Un monument à la mémoire des animaux morts à la guerre

27 juin 2012

Au moment où le gouvernement Harper doit retrancher 5,2 milliards de dollars de ses dépenses annuelles et éliminer pour ce faire 19 200 emplois, un petit groupe de bénévoles, ayant l’appui de Laureen Harper à titre de « marraine honoraire », vient de recevoir une subvention fédérale de 50 000 $ dont l’objectif servira à ériger un monument d’une valeur de 160 000$ à la mémoire des animaux morts à la guerre.

Amoureuse des chats, Mme Harper est très active dans le milieu de la protection des animaux. Quant à savoir si l’appui de la première dame a pu faciliter l’obtention d’une subvention fédérale, « il n’y a probablement pas de lien direct, mais si quelqu’un savait qu’elle appuyait le projet, assurément, ç’a pu aider. Mais je ne peux pas dire qu’il y a eu un appel direct. Je suis certain qu’elle n’a pas pris le téléphone pour appeler Patrimoine Canada », réplique l’un des responsables du groupe.

Et, de poursuivre ce dernier : « Nous voulons rendre hommage aux animaux qui se sont battus au cours des 200 dernières années…Avec ce projet, on va pouvoir donner une voix à ceux qui n’avaient pas de voix…Ces animaux reviennent souvent au Canada avec des problèmes psychologiques similaires à ceux des vétérans. Nos soldats ont un gros monument et ils le méritent, mais avoir un beau petit monument dédié aux animaux de guerre serait dans nos valeurs. »

Malgré la reconnaissance que j’éprouve envers ces animaux, je ne peux m’empêcher de me rappeler le combat épique du soldat Pascal Lacoste en novembre 2011 auprès du ministère des Anciens Combattants pour finalement obtenir une ouverture [demeurée sans suite depuis ce temps] de la part du ministre Blaney dans le dossier de l’exposition à l’uranium appauvri lors de sa mission en Bosnie durant les années ’90. Pourtant, Pascal Lacoste voulait lui aussi « donner une voix à ceux qui n’avaient pas de voix », en l’occurrence, des soldats qui revenaient de la guerre avec des « problèmes psychologiques ».

En réalité, croyez-vous sincèrement que Laureen Harper ait eu besoin de prendre « le téléphone pour appeler Patrimoine Canada » et obtenir la subvention de 50 000$? À mon sens, certaines « causes » semblent avoir une oreille plus attentive que d’autres dans notre beau monde politique dominé par des jeux de coulisses pour le moins contestables et prêtant souvent flanc à des aberrations qui frisent la basse partisanerie…Pour ce qui est de la cause du soldat Lacoste, on repassera! 

quebechebdo 27 juin 2012
vigile.net tribune libre 27 juin 2012

L’aspirateur Legault

26 juin 2012

Après avoir carrément englouti l’ADQ dans son aspirateur, François Legault envisagerait maintenant d’aspirer dans sa « machine électoraliste » quelques miettes libérales qui pourraient satisfaire son appétit carriériste et celui de sa députation hétéroclite.

Bien que rejetant toute hypothèse de coalition avec les libéraux, le chef caquiste s’est montré ouvert à certaines alliances avec les troupes de Charest…À cet effet, il convient de constater que certaines similitudes entre les deux partis se sont déjà manifestées au cours des derniers mois, notamment sur la hausse des droits de scolarité, l’adoption de la loi 78 et leur style de gestion scandaleuse des ressources naturelles.

La CAQ végétant dans les derniers sondages en troisième position derrière le PLQ et le PQ avec 25% des intentions de vote, il n’est pas étonnant que François Legault cherche à glaner parcimonieusement quelques graines qui traînent ici et là sur le parquet de la scène politique québécoise!

quebechebdo 26 juin 2012 
vigile.net tribune libre 27 juin 2012 "Les flagorneurs"
cyberpresse.ca 2 juillet 2012

La visite paroissiale de Harper

25 juin 2012

Je me rappelle, lorsque j’étais enfant, avec quel décorum toute la famille accueillait le curé de la paroisse le jour où sa visite était annoncée en grandes pompes pour bénir ses paroissiens et leur prodiguer ses grâces.

C’est un peu la même image qui m’est revenue en tête en voyant Stephen Harper, accompagné de la moitié de son cabinet ministériel, débarquer à Saint-Narcisse-de-Beaurivage dans Lotbinière dans le cadre de notre fête nationale pour un rassemblement éclair visant à « assurer les Québécois que le parti au pouvoir n’entend pas abandonner la province ».

