Le pape François ébranle les colonnes du temple

30 juillet 2013

«Si une personne est gaie et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger?» a déclaré le pape François à bord de son avion du retour des Journées mondiales de la jeunesse au Brésil.

Toutefois, tôt ou tard, l’approche pastorale de François devra être confrontée à la muraille doctrinaire du Vatican qui condamne l’homosexualité. Le pasteur arrivera-t-il à ébranler les colonnes du temple ou, mieux encore, à le détruire et le relever en trois jours comme l’écrit l’évangile de Jean 2.13?

« La Pâque des Juifs était proche, et Jésus monta à Jérusalem. Il trouva dans le temple les vendeurs de bœufs, de brebis et de pigeons, et les changeurs assis. Ayant fait un fouet avec des cordes, il les chassa tous du temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il dispersa la monnaie des changeurs, et renversa les tables ; et il dit aux vendeurs de pigeons : Ôtez cela d’ici, ne faites pas de la maison de mon Père une maison de trafic… Les Juifs, prenant la parole, lui dirent : Quel miracle nous montres–tu, pour agir de la sorte ? Jésus leur répondit: Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. Les Juifs dirent : Il a fallu quarante–six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras ! Mais il parlait du temple de son corps. »

François incarne sans contredit un vent de fraîcheur dans une Église empoussiérée dans une approche doctrinaire sclérosante…une approche pastorale qui réussira tout au moins à « ébranler les colonnes du temple »!

quebechebdo 30 juillet 2013

Retour aux sources évangéliques

30 juillet 2013

Plus de trois millions de fidèles, en grande majorité des jeunes brésiliens et latino-américains, ont participé le dimanche 28 juillet à la messe finale des Journées mondiales de la jeunesse à Rio de Janeiro célébrée par le pape François, sur la plage de Copacabana, transformée pour l’occasion en une immense nef bondée à pleine capacité.

Pour l’occasion, le souverain pontife a exhorté les fidèles à annoncer « sans peur » leur foi aux « frontières » du monde sans faire de différences, en leur assurant que « l'Évangile est pour tous » et pas seulement pour « les plus accueillants ». « Il n'y a pas de frontières, pas de limites : Jésus nous envoie à tous. Il n'est pas seulement pour ceux qui semblent plus proches, plus réceptifs, plus accueillants ».

À mon sens, le pape François, en revenant aux sources évangéliques du message central du Christ centré sur l’amour de son prochain, et en reprenant la bâton du pèlerin au milieu de ses ouailles, est en train de redonner vie à une Église qui s’était détachée de ses fidèles en se renfermant dans ses églises, prônant un discours intellectuel sans point de repère.

quebechebdo 30 juillet 2013

La libéralisation des femmes depuis la révolution tranquille

29 juillet 2013

« Je me souviens de mon enfance juste avant de commencer l’école en première année. J’étais à la maison et ma mère prenait soin de moi. Je dis que j’ai été chanceux comme enfant, surtout que déjà, ça a été difficile de quitter la maison pour l’école en première année… Un monsieur m’avait dit il y a une quinzaine d’années que le fait qu’il y ait eu à partir des années 1970 une entrée massive des femmes sur le marché du travail avait ôté de l’ouvrage à certains pères de famille. »

Michel Bélisle, L’embrigadement des femmes dans le système, Tribune libre de Vigile, 26 juillet 2013

Je ne sais pas si vous ressentez la même chose que moi en lisant ce passage du billet de Michel Bélisle mais, en ce qui me concerne, j’ai l’impression de retourner au temps de la grande noirceur des années de Duplessis et de l’omniprésence de la religion alors que la place de la femme devait se cantonner entre les quatre murs du foyer familial et que l’homme incarnait le bon pourvoyeur.

