PKP en voie d’apprentissage

1 avril 2015

Nul doute que l’arrivée de Steve Flanagan dans l’entourage immédiat de Pierre Karl Péladeau dans la campagne à la chefferie du Parti québécois a joué un rôle prépondérant dans le style du favori dans la course à la succession de Pauline Marois.

À la différence du débat de Trois-Rivières, celui de Sherbrooke nous a fait voir un PKP beaucoup plus déterminé et surtout davantage concret dans ses propos. Toutefois, j’aurais aimé connaître ses propositions sur les avantages d’un Québec indépendant par rapport aux deux thèmes du débat, à savoir la santé et l’économie.

À cet effet, les interventions de PKP, tout comme celles des autres participants, sont demeurées dans un spectre provincialiste sans aucune allusion au carcan que nous impose le fédéralisme centralisateur du gouvernement de Stephen Harper actuellement.

En ce qui a trait au pétrole de schiste et aux sables bitumineux, quoique PKP y perçoive des « atouts majeurs » pour la souveraineté et la création d’un pays plus «riche» à condition qu’ils passent le test de l’«acceptabilité sociale», je vois difficilement comment il pourra concilier ses convictions avouées avec les récriminations soutenues des citoyens dans ces dossiers chauds.

Enfin, il m’apparaît évident que Pierre Karl Péladeau est en voie d’apprentissage sur la scène politique du Québec et qu’il devra ouvrir davantage son jeu sur les stratégies qu’il entend adopter pour remobiliser les forces souverainistes autour du projet de pays, en particulier la jeunesse québécoise qui, entre autres sujets d’intérêt, se montre très préoccupée par la protection de l’environnement.

quebechebdo 1er avril 2015 

Harper rate la cible…encore une fois!

31 mars 2015

Sans grande surprise, le gouvernement Harper ne sera pas au rendez-vous prévu pour le 31 mars 2015 malgré l’engagement pris en décembre, lors du sommet international de Lima en décembre 2014, par plusieurs des pays qui négocient l’accord de lutte contre les changements climatiques qui sera signé à Paris cette année.

De l’avis d’Hugo Séguin, chargé de cours à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke et spécialiste des négociations climatiques, il ne s’étonne pas du retard du gouvernement Harper : « Le Canada ne fait pas grand cas de sa responsabilité dans le dossier des changements climatiques. Il est donc cohérent avec lui-même. Il ne démontre pas un grand leadership en ne respectant pas cette première échéance des Nations unies. »

Et, de poursuivre M Séguin : « Peu de gens s’attendent à ce que la première ronde de contributions soit à la hauteur des enjeux. Il y aura moins d’engagements de réduction que ce qui est nécessaire et il y aura moins d’argent que ce qu’il faut pour s’adapter aux changements climatiques. » Les mois qui nous séparent du sommet de Paris, en décembre, doivent justement servir à négocier les moyens d’atteindre « l’effort nécessaire ». Dans ce contexte, tout retard pénalise la négociation.

Ce n’est pas la première fois que Stephen Harper fait preuve de désaveu et de mépris devant l’ampleur des changements climatiques provoqués par les GES…Sans doute que, par les temps qui courent, il est davantage préoccupé par ses politiques militaires d’envahissement de la Syrie, une stratégie qui lui confère une visibilité propice à une campagne électorale partisane de laquelle notre chef des forces armées tirera un malin plaisir!

quebechebdo 31 mars 2015
vigile.net tribune libre 31 mars 2015

Crash de l’A320 – Une histoire à suivre

31 mars 2015

Plus on en apprend sur l’état de santé d’Andreas Lubitz, le copilote responsable du crash de l’A320 de Germanwings qui a causé la mort de 150 personnes, plus les révélations sont troublantes, la dernière en liste concernant des traitements pour tendances suicidaires dans le passé.

Autre révélation tout aussi révélatrice de la part de l’ex petite-amie de Lubitz, lequel lui avait confié son intention de «faire quelque chose qui changerait le monde», et rendrait son nom connu du monde entier. Une information qui corrobore, à mon sens, la piste d’un acte prémédité.

De plus, les perquisitions menées au domicile de Lubitz ont révélé des attestations d’arrêts de travail déchirées, signées par un neurologue et un psychiatre avec la mention « SIC », attestant qu’il nécessitait un traitement régulier. Et, qui plus est, le jour du drame, il n’était pas en mesure de se retrouver dans la cabine de pilotage de l’A320. Enfin, selon le journal Bild, des ordonnances pour des médicaments prescrits aux maniaco-dépressifs ont également été retrouvées chez lui, ainsi que de grandes quantités de somnifères.

