Leçon de démocratie aux carrés verts

23 mars 2015

Issus du mécontentement suscité par les manifestations des carrés rouges lors du printemps érable, en particulier sur leur allégation de pouvoir assister à leurs cours malgré la grève, les carrés verts Laurent Proulx et Miguael Bergeron ont été déboutés en Cour supérieure après avoir contesté la constitutionnalité d’une série d’articles de la Loi sur l’accréditation et le financement des associations d’élèves et d’étudiants.

À cet effet, voici un extrait révélateur de la décision de la Cour : « La division, les conflits, les divergences d’opinions sont inévitables dans un groupe et font partie d’une société démocratique. La Loi permet de régler démocratiquement des conflits, peu importe leur nature. Il suffit d’y participer. L’intérêt doit y être ». Et, de poursuivre le juge, « les dispositions contestées par les demandeurs ne violent pas leurs droits fondamentaux puisque la Loi laisse la possibilité à tous les étudiants de se retirer de l’association accréditée ou d’en faire partie ou de former une association de leur choix ».

Conséquemment, les plaignants n’ont pas été brimés dans leurs droits selon la Cour supérieure, entre autres celui d’assister à leurs cours, et auraient dû manifester leur dissidence auprès de l’association étudiante de laquelle ils faisaient partie au lieu de contester sa légitimité…Une leçon de démocratie que les deux carrés verts auraient avantage à retenir!

quebechebdo 23 mars 2015
vigile.net tribune libre 25 mars 2015

Une rencontre « transpartisane »

22 mars 2015

C’est bien connu, les souverainistes ont souvent tendance à s’écorcher dans des querelles de mots depuis belle lurette et, à cet effet, le Parti québécois demeure sans contredit un antre privilégié pour laisser échapper les effluves de soubresauts idéologiques.

Toutefois, il faut reconnaître que la rencontre suscitée par la députée de Joliette, Véronique Hivon, et le chef d’Option nationale, Sol Zanetti, donne tout lieu de croire que nous avons assisté à une tentative de rapprochement louable eu regard à une stratégie commune des souverainistes vers l’accession à un Québec indépendant. Une trêve salutaire dans une guerre de clocher partisane qui ne fait que contribuer à entretenir les divisions entre des partis qui sont censés viser le même but ultime.

Comme l’exprime fort à propos Véronique Hivon, cette rencontre « transpartisane » a pour but de « tracer les contours d’un projet de pays… Ça, c’est emballant autant pour nous que pour la population… La population a envie de nous dire parfois : “ Si vous n’êtes même pas capables de vous parler entre vous, comment pouvez-vous espérer que, nous, on recommence à vous écouter ? ” ».

Reste à souhaiter que cette première rencontre aura des suites pour le plus grand bien du mouvement souverainiste, en particulier pour la mobilisation de la classe politique du PQ qui en a grandement besoin depuis sa cuisante défaite d’avril 2014 !

quebechebdo 22 mars 2015

PKP, le grand dérangeur

22 mars 2015

L’entrée sur la scène politique de Pierre Karl Péladeau, l’homme d’affaires adulé par certains, controversé par d’autres, a créé, à n’en pas douter, un vent de changement draconien dans le style de politicien que nous étions habitués de voir. De son poing levé en faveur du pays du Québec jusqu’à sa dernière déclaration sur l’immigration, en passant par ses sorties sur sa page Facebook, PKP ne fait rien comme les autres.

Et c’est là que nous sommes confrontés à un style nouveau qui, qu’on le veuille ou non, vient déranger une certaine rectitude à laquelle les politiciens adhèrent spontanément lorsqu’ils font leur entrée en politique.

PKP est un néophyte en politique et sa spontanéité lui confère un certain attrait indéniable. En réalité, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’est pas friand de la langue de bois. À preuve son discours acharné et constant sur les avantages de l’indépendance du Québec depuis qu’il a fait son entrée en politique.

De plus, son expérience reconnue dans le monde des affaires lui confère une crédibilité incontestable sur l’échiquier économique, une pierre d’assise majeure dans l’accession du Québec à son indépendance.

Enfin et surtout, PKP n’a pas laissé son domaine professionnel pour prendre le bâton du pèlerin de la cause indépendantiste à des fins partisanes, et c’est de là, à mon sens, qu’émerge l’engouement qu’il suscite autour de lui. Pour PKP, la ligne est toute tracée et rien ne l’arrêtera dans le chemin qu’il a entrepris.

quebechebdo 22 mars 2015
vigile.net tribune libre 23 mars 2015
 

« Men at work » au CHUM

21 mars 2015

Les exemples de laxisme de la part de l’Office québécois de la langue française [OQLF] concernant l’application du français en milieu de travail ne manquent jamais d’attirer ma colère. Le dernier exemple touche les travailleurs oeuvrant à la construction du nouveau CHUM qui dénoncent, via les syndicats et les entrepreneurs, le fait que l’anglais demeure la principale langue de travail sur le chantier de construction et cela, malgré que l’OQLF soit informé du dossier depuis 2012.

