La méthode Harper…chacun dans sa cour

8 mai 2013

Selon les données d’un sondage réalisé par la firme CROP, après deux ans de gouvernement conservateur majoritaire, les Québécois rejettent massivement le parti de Stephen Harper à 90% des intentions de vote. Majoritaire à Ottawa, le 2 mai 2011, avec l’appui de seulement 17 % des votants et six députés au Québec, le gouvernement a fait son lit ailleurs au pays, principalement en Ontario rural et dans l’Ouest.

Pour le politicologue Guy Laforest, de l’Université Laval, « Le Québec est devenu insignifiant sous le gouvernement Harper majoritaire…Jamais depuis 1867, le Québec a si peu compté à Ottawa. ». Son collègue Réjean Pelletier partage cet avis : « M. Harper ne mise plus sur le Québec, il a fait une croix sur ce vote comme sur qui loge à l’est de la rivière des Outaouais ».

« Si M. Harper était plus à l’écoute lorsqu’il était minoritaire, soutient M. Pelletier, tout cela est fermé. Il ne veut plus négocier, rencontrer les premiers ministres. Aujourd’hui, c’est chacun dans sa cour, et occupez-vous de vos compétences. »

Harper et ses troupes agissent comme si le gouvernement avait piétiné en situation minoritaire entre 2006 et 2011 en utilisant leur majorité essentiellement pour rattraper ce temps perdu. Selon M. Pelletier, « le gouvernement Harper fait ce qu’il veut, il reprend ce qu’il a essayé de faire en situation minoritaire, il n’a plus vraiment de contraintes et même l’opinion publique ne semble pas l’énerver beaucoup. »

Ainsi, mois après mois, les bleus annoncent ou répètent des initiatives dans la foulée de leur programme du « law and order », modifiant une bonne centaine de lois touchant d’innombrables dossiers chauds, sous prétexte que les débats avaient assez duré et que les électeurs avaient pris leur décision. C’est ainsi que deux documents de plusieurs centaines de pages ont reçu la même attention qu’un projet de loi anodin d’une quinzaine de pages.

Rien n’illustre mieux la méthode Harper que l’utilisation, le jour même du deuxième anniversaire de sa victoire, d’un 32e bâillon parlementaire, ce qui place ce gouvernement en tête des records des bâillons, dépassant ceux de Jean Chrétien, de 1997 à 2000, et de Brian Mulroney, de 1989 à 1993.

« Stephen Harper n’aime pas les combats de rue, il évite les discussions. Il n’y a plus d’écoute, plus de volonté de négocier, même avec des limites, avec les provinces. Le fédéral décide unilatéralement », estime M. Pelletier.

Par ailleurs, dans ce décor plutôt noir, demeure toujours le « mystère » de la Capitale nationale, un phénomène qui secoue les milieux politiques fédéral et provincial, particulièrement depuis le référendum de 1995, au moment où l’électorat s’était distingué par son faible appui au Oui, qui, peut-être plus que l’argent ou le vote ethnique, a assuré la victoire fédéraliste.

Mais comment expliquer ce « mystère Québec » ? Selon plusieurs politicologues et sociologues, l’attrait du pouvoir, reconnu dans une capitale comme l’est du Québec, la sécurité linguistique, le monoculturalisme « pure laine », la prospérité économique et le vieillissement d’une population à peine touchée par l’immigration, représentent tous des facteurs déterminants qui distinguent la région du reste du territoire.

Dans ce contexte, le parti conservateur espère percer chez les électeurs de Régis Labeaume, la construction du nouvel amphithéâtre permettant de jeter un peu de baume sur certaines bévues conservatrices, et le conservatisme viscéral d’une bonne partie des électeurs de même que la présence assidue des ministres et des députés conservateurs jouant aussi un rôle dominant dans cet engouement pour le parti conservateur.

À ce « conservatisme viscéral » de l’électorat de la Capitale nationale [pour lequel j’éprouve un malaise « viscéral » en tant que citoyen de cette ville], j’ajouterais que le fait qu’elle soit le « château fort » des fonctionnaires du gouvernement augmente la propension de son électorat à se tourner irrésistiblement vers l’attrait du pouvoir.

vigile.net tribune libre 7 mai 2013



Chapeau, M. Simoneau

7 mai 2013

Parmi les centaines de témoignage de sympathie que nous avons pu l;ir ou entendre sur différents médias suite au décès de Marc Simoneau, nous pouvons tracer une ligne droite sur son intégrité et son courage face à ses opinions.

