La pédagogie des Calinours

3 février 2015

En lisant le billet de Mathieu Bock-Côté paru dans l’édition du Journal du 3 février sous le titre Enseignant, un métier extrême, je n’ai pu m’empêcher de me rappeler de vieux souvenirs du temps où j’exerçais le métier d’enseignant. Ce temps où l’enseignant fraîchement émoulu se présentait devant ses premiers élèves, tel un grand frère qui désirait les accompagner dans leur apprentissage.

Une approche que Bock-Côté qualifie de « pédagogie des Calinours », « la grosse menterie de notre époque, qui veut qu’un enfant a toujours besoin d’être cajolé, que jamais il ne doit frapper un mur, réfréner ses désirs, rencontrer l’autorité. » Foutaise! Par expérience, j’ai vite compris que ce n’est pas en jouant à la nounou avec mes élèves qu’ils allaient me respecter pour autant. Bien au contraire, les jeunes, trop souvent élevés dans la ouate à la maison, « ont besoin qu’on leur dise non. Ils ont besoin de rencontrer un adulte qui ne parle pas en bébé. C’est indispensable à la formation de leur personnalité. »

À force de demander à l’école des rôles qui ne sont pas les siens, entre autres pallier ceux des parents à la maison, on est en train d’oublier ce pourquoi l’école ouvre ses portes à tous les matins, à savoir « communiquer des connaissances ». Et cela nécessite un climat propice à cet objectif, un climat où le jeune sera traité comme un élève responsable de sa formation, quitte à le ramener dans ce chemin au besoin….À défaut de quoi, l’école ratera sa cible au détriment des jeunes qui lui sont confiés!

quebechebdo 3 février 2015
vigile.net tribune libre 7 février 2015
 

Des questions sans réponses

2 février 2015

L’épineux dossier du projet de méga-hôpital à Québec soulève à mon sens des interrogations qui demeurent pertinentes auxquelles les ministres de la santé des dernières années n’ont pas su apporter de réponses satisfaisantes. Entre autres, comment se fait-il que le projet l’Enfant-Jésus ait été préféré à l’Hôtel-Dieu malgré le fait qu’une étude demandée par l’ex-ministre Hébert eut révélé que celui de l’Hôtel-Dieu pourrait se réaliser au moindre coût ?

Pourquoi aucune consultation publique n’a-t-elle été tenue sur un dossier aussi important ? Pourquoi s’obstine-t-on à nous en tenir au projet de Limoilou alors que, récemment, un conseiller du ministre de la santé révélait que l’on se dirigeait vers une catastrophe de près de 4 milliards ?

À mon sens, au-delà du caractère patrimonial de l’Hôtel-Dieu qui, en soi, représente un atout non négligeable, le ministre de la santé doit cesser de jouer dans l’improvisation et tenir une consultation publique dans le but de lever le voile sur les questions sans réponses soulevées dans ce débat d’une importance capitale pour l’avenir des soins médicaux dans la région de Québec.

quebechebdo 2 février 2015

Faire taire la souffrance

1 février 2015

Les dernières données concernant le nombre de décès annuels par suicide au Québec sont effarantes, à savoir une moyenne de trois par jour, de quoi nous faire frissonner d’horreur devant un tel désastre.

Toutefois, parmi tous les commentaires que j’ai pu lire ou entendre sur différents médias dans le cadre de la Semaine nationale de prévention du suicide, je retiens celui-ci : « La personne qui a des idées suicidaires ne veut pas mourir; elle cherche une façon de faire taire sa souffrance. Elle a besoin qu'on l'aide à croire en elle-même et à cultiver l'espoir d'un demain meilleur… bref, d'un bras sur lequel s'appuyer temporairement. »

Aux dires de M Jérôme Gaudreault, directeur général de l’Association québécoise de prévention du suicide, même si les efforts sont gigantesques pour venir en aide aux personnes qui ont des idées suicidaires, l’austérité prônée par le gouvernement actuel n’a rien pour le rassurer quant aux sommes nécessaires pour diminuer le nombre de suicides.

