Welcome aboard!

3 mai 2013

Quatre ans après avoir déposé chacun huit plaintes auprès du Commissaire aux langues officielles contre le transporteur aérien Air Canada concernant les services unilingues anglais lors de voyages aériens, l’absence de services en français aux comptoirs d’enregistrement et lors d’annonces à l’intention des passagers pour les changements de carrousel à bagages, la Cour suprême du Canada a finalement accepté d’entendre l’appel de Lynda et Michel Thibodeau, deux citoyens d’Ottawa.

Entre temps, la Cour fédérale a constaté des infractions au niveau de la Loi sur les langues officielles et déclaré qu’elle devait s’appliquer. Elle a donc décidé d’octroyer des dommages et intérêts au couple et ordonné au transporteur aérien de lui envoyer une lettre d’excuses, ordonnant de plus à Air Canada de respecter la Loi sur les langues officielles et lui imposant d’instaurer des procédures et un système de surveillance pour documenter les infractions à la dite Loi.

Pour sa part, Air Canada n’a pas nié avoir manqué à son obligation de fournir des services en français lors de certains vols. Elle a donc accepté d’envoyer une lettre d’excuses et offert 6000 $ en dommages à M. et Mme Thibodeau. Toutefois, le transporteur conteste les conclusions de la Cour fédérale pour les manquements survenus lors de voyages à l’extérieur du Canada, jugeant que les recours des Thibodeau sont régis exclusivement par la Convention de Montréal, qui réglemente les vols aériens internationaux, et que le couple ne peut ainsi réclamer des dommages en vertu de la Loi sur les langues officielles.

Du côté de la Cour d’appel fédérale, elle a cassé en partie le jugement et réduit les dommages et intérêts de 6000 $ à 1500 $ par personne tout en annulant toutes les ordonnances au sujet du système de surveillance.

« Je constate que les preuves sont floues quant à la nature systémique des manquements d’Air Canada à ses obligations linguistiques. Nous ne sommes pas en présence de violations innombrables, qui se produisent de manière quasi délibérée ou que l’appelante perpétue dans le cadre de ses activités. L’ordonnance va au-delà du rôle normal de l’autorité judiciaire, qui consiste à résoudre les différends » écrit la juge Johanne Trudel de la Cour d’appel fédérale.

Remarquez bien les termes utilisés par la juge Trudel [un nom à consonance francophone en passant !] qui justifie son jugement par le fait qu’Air Canada ne fait pas preuve de « violations innombrables qui se produisent de manière quasi délibérée ou que l’appelante perpétue dans le cadre de ses activités ».

En d’autres termes, selon l’interprétation que je fais des arguments de la juge Trudel, Air Canada est déclaré non-coupable parce qu’elle n’a pas usé de façon abusive de l’unilinguisme anglophone dans ses relations avec ses clients francophones…comme s’il fallait comptabiliser les infractions à la Loi sur les langues officielles pour être accusé de violer ses ordonnances ! La cause appartient maintenant à la Cour suprême…Welcome aboard !

vigile.net tribune libre 3 mai 2013

Une publicité abusive et irresponsable

3 mai 2013

Sans prétendre nier le lien important qui existe entre les saines habitudes de vie et la santé des personnes vieillissantes, il est abusif et irresponsable, à mon sens, de prétendre, comme le fait la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC dans sa campagne publicitaire actuellement en ondes, que c'est «à nous de choisir» entre une vieillesse en santé ou une vieillesse misérable, une affirmation qui, par son manque total de nuances, est abusive et irresponsable.

Le problème de cette publicité, c'est qu'elle vise tout le monde sans tenir compte des personnes dont la santé est une question de génétique, ou pour qui les conditions de vie et de travail ou des accidents incapacitants constituent souvent des facteurs de risque de maladie qui échappent au contrôle de la personne.

En plus de cautionner le mythe que certaines personnes ont « choisi la maladie » sans qu’ils en soient les véritables responsables, une telle idéologie vient renforcer un courant politique qui voudrait bien voir l'État se désengager à l'égard du système de santé. Après tout, selon ceux qui adhèrent à cette idéologie, pourquoi paierait-on collectivement pour des mauvais choix individuels et délibérés?

