« Men at work » au CHUM

21 mars 2015

Les exemples de laxisme de la part de l’Office québécois de la langue française [OQLF] concernant l’application du français en milieu de travail ne manquent jamais d’attirer ma colère. Le dernier exemple touche les travailleurs oeuvrant à la construction du nouveau CHUM qui dénoncent, via les syndicats et les entrepreneurs, le fait que l’anglais demeure la principale langue de travail sur le chantier de construction et cela, malgré que l’OQLF soit informé du dossier depuis 2012.

Il y a quelque chose de méprisable et de révoltant dans le fait que toutes les communications entre le consortium Constructions Santé Montréal [CSM], dont les principaux investisseurs sont des étrangers, et les employés sont effectuées en anglais seulement. Une attitude cavalière qui n’est pas sans laisser ses traces sur des erreurs de construction, voire même sur la sécurité des travailleurs.

Et, pendant ce temps, la ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Hélène David, promet d’« évaluer la situation » avec son collègue de la Santé, Gaétan Barrette. Trois ans après les premières plaintes, « on va dresser un état de la situation pour être en mesure d’évaluer quels sont les problèmes », lance tout bonnement la ministre.

Tout simplement révoltant ! Jusqu’à quand nos décideurs persisteront-ils dans leur laxisme éhonté face à des « hommes au travail » qui ne demandent qu’à accomplir leur boulot dans leur langue ?

quebechebdo 21 mars 2015
vigile.net tribune libre 21 mars 2015
 

Des excuses superflues

20 mars 2015

D’entrée de jeu, voici un extrait de la déclaration de Pierre Karl Péladeau qui a suscité autant de controverse : « …On souhaiterait pouvoir mieux la [immigration] contrôler, mais ne nous faisons pas d’illusion, qui prend en charge les immigrés qui viennent s’installer ici au Québec? C’est le gouvernement fédéral ». La réalité, c’est qu’un immigrant arrive au Canada et non au Québec.

Globalement, PKP déclare que le fait de dépendre d’un autre palier de gouvernement entrave le processus du projet de pays. En conséquence, dans le contexte d’une course à la chefferie d’un parti qui a officiellement pour but de faire l’indépendance du Québec, sa déclaration est tout à fait légitime et à propos. Dans le cas présent, il est clair que les adversaires de PKP jouent la carte de la xénophobie et crient haut et fort la « dérive vers un nationalisme ethnique » [dixit Philippe Couillard].

Pourtant, dans les faits, le député de Saint-Jérôme ne fait que pointer une réalité, à savoir une politique laxiste sur l’immigration qui laisse carte blanche à l’anglicisation des immigrants au détriment d’un encadrement axé sur le caractère francophone du Québec. 

Somme toute, le seul reproche que je peux adresser à PKP, c’est de s’être excusé, une attitude qui fait le bonheur de ses adversaires et qu’il devra corriger s’il aspire devenir chef d’un parti qui vise l’indépendance du Québec!

vigile.net tribune libre 20 mars 2015
quebechebdo 20 mars 2015
 

Vérité ou mensonge?

19 mars 2015

Un autre rebondissement dans l’affaire Jacques Delisle vient remettre en question la véracité de la première version de l’ex-juge, plaidant maintenant qu’il aurait aidé son épouse, Nicole Rainville, à se suicider. Une version qui, si elle était prouvée, aurait pour effet de commuer sa peine de prison à vie pour une peine maximale de 14 ans pour aide au suicide.

Dans sa nouvelle déclaration, Jacques Delisle allègue avoir menti sur les circonstances de la mort de sa femme « parce qu’il avait peur de la réaction de sa famille ». Une allégation qui suscite, à mon avis, plusieurs questions, entre autres et surtout, les raisons pour lesquelles Jacques Delisle n’a pas témoigné à son procès pour faire part de cette nouvelle version?

Jacques Delisle a été condamné à la prison à perpétuité pour meurtre en 2012, et ses tentatives de faire casser cette décision ont été rabrouées à la Cour d’appel et à la Cour suprême du Canada. Il appartient maintenant au ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, de trancher dans cette affaire… Vérité ou mensonge?

quebechebdo 19 mars 2015

Bienvenue au Far West canadien

18 mars 2015

Après avoir aboli sans vergogne le registre fédéral des armes à feu, notre sheriff  national, Stephen Harper, passe maintenant à un autre épisode du Far West canadien en brandissant les armes comme mécanismes d’auto-défense pour « assurer un certain niveau de sécurité lorsqu’une assistance policière immédiate n’est pas disponible ».

