1 juin 2025
Il fut un temps pas si lointain où la profession d’enseignant jouissait d’un rayonnement social incontestable. Les enseignantes et les enseignants étaient perçus comme des courroies de transmission des connaissances à des apprenants indispensables à l’évolution de la société.
Mais que s’est-il donc passé pour que nous assistions aujourd’hui à la dévalorisation croissante de la carrière d’enseignant alors que, dans les faits, leur rôle de transmetteurs de connaissances soit toujours le même que celui de mon temps? À mon sens, la réponse se résume en un mot: évolution. Au cours des dernières décennies, la société s’est transformée considérablement. L’éclatement de la famille traditionnelle et son prolongement dans l’avènement de la pluriparentalité, la mise à l’écart de valeurs telles le respect, l’autorité, le sens de l’effort, la dépendance hallucinante des jeunes envers les médias sociaux et leurs conséquences désastreuses sur la violence sous toutes ses formes ont grandement contribué à la situation chaotique dans laquelle sont appelés à évoluer les enseignantes et enseignants d’aujourd’hui.
Dans ces conditions, est-il possible, encore en 2025, de retrouver la dynamique essentielle à la création d’un climat sain favorisant l’apprentissage des connaissances aux adultes de demain? Ma réponse est oui. Mais comment? D’emblée, l’éducation commence à la maison et, de facto, les parents jouent un rôle déterminant dans l’éducation de leurs enfants. En termes clairs, l’implication des parents constitue un passage obligé auquel les enseignants n’ont pas à suppléer. De son côté, l’école se doit de favoriser un modus vivendi répondant expressément aux valeurs humaines, particulièrement le respect des uns envers les autres.
Les défis à relever en ces temps de profonds bouleversements sont immenses, et l’école ne peut y échapper.Toutefois, je demeure convaincu que l’école, contre vents et marées, doit garder le cap sur sa mission première, à savoir incarner le temple du savoir dans lequel l’ensemble du personnel scolaire est voué à transmettre aux élèves les valeurs profondes et les connaissances nécessaires à les guider dans le monde pluridimensionnel et déstabilisant d’aujourd’hui.
vigile.quebec tribune libre 31 mai 2025
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31 mai 2025
En 2023, 691 grèves ont été recensées au Québec, un sommet sans précédent. En 2024 et 2025, une succession de grèves ont déferlé particulièrement dans le secteur public et notamment en éducation, en santé et dans les services sociaux allant des éducatrices de la petite enfance aux ingénieurs de l’État. Récemment les travailleurs en construction résidentielle ont déclenché une grève. Or parallèlement à cette épidémie de conflits de travail, le ministre du Travail, Jean Boulet, a déposé le projet de loi 89 qui vise à limiter le droit de grève et de lock-out en cas de conflit de travail affectant les services essentiels à la population, un projet de loi qui a suscité de vives réactions de la part des syndicats qui le perçoivent comme une attaque contre le droit de grève et une entrave à la négociation collective.
En bref, c’est le bras de fer permanent entre les parties qui demeurent chacune sur leur position sans espoir de compromis à court terme. Et pourtant, il existe un mécanisme qui permet de régler un différend à l'amiable avec l'aide d'un tiers neutre et impartial, à savoir la médiation. À cet effet, la CNESST offre un service de médiation gratuit pour les conflits liés aux normes du travail, à l'équité salariale, à la santé et sécurité, aux accidents et maladies professionnelles.
Le bourbier démobilisateur dans lequel les employés et les employeurs s’enlisent au Québec actuellement conduit irrévocablement à des situations conflictuelles anti-productives qui risquent de freiner toute possibilité d’entente entre les parties. Dans ces circonstances, je suis d’avis que la grève devrait constituer le dernier recours, prenant pour acquis que la présence d’une tierce partie incarnant une nécessaire neutralité incarne une route sur laquelle les deux parties peuvent en arriver à un terrain d’entente à leur satisfaction pleine et entière.
vigile.quebec tribune libre 30 mai 2025
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31 mai 2025
Lors du point de presse tenu conjointement par le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, et l’ex-maire de Montréal, Denis Coderre, ce dernier a invoqué les possibles avantages de son attractivité auprès des libéraux du comté d’Arthabaska à l’occasion de l’élection partielle. Or à l’élection générale de 2022, le Parti libéral du Québec (PLQ) a récolté 1702 voix pour un maigre 3,76% des votes dans le comté d’Arthabaska. Dans ces conditions, le pouvoir d’attraction de Denis Coderre ne risque pas trop d’influencer les résultats de l’élection partielle. Et, de surcroît, l’ancien ministre libéral fédéral demande au PLQ de ne pas présenter de candidat pour faciliter l’élection d’Éric Duhaime, mais aussi, pour «sauver de l’argent».
