Marcel Dubé, le grand absent

27 avril 2016

Moins de deux semaines après son décès, il m’apparaît aberrant, voire scandaleux, que le souvenir du dramaturge Marcel Dubé n’ait pas fait partie du numéro qui nous rappelait le départ des grands disparus de l’année lors du dernier gala Artis. Oubli ou inconscience ? L’un ou l’autre est impardonnable.

Un impair qui montre à quel point les organisateurs du gala ont omis maladroitement de s’élever des planches de la scène pour accéder à un des génies de la dramaturgie québécoise qui a contribué à donner vie de façon magistrale à des personnages empreints d’une profonde humanité et qui ont contribué à faire la renommée de plusieurs artistes de la scène québécoise.

Marcel Dubé, un grand absent qui est passé sous le radar des grands disparus de l’année, tel un personnage secondaire du monde de la dramaturgie québécoise, lui qui, durant sa carrière d'écriture qui a duré 40 ans, a pourtant créé plus de 300 oeuvres pour le théâtre, la télé et la radio, toutes applaudies par la critique et le public.

Un monument des écrivains québécois rangé dans le placard sans scrupule…Une bavure tout simplement révoltante et renversante !

quebechebdo 27 avril 2016
cyberpresse.ca 1er mai 2016
 

Priorité: éducation

26 avril 2016

Quoique je ne sois pas un militant de la Coalition avenir Québec (CAQ), je dois reconnaître que le fait de faire de l’éducation des jeunes québécois la première priorité du parti me réjouit au plus haut point. En effet, cela m’apparaît un juste retour du balancier initié par la Révolution tranquille des années ’60 qui a vu, entre autres, reconnaître le droit à l’éducation à toute la jeunesse du Québec en créant le ministère de l’Éducation.

Or, depuis ce temps, nombreuses ont été les réformes qui se sont succédées dans le monde de l’éducation, à tel point que le système a dû être confronté à des reculs catastrophiques qui ont conduit au mouvement de décrochage alarmant qui fait rage aujourd’hui dans nos écoles du Québec, pour le plus grand malheur de toute une génération de jeunes pour qui l’avenir est jonché d’embûches.

De surcroît, si on ajoute au problème de décrochage les cas de violence inquiétants qui envahissent progressivement les murs de nos écoles québécoises et les coupures drastiques qu’ont subies les écoles de la part du gouvernement en place, il y a tout lieu de croire qu’un examen attentif d’une situation pour le moins perturbée, voire intenable, doit être amorcé dans les meilleurs délais.

Car après tout, n’est-ce pas la qualité de l’éducation qui incarne le porte-étendard de la société de demain ?   

quebechebdo 26 avril 2016 
Le Devoir 27 avril 2016  

Violence dans les écoles: le cul-de-sac

25 avril 2016

La situation décrite par les enseignants de la commission scolaire des Premières-Seigneuries dans la région de Québec concernant le nombre croissant de cas d’élèves violents dans les écoles a de quoi susciter l’inquiétude, voire le désarroi. Or, sans m’avancer dans des affirmations gratuites, je suis prêt à parier que ce fléau a aussi envahi les autres écoles du Québec.

En conséquence, le mode d’intervention dans de telles situations demeure la pierre angulaire de la résolution du problème. Cependant, il m’apparaît évident que les enseignants sont confrontés à diverses contraintes liées, entre autres, à l’intégration des élèves en difficulté dans les classes régulières.

De surcroît, l’utilisation de la « mesure contraignante » qui implique le maintien physique d’un élève lorsqu’il représente une menace pour lui-même, le personnel ou pour les autres élèves, peut donner lieu à des représailles, telles des enquêtes pouvant conduire jusqu’au congédiement.

On aura beau mettre sur pied le meilleur protocole d’intervention en situation d’urgence, tant et aussi longtemps que les élèves bénéficieront d’une certaine « immunité », les cas d’élèves violents se perpétueront et les enseignants seront placés devant un cul-de-sac inévitable…c’est la quadrature du cercle ! 

quebechebdo 25 avril 2016
 

Convergence des forces souverainistes

24 avril 2016

S’il est un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre au cours des dernières années sur la scène politique provinciale, c’est bien la convergence des forces souverainistes. À cet effet, une lettre co-signée par Pierre Karl Péladeau et la députée Véronique Hivon, responsable du dossier de la convergence, fait état que le Parti québécois est ouvert à l’idée de faire une large place aux forces progressistes, avec lesquelles il souhaite établir une « feuille de route commune » et bâtir « un véritable projet de société ».

Malgré certains doutes qui m’habitent encore sur la réussite d’un tel projet, le PQ marque un point essentiel en déclarant dans cette missive que « l’appel aux brebis égarées » est terminé, qu’il reconnaît qu’il « n’a pas le monopole de la souveraineté… [et que] la diversité au sein du mouvement indépendantiste ne constitue pas une faiblesse mais une véritable force. » Une prise de position fondamentale compte tenu de la chasse-gardée que le PQ entretient sur le « monopole de la souveraineté » depuis des décennies.

