Une question d’équité

11 février 2015

Des professeurs et recruteurs des universités McGill et Concordia arguent que le processus « complexe » d’immigration au Québec les désavantage par rapport aux institutions des autres provinces canadiennes et ce, même si des assouplissements à la loi ont été apportés par le gouvernement Couillard récemment. Ces universités anglophones allèguent éprouver des difficultés à recruter des professeurs étrangers hautement spécialisés provenant de d’autres pays.

Aux dires de Ghyslaine McClure, vice-principale exécutive adjointe à McGill, « nous aimerions obtenir une reconnaissance spéciale indiquant que les professeurs d’université sont des travailleurs hautement spécialisés et qu’ils ne devraient pas avoir à faire face à tant d’obstacles. Les professeurs et autres éminents spécialistes sont dans une catégorie différente. »

Deux éléments retiennent mon attention dans ces propos. Le premier réfère à la comparaison entre les universités anglophones québécoises et celles des autres provinces canadiennes…une comparaison fallacieuse qui ne tient pas compte de la réalité francophone du Québec dont la langue officielle est le français.

Le second élément voudrait cataloguer certains immigrants selon leurs fonctions « dans une catégorie différente »…une catégorisation artificielle qui risque de conduire à un glissement dangereux vers d’autres professions qui pourraient revendiquer les mêmes droits.

En conséquence, je suis d’avis que ces « éminents » professeurs doivent suivre les règles établies et se conformer aux exigences minimales des lois du Québec en matières d’emploi et d’immigration pour « tous » les immigrants et cela, quel que soit leur statut professionnel…C’est une question d’équité!

quebechebdo 11 février 2015
vigile.net tribune libre 12 février 2015

Dans l’ombre des grands

10 février 2015

Dans le merveilleux monde du sport, les étoiles ne manquent pas pour éclairer les médias de leurs performances exceptionnelles, et le même phénomène s’observe dans tous les métiers du monde. À cet effet, le décès de Claude Ruel ne suscitera pas autant de sympathie que celui de Jean Béliveau, et pour cause, me direz-vous.

Pourtant, à sa façon, Claude « Piton » Ruel a passé sa carrière à garnir le banc du CH de ces vedettes qui sont vite devenues les pôles d’attraction des fans du Tricolore. Ruel possédait ce flair incomparable de dénicher des jeunes et, plus encore, de développer leur talent pour la LNH.

De plus, en tant qu’entraineur-chef et entraineur-adjoint du CH, Claude Ruel a su tirer son épingle du jeu en demeurant un homme, non seulement respecté, mais aussi respectueux de ses joueurs. Dans mon livre, M Ruel doit être considéré comme un personnage imposant qui a passé sa carrière dans l’ombre des grands, tout en demeurant une figure dominante dans l’histoire du Canadien de Montréal.

Chapeau à vous, M Ruel, et merci pour vous être donné corps et âme pour les jeunes qui vous ont été confiés tout au cours de ces années!

quebechebdo 10 février 2015
Le journal Métro 11 février 2915
Le Soleil 16 février 2015
 

Pourquoi un titre aussi pervers?

10 février 2015

En ouvrant Internet le 7 février dans Le Devoir, quelle ne fut pas ma surprise de lire en gros titre PKP perd des plumes. Puis, sous la photo du député de Saint-Jérôme, on pouvait lire : « Pierre Karl Péladeau ferait le meilleur chef pour 63 % des sympathisants péquistes.

Critiqué pour le « flou » de ses positions depuis le début de la course à la direction du Parti québécois (PQ), le député Pierre Karl Péladeau a perdu cinq points auprès des sympathisants péquistes. »

Disons que, comme introduction, je n’étais guère renseigné encore sur les raisons ayant justifié le titre de l’article. La première phrase m’a vite fait réagir lorsque, d’entrée de jeu, PKP était qualifié de député de Saint-Jérôme et « actionnaire de contrôle de l’empire Québécor », un amalgame qui, après la lecture complète de l’article, se répète avec encore plus d’insistance en ces termes : « Le magnat de la presse, qui contrôle les médias les plus puissants du Québec — dont Le Journal de Montréal et le réseau TVA — ferait gagner sept points au PQ s’il devenait chef du parti, indique le sondage. » Une insistance bassement perverse qui a l’heur de s’attaquer à l’intégrité de PKP qui a pourtant répété sur tous les toits qu’advenant son élection à la tête du PQ, il placerait ses actions dans une fiducie sans droit de regard. Un amalgame vicieux que ses adversaires tentent désespérément d’imprimer dans la tête des indécis.

