Décrochage des candidats à l’enseignement

4 avril 2025

Dans un contexte de pénurie de main d’oeuvre en enseignement, le taux de décrochage élevé des candidats à l’enseignement suscite des interrogations fort préoccupantes, la plus inquiétante étant le « pourquoi ». Une petite recherche sur le Web m’a permis de découvrir les principaux motifs agissant sur l’abandon des étudiants inscrits en Sciences de l’éducation en cours ou en fin de parcours.

Une des pistes d’explication serait la durée des études qui s’allonge chez les étudiants notamment en raison de la conciliation travail-études. À titre d’exemple, parmi la plus récente cohorte d’étudiants en enseignement,10% sont toujours inscrits à l’université six ans après le début de leur baccalauréat de quatre ans.

D’autres, telle Gabrielle, pourtant considérée comme une première de classe par un de ses anciens profs du secondaire, abandonnent en fin de parcours, après avoir complété leur quatrième et dernier stage. « J’avais déjà des questionnements et je n’ai pas eu le support dont j’avais besoin lors de ce dernier stage », raconte Gabrielle. L’imposante charge de travail, la correction et «le fait de penser à ça tout le temps» l’ont «un peu fait paniquer ». 

Juliette a toujours voulu devenir enseignante. «Pour moi, c’était le meilleur métier du monde», lance-t-elle. Dès le début de ses études, elle est confrontée à des situations difficiles, notamment lors de son premier stage alors qu’un élève en crise lui lance un bureau. «Les conditions sont pas top, les enfants sont difficiles, on n’a pas vraiment d’aide dans les classes », plaide Juliette. Pour payer son loyer, Juliette a décidé d’abandonner ses études pour travailler. « Il y a des journées où j’adorais ça, mais à la fin, je rentrais à la maison et je pleurais, j’étais complètement drainée », raconte-t-elle.

La précarité financière lors des stages, qui ne sont pas rémunérés, est aussi un frein pour plusieurs aspirants profs pris dans le carcan de la conciliation travail-études. D’ailleurs, à cet effet, certains acteurs du réseau scolaire réclament, à raison, la rémunération des stages en enseignement, ce qui contribuerait à diminuer le nombre d’abandons parmi les candidats à l’enseignement.

L’enseignement est une profession exigeante qui s’apprend dans un climat de partenariat avec des profs d’expérience qui donnent gratuitement de leur temps pour guider les candidats qui aspirent à exercer « le meilleur métier du monde ». Aussi, est-il opportun de leur procurer l’appui nécessaire pour réaliser leurs aspirations des plus louables.

vigile.quebec tribune libre 4 avril 2025

 

L’incertitude, l’as dans les cartes de Trump

3 avril 2025

Je ne prétends pas être expert en économie. Toutefois, force est de constater que le mot « incertitude » monterait sur la première marche du podium s’il fallait déterminer le vocable qui est apparu le plus souvent dans les interventions des analystes et experts qui se sont succédé sur mon petit écran entre 14h et 21h le mercredi 2 avril.

C’est bien connu, le président américain excelle dans l’art de semer la confusion et le chaos partout où il se produit, notamment dans le bureau ovale sous l’oeil attentif des médias qu’il a lui-même prédéterminés, sa dernière prestation théâtrale mettant en « vedettes » une kyrielle de pays qui se voient imposer des tarifs douaniers sur l’ensemble de leurs exportations, abstraction faite des produits couverts par l’Alliance Canada, États-Unis, Mexique (ACEUM).

Le monde des affaires éprouve une profonde aversion envers le climat d’incertitude économique, les chaînes d’approvisionnement en subissant de profondes conséquences désastreuses. Et cela, Donald Trump le sait pertinemment et ne se gêne pas pour multiplier l’imposition de mesures tarifaires drastiques qui risquent de créer notamment une crise économique pouvant mener à une récession aux répercussions planétaires et dont il aspire, envers et contre tous, tirer avantage pour les Américains.

