C’est curieux comme la mémoire…

6 mai 2013

Lors des audiences de la commission Gomery, plusieurs témoins donnaient l’impression qu’ils avaient perdu la mémoire. Par contre, à la commission Charbonneau, la plupart des témoins se souviennent dans les moindres détails d’événements qui se sont déroulés très souvent il y a plusieurs années. Peut-être que les spécialistes de la mémoire pourraient m’expliquer les raisons de ce phénomène plutôt insolite. Curieux comme la mémoire est parfois une faculté qui oublie, parfois une faculté qui n’oublie rien!

quebechebdo 6 mai 2013

Lise Payette, la femme et l’engagée

5 mai 2013

« Nos dirigeants auraient avantage à écouter les personnes âgées au lieu de les enfermer » Pensée personnelle

Dans son billet intitulé « Mon printemps (mis)érable » paru dans Le Devoir du 3 mai 2013, Lise Payette nous relate avec beaucoup d’émotion le long chemin qu’elle a dû parcourir depuis le 3 octobre 2012, le jour où elle est tombée « bêtement » sur un trottoir de la rue Sherbrooke, une chute qui provoqua une triple facture à la cheville droite.

Parmi les passages vibrants de compassion dont Lise Payette nous fait part, on ne peut passer sous silence les témoignages de sympathie qu’elle nous transmet vis-à-vis les personnes âgées qui n’ont plus aucun contact avec leur famille et qui, de surcroît, souffrent souvent de la maladie d’Alzheimer :

« J’ai été soignée à l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal parmi les autres malades, dont un trop grand nombre sont atteints de la maladie d’Alzheimer et dont les yeux vides vous arrachent les larmes chaque fois que vous essayez de les rejoindre au milieu de leurs souvenirs qui sont éteints. J’ai vu travailler des membres du personnel capables de tendresse et de patience, alors que d’autres ont choisi de ne plus voir la souffrance en face et continuent de faire comme si l’être humain qui leur est confié était déjà mort. J’ai surtout vu la différence entre ceux qui ont des visiteurs qui viennent les dorloter et ceux qui n’ont plus aucun contact avec leur famille ou leurs amis ».

Puis, comme il fallait s’y attendre de la part de Lise Payette, la souverainiste dans l’âme et les tripes, sa convalescence n’allait pas se dérouler dans une bulle :

« J’ai fait bien attention d’occuper ma tête en lisant, en restant dans la parade, en suivant les événements qui meublent nos journées, et je sais tout du comportement du gouvernement d’Ottawa ces derniers mois, des révélations ahurissantes de la commission Charbonneau, du travail colossal du gouvernement Marois malgré son évidente difficulté à remettre de l’ordre dans les affaires du Québec, de l’infini cynisme des citoyens face à ceux qui prétendent les diriger, du mouvement « de la rue » qui n’est pas occupée par les étudiants cette année, mais par les travailleurs qu’on étouffe pour les faire taire. Les acteurs changent, mais on joue toujours dans la même pièce… »

Cette pièce de théâtre dans laquelle le carrousel tourne et tourne en rond, actionné par des marionnettes aux allures de romanichels désoeuvrés : « J’ai l’intention de faire tout en mon pouvoir pour venir en aide aux personnes qui traversent une vieillesse sans tendresse et sans espoir. Il ne faut pas seulement de l’argent, il faut de l’amour et infiniment de respect. Je continuerai de vous en parler comme je vous parlerai de cette société qui est la nôtre et qui tourne avec le vent sans jamais remettre ses choix en question ».

Une société « qui tourne avec le vent sans jamais remettre ses choix en question »…un peuple de « bonnes gens », ouverts aux idées nouvelles jusqu’au moment où les colonnes du temple soutenues par ses valeurs traditionnelles sont ébranlées et risquent de s’effondrer. À ce moment-là, les Québécois se replieront dans leurs tranchées et opteront, comme ils l’ont toujours fait, pour la sécurité « sans jamais remettre [leur] choix [initial]en question ».

