Des élections le 14 avril?

6 février 2014

Au rythme où se déroulent les déclarations à saveur électorale de le première ministre, les planètes s’alignent de plus en plus pour un scrutin général printanier axé sur l’avenir du Québec. En toile de fond, la charte de la laïcité, et le dépôt du budget.

D’une part, la commission parlementaire sur le projet de loi 60 terminera bientôt ses consultations. Le gouvernement présentera ensuite une version « modifiée » qui devrait rallier les caquistes et être adoptée par l’Assemblée nationale.

D’autre part, le budget Marceau sera rejeté par les libéraux et les caquistes, ce qui occasionnera le déclenchement d’élections générales. À ce sujet, lors de son allocution en Mauricie le 5 février devant quelque 300 partisans, Pauline Marois a été claire : « MM. Legault et Couillard ont déclaré qu’ils étaient prêts à nous précipiter en campagne électorale en votant contre le budget. S’ils ne reculent pas, il reviendra aux électeurs de trancher »

Par ailleurs, l’ampleur du débat suscité par le projet de loi sur la laïcité aura préparé le terrain à la vaste consultation populaire que la première ministre vient de s’engager à mener sur l’avenir du Québec, advenant l’élection d’un gouvernement péquiste majoritaire : « Je vous l’annonce ce soir : au cours du prochain mandat, nous allons recommencer à réfléchir collectivement. En reprenant, à notre façon, la démarche choisie par René Lévesque, toute la population sera invitée à prendre la parole. Dans un prochain mandat, un gouvernement du Parti québécois va présenter un livre blanc sur l’avenir du Québec »

En ce qui a trait à l’équilibre budgétaire reporté en 2015-2016 par le ministre Marceau, la première ministre allègue que la position de Philippe Couillard et de François Legault qui souhaitent l’équilibre budgétaire dès le prochain budget nuira à la croissance économique : « Si on écoutait les chefs de l’opposition, il faudrait hausser les taxes ou faire des compressions très douloureuses de près de 2 milliards de dollars. Des compressions, ça veut dire moins d’activité économique, moins d’emplois et, au bout du compte, moins de revenus pour l’État »

Enfin, une lueur d’espoir qui, je l’espère profondément, ne sera pas qu’une flammèche électoraliste, rejaillit des paroles de Pauline Marois concernant la démarche du Québec vers son indépendance : « Quel statut nous permettra de préserver notre langue sur une période de 10, 20 ou 50 ans ? Celui de province canadienne ou celui de pays ? Pour moi, c’est clair : la seule voie qui assure l’avenir du français, c’est celle d’un pays, d’un pays francophone en Amérique » http://www.ledevoir.com/politique/q…

Devant cette conjoncture que je qualifierais de « favorable » pour le gouvernement, j’ai l’impression que les Québécois pourraient être appelés aux urnes dès le 14 avril…

vigile.net tribune libre 6 février 2014
quebechebdo 6 février 2014


Les empêcheurs de tourner en rond

5 février 2014

Un nouveau tir à l’encontre du projet de loi 60 vient d’être lancé par un avis juridique commandé par la Fédération autonome de l’enseignement http://www.ledevoir.com/societe/edu…

Et, dans la lignée des arguments évoqués par le Barreau du Québec, ce dernier avis juridique reprend essentiellement le même argumentaire, à savoir qu’il porte atteinte à trois droits fondamentaux : la liberté de religion, la liberté d’expression et le droit à l’égalité.

Par ailleurs, un son de cloche différent est déjà parvenu des Juristes pour la laïcité et la neutralité religieuse de l’État qui avancent que « l’interdiction du port des signes religieux fixée dans le projet de loi 60 est constitutionnelle, se fiant à l’« évolution récente de la jurisprudence ». http://www.ledevoir.com/politique/q…

Dans toute cette saga entourant la légalité du projet de loi 60, le profane que je suis est en train d’en perdre son latin…à tel point que je me suis retourné vers mon arme favorite, à savoir le « gros bon sens »…et voici où il m’a conduit.

Partant du principe que l’État québécois désire enchâsser dans une loi le principe de la laïcité [principe avec lequel « tous » les intervenants semblent en accord], il doit y intégrer à fortiori les dispositions nécessaires pour arriver à ses fins, à défaut de quoi la loi est inapplicable dans les faits.

