Martine Ouellet, un atout majeur pour le PQ

12 avril 2015

Même si Martine Ouellet n’a encore aucun appui de la députation péquiste, il n’en demeure pas moins qu’elle gagne à être entendue sur les idées qu’elle véhicule, en particulier son intention de tenir un référendum sur l’indépendance du Québec dès le premier mandat d’un gouvernement du PQ.

Avant d’être élue pour la première fois en 2004 dans Vachon, Martine Ouellet occupait un poste de cadre supérieure chez Hydro-Québec, un poste qui commandait un salaire élevé et un régime de retraite très généreux. À la demande de Pauline Marois, elle a tout laissé tomber, la carrière, la retraite, tout, parce que sa nomination au poste de ministre des Ressources naturelles laissait entrevoir une « apparence » de conflit d’intérêts.

Son bref parcours sur la scène politique québécoise lui a permis de léguer au PQ une politique de gestion des déchets, une politique de l’eau et une politique énergétique. Après un long combat contre les libéraux, elle fait adopter une réforme de la Loi des mines avec l’appui de la Coalition avenir Québec.

Parlant du référendum, elle insiste : « On ne fera pas ça contre le Canada, on fera ça pour le Québec. Pour la planète aussi parce que le Québec a beaucoup à apporter sur la scène internationale. Actuellement, nous sommes bâillonnés par le Canada ». Et de poursuivre la députée de Vachon : « Mais il faut se mettre en mouvement, le pays ne nous tombera pas du ciel ».

Pour ce qui est de ses adversaires dans la course à la direction du PQ, ils offrent des démarches plus étapistes. « Ils sont en continuité avec la stratégie du PQ des dernières années », déplore Mme Ouellet en signalant que les « discours ambigus, les discours flous, à la limite mous, nous ont nui ».

Martine Ouellet ne remportera pas la course au leadership du PQ mais elle s’implante de plus en plus comme un atout majeur pour le parti, un atout avec lequel le futur chef devra composer s’il désire insuffler au Parti québécois l’élan nécessaire pour entamer rapidement notre marche vers l’indépendance.

quebechebdo 12 avril 2015
vigile.net tribune libre 14 avril 2015

Lassés de l’ASSÉ

12 avril 2015

En tant que porte-parole officieux de la crise qui sévit actuellement contre l’austérité du gouvernement Couillard, l’Association pour une solidarité syndicale étudiante [ASSÉ] m’apparaît avoir perdu le contrôle sur la situation et, pire encore, ne pas avoir réussi à mobiliser une majorité d’étudiants à sa cause.

Les actes de vandalisme perpétrés dans les locaux de l’UQAM la semaine dernière démontrent à quel point le conflit a dégénéré en violence inacceptable contre les forces policières. Une situation dénoncée par six Québécois sur dix dans un dernier sondage mené par la firme Léger.

À mes yeux, les fédérations étudiantes universitaires et des cégeps doivent prendre le contrôle de la situation à commencer par un appel au calme et un réalignement stratégique axé sur la négociation avec le gouvernement en ce qui a trait aux conséquences des coupures proposées en éducation.

C’est seulement dans ces conditions que les Québécois pourront comprendre les raisons qui justifient une telle attitude de la part des étudiants, via leurs associations, et, qui sait, se ranger derrière les revendications des étudiants. En attendant, la population, voire même une forte partie des étudiants, semblent se lasser de l’ASSÉ qui doit sortir de l’arène pour le plus grand bien de la démocratie au sein des fédérations étudiantes.

quebechebdo 12 avtil 2015
vigile.net tribune libre 15 avril 2015
 

Qui trop embrasse mal étreint

11 avril 2015

Le dernier sondage Léger révèle que six Québécois sur dix condamnent le mouvement de grève étudiant, et cela avant les événements du 8 avril à l’UQAM. Sans être un expert stratégique en résolution de conflits, j’ai l’impression que ce déni de la population face aux revendications étudiantes émane principalement du fait que la cause qu’ils attaquent, à savoir l’austérité, ratisse trop large.

À mon point de vue, les étudiants devraient concentrer leurs énergies sur les conséquences des coupures proposées par le gouvernement Couillard en éducation, et laisser aux autres secteurs de travailleurs les causes qui les concernent. De cette façon, un front commun chapeauté par l’austérité pourrait prendre forme en temps opportun, à savoir au moment des négociations dans le secteur public à l’automne.

En attendant, les étudiants auraient avantage à élaborer les motifs de leurs revendications dans leur champ d’application et les étaler aux yeux de la population qui pourrait porter un œil plus éclairé sur l’ensemble du conflit et qui sait, faire preuve d’une certaine sympathie envers le mouvement étudiant.  En clair, comme dirait le vieil adage, « qui trop embrasse mal étreint. »

quebechebdo 11 avril 2015
vigile.net tribune libre 11 avril 2015

Bienvenue en Absurdistan

10 avril 2015

Comme l’exprime fort à propos Sophie Durocher dans son billet du 10 avril intitulé « Guy Nantel et la nonocratie » dans Le Journal, je me suis demandé, en visionnant le clip viral de l’humoriste, si je devais en rire ou en pleurer. Des étudiants manifestant dans la rue contre l’austérité alors qu’ils ne connaissent même pas sa définition, voire même son orthographe où les accents sont littéralement confondus.