Suite au projet de loi 51 controversé de toutes parts, notamment sur les abus potentiels concernant les entraves aux libertés individuelles, le law and order permettrait dorénavant à tout citoyen de se déclarer autorisé à se faire justice à soi-même. Un pouvoir qui doit pourtant constituer une « réponse raisonnable » reconnue dans des circonstances exceptionnelles dans le Code criminel, entre autres la « proportionnalité de la force utilisée ».

À regarder agir Stephen Harper depuis quelques mois, j’ai la curieuse impression qu’il a revêtu le costume du justicier des temps modernes qui se situe au-dessus des lois pour justifier ses écarts de conduite inadmissibles de la part d’un premier ministre d’un pays démocratique. Un régime de peur qui dépasse l’entendement et qui fera sans doute partie de la toile de fond de la prochaine campagne électorale des conservateurs…Tout simplement aberrant et déplorable! 

quebechebdo 18 mars 2015 
Le Devoir 19 mars 2015 "Bienvenue au Far West" 

Mine Arnaud: un projet brouillon

17 mars 2015

Après avoir lu et entendu tout ce qui s’est écrit et dit sur le projet de Mine Arnaud, il m’apparaît clair que des zones grises continuent de semer la confusion auprès des citoyens de Sept-Îles. En effet, les ministres Arcand et Heurtel ont beau parlé d’un « projet exemplaire et sécuritaire », leurs interventions, souvent vagues, donnent plutôt l’impression d’un projet « brouillon » qui doit être peaufiné, particulièrement aux niveaux des effets de l’exploitation de la mine sur la qualité de l’air et de l’eau.

À preuve, les nombreuses questions du BAPE en février 2014 qui demeurent toujours sans réponses précises, à part des engagements que le gouvernement et Investissement Québec entendent prendre pour faire respecter les normes de sécurité par l’exploiteur norvégien Yara, une entreprise qui a déjà par ailleurs été reconnue coupable de corruption en Libye, en Inde et en Russie.

Cette saga dure déjà depuis trop longtemps. Les citoyens sont tiraillés entre les emplois qu’un tel projet peut leur procurer et ses effets potentiellement négatifs sur l’eau et l’air. Il est plus que temps que tous les intervenants, y compris les citoyens, se mettent à table et éclaircissent une fois pour toutes les appréhensions légitimes des citoyens de Sept-Îles, pris en otages entre un gouvernement qui mise sur le développement de son Plan Nord et les environnementalistes qui émettent des craintes sur leur qualité de vie.

quebechebdo 17 mars 2015

La viabilité de l’indépendance selon Couillard

16 mars 2015

Lors de la campagne électorale du printemps 2014, Philippe Couillard avait admis qu'un Québec indépendant serait viable économiquement. Encore aujourd’hui, en réaction aux propos de Pierre Karl Péladeau sur la viabilité de l’indépendance, il a déclaré : «C'est certain qu'à moyen terme ou à long terme, on finirait par s'en sortir, on a quand même des atouts au Québec». C’est à se demander si le chef du PLQ réalise la portée de ses affirmations sortant de la bouche d’un fédéraliste…De quel bord penchez-vous au juste M Couillard?

quebechebdo 16 mars 2015

Dans les méandres de l’or noir

16 mars 2015

Dans l’hypothèse où le gouvernement Couillard acceptait la construction du pipeline Énergie Est sur le territoire du Québec, ce sont 12 milliards de dollars qui seront investis dans ce projet qui transportera annuellement 400 millions de barils de pétrole qui traverseront 69 municipalités du Québec en plus de 641 cours d’eau sur une trajectoire de 700 kilomètres.

Et, c’est sans compter sur les changements climatiques importants liés aux émissions de gaz à effet de serre émanant de la production pétrolière qui déferlera dans ce pipeline. C’est ce qui fait dire à l’auteure et militante Naomi Klein que « Le Québec ne tient pas compte des impacts du projet sur les changements climatiques, alors que même le président américain a dit, dans le cas du projet Keystone XL, qu’il devait passer le test du climat. Comment le Québec peut-il prétendre avoir le moindre engagement envers la lutte contre les bouleversements du climat en ne tenant pas compte de cette question dans le cas d’Énergie Est ? »