À mon avis, bien qu’il faille insister sur les bienfaits de saines habitudes de vie, les élus se doivent de faire preuve de nuance, sans quoi, nous assisterons à une déresponsabilisation dangereuse de l’État envers une partie importante de gens qu’il doit protéger pour des raisons indépendantes de leur volonté.

quebechebdo 3 mai 2013

L’intégration des minorités en Russie selon Poutine

2 mai 2013

En recevant récemment un message électronique d’un de mes correspondants réguliers, je n’ai pu m’empêcher de constater à quel point les minorités causent des problèmes aux dirigeants, même en Russie, des problèmes auxquels le Québec fait face depuis des décennies et qui ont donné naissance à la Commission Bouchard-Taylor qui, il faut bien l’admettre, est loin d’avoir répondu aux attentes escomptées.

Le discours de Vladimir Poutine, prononcé devant le Parlement russe le 4 février 2013, loin d’apporter des solutions concrètes, vaut quand même la peine de vous être transmis pour réaliser que les problèmes suscités par les minorités se vivent ailleurs et que nous aurions peut-être avantage à aller jeter un coup d’œil sur ce que ce pays, comme d’autres, mettent de l’avant pour les pallier.

J’ai préféré laisser le discours en anglais, compte tenu que ma connaissance de la langue de Shakespeare laisse plutôt à désirer et que, de ce fait, la traduction risquait de laisser aller quelques écarts qui auraient nui considérablement à la qualité de la traduction :

“In Russia live Russians. Any minority, from anywhere, if it wants to live in Russia, to work and live in Russia, should speak Russian, and should respect Russian laws. If they prefer Sharia Law, then we advise them to go these places where that’s the state law. Minorities needs Russia, and we will not grant special privileges, or try to change our laws to fit their desires, no matter how loud they yell “discrimination” ! We better learn from the suicides in America, England, Holland and France, if we are to survive as a nation.

The Russian customs and traditions are not compatible with the lack of culture or the primitive ways of most minorities. When this honorable legislative body thinks of creating new laws, it should have in mind the national interest first, observing that the minorities are NOT Russians !”

Et, selon le message que j’ai reçu, les politiciens présents servirent à Poutine « a standing ovation » qui dura plus de cinq minutes… Que l’on soit d’accord ou non avec le style de leadership de Poutine, on ne peut sûrement pas lui reprocher son langage clair, entre autre, sur les problèmes suscités par les minorités…une attitude qui déteint considérablement sur l’acceptation des immigrants au Québec qui souffre, selon moi, d’un certain laxisme hérité sans doute du « bon peuple canadien-français » que nous traînons encore à nos pieds tel le boulet de « l’éternel colonisé » !

En termes clairs, il faudrait nous dépoussiérer de l’étiquette de xénophobes dont pourraient nous accuser certaines mauvaises langues manipulatrices pour enfin proclamer haut et fort que « toute minorité qui désire vivre au Québec, travailler au Québec, devrait parler français et respecter les lois du Québec ».

vigile.net tribune libre 2 mai 2013



Équipe Labeaume continue de perdre des plumes

2 mai 2013

Six mois après l’annonce de retrait de la vie politique municipale d’un bras droit important d’Équipe Labeaume, à savoir François Picard, le conseiller Richard Côté, un autre poids lourd du parti du maire, quitte la vie politique un peu plus d'une semaine après la confirmation que 10 conseillers actuels sur les 22 élus d'Équipe Labeaume ne seront pas candidats aux prochaines élections… et tout cela, à six mois des élections municipales de novembre 2013.

En décembre 2012, les conseillers Patrick Paquet et Ginette Picard-Lavoie ont claqué la porte d'Équipe Labeaume en reprochant au maire son caractère autoritaire. Pour sa part, Richard Côté affirme que le style de Régis Labeaume n'a rien à voir dans sa décision de quitter la politique.

M. Côté aura beau faire preuve de diplomatie envers le style de gestion de Régis Labeaume, qualifié «d’autoritaire» par certains démissionnaires, il n’en demeure pas moins qu’une telle désertion en si peu de temps laisse entrevoir un certain «malaise» dans l’entourage immédiat de Régis Labeaume, un malaise qui se confirme de plus en plus par la liste plutôt inquiétante de départs d’une équipe qui donne de plus en plus l’impression que le chef prend beaucoup de place dans le mécanisme de décision.

quebechebdo 2 mai 2013 
Le Devoir 3 mai 2013

Chiens d’assistance des personnes handicapées: un poids deux mesures

1 mai 2013

La Régie de l'assurance maladie du Québec, qui couvre plus de 230 personnes aveugles possédant un chien-guide, verse 210 $ pour l'acquisition d'un chien-guide et 1028 $ par année pour la nourriture et les frais de vétérinaire.

