Des amis fidèles et généreux

17 janvier 2012

En descendant sur mon écran la liste impressionnante de donateurs qui ont contribué au financement de Vigile depuis sa création, je suis finalement parvenu au tableau récapitulatif des dons qui ont été offerts entre 2001 et 2011 et, question de pousser ma curiosité jusqu’au bout, j’ai calculé le montant total que ces campagnes de financement ont généré depuis 11 ans. Et, je suis arrivé à la somme de 214 758 $, pour une moyenne annuelle de 19 523 $… Assez impressionnant, n’est-ce pas ?

J’aurais pu vous donner mon interprétation personnelle expliquant une telle générosité mais j’ai préféré vous citer les témoignages qui apparaissent sous la rubrique « Financement » du site, lesquels vous permettront sûrement de mieux comprendre pourquoi les amis de Vigile demeurent aussi fidèles et généreux.

« La mission de Vigile est double, faire une vigile médiatique, bien sûr, mais aussi stimuler et organiser une délibération plus large sur le thème central de l’indépendance du Québec. » David Poulin-Litvak

« Il y a quelques mois, un ami m’a fait découvrir votre site Vigile.net. À mon grand plaisir, j’y ai retrouvé un forum où j’avais enfin l’impression que des souverainistes de tout acabit pouvaient se retrouver et s’informer. » Luc Gagnon

« Si vous le fouillez bien (extraordinaire arborescence), ce sont des milliers de pages de documents, de réflexions, d’études de toutes sortes et de commentaires critiques, concernant de près ou de loin le Québec et l’idée de l’Indépendance, qui vous sont là accessibles. Une mine d’or… bleue azur ! » Jean-Luc Gouin

« [...] une bonne façon de raffiner notre pensée et de ne pas se laisser engloutir par les opinions fédéralistes. » Les Zapartistes

« Pour entretenir deux sites internet, je connais l’ouvrage que cela demande, et je ne les renouvelle pas deux fois par jour. Il n’y a présentement aucun site souverainiste sur le web qui peut concurrencer Vigile au niveau de l’actualité, et des sujets abordés. » Pierre Desgagné

« Merci pour tout ce travail que vous réalisez quotidiennement depuis de nombreuses années. Votre oeuvre est remarquable et personne ne peut rester indifférent à tout ce qui s’est fait jusqu’à présent. » Robert Bertrand

« Bernard Frappier a réalisé une oeuvre d’une importance capitale dans le destin du Québec. Contre ceux qui voudraient effacer la mémoire de la nation, il a créé Vigile, grand phare et lieu de débat incomparable. » Bernard Desgagné

« En Vigile, Bernard Frappier a créé un de ces espaces trop rares où peuvent se réunir ceux qui luttent comme ils le peuvent pour la paix, la justice, l’amour et la liberté. Rencontres parfois émotives, bruyantes mêmes, comme le sont les naissances. Et c’est bien à une mise au monde que participe Vigile, celle d’une vie libérée, et d’une conscience même, peut-être… » Christian Maltais

En terminant, vous me permettrez de vous laisser sur une petite pensée personnelle : « Notre vie est un peu comme une pièce de théâtre dans laquelle nous devrions être davantage les acteurs que les spectateurs ». Bernard Frappier a résolument décidé d’être un « acteur »…et c’est tout à l’avantage de l’avancement de notre cause !

vigile.net tribune libre 17 janvier 2012



Le « tebowing »

16 janvier 2012


L’une des premières questions à laquelle répondait notre petit catéchisme lorsque nous avons posé notre séant sur les bancs d’école référait à l’omniprésence de Dieu. Toutefois, j’étais bien loin de me douter qu’un jour Il se retrouverait sur un terrain de football.

C’est pourtant ce que nos voisins américains, reconnus pour leur excentricité débordante, viennent de nous révéler en instituant une nouvelle doctrine vouée au quart-arrière des Broncos de Denver, Tim Tebow.

En effet, au début de chacune des parties, le quart de Dieu enlève respectueusement son casque, pose religieusement un genou à terre tout en appuyant, tel le « penseur » de Rodin, son visage sur son poing fermé, les yeux-mi-clos.

