Le modèle norvégien

6 avril 2015

Grâce aux profits générés par son industrie pétrolière, la Norvège, tout en maintenant ses taxes, ses impôts et le prix de ses produits pétroliers, a eu la brillante idée de créer un fonds de pension global du gouvernement avec les revenus du pétrole et de ne disposer que des revenus de placements dans son budget d’opération. Conséquence, avec une population de quelque 5 millions, le budget annuel de la Norvège tourne autour de 190 milliards de $ et son surplus budgétaire est de 70 milliards $ alors que la valeur de son Fonds global avoisine les 750 milliards $.

Par contre, le Québec, avec 8 millions d’habitants, ne dispose que d’un budget avoisinant les 80 milliards $ dont plus de 60 % sont engloutis en santé et en éducation avec tous les ratés de ces deux mastodontes budgétaires.

Pourtant, le Québec, comme la Norvège, possède lui aussi une richesse naturelle, à savoir l’eau, dont la gestion est placée entre les mains d’Hydro-Québec qui accumule des profits injectés dans le service de la dette pendant que les contribuables essuient année après année des augmentations scandaleuses.

Face à ce constat, un changement de paradigme s’impose. Les Québécois, via leur gouvernement, doivent se réapproprier Hydro-Québec et s’assurer que ses profits soient placés dans un fonds spécial destiné, entre autres, à pallier les lacunes en santé et en éducation.

quebechebdo 6 avril 2015

Le « bon » père de famille

4 avril 2015

Au moment de la nomination de François Blais à titre de ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, je me suis dit qu’enfin un ministre issu du monde de l’Éducation pourra jouer pleinement son rôle de premier responsable de la qualité de l’enseignement au Québec. Professeur pendant une vingtaine d’années, ex-doyen de la Faculté des sciences sociales de l’Université Laval, bien articulé dans ses interventions, l’avenir s’annonçait fertile.

Toutefois, sa dernière sortie sur les ondes d’une station radiophonique de Québec concernant les grèves étudiantes, en particulier le ton « béatement paternaliste » utilisé par le ministre pour « mater les enfants indisciplinés », dénote d’un manque total de jugement de sa part. Le « bon » père de famille a carrément dépassé les bornes du raisonnable.

M Blais pourra toujours se ranger du côté des élèves qui désirent assister à leurs cours, il n’en demeure pas moins qu’il ne peut faire fi de ceux qui contestent les mesures d’austérité du gouvernement Couillard en les rabrouant sur les principes mêmes de la démocratie étudiante.

quebechebdo 4 avril 2015

Une fontaine d’énergie vivifiante

4 avril 2015

Au-delà des croyances religieuses liées à la fête de Pâques, j’ai toujours vécu cette période comme une « résurrection » de la nature qui se répercute dans mon être intérieur. Étant natif d’avril, mon anniversaire est souvent tombé aux environs de Pâques, voire même à l’occasion la journée même. Encore aujourd’hui, ayant franchi quelques dizaines d’années, je m’émerveille à l’éclosion des bourgeons et aux chants des oiseaux aux premiers signes du printemps.

En cette période sombre où l’austérité nous accable quotidiennement dans les médias, je vous invite à profiter de la luminosité du jour et des premiers rayons réconfortants du soleil, des bienfaits sur lesquels les aléas politiques n’ont heureusement aucune emprise et qui ne demandent qu’à être contemplés…Une fontaine d’énergie vivifiante après un hiver interminable et extrêmement froid. Je vous souhaite une « joyeuse résurrection »!

Le Soleil 4 avril 2015
quebechebdo 5 avril 2015
 

Battre le fer quand il est chaud

3 avril 2015

Les dizaines de milliers de personnes qui ont envahi les rues de Montréal le 2 avril ont signifié avec force que le mouvement engendré par les étudiants est en voie de multiplier ses appuis dans la population. Une marche qui s’est déroulée dans le calme en ce samedi où dame nature était du bon bord.

Conséquemment, ce qu’il faut retenir de cette manifestation contre les mesures d’austérité prônées par le gouvernement Couillard, c’est la mobilisation étendue qu’elle a suscitée auprès de différentes couches sociales qui, jusque-là, s’étaient montrées plutôt discrètes. Ce qui confère aux organisateurs étudiants une crédibilité accrue et une sympathie nouvelle auprès de la population.

De ce fait, maintenant que le mouvement de mobilisation est enclenché, je verrais d’un mauvais œil  un « repli stratégique » jusqu’à l’automne afin de militer aux côtés des syndicats, une stratégie qui aurait pour effet de dégonfler le mouvement d’enthousiasme qui émerge actuellement….Comme dirait le vieil adage, il faut battre le fer quand il est chaud!

quebechebdo 3 avril 2015
vigile.net tribue libre 3 avril 2015

 

Pas d’huile sur le feu mais…

2 avril 2015

Dans un entretien réalisé sur les ondes d’une station radiophonique de Québec le 1er avril, le ministre de l’Éducation François Blais y est allé à boulets rouges de ses perceptions et commentaires sur les mesures punitives qu’il avance pour apaiser le climat dans les universités. Et, parmi celles-ci, «expulser deux ou trois personnes par jour refroidirait les ardeurs de certains et ferait réfléchir les autres». Et tout cela, sans aucune intention d’« ajouter de l’huile sur le feu… » [expression utilisée à trois reprises au cours de l’entretien].