Un ensemble de facteurs nébuleux qui ouvrent toutes grandes les portes d’une enquête plus poussée sur les responsabilités de la compagnie aérienne quant au « suivi » exercé sur la santé mentale d’Andreas Lubitz. Difficile à croire que les dirigeants de Germanwings n’étaient pas informés du dossier médical de leur copilote alors qu’il avait dû pourtant interrompre son apprentissage en 2009, la compagnie aérienne évoquant alors le fait qu’elle n’avait pas le droit d’en dire davantage sur « les motifs de cette pause ». Assisterons-nous au dépôt d’un recours collectif contre la compagnie aérienne de la part des familles des victimes? Une histoire à suivre…

quebechebdo 31 mars 2015

Bisbille sur le pétrole de schiste

30 mars 2015

Quoique le deuxième débat entre les participants à la course à la direction du Parti québécois ait été plus « civilisé » que le premier, des écarts d’opinion marquants ont été soulevés sur l’exploitation du pétrole de schiste sur l’île d’Anticosti. D’un côté, les opposants, Martine Ouellet et Alexandre Cloutier, de l’autre, Bernard Drainville et Pierre Karl Péladeau qui prônent son exploration moyennant quelques variantes, ces deux derniers semblant s’entendre toutefois sur le fait qu’ « une fois que le programme d’exploration sera terminé, ce sera aux Québécois de décider s’ils veulent aller de l’avant. »

À partir du moment où le gouvernement Marois a déjà investi 70 millions de dollars en 2014 pour un programme d’exploration sur l’île d’Anticosti, je suis d’accord avec Bernard Drainville sur le fait que « les Québécois ont le droit de savoir ce qu’il y a à Anticosti. » En réalité, toute cette question doit être débattue démocratiquement étape par étape, particulièrement auprès des habitants de l’île qui demeurent les principaux intéressés.

Un dossier à manier avec prudence et dénué de toute partisanerie destinée à se faire du capital politique comme il arrive souvent dans ces projets délicats pour la sauvegarde de la qualité et de la protection de l’environnement…Reste à voir si les défenseurs de l’exploration du gaz de schiste arriveraient à se démarquer de leurs prédécesseurs !

quebechebdo 30 mars 2015  

Fédéralisme coopératif, vous dites?

29 mars 2015

La dernière décision de la Cour suprême d’acquiescer à la demande du gouvernement Harper de détruire le Registre des armes à feu contre l’avis de Québec démontre encore une fois que le « fédéralisme coopératif », promis par Stephen Harper en 2005, fait maintenant partie d’un des nombreux vœux pieux d’un gouvernement fédéral « dominateur ».

Et tout cela malgré le fait que la Cour supérieure du Québec avait donné raison au  gouvernement du Québec en 2012 dans une décision du juge M.-A. Blanchard qui stipulait qu’ « il rebute au sens commun, pour ne pas dire au bien commun, que l’on puisse empêcher le Québec d’utiliser les données qu’il participe à colliger, analyser, organiser et modifier. »

Conséquemment, qu’est-ce qui aurait pu empêcher, à part l’entêtement du fédéral, de céder les informations contenues dans le Registre à Québec ? En quoi un contrôle sur l’utilisation des armes à feu n’est-il pas souhaitable pour une province qui désire s’en prévaloir ? Pourquoi le fédéral et le provincial doivent-ils se rendre en cours à chaque occasion où un différend les oppose ?

Enfin, en ce qui a trait au fédéralisme coopératif dont vous vous faisiez le défenseur il y a dix ans, on repassera, M Harper !…

quebechebdo 29 mars 2015
 

Un tir inadmissible

28 mars 2015

Des images saisissantes qui nous montrent un policier tirer à bout portant un projectile brûlant en plein visage de Naomie Tremblay-Trudeau, une adolescente de 18 ans qui, pourtant, ne démontrait aucun signe de violence, sa seule « faute » étant de s’être trouvée là au mauvais moment.

Et le maire de Québec, Régis Labeaume, de déclarer : « Ils connaissent notre comportement. Ce n’est pas nous qui faisons le choix, ce sont les dirigeants des manifestations qui font le choix de ce qui va se passer. Vous choisissez qu’il y ait de la pagaille si vous ne donnez pas votre itinéraire. »

Un raisonnement aberrant de la part du maire qui met clairement en lumière la disproportion de l’acte du policier par rapport à celui de la victime, un manque de jugement patent de la part de ce policier qui mérite, à mon sens, une sanction sévère de la part de ses dirigeants…Une scène digne d’un polar de bas étage !

quebechebdo 28 mars 2015

Les bulldozers

27 mars 2015

Le ministre des Finances, Carlos Leitão, et le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux nous ont présenté un budget sous le signe de l’austérité, tel que promis en campagne électorale. Toutefois, là où le bât blesse dangereusement, c’est sur la faisabilité des mesures proposées, particulièrement en santé et en éducation où les taux de croissance sont ramenés à 1,4 % et à 0,2 %, et tout cela, sans nuire à la qualité des services…Un véritable conte de fée !