Et, croyez-le ou non, depuis que les Broncos ont fait appel à Tim Tebow pour les sortir d’une léthargie au sixième match de leur saison régulière, l’équipe de Denver a collectionné les victoires, si bien qu’elle s’est retrouvée en séries éliminatoires pour la première fois en six ans.

Il n’en fallait pas plus pour que nous assistions à la naissance d’une nouvelle doctrine, le « tebowing », un culte qui est en train de s’étendre dans toutes les sphères de la société américaine, telle une véritable épidémie caractérisée par un harmonieux mélange de marketing, de sport et de religion. God bless America!

quebechebdo 15 janvier 2012
vigile.net tribune libre 16 janvier 2012  

La pensée magique

16 janvier 2012

Émergée de la tête d’un professeur du Massachussetts Institute of Technology du nom de Nicholas Negroponte il y a dix ans, l’ONG américaine One Laptop per Child (un ordinateur portable par enfant) fait la promotion de l’aide humanitaire en procurant un portable à des enfants défavorisés de partout à travers le monde.

De son côté, Kentaro Toyama, chercheur en informatique à l’Université de la Californie à Berkeley et connaissant à fond l’aide humanitaire techno pour avoir agi en tant que responsable d’un programme de recherche pour Microsoft en Inde dont le but était d’observer comment la technologie pouvait favoriser l’éducation des enfants défavorisés des pays en voie de développement, allègue que le recours à la technologie dans l’aide humanitaire représente une pensée magique qui vient voiler les véritables enjeux auxquels font face ces pays pauvres, à savoir la consolidation de leurs réseaux d’éducation, la formation d’enseignants compétents et la construction d’écoles adéquates.

À mon avis, notre société automatisée, envoûtée par l’évolution ultra rapide des technologies modernes, est en train d’oublier que c’est le cerveau humain qui les a conçues et, qu’en ce sens, elle se doit de susciter la participation active de ces mêmes cerveaux si elle désire évoluer pour le mieux-être des êtres humains qui la composent.

vigile.net tribune libre 16 janvier 2012
quebechebdo 17 janvier 2012

Le PLC…en marche arrière

16 janvier 2012

Les quelque 1200 délégués libéraux fédéraux réunis en congrès en fin de semaine au Centre des congrès d’Ottawa ont réussi habilement à « couper la poire en deux » en votant pour la légalisation de la marijuana, question de flirter un peu avec l’aile jeunesse du parti, tout en conservant le lien avec la monarchie britannique, question cette fois de rallier les dinosaures du même parti.

En d’autres termes, les partisans de la légalisation de la marijuana pourront en toute tranquillité fumer leur joint devant le portrait d’Élisabeth II…pour autant qu’un projet de loi en ce sens reçoive la sanction royale de Sa Majesté.

Une victoire des monarchistes sur l’appel à la modernité lancée par les jeunes libéraux qui se voient enfumés devant le symbole de la monarchie comme si elle représentait encore une palissade essentielle à la défense de nos droits fondamentaux.

Si le PLC espère reconquérir un tant soit peu l’électorat canadien, il devra envisager sérieusement de couper les liens avec ces institutions britanniques caduques et aliénantes qui ne font que le maintenir en marche arrière! 

quebechebdo 16 janvier 2012

Un ardent défenseur de la langue française

15 janvier 2012

Parmi la liste des grands disparus Québécois au cours de la dernière année se retrouve le nom de Jean-Marc Léger, décédé à Montréal, sa ville natale, le 14 février 2011. En cette période de profondes perturbations autour de la défense de la langue française sur le territoire du Québec, j’ai cru opportun de rappeler à votre mémoire toute l’influence que ce journaliste et écrivain a eue sur le rayonnement de notre langue.

Après ses études classiques et une spécialisation en droit, en sciences sociales et en histoire, Jean-Marc Léger entreprend sa carrière à l’âge de 24 ans en tant que journaliste et éditorialiste en information internationale, d’abord à La Presse de 1951 à 1956 puis au Devoir de 1957 à 1969 .

En octobre 1953, à l’âge de 26 ans, il agit comme précurseur en se rendant à Paris pour proposer la création d’un organisme central qui aurait comme mandat de convoquer chaque année une réunion générale dans laquelle les représentants des divers pays où l’on parle le français rencontreraient les délégués de la France et des territoires outre-mer pour discuter de leurs intérêts culturels communs.

