L’imam rabroué

1 février 2015

Dans le contexte actuel où la tension règne concernant les attentats terroristes, il aurait été scandaleux et irresponsable qu’un contrat d’occupation au centre islamique de l’imam Hamza Chaoui lui soit accordé par l’arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

En déclarant sur sa page Facebook que la démocratie était incompatible avec l’islam, parce qu’elle permettait l’élection « d’un mécréant ou bien d’un homosexuel ou d’un athée qui affirme l’inexistence d’Allah », des propos jugés à juste titre homophobes, Chaoui a dépassé les bornes de l’admissible.

Conséquemment, je me range entièrement du côté des autorités municipales qui qualifient cet imam de « cas de sécurité publique et d’ordre public », d’ « agent de radicalisation » et de « fomenteur de tension sociale »…Il est plus que temps que nos dirigeants interviennent avec vigueur auprès de ces intégristes sans scrupule qui s’infiltrent en nos murs sans que nous les rabrouions comme il se doit.

quebechebdo 1er février 2015
 

Trop tôt, trop tard

31 janvier 2015

Alors que Stephen Harper, dans le projet de loi C-51, propose d’accorder au SCRS le pouvoir de détenir pendant sept jours un individu « susceptible » de commettre un attentat terroriste, Philippe Couillard, de son côté, n’a aucune intention de limiter le droit des intégristes de pratiquer une version radicale de leur religion, un choix personnel, selon lui, dans la mesure où ils respectent la loi.

D’un côté, une intransigeance à outrance qui risque de dégénérer en arrestations non-fondées, de l’autre, un laxisme dangereux qui est susceptible d’engendrer des interventions trop tardives.

À mon sens, il appartient aux deux paliers de gouvernements de trouver des mécanismes de lutte au terrorisme efficaces qui tiennent compte à la fois des lois existantes et des situations concrètes qui justifient l’arrestation d’un suspect. Sinon, nous risquons d’intervenir ou trop tôt ou trop tard !

quebechebdo 31 janvier 2015
Le Journal de Québec 2 février 2015

Je suis Raïf

30 janvier 2015

L’intervention d’Amnistie internationale en faveur de l’implication du premier ministre Harper pour la libération de Raïf Badawi met en cause toute l’importance, non seulement de venir en aide au blogueur saoudien, mais aussi de jeter la lumière sur les pratiques barbares de l’Arabie saoudite.

De toute évidence, jusqu’à maintenant, les interventions du ministre des Affaires étrangères, John Baird, ont été vains. Conséquemment, il appartient maintenant à la plus haute instance du pays d’intervenir, comme le souligne fort à propos Amnistie internationale dans sa lettre à Stephen Harper : « Nous comprenons qu’il est exceptionnel qu’un premier ministre intervienne lui-même au nom d’un individu emprisonné à l’étranger, mais nous sommes convaincus qu’il s’agit précisément d’un cas exceptionnel et que les Canadiens s’attendent à ce que vous posiez un geste décisif et significatif. »

Stephen Harper ne peut, en toute légitimité pour le respect de la personne, une valeur essentielle en démocratie, se braquer derrière l’appareil diplomatique pour se soustraire à ses obligations, en tant que premier ministre de ce pays….C’est une question de responsabilité élémentaire !

quebechebdo 30 janvier 2015

La commission de 50 millions

29 janvier 2015

Rappelons les faits : le décret initial du gouvernement libéral prévoyait un dépôt du rapport final de la commission Charbonneau le 19 octobre 2013. En mars 2013, le précédent gouvernement péquiste avait accordé une première prolongation de 18 mois, jusqu’au 19 avril 2015. Or, la juge France Charbonneau demande une deuxième prolongation de mandat de 7 mois, ce qui reporte le dépôt du rapport de la commission en novembre 2015, soit 4 ans après sa création en octobre 2011.

