Un bilan désastreux

9 avril 2016

En février 2015, soit dix mois après le retour au pouvoir des libéraux le 7 avril 2014, le Québec avait perdu 82 000 emplois à temps plein. Or, en dépit des pertes d’emploi qui s’accumulaient, le gouvernement libéral maintenait sa promesse de créer 250 000 emplois d'ici la fin de son mandat en 2018. C’est « un engagement électoral et le gouvernement tient à le remplir, assurait alors le premier ministre Philippe Couillard… On est très déterminé à le faire, il faut le faire, on va y arriver. »

Or, un an plus tard, c’est 22 000 emplois à temps plein qui ont été perdus en mars 2016, ce qui constitue un troisième mois consécutif de recul sur le marché du travail. Depuis le 1er janvier 2016, 11 000 travailleurs québécois n’ont plus leur gagne-pain, alors que dans l’ensemble du Canada, on compte 32 600 personnes de plus sur les listes de paie des employeurs.

Depuis un an, soit de mars 2015 à mars 2016, l’emploi est demeuré stable au Québec, avec une création d’à peine 300 emplois si l’on considère la création d’emplois à temps partiel. En comparaison, en Ontario, on observe la création de 85 600 emplois, pour la même période.

Le gouvernement se pavane avec un budget équilibré qui devait ouvrir la voie à la création d’emploi. Force est de constater que l’avion est encore en piste et qu’il éprouve des ennuis d’itinéraire. Conséquemment, s’il désire prendre son envol avant 2018 et atteindre son objectif de 250 000 emplois, l’avion de Philippe Couillard devra d’abord quitter la piste de l’austérité et emprunter celle de la création d’emploi, à défaut de quoi il risque de demeurer cloué au sol.

quebechebdo 9 avril 2016
vigile.net tribune libre 10 avril 2016
 

Marcel Dubé, la sensibilité à fleur de peau

8 avril 2016

S’il est une pièce de théâtre qui a marqué mon adolescence, c’est bien Le temps des lilas du dramaturge Marcel Dubé, créée en 1958 par le Théâtre du Nouveau-Monde et portée à l’écran en 1962 dans Le Monde de Marcel Dubé avec l’inoubliable Huguette Oligny dans le rôle de Blanche. J’avais à peine 15 ans à cette époque et je me rappelle avoir été transporté par l’extrême sensibilité qui se dégageait de la tendresse et de l’affection entre Blanche et Virgile, interprété par Jean-Pierre Masson.

Quelques années plus tard, j’ai eu l’extrême privilège d’interpréter le rôle de Tarzan dans la pièce Zone au Festival d’art dramatique du Québec, une pièce qui met en scène une gang de jeunes contrebandiers de cigarettes, et qui transporte les personnages dans un monde parallèle où les émotions palpables émergent des personnages grâce au talent phénoménal de Dubé dans le choix des mots.

Et la liste de chefs d’œuvre de Marcel Dubé pourrait se prolonger encore…Toutefois, une constante demeure, à savoir cette sensibilité à fleur de peau que Dubé dégageait et qu’il réussissait à transposer chez ses personnages avec une justesse communicative…Marcel Dubé est passé derrière le rideau mais ses œuvres demeureront encore longtemps dans le paysage du théâtre québécois !

quebechebdo 8 avril 2016 

Le « show de boucane »

7 avril 2016

Alors que le réinvestissement de 18 millions $ injecté en novembre 2015 en éducation aurait dû, en principe, combler des besoins criants dans les écoles, les divers intervenants sont soumis à des objectifs précis de la part du MEQ, lesquels, sont, pour la plupart, caducs ou irréalisables. De là, la réplique de la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE), Josée Scalabrini, qui qualifie cette mesure de « show de boucane ».

Ainsi en est-il d’une école qui a reçu 80 000 $ pour mettre en place des mesures pour aider les élèves à mieux réussir en français alors qu’un projet-pilote, mené en collaboration avec le milieu universitaire, a déjà réussi à combler cette lacune et que le besoin se fait sentir maintenant en mathématiques. Ou de cette autre école qui se voit placée devant l’impossibilité de mettre en place un programme d’études dirigées après les cours à cause du manque de transport en milieu rural. Et, là où le bât blesse avec le plus d’incohérence, l’école qui ne répond pas aux critères fixés par le MEQ se verra privé de la subvention.

Des exemples patents qui démontrent encore une fois à quel point le MEQ est déconnecté des besoins réels des écoles auxquels il n’a manifestement pas porté attention. Toutefois, pour « épater la galerie », c’est réussi…Tout simplement pitoyable !

quebechebdo 7 avril 2016
 

Manque de jugement

6 avril 2016

Trois mots qui reviennent souvent depuis quelques jours dans la bouche des divers intervenants appelés à commenter l’actualité politique concernant le PLQ relativement aux allégations de complicité de Sam Hamad avec Marc-Yvan Côté révélées par l’émission « Enquête ».