En réalité, où nos deux bulldozers trouveront-ils la baguette magique en comprimant les dépenses en deçà de la croissance des coûts de système des services à la population ? Les mastodontes auront beau crier sur tous les toits que ces mesures n’affecteront en rien la contribution des contribuables, il n’en demeure pas moins qu’ils en subiront les conséquences sur le plan de la qualité des services. C’est le principe des vases communicants, moins de ressources financières, moins de services.

Pourtant, sans être un fiscaliste, il m’apparaît que ce train de mesures aurait pu souffrir d’être étalé sur quelques années sans pour autant déroger à ses objectifs, sans compter que les sommes investies dans le Fonds des générations auraient pu être revues à la baisse pour cette année.

En bref, il est évident que le gouvernement Couillard franchit un pas de plus vers l’instauration d’un néolibéralisme qui érige en système un désengagement de l’État envers les services publics au profit d’une place de plus en plus grande du secteur privé dans le volet économique…une démarche qui risque de faire sauter notre projet de société créé à bout de bras depuis des décennies !

quebechebdo 27 mars 2015
Le journal de Québec 30 mars 2015

 

Vaudeville sur l’avortement

26 mars 2015

En écoutant les réactions loufoques du ministre Barrette concernant les questions de l’opposition sur ses présumées intentions de restreindre l’accès à l’avortement, j’avais vraiment l’impression d’assister à un vaudeville de première classe où tous les ingrédients étaient présents, de la ballade des quotas au caquètement des poules en passant par le mépris du ministre pour les « lanceurs » d’alerte.

Et pourtant, notre ministre de la Santé, le premier représentant de la qualité des soins au Québec, réagissait à des inquiétudes fondées sur un sujet aussi primordial que l’accès à l’avortement, ce qui n’est pas banal. Et, subitement, sans aucune raison apparente, les quotas sont passés, en l’espace de quelques jours, de 504 à 1008 et tout ça, sur la parole du ministre…tout simplement!

À force de jongler avec les chiffres comme si une femme en détresse souhaitant se faire avorter peut être placée tout bonnement dans le boulier du Dr Barrette, espérant que le hasard la favorise un jour, le docteur ministre frondeur va passer à l’histoire comme l’un des meilleurs scénaristes de vaudeville de bas étage.

quebechebdo 26 mars 2015
vigile.net tribune libre 27 mars 2015
cyberpresse.ca 29 mars 2015

Appel à la majorité silencieuse

25 mars 2015

Le nouveau ministre de l’Éducation, François Blais, a lancé un appel à la majorité silencieuse en invitant les étudiants à se présenter au vote lors de leur assemblée générale, une démarche qui m’apparaît la seule voie démocratique pour faire valoir ses idées auprès des défenseurs de la grève. En bref, une partie se joue sur le terrain et non pas dans les gradins.

Parlant de « terrain », j’ai l’impression que les initiateurs de la grève « sociale » éprouvent beaucoup de difficultés à mobiliser la population autour de leurs revendications qui sont, rappelons-le, les effets pervers des mesures d’austérité sur l’éducation, et de l’exploitation des hydrocarbures sur l’environnement.

On reproche souvent à notre jeunesse de ne pas être politisée et de former un amalgame d’individus sans conscience collective. Pourtant, lorsqu’elle se mobilise, on lui demande de réintégrer ses quartiers. Sans doute que le mouvement de grève connaît des ratés. Toutefois, si les étudiants, en assemblée générale, arrivaient à se parler, peut-être arriveraient-ils à s’entendre sur une stratégie commune qui aurait davantage de poids  auprès du gouvernement !

quebechebdo 25 mars 2015

La pomme de discorde

24 mars 2015

Même si les enjeux des manifestations étudiantes actuelles diffèrent de ceux du printemps érable 2012, les divergences d’opinion entre les étudiants sont demeurés les mêmes, à savoir le dilemme entre le droit de grève et le droit d’assistance aux cours. Difficile de  prendre position dans ce débat, compte tenu que chacun des deux clans évoque des motifs raisonnables, les uns, la répercussion des mesures d’austérité du gouvernement sur le tissu social, les autres, leur droit légitime d’assister à leur cours.

Pourtant, un récent jugement de la Cour supérieure vient donner raison aux pro-grève sur les velléités des anti-grève en décidant que « les dispositions contestées par les demandeurs ne violent pas leurs droits fondamentaux puisque la Loi laisse la possibilité à tous les étudiants de se retirer de l’association accréditée ou d’en faire partie ou de former une association de leur choix ».

Conséquemment, dans la mesure où les étudiants ont été dûment convoqués à une assemblée générale de leur association pour voter sur un mandat de grève, il appartient à tous les étudiants d’y participer et d’y faire valoir leur point de vue démocratiquement, à défaut de quoi, nous nous aventurons dans les méandres de l’anarchie.

quebechebdo 24 mars 2015
vigile.net tribune libre 25 mars 2015
Le Journal de Québec 26 mars 2015
Le Soleil 26 mars 2015