L’ignorance de Couillard

20 mai 2016

Dans toute la saga entourant la situation « explosive » au ministère des Transports, il m’apparaît quand même surprenant, voire inconcevable, que le « flot de l’information » ne se soit jamais rendu aux oreilles du premier ministre.

De deux choses l’une, ou Philippe Couillard a été tenu dans l’ignorance par sa garde rapprochée de peur de ses réactions, ou il était au courant et feint le contraire pour se disculper. D’un côté comme de l’autre, force est de constater que le PLQ gouverne à la pièce et est continuellement placé en position d’extincteur. Un gouvernement d’amateurs perpétuellement enchevêtré dans des méandres sans fin qui voit des têtes tomber au rythme des scandales qui éclatent autour de lui.

Quand un premier ministre doit avouer en Chambre qu’il reconnaît ne pas avoir été informé par ses plus proches collaborateurs de l'existence d'une situation aussi explosive au ministère des Transports, il y a tout lieu de s’interroger sur la compétence du titulaire du poste à gérer les situations de crises…

quebechebdo 20 mai 2016

Justin pète sa coche

19 mai 2016

La tension a atteint son paroxysme à notre « auguste » Chambre des communes lorsque le premier ministre du Canada, le très honorable Justin Trudeau, d’un pas décidé, a traversé cavalièrement l’allée qui sépare les députés pour aller s’en prendre au whip conservateur et quelques députés, les enjoignant de débarrasser le chemin («Get the fuck out of the way»).

Un scénario digne d’une comédie de Molière aux allures de satire de notre vie parlementaire où le civisme a perdu depuis des lunes ses lettres de noblesse et où les engueulades éhontées font partie quotidiennement d’une mise en scène bassement partisane.

Quant au premier ministre, il devra rapidement apprendre à laisser dans le corridor ses sautes d’humeur au lieu de les exhiber en Chambre tel un adolescent frustré à qui on aurait contrevenu à ses idées…Bienvenue dans le monde des « grands », M. Trudeau, là où le décorum exige une certaine retenue!

quebechebdo 19 mai 2016
 

Révélations troublantes de Poëti

19 mai 2016

En nommant Robert Poëti ministre des Transports à son arrivée au pouvoir, Philippe Couillard envoyait un message clair : faire le ménage dans le ministère, particulièrement dans l’octroi des contrats liés aux entreprises de construction, suite aux révélations de la commission Charbonneau.

Or, lors du dernier remaniement ministériel de M. Couillard, Robert Poëti a été littéralement écarté et relégué cavalièrement sur les banquettes arrière dans des circonstances plutôt nébuleuses.

Aujourd’hui, l’ancien ministre des Transports sort de l’ombre en déplorant que « plusieurs questions demeurent sans réponses et [qu] ‘il s’avère nécessaire entre autres de mettre en place une réorganisation telle que j’avais demandé, en vue d’analyser les inquiétudes sur l’intégrité, les enquêtes, les gens responsables de la vérification et des contrats. »

En tant qu’ex-policier dont l’intégrité était reconnue, Robert Poëti était un habitué des enquêtes, une stratégie qu’il a sans doute explorée durant son mandat en tant que ministre et qui l’a conduit à poser plusieurs questions « embarrassantes » pour l’establishment libéral.

Conséquemment, à mes yeux, je suis persuadé que les révélations troublantes de M. Poëti ont été faites en « son âme et conscience » dans le but d’informer les citoyens sur les irrégularités qui persistent encore aujourd’hui dans l’octroi de certains contrats…La patate chaude est maintenant dans le clan de Philippe Couillard!

quebechebdo 19 mai 2016

Éducation: la conversion de Couillard

18 mai 2016

Après avoir mis des mois à tirer à boulets rouges sur les structures en Éducation et avoir coupé de façon drastique dans la qualité des services aux élèves, la subite conversion du premier ministre, Philippe Couillard, à prioriser la réussite des élèves a de quoi nous interroger sur les raisons inhérentes à ce changement de cap radical plutôt surprenant.

En ce qui me concerne, je serais prêt à parier que l’arrivée imminente de la campagne électorale de 2018 a ravivé les « ardeurs » de notre premier ministre pour les élèves en difficulté et le taux de décrochage inquiétant chez les jeunes de nos écoles.