En effet, plusieurs observateurs se demandent, et à raison, pourquoi un politicien expérimenté comme Sam Hamad s’est laissé embarqué comme un enfant dans la magouille que lui a offerte un personnage aussi retors que Marc-Yvan Côté dont la réputation a été grandement salie lors des travaux de la commission Charbonneau.

Et il n’en fallait pas davantage pour que les effets des derniers événements relatifs au retrait de Sam Hamad de son statut de Président du Conseil du trésor ne retombent sur les épaules de Philippe Couillard et que ce dernier réagisse pour le moins « étrangement » aux révélations de l’émission « Enquête » en continuant d’appuyer sans nuance le « poulain » qui avait été le premier à lui accorder son appui lors de la course à la chefferie du PLQ.

Enfin, pour ajouter un peu de glaçage sur le gâteau, le « poulain » en question s’est enfui de l’écurie libérale pour « aller réfléchir » et « se reposer » sous d’autres cieux plus cléments, et tout cela, sans que son chef en ait eu vent…Une saga où le manque de jugement des intervenants risque d’ébranler sérieusement la galère libérale, particulièrement au chapitre de la transparence si chère à son chef !

quebechebdo 6 avril 2016
vigile.net tribune libre 8 avril 2016

Une grande comédienne nous a quittés

5 avril 2016

Il est une tradition établie au Québec de faire ressortir les qualités professionnelles d’une personnalité publique après sa mort. Il en est ainsi de Rita Lafontaine envers qui les témoignages affluent depuis l’annonce de son décès.

Après avoir vainement tenté de décrire le talent incommensurable de la muse de Michel Tremblay qui vouait à Rita Lafontaine un culte sans bornes, je me suis retourné vers les nombreuses facettes de son visage qu’elle parvenait à créer pour donner vie à ses personnages. 

Un visage expressif qui pouvait se mouler instinctivement aux situations que son personnage était appelé à vivre, passant de la tristesse à la joie avec un naturel qui savait toucher les émotions des spectateurs et téléspectateurs autant au théâtre, au cinéma que dans les téléromans.

Rita Lafontaine, une grande comédienne dont je me rappellerai du sourire et des yeux pétillants qui incarnaient une joie de vivre contagieuse…Merci à vous, Mme Lafontaine, pour avoir su nous faire vibrer pendant toutes ces années avec autant de générosité et de grandeur d’âme.

quebechebdo 5 avril 2016
 

La farce de Me Charest

5 avril 2016

Décidément, l’ancien premier ministre du Québec, Jean Charest, qui a dirigé un gouvernement libéral de 2003 à 2012, éclaboussé par les allégations de scandales de la commission Charbonneau, continue de se montrer arrogant, cette fois-ci en poussant l’audace et l’arrogance jusqu’à se présenter devant des étudiants à l’Université McGill pour y aller d’une allocution qui portait entre autres sur « les moyens de rétablir la confiance du public à l’endroit des institutions publiques ».

Il n’est donc pas étonnant qu’il ait dû faire face à des manifestants en colère qui ont dénoncé les controverses éthiques impliquant des membres du gouvernement libéral, en particulier Nathalie Normandeau et Sam Hamad. Et, pour ajouter l’odieux à l’insolence, Jean Charest, adoptant son style légendaire en banalisant les allégations de l’UPAC et de l’émission Enquête, a réitéré, devant les journalistes après sa conférence avortée, sa pleine confiance en Nathalie Normandeau et louangé Sam Hamad pour avoir « posé un bon geste lorsqu’il a décidé lui-même, à son initiative, de faire appel au commissaire à l’éthique ».

Et enfin, pour enrober « le gâteau du glaçage préféré » des libéraux, M. Charest s’est habilement faufilé lorsque le temps est venu de répondre à sa part de responsabilité dans les faits alléguées par l’UPAC en répliquant qu’il « [fallait] mettre les choses en perspective » et attendre les résultats de l’enquête du commissaire à l’éthique… Et voilà, le tour est joué, le rideau est tombé sur la farce de Me Charest !

quebechebdo 5 avril 2016
vigile.net tribune libre 8 avril 2016

L’école publique, un virage salutaire

4 avril 2016

Le débat entre l’école publique et l’école privée remonte à la fin des collèges classiques qui a vu apparaître les écoles secondaires et les Cégeps. Depuis lors, un clivage s’est opéré entre les écoles privées, vestiges des anciens collèges classiques, et les écoles publiques, issues de la réforme. Depuis ce temps, nombreux sont ceux qui ont prôné et prônent encore l’abolition pure et simple de l’école privée, alléguant un système d’éducation à deux vitesses privilégiant la clientèle des élèves doués entre les murs des écoles privées.