Je vous laisse sur ce petit poème qui m’est venu un jour que je revenais d’une visite à ma mère dans son dernier logis, une chambrette meublée d’un lit et d’un fauteuil roulant :

La traversée du désert

Il a toujours existé sur cette terre
Des générations généreuses de mère
Pour qui le sentiment d’utilité
Incarnait la fontaine où s’abreuver

Il fut un temps pas lointain où ma mère
Avait érigé tout son univers
Autour du besoin criant de donner
À ses enfants sans jamais demander

Puis emportée dans un destin pervers
A vite basculé tout son univers
Lorsque ses oiseaux ont quitté le nid
Construit au cours de toutes ces décennies

Ce fut alors la descente aux enfers
Son âme s’est réfugiée dans un cancer
Qui l’a aussitôt condamnée aux fers
Et à bout de forces l’a conduite en terre

Telle est la belle et triste histoire d’une mère
Qui a dû traverser seule le long désert
Et pour qui j’ai écrit ces quelques vers
Enfouis dans l’intimité de ma serre

vigile.net tribune libre 5 mai 2013

Un mariage forcé

5 mai 2013

Après des mois d'intenses négociations parfois pénibles, les deux nouvelles formations d'opposition à la Ville de Québec, à savoir Québec autrement de David Lemelin et Démocratie Québec d'Anne Guérette, auraient finalement trouvé un terrain d'entente et annonceraient leur fusion.

En janvier, des discussions pour une potentielle fusion s'étaient conclues par un échec. La chef de Démocratie Québec, Anne Guérette, tenait à une course à la direction du parti, ce que ne souhaitait pas Québec autrement. Mme Guérette proposait de plus le partage des districts, une idée qu'a toujours rejetée l'équipe de David Lemelin. En avril, Mme Guérette est revenue à la charge et avait déploré que le chef de Québec autrement «n'ait pas donné suite à son idée » qui visait à faire en sorte que les formations ne se concurrencent pas aux élections du 3 novembre 2013.

Toutefois, malgré leurs différends, les deux formations ont toutefois toujours plaidé pour éviter de diviser le vote face aux troupes de Régis Labeaume mais le mode d’emploi restait toujours inconnu. Selon toute apparence, il appert que cette dernière préoccupation des deux chefs ait prévalu sur les différends qui les opposaient. Reste à savoir si cet argument réussira à donner naissance à un parti uni…À mon avis, cette fusion présente l’impression d’un « mariage forcé » qui n’augure rien de solide, compte tenu des fortes personnalités des deux « conjoints ».

 

quebechebdo 5 mais 2013 

Personne n’en parle!

4 mai 2013

On ne compte plus les cotes d’écoute de l’émission « Toute le monde en parle », communément appelé TLMP, tellement cette parade de personnalités à la une, que ce soit des « bons » ou des « méchants », attirent, tels des mouches autour d’un pot de confiture, les fans assoiffés de manifestations de petit sensationnalisme.

Et pourtant…Combien de grandes réalisations passent inaperçues et mériteraient un meilleur sort que la complète ignorance de la part d’une émission qui aurait avantage à en parler au lieu d’exhiber les sourires béats de deux animateurs faisant les paons devant le petit écran.

À titre d’exemple, tous les intervenants en milieu scolaire disposeront dorénavant d’un nouveau programme de formation en ligne destiné à leur venir en aide dans la gestion de l’asthme, qui touche environ 15% des enfants québécois, ce qui représente une moyenne de trois enfants par classe. Ce programme véhicule, entre autres mythes qui entourent la maladie, la crainte de plusieurs parents, dont un enfant en est atteint, de la prise régulière de médication visant à contrer les effets négatifs de l’asthme.

