La fusion plutôt que le sabordage

1 juin 2013

Je n’ai jamais été partisan de propositions, dans quelque domaine que ce soit, qui visent une fin qui frise l’apocalypse…C’est un peu ce que j’ai ressenti en lisant le billet de Normand Perry, paru sur cette tribune le 30 mai sous le titre « À toute rédemption un sacrifice est nécessaire ». À titre d’exemple, voici un extrait de l’article de M. Perry :

« Je l’affirme avec force et vigueur : le PQ doit être sacrifié pour que la rédemption de la cause indépendantiste soit possible, sans quoi oublions ça mes amis, c’en est fait de la nation québécoise comme pays indépendant ! »

À mon sens, la situation actuelle du PQ, quoique fragile, voire précaire, quant à sa démarche de gouvernance souverainiste pour accéder à notre indépendance, ne doit pas être « sacrifiée pour que la rédemption de la cause indépendantiste soit possible ».

Un tel « sacrifice » risquerait d’ébranler sérieusement les « colonnes du temple » de la cause indépendantiste québécoise, compte tenu, il faut bien l’admettre, que le PQ demeure encore le parti politique reconnu par la majorité des Québécois comme « le » parti souverainiste au Québec.

Dans mon article publié sur cette tribune en date du 14 mai sous le titre « Le cul-de-sac…à moins que… », je concluais en ces termes : « À mon sens, nous avons atteint un point de non-retour…à moins que les trois partis souverainistes se fusionnent. Toutefois, une condition devra faire l’unanimité, à savoir une déclaration officielle de processus d’accession à l’indépendance du Québec nettement inscrite dans le règlement numéro 1 du nouveau parti. »

Malgré le désabusement engendré par les nombreuses tergiversations dans lesquelles le PQ nous a conduit depuis sa création, il faut se rappeler qu’il est né de la « fusion » de trois partis, à savoir le MSA, le RIN et le RN, et ce, sans qu’il ne soit question de « sabordage » de l’un ou de l’autre parti. Dans mon livre à moi, la fusion incarne la voie de l’avenir…le sabordage, l’échec.

Toutefois, comme dirait le proverbe, « il y a loin de la coupe aux lèvres » et ce n’est pas pour demain la veille que nous assisterons à cette fusion ! Néanmoins, puisque nous en sommes rendus là, il faut bien commencer par un chemin quelconque…Et, en ce qui me concerne, nous devons éviter de tomber dans le piège des décisions « dangereusement extrémistes » mais plutôt tenter d’atteindre l’équilibre qui nous permettrait d’unir les forces souverainistes au lieu de les amputer dès le départ d’un membre essentiel à leur survie.

vigile.net tribune libre 31 mai 2013

Monsieur n’est pas content!

1 juin 2013

Comme dit le dicton, « vaut mieux en rire qu’en pleurer »…À cet effet, je vous propose cet extrait de la chronique de Jean-Simon Gagné, parue dans le Soleil du 22 mai sous le titre « Scandale à la Chambre des morts » :

« Mardi, à Ottawa, Stephen Harper a livré un grand numéro de théâtre, pour faire oublier ses malheurs au Sénat. «Je ne suis pas content [...]», a dit le premier ministre… Puis, tel un sorcier exécutant la danse de la pluie, le premier ministre a frappé un grand coup. Il a ordonné aux éventuels fraudeurs de son parti de quitter la salle. Vous devinerez que personne n'est sorti. Et que M. Harper a paru aussi convaincant que le gars essayant de stopper la marée de la baie de Fundy avec une fourchette de plastique et une pincée de sel. Ne souriez pas. Ça n'a rien de drôle. Mais heureusement, il y a une morale à cette histoire. Elle stipule que l'efficacité annuelle du père Noël démontre hors de tout doute qu'il est mûr pour le Sénat canadien. Même si toutes les maisons possèdent une porte et des fenêtres, il s'obstine à passer par le conduit de la cheminée ».

quebechebdo 1er juin 2013

Le lieutenant de Stephen Harper plaide pour son chef

1 juin 2013

Dans son édition du 25 mai 2013, le Soleil publiait un article dans lequel le nouveau chef du PLC, Justin Trudeau, se prononçait contre la réforme du Sénat au profit du statu quo… Jusque là, pas de surprise de la part du digne fils de l'autre!

