Le COC serre la vis

18 avril 2016

Ébranlé solidement par des cas de harcèlement sexuel de son ex-président Marcel Aubut, le Comité olympique canadien (COC) s’apprête à redorer son image durement entachée par les révélations entourant la saga Marcel Aubut. S’inspirant des recommandations contenues dans le rapport d’enquête commandé auprès de l’avocate Christine Thomlinson, le COC a adopté une nouvelle politique en matière d’éthique, de discrimination, de harcèlement et de dénonciation. Une démarche qui s’avérait nécessaire, particulièrement depuis le départ de Jean-Luc Brassard comme chef de mission de la délégation canadienne pour les Jeux olympiques de Rio, lequel a remis en cause la haute direction du COC.

De plus, derrière cette toile de fond plutôt sombre, se cachent, depuis plusieurs années, toute une série d’athlètes qui ont dû être éliminés des JO à lui suite de tests positifs de dopage, un portrait peu reluisant qui contribue grandement à ternir l’image des Jeux olympiques. Si on ajoute à ce portrait de famille terni par le temps la rencontre du maire de Québec avec les autorités du CIO dans le but d’explorer la possibilité pour Québec d’obtenir la candidature des JO de 2026 et les dépenses faramineuses qui en découleraient, on a tous les ingrédients pour créer un climat de suspicion autour d’un tel événement.

Toutefois, il faut reconnaître que le virage entrepris par le COC laisse entrevoir un meilleur avenir pour le mouvement olympique canadien…Reste à savoir s’il contribuera à lui redonner ses lettres de noblesse d’antan !

quebechebdo 18 avril 2016
Le Devoir 19 avril 2016
 

Le plus beau métier du monde?

17 avril 2016

Durant les quelque 32 années pendant lesquelles j’ai œuvré dans le « merveilleux » monde de l’éducation, j’ai toujours proclamé que j’exerçais le plus beau métier du monde. Or, à lire et à entendre les commentaires des divers intervenants dans les écoles du Québec, il semble bien que les temps ont changé.

Intimidations et violences verbales et physiques des élèves envers les enseignants sont devenues monnaie courante dans les écoles à tel point que plusieurs enseignants, même d’expérience, sont forcés de se retirer temporairement pour cause de surmenage psychologique, d’autres songeant même à se retirer définitivement.

Mais que s’est-il donc passé pour que le climat de l’école soit devenu aussi violent? Quels facteurs ont influencé ces revirements d’autorité qui ont vu les élèves empiéter sans coup férir sur l’autorité du professeur? Avons-nous perdu le contrôle de nos écoles? Toutes des questions qui méritent qu’on s’y arrête sérieusement avant que l’anarchie menée par les élèves ne transforme l’école en un véritable arène de combat.

Au risque de me faire critiquer, j’ose proposer que toute forme d’éducation débute à la maison dès le tout jeune âge, sans quoi il est utopique de se décharger de cette tâche en la confiant à l’école dont le rôle premier est de communiquer des connaissances et non pas d’initier le jeune au respect des personnes qui l’entourent.

Partant de ce constat, il m’apparaît essentiel que la maison et l’école établissent un lien nécessaire relativement aux valeurs qui sont véhiculées dans les deux milieux, une mesure qui saura éliminer les mailles qui se construisent dans l’univers du jeune et par lesquelles il lui est facile de se faufiler lorsqu’il arrive à l’école.

Quant aux enseignants, je propose qu’il maintienne en classe une certaine autorité que je traduirais par « une main de fer dans un gant de velours », une fermeté jumelée à une certaine souplesse, une attitude de maintien de l’ordre dans la classe tout en permettant à l’élève le droit à la faute.

L’équipe d’intervenants doit reprendre le contrôle de l’école avec la collaboration des parents…Peut-être qu’alors l’enseignement redeviendra-t-il le plus beau métier du monde!

quebechebdo 17 avril 2016
vigile.net tribune libre 22 avril 2016

Où s’en va la CAQ?