En ce qui a trait au « flou » des positions de PKP, on revient bien sûr sur l’épisode du lockout au Journal de Montréal en 2010 au sujet duquel il s’est déjà expliqué en disant qu’ « il était dans une situation différente à l’époque », ce qui est indéniable. Maintenant, je vous invite à lire cet extrait : « Pierre Karl Péladeau a beau être perçu comme un sauveur par les péquistes, il se fait prier par ses adversaires de dire enfin quelque chose de substantiel. Il a été critiqué jusqu’à maintenant pour le flou de ses positions sur la tenue ou non d’un référendum dans le premier mandat d’un gouvernement péquiste, question centrale pour le parti souverainiste.

Le PQ ne peut plus se permettre de partir en campagne électorale sans position claire sur le référendum, martèlent Alexandre Cloutier, Bernard Drainville et Martine Ouellet ». Remarquez les termes « il se fait prier par ses adversaires de dire enfin quelque chose de substantiel  ». On aurait voulu insinuer que PKP ne disait que des balivernes qu’on n’aurait pas mieux réussi !

Par ailleurs, pour ce qui est des « plumes perdues » par PKP, elles se comptent au nombre de 5% des intentions de vote des partisans péquistes, ce qui lui confère encore 63% d’appui…Disons que, l’alouette a eu beau perdre quelques plumes, il n’y a pas de quoi en faire un titre d’article comme si la catastrophe avait frappé PKP en plein front.

Et qui plus est, à part de ces « attaques » pour le moins inoffensives, le reste de l’article ne contient que des aspects positifs. À titre d’exemples, ce commentaire de Christian Bourque, vice-président et associé chez Léger : « Pierre Karl Péladeau est le seul candidat qui fait bouger les aiguilles de façon favorable pour le Parti québécois. Tous les autres ont un effet négatif sur le vote pour le parti ».

Et cet extrait on ne peut plus révélateur : « Signe du pouvoir d’attraction de Pierre Karl Péladeau, il est populaire même au sein de la CAQ et de Québec solidaire. Pas moins de 45 % des sympathisants caquistes considèrent que le député de Saint-Jérôme ferait le meilleur chef pour le PQ ; 20 % des partisans solidaires — le parti le plus à gauche à l’Assemblée nationale — décrivent aussi l’homme d’affaires comme le meilleur chef pour le PQ." (oups, l’homme d’affaires…je l’avais oublié celui-là !)

Finalement, comme dirait l’autre, c’est quoi le rapport ? Pourquoi un titre aussi pervers si ce n’est que pour s’attaquer à celui qu’on ne veut surtout pas voir à la tête du PQ !

vigile.net tribune libre 9 février 2015

L’implication des femmes dans l’Église

9 février 2015

Quoique le débat sur l’implication des femmes dans l’Église catholique fasse lentement son chemin, les changements concrets tardent à se manifester. Ainsi en est-il du ministère de la Culture du Vatican dont les débats de la plénière ont tous été animés par des femmes récemment.

Toutefois, à part cette première dans l’Église, rien de concret n’a émané de ces rencontres concernant la participation des femmes dans la prise de décision comme le souhaite le pape François depuis son élection en 2013, ce qui a fait dire à un intervenant que « les femmes sont devenues à la mode à cause de l’accent que met le pape sur leur rôle. Il s’agit de faire bonne figure devant le pape ».

Ce n’est surement pas avec de telles réflexions que le Vatican permettra aux femmes de prendre davantage de place dans l’Église. Néanmoins, il faut se réjouir tout au moins de la présence accrue des femmes dans les débats, une situation qui leur permettra d’émettre des opinions qui risquent de favoriser petit à petit leur implication concrète dans le processus de décision.

quebechebdo 9 février 2015
Le Journal de Québec 10 février 2015

Le « flou » de PKP s’éclaircit

9 février 2015

Depuis que PKP a fait son entrée dans l’arène politique québécoise en mars 2014, nombreux ont été les reproches qu’il a subits sur son « flou » concernant la façon dont il entend « faire du Québec un pays ». À l’entrée de la Conférence nationale des présidentes et des présidents du PQ le 8 février, le député de Saint-Jérôme a franchi un pas important en déclarant  qu’un référendum sur la souveraineté aura nécessairement lieu : « Un geste aussi important, qui doit aussi requérir la légitimité de la communauté internationale, se fait par référendum», a-t-il déclaré.