Par ailleurs, là où le bât blesse avec outrance et désinvolture, c'est l'opinion du ministre de l'Industrie, ministre d'État à l'agriculture et lieutenant politique de Stephen Harper, Christian Paradis, publiée sur cyberpresse, dont voici quelques extraits fort «révélateurs»:

«M. Trudeau, la population québécoise s'est prononcée clairement: elle veut des changements au Sénat. Cette institution a des comptes à rendre aux Québécois et aux Canadiens. Les Québécois nous réclament constamment de dépoussiérer cette institution et s'attendent à ce que notre Sénat dans sa forme actuelle change. Voilà pourquoi notre gouvernement conservateur veut réformer significativement le Sénat sans tarder, notamment en tenant des élections, en limitant la durée des mandats et en exerçant une nouvelle surveillance rigoureuse des dépenses. Le message du Premier ministre a été très clair: nous sommes ici pour servir les Canadiens d'abord et avant tout. Tout en continuant de resserrer les règles, nous devons également assurer le maintien d'une culture de reddition de comptes… Nous demandons aux libéraux de Justin Trudeau de travailler avec le gouvernement pour accélérer immédiatement l'adoption de nos nouvelles mesures rigoureuses de supervision et de reddition de comptes pour le Sénat afin de mieux protéger les contribuables.»

Comment Christian Paradis peut-il affirmer de telles ignominies sans sourciller? Comment peut-il pousser le ridicule jusqu'à affirmer que le gouvernement conservateur veut réformer significativement le Sénat «sans tarder» alors que le dossier chaud du Sénat couve depuis des mois dans le giron de Stephen Harper? Comment peut-il lancer sans rire que la «future» réforme veillera à exercer «une nouvelle surveillance rigoureuse des dépenses» au moment où le scandale Duffy fait les manchettes depuis plusieurs jours? Enfin, comment le lieutenant de notre cher premier ministre peut-il lancer avec fierté que les «nouvelles mesures rigoureuses» du projet de réforme conservateur (qu'on attend toujours) visent à «mieux protéger les contribuables» alors que ces derniers viennent d'apprendre qu'ils ont été floués cavalièrement par des sénateurs désignés par celui-là même qui est censé resserrer les mesures de redditions de comptes?

 

En bref, comment le ministre conservateur a-t-il le culot d'ajouter le ridicule à la diversion dont fait preuve son chef, particulièrement depuis les derniers événements qui sont venus entacher la crédibilité de cette «auguste assemblée» dénommée le Sénat canadien?

cyberpresse.ca 1er juin 2013

Expo Québec: rouge comme une tomate

31 mai 2013

C’est confirmé…Expo Québec amorce cette année son virage axé sur la jeunesse et les sensations fortes. Parmi celles-ci, une tomatina, au cours de laquelle les participants se lanceront quelque 100 000 tomates illustre le genre de « coup de barre » que la fête entend prendre.

Au risque de paraître un éteignoir, il me semble que les organisateurs auraient pu s’ingénier à trouver autre chose qu’un lançage de tomates comme sensations fortes…À mon sens, ils devraient plutôt être « rouges comme une tomate » à la suite de leur « brillante » idée!

quebechebdo 31 mai 2013

La nécessité incontournable d’un leader charismatique

30 mai 2013

D’entrée de jeu, je vous propose cette citation de Charles de Gaulle, extraite du « Fil de l’épée », publié pour la première fois en 1932 et l’un des livres les plus célèbres du futur général, laquelle citation a paru ce matin du 29 mai en haut de page d’accueil de la tribune libre de Vigile :

« Que les événements deviennent graves, le péril pressant, que le salut commun exige tout à coup l’initiative, le goût du risque, la solidité, aussitôt change la perspective et la justice se fait jour. Une sorte de lame de fond pousse au premier plan l’homme de caractère ».

À la suite de la lecture de cette réflexion de l’ex-président de la France, j’ai tout de suite accroché sur l’expression « homme de caractère » que j’ai associée à ce que plusieurs appellent, et j’en fais partie, le « leader charismatique »…un concept souvent mis au rancart par un certain courant le qualifiant d’accessoire.

En effet, pour des raisons idéologiques qui incarnent une certaine vérité, plusieurs penseurs préconisent la primauté du groupe socio-politique au leader, alléguant qu’il appartient à la collectivité de prendre sa destinée en main.

Un principe qui, à mon sens, pèche par un certain idéalisme, voire même une utopie, qui pourrait laisser croire que les brebis peuvent se suffire à elles-mêmes sans la présence du pâtre pour les nourrir et les abreuver.

À titre d’exemple, je ne conçois pas qu’un parti politique, de quelque allégeance et de quelque palier que ce soit, puisse espérer attirer vers lui, sans la présence d’un leader charismatique, la mobilisation nécessaire pour faire son nid sur la scène politique, particulièrement, comme c’est le cas pour le mouvement indépendantiste québécois, lorsque « les événements deviennent graves, le péril pressant, que le salut commun exige tout à coup l’initiative, le goût du risque, la solidité ».