Il y a quelque chose de méprisable et de révoltant dans le fait que toutes les communications entre le consortium Constructions Santé Montréal [CSM], dont les principaux investisseurs sont des étrangers, et les employés sont effectuées en anglais seulement. Une attitude cavalière qui n’est pas sans laisser ses traces sur des erreurs de construction, voire même sur la sécurité des travailleurs.

Et, pendant ce temps, la ministre de la Culture et des Communications et ministre responsable de la Protection et de la Promotion de la langue française, Hélène David, promet d’« évaluer la situation » avec son collègue de la Santé, Gaétan Barrette. Trois ans après les premières plaintes, « on va dresser un état de la situation pour être en mesure d’évaluer quels sont les problèmes », lance tout bonnement la ministre.

Tout simplement révoltant ! Jusqu’à quand nos décideurs persisteront-ils dans leur laxisme éhonté face à des « hommes au travail » qui ne demandent qu’à accomplir leur boulot dans leur langue ?

quebechebdo 21 mars 2015
vigile.net tribune libre 21 mars 2015
 

Des excuses superflues

20 mars 2015

D’entrée de jeu, voici un extrait de la déclaration de Pierre Karl Péladeau qui a suscité autant de controverse : « …On souhaiterait pouvoir mieux la [immigration] contrôler, mais ne nous faisons pas d’illusion, qui prend en charge les immigrés qui viennent s’installer ici au Québec? C’est le gouvernement fédéral ». La réalité, c’est qu’un immigrant arrive au Canada et non au Québec.

Globalement, PKP déclare que le fait de dépendre d’un autre palier de gouvernement entrave le processus du projet de pays. En conséquence, dans le contexte d’une course à la chefferie d’un parti qui a officiellement pour but de faire l’indépendance du Québec, sa déclaration est tout à fait légitime et à propos. Dans le cas présent, il est clair que les adversaires de PKP jouent la carte de la xénophobie et crient haut et fort la « dérive vers un nationalisme ethnique » [dixit Philippe Couillard].

Pourtant, dans les faits, le député de Saint-Jérôme ne fait que pointer une réalité, à savoir une politique laxiste sur l’immigration qui laisse carte blanche à l’anglicisation des immigrants au détriment d’un encadrement axé sur le caractère francophone du Québec. 

Somme toute, le seul reproche que je peux adresser à PKP, c’est de s’être excusé, une attitude qui fait le bonheur de ses adversaires et qu’il devra corriger s’il aspire devenir chef d’un parti qui vise l’indépendance du Québec!

vigile.net tribune libre 20 mars 2015
quebechebdo 20 mars 2015
 

Vérité ou mensonge?

19 mars 2015

Un autre rebondissement dans l’affaire Jacques Delisle vient remettre en question la véracité de la première version de l’ex-juge, plaidant maintenant qu’il aurait aidé son épouse, Nicole Rainville, à se suicider. Une version qui, si elle était prouvée, aurait pour effet de commuer sa peine de prison à vie pour une peine maximale de 14 ans pour aide au suicide.

Dans sa nouvelle déclaration, Jacques Delisle allègue avoir menti sur les circonstances de la mort de sa femme « parce qu’il avait peur de la réaction de sa famille ». Une allégation qui suscite, à mon avis, plusieurs questions, entre autres et surtout, les raisons pour lesquelles Jacques Delisle n’a pas témoigné à son procès pour faire part de cette nouvelle version?

Jacques Delisle a été condamné à la prison à perpétuité pour meurtre en 2012, et ses tentatives de faire casser cette décision ont été rabrouées à la Cour d’appel et à la Cour suprême du Canada. Il appartient maintenant au ministre fédéral de la Justice, Peter MacKay, de trancher dans cette affaire… Vérité ou mensonge?

quebechebdo 19 mars 2015

Bienvenue au Far West canadien

18 mars 2015

Après avoir aboli sans vergogne le registre fédéral des armes à feu, notre sheriff  national, Stephen Harper, passe maintenant à un autre épisode du Far West canadien en brandissant les armes comme mécanismes d’auto-défense pour « assurer un certain niveau de sécurité lorsqu’une assistance policière immédiate n’est pas disponible ».