Les coûts estimés de la commission sont évalués à environ 1 million par mois, ce qui laisse supposer qu’elle coûtera autour de 50 millions. Des chiffres faramineux face auxquels une question cruciale se pose : les Québécois en auront-ils pour leur argent ? En termes clairs, les scandales révélés lors des audiences auront-ils des suites au criminel ? C’est à souhaiter sinon cette commission aura été le plus gros éléphant blanc de toute l’histoire des commissions d’enquête au pays ! 

quebechebdo 28 janvier 2015
cyberpresse.ca 2 février 2015

L’héritage du passé

29 janvier 2015

Comme il fallait s’y attendre, l’expérience passée de Pierre Karl Péladeau en matière de relations patronales-syndicales a refait surface lors du premier débat des cinq candidats à la direction du Parti québécois. À ce chapitre, nul doute que l’argumentaire du député de Lac-Saint-Jean, Alexandre Cloutier, a été le plus percutant lorsqu’il a demandé à PKP si sa « pensée avait évolué » depuis ces événements.

« Lorsque j’ai émis cette opinion, j’étais dans une situation bien différente », a répliqué PKP, tout en ajoutant qu’à l’époque les syndicats risquaient de mettre en péril la survie de son entreprise….Soit ! Mais toutefois, comment PKP peut-il justifier que, cinq ans plus tard, son opinion ait changé radicalement sur le syndicalisme en se ralliant à la philosophie sociale-démocrate ?

Loin de mettre en doute la sincérité du député de Saint-Jérôme, il m’apparaît qu’il devra faire face à l’héritage de son passé dans les mois à venir. Et, à cet effet, il devra se montrer garant de cette « conversion » s’il aspire rallier la base militante du PQ dont la majorité est syndiquée.

quebechebdo 29 janvier 2015

Encore des mots, toujours des mots

28 janvier 2015

Si on dit parfois qu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’idée, on peut affirmer que Philippe Couillard ne fait pas partie de cette catégorie. En effet, on ne compte plus les promesses électorales qui ont changé de cap depuis l’arrivée au pouvoir du PLQ.

Toutefois, la palme d’or dans la catégorie « valse-hésitation » va surement aux tergiversations du premier ministre concernant le phénomène de l’intégrisme religieux qui est passé de la « menace que représentent, chez nous, l’extrémisme et tous les intégrismes religieux » en décembre 2013 à la lutte contre « la radicalisation » aujourd’hui.

À l’entendre palabrer sur la sémantique, on a vraiment l’impression que Philippe Couillard cherche tous les moyens pour éviter de se compromettre dans ce dossier. Pour reprendre les paroles de Dalida dans sa chanson, M Couillard excelle dans l’art de jouer sur « encore des mots, toujours des mots » sans s’attaquer réellement au problème.

M Couillard, vous qui vous targuez de prioriser la sécurité des Québécois, vous ne croyez pas qu’il serait plus que temps de quitter le terrain de la petite guéguerre de mots et de vous placer en mode action ?

quebechebdo 28 janvier 2015

 

Le piège de la nuance

27 janvier 2015

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le premier ministre Couillard a la peau fragile lorsque l’intégrisme religieux et le terrorisme sont abordés. Sa dernière nuance entre les deux termes démontre à quel point notre premier ministre excelle dans l’art de marcher sur la corde raide.

« L’intégrisme, c’est une pratique religieuse poussée à l’extrême qui, tant qu’elle n’enfreint pas les droits des autres — des autres, exemple, les femmes —, bien sûr fait partie des choix personnels de chacun ». Conséquemment Philippe Couillard n’a aucune velléité de brimer le droit des intégristes « dans la mesure où ils respectent la loi ». En conclusion, il ne faut pas confondre intégrisme et terrorisme. Voilà pour la belle théorie de M Couillard.

Toutefois, dans les faits, comme la très grande majorité des terroristes sont des intégristes de religion islamique, n’y-a-t-il pas lieu de supposer que les nouveaux intégristes, dans la lignée de leurs confrères, s’aventureront un jour sur le terrain du terrorisme ? Une présomption qui risque fort de devenir réalité.

En termes clairs, en dissociant les deux termes, Philippe Couillard se retrouve piéger dans une nuance dangereuse qui, à coup sûr, laissera libre cours à de futurs terroristes. D’où la nécessité de garder un œil vigilant sur les intégristes avant qu’ils ne passent aux actes. 

quebechebdo 27 janvier 2015 

La rançon du mépris

27 janvier 2015

À n’en pas douter, la coupe déborde entre les omnipraticiens et le ministre de la santé, Gaétan Barrette. Après s’être attaqué aux structures du ministère, le ministre « bulldozer » fonce maintenant tête baissée dans la tâche des médecins de famille.

