Appel à la paix de Léon XIV

29 avril 2026

Ouvertement opposé à la guerre menée par Israël contre l'Iran et soutenue par les États-Unis, et de plus en plus ferme dans ses condamnations, le pape Léon XIV affronte une vague de vives critiques de la part du président américain, Donald Trump.

Le samedi 11 avril, Léon XIV a renouvelé son appel à la paix depuis la basilique Saint-Pierre. « Assez avec l’idolâtrie de soi-même et de l’argent ! Assez avec la démonstration de force ! Assez avec la guerre ! La véritable force se manifeste dans le service de la vie », avait-il déclaré. « Il est temps de faire la paix ! », a-t-il ajouté, affirmant que ces « responsabilités impératives » incombent « aux dirigeants des nations ». « Asseyez-vous à la table du dialogue et de la médiation, et non à la table où se planifie le réarmement et où se décident des actions meurtrières ! ».

« Je ne veux pas d’un pape qui trouve normal que l’Iran possède l’arme nucléaire. Je ne veux pas d’un pape qui trouve terrible que l’Amérique ait attaqué le Venezuela. […] Et je ne veux pas d’un pape qui critique le président des États-Unis parce que je fais exactement ce pour quoi j’ai été élu, À UNE MAJORITÉ ÉCRASANTE ». « Léon XIV devrait être reconnaissant, […] l’Église ne l’a choisi que parce qu’il était américain, estimant que ce serait le meilleur moyen de composer avec le président Donald J. Trump. Si je n’étais pas à la Maison Blanche, Léon XIV ne serait pas au Vatican ». Et d'ajouter : « Léon XIV devrait se ressaisir en tant que pape, faire preuve de bon sens, cesser de se plier aux exigences de la gauche radicale et s’attacher à être un grand pape, pas un politicien ».

Fidèle à son habitude, le narcissique président américain ne pouvait pas manquer l’occasion de réagir vertement contre des propos discordants envers ses politiques, et cela même si l’intervenant incarnait le chef de l’Église catholique qui compte plus de 1,4 milliard de catholiques dans le monde et qui, dans les faits, ne faisait que lancer dans la dignité un vibrant appel à la paix contre une guerre meurtrière qui sape sans coup férir la vie de milliers d‘innocentes victimes. Pour une énième fois, le « maître du monde » ne peut souffrir de déclarations qui hérissent son insatiable égo.

vigile.quebec trobune libre 29 avril 2026

PSPP, le soupe au lait

29 avril 2026

D’entrée de jeu, comprenez-moi bien, je suis un ardent souverainiste depuis l’émergence du mouvement indépendantiste au Québec au début des années ‘70. Toutefois, depuis quelques mois, notamment depuis le récit rocambolesque de la bataille des Plaines d’Abraham de la part de Mark Carney, le chef du Parti québécois (PQ), Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), fait montre d’une susceptibilité et d’une intolérance dignes d’un soupe au lait quasi systémique. Au moindre commentaire qui se dissocie de ses convictions personnelles sur la pertinence de la souveraineté du Québec, le hérisson exhibe sans ambages ses piquants.

Et pourtant, dès son entrée à l’Assemblée nationale, PSPP est vite perçu comme un politicien qui fait de la politique autrement en faisant preuve de transparence et de respect envers les oppositions. Il acquiert rapidement une crédibilité sans réserve auprès de bon nombre de Québécois y compris de citoyens d’allégeances politiques différentes.

Or avec l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche et ses tarifs douaniers sur une pléiade de produits, les temps ont changé si bien que le discours souverainiste a été relégué dans le placard alors que PSPP n’a cessé d’entretenir la même stratégie référendaire, persistant à mettre en exergue la souveraineté pendant que les Québécois étaient plutôt tournés vers l’augmentation effarante du coût de la vie.

L’heure est au pragmatisme, M. St-Pierre Plamondon, et non au dogmatisme. Vous devez axer votre discours sur ce paradigme et vous ranger du côté des préoccupations des Québécois. Il est temps que le chef du PQ présente à l’électorat les propositions de son parti visant à réduire les impacts de l’augmentation effarante du panier d’épicerie. En termes clairs, rangez votre côté bourru et revêche, et redevenez le politicien serein et transparent de vos débuts en politique. Pour votre plus grand bien et celui des Québécois.

vigile.quebec tribune libre 29 avril 2026

Michael Rousseau sur la première marche du podium

29 avril 2026

Le PDG de la société de transport aérien Air Canada se classe au premier rang des plaintes reçues au Commissariat aux langues officielles, soit 5142 au total, dont 2462 pour sa vidéo en anglais lors de l’accident sur le tarmac de l’aéroport LaGuardia ayant coûté la vie de deux pilotes dont un Québécois, Antoine Forest, en mars 2026, et 2680 pour son discours unilingue anglais à la Chambre de commerce du Montréal métropolitain en novembre 2021.