Une visite, comme il se doit, soigneusement préparée par une rencontre tenue en compagnie de l'ancien premier ministre du Canada Brian Mulroney au cours de laquelle le curé, avant sa visite paroissiale, aurait demandé conseil à son « évêque » sur la manière d’améliorer ses relations avec ses « paroissiens » québécois et ce, malgré ses démêlées avec l’ancien locataire du 24 Sussex concernant ses douteuses relations d'affaires avec le controversé lobbyiste allemand Karlheinz Schreiber.

Et, de renchérir son fidèle ministre fédéral de l’Industrie et député de Mégantic-l’Érable, Christian Paradis : «Le fait qu'il y ait une présence aussi massive des membres du cabinet, des ministres anglophones, ça démontre que franchement on veut que les choses fonctionnent au Québec… On est à la fin d'une session qui a été intensive, les gens sont fatigués. Mais ils viennent de partout à travers le Canada pour démontrer qu'il y a un attachement envers le Québec ».

Quant aux rumeurs d’élections au Québec et la possibilité d’un gouvernement souverainiste, le ministre y va de cette « apaisante » déclaration: « Pour n'importe quel gouvernement qui sera élu, nous, ce qu'on va faire, c'est de travailler avec le gouvernement du Québec ».

Et voilà…la bénédiction a été donnée et les grâces distribuées…Le curé peut maintenant regagner son presbytère le long du canal Rideau et continuer de célébrer ses messes basses et ses requiem pour ses paroissiens francophones exilés dans ses terres étrangères tout en ouvrant généreusement ses goussets à ses fidèles paroissiens anglophones au cours de fastueuses cérémonies patriotiques royalistes au son du carillon fédéraliste. 

quebechebdo 25 juin 2012
vigile.net tribune libre 25 juin 2012

Mettre le focus sur la richesse de notre langue

24 juin 2012

Dans son éditorial paru dans Le Devoir du 23 juin sous le titre « Le français au Québec- Cohérence oblige », Josée Boileau démontre à juste titre à quel point le français au Québec risque de devenir exclusivement la langue « pour la sphère intime ».

« Ainsi, il est démesuré au Québec de répondre à l’anglais omniprésent par l’apprentissage intensif et obligatoire de cette langue au primaire, que le gouvernement Charest implantera cet automne. Évidemment, les immigrants n’en seront que plus perplexes devant la schizophrénie de nos discours officiels et des mesures qui les contredisent ! Les enfants, eux, verront confirmer le message qu’Internet — par la musique, les vidéos, les jeux — leur véhicule déjà : il y a l’anglais pour l’espace public, et il y a les autres langues pour la sphère intime. »

En termes clairs, insistons auprès de nos jeunes sur le clinquant de la selle du cheval avant de leur enseigner l’art de l’équitation et, quand ils seront désarçonnés, nous nous étonnerons…

Mais, que s’est-il donc passé pour que, à une époque pas si lointaine, à savoir en 2003, à ma dernière année d’enseignement, j’aie pu assister de visu à l’émerveillement qui ressortait du regard de mes élèves de première secondaire à l’audition de « Petit bonheur » de Félix Leclerc ? Je me rappelle même les avoir entendu fredonner les paroles de cette chanson que leurs parents leur avaient déjà chantée lorsqu’ils étaient « petits ».

J’ai l’impression qu’aujourd’hui les enseignants éprouvent une gêne insidieuse à ressortir du placard ces petits bijoux de la poésie québécoise, envahis par cette vague pernicieuse des nouvelles technologies des communications qui placent effrontément « l’anglais sur la place publique et [ ] les autres langues pour la sphère intime ».

Avant d’en arriver à oublier nos origines francophones au détriment de « l’anglais omniprésent », il m’apparaît urgent de nous ressaisir et de remettre sur « la place publique », à commencer par nos écoles, notre langue maternelle.

Et Josée Boileau de conclure : « Et il faut insister sur la qualité même de notre français. Le conflit étudiant nous a fait connaître des leaders éloquents, à la langue nette. C’est heureux. Mais cela ne doit pas occulter les approximations dont le vocabulaire de tous les jours, des jeunes comme des vieux, est émaillé et les erreurs qui se multiplient à l’écrit. Six mois de français intensif, appuyés de romans, de films, de chansons, seraient bien de mise dans nos écoles !….On est loin d’une telle prise de conscience, mais il faut se réveiller. »

En conséquence, je rejoins sans réserve les propos de la conclusion de l’éditorialiste tout en les bonifiant par l’enseignement d’un français intensif « constant », à savoir tout au cours des études primaires et secondaires, mené par des enseignants qui n’hésitent jamais à mettre le focus sur la richesse de notre langue qui doit prendre toute sa place légitime sur les réseaux modernes de communication.