À ces qualités qui ont fait sa marque, autant dans sa vie journalistique que politique, je me souviendrai de son personnage « bougonneux » qui le caractérisait autant qu’il lui conférait un aspect coloré très personnel, « tsé j’veux dire ? »

On se souviendra de Marc Simoneau comme de quelqu’un qui avait son franc parler et qui est toujours demeuré fidèle à lui-même et à ses convictions. Chapeau, M. Simoneau, pour votre sincérité et nous avoir ouverts davantage au « merveilleux monde du sport » !

quebechebdo 7 mai 2013
cyberpresse.ca 7 mai 2013 "Vos réactions au décès de Marc Simoneau"
Le Devoir 9 mai 2013

Couillard prône le changement…sans mouvement

6 mai 2013

Le nouveau chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, désire imprimer sa « marque » au nouveau programme politique du PLQ en prônant le « changement sans bouleversements ». Tels sont les termes utilisés par M. Couillard dans une entrevue parue dans un quotidien le 4 mai…

Les grandes lignes du programme seront prêtes pour l’automne. Durant l’entrevue, il fait référence à un projet de « gouvernement ouvert et transparent ». Premier ministre, Philippe Couillard ne reverrait pas le panier de services offert aux Québécois puisque, selon lui, « une fois un service acquis, il très difficile de le retirer ».

Il veut amincir l’État par touches et retouches et non pas par des « coupes sauvages ». Pour y arriver, il voudrait étendre le principe de l’indexation à tous les services publics où des tarifs existent et ce, afin d’éviter un « choc tarifaire » après des périodes de gel. D’après lui, le tarif de 7 $ des services de garde devrait être indexé dès maintenant, chaque année de gel supplémentaire « accroissant la pression » sur le réseau.

Philippe Couillard dénonce « la grande incertitude » installée par le gouvernement en matière économique. « Le meilleur exemple en est l’industrie minière » où, de surcroît, le gouvernement « réalise maintenant la réalité des choses » puisqu’il s’apprêterait à présenter une formule de redevances proche de celle qui existait.

À cet effet, un des premiers gestes que poserait un gouvernement Couillard serait de mettre sur pied une commission chargée de revoir la fiscalité des entreprises et des individus. Elle serait formée d’« experts indépendants ». Le programme politique que Philippe Couillard présenterait aux Québécois ferait valoir la nécessité « d’ajuster la fiscalité ». Elle doit mieux servir le développement économique, « l’incitation au travail » et la création d’emplois. Il n’y a pas d’incitatif plus puissant que la fiscalité » pour modifier « les comportements dans une société ».

Sur le plan social, le chef libéral se dit préoccupé par l’accroissement des inégalités sociales. « Il y a une réduction de la pauvreté, mais il y a un écart grandissant entre les classes les plus élevées et les moins favorisées. Les inégalités se creusent. Ce n’est pas un facteur positif, même sur le plan économique. »

Au niveau de la santé, l’ex-ministre de la Santé et des Services sociaux au sein du défunt gouvernement Charest, veut revoir le financement des établissements de santé. Ce financement ne peut plus être entièrement basé sur l’« activité ». Il doit aussi l’être en fonction « de la qualité des résultats obtenus du point de vue du patient ».

Puis, Philippe Couillard se lance à une attaque en règle contre le PQ, se disant exaspéré par la stratégie de fond du gouvernement du Parti québécois : « La stratégie constante du Parti québécois depuis des décennies, c’est de miser sur quoi ? C’est de miser sur des inquiétudes quant à notre langue et de propager chez les Québécois un sentiment d’humiliation, de complot, de menaces, qui n’est pas du tout réel…C’est quelque chose qui est bâti, construit par leurs responsables politiques qui vont prendre n’importe quel enjeu fédéral-provincial » pour tenter d’exacerber les inquiétudes.

Le pire, aux dires du « digne » successeur de Jean Charest, est cependant ailleurs, à savoir que le fait de contester les idées portées par le Parti québécois est perçu « comme une attaque contre le Québec ». Il s’insurge contre cette façon de voir et espère briser le label de « défenseur des intérêts du Québec » que s’est attribué le Parti québécois.

