Politique énergétique à géométrie variable

12 avril 2025

C’est bien connu, les chefs de partis politiques, en campagne électorale, adaptent leurs discours à l’« humeur » des électeurs auxquels ils s’adressent. Ainsi en est-il du passage du chef libéral, Mark Carney, en Alberta, reconnue pour sa richesse pétrolière. « Comme pays, nous avons été trop prudents en nous appuyant trop sur les États-Unis. Il est temps de réaliser tout le potentiel du Canada », a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Calgary.

Or Mark Carney, pourtant reconnu comme un ardent militant pour la lutte aux changements climatiques, se targue maintenant d’être « un pragmatiste ». Et à cet effet, à la question d’un journaliste qui lui demandait si cette position ne signifiait pas un recul sur ses valeurs, le premier ministre répliqua en affirmant que le monde opère une transition vers une économie plus faible en carbone, mais qu’en même temps il veut voir le Canada « dominer » le marché de l’énergie conventionnelle.

De là à franchir le pas vers le pétrole et le gaz, il n’y a qu’un pas, et il semble que Mark Carney, dans le contexte d’une économie mondiale qui « évolue » , soit prêt à exploiter les corridors d’énergies fossiles pour « réaliser tout le potentiel du Canada », une politique à géométrie variable à l’égard de son engagement affirmé à maintes occasions dans sa lutte contre le réchauffement climatique de la planète.

vigile.quebec tribune libre 11 avril 2025

Politique énergétique à géométrie variable

11 avril 2025

C’est bien connu, les chefs de partis politiques, en campagne électorale, adaptent leurs discours à l’« humeur » des électeurs auxquels ils s’adressent. Ainsi en est-il du passage du chef libéral, Mark Carney, en Alberta, reconnue pour sa richesse pétrolière. « Comme pays, nous avons été trop prudents en nous appuyant trop sur les États-Unis. Il est temps de réaliser tout le potentiel du Canada », a-t-il déclaré lors d’un point de presse à Calgary.

Or Mark Carney, pourtant reconnu comme un ardent militant pour la lutte aux changements climatiques, se targue maintenant d’être « un pragmatiste ». Et à cet effet, à la question d’un journaliste qui lui demandait si cette position ne signifiait pas un recul sur ses valeurs, le premier ministre répliqua en affirmant que le monde opère une transition vers une économie plus faible en carbone, mais qu’en même temps il veut voir le Canada « dominer » le marché de l’énergie conventionnelle.

De là à franchir le pas vers le pétrole et le gaz, il n’y a qu’un pas, et il semble que Mark Carney, dans le contexte d’une économie mondiale qui « évolue » , soit prêt à exploiter les corridors d’énergies fossiles pour « réaliser tout le potentiel du Canada », une politique à géométrie variable à l’égard de son engagement affirmé à maintes occasions dans sa lutte contre le réchauffement climatique de la planète.

vigile.quebec tribune libre 11 avril 2025

Un code d’éthique axé sur le « paraître »

11 avril 2025

Le ministère de l’Éducation (MEQ), dans le prolongement de la loi visant à renforcer la protection des élèves, notamment contre les actes de violence sexuelle, adoptée l’an dernier, a fait parvenir à tous les établissements scolaires un nouveau code d’éthique. Or l’article 8.2 du code d’éthique stipule que «tout membre du personnel (…) doit faire preuve de réserve et de modération dans la manifestation publique de ses opinions en s’abstenant de tenir des propos qui concernent l’Organisme scolaire ou ses établissements, ses partenaires, ses employés, ses élèves ou leurs parents et pouvant causer préjudice à leur image ou à leur réputation.»

Il n’en fallait pas davantage pour qu’une telle disposition ne suscite un tollé de contestations de la part des syndicats, notamment en raison de son caractère astreignant à l’égard de l’omerta imposé sur des situations problématiques qui pourraient survenir entre les murs de l’école. En un mot, les profs risquent d’être déchirés entre leur devoir de loyauté envers l’institution et le bien-être de leurs élèves.

À mon avis, l’article 8.2 du nouveau code d’éthique privilégie le « paraître » au détriment de l’« être », une situation paradoxale qui va de toute évidence à l’encontre des valeurs privilégiées dans un école, notamment la sauvegarde de la qualité de vie des élèves. Et de surcroît, ces dispositions portent directement atteinte aux droits fondamentaux en matière de liberté d’expression.

