La pyramide salariale

5 janvier 2012

Selon une étude du Centre canadien des politiques alternatives, basée sur les rapports financiers des entreprises inscrites à la Bourse de Toronto en 2010, les 100 canadiens les plus fortunés bénéficiaient d’un revenu annuel 189 fois plus élevé que la moyenne canadienne, soit 8,38 millions de dollars comparativement à 44 366 $.

Et, loin de vouloir s’atténuer, cet écart entre les plus riches et les plus pauvres continue de s’accroître. En effet, en 1998, les statistiques démontrent que les 100 Canadiens les plus fortunés gagnaient 105 fois plus que le salarié canadien moyen.

De plus, en 2010, les plus riches ont collectivement profité d'une hausse de 27 % de leur revenu moyen par rapport aux 100 plus fortunés de 2009, dont le revenu moyen avait atteint 6,6 millions de dollars.

Des chiffres qui démontrent hors de tout doute que le partage de la richesse collective demeure une utopie qui prend des proportions scandaleuses. Des chiffres qui projettent l’image d’une société qui incarne le modèle pyramidal par excellence, à savoir beaucoup de salariés à la base, peu au sommet!

Comme dirait Yvon Deschamps lorsqu’il parodie un certain proverbe dans un de ses monologues, « vaut mieux être riche et en santé que pauvre et malade! » 

quebechebdo 5 janvier 2012
vigile.net tribune libre 10 janvier 2012 "Des salaires outranciers" 

Adieu Bye Bye!

4 janvier 2012

Pour être honnête, il y a longtemps que je ne regarde plus le Bye Bye de fin d’année à Radio-Canada, désabusé par la vacuité des textes et la bassesse des contenus humoristiques des émissions des dernières années. Toutefois, à lire les commentaires sur la cuvée de cette année, il semble que la tendance se maintienne et que, finalement, je n’aie pas perdu grand chose!

Faiblesse des contenus, jeu médiocre des comédiens sans oublier l’utilisation à outrance des jurons reviennent constamment dans les interventions des personnes qui se sont exprimées ces derniers jours sur le Bye Bye 2011.

Enfin, toujours selon la plupart des intervenants, loin de se bidonner, ils affirment avoir esquissé, tout au plus, à l’occasion, un léger sourire, d’autres allant même jusqu’à manifester leur répugnance devant les attaques vulgaires vis à vis certains personnages publics.

Face à ces critiques pour le moins négatives, nous sommes en droit de nous demander si la formule actuelle n’a pas atteint son seuil de longévité, voire même son seuil de compétence relié aux performances souvent minables des comédiens.

À mon sens, si les Québécois désirent souligner de façon festive le passage d’une année à l’autre, il faudra imaginer une formule nouvelle d’émission de variété qui fait appel à nos talents artistiques québécois. Et ce ne sont pas les talents qui manquent au Québec!

Dans ces circonstances, il me semble que le temps soit venu de tourner la page sur le Bye Bye et de mettre l’accent sur l’originalité et la créativité qui nous caractérisent pour débuter l’année nouvelle sur une note typiquement de chez nous!

quebechebdo 4 janvier 2012
vigile.net tribune libre 6 janvier 2012

Tant pis pour le sinistre abattoir!

3 janvier 2012

L’année 2011 a certes été marquée par les mouvements des indignés qui ont surgi de partout à travers le monde. Les motifs d’indignation ont été nombreux à être dénoncés.

Parmi ceux-ci, les actes les plus insensés commis par les êtres humais et les pires calamités qui affligent des milliers d'innocentes victimes se situent dans l'absurdité de ces guerres où se terrent souvent des velléités purement matérielles. Des bêtises humaines qui soulèvent l’indignation générale devant ces tueries d'enfants, de femmes et d'hommes qui périssent dans des carnages sanguinaires!

Pour illustrer mon propos, permettez-moi de vous présenter ce poème que j’ai écrit à la fin du conflit américano-irakien :

Tombe la statue de Saddam Hussein
Alors que Bush contemple la scène
Ses hommes ayant envahi le sol
Lui ouvrant les portes du pétrole

L’affront du onze septembre est vengé
L’honneur de l’Amérique est sauvé
À bas les méchants terroristes
Place aux gentils impérialistes

C’est ce que nous réserve l’histoire
Mais qu’en est-il du jeune de Bagdad
Qui au bout d’une longue escapade
Découvre sa mère au crématoire?