Le gouvernement du Parti québécois divise, « fragmente » le Québec. Pour lui, le projet de loi 14 sur la langue française, qu’il juge vicié en raison de ses aspects « coercitifs », s’inscrit « dans un discours général de fragmentation ». Il est convaincu que la protection et la promotion de la langue française passent par des mesures de « valorisation ». L’« adhésion très large de tous les Québécois de toutes les origines » est liée à de telles mesures.

Enfin, l’entrevue se termine sur la Charte de la laïcité que Philippe Couillard souhaiterait « ouverte, c’est-à-dire dans laquelle il existe une tolérance notamment pour le port de signes religieux non ostentatoires », ajoutant qu’il se dit prêt à débattre avec ses militants de l’idée de proscrire le port de signes religieux chez les juges, les procureurs de la Couronne, les policiers et les gardiens de prison, comme le recommandait la commission Bouchard-Taylor en mai 2008.

Voilà…la table est mise ! Une ribambelle de coquilles vides assaisonnées de quelques épices sans saveur convient les invités à se bercer sur un nuage de « belles paroles » qui les conduiront tout doucement vers la voie du « changement…sans mouvement ».

vigile.net tribune libre 6 mai 2013

C’est curieux comme la mémoire…

6 mai 2013

Lors des audiences de la commission Gomery, plusieurs témoins donnaient l’impression qu’ils avaient perdu la mémoire. Par contre, à la commission Charbonneau, la plupart des témoins se souviennent dans les moindres détails d’événements qui se sont déroulés très souvent il y a plusieurs années. Peut-être que les spécialistes de la mémoire pourraient m’expliquer les raisons de ce phénomène plutôt insolite. Curieux comme la mémoire est parfois une faculté qui oublie, parfois une faculté qui n’oublie rien!

quebechebdo 6 mai 2013

Lise Payette, la femme et l’engagée

5 mai 2013

« Nos dirigeants auraient avantage à écouter les personnes âgées au lieu de les enfermer » Pensée personnelle

Dans son billet intitulé « Mon printemps (mis)érable » paru dans Le Devoir du 3 mai 2013, Lise Payette nous relate avec beaucoup d’émotion le long chemin qu’elle a dû parcourir depuis le 3 octobre 2012, le jour où elle est tombée « bêtement » sur un trottoir de la rue Sherbrooke, une chute qui provoqua une triple facture à la cheville droite.

Parmi les passages vibrants de compassion dont Lise Payette nous fait part, on ne peut passer sous silence les témoignages de sympathie qu’elle nous transmet vis-à-vis les personnes âgées qui n’ont plus aucun contact avec leur famille et qui, de surcroît, souffrent souvent de la maladie d’Alzheimer :

« J’ai été soignée à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal parmi les autres malades, dont un trop grand nombre sont atteints de la maladie d’Alzheimer et dont les yeux vides vous arrachent les larmes chaque fois que vous essayez de les rejoindre au milieu de leurs souvenirs qui sont éteints. J’ai vu travailler des membres du personnel capables de tendresse et de patience, alors que d’autres ont choisi de ne plus voir la souffrance en face et continuent de faire comme si l’être humain qui leur est confié était déjà mort. J’ai surtout vu la différence entre ceux qui ont des visiteurs qui viennent les dorloter et ceux qui n’ont plus aucun contact avec leur famille ou leurs amis ».

Puis, comme il fallait s’y attendre de la part de Lise Payette, la souverainiste dans l’âme et les tripes, sa convalescence n’allait pas se dérouler dans une bulle :

« J’ai fait bien attention d’occuper ma tête en lisant, en restant dans la parade, en suivant les événements qui meublent nos journées, et je sais tout du comportement du gouvernement d’Ottawa ces derniers mois, des révélations ahurissantes de la commission Charbonneau, du travail colossal du gouvernement Marois malgré son évidente difficulté à remettre de l’ordre dans les affaires du Québec, de l’infini cynisme des citoyens face à ceux qui prétendent les diriger, du mouvement « de la rue » qui n’est pas occupée par les étudiants cette année, mais par les travailleurs qu’on étouffe pour les faire taire. Les acteurs changent, mais on joue toujours dans la même pièce… »

Cette pièce de théâtre dans laquelle le carrousel tourne et tourne en rond, actionné par des marionnettes aux allures de romanichels désoeuvrés : « J’ai l’intention de faire tout en mon pouvoir pour venir en aide aux personnes qui traversent une vieillesse sans tendresse et sans espoir. Il ne faut pas seulement de l’argent, il faut de l’amour et infiniment de respect. Je continuerai de vous en parler comme je vous parlerai de cette société qui est la nôtre et qui tourne avec le vent sans jamais remettre ses choix en question ».