Le chaos dramatique suscité à l’école Bedford lié à l’instauration d’un climat d’omerta sur les dérives d’un groupe d’enseignants qui dérogeaient sans coup férir à l’application du curriculum de cours ne doit pas s’étendre pernicieusement dans les écoles du Québec. Aussi est-il primordial que l’équipe-école soit vigilante à l’égard de ces comportements déviants et qu’elle puisse les dénoncer sans contrainte pour le plus grand bien de la protection et de la qualité de vie des élèves.

vigile.quebec tribune libre 11 avril 2025

Mairie de Québec: les hostilités sont déclenchées

11 avril 2025

Un peu plus de 200 jours avant le scrutin aux élections municipales, soit le 2 novembre 2025, le maire actuel, Bruno Marchand, et le candidat à la mairie du nouveau parti, Leadership Québec, Sam Hamad, ont déjà déclenché vertement les hostilités.

D’un côté, Sam Hamad, ex-député libéral de Louis-Hébert de 2003 à 2017 dans le gouvernement de Philippe Couillard, qui reproche à Bruno Marchand de manquer de leadership, notamment en lien avec le projet de tramway qui, selon Sam Hamad, « n’est pas le bon projet pour Québec ». Or à la question des journalistes qui lui demandent ce qu’il fera des pénalités imposées si le projet n’est pas mis sur les rails, il répond qu’il n’en paierait pas une « cenne ».

De l’autre, le maire Bruno Marchand dépeint son adversaire comme un réactionnaire qui rêve d’un retour en arrière. “Make Québec great again”, lance-t-il ironiquement en référence au slogan des campagnes de Donald Trump. En ce qui a trait à l’entente signée entre la Ville de Québec et le gouvernement Legault pour la réalisation du tramway, le maire rappelle qu’elle prévoit des pénalitésde 150 millions $ ou pluspour la Ville de Québec si elle décide de se retirer du projet. Aux yeux du maire Marchand, Sam Hamad regarde vers le passé, lui, vers l’avenir. Enfin Bruno Marchand argue que son opposant à la mairie est atteint de la « pensée magique » quand il promet de laisser tomber le tramway pour livrer un autre projet de mobilité à l’intérieur d’un premier mandat.

De toute évidence, les deux candidats à la mairie de la Capitale nationale se distinguent radicalement à l’égard de leur approche sur un projet structurant de mobilité durable, ce qui, en soi, a le mérite de mettre sur la table deux hypothèses pour les électeurs. En revanche, le projet de Sam Hamad demeure encore inconnu à ce jour.

Selon son propre dire, Sam Hamad a décidé de faire le saut en politique municipale pour servir les Québécois en faisant preuve de leadership dans les dossiers qu’il mettra de l’avant. Pour ce qui est de Bruno Marchand, plusieurs dossiers inachevés sont encore à l’état embryonnaire, tels le logement à prix modique, l’itinérance, la revigoration du quartier St-Roch, etc. Le combat n’en est qu’au premier round. Que nous réserve la suite?

vigile.quebec tribune libre 10 avril 2025

Favoriser l’humanité à la coercition, plaide Dany Laferrière

9 avril 2025

« On ne peut pas accueillir toute la misère du monde », affirme le ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, en réaction au nombre imposant de demandeurs d’asile au poste frontalier de Saint-Bernard-de-Lacolle, issus de la déportation des Haïtiens imposée par le président américain, Donald Trump. Il n’en fallait pas davantage pour susciter une vive réaction de la part de l’écrivain académicien d’origine haïtienne, Dany Laferrière, qui plaide pour un accueil plus humain de « toute la richesse du monde ». Des propos accueillis froidement sur les réseaux sociaux, mettant en lumière la situation déjà complexe du Québec à l’égard de sa capacité d’accueil.

Partant des conditions misérables dans lesquelles baignent les Haïtiens depuis des décennies, personne ne met en doute l’extrême fragilité de leur statut d’être humain à part entière. En ce sens, le cri d’alarme en leur faveur de la part de Dany Laferrière se doit d’être de facto écouté avec humanité. En revanche, la réalité imposée par l’incapacité du Québec d’accueillir dignement les demandeurs d’asile d’origine haïtienne ne peut être relayée dans le déni, notamment dans un contexte de crise du logement et de pénurie de personnel en santé et en éducation. De fait, accueillir ces demandeurs d’asile au Québec les cantonnerait dans un statut précaire en plus de limiter davantage les Québécois à l’accès aux services essentiels.