Par ailleurs,
la position plutôt tiède prise le 23 avril par les députés de la commission parlementaire de la santé et des services sociaux propose qu'une campagne de sensibilisation sur les chiens d'assistance soit faite auprès des avocats, notaires, agents de sécurité, policiers et les propriétaires de condos.

À cet effet, l’Association des personnes ayant une déficience de l’audition aurait souhaité que les députés recommandent que les frais pour les chiens d'assistance des personnes ayant des problèmes d'audition soient couverts par la RAMQ au même titre que ceux des chiens guides pour les aveugles.

À mon sens, il y a là une politique du « un poids deux mesures » inacceptable et discriminatoire, à savoir que les personnes handicapées, aveugles ou souffrant d’une déficience de l’audition, devraient avoir les mêmes droits.

quebechebdo 1er mai 2013

La capitale nationale dépouillée d’un pan important de son histoire

1 mai 2013

En tant qu’ex-professeur de français, je me suis toujours efforcé d’exiger de mes élèves qu’ils évitent ce que j’appelais les verbes « fourre-tout », tels « aller », « faire », « mettre », etc, et de viser à utiliser plutôt le verbe qui décrit le mieux leur intention.

À cet effet, on pouvait lire dans un journal du 23 avril le titre suivant : « Le PQ exhorte Ottawa à laisser à Québec sa collection d’artefacts. » Quoique je connaisse le sens du verbe « exhorter », j’ai quand voulu m’en assurer en cherchant sa définition dans un dictionnaire : « s’efforcer par le discours de porter quelqu’un à faire quelque chose.

C’est alors que je me suis rappelé les conseils à mes élèves en constatant que l’auteur de cet article, en choisissant le verbe « exhorter », avait utilisé le verbe qui décrit le mieux la réalité, à savoir que le Québec, englouti dans son statut de province, ne peut qu’exhorter le fédéral, à savoir « s’efforcer » par ses arguments de l’inciter à laisser les artefacts patrimoniaux dans la Capitale nationale. À titre d’illustration, voici un extrait de cet article :

« C’est au tour d’Agnès Maltais et de Maka Kotto de tenter d’éviter le déménagement à Gatineau de millions d’artefacts appartenant aux collections patrimoniales de Parcs Canada et entreposés à Québec. Les deux ministres québécois feront parvenir dans les prochains jours une lettre au lieutenant politique de Stephan Harper au Québec, Christian Paradis, dans laquelle ils « l’exhortent » à revenir sur la décision des conservateurs de dépouiller la capitale nationale d’un pan important de son histoire. »

En termes clairs, c’est au fédéral, de par sa juridiction, de décider de l’exportation d’un pan important de l’histoire de la Capitale nationale sans que le gouvernement du Québec ne puisse rien faire d’autre que d’exhorter un gouvernement qui bafoue depuis des années le fait francophone du haut de sa tour d’ivoire anglophone…Frustrant, non ?

Il est vrai que, par « déformation professionnelle, je suis très sensible à la signification des mots et que je ne représente pas le pattern normal du lecteur de journaux, et mon intention n’est pas de vous convertir aux vertus du verbe précis. Toutefois, j’espère que cette petite incursion dans l’univers de la sémantique vous aura permis de constater à quel point le fédéralisme, même s’il n’empiète pas dans le cas présent sur une juridiction provinciale, place le Québec dans une situation telle qu’il doit s’ingénier à faire preuve d’arguments qui puissent convaincre un gouvernement fantasque et narquois envers les francophones de consentir à laisser chez lui son propre patrimoine historique.

« Pourtant, nous qui sommes un peuple aux assises fragiles, nous avons besoin plus que d’autres de références stimulantes à une histoire qui nous serait propre et de posséder des « lieux de mémoire » pour nous approprier la genèse et l’évolution de notre identité et tirer profit de l’expérience acquise à chaque tournant majeur de notre histoire. » Léon Dion

vigile.net 24 avril 2013
quebechebdo 24 avril 2013 (version abrégée)



La Cour suprême dans les dédales de « l’immunité royale »

25 avril 2013

Autre revirement dans la saga Lise Thibault qui subira son procès devant juge seul à partir du 7 avril 2014 alors qu’en mars 2013, l’ancienne lieutenante-gouverneure du Québec avait demandé de ne plus subir son procès devant un jury, une option qu’elle avait elle-même choisie auparavant. D’autre part, son avocat, Me Marc Labelle, n’a pas manqué de rappeler qu’il avait déjà déposé une requête en Cour suprême pour faire annuler toutes les accusations qui pèsent contre Mme Thibault en vertu de «l’immunité royale» dont elle disposerait.