La coalition OUI-Québec (Organisations unies pour l'indépendance), qui regroupe les partis souverainistes et des acteurs de la société civile, est surement un pas dans la bonne direction. Une rencontre est prévue dans les prochains jours. Les attentes sont élevées. Les guéguerres de clochers doivent rapidement prendre le chemin du placard. L’heure est aux idées dénuées de toute partisanerie, à défaut de quoi la convergence des forces souverainistes se retournera, encore une fois, en vœu pieux…

quebechebdo 24 avril 2016
vigile.net tribune libre 26 avril 2016
Le Journal de Québec 27 avril 2016
 

Un train électrique…pour la galerie?

23 avril 2016

Quand on demande à Michael Sabia, PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), si le projet de train électrique métropolitain de Montréal sera rentable, il répond qu’ « …à Montréal, nous avons des festivals, des artistes, des entreprises de calibre mondial, pourquoi pas des infrastructures ? C’est la question de fond. Notre objectif est de construire et de gérer une infrastructure d’envergure et de calibre mondial. »

Or, il s’avère que deux projets identiques à Toronto et Vancouver éprouvent des difficultés d’achalandage majeurs, certains observateurs qualifiant même le train de Toronto de « fiasco ». Pourtant, ces deux villes canadiennes n’ont rien à envier à Montréal en ce qui a trait au nombre d’habitants.

À mon sens, la véritable question réside dans la pertinence d’un train électrique à Montréal nécessitant un investissement majeur de 5,5 milliards $, dont 3 milliards $ à même le « bas de laine des Québécois ». La Métropole a-t-elle véritablement besoin d’une telle infrastructure « d’envergure et de calibre mondial » ? La CDPQ n’est-elle pas en train de construire le nid nécessaire à la relance de Bombardier ? Quels sont les premiers véritables instigateurs de ce projet ?

Des questions qui, à mes yeux, nécessitent des réponses crédibles dans un contexte économique qui a rendu les investisseurs « frileux » au cours des deux dernières années d’austérité que nous a imposées le gouvernement Couillard… Un projet qui présente une image façonnée « pour la galerie » à partir duquel Michael Sabia tente de nous faire miroiter un impact économique pourtant fort incertain !

quebechebdo 23 avril 2016
 

Le repentant

22 avril 2016

Dans toute la saga opposant Jeff Fillion à Alexandre Taillefer, je retiens surtout le manque de jugement, voire l’inconscience de l’animateur face aux propos mesquins et blessants envers certaines personnalités publiques avec lesquels Jeff Fillion se plaît à faire ses choux gras…et ses cotes d’écoute.

Pourtant, à ce que je sache, Jeff Fillion est un adulte « majeur et vacciné » à qui on confie un micro sur les ondes d’une émission d’opinion, une opinion enrobée d’une conception de la liberté d’expression sans balise qui brime sans vergogne la propre liberté de ses victimes.

Pour « se faire pardonner », Jeff Fillion se montre « repentant » dans une lettre d’excuse adressée à Alexandre Taillefer dans laquelle il écrit, en parlant du tweet qui a suscité toute la controverse, que « ce tweet a été mal écrit, donc mal interprété. Ma faute! » Le repentir est la conséquence d’une parole ou d’un geste que l’on regrette. Dans le cas de Jeff Fillion, ce n’est pas la première fois qu’il blesse profondément des personnages publics.

Tant que Jeff Fillion ne se tournera pas la langue au moins « deux » fois avant de parler, il sera appelé à utiliser le repentir comme arme de défense qui risque de s’effriter avec le temps et de perdre toute crédibilité auprès de ses victimes.

quebechebdo 22 avril 2016
 

À livre ouvert?

21 avril 2016

Eh bien voilà, la « transparence » devient le mot d’ordre à l’Assemblée nationale. Le Parti québécois (PQ) et la Coalition avenir Québec (CAQ) acceptent de relever le défi que leur a lancé Philippe Couillard de passer au peigne fin le financement du Parti libéral du Québec (PLQ) des 20 dernières années, à condition que les partis d’opposition acceptent de se prêter au jeu.

Toutefois, j’ai un petit doute sur la transparence des livres qui seront déposés à la firme de vérification indépendante. En réalité, toute cette mise en scène pourrait se comparer à un ado dont la chambre est en désordre et qui cache tout son linge sale dans le placard avant d’inviter sa mère à venir constater le résultat de son « ménage » !  

