Un référendum sur le référendum

25 mai 2026

Le 19 octobre 2026, les Albertains seront soumis à un référendum sur la souveraineté de l’Alberta en répondant à la question suivante : « L'Alberta doit-elle rester une province du Canada, ou le gouvernement de l'Alberta doit-il entamer la procédure juridique prévue par la Constitution canadienne afin de tenir un référendum provincial contraignant sur la question de savoir si l'Alberta doit ou non se séparer du Canada? »

Or le 20 mai 1980, les Québécois étaient consultés sur la question suivante : « Le gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d'en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l'égalité des peuples ; cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d'établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l'utilisation de la même monnaie ; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l'accord de la population lors d'un autre référendum ; en conséquence, accordez-vous au gouvernement du Québec le mandat de négocier l'entente proposée entre le Québec et le Canada ? »

Dans les deux scénarios, les électeurs sont consultés sur une question ouvrant la porte à une autre question. En termes clairs, ils sont confrontés à un référendum sur le référendum. Il faut remonter au 30 octobre 1995 au Québec pour qu’une question « plus claire » soit demandée aux Québécois lors d’un deuxième référendum : « Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec et de l'entente signée le 12 juin 1995 ? Oui ou Non ».

Selon toute probabilité, les Québécois seront appelés à se prononcer sur l’indépendance du Québec dans un prochain mandat du Parti Québécois s’il est élu le 5 octobre 2026. Il est à souhaiter que la question référendaire soit claire. À titre d’exemple : « Voulez-vous que le Québec devienne un pays? Oui ou non. » Somme toute, à une question claire, une réponse claire et sans équivoque. Quant au gouvernement fédéral, il n’aura d’autre choix que d’entamer les procédures de sécession requises pour concrétiser l’indépendance du Québec advenant une victoire du « oui » et une majorité minimale de « 50%+1 ».

vigile.quebec tibune libre 25 mai 2026

Une forte proportion d’indécis

22 mai 2026

De toute évidence, la nouvelle première ministre, Christine Fréchette, a le vent dans les voiles par les temps qui courent, un dernier sondage Léger-Québecor démontrant que la cheffe de la Coalition avenir (CAQ) s’est approchée considérablement du chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon. en tant que « meilleure candidate pour occuper le poste de première ministre » selon les intentions de vote des Québécois. Christine Fréchett a atteint les 20 %, une augmentation de 4 % par rapport au dernier sondage, tandis que le chef péquiste a descendu de 1 %, le positionnant maintenant a 22 %.

Toutefois le nombre d’indécis se situe à 29%, un chiffre révélateur du climat d’incertitude qui règne au sein des citoyens qui ont participé au coup de sonde lesquels sont en position d’observateurs eu égard aux faits et gestes de la première ministre fraîche émoulue. Jusqu’à maintenant, Mme Fréchette a adopté une attitude prudente tout en prenant des décisions en lien avec les répercussions de la hausse du coût de la vie du Québécois moyen. Par ailleurs, le dossier sur la modification du Programme d’expérience québécoise (PEQ) est toujours sur la table, et elle devra trouver un accommodement avec Terre-Neuve et Labrador garantissant un accord gagnant-gagnant sur le projet hydroélectrique de Churchill Falls.

Que la cheffe de la CAQ ait gravi les marches aussi rapidement dans les intentions de vote des Québécois est déjà un exploit remarquable en soi. Réussira-t-elle, dans le court laps de temps qui lui est octroyé, a ressusciter un parti qui gisait dans les bas-fonds du spectre politique du Québec? Parviendra-t-elle à dénicher des candidats de prestige pour représenter la CAQ dans les circonscriptions actuellement détenues par son parti et, qui plus est, à en ravir quelques unes aux partis d’opposition? À mon sens, la plate-forme électorale de la CAQ présentée en campagne électorale constituera une pièce majeure pouvant faire pencher la balance du côté des succès ou des insuccès de la CAQ.

vigile.quebec tribune libre 22 mai 2026


 

La loi sur la clarté référendaire refait surface

20 mai 2026

Devant les velléités de la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, de tenir un référendum sur l’indépendance de sa province, et l’éventualité de l’élection du Parti québécois en octobre 2026, la Loi sur la clarté référendaire refait surface. Soit dit en passant, l’Alberta et le Québec diffèrent complètement sur les motifs évoqués pour justifier les avantages de leur indépendance, l’Alberta arguant des motifs économiques, le Québec, identitaires.