Et M. Bélisle de poursuivre : « Si les femmes ont été embrigadées dans le Système pour pouvoir faire ce que le Système demande, c’est à dire "répondre aux besoins du marché" c’est que pour l’élite Système dirigeante, il y avait des avantages à cette situation…À partir de là, se peut-il que le Système cherche aussi à effacer la différence entre homme et femme en niant la dimension féminine qui fait la richesse de l’identité de la femme ? »

Sans vouloir montrer le « Système » actuel comme la panacée à tous les problèmes engendrés par une démocratie où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus en plus pauvres, il ne faudrait pas non plus demeurer aveugle sur ses avantages, entre autres, dans le cas présent, la « libéralisation » des femmes en leur permettant de s’épanouir sur le marché du travail au même titre que les hommes.

Enfin, en ce qui a trait au fait que le « Système » chercherait « aussi à effacer la différence entre homme et femme en niant la dimension féminine qui fait la richesse de l’identité de la femme », nous nageons en plein drame des années ’40 au moment où la « richesse de l’identité féminine » se réduisait à son rôle de bonne épouse et de bonne mère de famille.

Si M. Bélisle désire à tout prix s’attaquer aux méfaits du « Système » actuel, il devrait plutôt se tourner vers les scandales ignobles dans lesquels ont baigné et baignent sûrement encore les politiciens et hommes d’affaires [pour la plupart des hommes] dans le dossier de corruption et de collusion révélé par la Commission Charbonneau plutôt que de tenter de faire rejaillir des vestiges du passé !

En conclusion, je soulève ces deux questions à Michel Bélisle : se pourrait-il que la femme d’aujourd’hui puisse conserver son identité tout en occupant un poste sur le marché du travail au même titre que les hommes ? Et croyez-vous sincèrement que le « Système » parviendra à « effacer la différence entre homme et femme » ?

vigile.net tribune libre 29 juillet 2013



L’Église de la rue…messagère d’un monde meilleur

29 juillet 2013

« Nous perdons des gens parce qu'ils ne comprennent pas ce que nous disons, parce que nous avons oublié le langage de la simplicité et faisons appel à un intellectualisme qui nous est étranger », d’où la nécessité, pour les prêtres et les jeunes catholiques, de changer le statu quo, de sortir des églises et de tenter de rejoindre les membres les plus marginalisés de la société, ou risquer de les perdre au profit d'Églises rivales.

Tel est, à mon sens, le message central que le pape François souhaite livrer à ses fidèles au cours de son pontificat. Dans son discours, présenté devant près de 300 évêques lors d'un dîner à la résidence de l'archevêque de Rio, le pape a sonné l’alarme en demandant si l'Église catholique moderne était toujours capable de «réchauffer les « coeurs» de ses fidèles, si les prêtres prenaient le temps d'écouter leurs problèmes et de demeurer proches d'eux, et d'agir comme une «mère» qui leur donne non seulement la vie, mais qui prend soin d'eux.

Tout comme ailleurs, à travers le monde occidental, l’Église catholique du Québec est remise en question depuis longtemps pour s’être renfermée dans ses églises tout en prônant un discours « intellectuel » qui a eu pour effet de la déconnecter de ses fidèles. À Rio de Janeiro, le pape est allé jusqu’à inviter des centaines de milliers de jeunes pèlerins qui s’étaient massés pour l’entendre dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse à «brasser la cage» dans leurs diocèses, quitte à provoquer des confrontations avec les prêtres et les évêques.

François a aussi transmis son message d’ouverture aux plus démunis lors d'une rencontre avec l'élite politique, économique et intellectuelle du Brésil, pressant les dignitaires de protéger les plus pauvres et d'utiliser leur pouvoir pour travailler au bien commun tout en les invitant à un meilleur dialogue entre les générations, les religions et les peuples.

Indépendamment de nos croyances religieuses, on ne peut rester insensible au message universel de François qui exhorte autant l’ensemble du clergé que les dirigeants politiques à se sensibiliser aux besoins de leurs commettants et à humaniser leur rapport avec eux…une « Église de la rue », messagère d’un monde meilleur!

quebechebdo 29 juillet 2013

Laissons-les vivre leur deuil!