Depuis son élection à titre de 47ième président des USA, Donald Trump surfe sans vergogne sur la vague de l’incertitude. Depuis lors, les dirigeants, notamment ceux du Canada et du Mexique, ont emprunté le chemin de la sagesse à l’égard du chaos économique dans lequel tente de les trimbaler sans coup férir le président. D’un sentiment de panique générale, le leitmotiv de la « tête froide » s’est installé progressivement dans les coulisses du pouvoir. L’imposition de contre-tarifs cède de plus en plus sa place à la négociation. Et qui sait, peut-être incarne-t-elle la véritable voie vers la réconciliation!

vigile.quebec tribune libre 3 avril 2025
Le Soleil (version numérique) 4 avril 2025

Trump s’ingère dans les compétences du Québec

2 avril 2025

Les tentacules de Donald Trump ont pris des dimensions démesurées en s’attaquant à la loi 96 du Québec via un document émanant du Bureau du représentant au commerce chargé de recenser l’ensemble des entraves imposées aux entreprises américaines dans le monde, lequel document souligne que, dès le 1er juin prochain, les produits anglophones exportés au Québec devront être accompagnés d’une description en français, et les termes génériques, être traduits dans la langue de Molière.

La réplique de Québec n’a pas tardé à se manifester : «Ce n’est pas Washington, New York ou la gang de Toronto qui va déterminer comment on va protéger le français au Québec», a lancé le ministre de la Justice et ministre responsable des Relations canadiennes. «On ne reculera pas sur l’éventuel premier ministre du Canada, Mark Carney, nos exigences de français, c’est non négociable…La défense de la langue française, ce n’est pas quelque chose qui fait même l’objet d’une discussion. Ce n’est juste pas sur la table», a assuré le ministre québécois de la Langue française, Jean-François Roberge.

De son côté, le possible éventuel premier ministre du Canada, Mark Carney, s’est prononcé en faveur de l’« objectif » de protection et de défense de la langue française au Québec tout en prenant soin d’ajouter qu’il appuiera une possible poursuite à la Cour suprême du Canada sur l’utilisation préventive de la clause dérogatoire. Un argumentaire pour le moins boiteux, voire à odeur de contradiction.

Quant à l’« irritabilité » du gouvernement Trump à l’égard des coûts engendrés par l’obligation de traduire en français l’étiquetage des produits américains exportés au Québec, le président pourra toujours « se consoler » grâce aux revenus générés par l’imposition de tarifs douaniers de 25% sur certains produits québécois, tels l’acier et l’aluminium.

vigile.quebec tribune libre 2 avril 2025

Un début de campagne jonché de controverses

2 avril 2025

La première semaine de campagne du premier ministre libéral Mark Carney n’a certes pas été de tout repos. À preuve ce florilège de controverses et, qui plus est, dans un français souvent laborieux et inaudible.

D’entrée de jeu, je ne peux passer sous silence la décision du chef libéral de ne pas participer au Face-à-Face de TVA prétextant l’absence du candidat du Parti vert alors que plusieurs analystes ont vu plutôt dans ce refus son appréhension à l’égard de cette confrontation en français. Et que dire de ce que M. Carney a qualifié de « lapsus », à savoir sa confusion entre les drames de Concordia et de Polytechnique, une gaffe monumentale qui met nettement en lumière sa méconnaissance historique de la tuerie de Polytechnique de 1989 qui a fauché abruptement la vie de 14 jeunes femmes dont le seul motif de meurtre se résumait à leur sexe.

Toujours en lien avec le Québec, Mark Carney affirme qu’un gouvernement libéral interviendrait dans une contestation en Cour suprême de la loi 96 en raison de l’utilisation préventive de la clause dérogatoire, se plaçant de la sorte en contradiction avec le NPD et le PCC qui, eux, n’ont pas l’intention d’intervenir dans un champ de compétence provinciale.

Sur un autre plan, l’affaire Brookfield, cette firme qu’a présidée Mark Carney jusqu’à son saut en politique en janvier dernier et dont la plupart des actifs son placés dans des paradis fiscaux aux Bermudes a fait couler beaucoup d’encre en raison de l’apport de M, Carney au sauvetage financier de la compagnie qui appartient au gendre de Donald Trump, Jared Kushner.

D’autre part, suite à l’appel téléphonique entre Carney et Trump le 28 mars, les deux dirigeants «ont convenu d’entamer des négociations globales sur une nouvelle relation économique et de sécurité immédiatement après les élections» fédérales. Une déclaration que le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a mal digérée en reprochant au chef libéral de laisser entendre qu’il sera élu comme premier ministre du Canada le 28 avril, une assertion qualifiée de «bris de démocratie prétentieux», par le chef bloquiste.