Rappelons que Michael Rousseau prendra sa retraite en septembre 2026, concluant près de deux décennies au sein de l'entreprise. Il réside depuis 20 ans à Saint-Lambert, en banlieue de Montréal, s'étant vanté, en 2021, de pouvoir vivre à Montréal sans parler français. Il recevra une rente viagère d'environ 763 500 $ par année.

Un nombre de plaintes aussi faramineux de la part des francophones lui confère sans le moindre doute la première marche du podium pour son manque éhonté de respect notamment envers les proches d’Antoine Forest et les francophones du Québec en tant que p.d-g d’une société soumise à la Loi sur les langues officielles au Canada. Par ailleurs, il y a tout lieu de se questionner sérieusement sur la lenteur administrative inquiétante du Commissariat aux langues officielles dans le dossier Michael Rousseau ayant trait à son allocution unilingue anglais en 2021.

Il est tout à fait inadmissible qu’une des deux langues officielles du Canada soit bafouée aussi bassement, particulièrement dans une période où l’on assiste à un déclin croissant du français notamment dans la grande région métropolitaine de Montréal. Conséquemment, les administrateurs d’Air Canada ont le devoir de pallier de facto une telle ignominie en s’assurant de mettre sous contrat un nouveau PDG bilingue pour le plus grand respect de leur clientèle francophone, à défaut de quoi les voyageurs utilisant les services d’Air Canada pourraient bien emprunter d’autres ailes pour se déplacer via les airs.

vigile.quebec tribune libre 29 avril 2026


 

« L’espoir n’est pas un plan », Mark Carney

29 avril 2026

Bien honnêtement, depuis l’élection de Mark Carney à titre de premier ministre du Canada le 14 mars 2025, je n’ai jamais ressenti quelque attrait pour son leadership complaisant, notamment envers son voisin du Sud, Donald Trump. Or je dois admettre que, dans une récente vidéo publiée sur ses réseaux sociaux, Mark Carney se dresse enfin debout devant Trump et s’’affirme comme un leader qui a des tripes en affirmant haut et fort que les « liens étroits » que nous entretenions avec nos voisins du sud « sont maintenant des faiblesses ».

Le temps des courbettes à n’en plus finir devant Trump semble bel et bien révolu pour la plus grande fierté de ses commettants canadiens. « Certains vivent dans l’espoir que les Américains reviendront vite à la normale, que le bon vieux temps arrive à grands pas. C’est faux. L’espoir n’est pas un plan. La nostalgie, ce n’est pas une stratégie », argue-t-il avec conviction.

Réalisme et ambition caractérisent, à mon sens, les pierres angulaires de la politique économique de l’avenir du premier ministre. « Les États-Unis ont tout changé et nous devons répondre. [...] Aussi difficile que la situation puisse paraître, nous allons agir avec détermination pour confronter nos défis afin de les régler une fois pour toutes », clame M. Carney. Le premier ministre se montre résolument confiant envers les compétences et la détermination des Canadiens. Il lui appartient maintenant de transposer ses rêves en réalités pour la prospérité et l’émancipation de monsieur et madame tout’l monde qui en a immensément besoin.

vigile.quebec tribune libre 29 avril 2026

L’IA n’est pas la panacée

28 avril 2026

L’intelligence artificielle (IA) s’est imposée en peu de temps comme la panacée aux embûches suscitées par les aléas de la vie humaine si bien que l’homme est en train d’oublier que c’est le cerveau humain qui l’a conçue. Dans cette foulée, le robot s’est même substitué au confident et ami avec qui partager les situations émotionnelles perturbatrices de la vie courante à tel point que la relation intime entre deux personnes est en train d’être engloutie par le cerveau des robots dont le mécanisme est incapable d’éprouver quelque émotion.

En revanche, il faudra bien qu’un jour, dans un tel branle-bas contribuant de facto à créer l’isolement, les utilisateurs de l’IA, principalement les adolescents, redécouvrent leur capacité émotionnelle et prennent conscience des limites du robot conversationnel eu égard à leurs émotions. L’être humain est fondamentalement social, et conséquemment, aucun robot, soit-il plus intelligent que lui, ne peut se substituer à son besoin essentiel de communiquer avec ses semblables à défaut de quoi nous assisterons sans coup férir à sa désagrégation sociétale.

vigile.quebec tribune libre 28 avril 2026

Le changement dans la continuité

28 avril 2026

À première vue, les substantifs « changement » et « continuité » semblent antinomiques. Ce sont pourtant des objectifs que s’est donnés la nouvelle première ministre du Québec, Christine Fréchette. En fait, le but ultime de Christine Fréchette est de sauver la chèvre et le chou, soit de nommer aux postes clés le même noyau dur tout en ajoutant quelques nouveaux visages dans des ministères de moindres retombées socio-économiques, et de se fixer des objectifs économiques en réduisant notamment l’appareil de l’État tout en dégageant des sommes d’argent pour garnir les poches des contribuables malmenés par la politique tarifaire de Donald Trump.