17 avril 2016

Faisant fi de la défaite crève-cœur de sa candidate, Hélène Girard, dans Chicoutimi avec un faible 11,7 % des voix, soit six points de pourcentage de moins que lors des élections générales de 2014, le chef de la CAQ, François Legault, est aussitôt reparti en croisade en accusant les représentants des chambres de commerce et les conseils du patronat de complaisance à l'endroit du bilan économique du gouvernement de Philippe Couillard.

Et, pour tenter de se remettre en piste sur la carte électorale du Québec, M. Legault a repris son bâton du pèlerin en le dirigeant vers le programme nationaliste de la CAQ, martelant qu'« il faut mieux expliquer ce que veut dire défendre notre langue et notre identité » et mieux expliquer ce que signifie, par exemple, «avoir plus de pouvoirs en matière d'immigration, le tout à l'intérieur du Canada ».

Le moins qu’on puisse dire, c’est que François Legault fait preuve d’une résilience hors du commun. Toutefois, il faut aussi admettre que les résultats ne sont pas au rendez-vous. La CAQ semble vouer à un parti qui navigue allègrement entre les élections mais qui échoue lamentablement lors des scrutins. Une situation que le chef de la CAQ devra pallier s’il désire percer dans les intentions de vote des Québécois…En attendant, le capitaine devra revigorer son équipage avant de faire naufrage !

quebechebdo 17 avril 2016
vigile.net tribune libre 19 avril 2016
 

Un héritage qui colle à la peau

16 avril 2016

Alors que Philippe Couillard, à la suite des accusations portées contre Nathalie Normandeau par l’UPAC, s’était dissocié récemment de l’ère Charest, qualifiée d’une « autre époque de la politique au Québec », voilà qu’aujourd’hui, le même Philippe Couillard louange le gouvernement dont il a fait partie de 2003 à 2008. C’est à croire que le premier ministre a été atteint d’un subit blanc de mémoire.

Pourtant, il m’apparaît évident que les contorsions verbales de Philippe Couillard sont étroitement liées aux nombreuses allégations de collusion, de corruption et de trafic d’influence dont a été affublé le PLQ de Jean Charest dans le rapport de la commission Charbonneau. Un bourbier qui se traduit par un héritage qui colle à la peau de l’ex-ministre de la Santé du gouvernement Charest qui peine à s’en défaire et qui frise les contradictions.

Pour ceux qui ont déjà élevé des animaux, il existe une vieille croyance à l’effet qu’un animal bien dressé ne s’attaque jamais à son maître, peu importe la situation dans laquelle il est placé. Eh bien, force est de constater que ce « dressage » s’applique aussi chez les humains quand on constate la « fidélité » implacable de Philippe Couillard envers Jean Charest malgré les nombreuses magouilles dans lesquelles aurait trempé son « maître ».

quebechebdo 16 avril 2016
vigile.net tribune libre 19 avril 2016
 

La présence de Gestev à Lausanne

15 avril 2016

Peu importe le contexte dans lequel le grand patron de Gestev-Québecor, Patrice Drouin, s’est rendu en Suisse en compagnie du maire de Québec, Régis Labeaume, pour une rencontre « exploratoire » avec les dirigeants du CIO sur une éventuelle candidature de Québec aux Jeux olympiques de 2026, je suis d’avis qu’une telle délégation est nettement prématurée et souffre pour le moins d’un manque de diplomatie de la part du maire de Québec face aux concurrents de Gestev.

En effet, comment Patrice Drouin peut-il justifier que c’est « à des fins personnelles » qu’il a accompagné le maire Labeaume à Lausanne et cela, dans le cadre d’une rencontre « officielle » avec les membres du CIO et des fédérations sportives ? À ce sujet, je ne peux que me rallier au commentaire d’un spécialiste en enjeux éthiques de l'Université Laval, M. Patrick Turmel, à savoir qu’« il est assez inquiétant que la Ville soit accompagnée dès le départ, au moment où elle entreprend sa réflexion, par un acteur qui a tout à gagner ». Du côté de la Ville de Québec, on allègue que M. Drouin s'est rendu à ses frais en Suisse et n'a aucun contrat avec la ville pour du démarchage olympique…Un argumentaire plutôt « faible » à mes yeux !

