La lecture à l’école, une incontournable

Un article paru dans Le Devoir du 7 mai sous le titre « Les écoles pourraient délaisser les livres pour le sport » et cosigné par Marie-Michèle Sioui et Catherine Lalonde a réveillé en moi de vieux souvenirs du temps où j’enseignais le français au secondaire du début des années ‘70 au début des années 2000.

À l’époque, tous les élèves devaient lire au cours de l’année scolaire quatre romans dont deux devaient faire partie de la littérature québécoise. Une période de cours complète par cycle était consacrée à la lecture du livre choisi après consentement de l’enseignant concerné. De plus, à la fin de chaque session, les élèves, à tour de rôle, devaient présenter devant la classe un résumé de leur roman évalué sur des critères précis, tels le respect du temps alloué, la clarté de l’exposé oral et la qualité de la langue, le tout étant soumis à une évaluation qui apparaissait au bulletin de l’élève.

Or la ministre de l’Éducation, Sonia LeBel, propose de troquer l’achat de livres au profit d’activités sportives ou parascolaires, ce à quoi le milieu littéraire réplique avec vigueur. « On a un gouvernement qui prétend protéger le français et qui veut aussi combattre l’effet des écrans, et il enlève le seul objet qui peut faire les deux », argue Laurence Monet, présidente de l’Association des libraires du Québec (ALQ). En effet, « un projet de règles budgétaires pour les centres de services scolaires (CSS) daté d’avril 2026 propose de fusionner 10 programmes en une seule et même enveloppe, appelée « Projets pédagogiques particuliers, activités sportives, culturelles et sociales ». Les CSS pourront donc choisir de consacrer moins d’argent à une mesure au profit d’une autre ».

À mon sens, une telle approche est carrément contre-productive. Placer la lecture dans un amalgame d’activités parascolaires tient du mirage. La lecture est la voie de prédilection idéale conduisant à la culture et, à ce titre, elle doit obligatoirement faire partie du curriculum de l’élève, à défaut de quoi un trou béant sera ouvert dans la formation générale de toute une génération de jeunes Québécois.

En réduisant le livre à un statut d’activité parascolaire, la ministre de l’Éducation nivelle par le bas et contribue de la sorte à minimiser dangereusement l’importance de la lecture à l’école, particulièrement dans un contexte o;u les médias sociaux monopolisent de façon croissante l’intérêt des jeunes. La lecture à l’école incarne une valeur incontournable et, de facto, elle mérite une place de choix dans le programme de français des écoles primaires et secondaires du Québec. Il en va de la survivance et du rayonnement de la culture québécoise.

vigiile.quebec tinune liibre 14 mai 2026


 

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