Une société « qui tourne avec le vent sans jamais remettre ses choix en question »…un peuple de « bonnes gens », ouverts aux idées nouvelles jusqu’au moment où les colonnes du temple soutenues par ses valeurs traditionnelles sont ébranlées et risquent de s’effondrer. À ce moment-là, les Québécois se replieront dans leurs tranchées et opteront, comme ils l’ont toujours fait, pour la sécurité « sans jamais remettre [leur] choix [initial]en question ».

Je vous laisse sur ce petit poème qui m’est venu un jour que je revenais d’une visite à ma mère dans son dernier logis, une chambrette meublée d’un lit et d’un fauteuil roulant :

La traversée du désert

Il a toujours existé sur cette terre
Des générations généreuses de mère
Pour qui le sentiment d’utilité
Incarnait la fontaine où s’abreuver

Il fut un temps pas lointain où ma mère
Avait érigé tout son univers
Autour du besoin criant de donner
À ses enfants sans jamais demander

Puis emportée dans un destin pervers
A vite basculé tout son univers
Lorsque ses oiseaux ont quitté le nid
Construit au cours de toutes ces décennies

Ce fut alors la descente aux enfers
Son âme s’est réfugiée dans un cancer
Qui l’a aussitôt condamnée aux fers
Et à bout de forces l’a conduite en terre

Telle est la belle et triste histoire d’une mère
Qui a dû traverser seule le long désert
Et pour qui j’ai écrit ces quelques vers
Enfouis dans l’intimité de ma serre

vigile.net tribune libre 5 mai 2013

Un mariage forcé

5 mai 2013

Après des mois d'intenses négociations parfois pénibles, les deux nouvelles formations d'opposition à la Ville de Québec, à savoir Québec autrement de David Lemelin et Démocratie Québec d'Anne Guérette, auraient finalement trouvé un terrain d'entente et annonceraient leur fusion.

En janvier, des discussions pour une potentielle fusion s'étaient conclues par un échec. La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, tenait à une course à la direction du parti, ce que ne souhaitait pas Québec autrement. Mme Guérette proposait de plus le partage des districts, une idée qu'a toujours rejetée l'équipe de David Lemelin. En avril, Mme Guérette est revenue à la charge et avait déploré que le chef de Québec autrement «n'ait pas donné suite à son idée » qui visait à faire en sorte que les formations ne se concurrencent pas aux élections du 3 novembre 2013.

Toutefois, malgré leurs différends, les deux formations ont toutefois toujours plaidé pour éviter de diviser le vote face aux troupes de Régis Labeaume mais le mode d’emploi restait toujours inconnu. Selon toute apparence, il appert que cette dernière préoccupation des deux chefs ait prévalu sur les différends qui les opposaient. Reste à savoir si cet argument réussira à donner naissance à un parti uni…À mon avis, cette fusion présente l’impression d’un « mariage forcé » qui n’augure rien de solide, compte tenu des fortes personnalités des deux « conjoints ».

 

quebechebdo 5 mais 2013 

Personne n’en parle!

4 mai 2013

On ne compte plus les cotes d’écoute de l’émission « Toute le monde en parle », communément appelé TLMP, tellement cette parade de personnalités à la une, que ce soit des « bons » ou des « méchants », attirent, tels des mouches autour d’un pot de confiture, les fans assoiffés de manifestations de petit sensationnalisme.

Et pourtant…Combien de grandes réalisations passent inaperçues et mériteraient un meilleur sort que la complète ignorance de la part d’une émission qui aurait avantage à en parler au lieu d’exhiber les sourires béats de deux animateurs faisant les paons devant le petit écran.