28 juillet 2013

En scrutant attentivement les visages de quelques Méganticois assistant à la cérémonie commémorative du 27 juillet, apparaissant sur une photo parue dans un quotidien de la presse écrite, je n’ai pu m’empêcher de percevoir dans le regard de ces gens ordinaires, sur qui les caméras du monde entier sont braqués depuis trois semaines, le désarroi et la tristesse. «La période de deuil privé s'amorce maintenant pour les familles des victimes de la tragédie de Lac-Mégantic», a souligné le curé de la paroisse Sainte-Agnès, Luc Lemay.

La nuit du 6 juillet 2013 restera marquée à jamais dans la mémoire et le cœur des 6000 personnes de la communauté de Lac-Mégantic. Les Méganticois ont maintenant besoin de faire la paix avec eux-mêmes et de se retirer dans leur foyer auprès des leurs…En leur nom, qu’on les laisse vivre leur deuil!

quebechebdo 28 juillet 2013

Catherine Dorion passe son tour

27 juillet 2013

Lorsque j’ai appris la décision de Jean-Martin Aussant d’abandonner la vie politique et, par conséquent, la direction d’Option nationale, mes pensées se sont tournées rapidement vers Catherine Dorion.

Le coup de cœur qu’elle avait obtenu lors de la dernière campagne électorale, particulièrement grâce à ces publicités pour ON, allié à sa jeunesse et à son dynamisme, répondaient admirablement aux qualités qu’un jeune parti pouvait espérer d’un nouveau chef.

Malheureusement, j’ai appris comme tout le monde par la voie des médias que Catherine Dorion, quoique tiraillée depuis le début de l’été entre son désir de reprendre le flambeau de son ex-chef et celui de poursuivre ses projets personnels et familiaux, "passera son tour" en ce qui a trait à la course à la chefferie d’Option nationale.

Quoique déçu de la décision de Catherine Dorion, je ne peux qu’accepter son choix tout en espérant que cet au revoir n’est que temporaire.

vigile.net tribune libre 27 juillet 2013



Douche froide sur la patate chaude

27 juillet 2013

"Si une réforme significative [du Sénat] n’est pas possible, alors il n’y a que deux solutions : le statu quo ou l’abolition, et je ne pense pas que 100 millions de dollars, soit le coût de fonctionnement annuel du Sénat, pour le statu quo est le meilleur investissement qui soit. Je préférerais utiliser 100 millions de dollars pour la réforme du système de la santé." Brad Wall, premier ministre de la Saskatchewan au Conseil de la fédération à Niagara-on-the-Lake le 26 juillet 2013

Et M. Wall de persister : "Je ne suis pas naïf. Je comprends qu’abolir le Sénat est très difficile, mais je prétends que c’est légèrement moins difficile que de le réformer…Nous avons cette institution anachronique, qui n’a aucun compte à rendre à personne et qui, nonobstant les scandales, n’a pas de sens dans une démocratie en 2013."

Des arguments pour le moins lapidaires qui sont demeurés pourtant lettres mortes auprès des douze autres premiers ministres assis autour de la table du Conseil de la fédération, ces derniers préférant, à tort ou à raison, mettre la priorité sur le dossier de la formation de la main d’œuvre…

Pour sa part, la première ministre de l’Ontario et présidente du Conseil de la fédération, Kathleen Wynne, a indiqué que cet enjeu n’était pas prioritaire pour sa province malgré les scandales qui s’accumulent : "Je vais attendre le fédéral dans ce dossier… Il y a peut-être de la consternation devant le comportement de certains individus, mais c’est très différent que de discuter d’une institution et d’un débat constitutionnel sur la forme de la confédération."

Quant à la réaction du Québec, il affirme qu’il n’a pas, lui non plus, "d’appétit" pour ce débat, alléguant que toutes les institutions fédérales devraient être abolies, affirmation plutôt vague et sans conséquence réelle.

