Climat de tension entre le ministre Drainville et les syndicats

15 juillet 2025

La tension a monté d’un cran entre le ministre de l’Éducation, Bernard Drainvile, et les syndicats d’enseignement. À cet effet, en réaction aux coupures de quelque 570 millions $ du ministre en éducation, la Fédération autonome de l’enseignement (FAE) va jusqu’à demander sa démission à titre de ministre de l’Éducation, alors que, du côté de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), on argue que « la confiance en son leadership est sérieusement entachée ».

« L’orientation que j’ai donnée aux centres de services scolaires, c’est de mieux faire travailler cet argent-là, d’être plus efficace, de respecter les budgets, sans toucher les services aux élèves, ou, en tout cas, sans y toucher le plus possible. Je ne dis pas que ce n’est pas un effort ; c’est un effort que je demande, que nous demandons. Oui, il va y avoir des choix difficiles à faire », a déclaré le ministre.

À la CSQ, le président, Éric Gingras, critique le peu d’empressement du ministre Drainville à défendre l’éducation. « On se demande où est la volonté politique de ce gouvernement de faire de l’éducation une priorité. Où est le ministre de l’Éducation pour défendre son réseau ? Il faut arrêter le niaisage et les esquives sémantiques : persister à dire qu’il ne s’agit pas de compressions budgétaires et que l’on demande seulement de respecter les budgets, c’est prendre le personnel pour des valises. »

De toute évidence, le torchon brûle entre les parties. La confiance doit de toute urgence être rétablie pour le plus grand bien d’un climat favorisant le sain épanouissement des élèves du Québec dont l’avenir est sérieusement compromis par une guerre de tranchée foncièrement contre-productive. Et, pour y parvenir, seule la voie du dialogue pourra conduire à des pistes de solutions appropriées.

M. le ministre, nonobstant le contexte économique chaotique dans le lequel baigne votre ministère, la voie unilatérale ne fera que conduire au fiasco. Aussi est-il primordial d’enclencher le dialogue avec les enseignants dans le but ultime de déboucher sur des solutions acceptables pour les deux parties. C’est une simple question d’efficacité dans tout conflit impliquant les relations de travail avec les syndicats.

vigile.quebec tribune libre 14 juillet 2025

L’enseignement, là où se côtoient beauté et complexité

15 juillet 2025

Pour avoir eu le privilège extraordinaire de faire carrière en éducation, avec le recul, je demeure convaincu, quelque vingt ans plus tard, que l’enseignement demeure, à mes yeux, l’un des plus beaux métiers du monde et, en revanche, l’un des plus complexes.

Nonobstant les quelques cours théoriques en didactique auxquels sont soumis les étudiants en sciences de l’éducation, le véritable test se produit au moment où le professeur en herbe est plongé dans ses stages de formation en compagnie d’un maître de stage. Puis vient le grand saut, celui d’être responsable de la formation d’un groupe d’élèves. Quel beau défi que celui de communiquer des connaissances à des apprenants! Par ailleurs, quel défi apportant son lot de complexité face à des jeunes pour qui le sens de l’effort est devenu, sous l’influence des médias sociaux, une valeur à laquelle ils peinent à adhérer!

D’où l’importance essentielle d’établir la communication avec les élèves en créant une porte d’entrée qui donne accès à leur monde avant de plonger tête baissée dans le contenu du cours. À cet effet, le professeur doit être conscient qu’il n’aura pas l’attention de tous ses élèves au son de la cloche, et qu’il doit leur donner le temps de se brancher sur l’objet de son cours d’autant plus qu’aujourd’hui, fourmillent des cas d’élèves souffrant d’un déficit d’attention.

Enfin, il m’apparaît primordial d’éviter le piège de la « camaraderie » avec les élèves et de jeter les balises de la main de fer dans un gant de velours dans le but d’établir l’essentiel lien d’autorité entre le prof et ses élèves à défaut de quoi le climat d’apprentissage se transformera en cauchemar au grand dam du développement des jeunes.

vigile.quebec tribune libre 14 juillet 2025

Geneviève Guilbault ou l’art du faux-fuyant

14 juillet 2025

Décidément, le fiasco SAAQclic n’en finit plus de susciter des rebondissements tous plus retentissants les uns que les autres, le dernier en liste étant le congédiement du PDG de la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), Éric Ducharme, qui avait pourtant été nommé en avril 2023 pour remettre de l’ordre à la SAAQ, à la suite du scénario catastrophique de la plateforme numérique, court-circuitant de la sorte les résultats de la Commission Gallant prévus pour décembre 2025.