Dans le but de présenter un exemple convaincant aux personnes touchées directement ou indirectement par l’asthme, les promoteurs de cette initiative admirable ont recruté, comme porte-parole, Alex Harvey, lui-même atteint de cette maladie, et dont les exploits en ski de fond ont atteint les plus hauts sommets.

Nous avons là, à mon sens, une trouvaille qui devrait être exhibée devant les réflecteurs au lieu des visages de glamour qui envahissent les écrans des québécois à tous les dimanches soirs…Malheureusement, personne n’en parle!

quebechebdo 4 mai 2013

Le pouvoir inaliénable du Québec en éducation

4 mai 2013

Décidément, le gouvernement Harper est en train de développer une habitude qui frise l’ingérence cavalière dans les compétences provinciales. Sa dernière trouvaille réside dans la création d’un comité permanent du ministère du Patrimoine canadien qui a pour mandat de se pencher sur l’enseignement de l’histoire dans les établissements primaires, secondaires et postsecondaires même si l’éducation est un champ de compétences qui relève des provinces, une décision qui a été prise « à huis clos » par le Comité permanent du patrimoine canadien, formé majoritairement de députés du Parti conservateur.

Ce comité investiguera sur les contenus des différents programmes d’histoire à travers le pays en mettant l’accent principalement sur l’histoire du Canada, entre autres, les débuts de la Confédération et les fondements de la fédération canadienne, les première et seconde guerres mondiales, l’évolution constitutionnelle ainsi que le débat constitutionnel.

Évidemment, les partis d’opposition à Ottawa ont crié à l’ingérence du fédéral dans les champs de compétence des provinces, alléguant, avec raison, que les conservateurs au pouvoir en profitent pour imposer leur vision de l’histoire canadienne.

En ce qui a trait à Québec, cette nouvelle ingérence d’Ottawa est vivement critiquée. Selon le ministre délégué aux Affaires intergouvernementales canadiennes, Alexandre Cloutier, le comité fédéral sur l’enseignement de l’histoire outrepasse ses champs de compétences :

« Non seulement c’est piétiner dans les champs de compétences de Québec, mais ça arrive au même moment où le gouvernement fédéral refuse d’ouvrir ses livres pour que lumière soit faite sur le comportement qu’aurait eu l’ancien juge en chef de la Cour Suprême, Bora Laskin, lors du rapatriement de la Constitution. Si Ottawa veut parler d’histoire, qu’il commence par accepter de parler du débat constitutionnel, un des moments les plus importants de l’histoire du pays ».

Quant à notre premier ministre canadian, fidèle à son habitude, à savoir de noyer habilement le poisson dans l’aquarium, il s’est montré rassurant. « Notre gouvernement n’a aucune intention de dire comment enseigner l’histoire par les provinces. Nous n’avons pas le pouvoir, nous n’avons pas la volonté de le faire. Évidemment, comme parlementaires fédéraux, nous avons un intérêt à promouvoir une connaissance de l’histoire canadienne ».

Si M. Harper désire promouvoir l’histoire du Canada, libre à lui. Par contre, le canal qu’il utilisera ne doit pas empiéter sur le pouvoir inaliénable des provinces en éducation, un droit qui leur appartient en toute légitimité. En ce sens, le contenu du cours d’histoire nationale se doit d’être édicté par le Québec qui seul, détient cette prérogative.

vigile.net tribune libre 4 mai 2013

On dit que le ridicule ne tue pas…

4 mai 2013

Un petit Américain de 5 ans du Kentucky a abattu sa soeur de 2 ans avec son propre fusil, un .22 long rifle « spécialement conçu pour les enfants », qui lui avait été offert en cadeau l’année dernière.

L'arme était stocké dans le coin d'une pièce et les parents ne savaient pas qu'il restait une munition à l'intérieur, selon le médecin légiste chargé de cette affaire. Il appert que la mère des enfants, qui faisait le ménage, était momentanément sortie sur le balcon de la maison.