Et si ce n’était que de cela, on pourrait lui prêter une oreille attentive. Mais non, Gaétan Barrette y va d’affirmations méprisantes et de déclarations  menaçantes qui frisent l’insulte et le chantage.

À mon sens, Gaétan Barrette a atteint le seuil de l’indécence dans ses « négociations » avec les omnipraticiens. Il m’apparaît évident qu’il a perdu toute crédibilité pour mener à terme une entente négociée avec les médecins de famille.

En conséquence, une seule voie s’impose : le dossier doit être confié illico entre les mains du premier ministre, à défaut de quoi le ministre Barrette récoltera la rançon du mépris pour le plus grand désarroi des bénéficiaires du système de santé qui sont déjà assez échaudés depuis des décennies.

quebechebdo 27 janvier 2015

L’oral et l’écrit doivent faire « bon ménage »

27 janvier 2015

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’article de Jean-Benoît Nadeau publié dans Le Devoir du 26 janvier sous le titre La langue française est-elle malade de ses scribes?, et je n’ai pu m’empêcher de constater qu’au 21ième siècle nous vivons encore la querelle des anciens et des modernes.

Pour corroborer son argumentaire, l’auteur s’inspire du livre d’Alain Borer, De quel amour blessée : réflexions sur la langue française. D’entrée de jeu, je vous propose un extrait de l’article de M Nadeau :  « Depuis longtemps, je crois que l’une des principales maladies de la langue française, en tant que langue internationale, est justement le crédit que l’on accorde à ses plus mauvais avocats qui prêchent l’antienne du génie, de la pureté, de l’universalité de la langue au mépris de l’usage, du plus grand nombre et de leur époque. Ce livre d’Alain Borer est une métastase de cette tumeur qui ronge la langue française au coeur… Son insistance à dire et à redire que l’on ne parle le français que si l’on se conforme à l’écrit et son rejet de toute oralité est bien la preuve que Borer n’aime pas que la langue vive libre du carcan qu’il veut lui mettre. »

À mon sens, nous assistons là à un discours usé qui remet en opposition, et cela depuis des siècles, les puristes à outrance de la langue et les tenants inconditionnels d’une langue « vive ». Comme dans tout phénomène sociologique, la langue doit évoluer tout en gardant bien présentes ses racines. C’est ainsi que j’enseignais à mes élèves ce que j’appelais le « français international », à savoir un français compris par tous les parlants francophones de la planète.

En réalité, n’est-ce pas pour que nous puissions communiquer que la langue existe ? Et pour ce faire, l’oral et l’écrit doivent faire « bon ménage ». Sinon nous assisterons à un divorce linguistique fatal et à une « batardisation » du langage. Je terminerai par cet extrait de Jean-Benoît Nadeau qui souligne, à juste titre, l’importance de garder le juste milieu : « J’ai beaucoup écrit là-dessus par le passé, mais le purisme, en soi, est légitime. Sauf quand il se drape dans le manteau du chauvinisme le plus primaire ».

vigile.net tribune libre 26 janvier 2015

Laureen sort de l’ombre

26 janvier 2015

La première dame du 24 Sussex, Laureen Harper, celle que plusieurs analystes de la scène politique qualifient déjà d’« arme secrète » des conservateurs en 2015, multiplient les présences sur Twitter et Facebook par les temps qui courent.

C’est sans compter sur sa participation au dernier épisode de 24/Sept, une capsule vidéo produite par le Bureau du premier ministre sur une base hebdomadaire au cours de laquelle l’intervieweuse a soumis la candidate à 24 questions en rafale, une stratégie dont l’objectif vise surtout à humaniser les politiciens.

Eh bien, si Mme Harper espère faire ressortir le caractère « humain » de son mari, lui dont la froideur n’a d’égale que son intransigeance, il va lui falloir davantage que ces simples petites capsules partisanes pour convaincre son auditoire du côté « bon gars » de Stephen Harper…Je vous souhaite bonne chance Mme Harper

quebechebdo 26 janvier 2015
Le Journal de Québec 27 janvier 2015
Le Soleil 1er février 2015 "Mme Harper sort de l'ombre"