Assurer l’indépendance de Vigile

16 juin 2012

Le 13 juin 2012, Bernard Frappier et Richard Le Hir signaient conjointement un article sur cette tribune sous le titre « Le point sur la demande d’intervention forcée présentée contre Le Soleil et Cyberpresse » dont l’audition a été fixée au 13 septembre.

Inutile d’être un expert en droit pour comprendre que toute cette affaire Chiara c. Vigile, Frappier et Le Hir amènera des frais juridiques qui dépasseront largement le montant de 10 000$ prévus en « provisions » dans les 35 000$ visés comme objectif annuel de la campagne de financement de Vigile.

Par ailleurs, le 6 mai 2012, nous apprenions que Vigile recevait une contribution de 20 000$ de la part d’un donateur anonyme par la voix de Bernard Frappier via cette tribune. Après vérifications sur la légitimité du don de la part de M. Frappier dans le but de s’assurer de l’indépendance de Vigile, le montant a été encaissé, ce qui a eu pour effet direct de faire grimper substantiellement le pourcentage du montant recueilli en financement pour cette année.

Or, si nous enlevons le montant de 20 000$ du total accumulé jusqu’ici pour le financement de Vigile, à savoir 33 418$, nous arrivons à la somme de 13 418$, soit 38% de l’objectif annuel au lieu du 95% que nous pouvons voir sur le thermomètre indicateur aujourd’hui.

Mon intention n’est pas de minimiser ici l’importance du don de
20 000$ qui représente une contribution extraordinaire pour Vigile qui pourra l’utiliser pour couvrir les frais juridiques auxquels il est et sera confronté. À partir de là, je crois que nous devons relativiser ce montant dans un contexte global et considérer la participation individuelle des donateurs de Vigile, à savoir 38% de l’objectif.

Je demeure absolument convaincu que le rayonnement de Vigile est dû en grande partie à la qualité des interventions qui y sont présentées autant qu’à la générosité de ses fidèles donateurs individuels qui, depuis toutes ces années où le site a réussi à se bâtir une réputation solide concernant la marche du Québec vers son indépendance, sont parvenus à maintenir sa survie.

En conséquence, je me joins sans réserve à l’invitation de Bernard Frappier dans son article du 6 mai 2012 :

« Ce sont vos contributions régulières, aussi modestes ou aussi généreuses soient-elles, qui vont assurer l’indépendance de Vigile. Je vous invite donc à vous manifester aussi souvent que vous le pouvez ».

vigile.net tribune libre 16 juin 2012

La patate chaude

15 juin 2012

Il fallait s’y attendre, l'ex-patron de l'Unité anticollusion, Jacques Duchesneau, a admis à la commission d'enquête sur l'industrie de la construction qu'il a lui-même divulgué son rapport final à une journaliste à l'automne 2011, après sa rencontre avec le ministre des Transports de l'époque, Sam Hamad, le 1er septembre 2011, pour lui présenter son rapport final sur les activités de l'UAC, et que, devant l’attitude désintéressée du ministre, il a alors acquis la conviction que le rapport allait aboutir sur une tablette.

«Je n'ai pas été impressionné par la réception que j'ai eue du ministre, je n'ai pas senti que ça l'intéressait…J'ai tenté de faire une présentation mais je n'étais pas la saveur du jour…J'ai été obligé d'aller un peu plus vite que prévu…À la fin de la rencontre, un membre de l'UAC a voulu remettre une copie du rapport au ministre, mais celui-ci n'a même pas «voulu mettre ses empreintes digitales dessus», a laissé tomber Jacques Duchesneau.

Pourtant, M. Duchesneau avait soumis son projet de rapport final deux jours plus tôt au chef de cabinet de M. Hamad, Steve Leblanc. Le rapport avait aussi été présenté à des responsables politiques et d'autres employés du ministère des Transports le 4 août pour valider les informations qu'il contenait.