Pourtant, le gouvernement Marois sait fort bien que, depuis le jugement de la Cour suprême sur la clarté référendaire et la loi fédérale qui s’est ensuivie, le gouvernement fédéral, tout comme les autres provinces, a une obligation de négocier lorsqu’un des partenaires exige une modification constitutionnelle. En conséquence, pourquoi le Québec ne demande-t-il pas une telle modification pour abolir le Sénat, forçant de la sorte les autres provinces et Ottawa à se prononcer sur la question ?

En attendant, pour l’instant, la proposition du premier ministre Wall a plutôt reçu une douche froide sur la patate chaude que représente l’abolition du Sénat !…À suivre…

vigile.net 27 juillet 2013

Vingt pensées…vingt réflexions

26 juillet 2013

J’ai toujours été fasciné par les pensées de gens qui se sont arrêtés un moment pour mettre sur papier le fruit de leurs réflexions. Au cours des dernières semaines, je me suis amusé à retranscrire certaines d’entre elles qui apparaissent quotidiennement sur la page d’accueil de la tribune libre de Vigile.

Aussi ai-cru intéressant de vous les présenter aujourd’hui dans l’espoir que vous vous arrêterez quelques instants sur chacune d’elles afin d’en tirer, comme dirait Rabelais, toute la « substantifique moelle ».

« Il ne peut y avoir ni vraie liberté ni justice dans une société si l’égalité n’est pas réelle. » Condorcet

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » Sénèque

« Il n’y a pas de position mitoyenne entre le statut de nation et l’état de minoritaire. Un peuple se gouverne ou il s’accommode de l’espace qu’une autre majorité lui laisse. » Robert Laplante

« Il faudrait que cesse ce dénigrement continuel des Québécois, cette propagande qui nous rentre dans la tête que nous sommes faibles, petits, et qu’il vaut mieux rester tranquilles. Il nous faut découvrir et entretenir notre dignité. Je ne parle pas de fierté, juste de la dignité, quelque chose comme le respect de soi-même, de son intégrité. » Pierre Bouchard

« Nous ne voulons pas être une province "pas comme les autres", nous voulons être un pays comme les autres. » Pierre Bourgault

« Il ne suffit pas toujours de faire de son mieux. Il faut parfois faire ce qu’il faut faire. » Winston Churchill

« Je sais aujourd’hui de façon définitive que dans la conjoncture actuelle de notre vie nationale, mon pays, ce n’est pas et ce ne sera jamais le Canada. » Solange Chaput-Rolland

« Il est préférable d’être des amis séparés que des conjoints ennemis. Car le fond du problème canado-québécois, c’est bien ça. Ça a toujours été ça. Et ce sera toujours ça. La cohabitation forcée, ce n’est pas la solution, c’est le problème. » Doris Lussier

« Il y a dans la vie d’un peuple des instants où son destin semble hésiter : rares moments de détresse et de grandeur où le fléau de la balance oscille. Qu’une volonté charge l’un des plateaux et le fléau s’incline, même imperceptiblement, vers la vie ou vers la mort… » Jacques Soustelle

« S’accrocher jour après jour, semaine après semaine, pour prolonger un présent qui n’avait pas de futur, était un instinct qu’on ne pouvait vaincre, comme on ne peut empêcher les poumons d’aspirer l’air tant qu’il y a de l’air à respirer. » George Orwell

« Au milieu d’un océan d’hommes et de femmes de langue anglaise, le français n’a de chance de survivre que s’il devient synonyme d’audace, de culture, de civilisation et de liberté. » Jean-Charles Harvey

« Il est de l’essence de la puissance souveraine de ne pouvoir être limitée : elle peut ou elle n’est rien. » Jean-Jacques Rousseau

« Tant que l’indépendance n’est pas faite, elle est à faire. Et je me suis laissé dire en haut lieu que nous n’étions pas prêts. […] j’ai des petites nouvelles : tant qu’un peuple n’est pas indépendant, il n’est pas prêt. » Gaston Miron

