L’effet boomerang du déficit zéro

7 août 2013

Sans grande surprise, les commissions scolaires, devant les coupures de 215 millions $ imposées par le gouvernement Marois dans sa quête à l’équilibre budgétaire, se voient placées devant la décision d’augmenter les taxes scolaires, des hausses qui atteignent jusqu’à 40 % dans certaines régions.

De son côté, la ministre de l'Éducation, Marie Malavoy, se contentent de répliquer que ces augmentations sont « raisonnables et conformes à ce que prescrit la loi ». On se rappellera que Mme Malavoy avait invité plus tôt cette année les commissions scolaires à utiliser « la marge de manoeuvre » que leur confère leur pouvoir de taxation pour atténuer l’effet des coupes.

Encore une fois, les contribuables québécois sont victimes de l’effet boomerang de l’obsession du déficit zéro du gouvernement du Parti québécois et tout ça, dans le cas présent, au détriment des services aux élèves québécois.

quebechebdo 7 août 2013
vigile.net tribune libre 8 août 2013

La lobbyiste conseillère de Harper pour le Québec

7 août 2013

Nommée conseillère de Stephen Harper le 1er août, Catherine Loubier avait, la veille encore, un mandat consigné au registre des lobbyistes du Québec. Jusqu’alors vice-présidente de la firme de communications et d’affaires publiques Hill Knowlton, Mme Loubier représentait la compagnie K2 Geospatial, qui développe des logiciels, notamment pour les municipalités, auprès de la Ville de Gatineau.

L’inscription au registre a été modifiée le 31 juillet pour indiquer que le mandat de représentation s’était terminé le 28 juillet. Entre février 2012 et juillet 2013, Mme Loubier a aussi eu des mandats pour Management Octane auprès du ministère du Tourisme du Québec, Hôtel Brossard auprès de l’agglomération de Longueuil et Pascan Aviation auprès de la Ville de Montréal.

De plus, en tant qu’ancienne employée des ministres Denis Lebel dont elle a été la chef de cabinet adjointe et de Lawrence Cannon comme attachée de presse, Catherine Loubier ne pouvait pas faire du lobbyisme sur la scène fédérale, selon les dispositions de la Loi sur la responsabilité, qui impose un délai de cinq ans.

Par ailleurs, en 2010, on se souvient que la nomination de Nigel Wright [un nom qui a fait la manchette récemment dans le tristement célèbre dossier du sénateur Duffy !…] comme chef de cabinet du premier ministre avait soulevé des questions semblables. M. Wright était jusqu’alors directeur général d’Onex Corporation, une entreprise présente dans de nombreux domaines d’activité où le fédéral joue un rôle important. À son arrivée en poste, il s’était engagé à mettre en place un « mur de l’éthique » pour éviter tout conflit d’intérêts… « mur » qu’il a franchi avec une désinvolture outrancière !

Quant à Catherine Loubier, sa feuille de route « impressionnante », tant dans les coulisses des affaires en tant que lobbyiste que dans celles du pouvoir auprès de deux ministres conservateurs au Québec il y a quelques années, la place, à mon sens, vis-à-vis un « devoir de mémoire » qui lui sera difficile de contourner.

En effet, même si l’ex-lobbyiste a respecté la prescription de la Loi sur la responsabilité à compter du 31 juillet et qu’elle doit maintenant transférer ses anciens dossiers, Stephen Harper devra s’assurer que Mme Loubier ne se place pas en conflit d’intérêts et qu’elle ne traitera pas de dossiers qui touchent ses anciennes activités…une « surveillance » plus que douteuse si on se fie au scandale soulevé par son ancien bras droit Nigel Wright.

Enfin, compte tenu que Catherine Loubier a rôdé dans les corridors des affaires au Québec, le gouvernement en place se devra de garder un œil vigilant sur les futurs bénéficiaires de contrats publics au cas où la nouvelle conseillère du PM fédéral ne soit tenté de privilégier ses anciens clients !

vigile.net tribune libre 6 août 2013



Matière à de bonnes réflexions

6 août 2013

Chaque pensée exprime, à sa façon, une tranche de vie exprimée par son auteur…un peu comme une confidence à un ami. C’est dans cette optique que nous devons les aborder, les recevant telle une matière à réflexion à laquelle je vous invite à vous abreuver. Bonnes réflexions!