D’autres hésitant longuement sur le nom du premier ministre du Québec ou sur celui du  fondateur de Montréal, et toute cette farce en esquissant un sourire béat et sans aucune gêne manifeste. On aurait cru assister à une comédie montée de toutes pièces. Mais non, l’ignorance crasse trônait telle une normalité qu’on pouvait étaler au grand jour sans complexe. On pourra toujours alléguer que Guy Nantel a choisi les pires réponses à ses questions, il n’en demeure pas moins que son clip regroupait 13 étudiants sur 15 rencontrés, une moyenne, pour le mois, plutôt élevée!

Toutefois, derrière ce cirque inculte émane une autre vérité plus cruelle encore, à savoir une crédibilité fortement entachée par ces étudiants relativement à la « cause » qu’ils défendent. En réalité, rien pour mobiliser qui que ce soit mais tout au contraire, le goût de leur suggérer de retourner sur les bancs d’école au lieu de jouer maladroitement aux adultes…En attendant, pour utiliser le néologisme de Sophie Durocher, bienvenue en Absurdistan!

quebechebdo 10 avril 2015
vigile.net tribune libre 11 avril 2015 

La coupe déborde

9 avril 2015

D’entrée de jeu, je suis en accord avec le mouvement de contestation étudiant relativement aux mesures de compressions, particulièrement en éducation. À cet effet, je déplore l’attitude infantilisante du ministre de l’Éducation, François Blais, lorsqu’il suggère d’agir à la manière d’un « bon » père de famille face à un enfant indiscipliné.

Toutefois, les derniers événements qui se sont produits à l’UQAM témoignent d’un manque de civisme désolant de la part d’une frange radicale du mouvement étudiant qui risque de s’attirer le rejet de la cause que les étudiants défendent. Il m’apparaît de plus en plus évident que l’ASSÉ se radicalise dangereusement et que le nouvel exécutif qui doit être désigné bientôt devra lancer un appel au calme.

À jouer avec le feu, on finit par se brûler, et c’est exactement ce qui est en train de se produire…La coupe déborde de tous côtés, que quelqu’un ferme le robinet avant que l’inondation n’atteigne des sommets dramatiques! Et cette personne est le ministre de l’Éducation. À vous, M Blais, de fermer le robinet en privilégiant une trêve dans toute cette saga dans le but de vous asseoir et de dialoguer avec les étudiants afin de  trouver une porte de sortie à ce conflit.

quebechebdo 9 avril 2015

Monseigneur des démunis

9 avril 2015

Issu d’une famille modeste, l’abbé Jean-Claude Turcotte rêvait d’œuvrer au sein de la classe ouvrière, près des démunis. Le destin en aura décidé autrement lorsqu’il a dû assister à sa montée dans la hiérarchie de l’Église. Toutefois, malgré les échelons qui le séparaient de ses ouailles, il leur est toujours resté fidèle et engagé tout au cours de sa vie.

Comme il est de coutume lors du décès d’un personnage public, les analyses et commentaires se multiplient dans les médias depuis l’annonce de la mort du cardinal Turcotte. Néanmoins, de ses positions tranchées sur certains dossiers, tels l’avortement, le mariage des homosexuels, le sacerdoce des femmes, à sa compassion sans limite pour les défavorisés, Jean-Claude Turcotte est demeuré imperturbablement authentique.

Et, c’est là, à mon sens, que réside toute la complexité et la congruence du monseigneur des démunis qui a su demeurer humble malgré l’apparat dans lequel il baignait de par la fonction qu’il occupait. Enfin, si j’avais une réflexion qui pourrait dépeindre le cardinal Turcotte, j’utiliserais cette pensée de Montaigne : "Si haut que l'on soit placé, on n'est jamais assis que sur son cul."

quebechebdo 9 avril 2015
 

Vaut mieux en rire…jaune

8 avril 2015

En réaction à l’article « Les cadres scolaires vont en rire un coup » publié dans Le Journal du 8 avril 2015

En tant que membre actif de notre merveilleux monde de l’Éducation pendant plus de trente ans, je peux vous confirmer qu’il regorge d’expériences louables de la part de son personnel qui ont contribué à améliorer la qualité de l’enseignement depuis des décennies.

Toutefois, force m’est de constater que le colloque de formation, organisé par l’Association québécoise des cadres scolaires (AQCS) au profit des responsables de l’information et des technologies de l’information  sous le thème de la « rigologie », dépasse l’entendement, particulièrement dans un contexte où le milieu scolaire dénonce à hauts cris, et pour cause, les coupures du gouvernement Couillard.