Une conversion qui, en réalité, n’est que le reflet d’une petite politique partisane qui n’augure rien d’autre qu’une éventuelle promesse électorale qui risque de mourir au feuilleton…À moins que M. Couillard ait rencontré son chemin de Damas, ce dont je doute fort! 

quebechebdo 18 mai 2016
cyberpresse.ca 19 mai 2016 "La conversion de M.Couillard"
 

L’odyssée de Lisée

17 mai 2016

Voilà maintenant quarante ans que la première génération de souverainistes attend patiemment la venue du jour où le Québec deviendra un pays. De surcroît, voilà vingt ans, soit depuis le référendum de 1995, que l’option souverainiste est rangée quelque part dans un placard, en attendant les « conditions gagnantes ».

C’est beaucoup de temps…Or, comme si ce n’était pas assez, Jean-François Lisée nous propose une énième odyssée qui durera encore six ans. Pas de référendum sur l’indépendance du Québec avant 2222. Et, toute cette stratégie dans l’hypothèse où le PQ prend le pouvoir lors des deux prochains scrutins généraux, ce qui est loin d’être gagné.

En fait, on nage en plein scénario burlesque, tel que l’a très bien illustré l’ex-chef d’Option nationale, Jean-Martin Aussant, en comparant la position de Jean-Fraçois Lisée à un chef du Parti vert qui s'engagerait à ne pas protéger l'environnement parce que la population en général n'est pas assez conscientisée.

Ceux qui, comme moi, ont vécu cette longue traversée du désert pour se faire dire que, « si je suis chef du Parti québécois en 2018, pendant 4 ans nous n’allons pas être un bon gouvernement. On va être un ostie de bon gouvernement! » [dixit Jean-François Lisée], en ont ras-le-bol de ces odyssées sans lendemain…Il est plus que temps de mettre pied à terre et d’établir notre campement!

quebechebdo 17 mai 2016
vigile.net tribune libre 21 mai 2016
 

La liberté d’expression

16 mai 2016

Trois mots qui résonnent dans le monde de l’humour depuis quelques jours et qui ont atteint leur paroxysme lors du « Gala les Oliviers ». Une saga déclenchée par le retrait du gala d’un numéro que devaient présenter les humoristes Mike Ward et Guy Nantel. Un numéro qui, aux dires de plusieurs observateurs, ne portait atteinte à la réputation de qui que ce soit.

Toutefois, là où le bât blesse avec le plus d’acuité, c’est le fait que la décision du retrait de ce numéro ait été prise par l’avocat du diffuseur, ce qui m’apparaît déborder outrageusement les compétences et l’expertise du plaignant en la matière. À mon sens, nous sommes devant un cas pathétique où les humoristes risquent d’être littéralement muselés dans les textes présentés sur les scènes de l’humour par des intervenants « frileux » qui ont la gâchette rapide sur la censure.

Nonobstant le triste épisode de Jérémy Gabriel qui faisait preuve d’un manque de respect inacceptable de la part de Mike Ward, il m’apparaît que l’humour, par définition, ne peut s’empêcher d’écorcher au passage quelque personnage public que ce soit pour autant que les basses attaques personnelles en soient exclues. 

En conséquence, tant et aussi longtemps que l’humour respectera les « règles de l’art », nous devons permettre aux humoristes d’utiliser leur « liberté d’expression », à défaut de quoi nous risquons de nous retrouver devant des humoristes attiédis par une censure omniprésente au grand dam des amateurs d’humour!

quebechebdo 16 mai 2016 
vigile.net tribune libre 16 mai 2016
Le Devoir 17 mai 2016 

Uber: Innover dans le respect des lois

15 mai 2016

Les jeunes libéraux, appuyés des militants réunis en congrès, sont montés aux barricades contre le projet de loi 100 du ministre Daoust concernant les règles que devra suivre la multinationale Uber pour être légalement reconnue au Québec. Et, pour justifier leur argumentaire, ils évoquent le fait que le Québec doit être ouvert à l’innovation et faire le pas vers les nouvelles technologies. Grand bien leur fasse!