L’idée de la Francophonie venait de prendre vie, déjà pressentie à l’époque par Jean-Marc Léger qui, au terme des conférences de Niamey, une quinzaine d’années plus tard, soit en 1969 et 1970, se voit confier l’important rôle de développer cette idée, en invitant à la coopération culturelle et technique tous les pays où le français est parlé et devra être la langue de ces échanges coopératifs. Finalement, la convocation du premier véritable Sommet de la Francophonie n’aura lieu qu’après un autre aussi long délai, soit en 1986.

Entre-temps, il préside l’Union canadienne des journalistes de langue française de 1959 à 1961 et l’Association internationale des journalistes de langue française de 1960 à 1962. Il est, de 1962 à 1963, le tout premier directeur de l’Office de la langue française, le fondateur et le premier secrétaire général, de sa création en 1961 jusqu’en 1978, de l’Association des universités partiellement ou entièrement de langue française, devenue l’Agence universitaire de la Francophonie.

Travailleur infatigable, Jean-Marc Léger met sur pied et anime depuis Paris, à titre de secrétaire général, de 1970 à 1974, l’Agence de coopération culturelle et technique, la première organisation internationale s’adressant aux pays francophones, laquelle deviendra l’Organisation internationale de la Francophonie.

De 1978 à 1981, il devient délégué général du Québec à Bruxelles. Pendant les années 1980, il est deux fois sous-ministre adjoint, d’abord au ministère de l’Éducation de1981 à 1984, puis à celui des Relations internationales du Québec de 1984 à 1986. De 1986 à 1988, le gouvernement du Québec lui confie le poste de commissaire général à la Francophonie, rattaché à ce dernier ministère, et chargé de missions à caractère culturel auprès du Comité international des Sommets francophones.

Passionné d’histoire et fervent nationaliste, Jean-Marc Léger termine sa carrière professionnelle comme directeur de la Fondation Lionel-Groulx de 1989 à 1998 en plus d’agir comme conseiller spécial en relations internationales auprès de divers organismes.

Jean-Marc Léger est aussi auteur de livres consacrés, entre autres, à la souveraineté du Québec. Il fut, d’ailleurs, l’un des premiers journalistes à se prononcer ouvertement en faveur de l’indépendance du Québec. Toutefois (signe des temps ?), en 1964, l’affirmation de cette conviction indépendantiste lui coûtera la direction du Devoir : en effet, alors qu’il est pressenti pour succéder à Gérard Filion, la direction lui préfère Claude Ryan. Un peu plus tard, « de façon cordiale et justifiée », raconte un jour Léger, Ryan lui demandera de quitter l’éditorial et de redevenir « simple journaliste », invoquant la « cohérence » des positions !

Jean-Marc Léger, un homme de convictions dont la droiture n’a jamais divergé de ses valeurs profondes d’ardent défenseur de la langue française…un modèle de qui nous aurions grandement avantage à nous inspirer en ces temps troubles où le français se retrouve menacé jusque dans ses racines sur la terre de ses origines en Amérique !

vigile.net tribune libre 15 janvier 2012
quebechebdo 16 janvier 2012



Un débat qui n’en finit plus

14 janvier 2012

À la naissance du Parti québécois, au début de la vingtaine, j’assistais, grisé par ce vent de patriotisme, au réveil de la nation québécoise sous l’égide de René Lévesque. Quarante-deux ans plus tard, après deux échecs référendaires, des décennies d’étapisme dans l’attente de conditions gagnantes, je subis encore les élucubrations laborieuses de politiciens «patients» qui aboutissent à des stratégies caduques et rétrogrades qui ont frappé le mur d’une fin de non-recevoir à maintes occasions.

Je recevrai cette année ma pension de sécurité à la vieillesse…et j’attends toujours que le Québec devienne une nation! Pendant ce temps-là, certains politiciens, qualifiés de «pas pressés», considèrent que les citoyens de ma génération devraient faire preuve d’un peu de patience et, qu’un jour, nous accéderons à notre statut de pays.

Pourtant, quand je regarde autour de moi, je constate que d’autres nations, depuis lors, nettement moins nanties en terme de richesses naturelles que le Québec, ont acquis courageusement leur indépendance en des périodes de temps beaucoup plus courtes.

