Bisbille sur le pétrole de schiste

30 mars 2015

Quoique le deuxième débat entre les participants à la course à la direction du Parti québécois ait été plus « civilisé » que le premier, des écarts d’opinion marquants ont été soulevés sur l’exploitation du pétrole de schiste sur l’île d’Anticosti. D’un côté, les opposants, Martine Ouellet et Alexandre Cloutier, de l’autre, Bernard Drainville et Pierre Karl Péladeau qui prônent son exploration moyennant quelques variantes, ces deux derniers semblant s’entendre toutefois sur le fait qu’ « une fois que le programme d’exploration sera terminé, ce sera aux Québécois de décider s’ils veulent aller de l’avant. »

À partir du moment où le gouvernement Marois a déjà investi 70 millions de dollars en 2014 pour un programme d’exploration sur l’île d’Anticosti, je suis d’accord avec Bernard Drainville sur le fait que « les Québécois ont le droit de savoir ce qu’il y a à Anticosti. » En réalité, toute cette question doit être débattue démocratiquement étape par étape, particulièrement auprès des habitants de l’île qui demeurent les principaux intéressés.

Un dossier à manier avec prudence et dénué de toute partisanerie destinée à se faire du capital politique comme il arrive souvent dans ces projets délicats pour la sauvegarde de la qualité et de la protection de l’environnement…Reste à voir si les défenseurs de l’exploration du gaz de schiste arriveraient à se démarquer de leurs prédécesseurs !

quebechebdo 30 mars 2015  

Fédéralisme coopératif, vous dites?

29 mars 2015

La dernière décision de la Cour suprême d’acquiescer à la demande du gouvernement Harper de détruire le Registre des armes à feu contre l’avis de Québec démontre encore une fois que le « fédéralisme coopératif », promis par Stephen Harper en 2005, fait maintenant partie d’un des nombreux vœux pieux d’un gouvernement fédéral « dominateur ».

Et tout cela malgré le fait que la Cour supérieure du Québec avait donné raison au  gouvernement du Québec en 2012 dans une décision du juge M.-A. Blanchard qui stipulait qu’ « il rebute au sens commun, pour ne pas dire au bien commun, que l’on puisse empêcher le Québec d’utiliser les données qu’il participe à colliger, analyser, organiser et modifier. »

Conséquemment, qu’est-ce qui aurait pu empêcher, à part l’entêtement du fédéral, de céder les informations contenues dans le Registre à Québec ? En quoi un contrôle sur l’utilisation des armes à feu n’est-il pas souhaitable pour une province qui désire s’en prévaloir ? Pourquoi le fédéral et le provincial doivent-ils se rendre en cours à chaque occasion où un différend les oppose ?

Enfin, en ce qui a trait au fédéralisme coopératif dont vous vous faisiez le défenseur il y a dix ans, on repassera, M Harper !…

quebechebdo 29 mars 2015
 

Un tir inadmissible

28 mars 2015

Des images saisissantes qui nous montrent un policier tirer à bout portant un projectile brûlant en plein visage de Naomie Tremblay-Trudeau, une adolescente de 18 ans qui, pourtant, ne démontrait aucun signe de violence, sa seule « faute » étant de s’être trouvée là au mauvais moment.

Et le maire de Québec, Régis Labeaume, de déclarer : « Ils connaissent notre comportement. Ce n’est pas nous qui faisons le choix, ce sont les dirigeants des manifestations qui font le choix de ce qui va se passer. Vous choisissez qu’il y ait de la pagaille si vous ne donnez pas votre itinéraire. »

Un raisonnement aberrant de la part du maire qui met clairement en lumière la disproportion de l’acte du policier par rapport à celui de la victime, un manque de jugement patent de la part de ce policier qui mérite, à mon sens, une sanction sévère de la part de ses dirigeants…Une scène digne d’un polar de bas étage !

quebechebdo 28 mars 2015

Les bulldozers

27 mars 2015

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, et le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux nous ont présenté un budget sous le signe de l’austérité, tel que promis en campagne électorale. Toutefois, là où le bât blesse dangereusement, c’est sur la faisabilité des mesures proposées, particulièrement en santé et en éducation où les taux de croissance sont ramenés à 1,4 % et à 0,2 %, et tout cela, sans nuire à la qualité des services…Un véritable conte de fée !

En réalité, où nos deux bulldozers trouveront-ils la baguette magique en comprimant les dépenses en deçà de la croissance des coûts de système des services à la population ? Les mastodontes auront beau crier sur tous les toits que ces mesures n’affecteront en rien la contribution des contribuables, il n’en demeure pas moins qu’ils en subiront les conséquences sur le plan de la qualité des services. C’est le principe des vases communicants, moins de ressources financières, moins de services.