À titre de rappel et dans la foulée du référendum de 1995 tenu au Québec sur son indépendance, la Loi sur la clarté référendaire, parrainée par le ministre des Affaires intergouvernementales du Canada de l’époque, Stéphane Dion, est une loi fédérale canadienne, adoptée en 2000, qui établit les conditions d'une négociation sur la sécession d'une province. Elle exige que toute question référendaire sur la souveraineté soit claire et qu'une majorité claire se prononce pour entamer des négociations, suite au renvoi de la Cour suprême sur la sécession du Québec.

La règle du « 50 % + 1 » est un pilier fondamental de la démocratie représentative pour la prise de décision sur une question référendaire. Or la loi sur la clarté stipule que la question référendaire doit être claire, ce qui, à mon sens, prête nettement à interprétation, et qu’une majorité claire y adhère, ce qui aussi, est clairement interprétable. De fait, qu’est-ce qu’une question « claire »? Qu’est-ce qu’une majorité « claire »? Nous divaguons en plein capharnaüm.

Le droit à l’auto-détermination d’un peuple est sacré et aucune loi ne peu s’y objecter pour autant que la majorité simple du peuple se soit prononcée en faveur de la question posée. De ce fait, le gouvernement fédéral n’a pas à s’immiscer dans le processus référendaire. Il lui appartiendra de traiter le résultat de la consultation populaire selon ses volontés. Et la cour sera appelée à trancher, un scénario applicable autant en Alberta qu’au Québec.

vigile.quebec tribune libre 20 mai 2026

Il y a loin de la coupe aux lèvres

20 mai 2026

Multiplication des grands projets d’intérêt national, diversification des exportations, augmentation des dépenses en matière de défense de 81,8 milliards de dollars sur cinq ans, élimination des barrières tarifaires entre les provinces, le premier ministre du Canada, Mark Carney, s’est donné comme objectif ultime de faire du pays un « Canada fort ». Son discours à Davos portant notamment sur l’unification des pays de moyenne importance internationale a frappé l’imaginaire collectif et lui a permis de se positionner sur la carte géo-politique comme un leader incontournable sur la scène politique internationale.

Depuis son élection à titre de premier ministre du Canada, l’ex-gouverneur des banques du Royaume-Uni et du Canada n’a cessé de multiplier les voyages à l’étranger dans le but d’étaler et de faire valoir les nombreuses ressources naturelles canadiennes exportables. Sa popularité auprès d’une grande majorité de Canadiens se maintient à des niveaux impressionnants si bien que l’opposition à la Chambre des communes se retrouve complètement annihilée par son aura dominant.

Dans cette foulée, Mark Carney tente de développer un style collaboratif entre le fédéral et les provinces, notamment par la mise sur pied d’un grand projet de développement hydroélectrique au Québec, et la signature d’un accord avec l’Alberta sur la construction d’un pipeline rejoignant la côte ouest canadienne, un projet contesté par les mouvements écologiques et qui relaie dans le placard toute la politique environnementale mise de l’avant par son prédécesseur, Justin Trudeau.

Une pléiade de méga-projets dans lesquels le fédéral s’engage à investir des sommes astronomiques et dont les retombées économiques s’avèrent pour l’heure incertaines. Issu du monde des affaires, Mark Carney affectionne particulièrement les projets d’envergure nationale, voire internationale qui évoluent à vitesse grand V. Pour l’heure, une de ses promesses phares de la campagne électorale, à savoir les négociations avec Donald Trump sur le libre échange entre les États-Unis et le Canada sont toujours au point mort, et les grands projets n’ont pas encore atteint la réalisation. En somme, comme le dit si justement le proverbe bien connu, « il y a loin de la coupe aux lèvres ».