Par ailleurs, faut-il le rappeler, Denis Coderre a manifesté son intention de poser sa candidature à la chefferie du PLQ. Toutefois, ses démêlés avec le fisc ont poussé les libéraux à rejeter sa candidature, une décision contre laquelle le principal intéressé s’est dit «dégoûté». Or par ailleurs, Denis Coderre affirme dur comme fer que son appui aux conservateurs n’est aucunement motivé par une volonté de se venger des libéraux.
«Un chef de parti, quel qu’il soit – si ça avait été un autre, j’aurais fait la même maudite affaire – a le droit de siéger à l’Assemblée nationale», argue l’ancien maire de la Métropole. Soit! En revanche, les récents sondages placent le chef du PCQ parmi les favoris dans la course à l’élection partielle dans Arthabaska. N’est-ce pas là une excellente raison pour Denis Coderre d’assouvir sa douce vengeance contre le PLQ?
vigile.quebec teibune libre 30 mai 2025
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29 mai 2025
Pour l’avoir répété à outrance, le ministre de la Santé, Christian Dubé, juge que les médecins ne travaillent pas suffisamment. Un argument qui, disons-le, constitue un bien mauvais départ visant une négociation efficiente, et suscitant de facto un braquage des fédérations de médecins contre les velléités du ministre Dubé.
Avec son projet de loi 106, le ministre Dubé veut que 25 % de la rémunération totale des médecins soit établie en fonction de la performance, donc de l'atteinte de certaines cibles. Dans cette formule mathématique, le 0,25 représente 25 %, alors que le 0,1 représente 10 %. Le taux de 25 % est associé au nombre d'objectifs atteints et celui de 10 % au nombre d'objectifs ratés. En bref, si tous les objectifs sont atteints, les médecins reçoivent les 25 % liés à la performance. Si aucun objectif n'est atteint, les médecins reçoivent un minimum de 10 %.
Aux yeux de la Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ), « la formule mathématique développée par le gouvernement pour évaluer la performance de la première ligne ne mesure pas la qualité des soins reçus, la satisfaction des patients et les bienfaits sur leur santé globale. Bref, cette équation déshumanise les soins et passe à côté de l’essentiel. »
Or dans l’hypothèse où chacune des parties vise comme objectif prioritaire que chaque Québécois ait un médecin de famille, je suis d’avis qu’elles doivent retourner illico à la table des négociations et trouvent un terrain d’entente à la satisfaction des trop nombreux patients orphelins au Québec. En termes clairs, finies les guerres de clocher et place à une concertation entre adultes responsables et imputables à un service de santé universel pour le plus grand bien de la santé de tous les Québécois qui sont pleinement en droit de recevoir les services de santé qu’ils paient de leurs poches en tant que contribuables.
vigile.quebec tribune libre le 28 mai 2025
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29 mai 2025
Dans l’esprit du premier ministre, Mark Carney, la participation du monarque britannique, Charles III, à la lecture du Trône devait notamment laisser voir à Donald Trump que le Canada était un pays souverain. Or la réalité a été toute autre, le président déclarant sur son réseau social quelques heures après le passage du roi au Sénat : « J’ai dit au Canada, qui souhaite ardemment faire partie de notre fabuleux système du dôme Doré, que cela lui coûterait 61 milliards de dollars s’il restait une nation séparée, mais inégale, mais que cela lui coûterait ZÉRO DOLLAR s’il devenait notre cher 51e État. Ils envisagent l’offre! » De toute façon, il aurait été fort surprenant que Donald Trump réagisse autrement du haut de sa narcissique mégalomanie.