Pourtant la presse se presse et s’empresse
Cogitant avec le président
Sur les moyens à prendre pour que cessent
Toutes ces injustices sans précédent

Car Britanniques comme Américains
Doivent sauver l’honneur et le pouvoir
L’histoire leur a légué ce destin
Tant pis pour le sinistre abattoir

vigile.net tribune libre 2 janvier 2012
quebechebdo 3 janvier 2012

Une nouvelle année toute en lumière!

2 janvier 2012

À la naissance de ma petite-fille il y a quelques années, j’ai éprouvé toute une gamme d’émotions que j’ai traduites un jour dans ce poème que j’offre aujourd’hui à tous les grands-parents du Québec en guise de souhait pour une nouvelle année toute en lumière.

Un jour quand tu sauras voir
Et que tes yeux brilleront
À l’éclosion des bourgeons
J’aimerais être un bougeoir

Un jour quand sonnera l’école
Et que tu te heurteras
Aux écueils des aléas
J’aimerais être une boussole

Un jour quand tu auras peur
Et que tes jambes figeront
Devant le fragile pont
J’aimerais être une lueur

Un jour quand naîtra l’amour
Et que ton cœur s’enflammera
Au simple son d’une voix
J’aimerais être un toujours

Un jour quand tu seras mère
Et que ton sang coulera
Dans les veines de l’enfant-roi
J’aimerais être une lumière

Un jour quand tu seras vieille
Et que ton corps flétrira
À la lourdeur de tes pas
J’aimerais être un soleil

Un jour quand viendra la mort
Et que ton souffle répondra
À l’appel de l’au-delà
J’aimerais être une aurore

quebechebdo 2 janvier 2011
vigile.net tribune libre 2 janvier 2012 "À tous les grands-papas du Québec" 

Attiser le feu

30 décembre 2011

Des églises qui se vident, qui sont déconnectées de leurs fidèles, qui supportent un lourd passé, qui véhiculent des pratiques désuètes…

Des constats troublants sur lesquels le jeune prêtre de 41 ans, le père Pierre-Olivier Tremblay, oblat de Marie-Immaculée, accompagné d’une dizaine de jeunes pratiquants de Québec, se sont penchés pour constater qu’ils ne se reconnaissaient plus dans la clientèle grisonnante de l’Église.

Selon eux, cette Église devra s’affairer à « faire du neuf », faire place à une communauté religieuse accueillante et ouverte à la diversité, un lieu de rassemblement où la participation prime sur la passivité, un regroupement où le goût d’apprendre et d’échanger ait préséance sur les sermons magistraux et unilatéraux.

C’est dans cet esprit qu’est née en 2003 la Communauté chrétienne missionnaire que leurs fondateurs ont appelée
« Tisonnier du Québec », le mot « tisonnier » renvoyant à l’idée d’attiser le feu.

Dans un contexte de désertion des églises, il m’apparaît qu’une telle initiative représente une porte grande ouverte pour un réveil aux petites communautés chrétiennes incarnées à l’origine par Jésus et ses douze apôtres…un retour aux sources qui pourrait s’avérer salutaire pour l’Église d’aujourd’hui!

quebechebdo 30 décembre 2011

2012…la lumière au bout du tunnel

30 décembre 2011

Il est loin le temps où Pierre Bourgault lançait son livre
« Maintenant ou jamais », publié chez Stanké en 1990. À titre de rappel, je vous suggère cet extrait de son introduction :

« Dans les années soixante-dix, nous nous sommes emmêlés dans des stratégies compliquées et souvent contradictoires. Les stratégies étaient devenues l’objectif plutôt que le moyen et les analyses les plus pointues oubliaient constamment les forces en présence et la dure réalité politique…À tel point que nous avions fini par oublier le but que nous nous étions fixé et que nous allions par tous les chemins vers nulle part…Or, si nous voulons éviter de retomber dans les mêmes ornières, nous devons constamment garder à l’esprit notre objectif et le rappeler sans cesse à tous ceux et celles qui veulent bien nous entendre. »

Les années ont passé…Cinq ans après la parution du livre de Bourgault, le référendum de ’95 nous a échappé de peu. Malheureusement, depuis lors, nous sommes retombés « dans les mêmes ornières », dans les mêmes tergiversations étapistes et sclérosantes pour en arriver à l’année 2011, un reflet pathétique de toutes ces années d’errance qui ont vu le PQ atteindre un bas niveau inégalé dans les sondages, des divisions déchirantes au sein du parti et la démission de candidats de prestige.