Devant ce constat, je me demande pourquoi les Québécois se retrouvent servilement encore aujourd’hui placés sous la tutelle d’un régime politique qui renie ses origines et piétine sans scrupule ses valeurs fondamentales.

Mais qu’est-ce qui peut bien nous maintenir béatement dans cet état d’asservissement? Qu’est-ce que nous attendons pour nous affranchir de cet état annihilant qui nous réduit à un statut de peuple soumis et dominé?

Le Québec possède pourtant tous les atouts pour assumer sa place au sein du conseil des nations, que ce soit sa langue, la diversité de sa culture, la richesse de son territoire ou le courage de ses habitants qui ont su maintenir fièrement le fait français en Amérique.

Après toutes ces années d’un parcours sinueux sans lendemain, je refuse d’être considéré comme un citoyen «pressé»… Je considère que j’ai démontré au contraire énormément de patience et qu’il est plus que temps que nous passions à l’étape ultime, à savoir l’accession à notre indépendance pleine et entière.

Vivement une voix qui lance et proclame le grand cri de ralliement qui nous conduira sans détour inutile vers la voie du pays du Québec! Comme dirait l’autre, la patience a ses limites et, en ce qui me concerne, elles sont indubitablement franchies. Le «pressé» a fait preuve d’énormément de patience…il est temps de passer à l’action!

quebechebdo 14 janvier 2012

À propos des députés déserteurs et transfuges

13 janvier 2012

En cette période de mouvance au sein de la députation québécoise, je crois qu’il est important de s’interroger sur la légitimité des nombreux députés qui ont, au cours des derniers mois, soit déserté leur parti pour siéger comme indépendants, soit rejoint les rangs d’un autre parti pour siéger dorénavant à titre de députés représentant le nouveau parti auquel ils ont adhéré.

À mon sens, le problème majeur suscité par ces déserteurs et ces transfuges se situent surtout au niveau du respect démocratique envers les citoyens de leur comté respectif qui les ont élus à titre de député d’un parti auxquels ils croyaient.

Comment se sentent ces électeurs à la suite d’un tel changement d’orientation de la part de leur député? Ces mêmes députés possèdent-ils encore la légitimité pour représenter les électeurs de leur comté à l’Assemblée nationale du Québec?

Indépendamment des motifs qui ont guidé ces députés à changer d’orientation politique, lesquels motifs pourraient faire l’objet d’un autre article beaucoup plus nuancé, n’y aurait-il pas lieu d’envisager la tenue d’élections partielles dans les comtés où ces députés ont changé d’option politique afin que les électeurs de ces comtés puissent se prononcer démocratiquement sur le candidat de leur choix?

vigile.net tribune libre 12 janvier 2012
quebechebdo 13 janvier 2012

Un virage corporatiste dangereux

12 janvier 2012

Décrit par deux professeurs de philosophie de l’Université Laval comme « un mirage du financement privé », le rapport final d’un comité chargé de faire évoluer le mode de gouvernance de l’institution présenté au conseil d’administration de l’Université au début 2011 suscite des réactions négatives, particulièrement au chapitre de la gestion collégiale qui a toujours caractérisé la participation de tous les intervenants à l’évolution et à la gestion de l’institution québécoise.

En effet, Mm Thomas De Koninck et Luc Langlois s’inquiètent des répercussions néfastes d’une des propositions du rapport qui suggèrent d’accorder la majorité du conseil d’administration à des membres externes, qualifiant cette proposition de « virus de la performance à courte vue ».

Enfin, le rapport propose également de redéfinir les compétences du conseil universitaire, lequel possède la responsabilité exclusive de gérer les questions d’ordre scolaire. À ce sujet, Mm De Koninck et Langlois voient dans ces intentions un danger d’ingérence du conseil d’administration dans les affaires du conseil universitaire, une ingérence qui porterait atteinte à un style de gestion collégial qui a fait ses preuves depuis des décennies à l’Université Laval.

À mon avis, l’industrie du savoir se doit demeurer à l’abri des influences et des visions corporatistes à courte vue. En favorisant une plus grande place au milieu des affaires sur les instances décisionnelles de l’Université au détriment des professeurs et des étudiants, les dirigeants ouvrent la porte à un corporatisme dangereux qui risque de rabaisser ce haut lieu du savoir universel au niveau des courbes aléatoires du marché de l’emploi.