Quant à la stratégie de Mark Carney, maintenant que le faste de Charles III est derrière lui, il doit retourner sur le plancher des vaches et s’attaquer aux nombreux défis qu’il s’est fixé notamment de faire du Canada la « superpuissance énergétique mondiale, tant dans l’énergie propre que dans l’énergie traditionnelle » et tout cela en demeurant un allié fidèle du représentant de la terre de l’oncle Sam. Tout un challenge pour un profane de la scène politique!
vigile.quebec tribune libre 28 mai 2025
Le Soleil (versuion numérique) 29 mai 2025
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27 mai 2025
À mon sens, la participation du roi Charles III à la lecture du discours du Trône à la Chambre du Sénat en guise d’ouverture d’une nouvelle session parlementaire est basée sur un argument antinomique. En effet aux yeux du premier ministre fraîchement élu, Mark Carney, l’invitation adressée au roi s’inscrit dans une volonté de « souligner la souveraineté du Canada ». Or constitutionnellement, Charles III est le souverain roi du Canada. Alors conséquemment, comment l’argument du premier ministre à l’effet d’inviter le roi du Canada peut-il être considéré comme un geste de souveraineté de la part du Canada? J’avoue que j’en perds mon latin…et vous?
vigile.quebec tribune libre 26 mai 2025
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27 mai 2025
Depuis son élection à titre de chef du Parti québécois (PQ). Paul St-Pierre Plamondon (PSPP) a toujours montré patte blanche dans ses positions à l’égard des divers dossiers sur lesquels il a pris position en tenant en tout temps des propos francs, honnêtes et circonspects.
Or l’épineux dossier sur l’abolition ou non de la bourse du carbone aura démontré de toute évidence que PSPP peut aussi être victime de dérapages dans la foulée de la majorité des politiciens. En effet, faisant fi de la position traditionnelle du PQ dans la lutte aux changements climatiques en favorisant les énergies propres, le chef du PQ a proposé d’harmoniser la taxe sur le carbone sur les autres provinces canadiennes tout en maintenant la bourse du carbone, une mesure financière qui pourrait atteindre la somme faramineuse de 1,5 milliard $.
Par ailleurs sur une autre scène, les derniers sondages en lien avec l’élection partielle dans Arthabaska démontre que le chef du Parti conservateur du Québec (PCQ), Éric Duhaime, est en bonne position dans les intentions de vote, un scénario qui laisse entrevoir que PSPP joue le jeu de la petite politique partisane. En termes clairs, le chef du PQl a troqué son image de la fidèle brebis blanche pour celle du finaud renard gris… un faux pas malheureux pour tous ses partisans qui le définissaient jusqu’à maintenant comme celui qui faisait de la politique autrement!
vigile.quebec tribune libre 26 mai 2025
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25 mai 2025
Une page publicitaire parue dans le Journal du 23 mai sous le titre « Pour que le français continue de nous unir » a particulièrement attiré mon attention en raison de mon expérience passée en tant que professeur de français langue seconde. On y fait mention des craintes des quelque 900 professeurs de francisation du ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), représentés par le Syndicat des professeurs de l’État du Québec (SPEQ), que les conditions favorisant la francisation des Québécois d’adoption ne se révèlent qu’une façade politique.
Le gouvernement Legaut clame haut et fort sur toutes les tribunes l’importance pour les nouveaux arrivants d’apprendre la langue de leur terre d’accueil. Or, la réalité en classe est toute autre. Les professeurs ne sont pas soutenus dans l’exercice de leur travail. Ils ont le sentiment que la priorité de leur ministère est de vider la liste d’attente rapidement, quitte à mettre en péril la qualité de la francisation. De plus, ils doivent conjuguer avec des sessions trop courtes en regard du programme, sans recevoir aucune aide spécialisée pour les élèves en difficulté d’apprentissage ou victimes de traumatismes dans leur pays d’origine. Et, comble de malheur, le gouvernement leur propose une augmentation du nombre d’élèves par classe.
