La tour de Babel

19 février 2015

Si on demandait aux Québécois s’ils désirent devenir indépendants ou demeurer dans le Canada, quelle serait leur réponse? Bien malin celui qui pourrait répondre avec certitude à cette question.

À mon avis, il est là le problème identitaire québécois. À cet effet, le texte laconique de Félix Leclerc « Interdire la langue française au Québec » est révélateur. En voici un extrait :

« …La langue française devrait disparaître du Québec,
s’en aller et ne plus revenir comme une mère qui s’en va.
L’interdire pour un an.
Puisqu’on n’en veut pas. Qu’on en a honte.
Et qu’on la traite avec ses trois siècles sur le même pied
qu’une autre langue avec ses trois ans.
Nous méritons tous qu’elle s’en aille.
Plus de français nulle part…
Fini, interdit et même payer l’amende si on la parle.
Nous la découvririons peut-être
et à six millions
l’imposerions logiquement et sans heurt,
comme chez tous les peuples du monde où la langue
de la majorité est la seule officielle.
À la Tour de Babel, elles étaient toutes officielles,
de là, la confusion… »

Le Québec, province du Canada, vit dans une Tour de Babel, dans l’utopie d’un pays bilingue, le dernier affront en lice de Stephen Harper étant la nomination d’un ministre des Affaires étrangères unilingue anglophone. C’est ce qu’on appelle se faire passer un sapin dans le sens de la longueur! Pourtant, à part quelques mots de protestations plutôt discrets, l’imposture de Harper est passée comme du beurre dans la poêle.

On pourrait faire une longue liste de ces exemples ignominieux de la part du ROC face à l’identité du Québec depuis des décennies et pourtant, les Québécois continuent de se laisser manger la laine sur le dos, emmaillotés dans la ouate du sacrosaint bilinguisme, une attitude qui laisse dans la gorge un arrière-goût de colonialisme invétéré, une soumission viscérale dont on semble incapable de se départir.

Pour revenir au texte lapidaire de Félix, les Québécois ne réagiront à la fragilité de leur langue que le jour où elle sera menacée de disparition. Et peut-être, à ce moment-là, pourrions-nous nous  joindre à Félix : « Nous la découvririons peut-être et à six millions l’imposerions logiquement et sans heurt, comme chez tous les peuples du monde où la langue de la majorité est la seule officielle »

En attendant, la réponse à la question posée au début de ce billet demeure entière…

quebechebdo 19 février 2015
 

Une fouille à nu « respectueuse »

18 février 2015

La fouille à nu d’une jeune fille de l’école secondaire de Neufchâtel, parce que la direction la soupçonnait de posséder de la drogue, outrepasse à mon sens les règles élémentaires de l’éthique dans une maison d’éducation.

On aura beau invoquer toutes les « précautions » qui ont été prises au moment de la fouille, il n’appartient pas à l’école de pousser aussi loin son invective pour un « soupçon » de possession de drogue, mais plutôt aux forces policières qui ont toute la légitimité pour procéder à une telle opération.

En tant qu’ex-directeur d’école, jamais je n’aurais procédé à un scénario aussi dégradant dans mon école, considérant les impacts psychologiques sur la jeune fille et les répercussions de cette fouille sur ses camarades. Enfin, n’y-a-t-il pas quelque chose de contradictoire dans le fait qu’une fouille à nu puisse être « respectueuse »? 

quebechebdo 18 février 2015

L’ambivalence gênante d’Hubert Lacroix

18 février 2015

Hubert Lacroix a été nommé par Stephen Harper président-directeur général de CBC/Radio-Canada le 5 novembre 2007, pour un mandat de cinq ans. Il est entré en fonction le 1er janvier 2008. Le 5 octobre 2012, son mandat a été reconduit pour une durée de cinq ans.

Considérant que la plupart des membres du CA ont été désignés par le premier ministre, y compris le PDG, croyez-vous réellement que M Lacroix va s’ériger contre les déclarations de M Harper à l’effet que « beaucoup » d’employés de Radio-Canada « détestent les valeurs » que défend son parti?

En termes clairs, le patron de l’entreprise ne lève pas le petit doigt pour se poser à la défense de ses employés, tout en alléguant par ailleurs que « les valeurs journalistiques de CBC/Radio-Canada sont vigoureusement appliquées dans la livraison de nos nouvelles ». N’est-ce pas là pourtant une forme de désaveu « par la bande » des critiques de Stephen Harper?

quebechebdo 18 février 2015

L’effet boomerang

17 février 2015

Les dernières déclarations de Philippe Couillard relativement au « radicalisme » de l’opposition péquiste en matière d’indépendance du Québec lui sont revenues de plein front devant son provincialisme décomplexé.