Aux États-Unis, 851 personnes sont mortes en 2011, victimes d’une balle perdue tirée par accident. Sur la même période, ces accidents ont fait quelque 14 675 blessés, dont 7 991 mineurs et 3 569 âgés de moins de 13 ans.

Pourtant, des textes de loi pour une réglementation plus stricte sur les armes à feu, déposés dans la foulée du massacre de Newtown au Connecticut en fin 2012, ont été repoussés il y a deux semaines au Congrès.

Un proverbe dit que «le ridicule ne tue pas». Mais, malheureusement pour la petite Caroline Starks, «le ridicule» des parents qui ont placé l’arme meurtrière entre les mains du garçonnet contribue à faire augmenter la liste des victimes d’attitudes irresponsables et de gestes fatidiques chez nos voisins du Sud.

Quant à nous, dans notre «beau pays», nous en sommes encore à nous demander si nous devons conserver le registre des armes à feu. Stupéfiant!

quebechebdo 4 mai 2013
Le Devoir 6 mai 2013 "Le ridicule ne tue pas?"
Le Soleil 6 mai "Quand le ridicule tue"

Baird récolte une autre patate chaude

4 mai 2013

Outrés par les récentes sorties du ministre fédéral des Affaires étrangères, John Baird [qui n’en sont pas à leur première !], des États du Moyen-Orient se rangeraient, selon certaines sources, derrière le Qatar pour ravir à Montréal le siège permanent de l’Organisation de l’avion civile internationale, une « rumeur » que nie le gouvernement Harper qui promet de se battre « bec et ongles » pour conserver l’organisation de l’ONU dans la métropole canadienne, et que réfute le ministre Baird, qui affirme n’en avoir eu aucun écho, pas même pendant son voyage au Moyen-Orient le mois dernier.

Dans les faits, il semble que les pays arabes étaient déjà exacerbés de voir le gouvernement de Stephen Harper se faire le grand défenseur d’Israël. Et la rencontre du ministre Baird avec une homologue israélienne en territoire occupé, à Jérusalem-Est le mois dernier, aurait irrité davantage les frustrations. Résultat, des États arabes songeraient maintenant à promouvoir la candidature du Qatar, qui a déposé la semaine dernière sa propre offre d’héberger le siège de l’OACI dans sa capitale, Doha. Toujours selon la rumeur, les pays s’affaireraient à faire front commun pour convaincre des alliés et récolter suffisamment de votes pour réquisitionner l’organisation onusienne à Doha.

Par ailleurs, même si le « mastodonte » fédéral de Affaires étrangères dément que les pays arabes grenouillent dans les coulisses, il a lui-même entamé une contre-attaque diplomatique, faisant des appels, avec ses fonctionnaires, dans « quelques dizaines de pays à travers le monde » pour s’assurer de leur appui quant au maintien du siège de l’OACI à Montréal.

Et, qui plus est, notre « digne » représentant fédéral aux relations internationales s’associe à son homologue péquiste québécois responsable de Montréal, Jean-François Lisée, de même qu’au maire de la métropole Michael Applebaum pour former leur propre front commun sous la bannière d’Équipe Montréal qui viendrait sous peu « vanter les avantages de la ville québécoise en tant qu’hôte permanent de l’OACI ».

L’OACI compte 534 employés dans la métropole québécoise et les délégations de 37 pays membres. Selon une analyse de la firme SECOR, l’organisation rapporterait des retombées économiques annuelles de 119 millions $ dans les goussets de la ville de Montréal, un apport non négligeable.

Sur un autre plan, M. Baird , conformément à « son sens inné des relations internationales », a confirmé qu’Ottawa ne tentera pas d’obtenir un siège au Conseil de sécurité des Nations unies en 2015, trois ans après le revers essuyé au profit du Portugal. Pour le bloquiste Jean-François Fortin, cette décision, ajoutée au sort incertain de l’OACI à Montréal, est imputable aux positions des conservateurs ces dernières années. « Le Canada, particulièrement depuis 2006 avec la présence des conservateurs, a eu un comportement d’État voyou irresponsable, irrespectueux des normes internationales, des conventions internationales et du droit international ».