Néanmoins, je crois qu’il appartient à chacun de nous d’avoir un œil et une oreille attentifs aux personnes en détresse qui nous demandent de « faire taire leur souffrance » et de leur tendre « un bras sur lequel s’appuyer temporairement ».

quebechebdo 1er février 2015

L’imam rabroué

1 février 2015

Dans le contexte actuel où la tension règne concernant les attentats terroristes, il aurait été scandaleux et irresponsable qu’un contrat d’occupation au centre islamique de l’imam Hamza Chaoui lui soit accordé par l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

En déclarant sur sa page Facebook que la démocratie était incompatible avec l’islam, parce qu’elle permettait l’élection « d’un mécréant ou bien d’un homosexuel ou d’un athée qui affirme l’inexistence d’Allah », des propos jugés à juste titre homophobes, Chaoui a dépassé les bornes de l’admissible.

Conséquemment, je me range entièrement du côté des autorités municipales qui qualifient cet imam de « cas de sécurité publique et d’ordre public », d’ « agent de radicalisation » et de « fomenteur de tension sociale »…Il est plus que temps que nos dirigeants interviennent avec vigueur auprès de ces intégristes sans scrupule qui s’infiltrent en nos murs sans que nous les rabrouions comme il se doit.

quebechebdo 1er février 2015
 

Trop tôt, trop tard

31 janvier 2015

Alors que Stephen Harper, dans le projet de loi C-51, propose d’accorder au SCRS le pouvoir de détenir pendant sept jours un individu « susceptible » de commettre un attentat terroriste, Philippe Couillard, de son côté, n’a aucune intention de limiter le droit des intégristes de pratiquer une version radicale de leur religion, un choix personnel, selon lui, dans la mesure où ils respectent la loi.

D’un côté, une intransigeance à outrance qui risque de dégénérer en arrestations non-fondées, de l’autre, un laxisme dangereux qui est susceptible d’engendrer des interventions trop tardives.

À mon sens, il appartient aux deux paliers de gouvernements de trouver des mécanismes de lutte au terrorisme efficaces qui tiennent compte à la fois des lois existantes et des situations concrètes qui justifient l’arrestation d’un suspect. Sinon, nous risquons d’intervenir ou trop tôt ou trop tard !

quebechebdo 31 janvier 2015
Le Journal de Québec 2 février 2015

Je suis Raïf

30 janvier 2015

L’intervention d’Amnistie internationale en faveur de l’implication du premier ministre Harper pour la libération de Raïf Badawi met en cause toute l’importance, non seulement de venir en aide au blogueur saoudien, mais aussi de jeter la lumière sur les pratiques barbares de l’Arabie saoudite.

De toute évidence, jusqu’à maintenant, les interventions du ministre des Affaires étrangères, John Baird, ont été vains. Conséquemment, il appartient maintenant à la plus haute instance du pays d’intervenir, comme le souligne fort à propos Amnistie internationale dans sa lettre à Stephen Harper : « Nous comprenons qu’il est exceptionnel qu’un premier ministre intervienne lui-même au nom d’un individu emprisonné à l’étranger, mais nous sommes convaincus qu’il s’agit précisément d’un cas exceptionnel et que les Canadiens s’attendent à ce que vous posiez un geste décisif et significatif. »

Stephen Harper ne peut, en toute légitimité pour le respect de la personne, une valeur essentielle en démocratie, se braquer derrière l’appareil diplomatique pour se soustraire à ses obligations, en tant que premier ministre de ce pays….C’est une question de responsabilité élémentaire !

quebechebdo 30 janvier 2015

La commission de 50 millions

29 janvier 2015

Rappelons les faits : le décret initial du gouvernement libéral prévoyait un dépôt du rapport final de la commission Charbonneau le 19 octobre 2013. En mars 2013, le précédent gouvernement péquiste avait accordé une première prolongation de 18 mois, jusqu’au 19 avril 2015. Or, la juge France Charbonneau demande une deuxième prolongation de mandat de 7 mois, ce qui reporte le dépôt du rapport de la commission en novembre 2015, soit 4 ans après sa création en octobre 2011.