Lors de sa rencontre avec Sam Hamad, M. Duchesneau a ressorti clairement les révélations de son rapport: les dizaines de stratagèmes qu'utilisaient les collusionnaires pour soutirer de l'argent au ministère des Transports, l'infiltration de l'industrie par le crime organisé, la violence utilisée par certains pour intimider de petites entreprises et le lien que l'industrie entretient avec le financement des partis politiques.

À la question du procureur de la commission Charbonneau, Claude Chartrand, qui lui a demandé pourquoi il avait divulgué le rapport, M. Duchesneau a répondu: «Les membres de l'équipe n'ont pas fait ce travail pour que ça aille sur une tablette et après ma rencontre avec le ministre Hamad, j'étais convaincu que c'était pour aller sur une tablette».

Réaction du ministre à la suite des révélations de Jacques Duchesneau…M. Hamad s’est dit «désolé» que M. Duchesneau ait cru qu’il n’était pas intéressé par son rapport et qu’il s’agissait d’une «mauvaise impression».

Il m’apparaît évident que le rapport Duchesneau représente une patate chaude qui risque de brûler les mains du gouvernement corrompu actuel, d’autant plus que la détermination de Jacques Duchesneau est bien connue des libéraux et des amis du parti.

En conséquence, les «véritables» travaux de la commission Charbonneau sont maintenant entamés…Que la vérité sorte enfin et que le voile soit levé sur les pratiques bassement partisanes du gouvernement Charest pour qu’enfin, le Québec puisse respirer un peu d’air pur dans son paysage politique!

quebechebdo 15 juin 2012
vigile.net tribune libre 17 juin 2012 "Les "véritables" travaux de la commission Charbonneau sont maintenant entamés"

La pédagogie de l’absurde

14 juin 2012

Selon le version de Valérie, une élève de 16 ans du groupe de quatrième secondaire d’un enseignant de l’école Cavelier-De LaSalle, c'est à la demande des étudiants que le professeur a décidé de montrer la vidéo du meurtre dont est accusé Luka Rocco Magnotta à tout le groupe, à l'issue d'un vote effectué dans la classe, une décision qui a provoqué une onde d'indignation dans le milieu scolaire.

L'enseignant de 29 ans a livré sa version des faits, dont on ignore les motifs «pédagogiques» pour l’instant, aux représentants du secteur des relations de travail de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys qui procéderont à des vérifications additionnelles avant de statuer.

Pour l’instant, la Commission scolaire et la direction de l'école secondaire ont condamné «d'une seule voix le geste d'un enseignant qui a fait visionner à ses élèves une vidéo au contenu aussi inapproprié qu'offensant.» La CSMB parle d'un «geste inadmissible» et dit que toutes les options sont envisagées, allant jusqu'au congédiement de l'enseignant.

Pour ma part, la décision de cet enseignant révèle un manque de jugement flagrant et une méconnaissance inadmissible de son rôle de pédagogue qui aurait pu, si les élèves manifestaient le désir de visionner cet horreur, leur proposer de discuter du geste insensé de Magnotta sans pousser l’absurdité jusqu’à étaler devant les yeux de ses élèves les détails morbides de ce geste barbare. En conséquence, cet enseignant doit être congédié sur-le-champ!

quebechebdo 14 juin 2012

Ériger le pont entre les aînés et la jeunesse

14 juin 2012

Réunis en congrès à Rivière-du-Loup, près de 400 délégués de la Fédération des aînés du Québec (FADOQ), regroupant 265 000 membres répartis dans 840 clubs, se sont préoccupés du sort des personnes âgées au Québec, en particulier sur les préjugés qui demeurent encore tenaces envers les aînés, les fraudes et les abus dont ils sont souvent les victimes et les problèmes financiers auxquels ils sont régulièrement confrontés.