Bonne fête nationale à tous les Québécois!

vigile.net tribune libre 24 juin 2012
quebechebdo 24 juin 2012



Un rejet amer

21 juin 2012

Détentrice de l’une des deux seules médailles olympiques remportées par le Canada en quatre JO de vélo de montagne, vice-championne des Jeux de 2004, quatrième rang cumulatif du circuit mondial l’an dernier, Marie-Hélène Prémont a été écartée de l'épreuve olympique de cross-country du 11 août, à Hadleigh Farm, en banlieue est de Londres par Cyclisme Canada et agira à titre de remplaçante à Catharine Pendrel et Emily Batty.

Loin d’en vouloir à Batty qui a terminé au cinquième rang cumulatif du circuit mondial cette année, la vététiste de 34 ans de Château-Richer allègue plutôt que le Canada, premier au monde en cross-country féminin, soit limité à deux entrées olympiques alors que le nombre passe à trois chez les hommes.

«Les Jeux, c'est plate, mais les meilleurs ne sont pas tous là», fait-elle valoir. Elle en a contre la limitation à 20 concurrentes chez les femmes, à comparer à 40 compétiteurs chez les hommes. «Ils veulent avoir le plus de pays représentés. Les meilleures vont être là, mais il va aussi y avoir plusieurs moins bonnes.»

À preuve que l’égalité des sexes a encore beaucoup de « route » à parcourir pour atteindre des critères égaux avec les hommes même dans notre beau monde olympique…une aberration qui laisse un arrière-goût amer dans la gorge de Marie-Hélène!

qebechebdo 21 juin 2012

Un témoignage touchant d’un père fier

21 juin 2012

En réaction à l’article de M. Éric-Jan Zubrycki paru dans le Carrefour des lecteurs de l’édition du Soleil du 19 juin 2012 sous le titre «Loin d’être dernière!»

Ayant œuvré toute ma carrière dans une école qui se classait très souvent dans les «premières» dans le palmarès du magazine L’Actualité, j’ai été touché par la sincérité qui ressort du témoignage de M. Zubricky, autant dans la fierté qu’il éprouve envers son fils, atteint d’un retard intellectuel léger, qui gradue en Formation préparatoire au travail, qu’envers le dévouement du personnel de l’école secondaire Vanier.

Un retour d’ascenseur fort légitime envers ces jeunes qui, à coup d’efforts et de persévérance, réussissent à se tailler une place respectable et utile dans le développement de notre société et ce, grâce à l’implication d’éducateurs professionnels qui ont à cœur le développement des jeunes qui leur sont confiés.

Un coup de chapeau à ces jeunes et à toute l’équipe de l’école secondaire Vanier… vous méritez une première place dans le palmarès de la réussite personnelle!

quebechebdo 21 juin 2012

Des entourloupettes légales plutôt gênantes

21 juin 2012

Selon Estelle Tremblay, l’avocate du PQ, Jacques Duchesneau a déshonoré ses fonctions de dirigeant de l’UAC et a perdu toute crédibilité avec son enquête bénévole sur le financement illégal des partis politiques lorsqu’il allègue que 70 % des dons faits aux partis politiques sont illégaux et font l’objet d’une comptabilité parallèle.

« M. Duchesneau, sans aucune autorisation, s’est improvisé enquêteur, a constitué des dossiers sur autrui, et, ce faisant, il a compromis l’impartialité et l’indépendance de sa fonction de représentant de l’État lorsqu’il était dirigeant de l’Unité anticollusion », a affirmé Me Tremblay qui est même allée jusqu’à évoquer l’ombre « d’un État policier ».

Un discours qui a changé complètement de ton de la part de la chef du PQ qui n’a cessé d’attaquer le gouvernement Charest depuis des mois sur les révélations troublantes du rapport Duchesneau. En effet, en entrevue hier, Pauline Marois a tenu un tout autre discours en affirmant ne pas croire Duschesneau et qu’il se doit de fournir des preuves sur ses allégations.