Or comment se fait-il que la ministre des Transports, Geneviève Guilbault, ait attendu plus de deux ans avant de limoger Éric Ducharme alors qu’elle assiste depuis le début de son mandat à des soubresauts budgétaires inquiétants ? À cette question, la ministre rétorque une multitude de situations sur la mauvaise gestion d’Éric Ducharme et que le temps est maintenant approprié pour le congédier.

Par ailleurs, en aucun temps, Geneviève Guilbault n’assume quelque imputabilité eu égard à l’engagement d’Éric Ducharme qui, manifestement, n’a pas répondu au mandat qu’elle lui avait confié sur l’hémorragie des coûts engrangés dans le redressement du fiasco SAAQclic. En revanche, la CAQ chutant dramatiquement dans les sondages, il lui fallait un faux-fuyant crédible la dégageant de toute responsabilité, et elle a opté pour le PDG en qui elle avait pourtant mis toute sa confiance comme étant l’homme de la situation.

Geneviève Guilbault excelle dans l’art de se situer au-dessus de la mêlée lorsque le torchon brûle au sein des ministères qu’elle a occupés, et les Transports ne sont pas différents. Pourtant, il faudra bien qu’un jour elle soit confrontée à la réalité liée à ses responsabilités ministérielles. Or ce jour pourrait bien survenir au moment de sa comparution devant la Commission Gallant. C’est à suivre…

vigile.quebec tribune libre 11 juillet 2025

 

 

La cerise sur le sundae

11 juillet 2025

Au Québec, l’expression « la cerise sur le sundae » signifie dans sa connotation ironique « Ce qui vient ultimement s’ajouter à un ensemble d’éléments négatifs, d’événements fâcheux ». Or dans la foulée des restrictions budgétaires de 570 millions de dollars imposées par l’État au réseau scolaire et cela, sans nuire à la qualité des services aux élèves, Québec en rajoute une couche en enjoignant les centres de service scolaires (CSS) de ne pas adopter un budget déficitaire pour l’année scolaire 2025-2026. En somme, le gouvernement Legault oblige les dirigeants des CSS à présenter un budget équilibré dans un contexte de restrictions. En réalité faire autant tout en disposant de moins. C’est ni plus ni moins de baigner dans l’incongruité de la résolution de la quadrature du cercle. Et dire qu’en prenant le pouvoir en 2018, François Legault a clamé sur tous les toits que l’éducation serait placée au centre des priorités de ses priorités. Il faut croire que les temps ont bien changé au profit de mesures électoralistes tels les milliards $ engagés dans la construction d’un pont-tunnel reliant Québec à Lévis. C’est énormément d’argent des contribuables dont une partie aurait pu être investie dans le réseau scolaire au profit de la formation des adultes de demain. Allez, M. Legault, ne sacrifiez pas l’avenir de notre jeunesse, agissez en gestionnaire responsable en plaçant le réseau scolaire là où il doit trôner, tout en haut de vos priorités.

vigile.quebec tribune libre le 26 juin 2025


 

VLB et Fiori, icônes de la culture québécoise

11 juillet 2025

En l’espace de quinze jours nous ont quittés Victor-Lévy Beaulieu (VLB) et Serge Fiori, deux icônes de la culture québécoise. Leur départ laisse dans le deuil tout un peuple qu’ils ont su galvaniser pendant des décennies, l’un par l’effervescence de son lexique, l’autre par la transcendance de sa musique. Encore une fois, le Québec exhibe à la face du monde l’immensité des talents qui en font la fierté.

Le rayonnement de ces deux géants de la culture québécoise aura marqué à l’encre indélébile l’imaginaire collectif des Québécoises et des Québécois. Leur départ laisse un vide énorme sur la scène culturelle. Toutefois, la magnificence de leur chef d’oeuvre outrepassera les séquelles de leur absence tel un rayon de soleil nous enveloppant de sa chaleur bienfaisante. Merci à vous deux, Victor-Lévy Beaulieu et Serge Fiori, pour votre contribution exceptionnelle à l’héritage culturel du Québec. Votre souvenir restera à jamais gravé dans notre mémoire!