« Les mentalités sont difficiles à changer. Nous vivons dans une société qui a malheureusement tendance à considérer l’humain comme un bien jetable, alors que dans d’autres sociétés, comme en Orient, les gens qui vieillissent sont vus comme des sages. Un lien entre la jeunesse et la sagesse permet de créer une synergie vraiment positive, mais on oublie souvent de faire ce lien », a déclaré Denis Prud’homme, le directeur de la FADOQ.

Dans le contexte de la crise sociale suscitée par le mouvement étudiant au Québec, ce « lien » pourrait pourtant se créer tout naturellement si nous associions les personnes âgées considérées comme un « bien jetable » aux étudiants perçus par le gouvernement néolibéral de Charest comme un « bien de consommation ».

N’y-a-t-il pas dans cette analogie les ingrédients nécessaires à l’utilité de l’érection d’un pont intergénérationnel qui ne pourrait que contribuer à créer un lien solide entre l’expertise du passé et la flamme de l’avenir incarnée par une jeunesse qui ose affronter les règles établies au profit d’une société plus juste.

D’ailleurs, si nous nous arrêtons un peu sur les images que nous percevons sur les différents médias lors des manifestations des derniers mois, particulièrement depuis le tintamarre des casseroles résonnant contre la loi 78, nous verrons à quel point les chevelures grisonnantes prennent de plus en plus de place dans le paysage des manifestants.

En réalité, les deux rives qui séparent les aînés des jeunes d’aujourd’hui ne sont peut-être pas très éloignées…le pont qui les relie est probablement en construction, voire même en voie d’achèvement.

Si tel est le cas, le Québec, sur la trace des orientaux, deviendra un pionnier en Amérique du Nord en plus de contribuer à son essor en tant que « société distincte » en favorisant les richesses du passé incarnées par les personnes âgées comme garant d’un avenir que lui ouvre une jeunesse déterminée à placer ses convictions au-delà de toute forme de partisanerie à courte vue, allant à l’encontre des intérêts généraux de la société québécoise.

vigile.net tribune libre 14 juin 2012
quebechebdo 16 juin 2012

Commentaire:

"Il y a un philosophe qui a dit : "Les jeunes savent tout, les gens d'âge moyen doutent de tout et les vieux sont prêts à tout".

Pierre Cloutier
vigile.net tribune libre 14 juin 2012



Où est passé le « gros bon sens »?

13 juin 2012

À la demande du Service de police de la ville de Montréal, la Sûreté du Québec a arrêté, Mathieu Girard, un étudiant qui se rendait aux funérailles de sa soeur à Saguenay en compagnie de sa mère et de son frère le 11 juin sur l’autoroute 20 à la hauteur de Saint-Hyacinthe.

Selon les informations recueillies, Mathieu Girard serait impliqué dans des méfaits perpétrés dans le réseau de transport en commun de Montréal. En entrevue à La Presse canadienne, son avocate, Me Véronique Robert, a dénoncé un geste « complètement inhumain ».

Visiblement indignée par cette arrestation, Me Robert a indiqué que généralement pour ce type d'accusation, les policiers font signer au suspect une assignation à comparaître ou encore envoient une sommation par la poste. Elle soutient qu'il était facile de trouver son client et qu'il aurait pu être arrêté autrement.

Interrogé sur le fait qu'il se rendait aux funérailles de sa soeur, le porte-parole du SPVM, Yannick Ouimet, a indiqué qu'il pouvait tout aussi bien être en train de fuir la justice et ce, même si selon La Presse, le jeune homme aurait supplié les policiers de le libérer pour lui permettre d'assister aux obsèques de sa soeur.