Fort heureusement, la présidente de la CEIC, France Charbonneau, a démontré encore une fois qu’elle n’entendait pas se plier à ces « entourloupettes légales » en refusant l’accès à ces documents :

« La commission ne peut servir de plateforme aux témoins pour déposer des documents sans que les procureurs de la commission aient été en mesure d’en vérifier la fiabilité. Les enquêtes sur le financement des partis seront divulguées au moment opportun ».

Rappelons, en passant, que le gouvernement de Jean Charest a aussi contre-attaqué en ciblant les collaborateurs de Jacques Duchesneau. En effet, Me Benoît Boucher, l’avocat qui représente le procureur général du Québec, a talonné l’ex-enquêteur de l’Unité anticollusion Martin Morin. Il lui a reproché d’avoir inclus des faits non vérifiés dans son rapport et d’avoir fait des approximations.

Si, comme le clament les ténors du PQ, de telles allégations « n’existent pas chez nous », on peut se demander sérieusement en quoi les révélations de Jacques Duchesneau peuvent compromettre leur réputation. Pourquoi alors tenter de se rabattre derrière le paravent de la loi pour remettre en cause la crédibilité du dirigeant de l’UAC si ces mêmes ténors sont « blancs comme neige » ? Qu’ont-ils à craindre au juste ? Pourquoi une telle attitude de « vierges offensées » avant même qu’ils ne soient personnellement accusés de quoi que ce soit ?

En terminant, je vous laisse sur cette réflexion de Wilhelm Wander : « Les petits voleurs sont pendus, les grands sont salués ». J’ose espérer que France Charbonneau et son équipe sauront faire mentir cette pensée et qu’enfin, la société québécoise fera preuve de droiture et de justice sociale en replaçant les pions dans la bonne case et en permettant, de la sorte, que la partie se joue dans les règles de l’équité 

vigile.net tribune libre 21 juin 2012
quebechebdo 22 juin 2012

Entre le rêve et la réalité

20 juin 2012

Très nombreuses ont été, au cours des derniers mois, les interventions gravitant autour de la « nécessaire » coalition des forces souverainistes. En théorie, je suis sensible à cette proposition dont l’objectif louable est d’éviter la division du vote lors du prochain scrutin…personne ne peut être contre la vertu !

Toutefois, dans les faits, force nous est de constater qu’il y loin de la coupe aux lèvres… En effet, si nous nous arrêtons quelques instants sur les partis qui, aux dires de la plupart des intervenants sur le sujet, incarnent les « forces souverainistes », à savoir le Parti québécois, Québec solidaire et Option nationale, nous serons vite confrontés à des conflits idéologiques profonds entre ces trois entités.

À mon sens, comme je l’ai déjà exprimé sur diverses tribunes libres, le PQ, dès sa fondation issue du MSA, portait déjà en son sein les germes d’une stagnation chronique, à savoir la « souveraineté association », un concept mort-né prônant une souveraineté politique à l’intérieur d’une association économique…D’ailleurs, l’histoire a statué depuis la création du PQ à la suite de deux référendums perdus sans compter les chemins tortueux qu’il a empruntés et qui l’ont conduit à la gouvernance souverainiste de Pauline Marois.

En ce qui a trait à QS, quoique attentifs à l’idée de Pierre Curzi de faire appel à l’unification des forces souverainistes, Françoise David et Amir Khadir se montrent plutôt perplexes sur les véritables intentions de Pauline Marois qui refuse de se pencher sur la proposition de Curzi, les porte-paroles de QS alléguant que la chef du PQ « ne veut pas s’encombrer d’un parti de gauche » tout en lui reprochant ses positions « fluctuantes » en termes d’orientations politiques, cherchant de la sorte à « ratisser large dans la population ».

Reste ON qui, rappelons-le, s’est toujours montré ouvert à une telle coalition pour autant que, tel que stipulé à l’article 1 de sa plate-forme :

- toutes les taxes, toutes les contributions et tous les impôts payés sur le territoire québécois soient dorénavant perçus par le gouvernement du Québec. 
- toutes les lois qui régissent les citoyens du Québec soient votées par l’Assemblée nationale du Québec. 
- tous les traités qui lieront les Québécois aux autres nations du monde soient signés par le gouvernement du Québec. 
- une Constitution du Québec soit écrite avec la plus grande participation possible de la population du Québec, accompagnée d’experts en la matière, et qu’elle soit ultimement entérinée par le biais d’un référendum.

