Un « cadeau de grec » pour les commissaires

11 mai 2013

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le dernier-né du gouvernement Marois, la Commission spéciale d’examen des événements du printemps 2012, connaît un départ plutôt chancelant. À cet effet, je vous cite un extrait de l’allocution du ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, présentée lors de l’annonce officielle de la création de cette Commission :

« L’attitude du gouvernement du parti libéral a mené à un dialogue de sourds qui n’a fait qu’accroître la tension, y compris entre les étudiants, ce qui a entraîné une judiciarisation du conflit….Et plus encore, désireux de mâter le mouvement de grève, le gouvernement est allé jusqu’à faire adopter sous bâillon le projet de loi 78. Toutes ces actions n’ont donné aucun des résultats escomptés. Au contraire, les manifestations se sont amplifiées… ».

Du même souffle, le ministre Bergeron annonce que la Commission analysera les « techniques utilisées par les forces policières », les « méthodes des agitateurs », et tous les facteurs, y compris politiques, ayant contribué aux débordements et aux violences entourant la crise.

Difficile de croire que, dans une telle conjoncture, il appartiendra à la « Commission seule » de déterminer s’il existe des causes politiques à ce conflit alors que le ministre responsable de ce dossier se lance, dès sa création, à des attaques en règle contre le gouvernement précédent.

En réalité, si le gouvernement Marois, dont plusieurs membres actuels ont pris position pour les étudiants lorsqu’ils étaient dans l’opposition en arborant le carré rouge, présuppose [à raison] que le gouvernement précédent a erré dans la gestion de la crise étudiante et que le ministre péquiste actuel de la Sécurité publique « biaise » au départ l’orientation de la Commission, il m’apparaît qu’il y a là tout au moins une « erreur stratégique » de la part du ministre.

De plus, cette Commission, qui tiendra ses audiences à huis clos, est bien loin de l’enquête réclamée depuis six mois par plusieurs groupes sociaux, entre autres les fédérations étudiantes, qui réclamaient une commission d’enquête publique. En effet, son mandat se résume à « éclairer le gouvernement sur les manières de détecter les signes avant-coureurs d’éventuels troubles sociaux et sur les meilleures façons d’y réagir pour maintenir la paix sociale à l’avenir » et ce, sans aucun pouvoir coercitif auprès des responsables de la crise sociale vécue au Québec au printemps 2012.

En bref, cette Commission, présidée par l’ancien ministre péquiste, Serge Ménard, appuyé par l’ex-juge, Bernard Grenier, et de l’ex-présidente de la CSN, Claudette Charbonneau, se voit attribuer par le gouvernement Marois un espèce de « cadeau de grec » dans lequel les dés donnent l’impression d’être pipés à l’avance. Quoi qu’il en soit, il ne reste plus qu’à attendre son rapport qui devra être remis au ministre Bergeron d’ici le 20 décembre 2013.

vigile.net tribune libre 11 mai 2013

Huguette Oligny – La douceur d’un regard inoubliable

11 mai 2013

En apprenant le décès de Mme Huguette Oligny, je me suis rappelé la douceur contagieuse qui émanait de son regard sur le petit écran. J’avais une quinzaine d’années au moment où Mme Oligny, alors âgée d’une quarantaine d’années, avait atteint le sommet de sa carrière artistique. C’est à cette époque, plus précisément en 1962, que fut présentée à la télévision pour la première fois la pièce de théâtre Le temps des lilas de Marcel Dubé dans laquelle Huguette Oligny tenait l’inoubliable rôle de Blanche.

Sans ne l’avoir jamais rencontrée en personne, j’avais l’impression, à chaque occasion où je la voyais à la télé, que j’apprenais à la connaître davantage de fois en fois tellement la comédienne dans l’âme projetait une transparence incontournable.

Mme Oligny, je vous remercie pour tous ces moments de bonheur que vous avez su nous communiquer avec tant de chaleur tout au cours de votre carrière et sachez que je me souviendrai toujours de la douceur de votre regard.

quebechebdo 11 mai 2013

God bless America

10 mai 2013

J’ai toujours éprouvé des réserves sur les politiques internationales souvent contradictoires de nos voisins du Sud. À preuve cet extrait de Barack Obama lors de son allocution au moment où il recevait le prix Nobel de la paix en 2009: «…Les nations qui adhèrent aux règles internationales n’en sont que plus fortes, alors que celles qui les ignorent sont affaiblies, isolées».