Dans ces circonstances, je suis d’avis que le ministère de l’Immigration du Québec, via son ministre responsable, Jean-François Roberge, se penche sérieusement sur des pistes d’allègement eu égard aux répercussions dramatiques auxquelles sont soumis les demandeurs d’asile haïtiens. En termes clairs, le gouvernement doit favoriser d’abord l’humanité à la brutalité de la froide et austère coercition.

vigile.quebec tribune libre 9 avril 2025

Approche paradoxale de Carney sur la loi 96

9 avril 2025

D’un côté de la bouche, le premier ministre du Canada, MarkCarney, assure vouloir protéger la langue française, de l’autre, il dévoile son intention d’attaquer en Cour suprême la loi 96, Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français, en s’engageant à appuyer tout organisme qui combattrait la clause dérogatoire pourtant inscrite à l’article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés. Dans cette foulée, le chef libéral promet d’augmenter de manière importante le financement public de CBC/Radio-Canada tout en maintenant en place les publicités comme source de revenu pendant les émissions d’information sur notre Société d’État, y compris certaines pubs uniquement en anglais (1). 

Bien que Mark Carney consente des efforts pour parler français et qu'il s'engage à ne jamais le mettre sur la table d'une éventuelle négociation, force est d'admettre que la qualité de son français laisse pour le moins à désirer de la part d'un candidat aspirant devenir le premier ministre d'un pays s'affirmant bilingue.

L'histoire du Québec est étroitement reliée à sa culture et à sa langue. Or Mark Carney présente des lacunes évidentes à l'égard de ces trois composantes essentielles. À preuve cette bourde monumentale ayant trait à sa confusion entre les tueries de Concordia et de Polytechnique. Par ailleurs, son refus de participer au Face-à-Face de TVA dénote indéniablement un manque de confiance envers son français confronté à des adversaires maîtrisant la langue de Molière.

La Loi 96 est un passage obligé au Québec. La position paradoxale de Mark Carney sur sa légitimité vient contrecarrer ses intentions avouées de défendre coûte que coûte la langue de chez nous. Aussi vient-elle semer le doute sur ses réelles intentions derrière la survie de notre langue et l'importance du Québec au sein de la confédératiion canadienne. Dans cette optique, Mark Carney aurait avantage à se rallier aux défenseurs de la clause dérogatoiire appliquée à la Loi 96, à défaut de quoi le doute continuera de planer sur ses véritables convictions envers la langue officielle du Québec.

(1) https://www.youtube.com/watch?v=L91Vdh5HbAo&ab_channel=GrooveGuild

vigile.quebec tribune libre 8 avril 2025

Jagmeet Singh, le mal aimé

7 avril 2025

De toute évidence, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh, traîne loin derrière dans les sondages à l’égard des intentions de vote des Canadiens nonobstant ses réalisations envers les travailleurs, particulièrement sa participation importante à la création du programme universel de soins dentaires. À cet effet, Jagmeet Singh est catégorique : sans sa détermination, les libéraux de Justin Trudeau n'auraient jamais offert un tel programme si le NPD ne les avait pas forcés à le faire. « On n'était pas là pour appuyer le gouvernement. On était là pour forcer le gouvernement à travailler pour les gens », plaide M. Singh.

Par ailleurs, devant le spectre omniprésent de Donald Trump dans le paysage de la campagne électorale, le chef du NPD se présente comme le seul chef se portant à la défense des travailleurs, arguant notamment qu’il représente le seul parti à proposer une augmentation de l'assurance-emploi. « Aujourd'hui, si vous perdez votre emploi, le montant de vous avez, ce n'est pas beaucoup. C'est 50 % de votre salaire, avec un maximum de 60 000 par année. Peut-être que dans le passé les gens pouvaient payer le loyer et l'épicerie avec ça. Mais maintenant, c'est impossible », argue le chef néo-démocrate.

Dans un contexte où le monstre Donald Trump occupe toute la place sur la scène de la campagne électorale fédérale et, par ricochet, le banquier Carney draine dans son sillon une forte partie des partisans du NPD, force est de constater que les astres sont alignés sur un chef ayant l’expertise pour affronter le grand Orange en la personne de Mark Carney. Une conjoncture circonstancielle qui affecte malheureusement le discours pragmatique de Jagmeet Singh à l’égard de la situation économique précaire à laquelle sont confrontés les Canadiens, y compris les Québécois qui, eux, délaissent le Bloc québécois pour se joindre au chef de parti du monde de la finance.