Néanmoins, dans toute cette tourmente qui a heureusement donné lieu à un foisonnement sans précédent des mouvements souverainistes qui s’orientent autour d’une coalition citoyenne, je crois que les Québécois découvrent peu à peu la voie du vrai changement dont l’objectif est resté le même depuis des décennies, à savoir l’indépendance du Québec.

À l’aube de 2012, un homme semble vouloir incarner les convictions nécessaires pour rallier les forces souverainistes au Québec, un homme qui présente une vision claire de la nation québécoise de demain, un homme qui ose placer l’indépendance du Québec dans ses priorités. Cet homme, c’est Jean-Martin Aussant.

Nous avons besoin d’un leader qui puisse rallier les forces souverainistes émergentes au Québec. Pour reprendre le leitmotiv de Bourgault, c’est « maintenant ou jamais ».C’est pourquoi, j’incite « tous ceux et celles qui veulent bien nous entendre » à découvrir la lumière au bout du tunnel en joignant les rangs de l’Option nationale.

quebechebdo 30 décembre 2011
vigile.net tribune libre 2 janvier 2012 "La lumière au bout du tunnel" 

Le justicier

30 décembre 2011

Dans toute la saga qui entoure la position du prêtre Raymond Gravel concernant l’indemnisation versée par la Congrégation de Sainte-Croix aux victimes d’abus, le prêtre allègue l’injustice envers les membres innocents de la communauté qui sont partie prenante de la sentence sans pour autant avoir participé aux gestes reprochés.

Raymond Gravel apporte aussi comme argument à sa défense qu’une compensation financière ne règle en rien les sévices causés aux victimes par ces abus commis par certains membres des frères de Sainte-Croix.

Enfin, et c’est là que le bât blesse dangereusement, Raymond Gravel se dresse en justicier, à savoir en redresseur de torts sans en avoir reçu le pouvoir légal, en prétendant qu’il faille dissocier les « vraies » victimes des « fausses » qu’il associe à ceux qui ont réussi à faire « une vie normale » malgré ces agressions.

À mon sens, Raymond Gravel a tort sur toute la ligne…Autant dans l’imputabilité de la Congrégation vis-à-vis ses membres que dans l’indemnisation versée en guise de compensation aux victimes.

Quant à ses attitudes de prétendu justicier, je crois qu’il déborde outrageusement ses compétences en osant s’ingérer dans les séquelles intérieures des victimes laissées par ces comportements aux conséquences souvent dévastatrices.

quebechebdo 30 décembre 2011

Et swing la bacaisse dans l’fond d’la boîte à bois!

30 décembre 2011

Traditionnellement, c’est bien connu, les Québécois aiment beaucoup les fêtes et le Jour de l’An offre une bonne occasion de s’adonner à ces festivités. Plusieurs traditions se rattachent à la célébration du jour de l’An au Québec. Aussi, ai-je ru bon de vous en rappeler quelques unes.

Autrefois, les hommes du village passaient de maison en maison pour ramasser des dons pour les pauvres du village. Ils récoltaient surtout des produits de la ferme. Cette tradition, qui avait lieu le 31 décembre, s’appelait « la guignolée » et, pour annoncer l’arrivée des guignoleux, les enfants du village les précédaient en faisant toutes sortes de bruits en frappant des bâtons entre eux.

Au Québec d’antan, dès la veille du premier janvier, les festivités commençaient. Tout d’abord, se tenait le réveillon où toute la famille se retrouvait autour d’une table pour manger, jaser et s’amuser. Rôti et ragoût de porc, fèves au lard, tourtières et beignes étaient les mets prisés pour l’occasion de cette première nuit de l’année. Une fois la panse bien remplie, c’était le temps de fêter. On dansait et chantait au son des rigodons, cotillons, gigues et chansons à répondre du violoneux et la fête se prolongeait jusqu’aux petites heures du matin.