Enfin,nonobstant le déluge de critiques de la part des conservateurs et de plusieurs groupes pour la défense des droits de la personne pour avoir suggéré de livrer un rival conservateur, Joe Tay, aux autorités chinoises, Mark Carney a décidé d’appuyer sans coup férir son candidat de la circonscription de Markham—Unionville, dans la région de Toronto, Paul Chiang, qualifiant cette bourde de « terrible erreur de jugement ».

vigile.quebec tribune libre 1er avril 2025

Le Bloc et les enjeux du Québec

1 avril 2025

Comme il fallait s’y attendre en début de campagne, le Parti libéral du Canada (PLC), sous la gouverne de leur nouveau chef issu du monde des finances, a rapidement pris les devants dans les sondages, un effet direct de la politique tarifaire de Donald Trump. Ainsi et le Bloc et le NPD ont vu une partie de leurs militants migrer vers le PLC dont le chef, Mark Carney, un ex-gouverneur des Banques du Canada et d’Angleterre, leur apparaissait le meilleur défenseur des intérêts des Canadiens et des Québécois contre l’imposition de tarifs douaniers de la part du président américain.

Or nonobstant l’importance de ce réveil nationaliste face à l’impérialisme de Donald Trump, le Québec fait office de parent pauvre dans le spectre géopolitique du chef libéral notamment en lien avec sa méconnaissance inconvenante des pans d’histoire du Québec. « Clairement, le défi auquel on fait face, c'est de s'assurer qu'il y ait une voix québécoise forte dans le processus de réponse aux tarifs et de négociation qui s'en vient. Et je n'ai entendu une telle voix nulle part ailleurs que chez les militants du Bloc québécois » argue avec raison Yves-François Blanchet, le chef bloquiste.

Dans cette foulée, la plateforme électorale du Bloc québécois, compte tenu de la situation économique précaire avec les États-Unis, prévoit miser en priorité sur l’aide aux entreprises et aux travailleurs, et plus particulièrement sur l’engagement « formel, sans équivoque, sans tataouinage » à protéger « irrévocablement » par voie législative la gestion de l’offre. À cela s’ajoutent toute une série de mesures visant à protéger de nombreux secteurs qui pourraient être touchés par la guerre commerciale, dont les pêcheries, le bois, l’aluminium et les minéraux stratégiques.

Dans un contexte d’incertitude économique propulsé par un olibrius assoiffé de pouvoir, les Québécois doivent se tourner vers le Bloc québécois, le seul parti qui met en priorité la défense de leurs droits en tant que nation distincte au sein du Canada. Un vote pour le Bloc représente la seule option qui fera retentir la voix du Québec à Ottawa en lien avec sa culture, sa langue et ses ressources naturelles. En termes clairs, Yves-François Blanchet incarne le chef le plus judicieux pour les Québécois pour faire face au machiavélisme de Donald Trump.

vigile.quebec tribune libre 31 mars 2025

La loi 96 sous l’oeil discret de Mark Carney

31 mars 2025

Au lendemain de sa bourde sur la tuerie de Polytechnique, Mark Carney a lancé qu’il «regrette» cette bévue et assure qu’« il aime le Québec, la langue, la culture, l’histoire…». Cette gaffe, en plus de son refus de participer au Face-à-Face de TVA, a soulevé des questions concernant l’importance de la place laissée au Québec et à ses particularités dans le cadre de sa campagne électorale.

Sur un autre plan, contrairement aux intentions des chefs du Parti conservateur et du Nouveau parti démocratique de respecter les compétences du Québec telles qu’exprimées dans la loi 96 qui vient renforcer la loi 101 sur la langue française, le chef du Parti libéral du Canada argue qu’il a dit clairement « qu’on allait soutenir la contestation à la Cour suprême ».

À cet effet la réponse du ministre québécois de la Justice et responsable des Relations canadiennes, Simon Jolin-Barrette, a été catégorique. «Encore une fois, fidèle à son habitude, le gouvernement libéral s’attaque à notre langue, à nos valeurs, à notre identité. La loi 101 est fondamentale pour le Québec. Elle en est même un acte fondateur. Nous nous tiendrons debout pour défendre les Québécois. Jusqu’au bout», a-t-il écrit dans X.

Comment Mark Carney peut-il à la fois « aimer la langue française » et brandir en même temps la menace d’une participation à une éventuelle contestation de la loi qui la sous-tend à la Cour suprême? M. Carney, il serait séant de faire suivre vos bottines de vos babines…

vigile.quebec tribune libre 30 mars 2025

Mark Carney et l’affaire Brookfield

31 mars 2025

D’entrée de jeu, Brookfield Asset Management est une Société d’investissement gérant 250 000 employés dans le monde, possédant 1000 G$ d’actifs sous gestion active dans les services financiers, l’immobilier et les énergies renouvelables et dont la capitalisation boursière atteint 117 G$. Or cette firme qu’a présidée Mark Carney jusqu’à son saut en politique en janvier dernier a rendu une fière chandelle au gendre de Donald Trump, Jared Kushner, en sauvant son entreprise de sérieuses difficultés financières frôlant une faillite imminente.