Alors, en vertu de cette prémisse tout à fait logique, les juristes anti-charte peuvent-ils m’expliquer quelles dispositions ils souhaitent voir apparaître dans ce projet de loi pour y conférer un mode d’application « raisonnable » ?

Comment un État qui s’affirme laïc peut-il concilier les « libertés de religion et d’expression » en tolérant que ses employés puissent arborer sur leur lieu de travail des signes religieux qui s’érigent en porte-à-faux avec les principes mêmes de la laïcité ?

En vertu du principe de la congruence, une loi n’a-t-elle pas besoin de dispositions claires pour être applicable, et si oui, comment y parvenir si les chartes de droits et libertés s’érigent implacablement en murailles devant son applicabilité ?

Poser ces questions nous ramène continuellement devant le problème de la quadrature du cercle…en bref, devant des empêcheurs de tourner en rond qui donnent l’impression que la laïcité de l’État québécois doit s’en tenir à un vœu pieux axé autour d’un « beau principe » inapplicable !

vigile.net tribune libre 5 février 2014
quebechebdo 5 février 2014

Argumentaire hors propos

4 février 2014

Sans grande surprise, la Ligue des droits et libertés, dans son mémoire qu’elle présentera à la commission parlementaire, exige du gouvernement qu’il retire son projet de loi 60 alléguant, entre autres arguments, qu’il risque « de dénaturer la Charte des droits et libertés de la personne ».

À cet effet, la LDL argue « que la Charte des libertés reconnaît l’égalité entre les femmes et les hommes comme étant « un droit et le fondement de la justice, de la liberté et de la paix ».Avec le projet de loi du Parti québécois, la Ligue craint donc que ce droit se transforme en « valeur » et entraîne, par le fait même, la banalisation des droits de la personne qui servent à protéger les minorités contre les décisions arbitraires de la majorité et contre toute forme d’abus de pouvoir. »

La LDL ajoute de plus que le projet de charte de la laïcité « risque d’entraîner la hiérarchisation des droits, alors que les fonctionnaires de l’État qui portent des signes religieux ostentatoires devront choisir entre leur droit au travail et leur liberté de conscience. « Cette hiérarchisation crée un système de discrimination qui affectera particulièrement les femmes portant des signes religieux musulmans. On se retrouve devant deux poids, deux mesures pour la mise en oeuvre du droit des femmes à l’égalité. »
http://www.ledevoir.com/societe/actualites-en-societe/398999/le-projet-de-charte-banalise-les-droits-de-la-personne-dit-la-ligue-des-droits-et-libertes

Dans sa défense, la LDL semble oublier la prémisse essentielle qui a guidé le gouvernement dans l’élaboration de son projet de loi, à savoir la création d’un État laïc, et, qui dit laïc, dit séparation de la religion et de l’État.

Or, le port de signes religieux ostentatoires des immigrants islamistes en milieu de travail au service de l’État québécois s’érige en porte-à-faux avec une laïcité ancrée dans le us et coutumes de l’appareil étatique que le projet du ministre Drainville tente d’établir au Québec.

Conséquemment, l’argumentaire de la LDL s’appuie sur des prémisses hors propos lorsqu’il invoque que « que le projet de charte de la laïcité risque d’entraîner la hiérarchisation des droits, alors que les fonctionnaires de l’État qui portent des signes religieux ostentatoires devront choisir entre leur droit au travail et leur liberté de conscience », à savoir qu’il confond l’objectif de la laïcité de l’État avec la liberté de conscience des immigrants.

D’ailleurs, la LDL, en alléguant qu’« au lieu de mettre de l’énergie sur la création d’une charte des valeurs, la Ligue croit que le gouvernement Marois devrait plutôt se pencher sur les problèmes réels d’atteintes au droit à l’égalité des femmes et des personnes issues de l’immigration », fait la preuve par la négative du problème soulevé dans la communauté musulmane relativement à l’égalité homme-femme.

quebechebdo 4 février 2014

Le projet de loi 60 cité en exemple

3 février 2014

D’entrée de jeu, les faits :

« Selon les informations obtenues par Le Devoir, la situation se serait produite à deux ou trois occasions depuis un an et demi à l’institution saskatchewanaise. « À notre connaissance, sur ce campus nous n’avons eu presque aucune demande de cette nature. Deux ou trois. Ces demandes ont été gérées de manière individuelle par les professeurs dans le contexte de la gestion de leurs cours », a expliqué en entrevue téléphonique le président de l’Université de Regina, Thomas Chase.