Toutefois, ce qui retient mon attention réside dans le fait que PKP désire d’abord employer ses énergies à mettre le focus sur les « bénéfices » et les « bienfaits » du pays du Québec par une démarche « didactique » sur les tenants et aboutissants de la souveraineté… Une démarche pédagogique qui ne peut qu’être bénéfique pour tous les militants qui ont grandement besoin d’un cours de souveraineté 101, particulièrement depuis que le projet de souveraineté a été relégué dans le placard depuis belle lurette.

Une telle déclaration démontre à mon avis une lucidité et une clairvoyance dignes d’un stratège éclairé concernant la voie à emprunter pour mobiliser les souverainistes, voire même convaincre une partie des indécis…et elle a le mérite de jeter un peu de lumière sur le « flou » de PKP!

quebechebdo 9 février 2015
vigile.net tribune libre 11 février 2015

Vivement le premier débat!

8 février 2015

Les dernières attaques personnelles de Pierre Céré contre Pierre Karl Péladeau révèlent à quel point il est urgent que les candidats à la chefferie du Parti québécois s’affrontent autour de la table pour le premier débat.

En effet, tant et aussi longtemps qu’une telle guerre de clocher envahira l’espace politique du PQ, elle ne contribuera qu’à diviser et à créer des tensions au sein des candidats au détriment des idées que les militants attendent avec intérêt et à propos…Vivement le premier débat pour qu’enfin on puisse connaître les positions des candidats sur les priorités et l’avenir qu’ils préconisent pour le PQ!

quebechebdo 8 février 2015 
vigile.net tribune libre 11 février 2015

Un jugement historique

7 février 2015

En déclarant unanimement que l’aide médicale à mourir devait être légalisée au Canada, les neuf juges de la Cour suprême renversent leur propre jugement par rapport à la décision de Rodriguez en 1993, alléguant que le contexte social et légal a changé depuis cette époque.

Un jugement historique qui envoie un électrochoc à travers le pays, à savoir que désormais une personne pourra bénéficier de l’aide médicale à mourir qui devra , toutefois, être administrée par un médecin à des personnes adultes qui sont capables de consentir clairement et qui sont atteintes de «problèmes de santé graves et irrémédiables» leur causant des souffrances physiques ou psychologiques «persistantes» qui leur sont «intolérables».

Cependant, même si le gouvernement Harper dispose d’une année pour modifier sa loi, il pourrait maintenir sa position en invoquant la clause nonobstant pour se soustraire au jugement, une décision peu probable compte tenu du débat fort médiatisé que l’aide médicale à mourir a suscité depuis des décennies. Toutefois, si Harper s’entête à maintenir l’interdit, il risque fort de subir les foudres d’une population qui se rallie, à mon sens, à la décision de la Cour suprême…Enfin, on ne sait jamais jusqu’où peut aller l’entêtement de Stephen Harper !

quebechebdo 7 février 2015 

Élever le débat au niveau des idées

6 février 2015

Bien que plusieurs commentaires aient déjà été émis depuis quelques semaines sur les candidats à la chefferie du Parti québécois, la course officielle vient de prendre officiellement son envol. Trois mois pour connaître les positions de chacun des cinq candidats sur les dossiers d’actualité, particulièrement au cours des cinq débats qui se tiendront d’ici le congrès à la chefferie.

À la suite de la cuisante défaite du PQ lors du dernier scrutin général, le défi est grand. En conséquence, s’il fallait que cette course tourne en attaques personnelles entre les candidats, ce serait désastreux pour l’image du parti. Je m’attends donc à ce que les cinq candidats s’en tiennent à leurs idées puisque c’est de cela dont les partisans du PQ ont le plus besoin.

Le message est clair : le PQ doit se relever et prendre des positions claires sur les sujets d’actualité, à savoir l’économie, l’éducation, l’environnement, la santé et la souveraineté. À vous de vous commettre, candidats, et que le meilleur gagne!

quebechebdo 6 février 2015
Le Journal de Québec 7 février 2015
vigile.net tribune libre 11 février 2015
 

La réforme scolaire au banc des accusés

5 février 2015

Une étude menée par des chercheurs de l’Université Laval révèle que la réforme scolaire introduite au secondaire à la fin des années ’90 a raté sa cible, particulièrement en ce qui a trait aux garçons, aux élèves en difficultés et au décrochage scolaire.