Or, il m’apparaît qu’aujourd’hui, cet argument ne tient plus la route, particulièrement avec l’apparition d’écoles publiques arborant une « couleur » locale. C’est le cas de la Commission scolaire Marie-Victorin (CSMV), sur la Rive-Sud de Montréal, qui offre un éventail de projets pédagogiques particuliers en fonction des champs d’intérêt et des aptitudes des élèves. Une initiative qui a vu apparaître un sentiment d’appartenance inégalé jusqu’à maintenant grâce à une participation massive des élèves aux programmes spéciaux offerts par les directions d’écoles et la complicité des enseignants.

Un virage salutaire qui recentre le débat écoles privées-écoles publiques sur l’essentiel, à savoir que l’école devienne un véritable milieu de vie pour les élèves, et cela, peu importe que l’école soit privée ou publique !

quebechebdo 4 avril 2016

La justice a le bras long…

4 avril 2016

D’après certaines sources, Sam Hamad se serait envolé vers des cieux plus radieux parce qu’il devait « s’éloigner pour réfléchir ». Mais, pour réfléchir à quoi puisque, selon ses propres aveux, M. Hamad n’a absolument rien à se reprocher concernant les allégations de favoritisme et de trafic d’influence révélées par l’émission Enquête.

Un exil pour le moins inquiétant d’autant plus que le député de Louis-Hébert s’est engagé à collaborer avec le commissaire à l’éthique dans son enquête…Probablement que la « justice a le bras long » et que la distance n’a pas d’importance dans la conception de Sam Hamad !

quebechebdo 4 avril 2016
 

Le tutorat, une arme à deux tranchants

3 avril 2016

C’est bien connu, personne n’est contre la vertu. À cet effet, on ne peut qu’applaudir à l’essor considérable que prennent plusieurs services scolaires de tutorat à domicile dont l’objectif premier est d’aider l’élève à améliorer ses techniques d’apprentissage et, par ricochet, ses résultats scolaires.

Toutefois, si on analyse les raisons qui expliquent l’essor d’un tel phénomène, nous en arrivons rapidement à deux facteurs essentiels, le premier résultant d’un manque flagrant de ressources à l’école pour pallier les difficultés d’apprentissage de certains élèves, le second, d’un manque de connaissances des parents concernant les nouvelles approches pédagogiques.

Cependant, la plupart de ces organismes demandent aux parents, et c’est tout à fait légitime, un coût qui se situe autour de 40 $ l’heure, un tarif « raisonnable » mais auquel certains parents ne peuvent contribuer, faute de moyens financiers. De là, le danger de créer un système de récupération à deux vitesses que les écoles doivent pallier en instaurant leur propre système d’aide aux élèves en difficulté…pour autant, bien sûr, que le MEQ leur offre les enveloppes budgétaires nécessaires pour le mettre sur pied !

quebechebdo 3 avril 2016
 

Exit Sam Hamad!

2 avril 2016

Sans présumer des conclusions qui ressortiront du rapport du commissaire à l’éthique et à la déontologie des membres de l’Assemblée nationale, Me Jacques Saint-Laurent, les informations dévoilées par l’émission « Enquête » concernant l’octroi de subventions à la société Premier Tech par Sam Hamad avec la complicité de son ami Marc-Yvan Côté sont accablantes. L’échange de courriels entre l’ancien ministre libéral et le président de Premier Tech, Jean Bélanger, fait ressortir sans équivoque que l’« ami Sam » a été impliqué dans une magouille visant à privilégier l’octroi d’un contrat à Premier Tech.

Voilà pour les faits. Toutefois, la balle est maintenant dans le camp du premier ministre Couillard qui n’a d’autre choix, à mon sens, que de sortir de son mutisme et de retirer Sam Hamad de son poste de président du Conseil du trésor jusqu’au dévoilement des conclusions du rapport du commissaire à l’éthique.

L’affaire Hamad porte un dur coup aux déclarations de transparence dont s’est prévalu le premier ministre depuis le début de son mandat. Il a pu éviter la disgrâce dans l’affaire Normandeau puisqu’elle ne faisait pas partie de son équipe actuelle. Il en va tout autrement pour Sam Hamad. Il doit être évincé illico de la responsabilité du trésor publique…C’est une question de crédibilité et d’imputabilité auxquelles M. Hamad ne répond absolument plus !

quebechebdo 2 avril 2016
Le Journal de Québec 3 avril 2016
vigile.net tribune libre 4 avril 2016