Historiquement, il me semble important de souligner que l’immunité royale est un legs de centaines d’années de tradition avec comme origine la common law britannique. Résumée avec l’adage « the Queen can do no wrong » [la reine ne peut se poursuivre elle-même], cette tradition date des jours où le Souverain était au-dessus des Lois, et était lui-même créateur de ces dernières. Bien qu’en vigueur aujourd’hui, l’article 17 de la Loi d’interprétation du Canada résume encore bien cet état des choses : «sauf indication contraire y figurant, nul texte ne lie Sa Majesté ni n’a d’effet sur ses droits et prérogatives».

Invoquant cet article, Mme Thibault argumente que, puisque la plupart de ses dépenses ont été effectuées durant l’exercice de ses fonctions, elle bénéficie d’une immunité totale, tant criminelle que civile, en sa capacité de représentante de la Reine. Malheureusement pour elle, dans un rapport déposé en 2007, les vérificateurs généraux du Québec et du Canada ont affirmé que Lise Thibault avait reçu 700 000$ de remboursements qui n’étaient pas liés à sa fonction de Lieutenante-gouverneur.

Déboutée par la Cour du Québec, la Cour d’appel et la Cour supérieure dans ses tentatives de mettre en lumière son « immunité royale », le procès au criminel de Lise Thibault débutera le 7 avril 2014, soit 45 mois après les premières accusations, suivies de la « valse des Cours » disponibles au Québec, un long chapitre sur « l’art de gagner du temps. »

Il reste maintenant à connaître la décision de la recevabilité ou non de la demande de la part des juges de la Cour suprême qui se retrouvent embourbés dans les dédales de l’immunité royale. Peu importe leur avis concernant la requête de la demanderesse, j’ai bien hâte de connaître les arguments invoqués dans leur décision…

quebechebdo 25 avril 2013

Erreur sur la dépouille mortelle

24 avril 2013

C’était bien le cercueil, les vêtements et les bijoux qu’ils avaient minutieusement choisis pour leur mère. Mais c’est une parfaite étrangère qui repose ainsi parée dans le cercueil de leur mère, au salon funéraire Oscar St-Ours à Shawinigan lorsque les six enfants de Marguerite Mercier-Pelletier se présentent devant le cercueil le 14 décembre 2012. Leur mère, elle, avait déjà été incinérée, ce qui allait à l’encontre de ses dernières volontés.

Une poursuite de 570 000$, soit 95 000$ par enfants, est actuellement en litige contre l’entrepreneur de pompes funèbres… Une somme d’argent qui ne pourra jamais compenser pour le fait qu’on leur a volé leur deuil, déplorent-ils.

Une bavure difficilement explicable de la part de l’entreprise funéraire d’autant plus que l’erreur aurait dû être évitée puisque, lorsque les enfants se sont présentés au salon pour faire les arrangements, une employée leur a présenté un chapelet appartenant soi-disant à leur mère alors que ce n’était pas le cas.

quebechebdo 24 avril 2013

Apparences de conflits d’intérêt

24 avril 2013

La nomination de Pierre Karl Péladeau à la présidence du conseil d’administration d’Hydro-Québec en a surpris plusieurs et semé une certaine préoccupation dans la communauté médiatique qui, via le site internet de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, a émis ce communiqué aux allures plutôt laconiques :

« La première ministre du Québec, Pauline Marois, aurait dû chercher ailleurs que dans les rangs des patrons de presse pour pourvoir ce poste. S’il avait fallu que l’ex-premier ministre, Jean Charest, nomme Paul Desmarais jr. à la tête d’Hydro-Québec, le monde journalistique aurait été tout aussi inquiet, et à raison ».

Même si PKP ne dirige plus Québecor au quotidien, il demeure président du conseil d’administration de Québecor Média et de TVA, vice-président du C.A. de Québecor inc. et détenteur de 73 % des droits de vote de la compagnie en Bourse. Quand viendra le temps de critiquer la gestion chez Hydro-Québec, de révéler des écarts budgétaires ou des mauvaises décisions, qui chez Québecor osera prendre le bâton pour dénoncer et exposer le tout ?