Le défi de la première ministre est titanesque à commencer par la résurgence de la popularité de la Coalition Avenir Québec (CAQ) dans les intentions de vote des Québécois qui traînent de la patte dans les récents sondages. Comme dirait un vieil adage, on ne construit pas du neuf avec du vieux. La CAQ de François Legault a dirigé le Québec depuis huit ans, et vouloir incarner le changement aujourd’hui tient de la haute voltige particulièrement dans un contexte de continuité.

Il ne reste que quelques mois avant la dissolution de la Chambre et la mise en branle de la campagne électorale qui prendra fin le 5 octobre lors du scrutin qui déterminera si la CAQ de Christine Fréchette a réussi ou non à remonter la pente et reconquérir la faveur de son électorat traditionnel. À suivre…

Le Soleil (version numérique) 27 avril 2026
vigile.quebec tribune libre 28 avril 2026

Enseigner, c’est d’abord apprivoiser

28 avril 2026

« Que signifie apprivoiser?, demande le Petit Prince au Renard. « Apprivoiser, ça signifie créer des liens », lui répond le Renard. Une leçon qui illustre à merveille l’art d’enseigner. De fait, enseigner ne nécessite-t-il pas au préalable d’établir le lien de communication avec les élèves si l’enseignant désire a posteriori leur communiquer ses connaissances?

Dans cette foulée, il m’apparaît tout à fait utopique pour l’enseignant d’aspirer débuter son cours au son de la cloche et avoir l’attention de ses élèves au moment où ils ont encore en tête le contenu des conversations qu’ils ont entretenues entre eux entre les deux cours. L’enseignant doit d’abord établir le canal de communication avec ses élèves soit par une question d’ordre général ou soit tout simplement par un gag (qu’ils ne trouveront généralement pas drôle). En bref, la concentration a besoin de se placer en position d’éveil. Et, de surcroît, il ne faut pas s’étonner si le même stratagème doit être utilisé pendant le cours si un élève court-circuite l’attention du groupe par des agissements dérangeants en intervenant immédiatement auprès de lui pour éviter qu’il ne perturbe le climat de la classe.

En revanche, à mon sens, il est sain, pour donner une pause à la concentration, de consacrer la dernière tranche du cours à des travaux de préférence en équipes qui contribuent à la socialisation des élèves, particulièrement dans un monde dominé par les médias sociaux qui contribuent malheureusement à l’émergence de la solitude, voire de l’isolement.

Par ailleurs, la transparence avec les élèves mérite aussi qu’on s’y arrête, entre autres, sur les modalités en lien avec le comportement des élèves, communément appelées les règlements. Nonobstant le fait que les jeunes soient naturellement rébarbatifs vis-à-vis des règlements, ils se rangeront si l’enseignant leur en explique les raisons, et s’il est congruent envers leur stricte application. En bref, c’est la stratégie de la main de fer dans le gant de velours.

Enfin et pour terminer sur l’essence de cette lettre, les élèves sont d’abord et avant tout des jeunes bousculés par les nombreux soubresauts du monde d’aujourd’hui. Ils sont à la recherche de repères, et l’enseignant a le privilège de pouvoir incarner un adulte transparent pour qui il est primordial d’établir une communication privilégiée avec ses élèves.

vigile.quebec tribune libre 28 avril 2026

Le PLC majoritaire grâce aux transfuges

27 avril 2026

Au début du mois de mars, les libéraux devaient absolument remporter Terrebonne en plus des deux circonscriptions dans la région de Toronto pour obtenir une majorité au Parlement. Or, depuis lors, deux députées ont traversé la Chambre vers les rouges, la néodémocrate Lori Idlout et la conservatrice Marilyn Gladu. Dans les faits, si on exclut les cinq transfuges qui ont rejoint les libéraux depuis le dernier scrutin tout en ajoutant leurs trois victoires aux élections partielles du 13 avril, le Parti libéral du Canada (PLC) serait demeuré minoritaire.