vigile.quebec tribune libre 26 juin 2025

Investissement de 5 % du PIB en dépenses militaires

11 juillet 2025

Pour l’année financière 2024-2025, les dépenses du Canada en matière de défense devraient atteindre 1,37 % de son produit intérieur brut (PIB), ce qui représente une somme de 38,3 milliards de dollars pour 2024. Or les prévisions pour les dépenses en matière de défense sont passées à 53,4 milliards de dollars en 2025, le Canada s’étant engagé à consacrer 2 % de son PIB à la défense d’ici 2032 lors du Sommet de l’OTAN de 2024 à Washington. En revanche, lors du dernier Sommet de l’OTAN à La Haye, la grande majorité des pays membres de l’OTAN, hormis l’Espagne, ont entériné la proposition du président américain, Donald Trump, de majorer à 5% du PIB leur contribution à la défense, un engagement qui aurait pour effet de faire grimper le budget de la défense au Canada à quelque 140 milliards $ d’ici 2035.

Dans ces conditions que l’on peut considérer comme financièrement précaires, le gouvernement canadien a-t-il le moyen de ses ambitions? Et, dans cette foulée, ses ambitions sont-elles légitimes? En bref, le jeu en vaut-il la chandelle? Nonobstant la fragilité du climat géo-politique actuel, est-il pertinent d’engranger des dépenses pharaoniques dans l’armement au même moment où des centaines de milliers de Canadiens peinent à se dénicher un toit pour assurer leur survie? Dans les faits, Mark Carney a-t-il emboîté le pas avec les dirigeants européens pour ne pas déplaire à son homologue américain dans un contexte de négociation déjà fragilisé par les tarifs imposés par le Canada aux géants du web?

Dans un tel contexte, force est d’admettre que la marche entre 1,37 % du PIB et 5% représente un écart considérablement élevé, voire irréaliste. Un saut gigantesque qui risque d’hypothéquer toute une génération de Canadiens au profit d’un éventuel conflit dont on ne voit jusqu’à maintenant aucun signal dans un avenir rapproché. Trump a réussi à créer la panique dans le conflit entre Israël et l’Iran en s’autoproclamant le défenseur suprême de la paix, créant ainsi un climat d’instabilité qui s’est propagé comme une traînée de poudre jusque dans les officines du dernier Sommet de l’OTAN.

Or dans ce chaos géo-politique explosif au Moyen-Orient, le Canada se doit d’agir comme un médiateur favorisant la recherche de la paix entre Israël et l’Iran, une approche qu’a privilégiée de tout temps le Canada dans ses efforts de résolution des conflits mondiaux. Enfin en ce qui a trait à sa contribution en dépenses militaires, Mark Carney devrait s’en tenir à 2% du PIB tel que décidé au Sommet de l’OTAN 2024.

vigile.quebec tribune libre 3 juillet 2025

What does Quebec want?

11 juillet 2025

Pendant que le Parti québécois ( PQ) de Paul St-Pierre Plamondon trône en tète des sondages depuis des mois, le taux de popularité de Mark Carney atteint près de 60% au Québec. Plus encore, s’il y avait des élections fédérales aujourd’hui, 44% des Québécois voteraient pour le Parti libéral (PLC) contre 25% pour le Bloc québécois, un parti souverainiste comme le PQ. En somme, les Québécois souffle allègrement le chaud et le froid sans coup férir, ils placent leur siège dans le sens de l’histoire. Comme le disait narquoisement Yvon Deschamps, les Québécois veulent un « Québec libre dans un Canada uni ». Le nationalisme du gouvernement Legault est miné par l’usure du pouvoir, tant pis pour lui, le PQ s’apprête à reprendre les rennes du pouvoir. L’aura de l’ex-banquier, Mark Carney, brille de tous ses feux, le PLC renaît subitement. Dans ce climat pour le moins instable, il n’est donc pas surprenant que les anglophones, à une époque pas si lointaine, se demandaient à juste titre « what does Quebec want », une question qui colle à la peau des Québécois tel un leitmotiv pernicieux dont ils sont incapables de se défaire.

vigile.quebec tribune libre 3 juillet 2025

Des négociations chaotiques en perspective

11 juillet 2025

Aussitôt implantée, aussitôt retirée. Sous la pression de Donald Trump, Mark Carney décide de retirer la taxe sur les services numériques qui devait entrer en vigueur le 1er juillet pour relancer les négociations commerciales avec les États-Unis interrompues par le président en guise de représailles contre l’implantation de ces tarifs contre les GAFAM, le premier paiement, soit l’équivalent de 2 milliards de dollars, devant être perçu le 30 juin 2025. Le Canada espérait récolter 7 milliards de dollars sur cinq ans grâce à cette taxe.