À titre d’exemple frappant, ses velléités d’amener le Québec à signer la Constitution de 1982, alléguant croire « fermement au progrès du Québec au sein d’un Canada uni, dans une fédération et pas dans un État unitaire ». Sans oublier toutes les mesures d’austérité qu’il est en train d’imposer aux Québécois au mépris du système québécois chèrement acquis lors de la Révolution tranquille.

En réalité, Philippe Couillard n’a pas de leçon à donner à qui que ce soit sur le radicalisme. En agissant avec autant de désinvolture devant les aspirations des Québécois à maintenir en place le modèle québécois, il est tout à fait normal qu’il subisse l’effet boomerang de son provincialisme radical outrancier!

quebechebdo 17 février 2015

PKP ouvre son jeu

17 février 2015

En s’engageant à créer l’Institut québécois de recherche appliquée sur l’indépendance s’il est désigné chef du Parti québécois en mai prochain, Pierre Karl Péladeau franchit un pas important dans la stratégie qu’il entend mettre de l’avant pour mobiliser les Québécois autour du projet d’indépendance.

De plus, il se propose d’entreprendre un dialogue avec tous les partis et mouvements politiques et organisations de la société civile afin de lancer une campagne « immédiate et permanente » en faveur de l’indépendance. Enfin, si PKP se retrouve à la barre du PQ, il sollicitera le mandat de faire le pays du Québec auprès de l’électorat québécois à l’automne 2018.

À mon sens, le député de Saint-Jérôme, en voulant mettre en relief les bienfaits de l’indépendance au vu et au su des Québécois sur les multiples dimensions du projet de pays, telle la souveraineté alimentaire, culturelle, fiscale, internationale et territoriale, atteint la cible avec efficacité sans détour ni fioriture…une stratégie qui a le mérite d’être claire et sans équivoque!

quebechebdo 17 février 2015
vigile.net tribune libre 17 février 2015

Laissez venir à moi…

16 février 2015

Depuis le début de son pontificat, François ne cesse de multiplier les paroles de miséricorde envers les « exclus » de l’Église. À titre d’exemple, sa réplique devenue célèbre lors de son retour en avion du Brésil en 2013 : « Si une personne est gaie et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? »

Encore récemment, il est revenu sur cette idée en exhortant les cardinaux à ne pas s’isoler dans une « caste » et d’ouvrir les bras à tous ceux que l’Église a rejetés. La vocation de l’Église est de « ne condamner personne éternellement »… L’Église doit être « créative pour trouver le langage juste afin de communiquer avec tous ceux qui sont considérés comme inguérissables et donc intouchables. »

Un discours auquel on ne peut rester insensible devant une Église qui pratique l’exclusion des « infidèles » depuis des siècles. Un chemin plein d’embûches auquel s’attaque avec détermination François et qui n’est pas sans nous rappeler cet extrait de Luc 18 :16 : « On lui amena aussi les petits enfants, afin qu'il les touchât. Mais les disciples, voyant cela, reprenaient ceux qui les amenaient. Et Jésus les appela, et dit: Laissez venir à moi les petits enfants, et ne les en empêchez pas; car le royaume de Dieu est pour ceux qui leur ressemblent. Je vous le dis en vérité, quiconque ne recevra pas le royaume de Dieu comme un petit enfant n'y entrera point. »

quebechebdo 16 février 2015

La rassembleuse

15 février 2015

Nul doute dans mon esprit que le tandem Hivon-Cloutier apportera de l’eau au moulin des idées qui seront débattues au cours de la course à la chefferie du PQ. En effet, celle qui a défendu avec respect et détermination l’épineux dossier du Mourir dans la dignité possède toutes les qualités d’une rassembleuse.

À preuve, ce rapprochement qu’elle tente de susciter avec Sol Zanetti, le chef d’Option nationale. « Avec ses milliers de membres engagés et proactifs, Option nationale est l’une des forces de notre mouvement et sa présence au sein d’une éventuelle Équipe de préparation de l’indépendance est de notre point de vue primordiale. »

Je ne peux qu’applaudir à cette initiative de Véronique Hivon qui vient jeter un peu de baume sur les attaques personnelles dont PKP est victime depuis des semaines et qui ne font que faire stagner le débat d’idées essentiel à la cause souverainiste…Place aux idées!

quebechebdo 15 février 2015
Le Journal de Québec 17 février 2015
vigile.net tribune libre 17 février 2015 "Le tandem Cloutier-Hivon"

Origine de la Saint-Valentin

14 février 2015

« L’association du milieu du mois de février avec l’amour et la fécondité date de l’Antiquité. Dans le calendrier de l’Athènes antique, la période de mi-janvier à mi-février était le mois de Gamélion, consacré au mariage sacré de Zeus et de Héra.

