Bradley Manning, entre l’arbre et l’écorce
Le verdict de violation de la loi sur l’espionnage de 1917 contre le soldat Bradley Manning fait ressortir la dichotomie entre la libre circulation de l’information d’intérêt public et les secrets d’État liés à la fonction de militaire.
Pour le Centre pour les droits constitutionnels, cette loi est une « relique discréditée de la Première Guerre mondiale, créée pour contrer l’opposition politique et le militantisme pacifiste ».
« Il s’agit d’un avertissement adressé aux « donneurs d’alerte » contre lesquels l’administration Obama mène une chasse d’ampleur inédite sans prendre en compte l’intérêt public de leurs révélations », a réagi Reporters sans frontières
Pour sa part, Julian Assange, le cyber-militant australien qui a cofondé Wikileaks, a qualifié Bradley Manning de « source journalistique la plus importante que le monde ait jamais eue » tout en saluant son « héroïsme incontestable » et en dénonçant du même souffle la « trahison » de Barack Obama qui avait, selon lui, soutenu les auteurs de telles révélations pendant sa campagne présidentielle.
À mon sens, le message qui ressort du verdict de culpabilité contre Bradley Manning démontre la suprématie des interventions militaires américaines, peu importe leur atrocité, sur la liberté d’information…en termes clairs, vaut mieux, dans ce haut lieu de la stratégie militaire américaine, ne pas mettre le doigt entre l’arbre et l’écorce!
quebechebdo 31 juillet 2013
vigile.net tribune libre 3 août 2013 "Le soft-power d'Obama compromis"
Henri Marineau