Pourtant, l’année suivante, près de 1200 personnes étaient tuées au Pakistan, au Yémen et en Somalie par des drones américains, sans aucune forme de procès, une tuerie qui représente un nombre 25 fois plus élevé que toutes les personnes exécutées la même année dans tout le territoire des États-Unis.

Au fil des ans, les États-Unis se sont octroyé le droit de tuer partout sur la planète. À titre d’exemple récent, pendant les trois premières années de l’administration Obama, les frappes de drones ont tué quelque 500 civils, dont 60 enfants, certaines attaques ayant même poussé l’odieux jusqu’à cibler des funérailles de personnes tuées par des frappes précédentes… God bless America!

quebechebdo 10 mai 2013

Un discours qui manque de nuance

10 mai 2013

Depuis les quelque deux ans et demi, à savoir janvier 2011, que je participe activement à la tribune libre de Vigile, il est un discours qui m’a toujours laissé perplexe : la « soi-disant » manipulation des cerveaux [dont le mien] par les médias. Encore récemment, concernant ce qu’il est convenu d’appeler, depuis l’avènement du gouvernement Marois au pouvoir, les « reculs du PQ » devant leurs promesses en campagne électorale, on m’a servi le même discours:

« Il faut reconnaître une chose cependant, c’est que les médias sont drôlement habiles pour en arriver ainsi à jouer dans le cerveau des gens et à s’en faire des alliés fidèles pour relayer leurs messages destructifs et divisifs. Même des gens ayant un bon bagage académique et une longue expérience de la vie se prêtent promptement à ce triste jeu. »

Pourtant, dans ce cas précis, la référence dont je me suis servi pour prouver mon argumentaire provenait des projections du ministère des Ressources naturelles, une source fiable et objective qui n’a rien à voir avec la « manipulation des cerveaux ».

Par ailleurs, sans nommer personne par respect pour les intervenants sur cette tribune, ce sont les mêmes qui, parfois, utilisent allègrement ces mêmes références dans leur argumentaire lorsqu’elles contribuent à prouver leurs assertions.

Bien que conscient de l’influence qu’exercent les médias sur la population et que la plupart d’entre eux appartiennent à des personnages dont on peut deviner leur allégeance politique, il ne faudrait peut-être pas instituer une « chasse aux sorcières » sur tout ce qui est écrit ou dit sur leur contenu.

À titre d’exemple, on peut citer la récente nomination de Pierre Karl Péladeau à la présidence du CA d’Hydro-Québec qui, malgré son emprise sur plusieurs médias, a été louangé par les mêmes personnes qui ont tendance à « dénicher » des complots partout et « en arriver ainsi à jouer dans le cerveau des gens et à s’en faire des alliés fidèles pour relayer leurs messages destructifs et divisifs ».

En termes clairs, je défie n’importe qui sur cette tribune de m’affirmer qu’il n’a jamais utilisé quelque référence que ce soit dans les médias pour appuyer son argumentaire…et tout cela est parfaitement normal. Si on ne peut plus se fier aux médias pour s’informer, tout en demeurant « lucide », je me demande sincèrement sur quoi on pourra se faire une idée de l’actualité.

La tribune libre de Vigile est une tribune d’opinion qui reçoit les perceptions de Québécois intéressés à la cause indépendantiste de notre État et, en ce sens, même si parfois les références utilisées par leurs intervenants s’avèrent erronées [ce que je serais le premier à admettre] , je continuerai d’utiliser les médias pour alléguer mes opinions tout en demeurant le plus « vigilant » possible.

vigile.net tribune libre 10 mai 2013

Fermeté et vigilance obligent

9 mai 2013

Selon les dernières données de Statistique Canada, plus de 200 000 immigrants ne parlent pas français. En termes clairs, un immigrant sur cinq au Québec ne peut tenir une discussion en français. C’est ce qui ressort des données de l’Enquête nationale auprès des ménages (ENM), effectuée en 2011 qui dressent notamment un portrait des immigrants et des langues qu’ils maîtrisent. Parmi les immigrants vivant au Québec, 160 000 ont déclaré ne parler que l’anglais, et 43 000 ne maîtrisent aucune des deux langues officielles du Canada.