Somme toute, le PLC obtient sa majorité grâce aux transfuges élus sous d’autres bannières, un précédent historique dans les annales électorales canadiennes qui remet en question les principes mêmes de la démocratie, soit un candidat, un parti, un vote. Enfin ne serait-ce que par respect pour les électeurs et pour la démocratie, ne serait-il pas envisageable, voire souhaitable qu’il soit interdit à un député de changer de parti en cours de mandat?

vigile,quebec trbune libre 26 avril 2026

Quel avenir pour la Coalition avenir Québec?

27 avril 2026

Aléa jacta est. Après trois longs mois de campagne à la direction de la CAQ, Christine Fréchette est devenue cheffe du parti fondé en 2011 par le premier ministre sortant François Legaul et la deuxième femme à occuper le poste de première ministre du Québec avec Pauline Marois. La première ministre désignée affirme vouloir incarner un « leadership rassembleur ». « Il est temps de mettre une femme compétente et déterminée à la tête du Québec », avait-elle notamment argué dès le début de sa campagne à la direction de la CAQ à la fin janvier.

Son défi est titanesque, le dernier sondage Léger plaçant la CAQ en quatrième position dans les intentions de vote des Québécois derrière le Parti conservateur d’Éric Duhaime. Pire encore, selon ce sondage, la CAQ ne récolterait aucun siège le soir des élections le 5 octobre prochain. Les derniers mois du règne de François Legault ont précipité la CAQ dans un creux inégalé depuis sa fondation. Après deux mandats à la tête du gouvernement du Québec, l’usure du pouvoir a laissé ses traces et, comme il arrive presque toujours après huit années aux commandes, le besoin de changement a gagné l’engouement des citoyens.

Christine Fréchette se définit comme une politicienne de centre droit et de ce fait, elle se situe dans le prolongement de la troisième voie, axée sur la défense de l’identité francophone du Québec, et son développement économique à la différence près avec son successeur qu’elle préconise une politique moins interventionniste de l’État en économie.

La nouvelle première ministre ne dispose que d’un peu plus de cinq mois avant la date butoir du 5 octobre 2026, un court laps de temps pendant lequel elle devra, entre autres, ressouder les liens qui se sont effrités pendant la campagne au leadership, reconquérir la confiance des Québécois et s’entourer d’une équipe crédible et efficace.

Il est difficile, voire impossible de prévoir ce qu’il adviendra de l’avenir de la CAQ sous la gouverne de Christine Fréchette. Un fait m’apparaît évident, elle apporte un vent de fraîcheur et de renouveau au sein de la famille caquiste. Reste maintenant à attendre dans quelle mesure elle contribuera à insuffler au parti le second souffle lui permettant de sauver les meubles et, qui sait, de conquérir peut-être quelques circonscriptions.

vigile.quebec tribune libre 26 avril 2026

 

 

Le PLC, un parti de pouvoir

27 avril 2026

Rien ne semble vouloir arrêter l’appétit du premier ministre canadien Mark Carney pour récupérer les députés qui manifestent quelque intention de se joindre à son parti. À preuve, si la députée conservatrice Marilyn Gladu, une alliée des opposants à l’avortement et du convoi des camionneurs (des positions idéologiques que M. Carney qualifie de « petites divergences » d’opinions) peut maintenant se dire libérale, existe-t-il une quelconque ligne rouge à franchir pour se pavaner sur le parquet rouge? « Des députés ont changé de camp pour rejoindre notre équipe. Ils comprennent l’importance de ce qui est en jeu », a lancé Mark Carney lors de son allocution de clôture du Congrès des libéraux tenu à Montréal. Dans un contexte quasi euphorique, il n’est pas étonnant que les rumeurs concernant d’autres conservateurs prêts à revêtir le rouge ont monopolisé les discussions, M, Carney laissant entendre ouvertement qu’il était ouvert aux « affaires ».

L’ex-gouverneur des Banques d’Angleterre et du Canada se montre ainsi ouvert à transiger. En revanche, certains libéraux chuchotent en coulisses qu’ils souhaitent tout de même recevoir l’assurance que leur parti a encore une âme tout en se gardant de cracher dans la soupe avec un chef aussi populaire qui a sauvé le parti de la déchéance il y a à peine un an.

Par ailleurs, dans toute cette saga migratoire, en aucun moment, Mark Carney n’a fait allusion aux grands perdants, à savoir les électeurs des transfuges qui se voient littéralement abandonnés par leur député. Un lourd silence de sa part qui traduit sans équivoque son manque complet d’empathie envers les citoyens canadiens qui ont accordé avec confiance leur vote en faveur de candidats conservateurs. Une indifférence désinvolte qui fait ressortir sans équivoque toute la primauté accordée au pouvoir par le premier ministre libéral Carney.

vigile.quebec tribune libre 26 avril 2026