Coderre le chef d’orchestre

17 mai 2013

Il est de notoriété publique que le député libéral fédéral de Bourassa, Denis Coderre, ne fait jamais les choses comme les autres.

Eh bien, après des mois de spéculations soigneusement entretenues par le principal intéressé, sa réputation s’est poursuivie le 16 mai lorsqu’il a annoncé officiellement sa candidature à la mairie de Montréal sous les huées d’une quarantaine de manifestants militant pour le logement social et contre le règlement P-6, deux manifestants masqués plantés derrière lui. Et tout ça après qu’il ait confirmé sa décision en «primeur» à 10h35 sur ses comptes Twitter et Facebook.

«Contrairement à ce que plusieurs pensent, Montréal n’a pas besoin d’un «sauveur», elle a besoin d’un leader, d’un rassembleur compétent et inclusif, d’un chef d’orchestre ! Je serai ce chef d’orchestre», a-t-il lancé dans son allocution.

En tête des sept thèmes de sa campagne, trônent l’honnêteté, la gouvernance et la cohérence. Parlant d’honnêteté, que faisait l’ancien ministre libéral fédéral au moment du scandale des commandites ? Une question à laquelle il risque d’avoir à répondre s’il désire établir sa crédibilité comme «chef d’orchestre»!

quebechebdo 16 mai 2013
Le Devoir 18 mai 2013 "Le chef d'orchestre"

L’obsession du déficit zéro

16 mai 2013

Comme s’il n’en avait pas assez d’être pris dans le carcan d’un gouvernement minoritaire, le gouvernement Marois s’en est doté lui-même d’un autre, à savoir l’obsession du déficit zéro. Le résultat…des ministres qui ressortent bredouille du bureau du ministre Marceau, Martine Ouellet étant le plus bel exemple concernant les redevances minières.

Dans son édition du vendredi 19 avril, La Presse rapportait que, lors d’une discussion avec plusieurs leaders du monde des affaires du Québec, Pauline Marois considérait l’idée de « reporter d’un an l’atteinte du déficit zéro ». L’article du quotidien relatait aussi que ces gens d’affaires affichaient une certaine compréhension devant ce changement d’orientation, les gestionnaires sachant mieux que quiconque qu’une stratégie doit s’adapter continuellement au contexte économique changeant.

Pourquoi en serait-il autrement pour le gouvernement du Québec ? Quelle rationalité explique que l’échéancier du plan de retour à l’équilibre budgétaire déterminé en 2009 devrait rester inchangé, alors que la reprise de l’économie québécoise et mondiale est beaucoup plus lente que prévu ? Lors de l’élaboration du plan, Nicolas Marceau tablait sur une croissance du PIB en 2013 de 4,2 % pour le Québec et de plus de 4,5 % pour les États-Unis. Or, les résultats actuels s’avèrent inférieurs aux prévisions de près d’un point de pourcentage. En réalité, personne n’avait prédit l’enlisement économique actuel de l’Europe pas davantage que la paralysie de la politique américaine qui a poussé le gouvernement des États-Unis dans le « précipice fiscal »..

Compte tenu d’une économie plus faible que prévu, le gouvernement se retrouve privé des revenus suffisants pour stimuler la croissance. En conséquence, le gouvernement Marois pourrait ajuster la trajectoire de son plan de retour à l’équilibre budgétaire. Aux dires de la plupart des économistes, un léger déficit pour l’année 2013-2014 ne remettrait aucunement en cause la solidité financière du Québec. À preuve, même le Conseil du patronat critique le « saupoudrage des réductions budgétaires » et appelle à une plus vaste réflexion sur les services publics et leur financement.

Je veux bien comprendre que le statut minoritaire du gouvernement peut le contraindre à la prudence dans la gestion de certains dossiers. Toutefois, il m’apparaît inconcevable qu’une telle obsession du déficit zéro pousse le ministre Marceau à exiger des autres ministres du cabinet Marois qu’ils se serrent la ceinture, occasionnant par là les reculs que nous connaissons envers les promesses électorales du PQ.

Une stratégie aussi démesurément rigoureuse risque de nuire considérablement au climat économique du Québec. À mon sens, il est grand temps d’arrêter de nous demander où le couperet tombera la prochaine fois et d’utiliser nos leviers économiques pour stimuler notre croissance…et cela peut se concrétiser même par un gouvernement minoritaire.

Enfin, pour ajouter à mon argumentaire, je vous suggère de lire le premier de deux articles de Jacques Parizeau sur la dette du Québec, paru dans Le Devoir du 16 mai sous le titre « Les finances publiques du Québec, un désastre ? – Ne surdramatisons pas notre endettement », le second étant publié le 17 mai sur les revenus et dépenses du gouvernement.

vigile.net tribune libre 16 mai 2013



Mieux vaut prévenir que guérir?