À titre de rappel, l’idée d’une réforme de l’éducation découle des États généraux tenus il y a 20 ans, sous le ministre de l’Éducation d’alors, Jean Garon. Il s’agissait de mettre en oeuvre une réforme du curriculum. Toutefois, ce fut finalement une réforme des méthodes pédagogiques — approche par compétence, disparition du bulletin chiffré et des dictées, réorganisation des cycles — qui a vu le jour et qui a été implantée par le ministre de l’Éducation François Legault. Dans une approche par compétences, le manuel n'est plus au coeur des apprentissages et l'enseignant cherche à créer des situations qui permettent aux élèves d'apprendre de manière active.

En termes clairs, nous en sommes venus à privilégier une approche pédagogique par compétence au détriment des acquisitions de connaissances visées par une approche traditionnelle. Utopie ! Le jour où nos décideurs comprendront que l’école a pour ultime objectif l’acquisition de connaissances, lesquelles ne peuvent s’acquérir que par un maître qui les communiquent à des élèves, ce jour-là, l’école redeviendra ce pour quoi elle existe, à savoir un lieu du savoir.

En attendant, nous sacrifions des milliers de Québécois sur les bancs d’école pendant que notre ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, se contente de dire que la réforme est encore jeune [quinze ans !...] et qu’il ne faut pas sauter trop vite aux conclusions…Désolant !

quebechebdo 5 février 2015
vigile.net tribune libre 7 février 2015

L’épée de Damoclès

4 février 2015

La guéguerre de mots dans laquelle se terre Philippe Couillard pour ne pas aborder de front la lutte au terrorisme donne de plus en plus l’impression que le premier ministre est en train de se replier dans ses retranchements,  telle une proie qui se sent attaquée.

En qualifiant de « choix personnel » l’individu qui s’adonne ouvertement à l’intégrisme religieux, Philippe Couillard illustre clairement qu’il banalise le phénomène de façon irresponsable. Son silence scandaleux dans les cas de la flagellation de Raïf Badawi en Arabie saoudite et des velléités d’irruption de l’imam Hamza Chaoui dans un centre communautaire de Montréal [qu’il a condamné du bout des lèvres à la suite de la décision des autorités municipales de lui fermer la porte] démontre à n’en pas douter à quel point il tient à demeurer loin de la mêlée.

En réalité, Philippe Couillard n’a jamais vraiment cru que la neutralité religieuse du Québec représentait un problème imminent, pas plus que le danger qu’incarne le phénomène croissant de l’intégrisme. À ses yeux, cette neutralité est déjà acquise et l’intégrisme représente des cas isolés. Conséquemment, il a décidé de reléguer ces phénomènes dans la cour de la Sécurité publique…Un jeu dangereux qui pourrait bien le condamner à recevoir l’épée de Damoclès suspendue au-dessus de la tête !

À n’en pas douter, dans le débat en cours sur la laïcité au Québec, le passé de Philippe Couillard en Arabie Saoudite semble le rattraper de plein fouet au fur et à mesure que les intervenants s’expriment sur ce sujet, le dernier en lice étant le député de QS Amir Khadir : «  M. Couillard contribue à la banalisation de la monarchie saoudienne dans ce que ce régime-là a de plus radicalement intégriste et rétrograde. Il y a une banalisation à tous les échelons, que ce soit en santé ou autre. Je ne dis pas qu’il faut couper tous les liens, mais il faut que, si c’est le cas, il se donne quand même la liberté. Ça ne l’empêche pas d’exprimer son point de vue. Si le fait de collaborer fait en sorte qu’il banalise tout le reste, et on ne le voit jamais critiquer, alors à quoi ç’a servi, sinon simplement à l’enrichir lui individuellement de riches contrats de consultation?? »

Enfin, Amir Khadir poursuit en ces termes on ne peut plus éloquents : « On voudrait savoir combien il a été payé et ce que ça impliquait comme échanges, et ce qu’il continue à avoir comme intérêts : des propriétés, des actions dans des compagnies saoudiennes, que sais-je? Parce que c’est difficile d’expliquer cette timidité qu’on voit pour une personne, dans une situation, dans le contexte post-Charlie Hebdo qu’on connaît, avec toutes les professions de foi parfois plus ou moins spontanées de certains dirigeants envers la liberté d’expression. »

vigile.net tribune libre 4 février 2015
quebechebdo 4 février 2015 (version abrégée)