nordique et, qu’en ce sens, Gary Bettman doit mettre le cap sur un plan Nord qui se doit de sortir les Coyotes d'un marché «désertique» comme Phoenix et les transplanter sur une terre fertile comme…Québec!

quebechebdo 6 janvier 2012