« Nous tous, souverainistes, pensons qu’il est temps que les Québécois soient responsables d’eux-mêmes. Le petit groupe de francophones d’Amérique que nous formons a une vitalité culturelle étonnante, veut vivre ensemble, en Amérique et dans le monde. » Jacques Parizeau

« Liberté implique responsabilité. C’est là pourquoi la plupart des hommes la redoutent. » George Bernard Shaw

« Que le Québec soit libre c’est, en effet, ce dont il s’agit. Cela aboutira forcément, à mon avis, à l’avènement du Québec au rang d’un État souverain, maître de son existence nationale, comme le sont par le monde tant et tant d’autres peuples, tant et tant d’autres États, qui ne sont pas pourtant si valables, ni même si peuplés, que ne le serait celui-là. » Charles de Gaulle

« Un peuple est libre quand il ne peut être opprimé ni conquis, égal quand il est souverain, juste quand il est réglé par des lois. » Antoine de Saint-Just

« L’indépendance constitue un geste de rupture. Par essence, il s’agit d’une position radicale. On ne peut pas constamment agir sur la pointe des pieds en ayant peur des sondages. Les plus grandes réalisations du Québec moderne ont constitué autant de gestes de rupture. » Louis Préfontaine

« Être Québécois, c’est assumer l’histoire du Québec depuis ses origines, quelles que soient la langue, la race et la religion du sujet. Et de rappeler, de 1534 à 1995, les grandes dates de cette « histoire douloureuse » qu’on a peut-être trop longtemps refoulée. » Dr Hubert Wallot

« J’ai voulu vous démontrer ce que pouvait être notre patrie. J’ai fait mon possible pour vous « ouvrir » de nouveaux horizons et, en vous les faisant entrevoir, pousser vos cœurs vers la réalisation de nos destinées nationales. » Honoré Mercier

vigile.net tribune libre 26 juillet 2013



Réflexion sur la démarche d’accession du Québec à son indépendance

26 juillet 2013

«S’engager dans une démarche constituante, laquelle amènera les Québécois à débattre de questions fondamentales comme celles touchant le type de régime politique, le principe de la laïcité de l’État ou la régionalisation des pouvoirs, aura pour résultat certain d’élever le jeu politique. Les Québécois, c’est ce que l’on a notamment pu voir lors du “printemps érable”, ont soif de “grande politique”.»

Danic Parenteau, Reconnecter le projet d’indépendance, Le Devoir, 22 juillet 2013

« On se bat pour son indépendance politique par nécessité, quand l’oppression que l’on subit est aussi flagrante qu’insupportable, comme l’était la situation québécoise dans les années 1960 et 1970, où notre infériorité économique et notre arriération culturelle étaient patentes et criantes de vérité. La lutte pour l’indépendance était alors intimement liée à un projet social, elle était par elle-même le projet social.

Un peuple opprimé n’attend pas après maints conciliabules et palabres d’érudits constitutionnalistes pour se mobiliser et revendiquer ses droits. Il laisse cette foire d’empoigne aux experts de ces questions. Si l’on veut vraiment reconnecter le projet d’indépendance avec quelque chose de tangible, que nos intellectuels commencent enfin par faire ressortir quels sont les véritables rapports de force qui s’activent dans notre société et à quels intérêts ils correspondent. »

Denis Christian Morin, Projet souverainiste – Finissons-en avec la réunionite autour de l’indépendance, Le Devoir, 25 juillet 2013

Un sujet, l’indépendance du Québec, deux argumentaires, le premier proposant une démarche davantage « théorique » le deuxième, une approche plutôt « empirique »…Contradictoires? Je ne crois pas. Je dirais, complémentaires.

Toutefois, je dois me rallier à l’opinion de M. Morin sur l’essentielle nécessité d’éveiller d’abord la population aux avantages de l’indépendance du Québec, sans quoi toute démarche visant à privilégier la mise sur pied d’une constituante comme moyen d’ « [amener] les Québécois à débattre des questions fondamentales » risque de rater la cible.