Le Devoir le 20 mai 2023

Un pas dans la bonne direction

15 mai 2026

La loi « Gabie-Renaud » est un projet de loi proposé par le gouvernement du Québec, inspiré de la « Loi de Clare » britannique, visant à permettre aux personnes de vérifier si leur partenaire amoureux possède des antécédents de violence conjugale. Cette initiative fait suite au 10e féminicide survenu au Québec depuis le début de 2026 et impliquant Gabie- Renaud.

Toutefois, la problématique des féminicides ne s’arrête pas là. À mon avis, l’origine de cette violence démoniaque faite aux femmes remonte en amont de l’éducation des jeunes garçons. Dès son tout jeune âge, le garçon doit être pris en charge par ses parents eu égard aux déviances possibles de leurs comportements envers les filles, notamment le dénigrement et la violence physique et psychologique.

Dès son entrée dans le monde scolaire, l’école doit sensibiliser les garçons aux différences entre eux et les filles, en particulier l’usage de leurs forces physique pour les intimider et, de surcroît, les agresser dans leur vulnérabilité. À cet effet, des rencontres avec des spécialistes doivent être organisées ponctuellement dans les écoles sur les inconvénients parfois catastrophiques des phénomènes de violence auprès des filles, notamment la dépression pouvant conduire parfois au geste fatal de la part des filles.

Par ailleurs, un autre phénomène sociétal prend de plus en plus d’ampleur : le masculinisme que je qualifierais de « douce » revanche des hommes sur le féminisme. L’homme incarne une autorité sans borne sur la femme, il devient le roi et maître et étend son emprise dans toutes les situations de la vie courante de sa conjointe… jusqu’à ce qu’elle passe malheureusement parfois à l’acte.

Les féminicides incarnent un fléau croissant au Québec. La loi Gabie-Renaud trace certes un pas important dans la bonne direction. Mais il reste beaucoup de chemin à parcourir, entre autres, exercer une surveillance étroite des agresseurs récidivistes à défaut de quoi le phénomène risque de s’amplifier davantage dans une société qui prône pourtant l’égalité entre les sexes.

vigile.quebec tribune libre 15 mai 2026

 

Séparer le bon grain de l’ivraie

14 mai 2026

À l’exemple de bien d’autres personnes lorsqu’elles ont appris que Louise Arbour avait été désignée gouverneur général par le premier ministre du Canada, Mark Carney, un effet de surprise a surgi spontanément en moi. Comment, me suis-je dit, une femme au parcours professionnel aussi remarquable a-t-elle pu accepter un poste dont la pertinence est autant controversée? En revanche, l’allégeance affirmée de Mark Carney envers la monarchie ne fait aucun doute, son choix d’inviter le roi Charles III pour prononcer son discours du trône en mai 2025 en faisant foi.

Louise Arbour a parcouru la planète entière pendant toute sa vie active, appelée à être au centre des discussions sur des événements critiques qui menaçaient le respect de la justice envers les personnes et certains pays, et toujours, elle a suscité l’admiration pour sa droiture et sa détermination. Dans ces conditions, comment pourra-t-elle se sentir aussi utile en occupant un poste d’apparat dans lequel elle est confinée à incarner la présence du monarque britannique au Canada?

En toute honnêteté, il faut séparer le bon grain de l’ivraie. Louise Arbour demeurera toujours un personnage plus grand que nature même en occupant un poste associé à la conquête du Canada par les britanniques entre 1759 et 1760, tout un pan de notre histoire qui demeurera toujours présent dans le coeur des Québécois malgré l’aura dégagée par la forte personnalité de Louise Arbour.

Quant à Mark Carney, il a su tirer la bonne carte en la personne de Louise Arbour dont la présence dans son univers rapproché sera un atout précieux en lien avec les conseils qu’elle pourra lui prodiguer eu égard au climat géopolitique complexe avec lequel il doit composer.

vigile.quebec tribune libre 14 mai 2026

La lecture à l’école, une incontournable

14 mai 2026

Un article paru dans Le Devoir du 7 mai sous le titre « Les écoles pourraient délaisser les livres pour le sport » et cosigné par Marie-Michèle Sioui et Catherine Lalonde a réveillé en moi de vieux souvenirs du temps où j’enseignais le français au secondaire du début des années ‘70 au début des années 2000.