Toujours selon ces mêmes données, parmi ces immigrants qui ne maîtrisent pas le français, environ 30 000 sont arrivés récemment, soit depuis 2006, ce qui laisse croire que leur non-compréhension de la langue est attribuable à leur arrivée récente au pays, mais 35 000 d’entre eux qui ont immigré ici dans les années 1990 ne parlent toujours que l’anglais ou une autre langue.

Seule note encourageante au tableau, il semble que la loi 101 ait produit des effets positifs puisque, chez les nouveaux arrivants allophones au Québec, davantage d’entre eux apprennent le français avant l’anglais. Pour arriver à de telles conclusions, Statistique Canada demande aux immigrants laquelle des deux langues officielles du Canada ils ont appris à parler en premier et, parmi les immigrants arrivés avant 1996, 33 % se tournaient alors vers l’anglais, une proportion qui n’est plus que de 20 % dans les dernières années. Et l’inverse est vrai pour le français alors qu’en 1996, 46 % apprenaient le français d’abord et la proportion n’a pas cessé d’augmenter pour atteindre 58 % en 2011.

Par ailleurs, toujours selon les données de Statistique Canada, au chapitre de l’immigration, une compétence constitutionnelle partagée entre le Parlement canadien et les législatures provinciales, près d’une personne sur cinq au pays appartient à une minorité visible alors qu’au Québec cette proportion se chiffre à 10 %, un pourcentage qui atteint 20 % à Montréal où les Noirs constituent le groupe de minorités visibles le plus important, devant les Arabes et les Latino-Américains. Au Québec, c’est la municipalité de Brossard, sur la rive sud de Montréal, qui a la population la plus diversifiée alors que 38 % de ses citoyens appartiennent aux minorités visibles, suivie de Dollard-des-Ormeaux, sur l’île de Montréal, avec 35 % de ses résidents.

Dans l’ensemble du Canada, le Québec reçoit ainsi sa part d’immigration de groupes de minorités visibles. « Mais ils viennent de pays différents du reste du Canada », indique François Nault, directeur de la division de statistique sociale à Statistique Canada. « Au Québec, on va avoir plus d’Arabes, de Latino-Américains et d’Africains » en raison du français qui est parlé dans leur pays d’origine, ou d’une langue apparentée, comme l’espagnol, précise-t-il.

En campagne électorale, le Parti québécois s’était engagé à intensifier les efforts de francisation des immigrants allophones. Les données de l’ENM, même si parfois elles s’avèrent positives, pourront donner au gouvernement un portrait précis de tous ceux qui échappent à son programme de francisation…et du pain sur la planche pour Diane De Courcy, ministre de l’Immigration et des Communautés culturelles et ministre responsable de la Charte de la langue française, qui devra faire preuve de fermeté et de vigilance dans les dossiers "chauds" qui lui sont confiés.

vigile.net tribune libre 9 mai 2013
quebechebdo 9 mai 2013 "Francisation des immigrants au Québec – Fermeté et vigilance obligent"

Dans la foulée des reculs du PQ

8 mai 2013

Pour une énième fois, le gouvernement Marois, cette fois-ci, recule sur son engagement électoral concernant les redevances minières en faisant passer sa promesse de revenus supplémentaires de 388 millions$ à 50 millions$.

Pour défendre cette nouvelle mesure, le ministre Nicolas Marceau allègue que le prix des métaux a chuté de 25 % depuis le sommet de 2011 et que les surprofits avaient disparu, ce qui expliquerait, selon lui, que le gouvernement ne puisse pas remplir sa promesse électorale. Or, si on se fie aux projections du ministère jusqu’en 2020, lesquelles devaient être connues par le PQ lors de la campagne électorale, même en projetant l’hypothèse la plus favorable, jamais le gouvernement ne touchera en redevances minières une somme qui pourrait même s’approcher de la promesse péquiste.

Par ailleurs, dix des vingt mines exploitées au Québec actuellement ne paient pas de redevances parce qu’elles ne sont pas rentables. En campagne électorale, le PQ avait promis d’imposer à « toutes » les mines une redevance de 5 % de la « valeur brute » du minerai extrait. Toutefois, la formule retenue par Nicolas Marceau impose une redevance minimale de 1 % des premiers 80 millions de la valeur « de la production à la tête du puits », c’est-à-dire la valeur brute « moins les dépenses subies après l’extraction du minerai ».