Et, d’ajouter le ministre, sur un ton paternaliste, « On fait ça avec les enfants. Quand on veut corriger leurs comportements, on ne dit pas, du jour au lendemain : “ Va dans ta chambre, tu n’auras pas de souper. ” On commence par leur dire : “ Écoute, il va y avoir une sanction pour ce que tu as dit à ta mère, etc. ” » Un scénario digne de la petite enfance!

En bref, indépendamment des motifs invoqués par le ministre pour justifier ses positions plutôt radicales dans le conflit, il m’apparaît que son approche pour « faire réfléchir les autres » risque carrément de « jeter de l’huile sur le feu ».

Alors, M Blais, vous qui êtes issu du monde universitaire, je vous suggère d’employer une méthode beaucoup plus didactique que la « répression infantilisante» qu’on appelle la « discussion ouverte» avec les étudiants universitaires qui, soit dit en passant, sont majeurs et vaccinés…et de continuer à insister sur la participation de la « majorité silencieuse » aux assemblées générales étudiantes. Votre crédibilité y gagnerait surement!

quebechebdo 2 avril 2015
vigile.net tribune libre 3 avril 2015

PKP en voie d’apprentissage

1 avril 2015

Nul doute que l’arrivée de Steve Flanagan dans l’entourage immédiat de Pierre Karl Péladeau dans la campagne à la chefferie du Parti québécois a joué un rôle prépondérant dans le style du favori dans la course à la succession de Pauline Marois.

À la différence du débat de Trois-Rivières, celui de Sherbrooke nous a fait voir un PKP beaucoup plus déterminé et surtout davantage concret dans ses propos. Toutefois, j’aurais aimé connaître ses propositions sur les avantages d’un Québec indépendant par rapport aux deux thèmes du débat, à savoir la santé et l’économie.

À cet effet, les interventions de PKP, tout comme celles des autres participants, sont demeurées dans un spectre provincialiste sans aucune allusion au carcan que nous impose le fédéralisme centralisateur du gouvernement de Stephen Harper actuellement.

En ce qui a trait au pétrole de schiste et aux sables bitumineux, quoique PKP y perçoive des « atouts majeurs » pour la souveraineté et la création d’un pays plus «riche» à condition qu’ils passent le test de l’«acceptabilité sociale», je vois difficilement comment il pourra concilier ses convictions avouées avec les récriminations soutenues des citoyens dans ces dossiers chauds.

Enfin, il m’apparaît évident que Pierre Karl Péladeau est en voie d’apprentissage sur la scène politique du Québec et qu’il devra ouvrir davantage son jeu sur les stratégies qu’il entend adopter pour remobiliser les forces souverainistes autour du projet de pays, en particulier la jeunesse québécoise qui, entre autres sujets d’intérêt, se montre très préoccupée par la protection de l’environnement.

quebechebdo 1er avril 2015 

Harper rate la cible…encore une fois!

31 mars 2015

Sans grande surprise, le gouvernement Harper ne sera pas au rendez-vous prévu pour le 31 mars 2015 malgré l’engagement pris en décembre, lors du sommet international de Lima en décembre 2014, par plusieurs des pays qui négocient l’accord de lutte contre les changements climatiques qui sera signé à Paris cette année.

De l’avis d’Hugo Séguin, chargé de cours à l’École de politique appliquée de l’Université de Sherbrooke et spécialiste des négociations climatiques, il ne s’étonne pas du retard du gouvernement Harper : « Le Canada ne fait pas grand cas de sa responsabilité dans le dossier des changements climatiques. Il est donc cohérent avec lui-même. Il ne démontre pas un grand leadership en ne respectant pas cette première échéance des Nations unies. »

Et, de poursuivre M Séguin : « Peu de gens s’attendent à ce que la première ronde de contributions soit à la hauteur des enjeux. Il y aura moins d’engagements de réduction que ce qui est nécessaire et il y aura moins d’argent que ce qu’il faut pour s’adapter aux changements climatiques. » Les mois qui nous séparent du sommet de Paris, en décembre, doivent justement servir à négocier les moyens d’atteindre « l’effort nécessaire ». Dans ce contexte, tout retard pénalise la négociation.

