Sophie Grégoire, une femme à part entière

28 mai 2016

Je m’interroge sérieusement sur le fait qu’en 2016, où on déplore encore les inégalités entre les hommes et les femmes, Sophie Grégoire suscite autant de commentaires négatifs sur ses implications sociales et, par le fait même, sur la visibilité qu’elle engendre.

Le couple Trudeau, qu’on le veuille ou non, incarne un attrait indéniable auquel on ne peut se soustraire. La personnalité flamboyante et l’entregent irrésistible de Sophie Grégoire sont des qualités qui lui permettent de se démarquer de Justin Trudeau en tant que femme libre et épanouie. À titre d’exemple relativement récent, il importe de se rappeler que Mila Mulroney occupait un local au bureau du premier ministre et disposait de trois adjointes.

Quant à ceux qui militent en faveur de la bonne épouse du premier ministre et la mère de ses enfants qui doit rester à la maison, je ne peux que constater qu’ils ont une perception rétrograde qui contrevient carrément au mouvement de libération des femmes et qui dénote d’une attitude littéralement déconnectée de notre époque.

Trop souvent malheureusement, il arrive encore aujourd’hui que des femmes soient identifiées comme la « femme de l’autre ». Un portrait réducteur qui ne sied aucunement à Sophie Grégoire qui revendique le droit de vivre comme une femme à part entière.

quebechebdo 28 mai 2016
 

La rencontre

27 mai 2016

Une sculpture de bronze de 11 mètres de hauteur au coût de 1,125 million $ représentant deux cerfs de Virginie superposés, tel est le fruit du travail des artistes Jean-François Cooke et Pierre Sasseville qui signent leur œuvre La rencontre qui trônera sur la place Jean-Béliveau devant le Centre Vidéotron.

« J'aime ça parce que ça va faire jaser », s’est exclamé Régis Labeaume lorsqu’il a aperçu la sculpture pour la première fois. Eh bien, M. Labeaume, vous avez raison!

En ce qui me concerne, ma première réaction en voyant cette sculpture a été de me demander quel était le rapport entre ces deux cerfs et une place dédiée à Jean Béliveau. Puis, j’ai lu avec attention les explications des deux artistes sur l’interprétation de leur sculpture sans qu’ils arrivent à me convaincre qu’il y avait un lien quelconque avec le personnage de Jean Béliveau.

À partir du moment où l’artiste est obligé de se soumettre à des contorsions d’images pour expliquer le lien qui existe entre son œuvre et son emplacement, je crois que l’œuvre en question souffre d’un manque évident d’à-propos et que la « rencontre » avec l’œuvre est ratée.

quebechebdo 27 mai 2016
​Le Journal de Québec 28 mai 2016
 

Repas de « famille » chez les libéraux

27 mai 2016

Même si la présidente du caucus libéral, Nicole Ménard, affirme que la rencontre prévue le 30 mai avec les élus du parti n’a rien d’une occasion de laver le linge sale en famille mais plutôt de discuter dans un contexte « décontracté » avec le premier ministre des deux dernières années et du reste du mandat, il est fort à parier que certains députés seront tentés de sortir certaines frustrations liées, notamment, au dernier remaniement ministériel de Philippe Couillard.

Toutefois, le « pater familias » n’est pas réputé pour avoir une oreille très attentive aux doléances de ses ouailles, une attitude paternaliste rigide le caractérisant davantage. Ainsi, il serait fort douteux que certains députés « de souche » ayant été laissés sur la touche au profit de l’ex-caquiste Dominique Anglade ou de l’ex-adéquiste Sébastien Proulx ne laissent sortir leurs frustrations devant un chef dont l’ego accapare une place prépondérante dans ses commentaires souvent transcendants, voire méprisants.

Pour tout dire, je suis d’avis que le repas de « famille » des élus libéraux tournera autour de sujets généraux dans un climat de « franche camaraderie » et que chacun des participants en ressortira le sourire aux lèvres devant les journalistes pour démontrer à quel point les liens de solidarité entre eux sont sans équivoque…et bienvenue dans la galère libérale!

quebechebdo 27 mai 2016
 

François Marcotte, la pointe de l’iceberg

27 mai 2016

La triste histoire entourant la « norme » d’un bain par semaine dans les CHSLD du Québec montre à quel point les effets insidieux des coupures du gouvernement Couillard dans les soins de santé ont outrepassé le degré d’acceptabilité sanitaire auquel les bénéficiaires devraient avoir droit.