« Mieux vaut prendre le changement par la main avant qu’il ne vous prenne à la gorge. » Winston Churchill

« Nous indépendantistes, nous aspirons à l’internationalisme mais nos adversaires annoncent qu’ils veulent nous provincialiser de plus en plus. » Pierre Bourgault

« De tous les peuples colonisés, le pire est celui qui achète volontairement les chaînes de sa propre servitude. » Jean-Louis Pérez-Martel

« La plus grande difficulté n’est pas de persuader les gens d’accepter de nouvelles idées, mais de les persuader d’abandonner les anciennes. » John Maynard Keynes

« Il est dans la nature de l’homme d’opprimer ceux qui cèdent et de respecter ceux qui résistent. » Thucydide

« Le langage, c’est réellement les fondations mêmes de la culture. Par rapport au langage, tous les autres systèmes sont accessoires dérivés. » R. Jacobson

« Si les Québécois connaissaient leur histoire, ils seraient souverains depuis longtemps ! » Marcel Tessier

« On ne va pas mendier sa liberté. La liberté, il faut la prendre. » Ignazio Silone

« Pour les lâches, la liberté est toujours extrémiste. » Pierre Falardeau

« Liberté implique responsabilité. C’est là pourquoi la plupart des hommes la redoutent. » George Bernard Shaw

quebechebdo 6 août 2013

Les tablettistes…futurs décrocheurs?

5 août 2013

Selon les estimations, les utilisateurs d’appareils mobiles téléchargeront 70 millions d’applications numériques en 2013. De celles-ci, plusieurs sont consacrées à l’éducation et à l’apprentissage, dont un grand nombre est destiné aux enfants d’âge préscolaire.

Si nous réfléchissons un moment à ce qui pourrait se produire quand ces enfants vont subitement rencontrer une structure et un environnement d’apprentissage comme une salle de classe, la transition pourrait être bouleversante. Nous courons le risque de transformer les tablettistes en une jeune génération de décrocheurs, physiquement présents mais intellectuellement et émotionnellement déconnectés d’une expérience d’apprentissage qui leur apparaît étrangère et étouffante.

Certains parents s’inquiètent de l’intensité du rapport à cette nouvelle technologie et de la façon dont leurs enfants sont pris par les tablettes en s’isolant du reste du monde. Les tablettes sont devenues le jouet, l’enseignant, l’ami et la nourrice de nombreux enfants d’âge préscolaire…dans les faits, sommes-nous en train d’opérer une scission qui pourrait être fatale pour le sain développement intellectuel de notre jeunesse?

quebechebdo 5 août 2013

La côte de 8 millions de dollars

4 août 2013

En octobre 2011, un rapport d’étape de la Commission des champs de bataille nationaux fermait la porte à l’ouverture hivernale de la côte Gilmour, d'une longueur de 1,1 kilomètre et aménagée dans les années 1910, alléguant principalement des motifs environnementaux, de coûts des travaux et de qualité de la chaussée.

Le rapport des Travaux publics faisait aussi mention d'une étude menée par la firme Génivar en juillet concernant la circulation qui mentionnait un achalandage moyen de 4300 véhicules pour une journée de fin de semaine et de 9000 les jours de semaine, tout en soulignant une baisse de fréquentation depuis 2004, soit une chute de 17 % le matin et de 30 % en après-midi.

Or, près de deux ans plus tard, c’est avec grandes pompes que le premier ministre canadien, accompagné de sa nouvelle ministre du patrimoine et de son lieutenant québécois, a confirmé le 1er août 2013 l'ouverture de la côte Gilmour 12 mois par année, à compter de 2014, grâce à un investissement de 8,2 millions de dollars.

Curieusement, au même moment où les derniers sondages donnent un maigre 8% des intentions de vote aux conservateurs dans la région de Québec, Stephen Harper en était à sa quatrième visite en moins d'un an dans la capitale nationale…et vogue la galère électoraliste des bleus d’Ottawa !

quebechebdo 4 août 2013
vigile.net tribune libre 4 août 2013
cyberpresse.ca 6 août 2013

Félix Leclerc…une histoire d’amour avec le Québec

4 août 2013

Il y a des ces personnages plus grands que nature qui survivent au passage du temps…Félix Leclerc incarne un de ceux-là. De sa naissance à La Tuque le 2 août 1914 jusqu’à sa mort le 8 août 1988, le géant de l’île d’Orléans aura écrit une touchante histoire d’amour avec le Québec.