« Un peuple opprimé n’attend pas après maints conciliabules et palabres d’érudits constitutionnalistes pour se mobiliser et revendiquer ses droits. » Telle est, à mon sens, la bougie d’allumage qui fera démarrer la construction du vaisseau-amiral de l’indépendance du Québec.

Et ce vaisseau-amiral pourra être construit à même les matériaux que nous fournit gratuitement la fédération canadienne, à savoir, entre autres les dédoublements de juridictions fédérales-provinciales qui constituent sans contredit la « coque du vaisseau », sans compter les nombreux empiétements du fédéral sur les juridictions provinciales qui n’ont cessé d’augmenter depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement Harper.

En termes clairs, les Québécois se mobiliseront autour de la construction du vaisseau pour autant qu’ils soient convaincus de son utilité…Pour les modalités techniques, quoique essentielles à la navigation sécuritaire du navire, les spécialistes pourront y travailler en relation avec le capitaine de l’équipage du vaisseau!

quebechebdo 26 juillet 2013

Lebel, l’as du ni oui ni non

25 juillet 2013

Le nouveau lieutenant des conservateurs au Québec, Denis Lebel, estime que le gouvernement fédéral fait «les bonnes choses dans le bon temps» concernant les événements entourant la tragédie de Lac-Mégantic.

De passage à Québec le 24 juillet, le ministre de l'Infrastructure, des Collectivités et des Affaires intergouvernementales a de nouveau invité le public à faire preuve de patience. «Laissons aller la fin des enquêtes. Avoir des réglementations en place, c'est une chose. Qu'elles soient respectées en est une autre», a-t-il lancé, sans vouloir présumer des causes de la tragédie.

M. Lebel estime que l'injonction ministérielle édictant de nouvelles obligations pour les entreprises ferroviaires est justifiée dans la mesure où le Bureau de la sécurité des transports avait invité Transports Canada, son ancien ministère, à resserrer les règles entourant les trains laissés sans surveillance. Il refuse d'y voir un constat d'échec de la réglementation en place ou de la routine d'inspection.

Quand une journaliste lui a demandé si ce ne serait pas le rôle du fédéral de défrayer les coûts du nettoyage du centre-ville de Lac-Mégantic plutôt que celui du municipal, qui se voit forcé de poursuivre MMA pour récupérer les sommes investies, Denis Lebel a répondu : «Si Mme Colette Roy-Laroche a décidé avec les gens de son conseil de ville qu'il était temps de faire ça, sûrement qu'ils avaient leurs raisons. Analyser à la pièce chacun des gestes qui seront posés nous amènera dans des secteurs où je ne veux pas aller».

Pour le reste, le député de Roberval-Lac-Saint-Jean se dit enthousiaste quant à son nouveau rôle de lieutenant politique pour le Québec. Arrivera-t-il à faire élire des députés ailleurs que dans la grande région de Québec? «Je suis quand même un gars du Lac-Saint-Jean, qui ne vient pas de Québec. Il est possible de bien travailler partout au Québec. C'est de passer notre message et de rappeler aux gens quelle importance c'est d'être à la table où se prennent les décisions», a-t-il affirmé.

Revenons sur les arguments du fin finaud Lebel à la suite de ces deux derniers commentaires. « Analyser à la pièce chacun des gestes qui seront posés nous amènera dans des secteurs où je ne veux pas aller »… « C'est de passer notre message et de rappeler aux gens quelle importance c'est d'être à la table où se prennent les décisions »

En relisant ces deux figures de patinage artistique, vous n’avez pas l’impression, comme moi, que le renard est en train d’emberlificoter le corbeau pour qu’il laisse tomber le fromage? De dire d’un trait que notre enjôleur fédéral ne veut pas aller dans des secteurs où les gestes seront analysés à la pièce tout en osant affirmer l’importance « d’être à la table où se prennent les décisions » tient du pur paradoxe « politicailleux » que seul un as du ni oui ni non comme Denis Lebel peut à ce point maîtriser!

quebechebdo 25 juillet 2013
vigile.net tribune libre 25 juillet 2013