Or, il semble que Philippe Couillard ait plutôt les profits que lui rapporterait ce projet dans sa mire que les impacts négatifs sur la planète qui n’est surement pas sa priorité. En réalité, une vision à court terme qui démontre à quel point les méandres de l’or noir le conduisent tout droit vers ce que qualifie Naomi Klein de « pire crime » contre le climat de la planète. De toute façon, demander à notre premier ministre d’avoir une vision planétaire, c’est un peu comme demander à un aveugle de nous dépeindre le paysage qui se dresse devant lui !

quebechebdo 16 mars 2015
vigile.net tribune libre 18 mars 2015

La CAQ renoue avec l’ADQ

15 mars 2015

Se définissant clairement comme un parti fédéraliste, la CAQ de François Legault s’apprête pourtant à se positionner pour la défense du courant identitaire des Québécois en présentant bientôt une liste des mesures qu’elle proposera concernant l’accueil des néo-Québécois qui devraient s'engager très clairement à adhérer aux valeurs de la majorité québécoise, une idée qui rejoint les propositions de l'ADQ du temps de Mario Dumont.

La nouvelle politique de la CAQ serait contenue dans une « loi sur l'interculturalisme québécois ». Ses principes fondamentaux seraient « le respect des valeurs communes inscrites dans la Charte des droits et libertés de la personne », et « l'adhésion au fait que le français est la langue publique et officielle de la nation ».

Une position mitoyenne entre les paramètres de la souveraineté défendus par le PQ et l’adhésion au cadre fédéral du PLQ. En réalité, quelque chose de mi-chair mi-poisson qui tente de rallier une partie de l’électorat qui désire demeurer dans le Canada tout en protégeant ses racines québécoises. Quelque chose qui ressemble étrangement à l’autonomisme de l’ancien ADQ…et qui a donné les résultats que l’on connaît!

quebechebdo 15 mars 2015
vigile.net tribune libre 16 mars 2015

La façade démagogique du C-51

14 mars 2015

Forts d’un appui de la population de 82 % au projet de loi C-51, les conservateurs de Stephen Harper n’hésitent plus un instant à mettre les bouchées doubles pour valider avec insistance leur politique du law and order, le ministre Blaney ayant même utilisé l’holocauste pour justifier ses propos sur les dangers qui guettent les Canadiens devant la montée de l’intégrisme et de la radicalisation.

La sécurité des Canadiens est devenue le fer de lance du gouvernement, quitte à écorcher au passage les droits individuels contenus dans la Charte des libertés, une stratégie qui, manifestement, place l’opposition entre l’arbre et l’écorce. À preuve, les tergiversations de Mm Mulcair et Trudeau sur leur position face à C-51.

À observer la stratégie des conservateurs, on a l’impression d’assister à la scénarisation d’un film policier dans lequel l’intrigue est déjà écrite, à savoir l’attentat du 22 octobre 2014 contre le parlement, drainant avec lui tous les éléments d’un suspense qui conduirait Stephen Harper au pouvoir lors du scrutin d’octobre 2015…Ne reste plus qu’à alimenter la façade démagogique du C-51 d’ici les élections !

quebechebdo 14 mars 2015
Le Journal de Québec 15 mars 2015
vigile.net tribune libre 16 mars 2015

Le féminisme dichotomique

13 mars 2015

Les raisons évoquées par l’avocate Julie Latour pour démissionner du Conseil du statut de la femme et celles mises de l’avant par sa présidente, Julie Miville-Dechêne, pour appuyer le projet de loi 20 mettent en lumière la dichotomie frappante quant à la définition de chacune d’elles du féminisme.

En effet, d’un côté, la démissionnaire allègue la longue marche des femmes médecins pour atteindre des carrières qui n’étaient réservées qu’aux hommes il n’y a pas si longtemps, et de l’autre, la présidente évoque une plus grande accessibilité des soins de santé pour les femmes.

Deux visions qui, en soi, sont défendables. Toutefois, là où le bât blesse avec acuité, c’est lorsque Mme Miville-Dechêne, pour justifier le fait qu’elle n’ait pas consulté ses acolytes, affirme qu’elle n’ait disposé que de six jours ouvrables pour écrire son mémoire présenté le 26 février 2015 alors que le projet de loi 20 a été déposé devant l’Assemblée nationale le 28 novembre 2014.

Une période de trois mois qui donnait amplement de temps à Julie Miville-Dechêne pour consulter ses membres et parvenir à une entente commune et globale sur l’ensemble des irritants causés par le projet de loi 20  sur la situation générale des femmes, évitant ainsi de tomber dans une dichotomie malsaine du féminisme.

quebechebdo 13 mars 2015