À l’époque, Bernard Landry a permis à PKP d’acquérir Vidéotron, Jean Charest lui a ensuite offert un amphithéâtre à Québec, et maintenant, Pauline Marois le nomme à la tête de la plus importante société d’État du Québec. Par ailleurs, il serait intéressant de connaître la perception de Pierre Duchesne, Bernard Drainville et Jean-François Lisée, tous d’ex-journalistes devenus ministres péquistes, à propos de cette nomination.

Même si je ne remets nullement en question les qualités de gestionnaire de PKP, sa nomination à Hydro-Québec laisse présager des périodes de conflits d’intérêt potentiels non-négligeables sans compter que son parcours de carrière des dernières années me laisse à penser qu’il a une oreille attentive dans les cercles du pouvoir, ce qui, à mon sens, est tout à fait légitime.

Toutefois, bien malin celui qui pourrait prévoir vers quel parti PKP jetterait son dévolu, le cas échéant. À titre d’exemples, selon le registre sur les donateurs du Directeur général des élections, M. Péladeau a versé des contributions de 1000$ en 2005 et 2007 et de 3000$ en 2008 au PLQ, de 3000$ au PQ en 2010, et de 3000$ à l’ex-ADQ en 2007.

quebechebdo 21 avril 2013 "Nomination de PKP à Hydro-Québec: inquiétude dans le monde journalistique" (version abrégée)
vigile.net tribune libre 23 avril 2013

Quand les coqs s’affrontent …dans la basse-cour fédérale

23 avril 2013

Quand on regarde les débats à la Chambre des Communes ou à l’Assemble nationale, nous avons souvent l’impression de nous retrouver dans une basse-cour en plein combat de coqs se disputant les honneurs de mettre la patte sur la poule aux œufs d’or.

Parlant de coqs, je me suis amusé à trouver des expressions contenant ce fier gallinacé et j’en ai découvert deux qui collent parfaitement à notre premier ministre canadian et au nouveau chef du PLC.

On pourrait par exemple dire de Stephen Harper qu’il « vit comme un coq en pâte » depuis qu’il tient fermement les rennes du pouvoir. À cet effet, il est intéressant de constater que cette expression signifie « mener une existence confortable et douillette, être bien soigné, avoir toutes ses aises » et qu’elle tire son origine du « coq de panier » ou « coq de bagage » par allusion au coq qu'on transportait au marché avec beaucoup de précautions pour lui conserver une valeur marchande la plus élevée possible.

En ce qui a trait à Justin Trudeau, vous ne serez pas surpris de voir l’expression « fier comme un coq » apposée à son image, une expression dont l’origine remonte à l’instinct de domination propre au coq, roi de la basse-cour, se révélant être un redoutable combattant dans ses heures, réveillant le peuple le matin et trônant jusqu’au sommet des églises.

Pour poursuivre mon allégorie, il convient de remarquer que le jeune coq fraîchement arrivé dans l’enclos subit déjà les attaques du vieux coq expérimenté dont la réputation n’est plus à faire concernant ses sournoises stratégies contre ses adversaires, particulièrement quant ils viennent du Québec.

Toutefois, il faut dire que le coq du Québec s’est déjà mis les pattes dans les plats à quelques reprises et ce, malgré sa récente arrivée dans la basse-cour. De plus, son chant matinal n’a pas l’heur de plaire aux coqs de l’ouest, quoiqu’il semble intéresser davantage ceux du Québec, ces derniers, se rappelant son père, à cause du trémolo dans son ramage.

Considérant l’animosité qui se développe entre les deux gallinacés, il est à prévoir, dans un avenir rapproché, un combat décisif entre eux. À cet effet, je serais porté à penser que la fierté du jeune coq l’emportera sur le coq en pâte et ce, indépendamment de la « coquille vide » de son discours, compte tenu que l’électorat de la basse-cour, selon les rumeurs qui circulent, désirerait du changement, lequel changement est clamé haut et fort par le jeune coq qui a sans doute hérité de son père qui a tenu en haleine les coqs du Québec pendant des années à titre de maître de cette même basse-cour sans jamais pour autant tenir ses promesses.

quebechebdo 23 avril 2013