Pourtant, sans être un fiscaliste, il m’apparaît que ce train de mesures aurait pu souffrir d’être étalé sur quelques années sans pour autant déroger à ses objectifs, sans compter que les sommes investies dans le Fonds des générations auraient pu être revues à la baisse pour cette année.

En bref, il est évident que le gouvernement Couillard franchit un pas de plus vers l’instauration d’un néolibéralisme qui érige en système un désengagement de l’État envers les services publics au profit d’une place de plus en plus grande du secteur privé dans le volet économique…une démarche qui risque de faire sauter notre projet de société créé à bout de bras depuis des décennies !

quebechebdo 27 mars 2015
Le journal de Québec 30 mars 2015

 

Vaudeville sur l’avortement

26 mars 2015

En écoutant les réactions loufoques du ministre Barrette concernant les questions de l’opposition sur ses présumées intentions de restreindre l’accès à l’avortement, j’avais vraiment l’impression d’assister à un vaudeville de première classe où tous les ingrédients étaient présents, de la ballade des quotas au caquètement des poules en passant par le mépris du ministre pour les « lanceurs » d’alerte.

Et pourtant, notre ministre de la Santé, le premier représentant de la qualité des soins au Québec, réagissait à des inquiétudes fondées sur un sujet aussi primordial que l’accès à l’avortement, ce qui n’est pas banal. Et, subitement, sans aucune raison apparente, les quotas sont passés, en l’espace de quelques jours, de 504 à 1008 et tout ça, sur la parole du ministre…tout simplement!

À force de jongler avec les chiffres comme si une femme en détresse souhaitant se faire avorter peut être placée tout bonnement dans le boulier du Dr Barrette, espérant que le hasard la favorise un jour, le docteur ministre frondeur va passer à l’histoire comme l’un des meilleurs scénaristes de vaudeville de bas étage.

quebechebdo 26 mars 2015
vigile.net tribune libre 27 mars 2015
cyberpresse.ca 29 mars 2015

Appel à la majorité silencieuse

25 mars 2015

Le nouveau ministre de l’Éducation, François Blais, a lancé un appel à la majorité silencieuse en invitant les étudiants à se présenter au vote lors de leur assemblée générale, une démarche qui m’apparaît la seule voie démocratique pour faire valoir ses idées auprès des défenseurs de la grève. En bref, une partie se joue sur le terrain et non pas dans les gradins.

Parlant de « terrain », j’ai l’impression que les initiateurs de la grève « sociale » éprouvent beaucoup de difficultés à mobiliser la population autour de leurs revendications qui sont, rappelons-le, les effets pervers des mesures d’austérité sur l’éducation, et de l’exploitation des hydrocarbures sur l’environnement.

On reproche souvent à notre jeunesse de ne pas être politisée et de former un amalgame d’individus sans conscience collective. Pourtant, lorsqu’elle se mobilise, on lui demande de réintégrer ses quartiers. Sans doute que le mouvement de grève connaît des ratés. Toutefois, si les étudiants, en assemblée générale, arrivaient à se parler, peut-être arriveraient-ils à s’entendre sur une stratégie commune qui aurait davantage de poids  auprès du gouvernement !

quebechebdo 25 mars 2015

La pomme de discorde

24 mars 2015

Même si les enjeux des manifestations étudiantes actuelles diffèrent de ceux du printemps érable 2012, les divergences d’opinion entre les étudiants sont demeurés les mêmes, à savoir le dilemme entre le droit de grève et le droit d’assistance aux cours. Difficile de  prendre position dans ce débat, compte tenu que chacun des deux clans évoque des motifs raisonnables, les uns, la répercussion des mesures d’austérité du gouvernement sur le tissu social, les autres, leur droit légitime d’assister à leur cours.

Pourtant, un récent jugement de la Cour supérieure vient donner raison aux pro-grève sur les velléités des anti-grève en décidant que « les dispositions contestées par les demandeurs ne violent pas leurs droits fondamentaux puisque la Loi laisse la possibilité à tous les étudiants de se retirer de l’association accréditée ou d’en faire partie ou de former une association de leur choix ».