Une des traditions les plus importantes du Jour de l’An québécois était sans aucun doute la traditionnelle bénédiction paternelle. À cette occasion, le patriarche de la famille bénissait ses enfants et petits-enfants agenouillés devant lui. Cette tradition remplie de symbolisme s’est perpétuée longtemps et, encore aujourd’hui, certaines familles la poursuivent.

En ce qui a trait à notre famille, la coutume voulait que nous visitions les deux parentés, soit celles de mon père et de ma mère et ce, dans un ordre différent à chaque année de façon à souper et à veiller dans une famille différente à chaque Jour de l’An, voyageant bien cordés dans la voiture familiale, souvent en pleine de tempête, du quartier Limoilou à Québec jusqu’à l’Île d’Orléans, et dans le sens opposé l’année suivante.

Je me rappelle de mes tantes qui s’étonnaient d’année en année de nous voir grandir et qui s’empressaient de nous souhaiter du succès dans nos études tout en nous barbouillant de leur rouge à lèvres, de mes belles petites cousines avec qui j’avais la chance, en fin de soirée, de danser un slow sous l’œil discret de ma mère.

Je me souviens aussi de mon parrain, mon oncle Félix, lorsqu’il sortait de la poche de son veston sa musique à bouche et qu’il se mettait à jouer un air qui avait la magie de nous emporter dans le tourbillon des danses folkloriques…et de mon oncle Georges qui entonnait sa chanson à répondre plutôt grivoise qui avait le don de mettre sa femme dans tous ses états.

De nos jours, même si ces traditions tendent à s’envoler malheureusement dans la nuée des temps, j’ai le goût de vous inviter à chanter avec moi « swing la bacaisse dans l’fond d’la boîte à bois » et…de souhaiter, en bon québécois, une bonne et heureuse année 2012 à vous tous et toutes !

vigile.net tribune libre 30 décembre 2011
quebechebdo 30 décembre 2011 (version abrégée)



Les innocentes victimes des guerres

29 décembre 2011

Parmi les actes les plus insensés commis par les êtres humains et les pires calamités qui affligent des milliers d'innocentes victimes se situe l'absurdité de ces guerres où se terrent souvent des motifs purement matériels. Des bêtises humaines qui soulèvent mon indignation devant ces tueries d'enfants, de femmes et d'hommes qui périssent dans un carnage sanguinaire!

cyberpresse.ca 29 décembre 2011 « Dites-nous ce qui vous indigne »

Après l’indignation, l’engagement

28 décembre 2011

Il ne serait jamais venu à l’esprit de Stéphane Hessel, survivant de la Seconde Guerre mondiale et ex-diplomate français âgé de 94 ans, que son petit manifeste publié en 2010 sous le titre Indignez-vous!, aurait une telle influence sur le mouvement des indignés qui ont occupé en 2011 les espaces publics de centaines de villes à travers le monde.

En tête du palmarès des indignations personnelles de Stéphane Hessel se retrouvent l'écart grandissant entre les riches et les pauvres ainsi que le risque de la destruction de la planète.

Selon l’auteur, si son manifeste s'est classé au sommet des palmarès dans les librairies, c'est qu'il arrivait au bon moment dans l'histoire contemporaine, à savoir dans une période où, dans un grand nombre de pays, la jeune génération, en particulier, considère qu'elle n'est pas dirigée selon ses aspirations.

Maintenant que le mouvement des indignés a réussi à sensibiliser une bonne partie de la population, le dernier livre de Stéphane Hessel, Engagez-vous!, publié en mars 2011, invite les sympathisants à la cause à se mettre en mouvement pour faire changer le cours des événements, à aller au bout de leur démarche, en militant notamment dans un parti politique.

En cette fin d’année 2011, je ne peux qu’espérer qu’un tel mouvement puisse continuer sa progression pour qu’enfin notre planète respire un peu mieux et que ses habitants profitent équitablement de ses bienfaits!

quebechebdo 28 décembre 2011