Toutefois, il m’apparaît pour le moins paradoxal que l’innovation doive primer sur le respect des lois comme si, pour aller de l’avant, il fallait déroger des lois, un principe qui bafoue carrément les règles élémentaires d’une saine démocratie.

Eh bien, pour employer une image, sachez, militants du PLQ, que le « covoiturage » entre l’innovation et le respect de la loi est tout à fait possible, voire même essentiel, si vous désirez légalement donner à l’industrie du taxi un essor bénéfique vers les technologies modernes.

quebechebdi 15 mai 2016
 

Uber: se ranger ou quitter la route

14 mai 2016

La saga opposant Uber à l’industrie du taxi vient de prendre fin grâce au projet de loi massue du ministre des Transports, Jacques Daoust, qui vient de clouer le cercueil du modèle d’affaire de la multinationale. Une juste mise au pas rendue nécessaire par les nombreuses incartades légales d’Uber qui faisait la loi et l’ordre sans coup férir de la part du gouvernement.

Haro sur le « covoiturage urbain » ! Dorénavant, les chauffeurs d’Uber devront être munis d’un permis de taxi, un permis de conduire de classe C, une immatriculation T et avoir réussi un cours de 150 heures. De surcroît, Uber devra récolter la TPS et la TVQ sur chaque course.

Chapeau à Jacques Daoust pour avoir su ramener l’entreprise délinquante dans la légalité, au grand soulagement des chauffeurs de taxi qui étaient carrément pris en souricière dans une compétition déloyale aux allures fanfaronnes de la part d’Uber qui doit maintenant se ranger ou quitter la route !

quebechebdo 14 mai 2016 

La querelle des Anciens et des Modernes

13 mai 2016

À en juger par les appuis qui se prononcent en faveur de Véronique Hivon et d’Alexandre Cloutier, il ne fait aucun doute que nous nous acheminons vers une sorte de « querelle des Anciens et des Modernes », version PQ 2016.

Même si les deux candidats font partie de la relève du PQ, il m’apparaît clair que Véronique Hivon draine avec elle de jeunes députés tandis qu’Alexandre Cloutier rallie des vétérans. Un constat annonciateur d’une campagne à la chefferie dont les débats risquent de tourner entre l’axe traditionaliste du parti d’une part, et son volet innovateur d’autre part.

D’entrée de jeu, je dois avouer que j’éprouve une certaine propension pour les idées de Véronique Hivon dont le style rassembleur augure bien pour une convergence des forces souverainistes, une carte majeure pour l’avenir du mouvement indépendantiste et qui a déjà été déposée sur la table par PKP avant son départ de la vie politique.

En ce qui a trait à Alexandre Cloutier, compte tenu de l’appui dont il dispose, à savoir l’establishment du parti, il n’aura d’autre choix que de suivre la ligne directrice habituelle du PQ dans laquelle il se retrouvera rapidement embourbé dans les méandres de la stratégie référendaire.  

quebechebdo 13 mai 2016 
vigile.net tribune libre 13 mai 2016 "Le duel Hivon-Cloutier"
Le Journal de Québec 15 mai 2016

On a mis quelqu’un au monde…

12 mai 2016

La course à la chefferie du Parti québécois relance, entre autres, le débat sur la nécessaire mobilisation des jeunes autour du projet d’indépendance du Québec, sans lesquels ce grand rêve demeurera lettre morte.

Pourtant, d’après les sondages, les jeunes ne semblent pas se sentir attirés par l’idée de faire du Québec un pays et ce, malgré les nombreux appels lancés par les militants des forces souverainistes. À cet effet, il y a tout lieu de s’interroger sur les causes de ce désintérêt.

À mes yeux, la raison principale expliquant ce phénomène réside dans le fait que les militants de la cause leur présentent un projet « tout cuit » sur lequel ils n’ont jamais été consultés.

Dans cette foulée, la conclusion de la chanson de Serge Fiori « Un musicien parmi tant d’autres » nous laisse sur un message fort révélateur : « On a mis quelqu'un au monde/On devrait peut-être l'écouter ».

quebechebdo 12 mai 2016