En résumé, il appert que la chasse au dollar a pris la tête du peloton dans la course aux suffrages pour l’obtention du pouvoir au détriment des besoins des travailleuses et des travailleurs. À moins d’une gaffe monumentale de la part de Mark Carney d’ici la fin de la campagne, les libéraux s’acheminent vers la victoire le 28 avril. Reste à voir ce qu’il adviendra de la classe ouvrière dans un tel scénario…

vigile.quebec tribune libre 7 avril 2025
Le Soleil (version numérique) 8 avril 2025

Pub anglophone sur RDI

6 avril 2025

Le chef libéral, Mark Carney, promet d’augmenter de manière importante le financement public de CBC/Radio-Canada tout en maintenant en place les publicités comme source de revenu pendant les émissions d’information. Or quelle ne fut pas ma stupéfaction d’être témoin, aux heures de grande écoute, sur les ondes de notre Société d’État, au cours des émissions « En direct avec Patrice Roy » et « 24/60 », une publicité exclusivement en anglais sur Volskwagen animée par la chanson "Are you having any fun?" interprétée par Elaine Stritch.
https://www.youtube.com/watch?v=L91Vdh5HbAo&ab_channel=GrooveGuild

Suite à ce constat, j’ai communiqué par courriel avec un représentant de la publicité à Radio-Canada pour l’informer de cette situation pour le moins incongrue par deux fois et, à chaque occasion, il me répondit qu’il allait s’occuper de cet imbroglio. Un mois plus tard, c’est le statu quo, la pub continue d'envahir sans coup férir nos écrans dans la langue de Shakespeare.

Rappelons, en terminant, que l’ancienne ministre du Patrimoine, Pascale St-Onge, avait proposé que la hausse de financement public à Radio-Canada devrait s’accompagner d’une « interdiction » des publicités lors des émissions d’affaires publiques. Une recommandation que Mark Carney devrait faire sienne, particulièrement dans un contexte où les publicités anglophones semblent s’infiltrer allègrement sur les ondes de Radio-Canada, à défaut de quoi la gangrène ne fera que s'amplifier pernicieusement au grand dam des auditeurs francophones.

vigile.quebec triune libre 6 avril 2025

Tout simplement pathétique!

6 avril 2025

Parmi la pléthore de pays ciblés par le président Trump le 2 avril dans sa guerre économique mondiale, se trouve l’archipel des Iles Heard et McDonald ne totalisant que 370 km2 et sur laquelle les seuls habitants sont des manchots de l’Antarctique, des albatros et des éléphants de mer. De ce fait, il est difficile d’imaginer sur quoi ces droits de douane s’appliqueront, les manchots, bien qu’ils soient de bons pêcheurs, n’étant pas réputés pour être des exportateurs de poissons!

vigile.quebec tribune libre 5 avril 2025

Matchs de ping-pong à la CAQ

6 avril 2025

Dans la foulée de la vieille expression québécoise, force est de constater que « le diable est aux vaches » entre la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, et le ministre responsable des Infrastructures, Jonathan Julien. Que ce soit l’achèvement de l’autoroute 20 définancé au Bas-Saint-Laurent, les voies réservées promises depuis des lunes abandonnées à Québec, ou la mise à niveau du chemin de fer à nouveau retardé en Gaspésie, chaque jour depuis le dépôt du budget du ministre des Finances, Éric Girard, voit un projet retardé ou mis sur la glace par le gouvernement Legault dans son dernier Plan québécois des infrastructures (PQI), le dernier en liste étant l’annulation par le gouvernement de sa participation financière dans le projet de garage Newton qui devait accueillir les futurs autobus électriques.

Par ailleurs, selon la bonne vieille habitude des ministres caquistes, les deux ministres de ces dossiers se renvoient la balle, aucun des deux n’acceptant quelque responsabilité ministérielle. En termes clairs, le torchon brûle entre les ministres Guilbault et Julien, chacun se dégageant de toute impunité, répétant avec fermeté que leurs choix étaient le fruit du contexte économique, des décisions du passé et du gouvernement fédéral qui s’invite de facto au tournoi de ping-pong.

Somme toute, les ministres sont inéluctablement confrontés au spectre du mot en « a » qu’ils fuient comme la peste. L’atteinte de l’équilibre budgétaire a pris des proportions titanesques si bien que les ministres titulaires de projets faramineux doivent user de contorsions pitoyables, semant la division au sein de la CAQ. À quand le jour où le gouvernement avouera qu’un régime d’austérité, hormis les systèmes de santé et d’éducation, est devenu la seule alternative à une saine gestion des revenus des contribuables québécois dont il est redevable?

vigile.quebec tribune libre 5 avril 2025