Devant de telles aberrations concernant les attitudes incongrues des policiers liées au conflit étudiant, il ne faut pas s’étonner que la hargne continue de s’imprégner dans le cœur des Québécois vis-à-vis le gouvernement Charest. 

quebechebdo 13 juin 2012
vigile.net tribune libre 13 juin 2012
cyberpresse.ca 15 juin 2012 (Le conflit étudiant: pourra-t-on sortir de l'impasse? (2))

Aux urnes, étudiants mais…

11 juin 2012

Depuis des semaines, et Jean Charest et Raymond Bachand clament sur tous les toits que les étudiants pourront revendiquer leurs droits lors du prochain scrutin provincial. Or, le PLQ refuse une demande d’implantation de bureaux de scrutin dans les cégeps et les universités, alléguant qu’il ne veut pas créer deux types d’électeurs chez les jeunes : les étudiants et les autres.

Pourtant, ces mêmes libéraux acceptent volontiers la votation des personnes âgées dans les CHSLD, celle des prisonniers dans leur lieu de détention et celle des Québécois installés en Floride.

Mais, les étudiants dont le lieu de domicile est Rimouski, Saguenay, Saint-Georges de Beauce ou ailleurs au Québec devront se soumettre à la lourde procédure du vote par correspondance ou, pire encore, se déplacer dans leur circonscription.

En termes clairs, les appels à l’exercice de la démocratie adressés aux étudiants par les ténors libéraux se résument encore une fois en des énoncés de « beaux principes » derrière lesquels se cache une réalité électoraliste, à savoir la peur de perdre une partie importante des votes de mécontentement de la part des étudiants!

quebechebdo 11 juin 2012
vigile.net tribune libre 27 juin 2012 "Les flagorneurs"

 

 

Des appels à la clairvoyance

11 juin 2012

J’aimerais revenir sur deux articles qui ont paru sur la tribune libre de Vigile ces derniers jours, à savoir la chronique de Nick Payne intitulée « Le fantasme du front commun » le 7 juin, et le billet de Louis Lapointe sous le titre « Amir, Amir, ne vois-tu rien venir ? » le 8 juin, deux argumentaires qui, à mon sens, nous lancent un appel à la clairvoyance.

Ces derniers mois, plusieurs articles et commentaires ont exprimé leur désir de voir les forces souverainistes former une sorte de coalition dans le but de mettre un point final au gouvernement Charest lors du prochain scrutin. À cet effet, Nick Payne, dans sa chronique, met le doigt en plein sur le bobo, à savoir la quasi impossibilité de rallier le PQ actuel autour de ce front commun tant souhaité :

« Évidemment, ce qui pourrait légitimer un front commun, ce qui serait en fait un vrai front commun, c’est un… programme commun. Et j’ai une bonne idée d’un programme commun qui m’intéresserait : Un programme indépendantiste, c’est-à-dire un engagement clair et immédiat de réalisation de l’indépendance. Bingo ! Mais, j’y pense… un front commun avec un tel programme a déjà existé ! Il s’appelait Parti québécois… »

Une opinion que je partage entièrement compte tenu des valses hésitations du PQ des dernières décennies qui a relégué le concept de la souveraineté dans le placard au profit d’une souveraineté-association qui, dès le départ, annonçait le glas de l’indépendance du Québec.

Sur un autre plan, mais toujours en guise d’appel à la clairvoyance, je vous renvoie aux derniers épisodes d’Amir Khadir dans le conflit étudiant, lesquels, il faut bien l’admettre, ont suscité quelque sympathie auprès d’un bon nombre de souverainistes. Pourtant, comme le souligne Louis Lapointe dans son billet du 8 juin :

« Il y a un an à peine, Amir Khadir soutenait qu’un vote pour le NPD constituait un appui à l’indépendance du Québec. Amir Khadir encourageait les Québécois à voter pour un parti politique qui avait voté pour la loi sur la clarté. Un cadeau pour ceux qui rêvaient depuis des années de se débarrasser du Bloc Québécois à Ottawa. À cette occasion Amir Khadir s’est retrouvé dans le même camp que La Presse qui a tout fait pour que les troupes de ce bon vieux Jack délogent celles de Gilles Duceppe. »

Et, d’ajouter M. Lapointe :

"Ce n’est pas tant qu’il ait défié la loi 78 qui aurait soulevé l’ire des ses détracteurs, mais qu’il se soit comparé à Gandhi et Luther King. Foutaise ! C’est d’un bouc émissaire dont la presse avait besoin. Pendant 4 mois, elle a cassé du sucre sur le dos de Gabriel Nadeau- Dubois, aujourd’hui, elle se voit offrir la tête d’Amir Khadir sur un plateau d’argent".