Telles sont les conditions prioritaires et non-discutables d’Option nationale à l’accession du Québec à son indépendance. En conséquence, dans l’hypothèse où d’autres partis y adhèrent, je ne pourrai que m’en réjouir…En attendant, les défenseurs d’une coalition des forces souverainistes nagent en plein rêve !

vigile.net tribune libre 20 juin 2012
quebechebdo 21 juin 2012 "Entre le rêve et la réalité souverainiste"

Une mascarade signée Stephen Harper

19 juin 2012

Lorsque nous prenons connaissance des événements qui ont marqué la guerre de 1812 dont cette année marque le 200ième anniversaire et que certains fédéralistes chauvins tentent de nous présenter comme une grande manifestation d’unité canadienne, nous sommes frappés par les analogies de ce conflit avec celui que vit le Québec aujourd’hui.

À cet effet, une lettre d’opinion publiée dans Le Devoir du 18 juin sous la plume de Gilles Laporte et titrée «Une émeute contre la conscription en 1812», nous place brutalement devant la réalité de cette guerre qui, à plusieurs égards, a suscité un climat d’affrontement entre l’État et le peuple «canadien-français» de l’époque tout comme le débat social actuel entre les aspirations des Québécois et les représailles du gouvernement Charest.

Pour illustrer mon propos, je me permets de reprendre quelques passages de l’article de M. Laporte :

«Devant ce climat d’insubordination, le commandement de la milice dépêche le major Jean-Philippe Leprohon et une trentaine d’hommes afin de mener la chasse aux déserteurs et de rétablir l’ordre… Le 1er juillet 1812, quelques centaines d’hommes, dont plusieurs armés de fusils, de pistolets ou de bâtons, se profilent devant Lachine… Parallèlement, deux émissaires avaient été dépêchés à Montréal y rencontrer les autorités pour questionner la légalité de la conscription et, si possible, négocier une entente afin de sortir de la crise… L’affaire prend une nouvelle tournure avec l’arrivée du corps d’armée du magistrat John McCord. Ce dernier adopte aussitôt une attitude intransigeante, lit l’acte d’émeute et ordonne aux manifestants de se disperser. Après quoi, les soldats arrivés entre-temps tirent un coup de canon au-dessus de la tête des manifestants… Le lendemain, l’armée procède à une razzia dans les maisons de la côte et arrête 37 hommes soupçonnés de pratiques séditieuses.»

À la suite de la lecture du récit historique de Gilles Laporte, nous ne pouvons que constater les aberrations d’un système vicié qui confirme, dès cette époque, l’étendue des tentacules outrancières de l’État et des autorités militaires sur les aspirations du peuple francophone à l’intérieur d’un Canada étranger.

En réalité, pour les Québécois, aux prises avec ces mêmes tentacules répressives et dévastatrices aujourd’hui, l’histoire se répète lamentablement, tel un impitoyable destin où ils se retrouvent, encore une fois, confrontés au triste scénario d’un retour vers le futur, une mascarade signée Stephen Harper!

quebechebdo 18 juin 2012

Être pères et repères

17 juin 2012

Compte tenu de ma relation distante avec un père que j’aimais profondément, un sentiment d’appréhension m’a toujours habité devant l’éventualité d’être père à mon tour. À cet effet, je vous propose ce petit poème qu’un jour j’ai écrit :

«J’avais un père que je voyais rarement
Un père voyageur très souvent absent
Et lorsqu’il était là
Il ne me parlait pas

Son dernier voyage fut précipité
Je n’ai pas eu le temps de lui exprimer
À quel point je l’aimais
Dans ma tête un regret…

Pourquoi papa es-tu resté
Une fleur à jamais refermée?»

Aujourd’hui, avec le temps et à l’image de nombreux autres pères, j’ai réussi à «ouvrir cette fleur»et je suis heureux dans mon rôle de mon père…J’ai acquis cette certitude que j’ai pu et que je peux encore aujourd’hui offrir à mes enfants une présence attentive et des repères auxquels ils peuvent se référer au besoin.

En guise de souhaits pour la fête des Pères, je vous propose cette réflexion pleine de vérité de la psychologue et psychothérapeute Marie de Hennezel :

«La fête des Pères peut être l’occasion, pour les enfants, d’avoir une pensée de gratitude pour celui qui leur a, un jour, ouvert une porte, offert un marchepied dans leur carrière professionnelle, l’auteur d’un livre qui a changé leur manière de voir les choses, l’orateur dont une parole a éclairé leur pensée et continue de faire son chemin en eux, le vieil ami dont l’écoute bienveillante leur redonne confiance.»

quebechebdo 17 juin 2012