Conséquemment, dans la mesure où les étudiants ont été dûment convoqués à une assemblée générale de leur association pour voter sur un mandat de grève, il appartient à tous les étudiants d’y participer et d’y faire valoir leur point de vue démocratiquement, à défaut de quoi, nous nous aventurons dans les méandres de l’anarchie.

quebechebdo 24 mars 2015
vigile.net tribune libre 25 mars 2015
Le Journal de Québec 26 mars 2015
Le Soleil 26 mars 2015

Leçon de démocratie aux carrés verts

23 mars 2015

Issus du mécontentement suscité par les manifestations des carrés rouges lors du printemps érable, en particulier sur leur allégation de pouvoir assister à leurs cours malgré la grève, les carrés verts Laurent Proulx et Miguael Bergeron ont été déboutés en Cour supérieure après avoir contesté la constitutionnalité d’une série d’articles de la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves et d’étudiants.

À cet effet, voici un extrait révélateur de la décision de la Cour : « La division, les conflits, les divergences d’opinions sont inévitables dans un groupe et font partie d’une société démocratique. La Loi permet de régler démocratiquement des conflits, peu importe leur nature. Il suffit d’y participer. L’intérêt doit y être ». Et, de poursuivre le juge, « les dispositions contestées par les demandeurs ne violent pas leurs droits fondamentaux puisque la Loi laisse la possibilité à tous les étudiants de se retirer de l’association accréditée ou d’en faire partie ou de former une association de leur choix ».

Conséquemment, les plaignants n’ont pas été brimés dans leurs droits selon la Cour supérieure, entre autres celui d’assister à leurs cours, et auraient dû manifester leur dissidence auprès de l’association étudiante de laquelle ils faisaient partie au lieu de contester sa légitimité…Une leçon de démocratie que les deux carrés verts auraient avantage à retenir!

quebechebdo 23 mars 2015
vigile.net tribune libre 25 mars 2015

Une rencontre « transpartisane »

22 mars 2015

C’est bien connu, les souverainistes ont souvent tendance à s’écorcher dans des querelles de mots depuis belle lurette et, à cet effet, le Parti québécois demeure sans contredit un antre privilégié pour laisser échapper les effluves de soubresauts idéologiques.

Toutefois, il faut reconnaître que la rencontre suscitée par la députée de Joliette, Véronique Hivon, et le chef d’Option nationale, Sol Zanetti, donne tout lieu de croire que nous avons assisté à une tentative de rapprochement louable eu regard à une stratégie commune des souverainistes vers l’accession à un Québec indépendant. Une trêve salutaire dans une guerre de clocher partisane qui ne fait que contribuer à entretenir les divisions entre des partis qui sont censés viser le même but ultime.

Comme l’exprime fort à propos Véronique Hivon, cette rencontre « transpartisane » a pour but de « tracer les contours d’un projet de pays… Ça, c’est emballant autant pour nous que pour la population… La population a envie de nous dire parfois : “ Si vous n’êtes même pas capables de vous parler entre vous, comment pouvez-vous espérer que, nous, on recommence à vous écouter ? ” ».

Reste à souhaiter que cette première rencontre aura des suites pour le plus grand bien du mouvement souverainiste, en particulier pour la mobilisation de la classe politique du PQ qui en a grandement besoin depuis sa cuisante défaite d’avril 2014 !

quebechebdo 22 mars 2015

PKP, le grand dérangeur

22 mars 2015

L’entrée sur la scène politique de Pierre Karl Péladeau, l’homme d’affaires adulé par certains, controversé par d’autres, a créé, à n’en pas douter, un vent de changement draconien dans le style de politicien que nous étions habitués de voir. De son poing levé en faveur du pays du Québec jusqu’à sa dernière déclaration sur l’immigration, en passant par ses sorties sur sa page Facebook, PKP ne fait rien comme les autres.

Et c’est là que nous sommes confrontés à un style nouveau qui, qu’on le veuille ou non, vient déranger une certaine rectitude à laquelle les politiciens adhèrent spontanément lorsqu’ils font leur entrée en politique.

PKP est un néophyte en politique et sa spontanéité lui confère un certain attrait indéniable. En réalité, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas friand de la langue de bois. À preuve son discours acharné et constant sur les avantages de l’indépendance du Québec depuis qu’il a fait son entrée en politique.

De plus, son expérience reconnue dans le monde des affaires lui confère une crédibilité incontestable sur l’échiquier économique, une pierre d’assise majeure dans l’accession du Québec à son indépendance.

Enfin et surtout, PKP n’a pas laissé son domaine professionnel pour prendre le bâton du pèlerin de la cause indépendantiste à des fins partisanes, et c’est de là, à mon sens, qu’émerge l’engouement qu’il suscite autour de lui. Pour PKP, la ligne est toute tracée et rien ne l’arrêtera dans le chemin qu’il a entrepris.

quebechebdo 22 mars 2015
vigile.net tribune libre 23 mars 2015