« Aussitôt, affirme de Gaulle, change la perspective et la justice se fait jour. Une sorte de lame de fond pousse au premier plan l’homme de caractère ». En d’autres termes, l’accession à l’indépendance du Québec ne pourra se réaliser que le jour où surgira de quelque part cette « lame de fond » entraînée par cet « homme de caractère [le masculin englobant le féminin], ce leader charismatique dont la vision reflète un projet de société qui rejoint la majorité de la collectivité québécoise…À titre d’illustration, demandez-vous si le mouvement souverainiste québécois aurait pris une telle envergure sans le charisme de René Lévesque !

Dans ce contexte, il est à espérer qu’un jour pas trop lointain émerge de quelque part cet « homme de caractère » dont le charisme allié à ses convictions sauront enfin guider les Québécois vers leur libération pour qu’enfin « change la perspective » et que « la justice se fasse jour » envers le peuple du Québec !

vigile.net tribune libre 30 mai 2013



Le père de la décriminalisation n’est plus

30 mai 2013

Le Dr Henry Morgentaler est décédé le 29 mai d’une crise cardiaque à l’âge de 90 ans. Qui n’a jamais entendu parler du personnage « coloré » qu’incarnait le médecin d’origine polonaise qui a immigré au Canada en 1950? Un personnage controversé qui suscita les passions toute sa vie dans son combat constant pour la légalisation de l’avortement que la Cour suprême du Canada lui accorda le 28 janvier 1988.

En pratiquant plus de 100 000 avortements en toute sécurité, il aura permis à autant de femmes de choisir librement d’enfanter ou non grâce à sa volonté et son acharnement. Par ailleurs, il serait extrêmement déplorable que les Conservateurs de Stephen Harper nous ramènent plus de 30 ans en arrière dans leur projet rétrograde de rouvrir le débat sur l’avortement.

Que l’on soit pour ou contre l’avortement, le Dr Henry Morgentaler restera un personnage qui a marqué l’univers collectif canadien par sa détermination et ses convictions.

quebechebdo 30 mai 2013

Les fleurs et le pot pour le maire Tremblay

30 mai 2013

Tout en remettant d’une main les fleurs au maire de Saguenay, Jean Tremblay , la Cour d'appel renverse la décision du Tribunal des droits de la personne et permet à la Ville de Saguenay de réciter la prière avant les séances du conseil municipal, mais lui remet de l’autre main le pot en déplorant qu’il ait contrevenu au devoir de réserve associé à ses fonctions.

Sans vouloir user de jeux mots inappropriés dans les circonstances, j’ai l’impression que les trois juges de la Cour d’appel ont coupé la poire en deux en permettant à monsieur le maire de réciter sa « prière » tout en le « priant » de se conformer à son devoir de réserve.

quebechebdo 30 mai 2013

L’étau constitutionnel

29 mai 2013

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la saga que vit actuellement le Sénat canadien soulève beaucoup d’émotion. À cet effet, il fallait voir Stephen Harper hier se débattre « comme un diable dans l’eau bénite », bombardé de questions aux Communes de la part de l’Opposition.

En soirée, à l’émission 24 heures en 60 minutes, animée par Anne-Marie Dussault, les invités Benoît Pelletier et Frédéric Bastien, l’auteur de « La bataille de Londres », ont réaffirmé que l’abolition du Sénat ne pouvait se réaliser sans l’accord unanime des provinces sur une réouverture de la Constitution.

À ce stade-ci, un petit rappel historique sur le rapatriement de la Constitution s’avère intéressant dans la mesure où le Québec, exclu de cette Constitution, se retrouve par conséquent isolé de cette « éventuelle réouverture ».

La Loi de 1982 sur le Canada fut la dernière requête du gouvernement canadien pour modifier la constitution du pays. Après des négociations peu prometteuses avec les gouvernements provinciaux, Pierre-Elliot Trudeau commença à espérer que le Parlement fédéral pourrait rapatrier la constitution de façon unilatérale. Toutefois, la Cour suprême du Canada jugea, dans le « Renvoi sur le rapatriement », qu’un « niveau substantiel de consentement » de la part des provinces était nécessaire selon les conventions constitutionnelles. À grands coups de manœuvres de « corridors à la Trudeau », le premier ministre canadian réussit à convaincre neuf provinces sur dix en ajoutant la clause dérogatoire pour limiter la mise en œuvre de la Charte canadienne des droits et libertés, l’objectif ultime et inavoué de Trudeau dans toute cette saga.

Le Québec fut la seule province à ne pas adhérer à cette entente. À cet effet, il convient de se rappeler que l’Assemblée nationale adopta, le 1er décembre 1981, une résolution selon laquelle la province ne signerait la Loi constitutionnelle de 1982 qu’à certaines conditions, à savoir le droit de veto, l’abrogation des dispositions de la Charte touchant la liberté de circulation et d’établissement, la limitation du pouvoir fédéral de dépenser, la clause de la « société distincte » et l’intervention dans la nomination des juges à la Cour suprême du Canada…ce qui fut rejeté à Ottawa.