Une francisation efficace est primordiale pour assurer une intégration harmonieuse des nouveaux arrivants à la société québécoise. Tant et aussi longtemps que la sous-ministre Karine Dumont s’évertuera à offrir une « francisation à rabais », les belles paroles de François Legaut sur l’importance reliée à l’apprentissage du français de la part des nouveaux arrivants demeurera une petite politique clinquante de bas étage.
vigile.quebec tribune libre 24 mai 2025
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25 mai 2025
L’éducation est en mal d’amour au Québec, pénurie d’enseignants qualifiés et de personnel spécialisé, lourdeur de la tâche, vétusté des écoles. Et pourtant, dès son premier mandat en 2018, François Legault avait promis d’en faire la priorité de ses priorités. Or sept ans de gouvernance caquiste plus tard, le ministre de l’Éducation, Bernard Drainville, devant l’ampleur de la violence dans les écoles, présente un plan d’action axé sur l’interdiction du cellulaire à l’école et le vouvoiement obligatoire envers le personnel scolaire. Des pistes de solution qui, bien que louables, sont à mille lieues des enjeux fondamentaux qui gangrènent lentement mais sûrement la vocation première de l’école, à savoir la communication des connaissances à des apprenants.
Encore aujourd’hui, l’école ouvre ses portes à tous les jours à l’éveil des jeunes au monde qui les entoure. Rien n’a changé en ce domaine. De ce fait, qu’avons-nous perdu en chemin pour que s’installe dans nos écoles un tel désamour envers le respect de l’autre et le sens de l’effort inhérent à l’apprentissage des connaissances? Comment en sommes-nous arrivés à assister sans coup férir aux départs hâtifs et inquiétants de certains enseignants qui ont baissé les bras devant un climat malsain et démobilisateur?
Des questions inquiétantes, voire alarmantes qui commandent des réponses en lien avec le monde « moderne » dans lequel baignent les jeunes d’aujourd’hui, notamment l’explosion des cellules familiales et l’apparition de la pluriparentalité. Une situation préoccupante qui a donné naissance à toute une génération d’élèves éprouvant des besoin particuliers et pour lesquels les ressources spécialisées manquent à l’appel. Enfin, la dépendance systémique aux médias sociaux contribue à l’accroissement des problèmes de concentration qui se répercutent en période de cours, et qui ajoutent grandement à une désaffection croissante envers la profession d’enseignant.
L’éducation a été et est encore aujourd’hui le fer de lance de la société, laquelle par ailleurs, semble avoir perdu ses repères, en particulier le lien d’autorité qui doit régner entre le jeune et ses parents, et l’élève envers ses enseignants. La famille comme l’école doivent retrouver leurs lettres de noblesse. La relation d’autorité doit être rétablie dans le respect de chacune des parties. Dans un tel climat, peut-être arriverons-nous à recréer l’attractivité pour ce qui incarne toujours, à mes yeux, le plus beau métier du monde.
vigilequebec tribune libre 24 mai 2025
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24 mai 2025
Parlant de son dôme d’or antimissile et de l’intérêt manifeste du premier ministre canadien Mark Carney, pour son projet, le président américain, Donald Trump, a plaidé que « Le Canada nous a appelés, et il veut en faire partie. On va lui parler. Il veut de la protection lui aussi. Comme d’habitude, on aide le Canada comme on peut ». En revanche, le Canada se retrouve toujours impliqué contre son gré dans une guerre de tarifs douaniers imposée, faut-il le rappeler, par le même Donald Trump. En somme, Donald Trump souffle le chaud et le froid.
Or à la suite de sa récente rencontre avec le président, Mark Carney a fait l’éloge de son homonyme américain en le qualifiant de « président transformateur » et de leader qui apporte du bon et du mauvais tout en parlant des bienfaits de voir Donald Trump assis dans la chaise présidentielle.
Dans cette foulée, deux questions me viennent à l’esprit. Primo, que s’est-il donc passé pour que Mark Carney louange subitement à tel point le président Trump? Et secundo, en acceptant de se rallier au projet anti-missile de Trump, le premier ministre ne risque-t-il pas de réveiller la lubie de Donald Trump à l’égard de l’annexion du Canada comme 51e état des USA en s’affichant de façon transcendante comme le grand frère au secours de son jeune frère?
Le président n’en est pas à ses premières idées mégalomanes. De ce fait, Mark Carney devrait, à mon avis, tempérer ses ardeurs eu égard au dôme d’or de Trump d’autant plus qu’à ma connaissance, aucun danger imminent n’est susceptible d’envahir à court terme la voûte céleste canadienne. Un peu de retenue, M. Carney, devant l’ogre narcissique et assoiffé de pouvoir!
vigile.quebec tribune libre 23 mai 2025
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