16 mai 2013

Sans remettre en question la décision d’Angelina Jolie concernant l’ablation de ses seins à la suite d’un diagnostic positif de la présence de gènes pouvant développer le cancer, lequel diagnostic provenant de la médecine génétique dite « prédictive », il m’apparaît sage de mentionner que, dans plusieurs cas, la présence d’un gène n’annonce rien avec certitude, la génétique étant beaucoup plus complexe qu’on ne le croyait il y a 15 ans, alors que certains scientifiques promettaient nombre de thérapies géniques miraculeuses.

Le cas Jolie, fort médiatisé, pourrait cependant entraîner avec lui une logique médicale qui risque de devenir de plus en plus courante, à savoir l’intervention chirurgicale déclenchée en l’absence de symptôme ou de maladie, mais à partir d’une évaluation d’un risque obtenu par un test génétique. Mieux vaut prévenir que guérir? Certes, mais encore faut-il que la prévention s’appuie sur un diagnostic reconnu scientifiquement.

quebechebdo 16 mai 2013

Le PQ sous les feux des paradoxes

16 mai 2013

Je me suis beaucoup amusé en lisant la chronique de Francine Pelletier parue dans Le Devoir du 15 mai sous le titre Le cynisme, particulièrement au passage des « vedettes véreuses de la commission Charbonneau » qui se pavanent sans scrupule dans « la procession de complets-cravates ».

Par la suite, la chroniqueuse mise en plein dans le mille lorsqu’elle montre du doigt le paradoxe « cynique » du PQ qui, sous le couvert du défenseur de la probité, est en train de s’approprier le slogan peu reluisant du parti qui « flashe à gauche pis tourne à droite » relativement à ses « promesses brisées et [ses] retournements de vestes ».

Parlant de paradoxe, je vous propose celui-ci : le 8 mai, le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, annonçait une enquête sur les causes du « printemps érable », et notamment sur le comportement des policiers. Vingt-quatre heures plus tard, la première ministre Pauline Marois et le même ministre Bergeron vantaient le travail des policiers après l’arrestation de l’ex-maire de Laval, Gilles Vaillancourt… Cherchez l’erreur !

Le Devoir 16 mai 2013

La propagande derrière le paravent de l’information

15 mai 2013

En lisant la chronique de Manon Cornellier parue dans Le Devoir du 15 mai sous le titre "Imposer sa marque", l’image de Stéphane Harper, le flagorneur invétéré, a surgi spontanément dans ma tête…le visage angélique cachant habilement des intentions pernicieuses.

Pour vous placer dans le contexte, la chroniqueuse réfère au Plan d’action économique (PAE) qui envahit carrément, ces temps-ci, la présentation télévisée des séries éliminatoires de hockey, sans compter les nombreuses parutions du logo du PAE qui surgit à tout moment sur le petit écran aux heures de pointe.

La version officieuse du gouvernement Harper : "Tout le monde sait qu’il est important que les Canadiens comprennent bien les mesures qui sont proposées par le Parlement et qui auront des répercussions sur eux".

La version officielle, selon Manon Cornellier [et la mienne] : "Elles [les publicités télévisées] servent avant tout à vanter les prétendues retombées des politiques du gouvernement et à promouvoir l’image des conservateurs".

Pourtant, un sondage réalisé en 2012 pour le compte du gouvernement, et obtenu par La Presse canadienne en vertu de la Loi d’accès à l’information, démontre clairement que la majorité des personnes interrogées considèrent que ces publicités ne sont que de la propagande ou du gaspillage. Toutefois, une analyse approfondie des résultats par le bureau du Conseil privé a permis de constater que de 42 à 47 % des gens avaient tout de même gardé une image positive du gouvernement.

Le prix ? De 2009 à 2012, le gouvernement Harper a dépensé, à même les revenus des contribuables qui sont attaqués de toutes parts par les compressions budgétaires de ce même gouvernement, au moins 113 millions$ pour la "promotion" de son plan économique. Pendant ce temps-là, sous le prétexte du "assez, c’est assez de discussion", Harper multiplie les bâillons au point d’avoir atteint un sommet à ce chapitre par rapport à tous les gouvernements précédents.

En réalité, si on ajoute les nombreuses ingérences cavalières du gouvernement Harper dans les compétences provinciales et ses incursions rétrogrades dans le monde ancestral de la monarchie à ces publicités fallacieuses, c’est à se demander si notre flagorneur national n’est pas un des meilleurs promoteurs de l’urgence d’accéder à notre indépendance !

vigile.net tribune libre 15 mai 2013



Labrador: le bleu tourne au rouge

15 mai 2013

La candidate libérale Yvonne Jones a remporté l’élection complémentaire fédérale dans Labrador sur son rival conservateur Peter Penashue en récoltant 48% des voix contre 33% pour l’ex-député conservateur.