Toutefois, malgré l’absence du Québec dans l’entente adoptée par Trudeau et les neuf autres provinces, il n’y eut aucune objection de la part du gouvernement britannique quant à l’adoption de la Loi. C’est ainsi que, dans la section 2 de la Loi, le Royaume-Uni met fin à sa participation dans de futures modifications de la constitution canadienne.

La Loi de 1982 sur le Canada reçut la sanction royale d’Élisabeth II, Reine du Canada, un 17 avril pluvieux sur la colline du Parlement à Ottawa. Toutefois, la Reine Élisabeth demeure reine et chef d’État du Canada, ses pouvoirs constitutionnels sur le Canada n’ayant pas été modifiés par la Loi. Le Canada, quant à lui, devient pleinement souverain sur son territoire.

À la lumière de ce scénario bassement flagorneur typiquement trudeauiste ayant conduit à la signature de cette parodie constitutionnelle, j’ai l’impression que nous sommes appelés à vivre sous l’emprise de l’étau constitutionnel encore pour bien des années avant que les mors de l’étau ne se desserrent !

vigile.net tribune libre 29 mai 2013



Passe-droit aux communautés religieuses

29 mai 2013

Dernièrement, les députés ont adopté en commission parlementaire des modifications à la loi 22 concernant les victimes d’agressions sexuelles, notamment sur le délai de prescription qui passe de 3 ans à 30 ans, sauf pour les agressions commises il y a plus de trois ans.

Toutefois, cet amendement ne tient pas compte des cas d’agressions sexuelles les plus nombreux, à savoir celles commises dans un cadre institutionnel, pour lesquelles les règles actuelles continueront de s’appliquer. De plus, la nouvelle loi mettrait fin au recours trois ans après la mort de l’agresseur, ce qui pourrait blanchir les institutions religieuses de qui relevaient les agresseurs.

Un passe-droit qui témoigne d’un « privilège » inacceptable de la part des élus pour les communautés religieuses qui se retrouvent ainsi à l’abri de poursuites des nombreuses victimes de pédophilie de la part de certains religieux au cours des dernières décennies.

quebechebdo 29 mai 2013

Le principe de l’honneur sérieusement entaché

28 mai 2013

Depuis que le scandale du Sénat entourant la saga Duffy a éclaté au grand jour, Stephen Harper, selon sa « bonne » habitude, s’est littéralement « déguisé en courant d’air ». En attendant, telle une couleuvre, notre cher premier ministre canadian continue de se rabattre sur le fait qu’il a été informé de l’affaire Duffy en lisant un journal, un autre prétexte fallacieux pour tuer le temps en espérant que la GRC le sortira de ce merdier le plus vite possible en annonçant la tenue d’une enquête policière sur cette affaire.

Selon la version « officielle », le vérificateur général Michael Ferguson n’aurait pas vérifié les dépenses des sénateurs, dans son rapport de juin 2012, alléguant que « les sénateurs sont menés par le principe de l’honneur » et qu’ils avaient opposé leur veto à une telle enquête en vertu du principe de leur indépendance, des arguments qui auraient satisfait M. Ferguson concernant les règles entourant les déplacements des sénateurs.

Toutefois, dans son rapport, le vérificateur soulève quand même certaines interrogations sur les sénateurs qui sont propriétaires d’une résidence secondaire dans la région d’Ottawa. Par contre, deux des cas passés à la loupe manquaient de preuve, selon le version de M. Ferguson.

Par ailleurs, selon certaines sources, les conservateurs, dans un ultime effort pour écarter la foudre qui s’abat sur eux, proposeront dans les prochains jours une série de changements aux règles d’éthique qui doivent guider les sénateurs, concernant particulièrement les dépenses liées aux résidences secondaires et aux déplacements des sénateurs.

En effet, selon les informations obtenues via un communiqué diffusé le 26 mai, la leader du gouvernement dans la Chambre haute, Marjory LeBreton, proposera une série de modifications dont la première est libellée ainsi : « On ne supposera plus que les sénateurs se conduisent de manière honorable lorsqu’ils demandent à être indemnisés ».

Un « beau » principe qui souffre, malheureusement pour les conservateurs, de toute crédibilité compte tenu de paravents archaïques, tel le principe de l’honneur, qui ont déclenché la crise de confiance qui sévit actuellement envers cette institution tout autant archaïque appelée le Sénat canadien.

En attendant, Stephen Harper va continuer de louvoyer autour du pot dans l’espoir que la GRC prenne le relais, ce qui va lui permettre de répondre aux questions de l’opposition qu’il ne peut pas s’ingérer dans une enquête en cours…et vogue la galère des scandales étouffés par le maître d’œuvre de la diversion !

vigile.net tribune libre 28 mai 2013