Cependant, malgré toutes ces projections à la baisse, le ministre affirme qu’il a respecté les quatre principes énoncés par le gouvernement lors de la campagne, à savoir que les revenus tirés des redevances devaient croître, que toutes les exploitations minières, « rentables ou non », devaient payer un impôt minier, que les redevances devaient augmenter en fonction du rendement, et que davantage de transformation du minerai devait se faire au Québec.

Mis à part l’incitation de transformation du minerai qui semble faire l’unanimité au sein des partis d’opposition, M. Marceau, en soutenant un argument de principe, fait fi des chiffres qui eux, ont considérablement chuté par rapport à la promesse du PQ, une attitude qui souffre d’une tendance pour le moins démagogique. C’est comme si le ministre nous disait : « Vous voyez, la façade n’a pas changé… » tout en omettant de nous dire que l’intérieur est beaucoup moins luxueux que prévu.

Toutefois, dans ce cafouillis de chiffres aux allures plutôt « gênantes », là où le bât blesse le plus, c’est que les dirigeants péquistes aient lancé des projections de revenus des redevances minières en campagne électorale alors qu’ils auraient dû être informés des données du ministère qui sont de caractère public. Alors, pourquoi Nicolas Marceau allègue-t-il maintenant la chute du prix des métaux pour justifier cette projection de baisse substantielle des redevances minières ?

vigile.net tribune libre 8 mai 2013

Dépouille mortelle cherche inhumation

8 mai 2013

La dépouille mortelle de Tamerlan Tsarnaev, tombé sous les balles de la police alors qu'il était poursuivi à la suite de l'attentat du marathon de Boston, reste jusqu'à maintenant sans preneur, pas un seul cimetière du Massachusetts n'ayant accepté d'acceuillir son corps.

Bien que nous devions admettre l’atrocité du geste commis par le terroriste, ne devrions-nous pas aussi nous interroger sur l’intransigeance des Américains de cet État? Tamerlan Tsarnaev n’a-t-il pas subi le châtiment ultime, à savoir la mort? La famille du terroriste doit-elle voir se prolonger indûment son deuil? Ou, sur un autre plan, les Américains, en refusant de l’inhumer, ne condamnent-ils pas tous les Islamistes et les Tchétchènes? En revanche, le pire des criminels d’origine américaine n’aurait-t-il pas eu droit à une sépulture?

Toutes des questions qui demeureront à jamais sans réponse puisque le peuple américain semble, au-delà du trépas, vouloir faire subir à la dépouille mortelle une malédiction supplémentaire, une mesquinerie qui, pourtant, ne redonnera jamais la vie aux victimes de l'attentat.

quebechebdo 8 mai 2013

La méthode Harper…chacun dans sa cour

8 mai 2013

Selon les données d’un sondage réalisé par la firme CROP, après deux ans de gouvernement conservateur majoritaire, les Québécois rejettent massivement le parti de Stephen Harper à 90% des intentions de vote. Majoritaire à Ottawa, le 2 mai 2011, avec l’appui de seulement 17 % des votants et six députés au Québec, le gouvernement a fait son lit ailleurs au pays, principalement en Ontario rural et dans l’Ouest.

Pour le politicologue Guy Laforest, de l’Université Laval, « Le Québec est devenu insignifiant sous le gouvernement Harper majoritaire…Jamais depuis 1867, le Québec a si peu compté à Ottawa. ». Son collègue Réjean Pelletier partage cet avis : « M. Harper ne mise plus sur le Québec, il a fait une croix sur ce vote comme sur qui loge à l’est de la rivière des Outaouais ».