Si le président connaît l’existence de ces demandes, il soutient ne pas savoir avec précision comment elles ont été gérées, à part une. « Un [professeur] a simplement dit “non” et la personne qui avait fait la demande a dit “c’est d’accord, j’accepte ce refus”. Sinon, nous n’avons pas de détails particuliers. Il ne semble pas y avoir de problème majeur — ni mineur d’ailleurs — de cette nature sur le campus. »

Le Devoir a été en contact avec un membre de l’Université qui affirme que les demandes de séparation des sexes ont été acceptées par les professeurs. Mis au courant de ce détail, le président n’a pas infirmé ces faits. « S’il y avait quoi que ce soit hors de l’ordinaire, je serais mis au courant. Il semble que cela ait été géré de manière très discrète et de manière acceptable pour les parties impliquées. Mais je fais des conjectures, car aucune plainte, officielle ou officieuse, n’est parvenue à mon bureau. »

Thomas Chase reconnaît que l’université ne possède pas de politique pour gérer ce genre de demandes de ségrégation selon les sexes « simplement parce que le besoin ne s’en est pas fait sentir jusqu’à présent. Si cela devait devenir un problème, évidemment que nous le regarderions ».

Ensuite, un cas précis :

« Début janvier, on a appris qu’un professeur de l’Université York, à Toronto, s’était fait rabrouer par la direction de son établissement parce qu’il avait refusé d’exempter un étudiant qui ne voulait pas participer à un travail de groupe pour ne pas côtoyer de femmes. L’Université, se basant sur un avis de la Commission des droits de la personne de l’Ontario, avait jugé que l’exemption n’entraînerait pas de fardeau démesuré et n’affecterait pas les droits d’autrui dans la mesure où les femmes de la classe n’avaient pas besoin d’être mises au courant de l’exemption.

Le professeur, Paul Grayson, a rendu son histoire publique, et cela a vite fait le tour du pays. Il a déclaré au Devoir que, pour éviter de pareils errements, le Canada devrait s’inspirer de Bernard Drainville et limiter à son tour l’expression du religieux dans la sphère publique. Depuis, M. Grayson dit avoir reçu des centaines de courriels d’appui. Il a indiqué qu’un « petit nombre, mais croissant [de gens qui lui écrivent] commencent à entrevoir les avantages de la loi 60, en particulier parce qu’elle place les droits des femmes au-dessus des droits religieux ». http://www.ledevoir.com/politique/c…

Commentaire de Pierre Cloutier :

« Une fois cette étape franchie, le Barreau estime qu’avant d’imposer des restrictions à la liberté de manifester sa religion, le gouvernement doit démontrer la nécessité de telles mesures eu égard à la "protection de la sécurité, de l’ordre et de la santé publique ou de la morale ou des libertés et droits fondamentaux d’autrui". Le Barreau estime que "vu l’absence de données probantes au soutien des mesures de restriction de la liberté de religion envisagées dans le projet de loi", cette démonstration reste à faire". (Page 8 du mémoire). » http://www.vigile.net/Reponse-a-Hen…

Mon argumentaire :

En tant que citoyen « ordinaire », deux éléments retiennent mon attention dans les commentaires cités ci-dessus. Le premier, souvent souligné par bon nombre de juristes anti-charte, émane du fait que l’interdiction du port de signes religieux ostentatoires en milieu de travail ne repose pas sur la présence de « données probantes au soutien des mesures de restriction de la liberté de religion envisagées dans le projet de loi ».

Pourtant, pas très loin de chez nous, à savoir dans deux universités canadiennes, il semble que les « données probantes » commencent à émerger, certes de façon sporadique, mais tout de même avec acuité quant aux conséquences qu’elles engendrent, en particulier sur la ségrégation pernicieuse entre les hommes et les femmes.