Quoi qu’il en soit, le moins qu’on puisse dire, c’est que Gestev part avec une longueur d’avance sur ses concurrents, une situation plutôt gênante créée par un manque de jugement patent de la part de Régis Labeaume… Pour ce qui est de la saine concurrence, on repassera !

quebechebdo 15 avril 2016
cyberpresse.ca 15 avril 2016 "Gestev à Lausanne"
Le Soleil 16 avril 2016 "Gestev à Lausanne"
Le Devoir 16 avril 2016 

L’épée de Damoclès

14 avril 2016

Qu’on le veuille ou non, les véhicules blindés légers (VBL) de type LAV III développés par General Dynamics et vendus à l’Arabie saoudite sont considérés comme des véhicules d’armement léger par l’armée canadienne, une entente commerciale dénoncée par plusieurs ONG, telle Amnistie internationale.

De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, s'est engagé à « suspendre ou à révoquer la licence d'exportation » à l’Arabie saoudite si des « informations crédibles » montrent que « le matériel militaire est utilisé à mauvaise escient », à savoir contre sa propre population.

Parmi les arguments évoqués par Stéphane Dion, le ministre allègue, entre autres, que le gouvernement libéral se devait d'honorer le contrat conclu sous les conservateurs de Stephen Harper « pour ne pas miner la crédibilité de la signature du Canada»., ajoutant du même souffle que la résiliation du contrat équivaudrait à « abandonner les efforts » pour promouvoir les droits de la personne en Arabie saoudite, et qu’une telle décision entraînerait également des milliers de pertes d'emploi en Ontario.

Des arguments qui s’insèrent dans la realpolitik du gouvernement Trudeau dans un pays où les droits de la personne sont bafoués régulièrement…C’est pourquoi, il m’apparaît que cette entente constitue une « épée de Damoclès » suspendue avec fragilité au-dessus de la tête de Justin Trudeau !

quebechebdo 14 avril 2016
cyberpresse.ca 14 avril 2016 "Les blindés de Damoclès"
Le Soleil 15 avril 2016 "Les blindés de Damoclès"
 

L’étau se resserre sur J. Charest

13 avril 2016

On aura beau attribuer au député de Québec solidaire de Mercier, Amir Khadir, ses sorties parfois alambiquées, n’empêche que ses dernières allégations concernant le fait que Jean Charest est « le suspect numéro un » des crimes qu’aurait commis le Parti libéral du Québec, relèvent d’une certaine logique, à savoir que le chef du PLQ et premier ministre du Québec pouvait difficilement ignorer les circonstances ayant mené aux accusations envers Nathalie Normandeau de la part de l’UPAC.

Et, pour ajouter à cette saga, le député de QS met l’ancien premier ministre au défi de le poursuivre en justice si ce n’est pas le cas. De son côté, la seule réplique de M. Charest est venue de son adjoint au sein de la firme d’avocats où il travaille : « De toute évidence, M. Khadir souffre d’une obsession à l’endroit de M. Charest, ses propos sont totalement gratuits ».

Quoi qu’il en soit, je suis d’avis que, malgré les circonstances compromettantes, Jean Charest bénéficie de la présomption d’innocence tant et aussi longtemps que des accusations ne seront pas portées contre lui. La balle est entre les mains du directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) et de l’UPAC. Conséquemment, il faut les laisser faire leur travail en toute légitimité…Une histoire à suivre !

quebechebdo 13 avril 2016
Le Devoir 20 avril 2016
 

Lachance à la rescousse de Charest

12 avril 2016

Le 16 juin 2004, l’Assemblée nationale, sous la gouverne du premier ministre Jean Charest, nommait Renaud Lachance à titre de vérificateur général du Québec Or, il s’avère qu’aujourd’hui, le même Jean Charest monte aux barricades en affirmant que son gouvernement a toujours été «honnête et intègre», alléguant la dissension de Renaud Lachance lors du dépôt du rapport de la commission Charbonneau concernant les révélations de certains témoins relativement au financement du PLQ relié à la collusion.

Et, pour montrer patte blanche davantage, l’ex-premier ministre libéral se montre solidaire de son ex-vice-première ministre, Nathalie Normandeau, en affirmant haut et fort sa confiance envers elle, et ce, malgré les lourdes accusations de l’UPAC qui pèsent contre elle. Même « bouquet de fleurs » pour Sam Hamad qui, lui, est actuellement sous enquête du commissaire à l’éthique.