« Si M. Harper était plus à l’écoute lorsqu’il était minoritaire, soutient M. Pelletier, tout cela est fermé. Il ne veut plus négocier, rencontrer les premiers ministres. Aujourd’hui, c’est chacun dans sa cour, et occupez-vous de vos compétences. »

Harper et ses troupes agissent comme si le gouvernement avait piétiné en situation minoritaire entre 2006 et 2011 en utilisant leur majorité essentiellement pour rattraper ce temps perdu. Selon M. Pelletier, « le gouvernement Harper fait ce qu’il veut, il reprend ce qu’il a essayé de faire en situation minoritaire, il n’a plus vraiment de contraintes et même l’opinion publique ne semble pas l’énerver beaucoup. »

Ainsi, mois après mois, les bleus annoncent ou répètent des initiatives dans la foulée de leur programme du « law and order », modifiant une bonne centaine de lois touchant d’innombrables dossiers chauds, sous prétexte que les débats avaient assez duré et que les électeurs avaient pris leur décision. C’est ainsi que deux documents de plusieurs centaines de pages ont reçu la même attention qu’un projet de loi anodin d’une quinzaine de pages.

Rien n’illustre mieux la méthode Harper que l’utilisation, le jour même du deuxième anniversaire de sa victoire, d’un 32e bâillon parlementaire, ce qui place ce gouvernement en tête des records des bâillons, dépassant ceux de Jean Chrétien, de 1997 à 2000, et de Brian Mulroney, de 1989 à 1993.

« Stephen Harper n’aime pas les combats de rue, il évite les discussions. Il n’y a plus d’écoute, plus de volonté de négocier, même avec des limites, avec les provinces. Le fédéral décide unilatéralement », estime M. Pelletier.

Par ailleurs, dans ce décor plutôt noir, demeure toujours le « mystère » de la Capitale nationale, un phénomène qui secoue les milieux politiques fédéral et provincial, particulièrement depuis le référendum de 1995, au moment où l’électorat s’était distingué par son faible appui au Oui, qui, peut-être plus que l’argent ou le vote ethnique, a assuré la victoire fédéraliste.

Mais comment expliquer ce « mystère Québec » ? Selon plusieurs politicologues et sociologues, l’attrait du pouvoir, reconnu dans une capitale comme l’est du Québec, la sécurité linguistique, le monoculturalisme « pure laine », la prospérité économique et le vieillissement d’une population à peine touchée par l’immigration, représentent tous des facteurs déterminants qui distinguent la région du reste du territoire.

Dans ce contexte, le parti conservateur espère percer chez les électeurs de Régis Labeaume, la construction du nouvel amphithéâtre permettant de jeter un peu de baume sur certaines bévues conservatrices, et le conservatisme viscéral d’une bonne partie des électeurs de même que la présence assidue des ministres et des députés conservateurs jouant aussi un rôle dominant dans cet engouement pour le parti conservateur.

À ce « conservatisme viscéral » de l’électorat de la Capitale nationale [pour lequel j’éprouve un malaise « viscéral » en tant que citoyen de cette ville], j’ajouterais que le fait qu’elle soit le « château fort » des fonctionnaires du gouvernement augmente la propension de son électorat à se tourner irrésistiblement vers l’attrait du pouvoir.

vigile.net tribune libre 7 mai 2013



Chapeau, M. Simoneau

7 mai 2013

Parmi les centaines de témoignage de sympathie que nous avons pu l;ir ou entendre sur différents médias suite au décès de Marc Simoneau, nous pouvons tracer une ligne droite sur son intégrité et son courage face à ses opinions.

À ces qualités qui ont fait sa marque, autant dans sa vie journalistique que politique, je me souviendrai de son personnage « bougonneux » qui le caractérisait autant qu’il lui conférait un aspect coloré très personnel, « tsé j’veux dire ? »

On se souviendra de Marc Simoneau comme de quelqu’un qui avait son franc parler et qui est toujours demeuré fidèle à lui-même et à ses convictions. Chapeau, M. Simoneau, pour votre sincérité et nous avoir ouverts davantage au « merveilleux monde du sport » !

quebechebdo 7 mai 2013
cyberpresse.ca 7 mai 2013 "Vos réactions au décès de Marc Simoneau"
Le Devoir 9 mai 2013

Couillard prône le changement…sans mouvement

6 mai 2013

Le nouveau chef du Parti libéral du Québec, Philippe Couillard, désire imprimer sa « marque » au nouveau programme politique du PLQ en prônant le « changement sans bouleversements ». Tels sont les termes utilisés par M. Couillard dans une entrevue parue dans un quotidien le 4 mai…

Les grandes lignes du programme seront prêtes pour l’automne. Durant l’entrevue, il fait référence à un projet de « gouvernement ouvert et transparent ». Premier ministre, Philippe Couillard ne reverrait pas le panier de services offert aux Québécois puisque, selon lui, « une fois un service acquis, il très difficile de le retirer ».