En saine gestion, j’ai toujours cru qu’il était plus facile de gérer un problème en état de contrôle qu’en état de crise. Et, pour ce faire, il est préférable d’installer des « gicleurs » pour prévenir les risques de « propagation d’incendie » au lieu de faire venir les « pompiers » pour tenter d’éteindre le « foyer d’incendie »

Le second élément, et non le moindre, concerne la référence au projet de loi 60 de la part du professeur Paul Greyson dans son argumentaire en faveur d’une mesure législative valable pour contrer le type de problème qu’il soulève concernant son refus d’accepter la demande d’un étudiant d’être exempté d’ « un travail de groupe pour ne pas côtoyer des femmes ».

Deux arguments qui, selon moi, apportent de l’eau au moulin au projet de charte de la laïcité du Québec et qui devrait aussi peser dans la balance des tenants de la sacrosainte « liberté d’expression » au détriment du principe sacré d’égalité entre les hommes et les femmes.

Enfin, je terminerai en vous référant à l’article publié dans Le Devoir du 3 février sur la position des Juristes pour la laïcité et la neutralité religieuse de l’État concernant le projet de loi 60, dont voici un extrait : « En s’assurant que l’État « soit et apparaisse » neutre religieusement — et ainsi représente tous les citoyens —, le projet de loi 60 doit « être vu comme un instrument de prévision et de prévention, et non simplement comme un remède[dans] une société qui se pluralise et se diversifie en accéléré, entre autres en matière religieuse ». http://www.ledevoir.com/politique/q…

vigile.net tribune libre 3 février 2014
quebechebdo 3 février 2014 (version abrégée)
Le Devoir 6 février 2014 (version abrégée)

 

 

Exit le favoritisme scandaleux

2 février 2014

Parmi les nombreux commentaires suscités par le témoignage de Michel Arsenault à la commission Charbonneau, j’aimerais revenir sur les deux facettes qui sont ressorties, à mes yeux, des révélations de Michel Arsenault.

Dans un premier temps, personne ne mettra en doute l’immense contribution du Fonds de solidarité de la FTQ qui, en 50 ans, a sauvé ou créé 500,000 emplois, en est rendu à un actif de 9,7 milliards et compte 625,000 actionnaires-épargnants.

Mais là où le bât blesse dangereusement, c’est la magouille qui s’est installée à la FTQ-construction dans le traitement de faveur accordé à Tony Accurso par son « ami » Michel Arsenault dans l’octroi de contrats dans le domaine de la construction.

Une pratique malhonnête que les responsables du Fonds et du syndicat devront corriger dans les meilleurs délais s’ils ne veulent pas noyer la réputation du Fonds dans les abîmes d’un copinage syndical pervers qui prône un favoritisme scandaleux.

quebechebdo 2 février 2014

Un appui de taille

1 février 2014

Forte d’une expérience de 15 ans à la Cour suprême, soit de 1987 à 2002, l’ex-juge Claire L’Heureux-Dubé, dans un entretien accordé au Devoir, nous livre un aperçu de la position qu’elle défendra devant la commission parlementaire sur le projet de loi 60, à savoir que le projet de charte de la laïcité, y compris l’interdiction du port de signes religieux pour les employés de l’État, ne porte pas atteinte à la liberté de religion.

Jetons un coup d’œil sur son argumentaire en en citant quelques bribes : « Tous les employés de l’État sont soumis à des restrictions dans leur liberté d’expression politique. En quoi une restriction similaire quant à leur liberté d’expression religieuse serait-elle différente ? »

Et la juge à la retraite de poursuivre concernant les positions du Barreau du Québec et de la Commission des droits de la personne : « [ces deux organismes proposent à l’État de confier un] « choix de société » [au] « gouvernement des tribunaux ». Le rôle des tribunaux n’est pas de gouverner ni d’entraver les choix démocratiques que se donne une société, mais plutôt de réprimer les abus, s’il y en a, au regard des droits fondamentaux que protègent les chartes » D’un côté, le mémoire du barreau « est décevant par son négativisme », de l’autre, celui de la Commission « pèse des oeufs de mouche avec des balances de toiles d’araignée ».