Ce n’est pas la première fois que Stephen Harper fait preuve de désaveu et de mépris devant l’ampleur des changements climatiques provoqués par les GES…Sans doute que, par les temps qui courent, il est davantage préoccupé par ses politiques militaires d’envahissement de la Syrie, une stratégie qui lui confère une visibilité propice à une campagne électorale partisane de laquelle notre chef des forces armées tirera un malin plaisir!

quebechebdo 31 mars 2015
vigile.net tribune libre 31 mars 2015

Crash de l’A320 – Une histoire à suivre

31 mars 2015

Plus on en apprend sur l’état de santé d’Andreas Lubitz, le copilote responsable du crash de l’A320 de Germanwings qui a causé la mort de 150 personnes, plus les révélations sont troublantes, la dernière en liste concernant des traitements pour tendances suicidaires dans le passé.

Autre révélation tout aussi révélatrice de la part de l’ex petite-amie de Lubitz, lequel lui avait confié son intention de «faire quelque chose qui changerait le monde», et rendrait son nom connu du monde entier. Une information qui corrobore, à mon sens, la piste d’un acte prémédité.

De plus, les perquisitions menées au domicile de Lubitz ont révélé des attestations d’arrêts de travail déchirées, signées par un neurologue et un psychiatre avec la mention « SIC », attestant qu’il nécessitait un traitement régulier. Et, qui plus est, le jour du drame, il n’était pas en mesure de se retrouver dans la cabine de pilotage de l’A320. Enfin, selon le journal Bild, des ordonnances pour des médicaments prescrits aux maniaco-dépressifs ont également été retrouvées chez lui, ainsi que de grandes quantités de somnifères.

Un ensemble de facteurs nébuleux qui ouvrent toutes grandes les portes d’une enquête plus poussée sur les responsabilités de la compagnie aérienne quant au « suivi » exercé sur la santé mentale d’Andreas Lubitz. Difficile à croire que les dirigeants de Germanwings n’étaient pas informés du dossier médical de leur copilote alors qu’il avait dû pourtant interrompre son apprentissage en 2009, la compagnie aérienne évoquant alors le fait qu’elle n’avait pas le droit d’en dire davantage sur « les motifs de cette pause ». Assisterons-nous au dépôt d’un recours collectif contre la compagnie aérienne de la part des familles des victimes? Une histoire à suivre…

quebechebdo 31 mars 2015

Bisbille sur le pétrole de schiste

30 mars 2015

Quoique le deuxième débat entre les participants à la course à la direction du Parti québécois ait été plus « civilisé » que le premier, des écarts d’opinion marquants ont été soulevés sur l’exploitation du pétrole de schiste sur l’île d’Anticosti. D’un côté, les opposants, Martine Ouellet et Alexandre Cloutier, de l’autre, Bernard Drainville et Pierre Karl Péladeau qui prônent son exploration moyennant quelques variantes, ces deux derniers semblant s’entendre toutefois sur le fait qu’ « une fois que le programme d’exploration sera terminé, ce sera aux Québécois de décider s’ils veulent aller de l’avant. »

À partir du moment où le gouvernement Marois a déjà investi 70 millions de dollars en 2014 pour un programme d’exploration sur l’île d’Anticosti, je suis d’accord avec Bernard Drainville sur le fait que « les Québécois ont le droit de savoir ce qu’il y a à Anticosti. » En réalité, toute cette question doit être débattue démocratiquement étape par étape, particulièrement auprès des habitants de l’île qui demeurent les principaux intéressés.

Un dossier à manier avec prudence et dénué de toute partisanerie destinée à se faire du capital politique comme il arrive souvent dans ces projets délicats pour la sauvegarde de la qualité et de la protection de l’environnement…Reste à voir si les défenseurs de l’exploration du gaz de schiste arriveraient à se démarquer de leurs prédécesseurs !

quebechebdo 30 mars 2015  

Fédéralisme coopératif, vous dites?

29 mars 2015

La dernière décision de la Cour suprême d’acquiescer à la demande du gouvernement Harper de détruire le Registre des armes à feu contre l’avis de Québec démontre encore une fois que le « fédéralisme coopératif », promis par Stephen Harper en 2005, fait maintenant partie d’un des nombreux vœux pieux d’un gouvernement fédéral « dominateur ».

Et tout cela malgré le fait que la Cour supérieure du Québec avait donné raison au  gouvernement du Québec en 2012 dans une décision du juge M.-A. Blanchard qui stipulait qu’ « il rebute au sens commun, pour ne pas dire au bien commun, que l’on puisse empêcher le Québec d’utiliser les données qu’il participe à colliger, analyser, organiser et modifier. »

Conséquemment, qu’est-ce qui aurait pu empêcher, à part l’entêtement du fédéral, de céder les informations contenues dans le Registre à Québec ? En quoi un contrôle sur l’utilisation des armes à feu n’est-il pas souhaitable pour une province qui désire s’en prévaloir ? Pourquoi le fédéral et le provincial doivent-ils se rendre en cours à chaque occasion où un différend les oppose ?

Enfin, en ce qui a trait au fédéralisme coopératif dont vous vous faisiez le défenseur il y a dix ans, on repassera, M Harper !…

quebechebdo 29 mars 2015