De son côté, le premier ministre Philippe Couillard s’est pourtant distancié de l’ère Charest, qu’il a qualifiée d’une «autre époque de la politique au Québec», lors de l’arrestation de Nathalie Normandeau, une assertion qui, d’ailleurs, a du plomb dans l’aile depuis les révélations de l’affaire Hamad.

Je ne sais pas combien de temps encore Jean Charest pourra se faufiler entre les mailles tissées par Renaud Lachance. Toutefois, j’ai l’impression que l’UPAC n’a pas fini de nous étonner concernant le stratagème de corruption et de collusion entre le PLQ et certains entrepreneurs en construction. En attendant, il serait décent que M. Charest se montre discret dans ses sorties publiques, compte tenu que le cynisme de la population envers le PLQ a atteint un niveau d’intolérance élevé.

quebechebdo 12 avril 2016

 

Mulcair, le « looser »

11 avril 2016

En toute honnêteté, on se doit de reconnaître à Thomas Mulcair ses qualités indéniables de parlementaire tenace et efficace. Toutefois, c’est sur le terrain que Tom a perdu la bataille, continuellement tiraillé entre l’arbre et l’écorce au sujet du port du niqab mais surtout dans l’épineux dossier des énergies fossiles de l’Alberta et des énergies propres du reste du pays.

Une quadrature du cercle qui a signé la descente aux enfers de Thomas Mulcair qui n’a jamais su se sortir de cette impasse. À tel point que, jusqu’à la dernière minute, Mulcair s’est contenté, dans son allocution au congrès, de ménager la chèvre et le chou en éludant l'un des grands enjeux du congrès, à savoir le manifeste « Un bond vers l'avant », qui prône un délaissement des énergies fossiles.

En termes clairs, pour 52 % des délégués, le chef du NPD n’a pas su livrer la marchandise lors du dernier scrutin fédéral qui a vu la représentation néodémocrate fondre de 102 députés en 2011 à 44 en 2015. Il n’en fallait pas davantage pour que le traditionnel « vent de changement » n’envahisse les corridors et se transpose dans le résultat catastrophique auquel a dû se plier avec amertume Thomas Mulcair. Une sortie crève-cœur qui démontre qu’en politique, l’image et la crédibilité du chef demeurent une priorité.  De favori qu’il était en début de campagne en 2015, Mulcair est devenu aujourd’hui un « looser » …et ça, c’est impardonnable en politique !

quebechebdo 11 avril 2016

 

Alliance PQ-CAQ?

10 avril 2016

La question revient continuellement depuis des mois : une alliance PQ-CAQ est-elle possible, voire souhaitable ? Le motif invoqué : sortir les libéraux du pouvoir en octobre 2018. La condition exigée par la CAQ : que le PQ mette le référendum en veilleuse dans un prochain mandat.

Un scénario pragmatique qui repose sur la stratégie au détriment des convictions. Et, elle est là la véritable question à mes yeux pour le PQ : « To be or not to be » ! Garder l’objectif de l’indépendance en priorité, à défaut de quoi le PQ n’a plus sa raison d’être. C’est le prix à payer pour « faire du Québec un pays », comme l’a exprimé avec conviction le poing levé de PKP lors de sa mise en candidature dans Saint-Jérôme.

Autre question primordiale à mon sens, combien de caquistes « tièdes » et pour qui l’indépendance demeure une voie d’accès à une autonomie sans équivoque se rallieraient au PQ s’il maintenait fermement sa position concernant la tenue d’un référendum dans les meilleurs délais ?

Conséquemment, je demeure convaincu que « le salut dans la fuite » n’a jamais porté fruit à quiconque ou à quelque organisation, et que les tergiversations stratégiques ne conduisent qu’à la démotivation, voire à l’abandon. En conclusion, le PQ doit se tenir debout et faire la preuve que son option représente la meilleure voie pour l’émancipation des Québécois…À lui d’agir en ce sens !

quebechebdo 10 avril 2016
Le Journal de Québec 11 avril 2016