Par ailleurs, tout en prenant pour acquis que la reprise des négociations canado-américaines incarnent une dimension géo-politique majeure et que, de ce fait, leur relance est prioritaire, le contexte dans lequel s’amorcent ces négociations est pour le moins fragilisé par l’imprévisibilité viscérale de Donald Trump. En termes clairs, on peut se demander quel sera le prochain irritant qui débouchera sur un arrêt des pourparlers et, le cas échéant, comment réagira le premier ministre Carney?

À ce sujet, d’un côté, l’épineux dossier sur la protection de la gestion de l’offre, si chère au gouvernement Carney vient d’être ajouté à la loi fédérale, rendant de facto ce sujet intouchable lors des négociations du côté canadien. De l’autre, les producteurs agricoles surveillent de près la gestion de l'offre qui est dans la mire de Donald Trump depuis le début de son mandat. Ce dossier pourrait-il devenir un second frein aux négociations avec les USA?

En bref, ces négociations risquent d’être fortement chaotiques. Le « Canada fort » de Mark Carney devra emprunter des sentiers sinueux et raboteux pour se concrétiser. Sa lune de miel avec la majorité des Canadiens saura-t-elle contourner les obstacles qui se retrouveront sur son chemin? À ce sujet, les prochaines semaines seront déterminantes. Reste à voir si Mark Carney réussira à passer de la parole aux actes…

vigile.quebec tribune libre 3 juillet 2025

Le sens de l’effort, vous connaissez?

11 juillet 2025

Vous savez, cette valeur qui nous permet de franchir les obstacles qui se dressent devant nous, ce tremplin qui nous propulse en avant. Dans cette foulée, je vous propose de faire l’effort de lire un petit récit de vie d’un adolescent que nous appellerons François. Et, quant à ceux qui ne veulent pas continuer cette lecture, cessez immédiatement puisque l’exercice ne vous sera d’aucun apport utile.

Transportons-nous donc dans le monde turbulent d’un ado d’aujourd’hui. Depuis le début de l’année scolaire, les résultats de François sont catastrophiques si bien qu’Il songe de plus en plus à décrocher. Et, de surcroît, trois de ses confrères de classe ne cessent de se moquer de lui le traitant de « poche ». Ses parents sont démunis devant la gravité de la situation de leur fils. Ils font alors appel à la direction de l’école qui mandate un enseignant pour rencontrer François.

« Eh bien ,François, tu veux abandonner l’école? », demande l’enseignant à François.
-Oui, monsieur, répond l’ado.
-Et pourquoi?
-Parce que je suis écoeuré.
-Écoeuré de quoi?
-D’être ridiculisé par des élèves au sujet de mes échecs scolaires.
-Bon, je te propose une piste de solution à deux volets, D’un côté, je vais rencontrer les jeunes qui t’intimident et de ton côté, tu vas te mettre au boulot et regagner confiance en toi. Tu es capable, j’en suis certain. »

Or grâce à l’étincelle qu’a allumée en lui l’enseignant, François a réussi à gravir petit à petit les échelons et à terminer son année scolaire sans aucun échec. Une petite victoire qui l’a propulsé dans une carrière en ingénierie dans laquelle il accumule les succès depuis des années et qui démontre toute l’importance de l’effort dans la réalisation de ses rêves.

vigile.quebec tribune libre 6 juillet 2025

Élection partielle dans Arthabaska

11 juillet 2025

En déclenchant une élection partielle dans Arthabaska-L’Érable le 11 août, soit en pleine saison estivale, le premier ministre, François Legault, dont le parti traîne la patte dans les sondages en troisième position à égalité avec le Parti libéral du Québec (PLQ), minimise les effets nocifs éventuels d’une défaite cuisante dans un contexte où le taux de participation risque d’être famélique. De toute évidence, François Legault a l’intention de tourner rapidement la page sur cette partielle et de passer à autre chose, soit au remaniement ministériel prévu à l’automne qui, espère-t-il, relancera la popularité de la Coalition avenir Québec (CAQ) auprès de la population québécoise. Une stratégie électoraliste corroborée d’ailleurs par les chefs du Parti québécois (PQ) et du Parti conservateur du Québec (PCQ) qui déplorent haut et fort le « cynisme » du premier ministre en ordonnant la tenue d'un scrutin en plein été. En bref, le seul intérêt suscité par cette élection demeure qui, du PQ ou du PCQ, raflera les honneurs de la victoire…

vigile.quebec tribune libre 9 juillet 2025