En ce qui me concerne, j’en suis encore à me demander, comme beaucoup d’autres, si Khadir est une victime ou un martyre…Pour l’instant, je demeure très perplexe quant aux véritables intentions d’Amir Khadir…Toutefois, un fait m’apparaît indéniable : il semble éprouver un "malin plaisir" à attirer l’attention sur sa personne et, à lire les commentaires sur les différentes tribunes, il passe soit pour un illuminé lorsqu’il se compare à Gandhi ou pour un héros lorsqu’il brave la loi 78 ! En bout de ligne, Khadir m’apparaît comme un être de paradoxe mais, que veut-il au juste ?

En conclusion, les messages de Mm Payne et Lapointe convergent tous les deux vers la voie de la raison au profit des fantasmes d’un front commun utopique d’une part et des paradoxes d’un Khadir nébuleux d’autre part…et, pour pallier ces embûches, une seule option s’offre à nous, c’est celle de la lucidité, de l’intégrité et de la transparence (LIT) de Jean-Martin Aussant qui présente aux Québécois une plate-forme claire et sans équivoque qui nous permettra d’accéder à notre indépendance !

vigile.net tribune libre 11 juin 2012



Fred Pellerin…l’authentique

8 juin 2012

Quoique flatté par sa nomination à titre de chevalier de l’Ordre national du Québec, le conteur et ambassadeur de Saint-Élie-de-Caxton, Fred Pellerin, à décliné l’invitation, alléguant le «profond malaise» qu’il éprouve à se voir «piquer à la veste un bout de brillance au nom du peuple québécois» à une période de son histoire où «ce peuple se trouve plongé dans une crise sociale d’ampleur».

Si l’on considère que les critères retenus pour la nomination de Fred Pellerin à titre de chevalier sont son humanisme et son authenticité, on se doit d’admettre que le conteur a fait preuve de congruence dans sa décision et, qu’en ce sens, il mérite toute mon admiration!

quebechebdo 8 juin 2012

Vous n’êtes plus crédibles…démissionnez!

7 juin 2012

Dans deux rapports accablants rendus publics à six mois d’intervalle, le vérificateur a jugé que Michelle Courchesne, la vice-première ministre, ministre de l’Éducation et présidente du Conseil du trésor, avait abusé de son pouvoir discrétionnaire et avait fait preuve d’arbitraire dans la gestion des fonds publics. En 2008, c’était dans l’attribution de 18 000 places en garderie dans des circonscriptions où il y avait pourtant un surplus de places en garderie et ce, contre l’avis des fonctionnaires du ministère de la famille dont Michelle Courchesne était responsable à l’époque , puis, entre 2007 et 2010, c’était relativement à la distribution de 363 millions $ de subventions pour des équipements sportifs, tels arénas, terrains de soccer et piscines.

Il n’en fallait pas plus pour susciter les ébats parlementaires des amis d’en face qui réclament la démission de la ministre, alléguant qu’elle n’est plus « apte à exercer ses fonctions », suivie de la défense dithyrambique de l’accusée qui s’est levée en chambre pour défendre « dignement » son intégrité et clamer, à en faire trembler les murs de notre auguste assemblée, « qu’il n’était pas question qu’elle démissionne ».

Si vous ajoutez à ce cocktail explosif les répliques « brillantes » de Jean Charest qui, d’une part, fait valoir l’argument « massue » que « certaines subventions étaient allées à des circonscriptions péquistes » alors que les promoteurs de ces projets étaient des organisateurs et des donateurs du Parti libéral qui ont contribué pour 219 000 $ à la caisse du parti, et celle de la ministre de la famille, Yolande James, qui, pour sa part, invoque pour seul argument le « salissage » de la part de l’opposition, vous avez là le portrait typique d’un gouvernement enlisé dans la collusion et la corruption.