En plus d’avoir incarné l’instigateur de la tradition des chansonniers québécois, Félix Leclerc fut aussi une voix puissante du nationalisme québécois. Ainsi, au moment où Félix s’installe sur l’Île en 1970 sévit la crise d’octobre au Québec. Durement ébranlé par la loi de Trudeau sur les mesures de guerre, il écrit « L’alouette en colère » dont voici les derniers mots :

« Mon fils est en prison
Et moi je sens en moi
Dans le tréfonds de moi
Malgré moi, malgré moi
Pour la première fois
Malgré moi, malgré moi
Entre la chair et l'os
S'installer la colère »

Le 8 août 2013 marquera le 25ième anniversaire du décès de Félix Leclerc et son œuvre continue de vivre avec vigueur, force et courage. Nombre de jeunes artistes se réclament aujourd’hui de la poésie de Félix et le public plus jeune redécouvre « Le tour de l’île » grâce à Karkwa, « Le p’tit bonheur » avec Mara Tremblay ou « Chant d’un patriote » par Daniel Boucher.

Pour l’occasion, jusqu’au 8 août, on pourra entendre sur Espace.mu, le web musical de Radio-Canada, une relecture du classique « Attends-moi ti-gars » par Bernard Adamus ainsi que des témoignages touchants d’artistes qui ont connu Félix Leclerc ou encore pour lesquels il a été une source d’inspiration. C’est le cas de Fred Pellerin, Robert Charlebois, Monique Leyrac, Alain Souchon, Michel Rivard, Vincent Vallières, François Dompierre, Stéphane Archambault et Martha Wainwright. Toutes ces capsules seront également diffusées le 8 août sur Espace musique.

Monique Giroux a préparé pour sa part un document de 30 minutes intitulé « Les sentiers de Félix », qui sera diffusé le 8 août, d’abord à 14h dans le cadre de l’émission PM sur la Première chaîne (95,1 FM), puis à 15h à « Plaisirs Therrien » sur Espace musique.

Tour à tour auteur-compositeur-interprète, chansonnier, poète, écrivain, acteur et engagé pour la souveraineté du Québec et pour la défense et la survie de la langue française en sol québécois, l’œuvre et la vie de Félix Leclerc sont étroitement liés à l’histoire de notre pays et font partie de notre mémoire collective à tous.

quebechebdo 4 août 2013
vigile.net tribune libre 7 août 2013 (version abrégée)

Affaire Snowden: le soft-power d’Obama compromis

3 août 2013

Dans une vidéo de 9 minutes ayant conduit à la saga entreprise par le gouvernement américain contre Edward Snowden, ce dernier affirme qu’il est « just another guy », un type normal qui veut que « le public décide » dans quelle société il veut vivre. Et non le gouvernement. Sa grande peur, dit-il : que « rien ne change ».

En mai 2013, dans les révélations de l’ex-employé de l’Agence de sécurité nationale publiées dans le Washington Post et The Guardian, deux programmes de la sécurité américaine sont dévoilés : le premier basé sur l’article 215 du Patriot Act qui autorise la surveillance massive des numéros de téléphone des Américains, l’autre référant à l’article 720 qui permet les écoutes électroniques, l’espionnage des messages Facebook et d’autres médias électroniques, exception faite des Américains.

Suite aux divulgations de Snowden, le reste du monde assiste à la démonstration des doubles-standards de l’administration Obama, à savoir que la sécurité américaine peut espionner des milliards de personnes sans mandat judiciaire, mais pas les Américains.

Après l’invasion de l’Irak, il avait fallu l’élection de Barack Obama pour que les États-Unis retrouvent une certaine aura dans le monde. Les révélations d’Edward Snowden risquent de compromettre le soft-power que le président américain avait entrepris de restaurer.

quebechebdo 2 août 2013
vigile.net tribune libre 3 août 2013 "Le soft-power d'Obama compromis"  

Quand les principes l’emportent sur la raison

1 août 2013

Sans être un expert en droit constitutionnel, j’aimerais vous faire part de mes réflexions dans le débat qui oppose actuellement le gouvernement fédéral aux provinces sur les changements prévus au projet de réforme du Sénat des conservateurs. Regardons d’abord les modifications proposées :

- Limiter le mandat des sénateurs à neuf ans, alors qu’ils prennent leur retraite à 75 ans présentement;

- Tenir des consultations publiques menées par les provinces, si elles le souhaitent, pour ensuite soumettre leur liste de candidats à la recommandation du premier ministre;

- Revoir les conditions de propriétés actuellement fixées à 4 000$ de biens.

Enfin, Ottawa demande à la Cour suprême s’il peut abolir le Sénat en se contentant de l’accord de sept des provinces représentant 50 % de la population nationale, à savoir la formule d’amendement constitutionnel du 7/50, tout en spécifiant que le gouvernement privilégie d’abord une réforme.