Quand les supposés « experts » affirment que « ce n’est pas recommandé de faire une norme mur à mur » et qu’ils « ont démontré que les soins d’hygiène personnelle peuvent être donnés sans bain », ils reflètent une position de nivellement par la base scandaleuse, partant de la norme d’un bain par semaine comme s’il n’y avait pas dans cette mesure quelque chose de révoltant.

En réalité, c’est la norme d’un bain par semaine pour tous les bénéficiaires qu’il faut changer tel qu’exigé par un résidant de 43 ans de Québec, François Marcotte, souffrant de sclérose en plaques, qui a dû mener une campagne de sociofinancement pour se payer trois bains par semaine.

Et M. Marcotte ne représente que la pointe de l’iceberg si on tient compte du fait que quelque 30 000 pensionnaires occupent les CHSLD…Une situation éhontée qui doit être corrigée dans les meilleurs délais, à défaut de quoi les pensionnaires continueront d’être traités dans l’indignité la plus perfide !

quebechebdo 27 mai 2016

Martine Ouellet, un atout dans la course à la chefferie du PQ

26 mai 2016

À mon sens, la candidature prévisible de Martine Ouellet dans la course à la chefferie du Parti québécois représente un atout de taille en ce sens qu’elle équilibre le pendule en s’engageant à tenir un référendum dans un premier mandat si elle était élue à la tête d’un gouvernement du Parti québécois.

Dans cette foulée, il n’y a aucun doute que Martine Ouellet ralliera plusieurs partisans qualifiés de « pressés » pour qui une quarantaine d’années de tergiversations autour du projet d’indépendance du Québec sont nettement suffisantes pour aller de l’avant avec un référendum sur la question identitaire du Québec.

Quant aux « pas pressés », regroupés surtout autour de Jean-François Lisée qui propose d’attendre encore six ans pour mettre la machine référendaire en marche, leur argumentaire, tout comme celui de Martine Ouellet, devra être étoffé et contribuera à alimenter positivement le débat autour de la stratégie la plus profitable à adopter.

Une course à la chefferie qui s’annonce intéressante et qui donnera lieu à des prises de position claires sur l’avenir de la cause souverainiste du Québec…Alors, place aux débats et que le candidat qui répond le plus aux aspirations des souverainistes en sorte gagnant!

quebechebdo 26 mai 2016
 

La convergence des forces souverainistes

24 mai 2016

Compte tenu des positions plutôt « tièdes » des trois candidats actuels à la chefferie du Parti québécois concernant leur position référendaire, il n’est pas surprenant qu’Option nationale remette en question sa participation aux travaux de la Table de concertation sur la convergence des forces souverainistes. Sans un engagement immédiat plus clair en faveur de la réalisation de l'indépendance, Jocelyn Beaudoin, le président d’ON, ne voit pas la pertinence de poursuivre les discussions en vue de convenir d'une feuille de route commune.

À cet effet, il est important de se rappeler que la création d’ON émerge de cette absence de volonté claire de réaliser l’indépendance de la part du PQ. C’est la raison pour laquelle je peux comprendre la déception des militants onistes devant le « flou » stratégique dans lequel les Hivon, Cloutier et Lisée veulent embarquer les Québécois.

Tant et aussi longtemps que les péquistes maintiendront cette « peur de faire peur » avec l’option souverainiste, alléguant que le « bon peuple » québécois n’est pas prêt à franchir le pas vers l’indépendance, il m’apparaît utopique d’envisager toute forme de convergence possible que ce soit avec ON.

C’est Saint-Exupéry qui disait : « Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose… Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le coeur de tes hommes et femmes le désir de la mer. » Aux aspirants chefs du PQ de faire naître le désir de l’indépendance du Québec dans le cœur des Québécois!

quebechebdo 24 mai 2016
 

Un bien triste centenaire?

24 mai 2016

C’est le 20 septembre 1917 que la construction du pont de Québec était achevée après que deux catastrophes eurent assombri le vaste chantier. Pour cette occasion historique, le maire de Québec, Henri Lavigueur, avait souligné dans un discours solennel, ce « triomphe extraordinaire de la science mécanique et du génie civil sur des difficultés presque insurmontables ».

Pendant des décennies, ce majestueux monument patrimonial a ouvert la voie du Saint-Laurent aux automobilistes qui désiraient passer d'une rive à l’autre du fleuve en plus d’offrir un spectacle féérique aux touristes qui entraient à Québec par la rive sud.