Concernant le principe inaliénable de l’égalité homme-femme, Mme l’Heureux-Dubé s’attaque à un Québec marqué pendant des décennies par une « symbiose » entre l’Église et l’État » et à la « marche ardue vers l’égalité que les femmes québécoises ont dû mener » contre le vent des « diktats de la religion », causant de la sorte un « malaise profond » par rapport à des « manifestations de coutumes venant d’ailleurs qui offusquent leur vision d’égalité qu’elles ont mis tant de temps et d’énergie à obtenir ».

Enfin, l’argument majeur autour duquel les anti-charte se réfèrent inlassablement dans leur argumentaire, à savoir l’atteinte à la liberté d’expression : « La religion est d’abord et avant tout un engagement intérieur, une croyance…Les signes religieux font partie de l’affichage de ses croyances religieuses et non pas d’une pratique de la religion ».

Et voilà…Les pommes sont distinguées des tomates, les signes religieux sont une chose, la pratique de la religion en est une autre. En conséquence, je suis d’avis que l’argument qui sous-tend le fait que le projet de loi 60 ne « passera pas le test des tribunaux » tient de la pure démagogie de la part de certains « légalistes prétentieux » qui « pèsent des oeufs de mouche avec des balances de toiles d’araignée » dans l’espoir de créer une manœuvre de diversion sur le véritable objectif du projet de loi 60, à savoir l’instauration d’un État québécois laïc.

quebechebdo 1er février 2014
vigile.net tribune libre 2 février 2014 "Attaque en règle contre le Barreau et la Commission des droits de la personne"

Nos vieux

31 janvier 2014

La catastrophe de l’Isle-Verte nous replonge bien sûr devant le drame inhumain vécu par des personnes âgées à mobilité réduite emprisonnées entre les flammes et la fumée en pleine nuit. Toutefois, au-delà de cette tragédie, le sort de ces personnes âgées remet aussi en exergue le drame sociétal auquel elles sont quotidiennement confrontées.

Je veux parler de la lourde solitude que plusieurs de nos personnes âgées côtoient du matin au soir…de cette solitude si bien décrite par Jacques Brel dans sa chanson « Les vieux » dont voici un extrait : « Les vieux ne bougent plus, leurs gestes ont trop de rides, leur monde est trop petit Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit »

Et pourtant, nos « vieux » demandent si peu à la vie pour les « dérider », ne serait-ce que la présence d’un enfant avec qui ils peuvent développer une touchante complicité, tel le spectacle merveilleux d’un vieillard s’amusant à se lancer un ballon dans un parc avec un enfant.

Et, de lancer Brel : « Est-ce d´avoir trop ri que leur voix se lézarde quand ils parlent d´hier Et d´avoir trop pleuré que des larmes encore leur perlent aux paupières? » Qu’attendons-nous pour les visiter et leur donner l’occasion de rire encore à la vie et de simplement parler d’hier?

quebechebdo 31 janvier 2014
vigile.net tribune libre 31 janvier 2014

Yves Michaud – La main de fer dans un gant de velours

30 janvier 2014

Je viens de terminer la lecture de la biographie d’Yves Michaud signée par Jacques Lanctôt , Yves Michaud – Un diable d’homme, parue chez VLB éditeur en 2013. Un parcours captivant où s’entremêlent échecs et réussites vécus par un homme dont la détermination n’a d’égale que sa ferveur à défendre et promouvoir les intérêts du Québec.

Les passages qui témoignent du dynamisme d’Yves Michaud sont nombreux. Aussi ai-je dû faire un choix, et c’est son passage de cinq ans à titre de délégué du Québec à Paris entre 1979 et 1984 dont j’ai cru opportun de vous entretenir, glanant au passage deux événements marquants de l’opiniâtreté bénéfique du délégué.

D’entrée de jeu, situons-nous dans le contexte de l’arrivée en poste d’Yves Michaud : « La délégation du Québec est, à cette époque, la cinquième ambassade en importance à Paris, après celles de l’Union soviétique, des États-Unis, de l’Angleterre et du Canada. Valéry Giscard d’Estaing est encore au pouvoir et le Québec bénéficie toujours du traitement de « non-ingérence, non-indifférence ». Yves Michaud arrive donc dans un climat particulièrement chaleureux. Le Québec est sur toutes les lèvres. »

Centenaire de la création de la première délégation du Québec en France

Le premier événement nous transporte en 1982 où Yves Michaud mijote l’idée de célébrer les 100 ans de la création de la première délégation du Québec en France au moment où Hector Fabre, en 1882, devient le premier représentant du Québec à Paris.