À l’époque, tous les élèves devaient lire au cours de l’année scolaire quatre romans dont deux devaient faire partie de la littérature québécoise. Une période de cours complète par cycle était consacrée à la lecture du livre choisi après consentement de l’enseignant concerné. De plus, à la fin de chaque session, les élèves, à tour de rôle, devaient présenter devant la classe un résumé de leur roman évalué sur des critères précis, tels le respect du temps alloué, la clarté de l’exposé oral et la qualité de la langue, le tout étant soumis à une évaluation qui apparaissait au bulletin de l’élève.

Or la ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, propose de troquer l’achat de livres au profit d’activités sportives ou parascolaires, ce à quoi le milieu littéraire réplique avec vigueur. « On a un gouvernement qui prétend protéger le français et qui veut aussi combattre l’effet des écrans, et il enlève le seul objet qui peut faire les deux », argue Laurence Monet, présidente de l’Association des libraires du Québec (ALQ). En effet, « un projet de règles budgétaires pour les centres de services scolaires (CSS) daté d’avril 2026 propose de fusionner 10 programmes en une seule et même enveloppe, appelée « Projets pédagogiques particuliers, activités sportives, culturelles et sociales ». Les CSS pourront donc choisir de consacrer moins d’argent à une mesure au profit d’une autre ».

À mon sens, une telle approche est carrément contre-productive. Placer la lecture dans un amalgame d’activités parascolaires tient du mirage. La lecture est la voie de prédilection idéale conduisant à la culture et, à ce titre, elle doit obligatoirement faire partie du curriculum de l’élève, à défaut de quoi un trou béant sera ouvert dans la formation générale de toute une génération de jeunes Québécois.

En réduisant le livre à un statut d’activité parascolaire, la ministre de l’Éducation nivelle par le bas et contribue de la sorte à minimiser dangereusement l’importance de la lecture à l’école, particulièrement dans un contexte o;u les médias sociaux monopolisent de façon croissante l’intérêt des jeunes. La lecture à l’école incarne une valeur incontournable et, de facto, elle mérite une place de choix dans le programme de français des écoles primaires et secondaires du Québec. Il en va de la survivance et du rayonnement de la culture québécoise.

vigiile.quebec tinune liibre 14 mai 2026


 

La guillotine de la honte

9 mai 2026

La scène d’une barbarie innommable montrant des militants d’« Alliance ouvrière » guillotiner une effigie du ministre du Travail, Jean Boulet, dépasse tout entendement. Par la voix d’un communiqué anonyme, les manifestants désignent le guillotinage du ministre comme une « performance carnavalesque », symbole historique de « la colère populaire contre des élites déconnectées ».

À l’origine de cette manifestation, le projet de loi 3, adopté en avril, portant sur la transparence et la gouvernance syndicales, porté par le ministre Boulé impose une transparence accrue et instaure des cotisations « facultatives » pour le financement d'activités non liées à la stricte défense des droits des membres.

La porte-parole de QS, Ruba Ghazal, a demandé aux militants d’Alliance ouvrière s’ils comptaient offrir des excuses au ministre Boulé. « Nous n’avons jamais dit nous-mêmes que l’effigie représentait le ministre Boulet. Ce sont les médias qui l’ont dit », ont rétorqué de façon évasive les assaillants. Ou ils prennent les Québécois pour des imbéciles, ou ils sentent la soupe chaude devant une éventuelle condamnation pour harcèlement criminel. Quant aux représentants des grandes centrales syndicales, ils sont demeurés muets jusqu’à maintenant.