Suite au projet de loi 51 controversé de toutes parts, notamment sur les abus potentiels concernant les entraves aux libertés individuelles, le law and order permettrait dorénavant à tout citoyen de se déclarer autorisé à se faire justice à soi-même. Un pouvoir qui doit pourtant constituer une « réponse raisonnable » reconnue dans des circonstances exceptionnelles dans le Code criminel, entre autres la « proportionnalité de la force utilisée ».

À regarder agir Stephen Harper depuis quelques mois, j’ai la curieuse impression qu’il a revêtu le costume du justicier des temps modernes qui se situe au-dessus des lois pour justifier ses écarts de conduite inadmissibles de la part d’un premier ministre d’un pays démocratique. Un régime de peur qui dépasse l’entendement et qui fera sans doute partie de la toile de fond de la prochaine campagne électorale des conservateurs…Tout simplement aberrant et déplorable! 

quebechebdo 18 mars 2015 
Le Devoir 19 mars 2015 "Bienvenue au Far West" 

Mine Arnaud: un projet brouillon

17 mars 2015

Après avoir lu et entendu tout ce qui s’est écrit et dit sur le projet de Mine Arnaud, il m’apparaît clair que des zones grises continuent de semer la confusion auprès des citoyens de Sept-Îles. En effet, les ministres Arcand et Heurtel ont beau parlé d’un « projet exemplaire et sécuritaire », leurs interventions, souvent vagues, donnent plutôt l’impression d’un projet « brouillon » qui doit être peaufiné, particulièrement aux niveaux des effets de l’exploitation de la mine sur la qualité de l’air et de l’eau.

À preuve, les nombreuses questions du BAPE en février 2014 qui demeurent toujours sans réponses précises, à part des engagements que le gouvernement et Investissement Québec entendent prendre pour faire respecter les normes de sécurité par l’exploiteur norvégien Yara, une entreprise qui a déjà par ailleurs été reconnue coupable de corruption en Libye, en Inde et en Russie.

Cette saga dure déjà depuis trop longtemps. Les citoyens sont tiraillés entre les emplois qu’un tel projet peut leur procurer et ses effets potentiellement négatifs sur l’eau et l’air. Il est plus que temps que tous les intervenants, y compris les citoyens, se mettent à table et éclaircissent une fois pour toutes les appréhensions légitimes des citoyens de Sept-Îles, pris en otages entre un gouvernement qui mise sur le développement de son Plan Nord et les environnementalistes qui émettent des craintes sur leur qualité de vie.

quebechebdo 17 mars 2015

La viabilité de l’indépendance selon Couillard

16 mars 2015

Lors de la campagne électorale du printemps 2014, Philippe Couillard avait admis qu'un Québec indépendant serait viable économiquement. Encore aujourd’hui, en réaction aux propos de Pierre Karl Péladeau sur la viabilité de l’indépendance, il a déclaré : «C'est certain qu'à moyen terme ou à long terme, on finirait par s'en sortir, on a quand même des atouts au Québec». C’est à se demander si le chef du PLQ réalise la portée de ses affirmations sortant de la bouche d’un fédéraliste…De quel bord penchez-vous au juste M Couillard?

quebechebdo 16 mars 2015

Dans les méandres de l’or noir

16 mars 2015

Dans l’hypothèse où le gouvernement Couillard acceptait la construction du pipeline Énergie Est sur le territoire du Québec, ce sont 12 milliards de dollars qui seront investis dans ce projet qui transportera annuellement 400 millions de barils de pétrole qui traverseront 69 municipalités du Québec en plus de 641 cours d’eau sur une trajectoire de 700 kilomètres.

Et, c’est sans compter sur les changements climatiques importants liés aux émissions de gaz à effet de serre émanant de la production pétrolière qui déferlera dans ce pipeline. C’est ce qui fait dire à l’auteure et militante Naomi Klein que « Le Québec ne tient pas compte des impacts du projet sur les changements climatiques, alors que même le président américain a dit, dans le cas du projet Keystone XL, qu’il devait passer le test du climat. Comment le Québec peut-il prétendre avoir le moindre engagement envers la lutte contre les bouleversements du climat en ne tenant pas compte de cette question dans le cas d’Énergie Est ? »

Or, il semble que Philippe Couillard ait plutôt les profits que lui rapporterait ce projet dans sa mire que les impacts négatifs sur la planète qui n’est surement pas sa priorité. En réalité, une vision à court terme qui démontre à quel point les méandres de l’or noir le conduisent tout droit vers ce que qualifie Naomi Klein de « pire crime » contre le climat de la planète. De toute façon, demander à notre premier ministre d’avoir une vision planétaire, c’est un peu comme demander à un aveugle de nous dépeindre le paysage qui se dresse devant lui !

quebechebdo 16 mars 2015
vigile.net tribune libre 18 mars 2015