Aujourd’hui, le spectacle a perdu tout attrait, offrant une image délabrée et pitoyable à ses utilisateurs. Depuis des mois, les autorités du CN et les divers paliers gouvernementaux se renvoient la balle, à savoir qui aura la décence de redonner à notre pont de Québec une cure de jeunesse vivifiante.

J’ose espérer que, d’ici septembre 2017, une entente interviendra dans cette saga scandaleuse et que le vénérable pont de Québec sera à la hauteur de son histoire lors des célébrations de son 100ième anniversaire, à défaut de quoi ce sera un bien triste centenaire!

quebechebdo 24 mai 2016
 

Institut national d’excellence en éducation

23 mai 2016

L’idée de la création d’un Institut national d’excellence en éducation (INEE) n’est pas aussitôt lancée qu’elle est déjà contestée par un groupe de 70 chercheurs qui jugent cette nouvelle structure inutile et centralisatrice alors que le ministre de l’Éducation Sébastien Proulx avance qu’il faut décentraliser l’éducation au niveau des écoles.

À mes yeux, la vraie question réside dans l’apport potentiel d’un tel Institut en relation avec la réussite des élèves, car, il faut en être conscient, les efforts de tous les intervenants en éducation, y compris les chercheurs, doivent converger vers l’objectif de la réussite scolaire

Dans cette foulée, il m’apparaît essentiel que cet Institut, s’il voyait le jour, sache s’entourer d’intervenants possédant l’expertise de la gestion quotidienne de l’école, à savoir d’abord les enseignants qui demeurent les premiers responsables du cheminement des élèves.

Si, comme le prétend la professeure Monique Brodeur, l’instigatrice du projet, « la recherche en éducation est tellement «foisonnante» au Québec qu'on s'y perd » et qu’il faudrait « mettre de l’ordre » dans tout ce qui se publie sur le sujet, il ne faudrait surtout pas que cet Institut devienne une autre superstructure ministérielle dont les fruits du travail demeureront sur les tablettes du ministère…Et, pour ce faire, le milieu scolaire doit être prioritairement partie prenante dans cette aventure.

quebechebdo 23 mai 2016
 

Le fils de l’autre

23 mai 2016

Eu égard à l’incident plutôt burlesque dont a été victime la députée néo-démocrate Ruth Ellen Brosseau de la part du premier ministre Justin Trudeau, on est bien loin de l’image du « gentilhomme » dont fait preuve notre premier ministre sur ses « selfies » démontrant un large sourire bon enfant.

À mon sens, il y a un petit quelque chose d’héréditaire dans cette ambivalence du fils de Pierre Elliot Trudeau qui maniait à merveille le charme qui lui a valu le phénomène de la « tradeaumanie » et le « just watch me » relié aux tristes épisodes de la crise d’octobre 1970.

Toutefois, les temps ont bien changé et la vigueur des médias sociaux actuels est beaucoup moins conciliante que ne l’étaient les médias traditionnels de l’époque PET dans lesquels les citoyens étaient beaucoup moins impliqués.

En réalité, l’attitude désinvolte que Justin Trudeau nous a démontré dans l’« incident du coude » envers Mme Brosseau  risque de se répéter encore souvent…Aussi bien nous y habituer, la cohabitation des deux Justin relève d’une question de tempérament familial!

quebechebdo 23 mai 2016
Le Journal de Québec 26 mai 2016
​vigile.net tribune libre 26 mai 2016 (version modifiée) 
 

De plates excuses

21 mai 2016

S’il y a un ministère qui doit se montrer exemplaire sur la qualité du français dans ses communications, c’est bien celui de Citoyenneté et Immigration Canada, un des premiers responsables de l’application de la politique du bilinguisme au Canada.

Eh bien, qu’à cela ne tienne, une lettre officielle d’une centaine de mots provenant de Citoyenneté et Immigration Canada contenait pas moins de 17 fautes lexicales et grammaticales, y compris des anglicismes.

Saisi de cette « dérive » pour le moins « gênante », le ministère a fait son mea culpa dans un courriel transmis à l’Agence QMI. De son côté, la ministre fédérale responsable des langues officielles, Mélanie Joly, a qualifié l’incident de « totalement inacceptable » tout en s’empressant d’ajouter qu’elle allait s’assurer que « ça ne se reproduise plus ».

Grand bien leur fasse ! Toutefois, ces « plates excuses » n’enlèvent rien au côté dérisoire qu’occupe le français dans les communications officielles de notre auguste gouvernement fédéral relativement au bilinguisme « canadian »…Tout simplement révoltant !

quebechebdo 21 mai 2016