Les coûts estimés de la commission sont évalués à environ 1 million par mois, ce qui laisse supposer qu’elle coûtera autour de 50 millions. Des chiffres faramineux face auxquels une question cruciale se pose : les Québécois en auront-ils pour leur argent ? En termes clairs, les scandales révélés lors des audiences auront-ils des suites au criminel ? C’est à souhaiter sinon cette commission aura été le plus gros éléphant blanc de toute l’histoire des commissions d’enquête au pays ! 

quebechebdo 28 janvier 2015
cyberpresse.ca 2 février 2015

L’héritage du passé

29 janvier 2015

Comme il fallait s’y attendre, l’expérience passée de Pierre Karl Péladeau en matière de relations patronales-syndicales a refait surface lors du premier débat des cinq candidats à la direction du Parti québécois. À ce chapitre, nul doute que l’argumentaire du député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, a été le plus percutant lorsqu’il a demandé à PKP si sa « pensée avait évolué » depuis ces événements.

« Lorsque j’ai émis cette opinion, j’étais dans une situation bien différente », a répliqué PKP, tout en ajoutant qu’à l’époque les syndicats risquaient de mettre en péril la survie de son entreprise….Soit ! Mais toutefois, comment PKP peut-il justifier que, cinq ans plus tard, son opinion ait changé radicalement sur le syndicalisme en se ralliant à la philosophie sociale-démocrate ?

Loin de mettre en doute la sincérité du député de Saint-Jérôme, il m’apparaît qu’il devra faire face à l’héritage de son passé dans les mois à venir. Et, à cet effet, il devra se montrer garant de cette « conversion » s’il aspire rallier la base militante du PQ dont la majorité est syndiquée.

quebechebdo 29 janvier 2015

Encore des mots, toujours des mots

28 janvier 2015

Si on dit parfois qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’idée, on peut affirmer que Philippe Couillard ne fait pas partie de cette catégorie. En effet, on ne compte plus les promesses électorales qui ont changé de cap depuis l’arrivée au pouvoir du PLQ.

Toutefois, la palme d’or dans la catégorie « valse-hésitation » va surement aux tergiversations du premier ministre concernant le phénomène de l’intégrisme religieux qui est passé de la « menace que représentent, chez nous, l’extrémisme et tous les intégrismes religieux » en décembre 2013 à la lutte contre « la radicalisation » aujourd’hui.

À l’entendre palabrer sur la sémantique, on a vraiment l’impression que Philippe Couillard cherche tous les moyens pour éviter de se compromettre dans ce dossier. Pour reprendre les paroles de Dalida dans sa chanson, M Couillard excelle dans l’art de jouer sur « encore des mots, toujours des mots » sans s’attaquer réellement au problème.

M Couillard, vous qui vous targuez de prioriser la sécurité des Québécois, vous ne croyez pas qu’il serait plus que temps de quitter le terrain de la petite guéguerre de mots et de vous placer en mode action ?

quebechebdo 28 janvier 2015

 

Le piège de la nuance

27 janvier 2015

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le premier ministre Couillard a la peau fragile lorsque l’intégrisme religieux et le terrorisme sont abordés. Sa dernière nuance entre les deux termes démontre à quel point notre premier ministre excelle dans l’art de marcher sur la corde raide.

« L’intégrisme, c’est une pratique religieuse poussée à l’extrême qui, tant qu’elle n’enfreint pas les droits des autres — des autres, exemple, les femmes —, bien sûr fait partie des choix personnels de chacun ». Conséquemment Philippe Couillard n’a aucune velléité de brimer le droit des intégristes « dans la mesure où ils respectent la loi ». En conclusion, il ne faut pas confondre intégrisme et terrorisme. Voilà pour la belle théorie de M Couillard.

Toutefois, dans les faits, comme la très grande majorité des terroristes sont des intégristes de religion islamique, n’y-a-t-il pas lieu de supposer que les nouveaux intégristes, dans la lignée de leurs confrères, s’aventureront un jour sur le terrain du terrorisme ? Une présomption qui risque fort de devenir réalité.

En termes clairs, en dissociant les deux termes, Philippe Couillard se retrouve piéger dans une nuance dangereuse qui, à coup sûr, laissera libre cours à de futurs terroristes. D’où la nécessité de garder un œil vigilant sur les intégristes avant qu’ils ne passent aux actes. 

quebechebdo 27 janvier 2015