Dans la Rome antique, le 15 février étaient fêtées les Lupercales ou festival de Lupercus, le dieu de la fécondité. Les Luperques, prêtres de Lupercus, sacrifiaient des chèvres au dieu. Avec le couteau sanglant, les prêtres touchaient le front de deux jeunes aristocrates patriciens, un garçon et une fille. Un bouc était ensuite sacrifié, et de sa peau étaient fabriquées des lanières. Les Luperques couraient alors nus autour du Palatin en frappant, avec les lanières, les femmes qui se mettaient sur leur passage pour recevoir don de fertilité conformément à l'oracle de Junon, protectrice du mariage et de la maternité.

Le rapprochement entre la Saint-Valentin et l’amour courtois n’est mentionné dans aucune histoire ancienne et est considéré par des historiens comme une légende. Il existe une autre légende selon laquelle la fête de la Saint-Valentin a été créée pour contrecarrer la pratique des Lupercales par les jeunes amoureux qui dessinaient leurs noms sur une urne, mais cette pratique n’est citée dans aucune source écrite de l’époque. Sauf une miniature du xiie siècle qui montre l'appropriation chrétienne de rites païens.

Le jour de la Saint-Valentin a longtemps été célébré comme étant la fête des célibataires et non des couples. Le jour de la fête, les jeunes filles célibataires se dispersaient aux alentours de leur village et se cachaient en attendant que les jeunes garçons célibataires les trouvent. À l’issue de ce cache-cache géant, les couples formés étaient amenés à se marier dans l’année. Ceci permettait de développer la démographie et stimuler l’expansion des villages. Cette pratique laissait libre cours à beaucoup de tricheries de la part de couples officieux ainsi que des hommes qui visaient une jeune fille en particulier et notamment « la plus belle du village », très courtisée. »  (Wikipédia) 

quebechebdo 14 février 2015

La démagogie de Philippe Couillard

13 février 2015

Philippe Couillard avait l’intention de profiter de la rentrée parlementaire pour mettre l’accent sur l’économie. Malheureusement, l’opposition péquiste l’attendait avec ses mesures d’austérité, une marque de commerce qui lui colle à la peau depuis son arrivée au pouvoir en avril 2014.

Eh bien qu’à cela ne tienne, le premier ministre est tombé dans le gâteau de la course à la chefferie du PQ qui a fait ressortir le débat sur la souveraineté du Québec, une stratégie qui a réjoui en ces termes notre premier ministre : «  référendum, souveraineté, séparation. Ça va être ça[…] Alors, formidable ! Écoutez, je n’en espérais pas tant. »

Comme si les candidats à la chefferie pouvaient tenir cette course sans aborder l’article 1 de leur parti…Utopie ou démagogie? À mon avis, je crois Philippe Couillard assez intelligent pour opter pour le deuxième choix.

En réalité, M Couillard aura beau essayé de mêler les cartes par tous les moyens, il n’en demeure pas moins qu’actuellement, c’est lui qui détient les rênes du pouvoir qu’il exerce avec des mesures d’austérité qui sont en train de placer les Québécois de classe moyenne dans un fiasco socio-économique inquiétant.

quebechebdo 13 février 2015

Au mépris de la loi

12 février 2015

Il y a quelque chose de scandaleux dans le fait que des écoles juives détentrices d’un permis du MELS, et dont certaines sont même subventionnées, continuent d’opérer malgré qu’elles enfreignent la loi à outrance. À titre d’exemples, les manuels, les matières enseignées et les bulletins ne sont pas tous conformes, le cours Éthique et culture religieuse n’est pas enseigné tel que l’exige le MELS et des enseignants n’ont toujours pas de brevet. Et, pendant ce temps-là, le ministre continue de leur accorder annuellement des tolérances sans coup férir.

Il est à se demander si notre ministère de l’Éducation ne souffre pas du syndrome de la mollesse et de l’irresponsabilité devant un comportement aussi laxiste face aux minorités juives qui profitent de ces accommodements nettement déraisonnables. Jusqu’à quand le ministre abusera-t-il indument de la patience des contribuables québécois en tolérant que ces écoles persistent à fonctionner au mépris de la loi?

quebechebdo 12 février 2015
vigile.net tribune libre 12 février 2015
Le Journal de Québec 14 février 2015