À titre d’exemple, tous les intervenants en milieu scolaire disposeront dorénavant d’un nouveau programme de formation en ligne destiné à leur venir en aide dans la gestion de l’asthme, qui touche environ 15% des enfants québécois, ce qui représente une moyenne de trois enfants par classe. Ce programme véhicule, entre autres mythes qui entourent la maladie, la crainte de plusieurs parents, dont un enfant en est atteint, de la prise régulière de médication visant à contrer les effets négatifs de l’asthme.

Dans le but de présenter un exemple convaincant aux personnes touchées directement ou indirectement par l’asthme, les promoteurs de cette initiative admirable ont recruté, comme porte-parole, Alex Harvey, lui-même atteint de cette maladie, et dont les exploits en ski de fond ont atteint les plus hauts sommets.

Nous avons là, à mon sens, une trouvaille qui devrait être exhibée devant les réflecteurs au lieu des visages de glamour qui envahissent les écrans des québécois à tous les dimanches soirs…Malheureusement, personne n’en parle!

quebechebdo 4 mai 2013

Le pouvoir inaliénable du Québec en éducation

4 mai 2013

Décidément, le gouvernement Harper est en train de développer une habitude qui frise l’ingérence cavalière dans les compétences provinciales. Sa dernière trouvaille réside dans la création d’un comité permanent du ministère du Patrimoine canadien qui a pour mandat de se pencher sur l’enseignement de l’histoire dans les établissements primaires, secondaires et postsecondaires même si l’éducation est un champ de compétences qui relève des provinces, une décision qui a été prise « à huis clos » par le Comité permanent du patrimoine canadien, formé majoritairement de députés du Parti conservateur.

Ce comité investiguera sur les contenus des différents programmes d’histoire à travers le pays en mettant l’accent principalement sur l’histoire du Canada, entre autres, les débuts de la Confédération et les fondements de la fédération canadienne, les première et seconde guerres mondiales, l’évolution constitutionnelle ainsi que le débat constitutionnel.

Évidemment, les partis d’opposition à Ottawa ont crié à l’ingérence du fédéral dans les champs de compétence des provinces, alléguant, avec raison, que les conservateurs au pouvoir en profitent pour imposer leur vision de l’histoire canadienne.

En ce qui a trait à Québec, cette nouvelle ingérence d’Ottawa est vivement critiquée. Selon le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Alexandre Cloutier, le comité fédéral sur l’enseignement de l’histoire outrepasse ses champs de compétences :

« Non seulement c’est piétiner dans les champs de compétences de Québec, mais ça arrive au même moment où le gouvernement fédéral refuse d’ouvrir ses livres pour que lumière soit faite sur le comportement qu’aurait eu l’ancien juge en chef de la Cour Suprême, Bora Laskin, lors du rapatriement de la Constitution. Si Ottawa veut parler d’histoire, qu’il commence par accepter de parler du débat constitutionnel, un des moments les plus importants de l’histoire du pays ».

Quant à notre premier ministre canadian, fidèle à son habitude, à savoir de noyer habilement le poisson dans l’aquarium, il s’est montré rassurant. « Notre gouvernement n’a aucune intention de dire comment enseigner l’histoire par les provinces. Nous n’avons pas le pouvoir, nous n’avons pas la volonté de le faire. Évidemment, comme parlementaires fédéraux, nous avons un intérêt à promouvoir une connaissance de l’histoire canadienne ».

Si M. Harper désire promouvoir l’histoire du Canada, libre à lui. Par contre, le canal qu’il utilisera ne doit pas empiéter sur le pouvoir inaliénable des provinces en éducation, un droit qui leur appartient en toute légitimité. En ce sens, le contenu du cours d’histoire nationale se doit d’être édicté par le Québec qui seul, détient cette prérogative.

vigile.net tribune libre 4 mai 2013

On dit que le ridicule ne tue pas…

4 mai 2013

Un petit Américain de 5 ans du Kentucky a abattu sa soeur de 2 ans avec son propre fusil, un .22 long rifle « spécialement conçu pour les enfants », qui lui avait été offert en cadeau l’année dernière.

L'arme était stocké dans le coin d'une pièce et les parents ne savaient pas qu'il restait une munition à l'intérieur, selon le médecin légiste chargé de cette affaire. Il appert que la mère des enfants, qui faisait le ménage, était momentanément sortie sur le balcon de la maison.

Aux États-Unis, 851 personnes sont mortes en 2011, victimes d’une balle perdue tirée par accident. Sur la même période, ces accidents ont fait quelque 14 675 blessés, dont 7 991 mineurs et 3 569 âgés de moins de 13 ans.