De la même façon, j’ai bien peur que les participants à ce jeu de coulisse ne « fassent le ménage » dans leurs livres avant que l’inspecteur n’entre en jeu, un jeu qui, à mon sens, n’aura aucune crédibilité aux yeux des citoyens qui connaissent trop bien jusqu’où les magouilles font force de loi dans les corridors de notre auguste Assemblée nationale…Rideau sur la comédie intitulée « À livre ouvert ».

quebechebdo 21 avril 2016

 

Entre théorie et pratique

20 avril 2016

Une recherche réalisée par trois chercheurs de l'Université du Québec à Montréal pour le compte d'un regroupement de syndicats d'enseignants, en arrive à la conclusion que l'intégration des élèves en difficulté dans les classes ordinaires est une approche utopique dans la situation actuelle. Une situation dans laquelle les enseignants se sentent désemparés face aux nombres élevés d’élèves par groupe et aux infrastructures déficientes auxquelles ils sont confrontés quotidiennement.

Dans mon esprit, il m’apparaît souhaitable en théorie que les élèves en difficulté soient intégrés aux groupes réguliers. Toutefois, encore faut-il qu’en pratique les conditions de réussite d’une telle formule fasse partie de la solution. Et, c’est là que le bât blesse avec le plus d’acuité. Dans les faits, les enseignants se retrouvent démunis devant la lourdeur d’une tâche titanesque qui leur demande de pallier les nombreux écueils de certains élèves avec les élèves dits « réguliers » qui peinent à se sortir du climat malsain dans lequel ils sont exposés.

Lors du dernier budget, le ministre des Finances, Carlos Leitao, a annoncé un réinvestissement de 1,2 milliard $ sur trois ans en éducation, dont 700 millions $ dans les infrastructures scolaires et 500 millions $ dans les différents services aux élèves, une somme qui vient tout juste compenser pour les coupures drastiques imposées antérieurement par le gouvernement Couillard en éducation.

Les enseignants sont d’accord avec l’intégration des élèves en difficulté dans les groupes réguliers pour autant qu’ils reçoivent l’aide d’intervenants spécialisés, tels les travailleurs sociaux et les orthopédagogues…en réalité que la « belle » théorie s’arrime avec la pratique !

quebechebdo 20 avril 2016
 

« Québec 2026 – Nous sommes prêts »

20 avril 2016

Avant son départ pour Lausanne, le maire de Québec, Régis Labeaume, arguait qu’il s’en allait en croisade avec son bâton du pèlerin pour une rencontre « exploratoire » sur l’éventualité d’une candidature de Québec pour les Jeux olympiques de 2026. Or, nous apprenons que notre héraut tenait en son baluchon un certain document intitulé « Québec 2026 — Nous sommes prêts », un fascicule promotionnel de huit pages, abondamment illustré de photos des grands événements sportifs et festifs de la capitale nationale.

Pourtant, notre maire clame depuis des jours qu’il n’est « pas en mode olympique ». De son côté, interrogé sur le message derrière cette « promotion », le porte-parole du maire, Paul-Christian Nolin, a indiqué que Québec ne voulait démontrer que « son savoir-faire en organisation d’événements sportifs internationaux à succès [et qu’] il ne doit pas être interprété comme une intention de candidature ».

Avouons que la démarche prend plutôt des allures promotionnelles et que Régis Labeaume est véritablement en selle pour obtenir cette candidature de Québec aux JO de 2026…À mes yeux, toute autre justification ou démarche de consultation n’est que de la poudre aux yeux des Québécois qui connaissent fort bien le « petit côté » mégalomane de leur maître de céans !

quebechebdo 20 avril 2016
 

Tensions au Vatican

19 avril 2016

Il n’est pas surprenant d’apprendre que les idées « progressistes » du pape François s’entrechoquent avec le « conservatisme » doctrinaire du préfet de la congrégation pour les évêques, le cardinal Marc Ouellet. Il en va ainsi sur certaines recommandations du cardinal pour nommer de nouveaux évêques dont les listes de candidats proposées ont été écartées au profit de candidats plus progressistes, notamment à Chicago, Madrid et Sydney, alors qu’il est dans les tâches du préfet de proposer des noms au pape.

Cette dichotomie entre les idées du pape et celles du cardinal démontre, à mes yeux, les tensions provoquées par l’ouverture de François qui crée nécessairement des remous au sein de son entourage immédiat. Une situation qui, à mon sens, ne doit pas être vécue sans créer chez le cardinal Ouellet une certaine frustration difficile à contrôler, connaissant son tempérament fier et volontaire.

Si on ajoute à cet imbroglio le fait que François se soit prononcé en faveur de la communion pour les personnes divorcées et remariées alors que le cardinal Ouellet a clairement exprimé son désaccord à cet effet, il ne serait pas surprenant qu’un des cardinaux qui avaient été pressentis pour succéder à Benoît XVI soit placé sur la touche dans un avenir rapproché…pour le plus grand bien d’une Église ouverte à tous les hommes de la terre. 

quebechebdo 19 avril 2016