Ce même gouvernement qui, depuis des mois, maintient la ligne dure auprès des étudiants dans le fait qu’ils doivent faire leur « juste part » dans le sous-financement des universités, ce même gouvernement qui décrète une loi matraque violant le droit fondamental de manifester pacifiquement, ce même gouvernement qui a attendu des mois avant de créer une commission d’enquête sur la collusion et la corruption dans l’octroi de contrats dans l’industrie de la construction, ce même gouvernement qui s’apprête à brader de façon scandaleuse nos ressources naturelles au profit de ses amis bâilleurs de fonds.

Face à un tel marasme imprégné d’odeurs fétides de débris de partisanerie outrancière, il n’est pas étonnant que le citoyen moyen qui assiste à ce cirque loufoque soit désabusé du monde de la politique et, par ricochet, de ceux et celles qui sont censés représenter et protéger les intérêts supérieurs des Québécois .

Pour toutes ces raisons, le mouvement de la rue et le bruit des casseroles initiés par notre jeunesse devient un atout prioritaire et, en ce sens, il doit continuer de se faire entendre haut et fort en espérant qu’un jour pas trop lointain, quelqu’un, quelque part, se lèvera un bon matin avec la ferme conviction de redonner au peuple son droit à une saine gestion des affaires de l’État québécois. En attendant, Jean Charest et Michelle Courchesne ne sont plus crédibles…en conséquence, ils doivent démissionner !

vigile.net tribune libre 7 juin 2012
quebechebdo 10 juin 2012 "Lettre ouverte à Jean Charest et Michelle Courchesne"



Une arme à deux tranchants

7 juin 2012

Le 24 octobre 1993, alors que la mère et les autres enfants se sont rendus à l’église, Robert William Latimer, le père Tracy, une fillette de douze ans souffrant de paralysie cérébrale grave, la conduit à bord de sa camionnette et, avec un boyau reliant le tuyau d’échappement à l’habitacle, il la tue par intoxication au monoxyde de carbone.

À la suite d’un premier procès au cours duquel la défense allègue le meurtre par compassion, M. Latimer est reconnu coupable de meurtre au deuxième degré…un deuxième procès maintient le verdict.

Finalement, à la suite d’une séquence interminable de procédures judiciaires, le 18 janvier 2001, la Cour suprême du Canada confirme la peine de prison à perpétuité de Robert Latimer, sans possibilité de libération conditionnelle avant dix ans, alléguant qu’une telle libération ouvrait la porte à la notion controversée du meurtre par compassion.

Le 5 juillet 2011, un jury en arrive à la conclusion que Guy Turcotte, ayant reconnu avoir assassiné ses deux enfants le 21 février 2009, est reconnu non criminellement responsable de leur meurtre pour cause de troubles mentaux.

Le 5 juin 2012, après un séjour de onze mois à l’Institut Pinel, la Commission d’examens des troubles mentaux déclare l’ex-cardiologue trop fragile pour retrouver immédiatement sa liberté mais lui octroie la possibilité de sortir de plus en plus souvent au cours des prochains mois.

D’un côté, Latimer, devant le refus catégorique de toute possibilité de libération conditionnelle avant dix ans d’incarcération pour meurtre par compassion, de l’autre, Turcotte, déclaré non criminellement responsable du meurtre de ses deux enfants à qui on accorde un droit de sortie après moins d’un an de détention.

À mon sens, ces deux affaires font ressortir les paradoxes d’un appareil judiciaire qui semble présenter des failles importantes au sein des règles fondamentales de l’application d’une saine justice équitable! À vous de porter votre propre jugement…

quebechebdo 7 juin 2012