Pourtant, des textes de loi pour une réglementation plus stricte sur les armes à feu, déposés dans la foulée du massacre de Newtown au Connecticut en fin 2012, ont été repoussés il y a deux semaines au Congrès.

Un proverbe dit que «le ridicule ne tue pas». Mais, malheureusement pour la petite Caroline Starks, «le ridicule» des parents qui ont placé l’arme meurtrière entre les mains du garçonnet contribue à faire augmenter la liste des victimes d’attitudes irresponsables et de gestes fatidiques chez nos voisins du Sud.

Quant à nous, dans notre «beau pays», nous en sommes encore à nous demander si nous devons conserver le registre des armes à feu. Stupéfiant!

quebechebdo 4 mai 2013
Le Devoir 6 mai 2013 "Le ridicule ne tue pas?"
Le Soleil 6 mai "Quand le ridicule tue"

Baird récolte une autre patate chaude

4 mai 2013

Outrés par les récentes sorties du ministre fédéral des Affaires étrangères, John Baird [qui n’en sont pas à leur première !], des États du Moyen-Orient se rangeraient, selon certaines sources, derrière le Qatar pour ravir à Montréal le siège permanent de l’Organisation de l’avion civile internationale, une « rumeur » que nie le gouvernement Harper qui promet de se battre « bec et ongles » pour conserver l’organisation de l’ONU dans la métropole canadienne, et que réfute le ministre Baird, qui affirme n’en avoir eu aucun écho, pas même pendant son voyage au Moyen-Orient le mois dernier.

Dans les faits, il semble que les pays arabes étaient déjà exacerbés de voir le gouvernement de Stephen Harper se faire le grand défenseur d’Israël. Et la rencontre du ministre Baird avec une homologue israélienne en territoire occupé, à Jérusalem-Est le mois dernier, aurait irrité davantage les frustrations. Résultat, des États arabes songeraient maintenant à promouvoir la candidature du Qatar, qui a déposé la semaine dernière sa propre offre d’héberger le siège de l’OACI dans sa capitale, Doha. Toujours selon la rumeur, les pays s’affaireraient à faire front commun pour convaincre des alliés et récolter suffisamment de votes pour réquisitionner l’organisation onusienne à Doha.

Par ailleurs, même si le « mastodonte » fédéral de Affaires étrangères dément que les pays arabes grenouillent dans les coulisses, il a lui-même entamé une contre-attaque diplomatique, faisant des appels, avec ses fonctionnaires, dans « quelques dizaines de pays à travers le monde » pour s’assurer de leur appui quant au maintien du siège de l’OACI à Montréal.

Et, qui plus est, notre « digne » représentant fédéral aux relations internationales s’associe à son homologue péquiste québécois responsable de Montréal, Jean-François Lisée, de même qu’au maire de la métropole Michael Applebaum pour former leur propre front commun sous la bannière d’Équipe Montréal qui viendrait sous peu « vanter les avantages de la ville québécoise en tant qu’hôte permanent de l’OACI ».

L’OACI compte 534 employés dans la métropole québécoise et les délégations de 37 pays membres. Selon une analyse de la firme SECOR, l’organisation rapporterait des retombées économiques annuelles de 119 millions $ dans les goussets de la ville de Montréal, un apport non négligeable.

Sur un autre plan, M. Baird , conformément à « son sens inné des relations internationales », a confirmé qu’Ottawa ne tentera pas d’obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies en 2015, trois ans après le revers essuyé au profit du Portugal. Pour le bloquiste Jean-François Fortin, cette décision, ajoutée au sort incertain de l’OACI à Montréal, est imputable aux positions des conservateurs ces dernières années. « Le Canada, particulièrement depuis 2006 avec la présence des conservateurs, a eu un comportement d’État voyou irresponsable, irrespectueux des normes internationales, des conventions internationales et du droit international ».

À mon sens, le député bloquiste, dans sa déclaration, résume parfaitement les conséquences désastreuses semées par un « État voyou irresponsable » dont nous aurions avantage à nous séparer si nous désirons, en tant que nation autonome, mettre en lumière les valeurs qui nous sont propres, en particulier le respect des « conventions internationales et du droit international ».

vigile.net tribune libre 3 mai 2013