Une brèche malsaine dans le juste équilibre de la promotion de l’ensemble des compétences que l’Université Laval est appelée à développer sur le territoire du Québec de par sa vocation au niveau des études supérieures.

À quelques semaines de la course au rectorat qui débutera le 20 février pour se terminer le 1er mai avec l’élection d’un nouveau recteur, la campagne électorale risque d’être intéressante. Espérons que le futur recteur remettra l’Université Laval sur les rails de sa mission première, à savoir de contribuer « en toute liberté » au plein épanouissement de la diversité des talents qui émergent de notre jeunesse québécoise dans tous les secteurs. 

quebechebdo 12 janvier 2012
vigile.net tribune libre 12 janvier 2012
Le Devoir 17 janvier 2012 (version abrégée)

Des écarts qui font jaser

11 janvier 2012

Le livre de 240 pages de la religieuse et sexologue Marie-Paul Ross, publié chez Michel Lafon sous le titre « Je voudrais vous parler d’amour…et de sexe », vient de soulever toute une polémique avec le diocèse de Québec.

L’objet de la controverse se situe au niveau des affirmations de l’auteure qui soutient qu’au cours de ses formations et de ses rencontres en clinique, 80% des prêtres et religieuses qu’elle avait croisés auraient vécu des « écarts » concernant leurs promesses de célibat sacerdotal et religieux.

Même s’il semble y avoir un malentendu sur la définition des écarts entre Marie-Paul Ross et les autorités ecclésiastiques de Québec, il n’en demeure pas moins que la révélation de ces écarts ouvrent la porte à la pertinence de maintenir le célibat chez les religieux.

À mon sens, tant et aussi longtemps que l’Église demeurera fermée sur l’ouverture au mariage des religieux, nous serons confrontés à la possibilité d’assister à de tels écarts qui ne reflètent rien d’autre qu’une réaction humaine normale à une règle archaïque et caduque!

quebechebdo 11 janvier 2012

La CAQ- Un parti voué à l’implosion

10 janvier 2012

Avec l’arrivée du dernier en liste, François Rebello, à joindre les rangs de la CAQ, le parti de François Legault sera représenté à l’ANQ, pour la rentrée parlementaire prévue pour le 14 février, et pour autant que d’autres déserteurs ne joignent pas ses rangs d’ici là, de neuf députés, à savoir six ex-adéquistes et trois ex-péquistes.

Pour justifier sa décision, le député de La Prairie allègue le pragmatisme du chef de la CAQ qu’il oppose au dogmatisme du PQ, tout en ajoutant qu’il demeure souverainiste et que les Québécois doivent d’abord se donner les outils nécessaires pour accéder à leur indépendance.

De l’autre côté, nous retrouvons les six ex-adéquistes autonomistes pour qui la souveraineté ne fait aucunement partie de leur stratégie si j’en crois le programme de l’ADQ.

Si vous ajoutez à cette « macédoine » idéologique l’opportunisme d’un François Legault qui aspire gérer l’État québécois comme une entreprise privée, appuyée en cela par l’oligarchie, vous obtenez la recette idéale pour aboutir irrémédiablement à l’implosion.

En effet, dans l’hypothèse où les déserteurs des deux formations politiques sont sincères dans leurs arguments, soit la défense des valeurs autonomistes pour les uns, et l’accession à la souveraineté pour les autres, comment voulez-vous que ces intérêts contradictoires puissent être satisfaits au sein d’une formation politique qui s’affirme ni de gauche ni de droite, et qui ne vise en réalité rien d’autre que le pouvoir ?

À mon sens, ou les nouveaux caquistes ne sont que des carriéristes qui tentent de jouer la carte de l’opportunisme qui leur est offerte à cause de l’effritement de leur parti respectif, ou ils ont la naïveté de croire que la parti de François Legault leur permettra de faire avancer leurs idées.

Et, dans un cas comme dans l’autre, le noyau caquiste est appelé à éclater, soit à cause des tensions internes provoquées par les conflits idéologiques, ou, pire encore, à cause du rejet de la population qui se rendra vite compte des véritables intentions des co-fondateurs de la CAQ, à savoir s’accaparer du pouvoir pour le remettre ensuite entre les mains des puissances oligarchiques québécoises.

vigile.net tribune libre 10 janvier 2012
quebechebdo 12 janvier 2012