Par ailleurs, force est de constater le changement de ton radical du président Donald Trump lors de sa conversation téléphonique avec Mark Carney allant jusqu’à l’appeler par son prénom, le désigner par son titre de premier ministre du Canada sans aucune allusion aux termes « gouverneur » et « 51ième État des USA ». Tous les analystes le savent, Donald Trump souffre d’imprévisibilité chronique, un merveilleux atout pour créer l’incertitude géopolitique. Toutefois, à mon sens, dans le cas de l’affaire Brookfield, son adoucissement dans le choix de ses mots a un nom, à savoir Jared Kushner.

Du côté de Mark Carney, nonobstant sa révélation eu égard à ses avoirs qu’il a placés en fiducie sans droit de regard, il n’en demeure pas moins qu’il détient toujours des options d’achat de 409 300 actions de Brookfield Asset Management d’une valeur globale estimée à 6,8 M$ US en décembre 2024.

Enfin cette « belle complicité » qui a mené à des échanges « productifs » entre les deux hommes d’État voilerait-elle une forme de manipulation de la part de Mark Carney à l’endroit du gendre de Donald Trump et, par ricochet, du président américain? Si tel était le cas, peut-être pourrions-nous assister à un revirement à l’égard des tarifs douaniers des USA. Dans le cas contraire, il est fort à parier qu’une entente secrète sur quelque autre enjeu aura été négociée entre les deux parties. À suivre…

vigile.quebec tribune libre 30 mars 2025

Le lapsus de Mark Carney

30 mars 2025

 

Admettons que l’erreur de Mark Carney en confondant « Provost » pour « Pronovost » soit un lapsus compte tenu de la similitude entre les deux noms de famille. En revanche, sa confusion entre les drames de Concordia et de Polytechnique, constitue une gaffe monumentale, et met nettement en lumière sa méconnaissance historique de la tuerie de Polytechnique de 1989 qui a fauché abruptement la vie de 14 jeunes femmes dont le seul motif de meurtre se résumait à leur sexe, et qui est reconnu comme le plus important féminicide de l’histoire du Québec.

De son côté, la militante pour le contrôle des armes à feu et ex-porte-parole de PolySeSouvient se désole que M. Carney ait confondu deux tragédies qui ont marqué le Québec. «Fiez-vous sur moi, il va entendre parler de Polytechnique, il va entendre parler des drames qu’il y a derrière les fusillades, des gens qui ont perdu la vie par arme à feu, plaide la candidate du parti de Mark Carney. Il va entendre parler de Dawson, de Concordia, de la mosquée, parce que ça a façonné ce qu’on est au Québec.»

La campagne électorale vient à peine de commencer que déjà le premier ministre s’empêtre dans son discours et sur la forme et sur le fond et cela, dans un français extrêmement laborieux et voire parfois incompréhensible. Sans l’ombre d’un doute, M. Carney bénéficie d’une expertise assumée en finance. Par contre, il aurait avantage à se faire briefer sur l’histoire du Québec à défaut de quoi il risque de voir s’envoler comme feuilles au vent sa crédibilité et, par ricochet, une partie des suffrages dans la belle province.

Alléguant sa fierté d’avoir dans ses rangs «des défenseurs de la justice sociale», le chef du Parti libéral du Canada et possible futur premier ministre du Canada, l’ex-banquier Mark Carney a commis une gaffe lorsqu’il a renommé Nathalie Provost, survivante du féminicide de Polytechnique, «Nathalie Pronovost». Et, pour ajouter ce qu’il a qualifié de « lapsus », Carney la gaffe a ensuite affirmé, en anglais, que la candidate libérale dans Châteauguay–Les Jardins-de-Napierville, en Montérégie, était devenue une «activiste pour la justice sociale» après la «tragédie des fusillades à Concordia».

vigile.quebec tribune libre le 29 mars 2025


 

Regard sur la pertinence de Santé Québec

30 mars 2025

Sur sa page d’accueil, on peut lire que « La mission de Santé Québec est principalement d’offrir des services de santé et des services sociaux par l’entremise d’établissements publics ainsi que de coordonner et de soutenir l’activité des établissements privés et de certains autres prestataires de services. Son rôle est de s’occuper des opérations et de la performance des activités du réseau afin d’assurer la satisfaction des usagers et usagères ». Santé Québec entre en opération le 1er décembre 2024, à l'issue de la période de rodage de six mois débutée le 1er juin 2024.