Comme peu de gens se souviennent d’Hector Fabre, Michaud propose de retrouver la maison où il a vécu et qui lui servait aussi de bureau, et qu’on y appose une plaque commémorative pour souligner le centenaire. La tâche paraît impossible d’autant plus que Michaud dispose d’à peine deux mois pour arriver à ses fins.

Pour y parvenir, il mandate son nouveau directeur des communications, Claude Bédard, pour retrouver la dite résidence qu’il finit par découvrir rue Chabanais, dans le 2ième arrondissement, près du musée du Louvre. Impossible de connaître le nom du propriétaire, une société d’assurances occupant l’appartement, et, de l’avis d’un avocat, il n’est pas possible d’obtenir ces renseignements « top secret ».

Mis au fait de ces informations, le délégué téléphone à Jacques Chirac pour lui faire part de son projet, lequel lui donne accès au registraire des propriétaires de qui il apprend que la propriétaire de l’immeuble est une vieille comtesse qui vit sur la côte d’Azur. Qu’à cela ne tienne, il part illico rencontrer la comtesse, achetant au passage un immense bouquet de fleurs avant de se lancer à la conquête de la comtesse. Après une mise en scène digne des grands dramaturges, Michaud réussit à charmer la comtesse qui lui signe un accord à son projet.

Mais, notre brave délégué n’est pas au bout de ses peines puisqu’il doit maintenant faire entériner le texte qui apparaîtra sur la plaque par la Commission des biens historiques de la ville de Paris, laquelle ne se réunit que deux fois l’an, sa dernière rencontre ayant eu lieu en août alors que nous sommes en septembre.

Encore une fois, Michaud rejoint le maire de Paris au téléphone et il réussit à obtenir une conférence téléphonique avec les membres de la Commission qui finissent par donner leur accord sur l’inscription officielle. Reste encore à convaincre le propriétaire de la seule société qui peut fondre le bronze de la plaque à Paris, lequel réplique que le processus est trop complexe pour livrer le produit à temps…mais, on ne sait pas trop quels arguments a utilisés Michaud, toujours est-il que la plaque est livrée à temps pour son inauguration officielle en présence du ministre des Affaires internationales du Québec, Jacques-Yvan Morin.

Sommet de la francophonie

C’est en mai 1981 que François Mitterand devient président de la République française. Dès son premier mandat, le président reprend à son compte le projet initiée par son prédécesseur Giscard d’Estaing d’organiser un Sommet de la francophonie qui regrouperait tous les chefs d’État des pays francophones.

Il mandate son conseiller culturel Régis Debray, une sommité parisienne, pour l’organisation de l’événement, lequel manifeste une propension pour la conception du nationalisme québécois de Pierre Trudeau, estimant que les Québécois sont de grands sentimentaux irrationnels qui ne s’entendent même pas entre eux.

Et, pour ajouter à ce dilemme, Debray est allergique au style flamboyant de Michaud, ce qui complique davantage les chances pour le Québec de lui donner préséance sur le Canada lors de ce sommet, Trudeau ayant pris soin d’informer Debray qu’il n’était pas question que le Québec occupe le haut du pavé lors de ce Sommet.

De quoi fouetter notre ardent défenseur du Québec qui s’empresse de sortir l’artillerie lourde, alertant toute la classe politique de ce qui se trame contre le Québec à Ottawa à l’occasion du Sommet.

« Le nationalisme québécois, clame Michaud, en est un d’ouverture et non de repli, un mouvement moderne et démocratique qui véhicule des valeurs progressistes. » Et le message passe. Du côté du fin renard politique qu’est Miterrand, il n’a pas le goût de rouvrir le panier de crabes des relations France-Québec-Ottawa. En conséquence, le Sommet n’aura pas lieu.

Toutefois, en 1986, le Québec participe au premier Sommet de la francophonie, à Versailles, à titre de gouvernement participant, une grande victoire pour la diplomatie québécoise à laquelle Yves Michaud a sans contredit contribué grandement.