En guise d’argument expliquant sa victoire, Mme Jones a évoqué le « désir de changement » des électeurs en leur promettant que le Labrador sera « mis de l’avant » à Ottawa. À cet effet, je me demande sur quel critère se base Mme Jones pour justifier son engagement compte tenu que, jusqu’à maintenant son chef, à part le fait de s’appeler Trudeau, n’a rien laisser paraître d’un quelconque « renouveau » au parti libéral.

Reste à voir si la victoire du PLC, à l’image de la tempête de neige qui sévissait le jour de l’élection partielle le long de la côte septentrionale du Labrador, n’est pas le signe avant-coureur d’une « tempête » libérale pan-canadienne lors des prochaines élections fédérales!

quebechebdo 15 mai 2013

 

 

Le cul-de-sac…à moins que…

14 mai 2013

Lors du conseil national du Parti québécois qui s’est tenu le 11 mai à Québec, Pauline Marois a suggéré aux partis indépendantistes rivaux de se saborder à l’exemple de Pierre Bourgault qui avait décidé de saborder le RIN « afin de faire avancer la cause souverainiste ».

Or, Pierre Bourgault, lors d’une entrevue qu’il avait donnée douze ans après avoir dissous son parti en 1968, le PQ gagnant en popularité à l’époque et le chef du RIN voulant éviter une division du vote, avait déclaré : « C’est une chose sur laquelle je n’arrive pas à me faire une idée précise ; quand je suis déprimé, que je trouve que les choses ne vont pas très bien […], je me dis que nous n’aurions pas dû saborder le RIN ».

Par ailleurs, comme le dit Antoine Robitaille dans son éditorial paru dans Le Devoir du 14 mai sous le titre « Union des souverainistes – Refus primaire » : « On peut comprendre que Mme Marois, devant ses partisans, ait ressenti le besoin de répliquer aux nombreuses attaques dont son gouvernement fait constamment l’objet de la part des QSistes et Onistes. Malgré plusieurs critiques méritées à l’endroit de ce gouvernement erratique, on a l’impression que le « grand frère souverainiste » est pour QS et ON le seul réel adversaire ; davantage encore que les libéraux et les caquistes ».

En suggérant à Qs et ON de se saborder, j’ai l’impression que Pauline Marois a attisé le feu au lieu de tenter de l’éteindre. « C’était pour le moins malhabile, voire insultant, à l’endroit de ces anciennes clientèles potentielles définitivement perdues au PQ et dont le poids a augmenté récemment : 11% pour QS et 4 % pour ON, selon les derniers sondages », poursuit Antoine Robitaille.

Dans un tel contexte, l’union des forces souverainistes s’annonce difficile, voire même impossible…C’est le cul-de-sac ! On imagine mal qu’elles puissent s’entendre sur quoi que ce soit. Aux dires d’Antoine Robitaille : « Pour QS, le PQ incarne la dérive néo-libérale. Pour ON, le parti de Mme Marois représente la démission nationale ».

À mon sens, nous avons atteint un point de non-retour…à moins que les trois partis souverainistes se fusionnent. Toutefois, une condition devra faire l’unanimité, à savoir une déclaration officielle de processus d’accession à l’indépendance du Québec nettement inscrite dans le règlement numéro 1 du nouveau parti.

vigile.net tribune libre 14 mai 2013



Nouveau pacte fiscal municipal…nouveau recul du PQ

14 mai 2013

Le nouveau pacte fiscal municipal que le ministre des Affaires municipales s’apprêtent à présenter aux municipalités n’atteindrait pas l’engagement du PQ en campagne électorale, à savoir qu’il se ferait à « coût nul » pour le contribuable, la TVQ étant remboursée à 100% aux municipalités.

Au gouvernement, on fait valoir que la TVQ a grimpé de deux points depuis 2006, ce qui alourdit la facture d'un remboursement à 100 %, et qu'un «trou» de 1,6 milliard $ dans les finances publiques a été découvert par le nouveau gouvernement à son arrivée.

En invoquant l’argument de la hausse de la TVQ de deux points depuis 2006, une donnée qui est loin d’être une « surprise », je ne crois pas que le gouvernement convaincra les maires du bien-fondé de sa proposition. En ce qui a trait au « trou » de 1,6 milliard $, dont on ne connaît ni les tenants ni les aboutissants, j’ai l’impression d’entendre l’argument traditionnel des nouveaux gouvernements qui arrivent au pouvoir et qui découvrent soudainement des squelettes aux origines inconnues dans le placard.