De toute évidence, ces manifestants, qu’ils soient d’extrême gauche ou d’extrême droite, se rangent inéluctablement contre tout politicien qui pense différemment d’eux, et le démontrent ignominieusement en affichant la violence et le mépris. Notre société dite civilisée doit réagir contre de tels comportements, et servir une leçon exemplaire à ceux qui se sont rabaissés à exhiber sans scrupule la guillotine de la honte, ne serait-ce qu’en tranchant le cou d’une effigie en papier mâché. Le cirque a assez duré.

vigile.quebec tribune libre 9 mai 2026

Le masculinisme à l’assaut de la femme

9 mai 2026

J’ai regardé avec beaucoup d’attention le reportage intitulé « Mascus – les hommes qui détestent les femmes » présenté sur les ondes de RDI dans la série Les grands reportages jeudi le 30 avril à 20h. On y voit un jeune homme explorer à fond les influenceurs sur les avantages du masculinisme en lien avec la dégradation la plus ignoble des femmes qui agissent comme agentes inhibitrices à toutes formes de relations avec un homme, particulièrement à l’égard des relations sexuelles. En réaction à cette prémisse, le masculiniste se dresse pompeusement comme le défenseur tout désigné contre l’imposture des femmes et, comme les hommes sont généralement plus forts physiquement que les femmes, ils utilisent à outrance cet atout comme arme d’assaut contre les femmes.

Le masculiniste se donne comme point de repère sa force physique et, de ce fait, il s’inscrit à prix fort dans une « meute » pour la développer au maximum, lui conférant de la sorte une ascendance sécurisante sur la femme. L’homme incarne le roi et maître à la maison, la femme, sa servante entièrement dévouée. C’est la loi du plus fort qui prédomine

sans aucune manifestation de compromis de la part du maître de la maison. Et de surcroît, loin de rétrograder dans la société, le mouvement masculiniste ne cesse de prendre de l’ampleur auprès d’une certaine gente masculine assoiffée de pouvoir sur la femme.

Or il est de notoriété universelle que l’homme et la femme sont différents à bien des égards. Toutefois il est aussi reconnu que les différences entre les deux sexes peuvent cohabiter et même se compléter. À cet effet, l’éducation des garçons doit intervenir en amont à l’égard des effets pervers des comportements masculinistes, notamment le rejet de la femme. Il en va du mieux-vivre dans une société qui promeut haut et fort l’égalité entre les hommes et les femmes.

vigile.quebec tribune libre 9 mai 2026

Les analystes politiques et l’incohérence systémique de Trump

30 avril 2026

Depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, et même avant, le président élu ne cesse d’accumuler les incohérences dans ses déclarations. C’est littéralement devenu monnaie courante. Pendant ce temps, les analystes politiques s’évertuent à tenter de découvrir quelles sont le « stratégies » qui le guident dans ses décisions. Or de l’aveu même de Trump, sa gouvernance est inspirée quotidiennement des feelings du moment.

Dans ces conditions, comment se fait-il que, bon gré mal gré, le président occupe inéluctablement les premières pages des médias? Comment se fait-il que des analystes politiques chevronnés s’ingénient en contorsions lexicales pour expliquer les élucubrations verbales du président des USA alors qu’ils connaissent depuis belle lurette son incohérence et son imprévisibilité systémiques?

À titre d’exemples reliés à l’actualité, le chaos suscité par le conflit au Moyen-Orient a dépassé le seuil que s’était fixé Trump, et de toute évidence, il ne semble pas prêt de s’aplanir. Les motifs justifiant les frappes américano-israéliennes sont passées de l’élimination du régime iranien à l’obstruction de l’Iran à l’arme nucléaire allant jusqu’à l’extinction de la nation iranienne pour finalement en arriver à une trêve entre les parties, laquelle ne cesse de s’étirer. Par ailleurs, Washington a condamné l’interdiction de l’accès au détroit d’Ormuz par le régime iranien pour finalement y imposer son propre blocus quelques jours plus tard.

Somme toute, la couverture médiatique du parcours géopolitique de Donald Trump s’impose tel le jeu des serpents et échelles au cours duquel les joueurs sont exposés à descendre via les serpents ou à gravir les marches par la voie des échelles. C’est ainsi que, jour après jour, les analystes politiques couvrant les humeurs imprévisibles de Trump sont appelés à se prononcer sur les aléas du jeu de hasard auquel le président américain les convie.

vigile.quebec tribune libre 30 avril 2026