Sur le plan opérationnel, Santé Québec agit comme courroie de transmission des orientations du Ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) aux CIUSSS et aux CISSS afin d’assurer « la satisfaction des usagers et usagères ». À ma connaissance, depuis le début des opérations de Santé Québec, les médias ont fait allusion aux coupures de 1,5 milliard de dollars dans le système de santé exigées par le MSSS, les compressions réalisées dans les derniers mois ayant permis de diminuer les dépenses d’un peu plus 800 millions de dollars, la majorité de ces sommes étant reliées aux mutations de personnel de jour en personnel de nuit. Enfin s’ajoute à cette conjoncture financière le congédiement du vice-président exécutif, Frédéric Abergel sous prétexte qu’il n’était pas suffisamment impliqué dans la gestion quotidienne.

La pyramide supportant l’organigramme du MSSS souffrait déjà de dysfonctionnement avant l’ajout de Santé Québec. Depuis lors, les listes d’attente pour une chirurgie sont toujours aussi longues, les Québécois sans médecin de famille sont toujours en attente, et la pénurie de personnel continue toujours de ralentir le fonctionnement des blocs opératoires. Quoique Santé Québec soit un organisme encore jeune, il y a lieu de s’interroger sur la pertinence de sa création. L’amélioration de la communication entre le MSSS et les CIUSSS et les CISS aurait pu éviter la création d’une structure intermédiaire qui, pour l’instant, ne fait qu’alourdir le processus opérationnel des soins aux patients.

Dans un contexte où le dernier budget d’Éric Girard n’accorde qu’un mince 3% d’augmentation au MSSS, il m’apparaît utile de s’interroger sur l’efficience de Santé Québec, ne serait-ce que sur la masse salariale substantielle qu’elle ajoute aux dépenses de l’État.

vigile.quebec tribune libre 29 mars 2025

Le projet de tramway de Québec a 16 ans

28 mars 2025

Voici l’odyssée qu’a dû parcourir le projet de tramway de la Capitale nationale depuis sa conception…

Première station

Dès 2009, la Ville travaille sur des modes de déplacement plus durables et s’est alors dotée d’un Plan de mobilité durable, dans lequel est identifié, entre autres, un réseau structurant de transport en commun, lequel est adopté en 2011 après avoir fait l’objet d’une vaste démarche de consultations publiques.

Deuxième station

En 2015, la Ville travaille à la planification du réseau structurant de transport en commun comprenant une ligne de tramway.

Troisième station

En mars 2018, la Ville de Québec lance son projet de réseau de transport structurant dans lequel un tramway moderne et 100 % électrique constitue la colonne vertébrale de ce réseau de transport en commun.

Quatrième station

De 2018 à 2023, la Ville de Québec travaille à la conception préliminaire du projet, en planifie les étapes, mène le processus d’évaluation environnementale et inscrit ses besoins et ses exigences techniques dans des cahiers de charge utilisés dans des processus d’approvisionnement. Le 8 novembre 2023, le gouvernement du Québec mandate CDPQ Infra pour identifier un ou plusieurs projet(s) de transport structurant(s). Depuis, le Gouvernement du Québec a confirmé son intention d'aller de l'avant avec le projet de tramway de 19 km entre Le Gendre et Charlesbourg.

Cinquième station

En décembre 2024, le gouvernement du Québec, la Ville et CDPQ Infra se sont entendus sur leurs rôles et responsabilités respectifs ainsi que sur leurs modalités de réalisation pour la poursuite du projet.

Sixième station

En mars 2025, l’échéance de l’année 2027, au cours de laquelle le gouvernement du Québec devra donner un nouveau feu vert au mégaprojet, est retenu.

Référence

https://www.ville.quebec.qc.ca/apropos/planification-orientations/transport/tramway/index.aspx

En attendant… Qui sait si l’incertitude économique causée par les tarifs douaniers de Donald Trump ne fera pas dérailler le projet de tramway de la Capitale nationale? Et de surcroît, dans l’hypothèse où Pierre Poilievre était élu premier ministre du Canada, qu’adviendra-t-il du tramway compte tenu de son intention de ne pas verser un sou pour la construction d’un tramway à Québec? Enfin le tramway est-il condamné à être stationné à la gare encore bien des années? En fin de compte, arrivera-t-il à démarrer sur ses rails un de ces jours?

vigile.quebec tribune libre 28 mars 2025