Et, si vous ajoutez à cette farce le fait que les frais de déplacement, d’hébergement, de même qu’une partie des frais d’inscription seront remboursés par les commissions scolaires, à même les allocations de dépenses des cadres participants, qui recevront leur plein salaire durant leur séjour, vous avez la recette idéale de la bêtise ajoutée au scandale. 

Enfin, et c’est là que le bât blesse à outrance, les contribuables doivent s’attendre à des augmentations de leur facture de taxes scolaires, les représentants des Commissions scolaires alléguant surement les coupures du gouvernement…Toutefois, comme le ridicule ne tue pas, vaut mieux en rire…jaune!

quebechebdo 8 avril 2015

La grande absente…

8 avril 2015

C’est maintenant confirmé, Québec aura son Centre Vidéotron tout comme Montréal a son Centre Bell, deux géants qui se font concurrence sur le marché des communications. Un accord qui a vu Québecor vendre ses droits d’identification de l’amphithéâtre à sa filiale Vidéotron pour la somme de 33 millions de dollars sur une période de 25 ans, une somme qui grimpera à 63,5 millions si Québec obtient une franchise dans la LNH.

Une entente qui n’est pas sans nous rappeler du temps où Montréal portait les couleurs de la brasserie Molson alors que Québec endossait celles de Labatt quoique, à cette époque, les utilisateurs des deux bières avaient des liens d’appartenance avec ces deux commanditaires.

Par contre, en ce qui a trait à Bell et Vidéotron, je crains fort que ces liens se développent et stimulent une compétition auprès des utilisateurs. À mon sens, tant que Québec n’aura pas obtenu une franchise dans la LNH, les avantages reliés à la nomination de l’amphithéâtre ne rapporteront à Vidéotron qu’une visibilité à rayonnement restreint.

En attendant, le combat Bell-Vidéotron préconise une saine compétition entre les deux entreprises et laisse présager une tradition qui se perpétue entre Québec et Montréal sans pour autant créer cette ferveur partisane liée à une éventuelle équipe professionnelle de hockey à Québec…la grande absente dans le paysage médiatique actuel!

quebechebdo 8 avril 2015

 

Brasse-camarade au sein de l’ASSÉ

7 avril 2015

La démission-destitution fracassante des membres de l’exécutif de l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) démontre sans contredit, à mes yeux, que des tensions existent actuellement au sein même de ses membres relativement à la poursuite de ses moyens de pression ou à son report à l’automne.

Or, dans son plan d’action adopté lors du dernier congrès, l’association souligne que « la diversité d’opinions et une conflictualité constructive sont valorisées au sein de l’ASSÉ ». Et, aux dires la porte-parole intérimaire, Hind Fazazi, « …je ne pense pas que c’est une bonne analyse de dire qu’il y avait une chicane à l’interne. Il y avait une saine dissension et je pense que c’est important de souligner que l’ASSÉ est unie, même si elle n’est pas homogène. »

Soit ! Toutefois, il m’apparaît que les futurs membres de l’exécutif de l’ASSÉ devront s’atteler dans les meilleurs délais à colmater cette brèche dangereuse entre leurs membres s’ils désirent mobiliser l’ensemble de la population contre les mesures d’austérité du gouvernement Couillard, à commencer par leurs propres membres. À défaut de quoi, la population risque de se lasser de l’ASSÉ !

quebechebdo 7 avril 2015
cyberpresse.ca 9 avril 2015

Le PQ, un parti « sans âme »

7 avril 2015

Qu’on le veuille ou non, les mots utilisés par Jacques Parizeau pour illustrer sa pensée sont toujours réfléchis et ont souvent l’effet d’une bombe médiatique. Sa dernière entrevue enregistrée en février 2015 et diffusée le 6 avril à la radio de Radio-Canada ne fait pas exception à la règle.

Pour l’occasion, M Parizeau tire à boulets rouges sur le Parti québécois qu’il qualifie de « champ de ruines » pavé de sempiternels débats sur l’échéancier et le moment propice pour tenir un référendum, des discussions « byzantines », selon ses propos.

Toutefois, là où le bât blesse avec le plus d’acuité émane d’une stratégie à peine voilée de cacher dans le placard son option fondamentale, à savoir de réaliser l’indépendance du Québec, le dernier exemple étant la campagne de 2014.

Aux yeux de Jacques Parizeau, le PQ doit retrouver son âme. «On a démoli graduellement ce parti-là. Surtout, on lui a fait perdre son âme. [...] Ça ne veut pas dire que ce n’est pas récupérable, mais ça veut dire que la preuve est à faire.»

À mon sens, le message de Jacques Parizeau est clair : le PQ doit mettre le cap sur l’indépendance sans tarder…ça passe ou ça casse!

quebechebdo 7 avril 2015
Le Journal de Québec 8 avril 2015