Il veut amincir l’État par touches et retouches et non pas par des « coupes sauvages ». Pour y arriver, il voudrait étendre le principe de l’indexation à tous les services publics où des tarifs existent et ce, afin d’éviter un « choc tarifaire » après des périodes de gel. D’après lui, le tarif de 7 $ des services de garde devrait être indexé dès maintenant, chaque année de gel supplémentaire « accroissant la pression » sur le réseau.

Philippe Couillard dénonce « la grande incertitude » installée par le gouvernement en matière économique. « Le meilleur exemple en est l’industrie minière » où, de surcroît, le gouvernement « réalise maintenant la réalité des choses » puisqu’il s’apprêterait à présenter une formule de redevances proche de celle qui existait.

À cet effet, un des premiers gestes que poserait un gouvernement Couillard serait de mettre sur pied une commission chargée de revoir la fiscalité des entreprises et des individus. Elle serait formée d’« experts indépendants ». Le programme politique que Philippe Couillard présenterait aux Québécois ferait valoir la nécessité « d’ajuster la fiscalité ». Elle doit mieux servir le développement économique, « l’incitation au travail » et la création d’emplois. Il n’y a pas d’incitatif plus puissant que la fiscalité » pour modifier « les comportements dans une société ».

Sur le plan social, le chef libéral se dit préoccupé par l’accroissement des inégalités sociales. « Il y a une réduction de la pauvreté, mais il y a un écart grandissant entre les classes les plus élevées et les moins favorisées. Les inégalités se creusent. Ce n’est pas un facteur positif, même sur le plan économique. »

Au niveau de la santé, l’ex-ministre de la Santé et des Services sociaux au sein du défunt gouvernement Charest, veut revoir le financement des établissements de santé. Ce financement ne peut plus être entièrement basé sur l’« activité ». Il doit aussi l’être en fonction « de la qualité des résultats obtenus du point de vue du patient ».

Puis, Philippe Couillard se lance à une attaque en règle contre le PQ, se disant exaspéré par la stratégie de fond du gouvernement du Parti québécois : « La stratégie constante du Parti québécois depuis des décennies, c’est de miser sur quoi ? C’est de miser sur des inquiétudes quant à notre langue et de propager chez les Québécois un sentiment d’humiliation, de complot, de menaces, qui n’est pas du tout réel…C’est quelque chose qui est bâti, construit par leurs responsables politiques qui vont prendre n’importe quel enjeu fédéral-provincial » pour tenter d’exacerber les inquiétudes.

Le pire, aux dires du « digne » successeur de Jean Charest, est cependant ailleurs, à savoir que le fait de contester les idées portées par le Parti québécois est perçu « comme une attaque contre le Québec ». Il s’insurge contre cette façon de voir et espère briser le label de « défenseur des intérêts du Québec » que s’est attribué le Parti québécois.

Le gouvernement du Parti québécois divise, « fragmente » le Québec. Pour lui, le projet de loi 14 sur la langue française, qu’il juge vicié en raison de ses aspects « coercitifs », s’inscrit « dans un discours général de fragmentation ». Il est convaincu que la protection et la promotion de la langue française passent par des mesures de « valorisation ». L’« adhésion très large de tous les Québécois de toutes les origines » est liée à de telles mesures.

Enfin, l’entrevue se termine sur la Charte de la laïcité que Philippe Couillard souhaiterait « ouverte, c’est-à-dire dans laquelle il existe une tolérance notamment pour le port de signes religieux non ostentatoires », ajoutant qu’il se dit prêt à débattre avec ses militants de l’idée de proscrire le port de signes religieux chez les juges, les procureurs de la Couronne, les policiers et les gardiens de prison, comme le recommandait la commission Bouchard-Taylor en mai 2008.

Voilà…la table est mise ! Une ribambelle de coquilles vides assaisonnées de quelques épices sans saveur convient les invités à se bercer sur un nuage de « belles paroles » qui les conduiront tout doucement vers la voie du « changement…sans mouvement ».

vigile.net tribune libre 6 mai 2013