Autre argument, même si sa facture devait augmenter, aux dires du ministre, le contribuable sortirait gagnant d'un nouveau pacte fiscal qui permettrait aux villes d'améliorer leurs services et leurs infrastructures. À cet effet, je me demande comment les municipalité pourraient améliorer leurs services aux contribuables alors que le gouvernement s’apprête à leur couper une partie du remboursement de la TVQ promise en campagne électorale.

Pour pallier ce manque à gagner, le ministre Gaudreault a déjà évoqué la possibilité pour les villes d'une taxe de 1,5 ¢ sur l'essence et l'application du principe d'utilisateur-payeur, l'imposition d'une nouvelle taxe étant toutefois peu attrayante pour des maires en pleine année électorale, le maire de Québec s’étant déjà exprimé à cet effet en invitant le gouvernement à appliquer cette taxe si telle était l’avenue explorée.

Je ne connais pas les conseillers qui ont oeuvré auprès des stratèges du PQ lors de la dernière campagne électorale mais force est de constater qu’ils ont souvent manqué le coche quant aux chiffres qu’ils leur ont fourni pour avancer leurs engagements!

Quant à Pauline Marois, « que le gouvernement s’ajuste en cours de route, c’est normal et c’est souhaitable », a-t-elle déclaré dans son allocution lors du conseil national du PQ tenu le 11 mai à Québec. Toutefois, à mon sens, il me semble que certains « ajustements » auraient pu être évités moyennant une meilleure connaissance des dossiers sur lesquels elle a dû reculer.

quebechebdo 14 mai 2013

L’espace Félix-Leclerc…un devoir de mémoire

13 mai 2013

À la lecture du texte de la fille de Félix Leclerc, Nathalie, paru dans Le Devoir du 11 mai sous le titre "J'aurais l'impression de trahir mon père", je n'ai pu qu'éprouver une vive sympathie à l'égard des sentiments éprouvés par Mme Leclerc concernant les sollicitations répétées de la part des gens de la maison Félix-Leclerc de Vaudreuil.

« À l’heure où ils désirent entreprendre des actions de financement et où ils attendent de moi une réponse claire sur mon engagement, déclare Nathalie Leclerc, j’ai besoin d’exprimer mes sentiments parce que c’est trop difficile pour moi de faire semblant. Je n’y arrive tout simplement pas ! Plusieurs personnes me posent des questions, mes amis artistes ne savent que faire quand ils sont sollicités par ces gens, le malaise grandit. Les silences apparaissent… J’ai besoin de dire ».

Nathalie Leclerc a « besoin de dire » que l’espace Félix-Leclerc, inauguré en 2002, sur l’île d’Orléans, où son père est inhumé, est devenu le « centre de [sa] vie et « un lieu où la mémoire de [son] père est célébré à sa hauteur ».

Un cri du cœur qui me ramène autour de l’île d’Orléans pour célébrer avec Félix l’hymne au printemps…un devoir de mémoire auquel je suis incapable d’échapper!

quebechebdo 13 mai 2013

Hymne à ma mère

12 mai 2013

Le 15 mars 2009, je perdais ma mère et, quelques semaines plus tard, je réalisais tout à coup que j’étais devenu orphelin puisque mon père est décédé il y a plusieurs années. Depuis ce temps, il m’est arrivé souvent de penser à elle et, parmi ces moments qui me reviennent, il en est un qui ressurgit constamment, à savoir les souvenirs que j’ai de ma mère au cours des dernières années de sa vie.

Aujourd’hui, en cette journée de la Fête des mères, j’aimerais dédier le poème qui suit à toutes les mères du Québec et les remercier d’être présentes auprès de leurs enfants.

Sa tête sur ma poitrine appuyée
Son dos recourbé par les années
Sa gorge serrée par les sanglots
De tendres mercis en trémolo

Pourtant tant de temps
Là à mes côtés
Pour m’encourager
Sans compter son temps

Son corps s’est ankylosé
Son regard s’est attristé
Voilé derrière ses souvenirs
Barricades à tout avenir

Maman, il a fallu que vous en arriviez là
Pour que je découvre enfin à quel point je vous aime
Je suis là près de vous en cette période de carême
Je vous accompagnerai jusqu’à votre dernier pas

Si vous avez besoin d’une oreille pour vous écouter
Si vous avez besoin d’une épaule pour vous appuyer
Sachez que toujours j’accourrai
Un simple signe et j’arriverai

quebechebedo 12 mai 2013
vigile.net tribune libre 12 mai 2013

Commentaire:

"Monsieur Marineau, votre texte est terriblement émouvant, tous ceux qui comme vous, ont perdu leur mère ont du être aussi émotionnés que moi en vous lisant.. Rien, jamais, ne remplace une mère, et ce qui est le plus difficile à accepter lors de son grand départ, c’est que c’est pour toujours."

Marie-Hélène Morot-Cyr
vigile.net tribune libre 16 mai 2013