En conclusion, je laisse la parole à Bernard Dorin, diplomate de carrière qui fut de tous les combats du Québec : « Yves Michaud fut le meilleur des délégués du Québec à Paris. Ses qualités étaient essentiellement une foi inébranlable dans la marche du Québec vers l’indépendance, une parfaite connaissance des dossiers à traiter, une grande chaleur humaine qui emportait la sympathie et une droiture exemplaire »

quebechebdo 30 janvier 2014
vigile.net tribune libre 30 janvier 2014 "La main de fer dans un gant de velours"

Le droit acquis

30 janvier 2014

Parmi les intervenants qui se sont prononcés à la commission parlementaire sur le projet de loi 60, certains ont proposé d’inclure une clause de droit acquis, dite « grand-père », qui permettrait à ceux qui le désirent de porter des signes religieux ostentatoires en milieu de travail jusqu’à leur retraite, l’interdiction ne serait en vigueur que pour ceux qui entreraient en fonction après l’adoption de la loi.

Imaginons un scénario analogue dans lequel, le législateur aurait permis, lors de l’adoption de la loi sur l’interdiction de fumer dans des endroits publics, à ceux qui fumaient avant l’adoption de la loi de continuer à fumer jusqu’à leur décès en vertu d’un droit acquis, seuls les nouveaux fumeurs étant régis par les dispositions de la nouvelle loi.

Même si on dit souvent, à raison, que toute comparaison cloche, j’ai l’impression qu’une telle disposition aurait fait réagir les non-fumeurs qui auraient continué de subir les désavantages de la fumée des fumeurs dans leur milieu de travail.

Conséquemment, dans l’hypothèse où les principes qui sous-tendent l’adoption d’une loi sont valables pour une catégorie de citoyens, ils doivent s’appliquer à « tous » les citoyens qui font partie de cette catégorie et ce, dès l’adoption de la loi.

quebechebdo 30 janvier 2014
Le Journal de Québec 1er février 2014

Retour du bonhomme sept-heures

29 janvier 2014

Plus les déclarations de Philippe Couillard au sujet du projet de loi 60 fusent, plus le chef du PLQ s’enlise dans des tergiversations et des contorsions dignes d’un prestidigitateur malhabile.

À titre d’exemple, sa dernière révélation, au caucus des libéraux à Saint-Félicien, à l’effet que le Québec ne peut choisir un modèle de diversité qui se distingue de ses voisins en Amérique du Nord sans risquer d’en souffrir sur le plan économique.

« Nous ne sommes pas en Europe. Nous ne sommes pas des Européens déplacés. Nous sommes des Nord-Américains et nous fonctionnons dans un contexte nord-américain… Les sociétés nord-américaines, par nature, sont diverses. La nôtre devient également de plus en plus diversifiée. »

Un tel argumentaire tient du sophisme manipulateur axé encore une fois, selon les bonnes habitudes des libéraux provinciaux et fédéraux, sur la peur, une stratégie si souvent utilisée [malheureusement avec succès] auprès de l’électorat québécois au cours des dernières décennies, particulièrement lors des deux référendums.

D’un côté, le parti libéral a toujours considéré « officiellement » le Québec comme une société « distincte », de l’autre, son chef prône « une identité québécoise qui rassemble tous les Québécois », tout en lançant du même souffle que les investisseurs étrangers, avant de placer leurs billes au Québec, tiendront compte de « la façon dont cette diversité est gérée, non pas comme source de tensions ou de divisions, mais comme un actif pour la société et une source de prospérité ».

Enfin, le clou sur le cercueil de la démagogie…Aux yeux du chef Couillard, le projet de charte de laïcité « est largement basé sur l’humiliation, la peur, le retrait — on est des assiégés, le monde entier nous en veut, on a peur des autres ».

En termes clairs, Philippe Couillard utilise exactement le même argumentaire, à savoir la « peur » que les investisseurs étrangers ne s’aventurent pas sur le terrain d’un Québec distinct, au même titre que la présumée « peur » inhérente à une charte de la laïcité qui propose une société distincte basée sur les valeurs de neutralité de l’État québécois en matière de religion.

En bref, une société « distincte » qui ne se distingue pas…Eh bien cette fois-ci, M. Couillard, j’ai bien peur que votre bonhomme sept-heures n’épouvante pas les Québécois qui ont passé l’âge d’être terrifiés par vos histoires rocambolesques!

quebechebdo 29 janvier 2014