Un référendum sur le référendum
Le 19 octobre 2026, les Albertains seront soumis à un référendum sur la souveraineté de l’Alberta en répondant à la question suivante : « L'Alberta doit-elle rester une province du Canada, ou le gouvernement de l'Alberta doit-il entamer la procédure juridique prévue par la Constitution canadienne afin de tenir un référendum provincial contraignant sur la question de savoir si l'Alberta doit ou non se séparer du Canada? »
Or le 20 mai 1980, les Québécois étaient consultés sur la question suivante : « Le gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition d'en arriver, avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l'égalité des peuples ; cette entente permettrait au Québec d'acquérir le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts et d'établir ses relations extérieures, ce qui est la souveraineté et, en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l'utilisation de la même monnaie ; aucun changement de statut politique résultant de ces négociations ne sera réalisé sans l'accord de la population lors d'un autre référendum ; en conséquence, accordez-vous au gouvernement du Québec le mandat de négocier l'entente proposée entre le Québec et le Canada ? »
Dans les deux scénarios, les électeurs sont consultés sur une question ouvrant la porte à une autre question. En termes clairs, ils sont confrontés à un référendum sur le référendum. Il faut remonter au 30 octobre 1995 au Québec pour qu’une question « plus claire » soit demandée aux Québécois lors d’un deuxième référendum : « Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec et de l'entente signée le 12 juin 1995 ? Oui ou Non ».
Selon toute probabilité, les Québécois seront appelés à se prononcer sur l’indépendance du Québec dans un prochain mandat du Parti Québécois s’il est élu le 5 octobre 2026. Il est à souhaiter que la question référendaire soit claire. À titre d’exemple : « Voulez-vous que le Québec devienne un pays? Oui ou non. » Somme toute, à une question claire, une réponse claire et sans équivoque. Quant au gouvernement fédéral, il n’aura d’autre choix que d’entamer les procédures de sécession requises pour concrétiser l’indépendance du Québec advenant une victoire du « oui » et une majorité minimale de « 50%+1 ».
vigile.quebec tibune libre 25 mai 2026
Henri Marineau