De son côté, le gouvernement du Québec, dans son propre renvoi en Cour d’appel du Québec, allègue qu’il faut un amendement constitutionnel pour réformer le Sénat comme le veut le gouvernement conservateur, s’appuyant sur l’article 42 de la Constitution, sur lequel se base Ottawa pour plaider l’inverse devant la Cour suprême et la Cour d’appel du Québec, alléguant que les changements proposés requerraient un amendement avec la formule du 7/50.

Il est important de rappeler qu’en novembre 2007, Jack Layton, le chef du NPD, avait proposé de tenir un référendum sur l'abolition du Sénat et qu’il avait obtenu l'appui de Stephen Harper et de Gilles Duceppe du Bloc québécois. Seul Stéphane Dion du PLC s’était opposé à l'idée de tenir un référendum. Cette proposition ne s'est jamais concrétisée et a été relayée aux oubliettes.

Partant du fait que, d’une part, le Québec s’est déclaré en faveur de l’abolition du Sénat et, d’autre part, que les changements proposés par le projet de réforme du Sénat « améliorent » un tant soit peu ses règles de fonctionnement, est-il pertinent d’engager des procédures juridiques qui aboutiront à des coûts astronomiques assumés par les contribuables pour se battre sur des principes au détriment de la raison ?

quebechebdo 1er août 2013
vigile.net tribune libre 2 août 2013

Conditions sine qua non pour l’accession du Québec à son indépendance

31 juillet 2013

Après la défaite amère du référendum de 1980, René Lévesque, le visage déconfit, nous lançait « À la prochaine fois! » Quinze ans plus tard, sous la gouverne de Jacques Parizeau, la « prochaine fois » est venue à un cheveu de devenir réalité…Depuis lors, plus rien! « La prochaine fois » a été reléguée dans le placard aux oubliettes.

Le Parti québécois, porteur du rêve initial, est devenu un parti provincial noyé dans les conditions gagnantes de Lucien Bouchard, continuellement reportées aux calendes grecques, et, plus récemment, dans la gouvernance dite souverainiste de Pauline Marois, version moderne du report à la manière Bouchard.

Il n’en fallait pas plus pour que la base militante du PQ ne s’effrite progressivement et, qui plus est, que les Québécois ne se dépolitisent peu à peu, désillusionnés par un navire-amiral qui demeurait implacablement accosté au quai du pouvoir provincial.

On aura beau invoquer tous les arguments prioritaires au déclic qui allumera la lumière de la mobilisation au processus d’accession du Québec à son indépendance, la flèche ratera inévitablement la cible si elle n’est pas bien équilibrée et si elle n’est pas tirée par un tireur d’élite…Un leader charismatique porteur d’un projet clair et sans détour, en bref, les conditions sine qua non pour l’accession du Québec à son indépendance.

quebechebdo 31 juillet 2013

Bradley Manning, entre l’arbre et l’écorce

31 juillet 2013

Le verdict de violation de la loi sur l’espionnage de 1917 contre le soldat Bradley Manning fait ressortir la dichotomie entre la libre circulation de l’information d’intérêt public et les secrets d’État liés à la fonction de militaire.

Pour le Centre pour les droits constitutionnels, cette loi est une « relique discréditée de la Première Guerre mondiale, créée pour contrer l’opposition politique et le militantisme pacifiste ».

« Il s’agit d’un avertissement adressé aux « donneurs d’alerte » contre lesquels l’administration Obama mène une chasse d’ampleur inédite sans prendre en compte l’intérêt public de leurs révélations », a réagi Reporters sans frontières

Pour sa part, Julian Assange, le cyber-militant australien qui a cofondé Wikileaks, a qualifié Bradley Manning de « source journalistique la plus importante que le monde ait jamais eue » tout en saluant son « héroïsme incontestable » et en dénonçant du même souffle la « trahison » de Barack Obama qui avait, selon lui, soutenu les auteurs de telles révélations pendant sa campagne présidentielle.

À mon sens, le message qui ressort du verdict de culpabilité contre Bradley Manning démontre la suprématie des interventions militaires américaines, peu importe leur atrocité, sur la liberté d’information…en termes clairs, vaut mieux, dans ce haut lieu de la stratégie militaire américaine, ne pas mettre le doigt entre l’arbre et l’écorce!

quebechebdo 31 juillet 2013
vigile.net tribune libre  3 août 2013 "Le soft-power d'Obama compromis"