À mon sens, le député bloquiste, dans sa déclaration, résume parfaitement les conséquences désastreuses semées par un « État voyou irresponsable » dont nous aurions avantage à nous séparer si nous désirons, en tant que nation autonome, mettre en lumière les valeurs qui nous sont propres, en particulier le respect des « conventions internationales et du droit international ».

vigile.net tribune libre 3 mai 2013

Welcome aboard!

3 mai 2013

Quatre ans après avoir déposé chacun huit plaintes auprès du Commissaire aux langues officielles contre le transporteur aérien Air Canada concernant les services unilingues anglais lors de voyages aériens, l’absence de services en français aux comptoirs d’enregistrement et lors d’annonces à l’intention des passagers pour les changements de carrousel à bagages, la Cour suprême du Canada a finalement accepté d’entendre l’appel de Lynda et Michel Thibodeau, deux citoyens d’Ottawa.

Entre temps, la Cour fédérale a constaté des infractions au niveau de la Loi sur les langues officielles et déclaré qu’elle devait s’appliquer. Elle a donc décidé d’octroyer des dommages et intérêts au couple et ordonné au transporteur aérien de lui envoyer une lettre d’excuses, ordonnant de plus à Air Canada de respecter la Loi sur les langues officielles et lui imposant d’instaurer des procédures et un système de surveillance pour documenter les infractions à la dite Loi.

Pour sa part, Air Canada n’a pas nié avoir manqué à son obligation de fournir des services en français lors de certains vols. Elle a donc accepté d’envoyer une lettre d’excuses et offert 6000 $ en dommages à M. et Mme Thibodeau. Toutefois, le transporteur conteste les conclusions de la Cour fédérale pour les manquements survenus lors de voyages à l’extérieur du Canada, jugeant que les recours des Thibodeau sont régis exclusivement par la Convention de Montréal, qui réglemente les vols aériens internationaux, et que le couple ne peut ainsi réclamer des dommages en vertu de la Loi sur les langues officielles.

Du côté de la Cour d’appel fédérale, elle a cassé en partie le jugement et réduit les dommages et intérêts de 6000 $ à 1500 $ par personne tout en annulant toutes les ordonnances au sujet du système de surveillance.

« Je constate que les preuves sont floues quant à la nature systémique des manquements d’Air Canada à ses obligations linguistiques. Nous ne sommes pas en présence de violations innombrables, qui se produisent de manière quasi délibérée ou que l’appelante perpétue dans le cadre de ses activités. L’ordonnance va au-delà du rôle normal de l’autorité judiciaire, qui consiste à résoudre les différends » écrit la juge Johanne Trudel de la Cour d’appel fédérale.

Remarquez bien les termes utilisés par la juge Trudel [un nom à consonance francophone en passant !] qui justifie son jugement par le fait qu’Air Canada ne fait pas preuve de « violations innombrables qui se produisent de manière quasi délibérée ou que l’appelante perpétue dans le cadre de ses activités ».

En d’autres termes, selon l’interprétation que je fais des arguments de la juge Trudel, Air Canada est déclaré non-coupable parce qu’elle n’a pas usé de façon abusive de l’unilinguisme anglophone dans ses relations avec ses clients francophones…comme s’il fallait comptabiliser les infractions à la Loi sur les langues officielles pour être accusé de violer ses ordonnances ! La cause appartient maintenant à la Cour suprême…Welcome aboard !

vigile.net tribune libre 3 mai 2013

Une publicité abusive et irresponsable

3 mai 2013

Sans prétendre nier le lien important qui existe entre les saines habitudes de vie et la santé des personnes vieillissantes, il est abusif et irresponsable, à mon sens, de prétendre, comme le fait la Fondation des maladies du coeur et de l'AVC dans sa campagne publicitaire actuellement en ondes, que c'est «à nous de choisir» entre une vieillesse en santé ou une vieillesse misérable, une affirmation qui, par son manque total de nuances, est abusive et irresponsable.

Le problème de cette publicité, c'est qu'elle vise tout le monde sans tenir compte des personnes dont la santé est une question de génétique, ou pour qui les conditions de vie et de travail ou des accidents incapacitants constituent souvent des facteurs de risque de maladie qui échappent au contrôle de la personne.

En plus de cautionner le mythe que certaines personnes ont « choisi la maladie » sans qu’ils en soient les véritables responsables, une telle idéologie vient renforcer un courant politique qui voudrait bien voir l'État se désengager à l'égard du système de santé. Après tout, selon ceux qui adhèrent à cette idéologie, pourquoi paierait-on collectivement pour des mauvais choix individuels et délibérés?

À mon avis, bien qu’il faille insister sur les bienfaits de saines habitudes de vie, les élus se doivent de faire preuve de nuance, sans quoi, nous assisterons à une déresponsabilisation dangereuse de l’État envers une partie importante de gens qu’il doit protéger pour des raisons indépendantes de leur volonté.

quebechebdo 3 mai 2013

L’intégration des minorités en Russie selon Poutine

2 mai 2013

En recevant récemment un message électronique d’un de mes correspondants réguliers, je n’ai pu m’empêcher de constater à quel point les minorités causent des problèmes aux dirigeants, même en Russie, des problèmes auxquels le Québec fait face depuis des décennies et qui ont donné naissance à la Commission Bouchard-Taylor qui, il faut bien l’admettre, est loin d’avoir répondu aux attentes escomptées.

Le discours de Vladimir Poutine, prononcé devant le Parlement russe le 4 février 2013, loin d’apporter des solutions concrètes, vaut quand même la peine de vous être transmis pour réaliser que les problèmes suscités par les minorités se vivent ailleurs et que nous aurions peut-être avantage à aller jeter un coup d’œil sur ce que ce pays, comme d’autres, mettent de l’avant pour les pallier.

J’ai préféré laisser le discours en anglais, compte tenu que ma connaissance de la langue de Shakespeare laisse plutôt à désirer et que, de ce fait, la traduction risquait de laisser aller quelques écarts qui auraient nui considérablement à la qualité de la traduction :

“In Russia live Russians. Any minority, from anywhere, if it wants to live in Russia, to work and live in Russia, should speak Russian, and should respect Russian laws. If they prefer Sharia Law, then we advise them to go these places where that’s the state law. Minorities needs Russia, and we will not grant special privileges, or try to change our laws to fit their desires, no matter how loud they yell “discrimination” ! We better learn from the suicides in America, England, Holland and France, if we are to survive as a nation.

The Russian customs and traditions are not compatible with the lack of culture or the primitive ways of most minorities. When this honorable legislative body thinks of creating new laws, it should have in mind the national interest first, observing that the minorities are NOT Russians !”

Et, selon le message que j’ai reçu, les politiciens présents servirent à Poutine « a standing ovation » qui dura plus de cinq minutes… Que l’on soit d’accord ou non avec le style de leadership de Poutine, on ne peut sûrement pas lui reprocher son langage clair, entre autre, sur les problèmes suscités par les minorités…une attitude qui déteint considérablement sur l’acceptation des immigrants au Québec qui souffre, selon moi, d’un certain laxisme hérité sans doute du « bon peuple canadien-français » que nous traînons encore à nos pieds tel le boulet de « l’éternel colonisé » !

En termes clairs, il faudrait nous dépoussiérer de l’étiquette de xénophobes dont pourraient nous accuser certaines mauvaises langues manipulatrices pour enfin proclamer haut et fort que « toute minorité qui désire vivre au Québec, travailler au Québec, devrait parler français et respecter les lois du Québec ».

vigile.net tribune libre 2 mai 2013